If the night is burning ✝✝✝ Perséphone

Lukas S. Dawson
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If the night is burning ✝✝✝ Perséphone Mar 2 Jan - 22:56




If this is to end in fire
Then we should all burn together
Watch the flames climb high into the night

L'hiver a rendu ton corps inerte, sa brise glaciale endormissent tes plaies, sang qui coagule pour s'amasser en plaques disgracieuses, ornant ton corps paré de vêtements déchirés, quittant Londres dans la précipitation sans regarder en arrière, quittant Londres comme on fuit la mort.
L'hiver avait fini par apaiser ta colère, la neige immaculée contrastant avec le sang et les ecchymoses, fractures et cicatrices qui ne te marqueraient pas autant que les souvenirs que tu ne parviens pas à refouler.

Les cris s'en étaient allé, les coups avec, tu l'avais laissé là bas, gisant dans le mélange de vos sangs, cette fois-ci tu n'avais pas été le seul à encaisser les coups, cette fois-ci tu lui avais répondu et tu tremblais à l'idée de n'être plus sa cible, regrettant déjà de les avoir mises en danger, tu pries, alors que le train t'emmènes hors de portée, tu pries pour elles, pour cette mère qui ferme les yeux, laissant son fils prendre les coups à sa place, pour cette soeur tenue à l'écart de l'agressivité d'un père qu'il n'avait alors réservé que pour toi. Tu pries pour que cette agressivité ne se déverse pas sur elles, mais tu ne peux plus jouer à ce jeu toxique, tu ne peux plus servir de rempart, pas quand les coups deviennent meurtriers, pas quand les attaques peuvent mortellement te blesser.

Assis là depuis déjà des heures, dans le froid d'une cabine aux fenêtres ouvertes, calmant la douleur à défaut de pouvoir les soigner, avec l'envie irrépressible d'oublier. Tu regardes le paysage, tu regardes la neige, tout est si calme autour de toi, les cris ont fini par s'en aller, les hurlements aussi, le bruit des os qui craquent, côtes brisées, douleur qui te rappelle pourquoi tu fuis, pourquoi tu retournes là où tu infliges plutôt que subit.

Le goût du fer ne s'estompe pas non plus, lèvres revêtues d'une hémoglobine presque noire à présent, recroquevillé ici dans ce train vide, jean noir et sweatshirt à la capuche recouvrant ton visage, mailles fatiguées par la lutte qui s'est jouée, déchirures jusque sur les jambes infligées par ces objets qui n'avaient pour but que de trancher.

La nuit tombe vite et il n'y a plus que la neige qui contraste avec la nuit, éclairée par les seules étoiles car la lune n'a pas désiré se montrer, descendant du train et marchant à pas décidés, rejoignant le château puis longeant les murs pour éviter les quelques personnes qui n'étaient pas rentrées chez elles pendant les vacances, tu soupires, las de ces noëls qui n'étaient devenus que souffrances, las de ces réunions de famille où l'on te demandait de mourir en silence.

Personne dans les couloirs, l'heure tardive y est sûrement pour quelque chose, ou bien peut-être que les autres ont plus de chance, entourés de leur familles en ces périodes de fêtes, tu t'arrêtes un instant, tenant tes côtes meurtries, toussant un peu de sang dans ta manche, t'agrippant à un mur froid, ne désirant que rejoindre ton dortoir, espérant n'y croiser personne, tu as besoin de t'échapper, tu as besoin de dormir, de trouver refuge dans une vie autre que la tienne, de laisser le temps à tes blessures de se refermer, tu as besoin de mourir car tu ne fais que survivre et tu es las, trop fatigué pour continuer.

Montant les marches unes à unes comme on gravit l'échelle de la mort, les yeux vides et le coeur arraché, tu passes la porte de la salle commune bercée par les étoiles, le corps fatigué et l'esprit harassé, tu te laisses tomber sur un des fauteuils argentés, levant la tête pour regarder le ciel étoilé, espérant t'évader parmi elles, espérant t'évanouir dans la nuit.

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Perséphone Blackwell
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Re: If the night is burning ✝✝✝ Perséphone Lun 22 Jan - 22:59


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Neige immaculée suintant du ciel, neige cristalline nappant les plaines ; paysage morne et glacée, spleen constellant cette esquisse maussade. Perséphone se complaisait dans la sérénité d’un hiver givré ; poupée de glace aux reflets ébènes, déesse déchue retrouvant son domaine. La plupart des élèves s’affairait aux festivités de noël, submergés par l’affection fétide d’un foyer aimant ; loin de Poudlard, loin d’elle, à l’abri de ses effusions fielleuses en ces temps allègres. Plus une âme n’infestait les galleries sombres du bâtiment, si ce n’étaient quelques bestioles insolites. Seul le tintement de ses pas contre le macadam poussiéreux rythmait les crépuscules de ce chateau nébuleux ; demeure déserte dont elle s’était octroyer les pleins pouvoirs, reine absolue d’une bâtisse désolée. Souveraine factice, mais terrible malgré tout ; les murs guettaient craintivement son courroux, le vent houleux augurait une tourmente imminente.

La cadette des Blackwell ne s’attardait jamais à la demeure familiale pour les fêtes. Noël parmi les Blackwell s’apparentait à une mascarade grotesque ; ballet de fauves à peine muselés, hypocrisie ciselant les rictus et apparences méticuleusement lustrées. Mais cette euphonie artificielle de politesses crachées et syllabes satinées voilait deux fléaux dont la simple vue suscitait une haine certaine : Blanche Blackwell et Aricie Gaunt. Harpies masquant leur acrimonie sous des moues ingénus, bactéries fermement ancrée au coeur du foyer familial. Perséphone maniait les faux-semblants tel le peintre manoeuvrant son pinceau, mais ce duo terrible instillait en ses entrailles une fureur dantesque ; le venin perlait entre ses crocs, la rage roulait sous sa peau, pulvérisant chaque masque qu’elle ciselait sur son faciès. Il lui était foncièrement impossible de se contenir en leur présence, tant si bien qu’elle s’acclimata à la solitude en ces temps festifs. Mais cela ne la dérangeait pas. La princesse des entrailles terriennes ne connaissait qu’isolement ; Perséphone dérobée par les ténèbres, Perséphone solitaire et seule. Mais ses instants de solitudes étaient comptés ; Hadès ne demeurait plus très loin, balafré et ulceré.

Carcasse gisant parmi ses draps immaculés, prunelles dardées vers la pénombre constellée ; l’ennuie dominait présentement son esprit. Soucieuse de ne point gaspiller quelques précieuses minutes de sérénité, Perséphone opta pour s’aventurer à travers les galleries du chateau. Présageant des couloirs sombres et déserts, la surprise noyauta ses pensées lorsqu’une lueur martela ses pupilles ; faible clarté fusant de la salle commune, lumière insolite et singulière au creux de ce tableau ténébreux. Sourcils se fronçant perceptiblement, enjambées gagnant en célérité ; la porte s’ouvrit furieusement sous l’impulsion de ses doigts, révélant un spectacle inattendu et troublant.

Et le voici finalement, trônant en un fauteuil argenté, son Hadès éraflé et sanguinolent.      

Son souffle s’entrava momentanément au creux de sa trachée, et son encéphale songea précipitamment à quoi faire ; incertaine quant aux actions à poursuivre. Finalement, ses jambes daignèrent de remuer, la guidant à ses côtés. Sa main trouva sa pommette violacée, redressant délicatement son faciès afin d’aligner leur regard ; saphirs contre saphirs, fureur criblant l’étonnement. Démons du passé hantant son regard bleuté, démons du présent souillant l’épiderme albâtre ; carmin serpentant sur ce faciès habituellement immaculé. Le palpitant pulsa furieusement sous son derme, l’inquiétude fleurit parmi les méandres de sa cervelle ; sensations anodines la déconcertant. Mais l’heure n’était point à décortiquer ses pensées, et ses doigts délicats empoignèrent fermement sa baguette.

Un Brackium Emendo suivit d’un Ferula tranchèrent le silence, incantations dirigées vers ses côtes brisées ; ossature se soudant à nouveau, sort sans nul doute douloureux. Ses doigts encerclèrent les siens, geste ignoblement tendre que Perséphone effacera certainement de sa mémoire à son rétablissement.  

Si tu trépasses maintenant, ne comptes pas sur moi pour m’occuper de ton cadavre.

Paroles mielleuses feulé tel un avertissement, expression maladroite d’une inquiétude répudiée.
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Lukas S. Dawson
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Re: If the night is burning ✝✝✝ Perséphone Lun 5 Fév - 22:51


















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La mort ne serait que trop douce pour cette agonie lancinante qu'est devenue ta vie.
Le besoin de reposer en paix ne saurait qu'être retardé par la présence brisant l'isolement. Tu avais accouru en ces lieux dans l'unique but de trouver une solitude si chère à ton coeur, une solitude qui saurait apprivoiser le monstre de haine, une solitude qui préserverait quiconque croiserait ton chemin.
Le sang bout dans tes veines et tu ignores comment le tempérer, la rage hurle tandis que ton esprit embrumé tente de crier à autrui de s'échapper, tu as peur d'exploser, peur de tuer. Tes mains ne t'appartiennent plus, ton esprit ne contrôle plus ton corps, les pulsions sont désormais libérées.

Les bruits de pas se font plus pressant, fuis dis ton esprit à cet inconnu qui vient s'endiguer dans les ténèbres de ton âme, fuis dis ton coeur lorsqu'il reconnait l'expression singulière sur le visage de celle qu'il épargnerait pourtant ce soir. Humaine, Femme, Diamant.

Tu serres les poings et les paumes se teintent d'un rouge écarlate, les ongles cisaillant la peau pour retenir les coups, lassitude qui se mélange à un sentiment de sérénité quand ton esprit réussit enfin à contrôler la chaire, qui n'aurait su trouver de meilleur adversaire, mais qui aurait bien pu, dans cet accès de colère, détruire le joyau si précieusement gardé.

A la destruction se substitue la catatonie.
Elle a du sentir ce revirement de situation car elle s'approche de ta carcasse meurtrie, animal blessé qui ne saurait comment réagir, mordre ou bien se laisser faire, se laisser apprivoiser, si Perséphone venait à toi et que tu la laissais entrer dans tes ténèbres vous risquiez de vous détruire l'un l'autre, et Perséphone s'approche, elle s'accroche là où nulle autre n'a jamais su se tenir.

Les yeux fixent à présent le sol, honteux de te retrouver dans cette situation, frustration grandissante quant à l'attachement qui se dévoile sous ton regard, elle a osé s'aventurer jusqu'à tes côtés, nul doute à présent, elle sera tienne.

L'inquiétude dans ses yeux ne semble pas la distraire assez pour laisser tes plaies béantes, sortilèges lancés avec une précision et un calme olympien, dans un silence de plomb, ininterrompu par la souffrance incommensurable qui envahit tes côtes, tu hurles de l'intérieur, ton corps entier se tend sous la douleur des os qui se brisent pour mieux se réparer, le sang retourne dans les organes et les veines, la magie de guérison parcours ton enveloppe charnelle comme un éclair gelé, brûlant chaque parcelle parcourue à l'échelle microscopique et ce qui te semble être des heures de souffrance ne sont en réalité que minutes où ton corps demeure inerte, ton regard fixé sur le sol, et sa voix que tu n'entends presque pas, comme si tu t'étais retiré à l'intérieur de toi même, jouant cette scène de torture en boucle pour ne pas avoir à revivre la précédente, mais c'est trop tard, tu revois le visage de ton père, tu entends à nouveau les cris de ta mère et ce regard, le regard de Lily qui ne comprend pas, ou du moins, qui comprend enfin.

Tu reviens à toi, hanté par ce monstre qui tel un virus s'insinue en toi.
Tu reviens à toi et tes paupières se mouvent, tes yeux se fixent dans les siens, ton regard rejoint pour la première fois celui de celle qui, désormais, était entrée dans ton univers, dans ce trou noir qu'est ta vie, aspirant bonté et joie, chaleur et bonheur, ne laissant de néant après la destruction.

Ses mains sont liées aux tiennes et tu ignores si ce geste désespéré vient de ta propre personne en proie à ses démons où si la tendresse méconnaissable vient d'une Perséphone aliénée. L'emprise aurait pu se défaire mais tu choisis de nouer tes doigts plus fort, les yeux brillant et quémandant la mise à mort, tu désires le néant, tu désires le chaos, tu ne saurais trouver ton équilibre dans un monde où le monstre n'est plus en cage.

Les mots te manquent, tes lèvres restent scellées, seuls tes doigts sont libres d'expression, seuls tes yeux racontent la terrible histoire d'un enfant battu par son père, d'un lâche préférant pour la première fois riposter et fuir plutôt que de recevoir les coups pour défendre mère et soeur.
Et pour la première fois de ta vie tu aimerais qu'on puisse lire en toi, pour la première fois tu laisses quelqu'un entrer, ce n'est ni une psychologue ni une legilimens et tu espères de tout ton être qu'elle saura percer à jour tes secrets, les déterrant des tréfonds de ton âme, car tu n'as plus l'énergie de te battre, tu n'as plus l'énergie de vivre.

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Perséphone Blackwell
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Re: If the night is burning ✝✝✝ Perséphone Mar 20 Mar - 3:04


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Ténèbres opaques enserrant sa carcasse telle une seconde chair, abysses vénéneuses drapant les arabesques telle une soie d’ébène ; Perséphone s’engouffra en ces limbes hostiles sans la moindre hésitation, dépouillée de toute incertitude, opalescences givrées dardant l’obscurité sans ciller. Inspiration laborieuse véhiculant à travers ses poumons, sillonnant sa trachée par son intensité. Pas un spasme ne bourgeonnant sous son épiderme blafard, pas une pulsation ricochant à travers ses artères ; calme stoïcien fardant le faciès poupin mais pourtant si menaçant. Perséphona savoura cette sensation exquise, cette puissance jouissive arpentant les veines se ficelant au creux de son être ; princesse enténébrée gagnant son domaine, ces enfers berçant les âmes nécrosées, ces enfers logeant en son sein les esprits détraqués, tels le sien et celui de son Hadès mutilé. Offre lui l’entièreté de tes ténèbres Lukas, Perséphone en est l’éternelle reine, Perséphone les nichera au creux de son palpitant gangrenée ; depuis bien longtemps a-t-elle appris à les dompter, depuis bien longtemps s’en ai-t-elle sustenter. L’obscurité c’est sa came, droguée shootée aux vices, droguée shootée à tes vices ; déesse infernale régissant les abysses. Alors la voici s’avançant, sans le moindre tressaillement, traversant tes ténèbres qui seront bientôt votre domaine.

Et elle voyait, prunelles cobalts vissée sur ton être, prunelles cobalts ne s’éludant pas une seconde, toute cette souffrance encagée en ton sein, toute cette violence s’entrechoquant entre tes côtes ; les ecchymoses constellant ton épiderme crémeux témoignaient des agressions perpétuées à ton encontre. Son encéphale ne pouvait en décortiquer l’exact raison, mais noël demeurait une fête familial ; la poupée de fiel savait que ce simple mot, cette terrible mélopée serpentine, abritait le coeur corrompu du problème. Mais Perséphone ne s’attendait pas, à ce que son esprit détraqué atteigne une telle symbiose avec ton âme esseulée, à ce que vos ténèbres respectives s’entremêlent et se complètent de la sorte ; émoi curieux et insolite enflant son poitrail, émoi parasitant les sinuosités de son encéphale. Et les rouages de sa carcasse s’enclenchèrent sous une impulsion singulière, mouvements s’enchainant sans la moindre réflexion, sans le moindre contrôle. Ses bras encagèrent maladroitement son torse, son faciès vint se niché au creux de sa nuque ; crinière corbeaux titillant son épiderme, fragrance de jasmin inondant ses narines. Contact terriblement subtil, étreinte fantasmagorique de l’épouse du trépas.

Acte humain dépouillée malgré tout de tendresse ou de passion ; tableau macabre comparable à la mort berçant un mortel au creux de ses bras venimeux, tableau macabre dépeignant la cohésion tragique de deux êtres ciselés par la haine et la violence. Et Perséphone ressentait infiniment trop, au creux de ta chair torride et glacé à la fois, sensations excessives tourbillonnant sous son être dans une valse frénétique. Tout se confondait, tout échappait à son contrôle, et habituellement, la poupée perfectionniste aurait déjà imploser. Pourtant, et seulement avec toi Lukas, Perséphone se laissa aller ; ancrée en ce torrent d’incertitude, voguant en ce ballet d’émotions incoercibles. Perséphone submergée, Perséphone délicieusement noyée dans tes ténèbres et ces sensations sibyllines.
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Lukas S. Dawson
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Re: If the night is burning ✝✝✝ Perséphone Ven 23 Mar - 17:05

IF THE NIGHT IS BURNING







La nuit marque ton anéantissement.
Aussi sombre que la pénombre qui vous entoure ton coeur s'éteint peu à peu et tend à trouver le repos éternel qui n'est véritablement acquit qu'à la fin.

Le regard est amputé de désirs, si ce n'est celui du néant. Pulsion de mort qui jaillit des tréfonds d'une carcasse qu'on ne peut plus qualifier de vivante, démon presque insensible qui ne vit qu'à travers la chair car la pensée se soumet à de plus noirs desseins, Lukas tu désires éteindre l'esprit car celui-ci ne t'apporte plus que souffrance. Lukas tu dois te distraire ou tu dois mourir car tu ne peux plus supporter une seconde de plus cette envie irrépressible.

Mille scénari ont eu le temps de se former et l'envie de goûter le sang d'un autre n'a jamais été plus vive. Légitime défense. C'est ce que tu plaiderais. Coupable. Meurtrier. Une vie terminée et une autre sacrifiée. Mais Lukas. Tu as fui. Tu as été l'humain et non le démon. Le Lukas avant le Satan et il ne reste plus qu'Hadès et mort dans ton âme nécrosée.

Ta conscience est devenue ton tombeau.

Perséphone, murmures-tu à l'oreille de celle qui vint se blottir contre toi, embrassant ardemment le supplice enténébré qui se joue en toi quoi qu'il arrive tu ressers son étreinte, glissant tes bras meurtris autour de son corps retiens-moi.

Tu enlaces la mort avec tendresse, comme une vieille amie, comme une nouvelle amante.
Les ténèbres vous entourent, seul le feu de la cheminée brise un silence étouffant, un silence trop bruyant. Tu te concentre sur le souffle chaud d'un diamant que tu pensais jusqu'alors glacé de toutes parts. Perséphone est humaine. Et déjà votre étreinte a brisé un mythe que tu t'efforçais jusqu'alors d'entretenir, de chérir, d'admirer. Agonie silencieuse et barrières effacées à jamais. Son souffle vient s'écraser contre ta nuque, il est lent, régulier, calme. Peu à peu ton rythme cardiaque vient calquer le sien, et déjà un apaisement t'envahit.

Tu ignores si c'est à cet instant précis ou bien si cela fait déjà quelques temps, mais quelque chose en toi vient de se réveiller.
Et bien que ce sentiment ne soit pas encore assez vif pour balayer la damnation qui t'emmène lentement vers les abysses du purgatoire, lieu de non-retour, c'est suffisant pour que tu désires épouser cette autre forme de ténèbres, désirant sombrer avec elle, plongeant à travers la noirceur de vos âmes isolées sans véritable but si ce n'est celui de contempler la perversion de l'autre.

Occultant tout autour de vos deux macabres amas de chaire et d'os, dans le déni d'une vie que tu ne souhaite plus vivre, tes yeux s'attardent sur les courbes de ta déesse. Vous êtes tous deux des entités au delà de la vulgaire humanité, aspirant à la destruction avant même de souhaiter vivre, ses cheveux d'ébène viennent assombrir cette nuit d'ivoire, absorbant l'éclat de la lune, laissant à sa peau cristalline le soin de la refléter. Sa nuque vierge de toute trace te semble être désormais un lieu de conquête, et tu voudrais la mordre pour y marquer ton territoire, tu te demande si c'est ce sentiment, cette pression dans ton encéphale, cette gorge qui se noue tant elle est assoiffée, que ressent Vega, tu te demandes si l'envie de goûter son sang est à ce point insupportable pour un vampire ou bien si c'est le goût de la mort qui te pousse à bout. L'air devient irrespirable tandis que tes mains parcourent le reste de son corps.

Tu embrasses tes démons. Tu embrasses ses démons. Vous serez à l'image de la mort. Et vous chercherez à vous détruire.

Auto-destruction que tu inities, sans retour possible, atteignant les fin fonds d'une abysse que tu t'étais depuis toujours interdit, incompréhensible revirement de situation alors que tu fermes les portes de l'enfer derrière toi, t'y condamnant et entraînant ta douce Perséphone, qui semble désireuse de t'y rejoindre, main dans la main vous deviendrez les maîtres de la mort.

Tu relèves délicatement sa mâchoire pour la dégager de ta nuque où pulse ton sang avec vigueur, libérant ses lèvres entrouvertes, mordant les tiennes, tentant une dernière fois de réprimer cette pulsion bestiale, en vain.
Baiser furieux qui naît de la rencontre de vos lippes, sans tendresse, sans calcul ni pensée. Baiser bestial que tu lui infliges sans même attendre sa permission, mordant sa lèvre autant que vos langues se mêlent, salive cicatricielle qui s'allie au goût du fer.
Ta main a glissé à l'arrière de sa nuque, agrippant cette chevelure que tu contemplais il y a encore quelques instants.

Perséphone pourrait te retenir, elle pourrait se libérer.
Tu as goûté à la mort.
Et c'est une nouvelle addiction qui naît en toi.
Une de celle dont on ne guérit jamais.


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