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 Sloan // Roule avant que la vie ne te roule

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Kinga Vince
Eleve moldu
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Eleve moldu

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MessageSujet: Sloan // Roule avant que la vie ne te roule   Mar 21 Nov - 0:01



ft SK8TER BOI


Dans la majorité des ignobles soaps hollywoodiens dont ma mère raffole, l'héroïne a, forcément, un journal intime, dans lequel elle prend un plaisir détestable à raconter, minutieusement, chacune de ses aventures insipides. D'ailleurs, comme à peu près toutes les morveuses du pays, j'ai reçu, deux années de suite, un de ces carnets cadenassé, dans lesquels j'ai écrit le nom de mon amoureux de l'époque, raconté deux ou trois histoires pendant quelques jours, avant de l'oublier dans un coin de ma chambre, de perdre les clés, et de massacrer ledit cadenas à coup de marteau.
Honnêtement, vous me voyez, moi tenir un journal ? Peut être sur ma, je l'espère, courte scolarité dans cette école maudite ? Sérieusement, qu'est ce que j'y écrirais ? "Cher Journal, aujourd'hui je constate que cette école pue la merde, que les gens pètent encore plus haut que les bourgeois des jolies rues de Londres, et blah blah blah ?''
Et puis quel intérêt, puisque la tendance anti moldu (c'est moche ce terme) de la majorité des mange merde de cette école est vouée à me faire toutes les crasses possibles et imaginables, autant ne pas leur donner une arme supplémentaire, genre pouvoir me piquer un odieux témoin des tréfonds de ma pensée.
Ils me cassent déjà suffisamment les couilles.

Enfin, je dois reconnaître certains avantages à cette école, tout de même. Déjà, ils sont tous tellement bizarres que me balader en skate dans leurs couloirs n'a pas l'air de déranger grand monde. Malgré les quelques dalles qui disent merde et manquent de détruire mon restant de crédibilité à jamais, ça roule plutôt bien, plutôt tranquillement. J'passe en coup de vent, limite l'impression d'avoir quelque chose d'un peu spécial moi aussi, de pas être un monstre au milieu des monstres. Mais tu sais, le genre de monstre encore pire que les autres, celui qu'est moche, vraiment méchant, qu'à vraiment rien pour qu'on lui trouve un peu d'humanité, un peu de sympathie. Mais range ton violon je te vois venir, parce que moi je sais bien qu'ici je suis pas normale, je dérange au milieu des dérangés, parce que j'ai rien de spécial, je suis bien banale. Bercée dans la normalité la plus basique, je peux pas faire mieux, même sortie de ma banlieue.

Aujourd'hui, journée peu chargée, enfin journée, ici c'est le nord du nord, la nuit tombe en deux secondes, pas le temps de dire ouf, que déjà dehors c'est aussi noir que dans un cul. Mais moi j'aime bien la nuit, et même si dehors ça caille, y a tout une ambiance qui s'installe, autour d'un vieux château hanté, avec des créatures bizarres et des tableaux qui parlent, et parfois je me demande si je suis pas dans un asile, que je délire, ou que pire encore j'en ai trop pris, j'ai fait une connerie, et là je suis dans le coma, et qu'un jour je vais me réveiller, et tout sera comme avant. Ouais. C'est ça.

Alors je roule, je roule aussi vite que je peux, et parfois je tente un escalier, parce que putain ça bouge ces merdes, sans prévenir, faut savoir les dompter, les anticiper, gueuler quand on slide sur la rampe pour pas assommer l'un de ces mange merde qui couine quand tu passe trop près. Du coup j'ai roulé toute l'aprem, pour tuer le temps, à défaut de traîner avec d'autres kassos, parce que les kassos d'ici sont d'une autre espèce, ils sont trop bien pour traîner avec les déchets dans mon genre.

Et comme ça, au détour d'un couloir, j'ai vu un autre courant d'air, des bouclettes qui vibraient à toute allure, j'ai entendu le bruit putain, le bruit des roues sur les dalles du vieux château hanté. Wow, je pensais être la seule à roulettes dans ce putain de bahut, c'est trop beau pour être vrai, là, roulant à quelques mètres, il y avait quelqu'un, quelqu'un avec qui je pourrais faire un concours de bite, genre qui tient le plus longtemps dans les escaliers de la mort, qui fait les figures les plus pétés sans s'exploser la planche sur le tibia.

Et d'un coup, y a cet élan d'espoir, ce petit pincement au coeur qui me fait me bouger, pour rattraper l'autre rocket à roulette, mon hypothétique partner in skate. En mode stalker, je l'ai plus ou moins rattrapé, roulant à bout d'souffle, à deux mètres derrière à peu près, sachant pas trop comment lui dire yo ça flex, parce que quand on roule, c'est sacré, on a pas le temps d'échanger des banalités, sinon on est accoudé contre un mur, planche sous le bras. Le mec je le connais, enfin je crois, plus ou moins de loin, c'est un cracmou si j'ai bien compris, ptêtre même un comme moi, j'en sais rien, mais je me souviens pas l'avoir vu baguette en main.



kiss on da booty



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Sloan O. Smith
Eleve cracmol
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Eleve cracmol

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MessageSujet: Re: Sloan // Roule avant que la vie ne te roule   Mer 27 Déc - 14:16



roule
Kinga & Sloan

« Skateboarding has taught me two things - that symbolise a meaning of life. How to keep a balance and how to pick yourself up when you've fallen. » ― Nikki Rowe
C'était si habituel qu'il en viendrait presque à perdre sa nonchalance, à se laisser atteindre par l'intolérance, lui aussi. Presque.
Il était là, simplement; avec son uniforme d'un gris si triste qu'il n'arrivait pas à décorer, couleur cendre alors qu'il voulait du soleil, vif et marquant. Il était là, à se glisser avec aisance dans ceux qui déambulaient lourdement, masse grouillante de magiciens incapables de se déplacer avec vivacité; à esquiver leurs gestes risqués et à ignorer leurs remarques soufflées. Les même remontrances, les « c'est que parce qu'ils ont du fric qu'il est là », « y'a que pour les gallions des smiths qu'il reste chez eux » et parfois, les plus vils encore, les « sa mère a dû passer sous le bureau des smiths pour qu'il y soit adopté ».
Ils ne méritaient ni réponse ni attention ; ne récoltaient que des haussements d'épaules et des airs amusés en réponse - cela ne lui faisait plus mal, plus vraiment. Il ne subsistait qu'un agacement latent, dans les renfoncements de son crâne. Il avait compris être autre, différent; se prenait parfois à se dire qu'il était trop lumineux pour eux, qu'ils se devaient de l'ébrécher parce qu'ils ne pouvaient accepter qu'il soit heureux - comme si ce n'était pas un travail constant, un choix de tout les instants, un acharnement contre tous, tout le temps.
Alors il glissait; encore, toujours, se faufilait dans la masse anthracite et pseudo-dramatique qui déversait sa rage immérité, il filait aussi vite que possible, comme seul dans la foule; et il voulait toujours plus. Plus de vitesse, de sensations, de vent; plus de vivants et moins d'êtres déambulant mollement, l'âme ternie par des peines en lesquelles ils se plongent avidement - plus de conneries et moins de connards.
Et si quelques personnes répondaient à la description, ce n'était jamais suffisant - frêle oasis dans un désert, tâches de lumière dans une voûte d'ébène trop vaste.

Au lieu d'être solitaire dans une foule, il se décida à traîner dans les couloirs déserts. Un courant d'air défilant dans les croisements, seulement annoncé par le régulier roulement des roues sur le pavement. Et il roule; roule sans compter le temps qui défile ou les figures ratées, les échecs dans les escaliers mouvants et les discussions avec les tableaux parlants - ils étaient plus vivants que les trois quarts des crétins ici. Il roule et s’essouffle, s'épuise; n'insuffle que l'absence de compétition.

Jusqu'à ce que ce que le bruit lui paraisse désaccordé; jusqu'à ce qu'il réalise qu'il avait été rejoint par quelqu'un. Et un vif sourire éclaire son visage, même s'il ne se retourne pas, pas encore; profitant du mystère concernant la personne suivant ses traces - fille, garçon ? né-moldu, cracmol ? gryffondor, serpentard, serdaigle, poufsouffle ? Mais non, non, il faut garder le doute et les questions un peu plus, se contenter pour un instant du fait de savoir, enfin, qu'il y a quelqu'un avec qui faire des concours à deux balles, des compétitions à la con juste pour la bravade et les pseudo-clashs, et de l'excitation qui le propulse, fait palpiter son cœur un peu plus vite.
Et il sait déjà où filer pour bien commencer, défier, alors il prend la direction des escaliers magiques; parce que c'est casse-gueule, et donc le mieux pour briser la glace.
Et sitôt arrivé il s'élance sur le premier qui pourtant s'écarte déjà; et dans son saut exécute un 180 backside pour finalement poser son regard sur sa poursuivante, qu'il gratifie d'un sourire, mise au défi silencieuse. Gryffondor, hurle sa cravate, cracmolle, souffle son uniforme délavé. Et ça aurait pu être classe s'il ne dévalait pas un escalier; son corps tressautant en rythme avec les marches - mais la classe, c'est has been, c'est pour ceux qui pètent plus haut que leur cul au point de tâcher la chemise.
Il monte d'une marche pour faire le trick inverse, se retourne face à la descente et scrute les mouvements des escaliers; cherchant où sauter de l'un à l'autre.
(c) DΛNDELION


hrp:
 
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Kinga Vince
Eleve moldu
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Eleve moldu

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MessageSujet: Re: Sloan // Roule avant que la vie ne te roule   Dim 7 Jan - 12:44



ft SK8TER BOI


Meilleure idée de ma vie depuis plusieurs mois que d’avoir suivi bouclettes. NON MAIS vous auriez vu cette classe quand il s’est jeté sans réfléchir dans les escaliers, avec sa planche et sa bite ? Limite j’ai eu une seconde d’arrêt en mode « wahou, enfin quelqu’un qui sait rouler, fin d’la traversée du désert ». Mais j’ai pas le temps de baver, pas le temps d’bavasser, parce que déjà moi aussi, jme lance dans les escaliers de la mort, parce qu’il faut suivre. Y a du monde, un peu, mais on doit tellement avoir des flammes de joies dans les yeux que ça s’écarte, comme Moïse quand il ouvre sa mère en deux, ou je sais plus trop quoi.
Mais ces escaliers de merde ont pas décidé que j’allais pouvoir me la péter - heureusement, bouclettes est trop concentré dans sa figure-, et j’loupe la rampe de peu, alors pour éviter la déchéance, je chope ma planche d’une main en pliant les genoux, je m’agrippe à la rampe de l’autre, et comme ça j’arrive à me stabiliser sur une marche, deux roulettes dans l’vide, et la jupe qui se soulève sans aucune classe à l’atterrissage. Au moins j’perds pas la face quand il me décoche un ptit sourire, genre « ouais j’t’ai captée, maintenant t’as le cran de suivre le rythme ? » ça m’énerve et ça me hype à la fois, y a moyen de bien s’amuser. J’vais avoir chaud dans la prochaine demie heure c’est sûre, alors vite fait bien fait, j’enlève ce pull tout gris tout dégueu et je le noue à ma taille, comme ça la jupe se soulèvera moins et j’aurais une meilleure aération des aisselles (très important).
Et pendant qu’il attend quelques secondes avant de repartir, moi je profite d’être légèrement plus haute. Avec le mouvement des escaliers, y en a un qui passe tout près, et je le vois arriver, comme au ralenti. Ni une ni deux, jme balance par dessus bord, j’atterris sur une marche, j’enquille sur un ollie et jme retrouve sur un petit palier. De là où jsuis, on est à la même hauteur, alors je lui fais un grand sourire et je gueule, parce que je sais faire que ça, gueuler.

« Rendez vous en bas ! »

En vrai j’appréhende un peu, j’ai le coeur qui bat à cent à l’heure. J’avais encore jamais tenté la descente complète. D’abord parce qu’il y a toujours trop de monde dans ces maudits escaliers, que parmi cette foule de mange merde, il y a les mange merde suprême, ceux qui n’hésitent en aucun cas à faire usage de leurs skills pour me faire manger la vieille pierre du château croulant, toute mouvante qu’elle soit.
Mais maintenant c’est trop tard, j’ai l’adrénaline qui monte, j’en ai besoin, c’est une drogue ça aussi de rouler comme une déjantée, de faire la course à qui fera la plus belle descente, malgré les obstacles, malgré la haine, malgré la grisaille blizzard.
De mon ptit palier cabossé par le temps, je prends un peu d’élan, je saute, bam, atterrissage quasi maîtrisé sur la rampe que je dévale en hurlant « poussez vouuus », et j’ai les cheveux qui volent, la jupe qui fait flip flop, et c’est tellement bon. D’une petite impulsion un brin risquée, je redescends sur une marche, j’vois un prof à dix heures, non l’autre dix heures, alors j’enlève un pied, avec l’autre je donne un coup sec à l’arrière et je chope ma planche avec toute la classe dont je suis capable. Putain je m’y suis entraînée à ça, et j’en ai eu des bleus sous le menton parce que j’avais tapé trop sec. Bon là en l’occurrence, y a un mange merde qui s’est pris un coup de roue, rien de bien méchant mais il me regarde l’air offusqué, j’lâche un oupsie puis je change d’escalier. Mais j’repars pas tout de suite nan, jme cale un coude sur la rambarde et je cherche des yeux l’inconnu à roulette, la petite étincelle de folie dans ma journée grise à chier.  



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