end // au premier temps de la valse (ephraim)

Arya Strauss
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end // au premier temps de la valse (ephraim) Mer 17 Jan - 2:00




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ephraim & arya
«au premier temps de la valse»

La lune était superbe, cette nuit.

Elle avait passé des heures à se retourner dans les couvertures et enfoncer sa tête dans les oreillers ; elle avait passé des heures à fuir la lumière et les bruits ; elle avait passé des heures à remuer tout ce qui n'allait pas chez elle, comme elle finissait toujours par le faire ; elle avait passé des heures à se maudire.
Vibration sourde sur sa table de nuit, elle se retourna et s'extirpa des méandres de ses pensées morbides ; et tout à coup, lorsqu'elle vit son nom s'afficher sur son écran qui lui brûlait la rétine, elle n'avait même plus envie de s'endormir.
Après quelques minutes la voilà, Arya, sortie de son lit, en pyjama Bambi et enfilant sa cape et ses baskets.

En poussant la porte de la chambre, quelques râlements sourds s'étaient manifestés derrière elle, quelques mouvements de couvertures sur les corps fatigués de ses colocataires et leurs bavardages nocturnes. Elle avait glissé de l'autre côté de la porte, la refermant avec précaution. Quelques enjambées discrètes lui suffirent pour traverser la salle commune et atteindre la sortie.
Elle s'était arrêtée devant la fenêtre.
La lune était superbe, comme il l'avait dit.
L'esquisse d'un sourire s'était dessinée au bord de ses lèvres, et ses doigts voyagèrent sur l'écran de son téléphone.
Elle entendit un bruit et se brusqua soudainement.

je t'attends.

Elle devait être discrète, et la solution lui parût d'abord évidente. Elle ferma les yeux, sortit sa baguette, et tenta de se transformer – en vain. Trop peu sereine et bien trop novice en la matière, elle du se résigner à traverser les couloirs et à gravir les escaliers à pieds plutôt qu'à pattes.

Il lui fallut au moins dix longues minutes avant d'arriver au sixième étage.
La porte de la salle de cinéma était entre-ouverte, et elle s'y risqua.

Elle était entrée sans réfléchir et déjà en le voyant de dos, à plusieurs mètres devant, elle sentit un courant électrique lui traverser la colonne vertébrale.
Qu'est-ce qu'elle foutait là, à deux heures passées ?
Ses pensées avaient déjà abandonné le débat.
Sa voix avait brisé le silence, d'un souffle partagé entre la timidité et la fatigue ; une assonance chaude au fond de sa gorge.

« Évidemment ils ne passent pas de films, à cette heure-ci.. »


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Dernière édition par Arya Strauss le Ven 9 Mar - 17:04, édité 2 fois
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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Mer 17 Jan - 13:05

valse

### ephraim ★ arya ★ night time
Il ne s'était pas abandonné aux draps de son lit, encore tout habillé, son regard s'était simplement perdu dans l'horizon délicat. Hibou nocturne, travailleur de nuit, professeur des étoiles, il ne trouvait aucune raison de trouver le sommeil quand la lune était haute, lui, fuyait le jour. Il fuyait les commodités, il fuyait les rayons trop forts du soleil, qui détruise sa mélanine et ronge ses pupilles d'ébènes. Ses doigts faisaient jongler un bâton de nicotine embrasé, penché au dessus du vide, la fenêtre ouverte. Ses mèches blondes négligées étaient l'uniques indices qui pourrait montrer un peu de relâchement chez Pendragon, car toujours propre sur lui, c'est sa règle d'or. Puis ses pensées dérivèrent sur une chevelure opaline, de grands yeux rieurs et des lèvres tendres qui s'étirent dans un sourire candide.. cette voix .. encore elle. Le professeur s'appuya sur le rebord de la fenêtre et pressa deux doigts contre l'arrête de son nez dans un soupire agacé. Il ne pouvait se retenir de l'imaginer rires, dans le creux de ses songes elle prenait une place trop importante, une place qui le faisait chavirer, une peur qui s'accrois.

Tant pis pour la décence, il s'empare de son téléphone, rapide, et cette fois sa victime ne sera pas son meilleur ami ou son tortionnaire incroyablement charmant, mais Arya. Des messages, des paniques, son coeur battait à cent à l'heure. Puis enfin, dans un soupire, un souffle une simple image qui défile, il fit volte face et se mit à sortir dans le froid du château. La nuit, tout semblait si effrayant, mais Ephraim n'y portait aucune attention, non, tout était braqué sur cet idéal qui se dessinait lentement devant lui.

Les portes s'ouvrent en silence, dévoilant une salle vide, comme toutes celles de Poudlard à ce moment-ci, mais il avait choisit la plus confortable, la plus chaleureuse, et surtout, proche de ses appartements. Le blond adressa un vague regard aux ténèbres ambiants, puis vint se poser sur son téléphone une dernière fois. Comme s'il craignait un abandon de la part de la demoiselle. Bien sûr que non. Arya est forte. Arya est courageuse. Arya .. est arrivée.
Le professeur d'astronomie eut un petit sursaut silencieux, puis doucement se retourna, et ne parvint pas à calmer son regard qui venait tout d'un coup de s'adoucir au possible. Devait il s'autoriser des pensées déplacées ? Après tout, personne n'est dans sa tête. Paradoxe amusant quand il ignore que des dizaines de personnes y ont accès sans ménagement. Alors oui, Ephraim osa penser qu'elle était incroyablement jolie même en pyjama.

« Ah.. non, et j'en suis navré. »

Sourire sincère qui vint orner ses lèvres, il fit un pas en avant, ayant légèrement allumé le bout de sa baguette pour ne pas non plus les éblouir. S'il eut envie de la prendre dans ses bras, il se retint violemment, car bon sang, il allait bien trop loin déjà. Doucement, cependant, il ôta sa veste et la posa sur les épaules d'Arya, lui adressant un petit coup d'oeil inquiet.

« Viens, allons nous installer. » A ses mots, le blondinet posa doucement sa main dans le dos de son ancienne élève pour qu'ils puissent tout deux s'installer sur les sièges confortables de la salle de cinéma. Une fois assit, il croisa les jambes et coula un bref regard vers elle. Depuis quand était-il aussi timide avec une dame ? C'en était ridicule. « J'aimerai que tu me parles de tes insomnies ... depuis combien de temps subis-tu cela ? »

Et toi Ephraim, depuis combien de temps es-tu aussi doux avec qui que ce soit ?  
★ VERA
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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Mer 17 Jan - 15:49




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«au premier temps de la valse»

Une faible lueur s'était dégagée de lui, avait atteint ses sens à l'affût. Une faible lueur avait empli les iris tendres de Arya qui le détaillait timidement – discrètement ; et elle se sentit fébrile de sentir son regard sur ses lèvres et sa nuque, de ses poignets à ses hanches.
Les yeux clos le temps de deux secondes seulement, elle se laissa bercer par sa voix puis le silence ; le silence puis sa voix.

Elle était déjà allée à plusieurs reprises dans la salle de cinéma mais jamais elle ne l'avait vue si vide. Son regard vagabondait sur les ombres des sièges et des marches et ils s'installèrent, aux faibles lumières de sa baguette et de leurs yeux, la pénombre encadrant leurs visages.
Et de là où elle se trouvait, Arya aurait juré voir le regard de Ephraim bifurquer, et un sourire se mit à danser au coin de ses lèvres.

Elle ne savait pas avec exactitude à quel moment elle avait arrêté de dormir. Aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir, elle avait toujours eu le sommeil léger et perturbé. Elle avait haussé les épaules, dans un mouvement de flemme, et constata avec dépit qu'elle n'avait que peu de souvenirs dans lesquels ses nuits étaient dorées de rêves et de chaleur.

« Longtemps ? Je n'ai pas la moindre idée. »

Elle ne savait même pas vraiment ce qui l'empêchait de dormir.
Son esprit, peut-être. La haine viscérale qu'elle nourrissait envers sa propre personne, certainement. Mais jamais elle n'aurait osé l'admettre.
Un souffle siffla entre ses lèvres et elle laissa sa tête tomber en arrière, sur le dos du siège.

« Ce n'est plus très important. »

Elle avait appris à vivre avec – ou essayait de s'en persuader.
Elle préférait ne pas s'apitoyer, ça rendait son sort plus terrible qu'il ne l'était vraiment.
Et finalement, lorsqu'elle tournait la tête vers lui, elle se disait que son sort n'était décidément pas si terrible.

« Et puis à moins que tu ais volé des somnifères à Soukup, je vois mal ce que tu pourrais faire. »

Un rire s'était déclaré au creux de ses joues et ses fossettes, témoignant de sa fébrilité, des lueurs tendres dansant au fond de ses pupilles.


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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Jeu 18 Jan - 18:56

valse

### cinéma ★ ephraim ★ arya
Dans cette salle si peu éclairée, ses mèches décolorées gravitaient dans une douce valse autour de son visage souillé par le manque de sommeil. Ses cils battaient faiblement, papillon sur sa fin de vie, il ne restait que peu d'énergie en elle. Si ce n'était pas important ? Bien sûr que si. Le professeur observa alors le rien, se mordillant l'intérieur de la joue, puis souffla un petit rire à la remarque sur Yaro. eh bien eh bien, il hantait donc vraiment les pensées de la demoiselle mh ?

« ça l'est. Et non, je n'ai rien volé à .. Soukup. » Souffle amusé, il c'est si rare qu'il soit obligé d'employer ce nom là. « Je ne t'ai pas dit de venir ici uniquement pour te proposer des somnifères tu sais ... »

Ephraim tourna doucement la tête vers elle et lui sourit un peu, puis il sortit de sa poches un tas d'objets, et les lança d'un coup en lait. Un petit mouvement de poignet avec sa baguette, et voilà qu'ils gravitaient tous autour d'eux.
Des petites planètes en fer, elles semblaient venir d'anciens temps, à vrai dire, il les avait récupéré la tour d'astronomie.

« .. Quand j'avais ton âge j'avais aussi du mal à trouver le sommeil ... Cela n'était sûrement pas aussi grave que toi Arya, mais ça me rendait fou. » Dextérité silencieuse, il sort la touche finale. Fiole transparente venant de sa poche, poussière d'étoile ou simple paillette, seule l'imagination pouvait en tirer une conclusion précise. Ce nuage étincelant vint alors rejoindre les astres, voletant autour d'eux, scintillant calmement, comme si eux aussi dormaient en même temps que les vivants.

« ..Me conforter dans les livres et les drogues médicinales n'aidèrent en rien. Je ne parvenais pas à arrêter ... mes pensées. »

Pendragon avait levé doucement sa baguette dans cette valse céleste aux saveurs de plomb. Il illuminait les objets et les faisait briller un peu, tandis que cette poudre nuageuse faisait tout le reste. « Elles sont cruelles. Elles attendent que l'on soit seul, puis elles attaquent et elles ne lâchent pas prise. Elles dévorent tout ... les rêves ... le courage .. l'amour.. il ne reste plus rien. » Le blond avait son regard rivé sur la magie qui s'opérait au dessus d'eux, une lueur dans le fond de ses yeux. « Mais cette fois Arya, tu n'es plus seule. Tu peux tout me dire .. ou absolument rien, c'est comme tu le désires. Mais tes pensées ne t'atteindront plus. »
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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Sam 20 Jan - 13:52




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«au premier temps de la valse»

Le temps s'était arrêté, et Arya s'était élevée. Maintenant debout et la tête dans les étoiles, les doigts timides titillant une planète ou l'autre, elle s'était égarée, l'esprit en orbite et l'âme qui rit.

Elle ferma les yeux et se mit à écouter son cœur qui tambourinait dans sa poitrine, lui hurlait de lâcher prise. Un fin tremblement s'était emparé du bout de ses doigts et son souffle, fébrile, avait marqué une pause, s'était stoppé net.

Au bord de ses lèvres entre-ouvertes, dans ce cadre infiniment intime, se débattaient avec force des milliers de tendresses muettes, de mots écorchés par son silence.

« Mes pensées, hein ? »

Depuis combien de temps n'avait-elle plus perdu le contrôle ? Elle pouvait presque sentir ses convictions s'effondrer, à entendre son cœur lui hurler d'abandonner -
de s'abandonner.
Et le chaos - la discorde - qui tempêtait entre ses deux oreilles s'apaisa brusquement aux premières larmes qui vinrent caresser le bord de ses yeux.
Un sourire doux avait étiré ses lèvres, et elle était restée debout, espérant secrètement qu'il regardait ailleurs.

« Désolée. »

Ses doigts avaient rejoint le col de la veste sur ses épaules et du revers de sa main, elle avait fait tomber son émoi dans l'oubli.

Confiance déchirée, sensibilité exacerbée, c'était en cet instant de vulnérabilité que Arya se referma, lui tournant le dos et fuyant vers les étoiles. Elle ferma les yeux à nouveau, balançant entre son cœur qui lui suppliait de le libérer et ses souvenirs qui lui rappelaient comment ça avait tourné la dernière fois qu'elle l'avait laissé parler - extrêmement mal.
Et enfin, rouvrant les yeux sur les milliers d'étoiles qui peuplaient son air, elle tourna la tête vers Ephraim, à qui elle adressa finalement un regard noyé de douceur et teinté d'une chaleur triste.

« J'en suis incapable. »

Peut-être parce qu'il était trop tôt, ou justement parce qu'il était trop tard, Arya n'avait plus de confiance à offrir ; elle avait un territoire à défendre, et plus personne ne pouvait y pénétrer.
Elle se retourna et se perdit dans la contemplation de leur nouveau ciel.
Arya, personne n'était jamais venu la rencontrer dans son monde si particulier, de sensibilité et de terreur, de lucidité et de solitude. Et maintenant qu'il avait avancé d'un pas au-delà de la frontière entre leur deux univers, elle avait encore plus peur.


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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Dim 21 Jan - 20:21

valse des astres

### cinéma ★ ephraim ★arya
Ange parmi les étoiles, parmi ses étoiles. Il pouvait sentir son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine, déchirant cette coquille froide et éternelle qu'il avait décidé de se construire tout autour de sa cage thoracique, illustrant parfaitement le mot cage. Puis vint les mots, et la peur. Le professeur se doutait que cela ne serait pas aussi aisé que désiré, mais ce regard le détruit complètement. Panique inutile, il se redressa aussi. Pourquoi ? Pourquoi avoir vu les yeux humides d'Arya lui avait provoqué une telle peur ? Il se questionnera sur cela plus tard, car en ce moment même, ombre funeste annonciateur d'un mauvais temps, il venait de se glisser dans le dos de la jeune demoiselle, sans cependant pour provoquer un contact physique, et posa son regard de jais sur elle.

« Ce n'est pas grave. Laisse toi du temps Arya, tout va bien. » Puis il franchit cette ligne invisible qu'est la décence, il ose, et il pose doucement sa main sur l'épaule de la demoiselle tandis que son regard se fait plus doux. « Et ne sois pas désolée. »

Le professeur se recule, et vint s'asseoir de nouveau sur le siège, observant le manège d'astre, carrousel du rêve, autour de la tête de sa protégée. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, et pourtant, des inquiétudes plus grandes venaient rompre tout cela. Que vivait la jeune poufsouffle ... comment parvenait elle à rester debout ? Et s'il n'était pas là, qui prendrait soin d'elle ? Qui prend soin d'elle dans l'état actuel ? Des questions qui, vicieusement, peuvent bien fortement le déranger.

« Alors comme ça tu as peur de Soukup ? »

Tentative d'oublier, de faire penser à autre chose. Et cette chose, c'est son ami et terreur nocturne des élèves. Le blond croisa ses jambes, et d'un petit mouvement de baguette, fait voleter dans de nouveaux angles les planètes en suspensions. Aquamenti. Un filet d'eau gracieux et souple s'extirpe de sa baguette pour venir enrôler la voie lactée. Les paillettes se fondent dans cette masse translucide, et cela forme un courant scintillant tout autour des astres. Ephraim sourit, paisible. Comme un chat qui ronronnerait trop fort dans cette immense salle de cinéma.

« Il y a des rumeurs qui traînent sur lui dans vos dortoirs ? Je me ferai un malin plaisir de l'embêter si j'en apprenais un peu plus sur sa vie cachée. »

Clin d'oeil complice, Pendragon retrouve ses 18 ans quand il est avec elle. Et c'est parfois, une bien mauvaise chose.
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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Lun 22 Jan - 0:27




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«au premier temps de la valse»

Les yeux clos, Arya s’abandonna aux démons de son esprit, quelques secondes à peine.
En regardant à travers ses paupières elle pouvait distinguer des images sombres, des ombres graves, des silhouettes moqueuses et elle-même qui la dévisage.
Puis la voix de Ephraim et sa présence dans son dos, elle sentit son regard sur sa nuque et un frisson le long de sa colonne vertébrale ; son souffle au-dessus de son crâne, ses doigts contre son épaule. Tout à coup, elle ne portait plus le poids du monde ; tout à coup, il l’avait emmenée quelque part où leur univers était beau ; tout à coup, lorsqu’elle ouvrit les yeux, son ciel était devenu leur et les étoiles se noyaient dans la douceur.

Elle se mit à rire.
Soukup, elle n’en avait pas peur à proprement parler. Ou plutôt si, il la terrifiait, mais pas pour les raisons qu’il imaginait.
Son regard avait vagabondé dans les étoiles encore quelques secondes, avant qu’elle ne se rasseye. Ses yeux brillaient, dévorés par les constellations qui dansaient au-dessus de leur tête ; elles allumaient des lumières qu’elle croyait éteintes à jamais.

« C’est toi qui m’as appris qu’il mangeait les enfants »

Son sourire égayait son visage, ses traits alors détendus ; elle avait abandonné son combat intérieur, libérée dès lors qu’il l’avait laissée être – qu’il l’avait autorisée à se taire.

« Quand j’étais plus jeune j’avais peur des fantômes »

Elle en avait toujours peur, mais se passa de lui préciser.

« Ma sœur jumelle me terrorisait avec l’histoire de la dame blanche. Et un jour que j’étais en crise d’asthme, en sixième, je suis tombée dans les pommes et on m’a emmenée à l’infirmerie. En me réveillant, j’ai cru voir la dame blanche à mon chevet qui venait me hanter parce que je n’avais pas été sage. »

Un rire traversa ses lippes, partagée entre une certaine forme de honte et d’amusement.
Elle se trouvait si puérile, à avoir peur des fantômes, à avoir peur de l’infirmier, à avoir peur d’un tas de choses comme si elle avait encore douze ans et qu’il lui fallait une loupiote pour dormir la nuit.

Elle tourna la tête, la joue appuyée contre le siège, et la moitié de son visage plongea dans l’obscurité. Son sourire avait fané pour ne laisser au bord de ses lèvres qu’un mince rictus. Ses yeux voyagèrent de ses mains à ses lèvres, jusqu’à échouer à ses yeux.
Et à se perdre dans l’éclat absurde de ses pupilles, elle perdit une part d’elle-même ;
Quelques inhibitions envolées
Et attirée comme un aimant, elle avait fait un mouvement discret – secret – se rapprochant d’une distance minime, mais significative au moins pour elle.
Sa voix s’était élevée comme un murmure et, teintée d’une certaine forme de cynisme, riait au fond de sa gorge.

« Il est trois heures passées et j’ai aucune idée de ce que je fais là. »

Elle commençait à se rendre compte ;
Et sentait le besoin de se justifier ;
Peut-être qu’elle avait peur, au fond, mais pour une fois que ses pensées lui laissaient un peu de répit, elle se sentait apaisée.


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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Sam 3 Fév - 21:13

crashing, hit a wall. right now, i need a miracle. hurry up now i need a miracle. stranded, reaching out - i call your name but you are not around. i say your name but you're not around. i need you, i need you, i need you right now. yeah, i know need you right now.
Il ne parvenait pas à s'ôter ce rire de l'esprit, ce sourire de la mémoire, son odeur, tout. Tout chez elle devenait létale, dangereux. Ephraim se sentait fiévreux, comme si faire un pas de plus serait le dernier. Mais le dernier avant quoi ? Une folie passagère et puérile du nom d'addiction ? Sûrement. Si ce n'était pas l'alcool et le tabac, ce sera Arya. Et il ne s'en félicitait pas, il en était même mort de peur. Jamais ô grand jamais avait il ressentit ce besoin incontrôlable de poser son regard sur un être vivant, trouvant habituellement les humains d'un fade risible, ce changement soudain le rendait instable. Ce n'était jamais bon de se sentir aussi fragile en présence d'autrui.

Chassant d'un battement de cil ses mauvaises pensées, son attention se braqua de nouveau sur la demoiselle. Bon sang. Encore ce sourire tendre qui s'étirait sur ses lèvres alors qu'elle racontait son récit. Et un faible rire, doux, qui s'échappe de sa gorge pour venir rejoindre la danse des astres. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer Yaroslav en robe blanche et cette image l'amusait fortement.

« J'avais moi aussi peur des fantômes. Et de bien d'autres choses d'ailleurs.. alors je peux comprendre. » Esquisse d'une nostalgie candide, le blond plongea son regard dans le vide, l'espace d'un instant, s'autorisant des souvenirs. Il n'y avait presque plus de douceur dans son cœur meurtris par l'obligation d'oublier, alors ce ne sont que des brides de mémoires qui vinrent à lui. Un cri d'enfant qui appelle sa mère bien aimée pour que doucement, elle le prenne dans ses bras et lui murmure que tout va bien, les monstres sous le lit n'existent pas, et qu'elle le protégera à jamais. Rire interne, amer, ces mots sont superficielles et mensongers. Il ne se fera pas avoir deux fois désormais, les actes comptent plus que les mots pour Pendragon.

« Il est trois heures et tu ne dors toujours pas Arya. »

Le professeur lui lance un petit regard. Imagination nocturne ou réalité touchante, mais ce serait-elle rapprochée .. ? Ah, Ephraim essaie de ne pas y prêter attention, ça pourrait brouiller sa vision et faire battre son cœur encore plus vite. Doucement, le blond sortit son téléphone et sa paire d'écouteur, il en tendit un à Arya, et mit une musique douce, un peu oldy, comme lui au final. Sûrement une reprise à la guitare de Enjoy the Silence ou The Chain de Fleetwood Mac.

« Vois-tu, j'ai longtemps cherché un moyen d'apaiser tes troubles.. » Timide sourire qui disparaît bien vite, ne voulant pas paraître niais ou sur protecteur, bien que ce soit trop tard. « Et.. j'ai trouvé un sortilège qui pourrait t'aider à t'endormir, et apaiser tes rêves. Mais je refuse de l'utiliser sur toi sans ton accord. »

Ephraim se tourne à demi vers elle. Il attend maintenant la réponse. Étrangement, il aimerait qu'elle réponde non, et qu'ils puissent tout deux passer la nuit ensemble à discuter dans cette salle, sous les étoiles de fer, mais ce serait une envie bien égoïste, alors il se tait.
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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Ven 9 Fév - 19:45




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Ses fins doigts agrippèrent l'écouteur, l'installant ; et entre les mélodies tendres et sa voix effacée, Arya s'était laissée bercer, sans fermer les yeux sur le nouvel espace qui s'offrait à eux. Elle avait détourné le regard de lui ; quand elle le regardait, elle imaginait perdre sa raison – le contrôle, le bon déroulement des choses ; quand elle le regardait, elle avait peur de perdre les notions de décence – de détraquer l'équilibre bancal qu'elle avait fébrilement installé dans sa vie.

« Vois-tu, j'ai longtemps cherché un moyen d'apaiser tes troubles.. »

Elle haussa les sourcils, et l'appel fut intense ; elle le regarda.
Que voulait-il dire par longtemps ? Depuis combien de temps s'inquiétait-il de ses insomnies ? Depuis combien de temps étais-tu aveugle, Arya ?

« Mais je refuse de l'utiliser sur toi sans ton accord. »

Elle se sentit perdre son souffle. Et le regard figé sur ses traits, de ses lèvres à ses yeux, et de ses yeux à ses lèvres, Arya ne sut dire si elle était émue ou gênée, elle qui n'avait jamais accepté qu'on l'aide.
Elle se reprit, secouant légèrement de la tête et un sourire écorchant ses lèvres. Tout ça lui paraissait irréel.
Sans doute rêvait-elle pour la première fois depuis trop longtemps, sans doute était-elle en train de dormir, finalement.

« ça n'existe pas... »

Son regard se perdit ailleurs, puis revint à ses yeux ; interrogateur, fatigué. Arya ne savait plus si elle était éveillée ou pas, car il était impensable qu'Ephraim tienne tant à elle ; impensable que ses insomnies puissent avoir une fin ; impensable qu'elle ait le cœur qui batte tant pour un homme de seize ans son aîné.

Mais si elle rêvait, au diable la décence et la raison ; si elle rêvait, au diable le contrôle et le bon déroulement des choses ; si elle rêvait, elle pouvait le dévorer ; et puisqu'elle rêvait, elle s'était approchée, les lèvres au bord des siennes.

Réveille-toi.
La réalité la frappa trop tôt et pas un contact ; elle s'écarta d'un coup sec, l'écouteur s'échappant de son oreille et la veste tombant de ses épaules. Elle se mordit l'intérieur de la joue, incapable de définir quels étaient les troubles qui l'animaient à présent.
Elle avait honte ; elle avait perdu le contrôle ; elle avait perdu la raison.
Un rire léger et gêné venait décorer son visage triste.

« Désolée j'aurais pas du venir. »

Et elle s'éclipsa ; disparu aussi vite qu'elle était arrivée, précipitée dans un mouvement de panique pour avoir laissé son cœur surplomber ses pensées. Et comme à chaque fois, elle se promit que ça n'arriverait plus ; jamais.  


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Re: end // au premier temps de la valse (ephraim) Mer 7 Mar - 23:41

crashing, hit a wall. right now, i need a miracle. hurry up now i need a miracle. stranded, reaching out - i call your name but you are not around. i say your name but you're not around. i need you, i need you, i need you right now. yeah, i know need you right now.
Aujourd'hui, il se souvient encore.
Il se souvient encore de son souffle s'approchant, de son parfum trop timide pour rendre fou, de ses cils battants fébrilement sur une hésitation grotesque, de ses lèvres tout près des siennes. Aujourd'hui, il se souvient encore.
De cette douleur qui vint lui agripper le cœur, le rendant fou, lui donnant ce goût étrange d'un chagrin que d'habitude, il infligeait aux autres. Souffle coupé, regard qui s'égare dans un souvenirs défunt, tout lui fait trop mal – il ne s'y fera jamais. Le blond était resté là, incapable de bouger pendant de longues secondes, ayant simplement murmuré son prénom, tentative veine de la faire revenir.

Et que ferais-tu, Ephraim, si elle revenait ? La question ne se pose pas bien sûr, car l'image de la demoiselle dans ses bras embrumait ses pensées d'une candeur dont il avait honte. Le professeur glissa lentement sa main dans ses mèches blondes, baissant les yeux sur sa propre amertume. Arya avait quitté la pièce, tout s'était écroulé, les objets retombaient lourdement sur le sol, la magie était éteinte. Que faire, maintenant ? Comme un stupide réflexe, il sortit son téléphone, mais rien. Aussi vide et désagréable que ce creux qui venait de se former dans sa poitrine.

Pendragon réalisa brutalement ô combien il était devenu dépendant de cette jeune sorcière, et cela n'était pas très flatteur. Maintenant, il se savait déjà agonisant sur son lit, serrant ses draps contre lui, étouffant des complaintes muettes sur cette pâle figure qui viendra hanter ses pensées jours et nuits.

Après la tristesse, c'est la peur qui empara violemment les tripes du jeune homme. Se redressant lentement, titubant à peine, récupérant le tout, il se mit en route, fade. Ses iris ne parvenaient pas à se concentrer sur un point précis, et tout était bien trop flou pour être retenu. Pourquoi était elle partie si vite ? Allait elle .. l'embrasser ? Tant de questions, sa mâchoire se serra dans une mine douloureuse, et sans un bruits, il entra sa chambre.

Son animal vint se lever du lit, se frottant dans un ronron tendre à ses jambes, mais le professeur préféra ignorer et se laissa tomber sur son lit dans un soupire. Ah.. Arya, il s'en veut. Il a peur que tu ne le détestes, il a peur d'avoir abusé de ta bonté.

Alors il préfère fermer les yeux et oublier.
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