say you have to leave // bertram

Fenry D. Williams
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say you have to leave // bertram Mer 18 Avr - 2:54


Say you have to leave
Gaunt, les mains sales, avait attrapé le vif d'or. Gaunt, heureux d'avoir fait remporter son équipe, pavanait sa victoire. Gaunt encore, Gaunt toujours ; Gaunt la hantait, narguait son esprit par sa seule présence. En fermant les yeux, elle entendait les voix de sa mère qui murmuraient.

Venge moi, Fenry jolie. Détruis-les, Fenry jolie.

Il y avait deux baguettes à sa ceinture ; elle avait titillé l'une des deux du bout des doigts, quelques hésitations débattant au travers de son esprit. Ça aurait été si facile. Elle n'avait qu'à lancer une formule ; elle la connaissait ; elle n'avait qu'à lever la main et en finir avec ses doutes.

Abats sur leur famille le courroux qu'ils méritent.

Et elle se dégonfla, décevant les espoirs de sa mère qui hurlait sous son crâne ; décevant la mission qu'elle lui avait confiée de poursuivre sa mémoire.

Pauvre Fenry jolie, incapable et pleutre ; pathétique.

Oh, Fenry n'avait pas envie de tuer Felix. Mais Fenry devait tuer Felix. C'était la mission qu'elle portait sur ses épaules frêles. C'était la mission que lui avaient chuchoté les pensées mourantes de sa mère.

Tu devrais avoir honte.

« Mais ferme ta gueule ! »

Sybil se retourna, intriguée ; qu'avait-elle à crier ainsi ? Et sa silhouette plantée là, dans le décor du terrain déserté. Fenry fronça les sourcils. Sybil n'était pas là, elle l'avait imaginée ; si fort qu'elle l'avait vue ; si fort qu'elle sentait son regard s'abattre sur elle, lui demander si elle n'était pas devenue folle.

Tu perds la tête, Fenry jolie.

Felix et le public, Sybil et Beckett, Castiel et Mephisto dans la foule ; ils étaient tous déjà partis.

Le match était hier, Fenry jolie.

Combien de temps était-elle restée ici ?

Tu perds la tête, Fenry jolie.

« Ferme-la, putain ! »

Elle avait sorti sa baguette ; comme si quoi que ce soit était efficace contre les démons qui dévoraient son crâne. L'âme fragile, elle paniquait, remplie d'incertitudes et de doutes. Noyée de terreur.

« Je ne serai jamais comme toi. »

Folle, détruite ; faible et pathétique.
Quand elle était seule, Fenry n'avait plus de repères. Quand elle était seule, ses pensées la rattrapaient ; les murmures du monde immonde ne cessaient de peser son existence. La solitude l'angoissait pour ces raisons-mêmes ; celles qui lui faisaient perdre la raison.

Si tu as tant besoin des autres, pourquoi les fais-tu tous fuir ? Tu devrais être fière. Ils te détestent tous, Fenry jolie.
Comment vas-tu tenir debout, maintenant que tu es seule ?


« Arrête, ça suffit, arrête.. »

Sa silhouette effondrée, le dos courbé et les jambes pliées, le visage en larmes contre ses mains. La baguette était tombée dans l'herbe fraîche, et quelques sanglots s'étaient échappés de ses lèvres entre-ouvertes.

Relève-toi ma douce, on te regarde.

Un frisson parcourut sa colonne vertébrale, et elle se releva rapidement en entendant des bruits derrière elle. Son regard accusa la silhouette qui naquit dans la brume matinale, et en en définissant les traits, elle eut vite fait de sécher ses larmes et de froncer les sourcils.

« Godfrey. Qu'est-ce que tu fais là ? »

Sa voix fut sèche ; en total désaccord avec ce qui avait précédé. Qu'avait-il vu ? entendu ? Depuis quand était-il là, derrière elle ? Elle se racla la gorge, tentant de récupérer de la contenance. Elle venait de perdre la face. Elle enfonça ses ongles dans les paumes de sa main, et enfouit ses poings dans les pans de sa cape défaite par le vent.



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Bertram Godfrey
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Re: say you have to leave // bertram Mer 18 Avr - 21:18

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Bertram C. Godfrey & Fenry D.Williams

La nuit avait laissé ses larmes sur chaque lame d’herbe. C’était un de ces matins gris et humides où le brouillard se déverse, ces matins froids d’écosses qui vous laissait des frissons le matin avec la seule envie de rester bien au chaud sous les couettes. Tout le monde sauf moi. Qui manquerait l’occasion de marcher dans un nuage ? Qui manquerait l’occasion de prendre l’air entre ses murs étouffants, entre ces gens empilés les uns sur les autres dans un éternel brouhaha ?

Qui sait les mystères que recèlent ces matins écossais ? Mes pas écrasent sans vergogne les larmes humides que la nuit a laissé sur les larmes d’herbe. Mes écouteurs dans les oreilles, je laisse la magie moldue opérer, me collant contre les drapés aux couleurs des différentes maisons - couleurs bien mornes ce matin.

Un éclat de voix me transperce. Surpris, j’ôte mes écouteurs, à l’affût. Un autre cri. Cela vient de l’autre côté. Je soulève le drapé à l’effigie des poufsouffles pour me glisser sur les poutres en bois des gradins à l’abri des regards. Automatiquement, je tends l’oreille et je sors ma baguette.

Ferme-la, putain !



Jusqu’à présent il n’y a qu’une seule voix. Une voix de femme. Un cri de détresse que je ne reconnais pas. A pas feutrés, je me rapproche de la source du bruit, encore lointaine.

Je ne serai jamais comme toi.



La curiosité me pousse vers l’avant, vers l’origine de cette voix qui se dispute seule.

Arrête, ça suffit, arrête..



La voix se brise en éclat, submergée de sanglots. Soudainement anxieux, je soulève l’autre drapé pour arriver de l’autre côté, baguette en main prêt à agir. Mais c’est une jeune fille seule que je retrouve. Les cheveux roses tombent sur ses épaules, encore secouée de sanglot alors qu’elle relève la tête vers moi. Fenry Williams ça je ne m’y attendais pas.

Quelques secondes d’hésitation. Est-ce qu’il était encore temps de prendre mes jambes à mon cou ? Probablement pas. Elle m’avait vu. Et entendu aussi, probablement. J’étais coincé. Réflexe, je lève les paumes vers le haut en signe de reddition.


Heu. Quoi ? Rien, je ne faisais rien. J’ai entendu quelque chose et j’ai cru….rien.



J’étais certainement pas en train de parler avec moi-même, en tout cas.
Mince. Elle a probablement entendu ça.
Fenry si tu écoutes, je le jure, je n’étais pas en train de t’espionner
tu sais à quel point ça paraît suspicieux ce que tu viens de penser ?
F*ck.

Pour une fois que j’étais parfaitement innocent, j’arrivais encore à m’emmêler. Mon regard se pose sur la capitaine de l’équipe. Ce n’était pas cette stupide défaite qui l’avait mis dans un état pareil. Fenry Williams… qui pleurait dans un coin du terrain de quidditch. La vulnérabilité dans sa voix m’était tellement étrangère que je ne l’avais pas reconnue.

Je me souviens des mots qu’elle m’a adressé, ce regard las alors qu’elle m’avait laissé partir. Je n’avais pas eu de nouvelles de cette embarrassante entrevue, que ce soit sur le stupeshit ou bien par rumeur...Et ça….ça avait piqué ma curiosité. Est-ce que la serpentard pouvait être différente de ce visage cruel qu’elle montrait au monde ? Il y a certaines personnes...on les prend de face et on se ramasse des claques et des coups de griffes. Et puis sur on arrive plus sournoisement...on découvre quelqu’un d’autre. De la faiblesse. De l’humanité, de la part de cette personne que j’avais volontairement diabolisé.

Je ne parviens pas à comprendre le contexte. Ces mots qu’elle avait prononcés alors qu’elle était seule ?  Est-ce qu’il y avait de la magie noire à l’oeuvre, à emmêler les fils de son esprit ? Je savais que ce genre de sorts pouvaient circuler. Ca ne me surprendrait pas que Williams en soit la cible - vu son comportement vis à vis des autres. Je prends un air inquiet pour lui demander :

Est-ce que ça va ? ...Est-ce que quelqu’un t’as fait du mal ?



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Fenry D. Williams
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Re: say you have to leave // bertram Mer 25 Avr - 22:23


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« Oui. »

La réponse est directe, sèche, grave. Et il lui faut quelques secondes avant de se poser sincèrement la question. Quelqu'un lui avait-il fait du mal ?

« Non. »

Elle baissa le regard, véritablement décontenancée par sa propre attitude. Elle rassembla toutes ses forces pour reprendre ses esprits, mais décidément elle n'avait plus toute sa tête et le temps que ses migraines disparaissent, il était trop tard pour paraître. Elle fronça les sourcils et grimaça quand la douleur lui reprit le crâne, quand les voix entre ses deux oreilles lui chantaient qu'il fallait qu'elle soit forte.

Sa concentration fut intense, et elle toisa Bertram du regard, les poings toujours serrés, regrettant d'avoir échappé sa baguette – elle aurait aimé pouvoir le menacer, ça l'aurait au moins un peu rassurée.

« Si tu es venu pour te venger prends un numéro et fais la queue. »

Fenry n'était pas bête, il y avait un nombre conséquent de gens qui lui en voulaient, pour diverses raisons. Fenry n'était pas aveugle, encore moins sourde, elle savait bien toute la haine qu'elle pouvait générer. Tout ça parce qu'elle était un peu trop vive – déterminée (et surtout intrusive). Elle ne se leurrait pas quant aux réactions qu'elle faisait naître par son comportement de sans gêne et, en temps normal, elle en aurait volontiers affronté les conséquences.

Ce jour-là, elle n'avait pas la force. Ce jour-là, Fenry n'avait plus de vaillance. Et si elle était un peu plus clairvoyante, si elle avait un peu plus les idées claires, sans doute aurait-elle remarqué que Bertram n'était pas venu pour la souiller.

« Qu'est-ce que tu fais encore là, Godfrey ? T'as pas d'autres choses à faire? »

Elle ne l'aurait jamais dit à voix haute, mais quelque part, Fenry espérait qu'il reste. Et quelque part, elle espérait qu'il était là pour elle. Parce que de toute évidence, elle avait besoin d'aide.



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Re: say you have to leave // bertram Ven 27 Avr - 14:46

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Bertram C. Godfrey & Fenry D.Williams

Oui et non, deux réponses sèches et honnêtement un peu confuses. Oui ça allait, non personne ne lui avait fait du mal ? Piètre mensonge quand je vois ces yeux verts pleins de mépris désormais rouges et gonflés, source de sillages de charbon sur ses joues. Ce regard d’habitude vif et perçant s’abaisse sous ses lourdes paupières. Une expression de douleur déforme son visage.

Quelque chose ne va pas.

Mais ils reviennent bien vite, toujours humides et sales, ces yeux accusateurs.

 Si tu es venu pour te venger prends un numéro et fais la queue.



Me venger ? Me venger de quoi ?



Notre petite altercation de la fois dernière n’avait eu absolument aucune conséquence. A l’exception d’avoir suscité une étrange curiosité quant au comportement de Fenry Williams. Peut-être, je dis bien peut-être, il y a une petite  possibilité que je l’ai mal jugée. Infime. Mais présente. Et devant moi se trouve une illustration parfaite de cette hypothèse.

De ce que je sais, je n’ai subi aucun préjudice et puis...je suis assez malin pour juger les risques.



Je lui adresse un sourire hypocrite.J’étais aussi suffisamment malin pour savoir qu’elle ne m’expliquerait pas ce qu’elle faisait là.

En d’autres termes, la balance risque/gain était déséquilibrés. Trop de risques pour peu de gains, voire aucune. Et la capitaine des serpentards était généralement bien trop féroce, au niveau d’un boss caché de fin de jeu. Et en temps normal j’aurai sauté sur l’occasion de m’enfuir et de la laisser là seulement il y avait deux petites entraves à ce plan parfait. 1) Un j’étais vraiment curieux de comprendre ses intentions et ses raisons de m’avoir laissé filer la dernière fois. Traitez-moi d’inconscient, mais il y avait une opportunité à saisir ici. 2) Arrête, ça suffit, arrête. Je ne sais pas pour vous mais entendre une voix de fille pleurer et crier ces mots - ça vous glace le sang.

Et même si Williams était loin de l’image de demoiselle en détresse...et bien...elle s’en rapprochait.

Qu'est-ce que tu fais encore là, Godfrey ? T'as pas d'autres choses à faire?



Réplique cinglante, j’aurai probablement réagi de la même façon si on me retrouvait dans un tel état de faiblesse. Je croise les bras et je regarde ailleurs, lui offrant un peu d’intimité. Mon regard se pose sur les bannières qui recouvrent les gradins.

Ca n’a rien à voir avec le quidditch, n’est-ce pas ?
Quelle importance, elle ne va pas t’en parler.


J’hésite un moment avant de saisir cette opportunité. Nous étions seuls, personne aux alentours. Ce que je disais pourrait bien rester, à moins qu’elle préfère que tout le monde sache qu’elle vient se cacher ici pour pleurer. J’étais paré à cette éventualité, même si cela ne restait pas mon option favorite.

La dernière fois. si…. si j’ai dit ou pensé quelque chose de...blessant. Je suis désolé.



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Fenry D. Williams
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Re: say you have to leave // bertram Mar 22 Mai - 15:48


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Aucun préjudice, disait-il.
L'avait-il vraiment vécu ainsi ? S'accablait-elle de culpabilités inutiles ? Quoique Fenry se sentait rarement coupable, elle s'imaginait toujours comme une sorte de monstre impitoyable – à force de se voir ainsi dans l'esprit des autres, elle avait fini par être convaincue que c'est ce qu'elle était profondément : une menace.

Alors pourquoi restait-il face à elle, alors qu'elle était ce démon qui rôdait dans les couloirs ? A l'affût du moindre faux pas, à l'affût de la moindre pensée de trop – intruse et perfide. L'esprit plein de brouillard et la brume levée sur ses yeux l'empêchait de traverser les pensées de Godfrey. Les paroles de sa mère à l'intérieur de son crâne s'étaient tues, mais leur écho ne cessait de l'abîmer.

Les questions sans réponses lui donnaient mal à la tête. Que pensait-il ? Pourquoi s'entêtait-il ? Que voulait dire son regard ? Elle fronça les sourcils, sans démordre de son idée qu'il était forcément là pour se moquer.

Il s'excusait forcément pour l'amadouer.

« Pardon ? »

Comment pouvait-il s'excuser, alors que c'était à elle de le faire ? Comment pouvait-il s'excuser, alors qu'il n'avait rien à se reprocher ? Tout le monde pensait comme lui, tout le monde voyait Fenry comme un être détestable et rusé, et ça n'était pas la faute des autres, mais bien la sienne.

Elle se mordit l'intérieur de la joue, et ferma les poings, décidée à reprendre de sa contenance. Rapidement. Mais elle se sentait faible, et sa fierté était déjà en miettes. Elle ne pouvait pas le laisser partir après ce qu'il avait entendu, de toute façon.

« Tu n'es pas en mesure de me blesser, Godfrey. »

Elle avait d'autres démons qui la terrorisaient plus encore. Plus que l'image qu'elle pouvait donner, plus que son ego et ses fiertés. Les démons de Fenry étaient bien plus enfouis, et bien plus terribles. Les démons de Fenry lui rappelaient que rien d'autre n'était important, et étaient l'unique raison de son insouciance – son indifférence quant aux soucis qu'elle jugeait futiles.

« Personne ne l'est. Alors pourquoi tu viens t'excuser ? Qu'est-ce que tu veux? »

Il avait forcément des intentions cachées, et même sans pouvoir voyager au travers de ses pensées, Fenry avait l'intention de le découvrir.



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Bertram Godfrey
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Re: say you have to leave // bertram Mer 23 Mai - 21:16

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Bertram C. Godfrey & Fenry D.Williams

Difficile d’obtenir ce que je voulais sans prendre de risques. Ma prudence naturellement m’intimait de continuer la mascarade, de jouer à l’innocent petit Bertram et de prendre mes jambes à mon cou. Mes excuses, bien que majoritairement sincères n’eurent aucun effet pour l’amadouer. Au contraire, elle me traite en ennemi. Normalement elle n’avait rien à craindre d’un élève modèle comme moi. Sauf si elle se doutait de quelque chose...Essayer de la comprendre ou de la manipuler c’est comme se balader sur un champ de mine : on ne sait jamais à quel moment ça va exploser.

 Tu n'es pas en mesure de me blesser, Godfrey.



Ca a le mérite d’être clair : Bertram t’es une sous-merde, jamais tu ne pourrais espérer toucher la grande méchante Fenry. Du moins c’est ce qu’elle souhaite que je pense. Blessée, elle l’est, mais je ne suis pas le responsable de sa souffrance.

Personne ne l'est. Alors pourquoi tu viens t'excuser ? Qu'est-ce que tu veux?


Ce que je veux ?



Drôle de question… Désormais je suis convaincu qu’elle a au moins aperçu mon autre visage.D’ordinaire j’étais plutôt doué pour deviner ce que les gens voulaient entendre ou encore prédire leurs réactions. Mais là rien ne venait, j’ignorais totalement ce que Williams attendait de moi. Mes lèvres se retroussent comme un gamin pris en faute, histoire de gagner quelques secondes de réflexion.

Qu’est ce que tu veux ? Je ne sais pas. Savoir ? Comprendre ?

Rien...je...je crois je voulais juste savoir qui ou quoi t’as mis dans un tel état - j’imagine que ce n’est pas ta défaite au quidditch….



En effet qui ou quoi avait suffisamment d’influence pour que la grande méchante Fenry s’effondre en cris et en pleurs en plein milieu du terrain - ça je me le demandais bien. Je la voyais mal pleurer pour un match, des résultats ou un garçon. Il ne restait donc qu’un grand point d’interrogation qui me résistait. Cependant il ne fallait pas être un génie pour deviner que j’empiétais doucement sur les limites de sa patience. Et les risques commençaient doucement à peser plus lourd que l'éventuelle récompense.

Mais je pense que je ferai mieux de te laisser tranquille.



Déjà je recule pour prendre la fuite.

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Fenry D. Williams
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Re: say you have to leave // bertram Mer 13 Juin - 2:36


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Les tempêtes sous son crâne ne cessaient de lui donner des migraines, et elle ne parvenait plus à mettre de l'ordre dans ses pensées. Les questions se bousculaient et aucune réponse ne venait les compléter. Il était rare que Fenry ne trouve pas les solutions de ses interrogations, et ça la rendait malade. Alors, lorsqu'elle vit Bertram reculer – s'éloigner d'elle et de ses cauchemars -, l'idée qu'il n'était pas si malintentionné la paralysa.

Était-il vraiment inquiet ? Son intérêt était-il aussi innocent qu'il le prétendait ? Fenry ne savait plus, et les mensonges avaient tellement plu qu'elle ne voulait pas y croire. Mais en cet instant où aucune de ses pensées n'était assez vaillante pour la protéger, elle y crut. Et sa voix, fragilisée, se brisa en voulant s'élever.

« Non attends. »

Et le visage de l'enfant déchirée reprit sa place, quelques lueurs tendres dansant au fond de ses pupilles humides, les lèvres entre-ouvertes échappant son souffle trop court. Elle tenta de reprendre ses esprits, mais c'était trop tard pour ça.

« Ne pars pas. »

Elle n'arrivait même pas à croire les mots qu'elle prononçait, glissant au bord de ses lèvres comme s'ils lui échappaient. Elle n'avait plus la force de les retenir. Elle serra les dents, et se mordit l'intérieur de la joue. Ne me laisse pas seule encore une fois.

Le silence avait pesé pendant de longues secondes, peut-être bien des minutes, durant lesquelles elle eut envie de s'assassiner, un million de fois sûrement. Et la voix de sa mère revint hanter son esprit pour lui chuchoter qu'elle était ridicule.

Entends-tu son regard qui te parle ?
Tu me fais pitié, Fenry. Tu me fais pitié, te dit-il.


Elle continua de serrer les poings, et son regard s'échoua sur la baguette qu'elle avait laissé tomber, espérant secrètement qu'elle se brise comme par magie et que sa mère finirait de la hanter.

« Dis-le. »

Mais Bertram n'était pas legilimens et il ne pouvait pas savoir de quoi elle parlait. Les lèvres pincées, le regard amer, elle s'approcha de sa baguette au sol, la prit entre ses doigts et fronça les sourcils. En relevant les yeux vers Bertram, elle s'aperçut qu'il n'avait rien compris.

« Est-ce que tu me détestes, Bertram? »

Peut-être que son avis était plus important qu'elle ne voulait bien le faire croire. Pour une fois, elle l'avait appelé par son prénom plutôt que son nom. Et son regard était tombé à ses pieds.

« Est-ce que je suis folle, tu crois? »



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Re: say you have to leave // bertram Dim 17 Juin - 10:13

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Bertram C. Godfrey & Fenry D.Williams

Mon expertise sur Williams était trop limitée pour que je puisse analyser les indices qu’elle me donnait, encore moins pour déterminer un plan d’action. La capitaine des serpentard était blessée et j’étais suffisamment prudent pour savoir qu’il était préférable de s’éloigner de ce genre de vipère avant qu’elle ne s’élance pour mordre.

Non attends.



Un ordre qui brise sa voix et qui m’arrête dans ma lancée. Qu’est ce que c’est ? Est-ce qu’elle va encore me menacer ? Je ne comprends pas ce qu’elle cherche, ce qu’elle me veut.

Ne pars pas.



Il faudrait être sans coeur pour ignorer un tel appel de détresse. Ses mots s’accrochent dans mes oreilles, produisent un écho, une ondulation à la surface de l’eau calme qui la trouble. Et troublé, je le suis. Qui est-ce en face de moi ? La cruelle vipère ? Tout ce que je vois, c’est une fille, juste une fille comme les autres accablée par le chagrin au point que son orgueil, que sa fierté s’effrite. Ne pars pas.C’est ce que je dis dans mes rêves...parfois.

Je m’approche, je ne sais pas pourquoi, et je m’assieds à côté d’elle. Peut-être parce qu’elle réclamait une pause dans ce jeu cruel de chat et de la souris auquel on jouait. Je remarque la deuxième baguette une fois de plus. Peut-être que c’est ce dont à la besoin, quelqu’un, n’importe qui pour ne pas être seule avec ses pensées.

Mon regard curieux se pose sur elle lorsqu’elle me demande de lui dire quelque chose. Jusque-là j’avais gardé le silence. Parfois il valait mieux le laisser s’installer, faire de la place aux pensées qu’elle allait formuler.

Est-ce que tu me détestes, Bertram?



Je ne m’y attendais pas à celle-là. Je la regarde manipuler sa baguette un peu distant. De cette distance elle ne me raterait pas si elle souhaitait lire dans mes souvenirs. Je pose ma main sur ma baguette, prêt à réagir, mais je lui laisse le bénéfice du doute.

Honnêtement ? Je ne te déteste pas, Williams. Je ne t’aime pas beaucoup non plus, mais je ne te déteste pas. Mais qu’est-ce que ça  peut te faire ? Mon opinion n’a pas d’importance, je ne suis personne.



Pour être parfaitement honnête ce que je ressentais pour la serpentard était complètement différent. Et qu’elle m’aime ou qu’elle me déteste, j’accordais plus d’importance au choix de mes chaussettes.

J’ai peur de toi. Je te crains. Je me méfie de toi.

Je ne prenais même pas la peine d’essayer de la connaître parce qu’elle me faisait peur, juste à cause de ses capacités. Enfin, elle avait aussi la réputation de se réjouir du malheur des autres et d’apprécier étaler leurs secrets au grand jour.

Cette réputation-là, tu ne l’as pas volé.

Elle me demande ensuite mon avis sur sa santé mentale. Je regarde au loin, réfléchissant un instant avant de répondre d’un ton détaché:

Je ne sais pas. Je sais que parfois tout le monde un peu fou. Peut-être que nous le sommes tous.



Parfois cela m’arrivait aussi, avec mes raisonnements défectueux et mon éthique douteuse. Avec un léger sourire, j’essaie néanmoins d’alléger la conversation :

Mais si je pouvais lire dans les pensées de tout le monde, j’en aurais probablement l’impression !



J’inspire l’air frais de ce matin. C’est vivifiant. Et je ne m’attendais pas à avoir ce genre de conversation, ici, maintenant, avec elle. Communiquer avec Williams est difficile, surtout lorsque je ne sais pas si elle entend mes pensées ou pas. Mon regard se pose sur elle. Une fille épuisée. Des sillons de larmes, une voix fragile. Je tente donc un peu de sincérité pour voir ce que ça va donner.

Je ne te connais pas. Mais je pense que tu es malheureuse, Williams. Et que tu ne sais pas comment le gérer parce que tu ne veux pas paraître vulnérable.



Ses larmes, sa voix, sa façon agressive de réagir...un mécanisme de défense tout simplement. J’étais peut-être complètement à côté de la plaque, mais les indices tendaient vers cette théorie. La vraie question, c’était pourquoi ? Mais j’appréhendais avant tout sa réaction. Dans un tel état, elle était imprévisible.

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Fenry D. Williams
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Re: say you have to leave // bertram Jeu 12 Juil - 16:41


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« Je ne suis personne.
Tu as raison. »

Ses mots n'étaient pas si durs qu'ils le paraissaient. Bertram, au sens propre du terme, n'était effectivement pas important -jusqu'à ce jour au moins- aux yeux de Fenry. IL n'était qu'un parmi son nombre incalculable de victimes; un autre esprit parmi tous ceux qu'elle avait visités. Mais c'était justement pour ça que son avis comptait. Il était exactement la personne qui pouvait lui dire de quoi elle avait l'air, qu'est-ce que les autres pensaient d'elle; car même si l'image qu'elle donnait était rarement la bonne, elle en disait long sur ce qui se cachait derrière.
Et Fenry avait besoin de retrouver (d'apprendre) qui elle était.

Cette réputation-là, tu ne l'as pas volée.

Est-ce que c'était vrai ? Se réjouissait-elle du malheur des autres ? Elle fronça les sourcils, en attendant une remarque cinglante de la voix de sa mère... qui ne vint pas.
Les autres, la voyaient-ils vraiment ainsi ? Fenry était-elle, dans la croyance commune, une personne mauvaise; malveillante ? Jamais Fenry n'avait fait mal dans l'unique but de faire mal, et jamais elle ne s'en était réjoui.
Comment en était-elle arrivée là ?

« Mais si je pouvais lire dans les pensées de tout le monde, j'en aurais certainement l'impression. »

Elle releva son regard -fatigué- vers lui, et aucun mots ne parvinrent à franchir ses lèvres. Elle aurait voulu lui dire que ça n'était pas tout le monde, et que ça n'était pas qu'une impression, mais rien ne sortit. Elle ne sut dire si c'était son sourire ou la peur qu'il ne comprenne pas, mais elle se sentit devenir muette, et baissa les yeux.

« Mais je pense que tu es malheureuse, Williams. »

Mâchoires serrées, regard amer. Elle ravala sa salive et dut fournir un effort monstrueux pour admettre qu'il avait raison ; elle avait un problème.

« Et que tu ne sais pas comment le gérer parce que tu ne veux pas paraître vulnérable.
Sans doute.. »

Sa voix, soudain, parut lointaine, comme si elle ne prononçait pas vraiment les mots qu'elle prononçait, qu'elle était ailleurs que là où elle était.

« D'habitude, c'est si facile.. »

Fenry savait toujours quoi faire -quoi dire- ; pas pour que les gens l'aiment, mais pour qu'ils la respectent. Elle se sentait juste, et peu importe ce que les autres en disaient. Elle s'était donné la mission de défendre avec ferveur et loyauté sa reine qu'elle avait nommé « Honnêteté ».
C'est ainsi qu'elle avait heurté sans s'encombrer de culpabilité, qu'elle avait blessé en se persuadant que son combat était le bon.
La manière l'était moins.

« Maintenant je ne sais plus. Je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus quoi faire. Je ne sais plus qui je suis, je n'ai plus de but. Je ne sais plus si ça me fait peur ou si je suis rassurée que tu sois là. »

Elle ne savait plus si elle voulait être honnête ou continuer à leur faire croire à tous qu'elle était forte, inébranlable ; qu'elle était Fenry mauvaise, la vipère qui se riait de tout et de tous. Ce n'était pas l'image qu'elle voulait donner.
En vérité, Fenry ne voulait donner aucune image. Elle aurait aimé que les gens la voient, comme elle voyait les autres.

Elle se sentit lâche. Mais les mots qu'elle prononçait lui demandaient plus de courage qu'elle n'en avait jamais eu besoin.

« Tu as raison. Je me sens vulnérable, et je crains que les autres le voient. Que tu le voies. Mais tu l'as vu, et bientôt ils verront tous. »

Je n'ai plus la force d'aller bien.

« Et c'est trop tard, maintenant. »

Elle eut un ricanement sec -et amer- à cette pensée. Elle aurait du y penser à deux fois avant de s'approprier les secrets de tout le monde ; maintenant qu'il avait entrevu une partie des siens, elle était à découvert, elle aussi.

Sauf qu'en y repensant sérieusement, elle eut peur de faire fausse route. Que pouvait-il raconter ? Qu'est-ce qui lui faisait peur, dans l'idée que Bertram Godfrey l'ait vue pleurer ? En fronçant les sourcils, elle reprit la parole.

Allait-il garder le silence sur cet échange ? Pour une fois, elle n'essaya même pas de lire dans ses pensées. C'était l'occasion rêvée pour lui de venger toutes les âmes à qui elle avait fait du mal ; alors pourquoi est-ce que cette idée avait l'air erronée ?

Elle n'avait pas fait autant de mal qu'elle l'imaginait.



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Bertram Godfrey
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Re: say you have to leave // bertram Mar 17 Juil - 22:04

Say you have to leave  

Bertram C. Godfrey & Fenry D.Williams

Honnêtement j’ignorais si j’étais la meilleure personne avec qui avoir cette conversation ou la pire. J’avais buté sur chaque phrase afin de rester prudent. J’avançais dans un dangereux champ de ronce et voilà que je commençais à prendre des risques. J’observe sa main sur sa baguette conscient qu’à chaque instant elle pourrait la lever et m’arracher mon masque et révéler mes secrets les plus cachés. Je sais que la meilleure option c’est de partir et d’arrêter de lui parler. C’est l’option prudente. Mais pouvais-je vraiment la laisser seule ? Alors les mots s’envolent, des mots qui pourraient suggérer que je la connais bien mais qui sont en réalité basé sur de simples observations.

Sa voix d’ordinaire assurée tremble alors qu’elle admet sa faiblesse. On est tous faibles et vulnérables à l’intérieur. Tout le monde cache ses blessures. C’est humain. C’est animal.Ca n’a pas d’importance qu’il s’agisse de la victime, du bourreau ou encore du héro sur ce carrousel où les rôles changeaient sans cesse. Williams portait d’ordinaire le manteau du bourreau, aujourd’hui se voyait affubler le rôle de la victime. Mes lèvres se closent alors qu’elle parvient à articuler sa pensée. Une pensée qui résonne quelque part au fond de moi.

Maintenant je ne sais plus. Je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus quoi faire. Je ne sais plus qui je suis, je n'ai plus de but. Je ne sais plus si ça me fait peur ou si je suis rassurée que tu sois là.



Je garde le silence. Je sais à quel point ça peut être difficile de parler lorsque les sanglots nous étrangle.

Tu l’as dit. Je ne suis pas en mesure de te blesser. Et puis je n’en ai pas l’intention.

La peur de paraître vulnérable. Je la connaissais. Idiot ou pas, c’était ma stratégie. Remplacer mes vraies vulnérabilités par des fausses, la meilleure mascarade. Mes doigts se nouent un peu nerveux alors que je maintiens le silence pendant quelques secondes, plongé en pleine réflexion.

Je n’avais pas la moindre idée qu’elle puisse ressentir ce genre de choses. Ni que je puisse ressentir de la pitié ou de la compassion pour elle.

Hmm….



Quand je ne sais plus qui je suis, ou que je n’aime pas ce que je suis...que j’ai peur qu’on me blesse...J’essaie d’être quelqu’un d’autre. Mais je ne pouvais pas lui dire ça comme ça. Pas en “je”, comme si c’était mon expérience. Même si elle avait des soupçons, même si elle avait lu quoi que ce soit en moi...je ne comptais pas l’admettre à voix haute.

Si tu n’aimes pas ce que tu es, change. Sois quelqu’un d’autre. Au final, c’est toi qui décides de qui tu es, de l’image que tu projettes. C’est toi qui a le contrôle.



Je lui adresse ce doux sourire hypocrite qui fait ma signature. Perçoit-elle qu’il est faux ou bien tombe-t-elle dans le panneau comme tout le monde ? Enfin presque tout le monde…. Williams avait en plus l’avantage de pouvoir vraiment contrôler ce que les gens pensaient d’elle puisqu’elle pouvait consulter les pensées des autres comme un bottin. Un avantage pareil, ça ne se négligeait pas. D’un ton doux comme le miel, je poursuis :

Bref, c’est normal de se sentir… triste, vulnérable, ou encore perdu. Ca arrive à tout le monde. ….Et parfois il faut que ça sorte.



Des banalités, certes, mais vraies. Ca m’arrivait parfois - même si je n’avais pas la moindre intention de l’admettre. Par contre… je réalisais à quel point je n’étais pas à ma place. Appelez le directeur de casting, qu’est ce que je fais là ? Williams a besoin de vider son sac, de pleurer, qu’on la serre dans ses bras pour la rassurer et lui rappeler que tout irait bien. Et ça, ce n’était pas mon rôle. Je ne la détestais pas - mais je ne l’aimais pas non plus. Seule la méfiance était réciproque.

Je ne suis pas la meilleure personne pour ça  mais ….Moi...je ne dirai à personne que je t’ai vu pleurer. Personne ne me croirait de toute façon.



Elle pouvait m’en parler. Ou pas. J’étais curieux mais d’un autre côté...j’essayais de me convaincre que ça m’était égal.

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Fenry D. Williams
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Re: say you have to leave // bertram Ven 20 Juil - 14:21


Say you have to leave
Est-ce que c’était vrai ? Avait-elle vraiment le choix ? Fenry se sentait toujours prisonnière ; sa conduite dictée par des principes, des idées, des flammes qui animaient son âme, des flammes et des ombres que son passé avait érigées en elle comme des piliers.
Et toi Bertram, est-ce que tu as vraiment le choix d’être qui tu veux être ?

Elle s’était apaisée, et les voix dans son crâne avaient fini de la hanter – pour le moment au moins. Alors, son visage enfin (relativement) détendu, elle laissa ses épaules tomber, et rangea les deux baguettes à sa ceinture – là où elles auraient du être depuis le début de cet échange.
Au moins, elle avait eu la réponse qu’elle voulait.

« Merci. »

Elle avait été plus sèche qu’elle n’aurait vraiment voulu l’être. Et puisqu’elle n’était plus sur la défensive, son côté imbécile – absurde – pouvait revenir sans crainte ; et les larmes précédemment versées n’étaient alors qu’un mauvais souvenir.

« Hé je pleurais pas à cause du match, hein ? »

Elle fronça les sourcils. Comme si la distinction était nécessaire. Sa fierté abrutie reprenait le dessus.

« Je suis pas mauvaise perdante à ce point-là. Haha. Ha. »

Elle plissa les yeux. Bien sûr qu’elle était mauvaise perdante à ce point-là, mais elle avait aussi bien trop de dignité pour se mettre dans de tels états pour de pareilles bêtises. Elle baissa le regard, et un vague sourire s’esquissa au bord de ses lèvres.

« Merci. »

Il n’avait rien dit.

« Peut-être que la prochaine fois c’est moi qui devrai venir te réconforter quand Beckett t’aura avoué qu’il est pas gay. »

En fait elle n’avait jamais été très douée pour définir l’orientation sexuelle des autres, pas vrai Geoffrey ?



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Bertram Godfrey
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Re: say you have to leave // bertram Sam 21 Juil - 16:24

Say you have to leave  

Bertram C. Godfrey & Fenry D.Williams

J’ignore toujours si le conseil que j’ai donné à Fenry Williams a porté ses fruits. Est-ce que c’était ce qu’elle voulait entendre ? Que l’on pouvait changer qui l’on était aussi facilement que l’on change de masque ? Ou bien qu’au final, elle était seule maître d’elle-même ? J’aimerai que ce soit vrai. J’aimerai ne pas être dépendant du regard des autres ou de ce qu’ils m’ont fait,  et de ce qu’ils me font tous les jours. Au final, nous ne sommes que l’intégralité de nos souvenirs - mais nous devons nous montrer responsables de nos actions. Et bien souvent nous sommes responsables de notre propre malheur. Où était la vérité et que sont les banalités dans tout ça ?

Je ne perds de vue qu’elle range désormais ses baguettes, sa respiration se fait plus calme. Est-ce que ça a fonctionné ?

Merci.



Même si le ton ne dégouline pas de gratitude, c’est toujours bon à prendre. Mes lèvres s’étire en un demi-sourire, content d’avoir pu avoir une influence positive

Hé je pleurais pas à cause du match, hein ? Je suis pas mauvaise perdante à ce point-là. Haha. Ha.



Je me redresse un peu, fronçant légèrement les sourcils. Est-ce que j’ai dit ça ? Non. Je ne crois pas. Je ne l’ai pas dit parce que ce n’était sûrement pas ça et aussi parce que je craignais que ça n’empire son état. Il y avait-il quelque chose de pire que penser que quelque chose aussi trivial qu’une défaite puisse susciter un telle détresse ? C’était comme l’insulter directement. Donc je ne l’avais pas dit. Donc…

Je gesticule un peu mal à l’aise. Non, je n’apprécie pas l’idée qu’elle puisse lire ce qu’elle veut dans mes pensées. Surtout lorsque j’avais essayé de l’aider - c’était traître, c’était fourbe et je m’en voulais d’avoir laissé tomber ma garde.

Hm. Je le sais.



Peut-être que la prochaine fois c’est moi qui devrai venir te réconforter quand Beckett t’aura avoué qu’il est pas gay.



Quoi ?! Je me fige, paralysé pendant quelques secondes, comme un animal sauvage qui traverse la route et croise un camion. Sur le ton le plus candide que je puisse articuler en ce moment, je réplique avec un sourire hypocrite:

Euuh… Je le sais aussi.



Evidemment que je le sais !

Mais la vraie question c’est pourquoi est-ce qu’elle me parle de ça. Est-ce que c’est à cause de cette stupide rumeur ou bien est-ce qu’elle a fouillé et trouvé quelque chose dans ma tête ?. Je n’aime pas ça. Je n’aime pas ça du tout et je n’ai vraiment pas envie de le savoir la réponse à cette question. Je me retiens donc de commenter. La meilleure solution c’est de faire semblant de rien. Calculant mes mouvements avec lenteur, je me relève et j'époussette mes genoux pour me donner une contenance et changer de sujet.

Tu te sens mieux Williams ? Ca serait dommage que tu sois absente pour le prochain match, ton équipe n’aurait aucune chance.



Ce genre de petite provocation ne me ressemble pas. En tout cas pas au Bertram Godfrey qui s’affiche. Mais dans la panique, on fait ce qu’on peut. Je déteste qu'elle puisse me lire aussi facilement alors que moi...je reste dans le noir.

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Fenry D. Williams
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Re: say you have to leave // bertram Lun 13 Aoû - 20:55


Say you have to leave
Fenry n'avait jamais cessé de se battre et de ruser pour garder l'avantage. Passé l'état de vulnérabilité qu'elle avait traversé, elle n'avait pas perdu de temps avant de reprendre le pouvoir ; l'ascendant sur son adversaire. Et Dieu qu'elle était douée pour ça.

Lorsqu'elle constata qu'elle avait fait mouche, un sourire s'élargit à ses lèvres, creusant ses joues encore roses et humides larmes qui les avaient traversées.

« Ne le prends pas comme ça, je plaisantais. »

Ou qui sait si elle plaisantait vraiment. La vérité, c'est qu'elle se fichait bien de savoir si c'était vrai ou pas ; ce qui était vrai, en revanche, c'est que ça l'avait suffisamment perturbé pour qu'il prenne la fuite.

Elle n'insista pas plus, décidant qu'elle l'avait fait suffisamment suffoquer (et qu'elle lui devait bien ça, maintenant), et éclata d'un rire sincère, presque embarrassé. Imaginait-il que ses serpents étaient une bande de bras cassés ? Quoique les serpents n'avaient pas de bras. Et cette pensée lui soutira un râle, pensant au surnom que son attrapeur avait gagné depuis leur seule défaite.

« Je vais prendre ça comme un compliment personnel. »

Son sourire se chargeait déjà d'annoncer son orgueil.

« Et ne t'en fais pas. Pour rien au monde je ne manquerais un match contre l'équipe de ma princesse Béring. »

Elle avait l'habitude d'appeler les gens par leurs noms de famille, mais le sien était trop compliqué. Et puisqu'elle était lancée sur son terrain de prédilection, elle se sentait revivre d'une conversation qui avait été trop lourde jusque là.

« Rien ne m'empêcherait de vous mettre une raclée. »



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Bertram Godfrey
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Re: say you have to leave // bertram Lun 20 Aoû - 12:14

Say you have to leave  

Bertram C. Godfrey & Fenry D.Williams

C’est ce qui se passe avec les vipères. Vous leur tendez la main pour les sortir d’un mauvais pas et qu’est ce que vous récoltez ? Une morsure sur le coin du bras. Williams avait une drôle de façon d’exprimer sa gratitude : par ce qui ressemblait à une menace. Comme une main qui se presse sur ma nuque pour me contrôler, m’enfermer dans ce qu’elle pensait connaître. Une façon détourner de me dire que je ferai bien de me taire si je ne souhaitais pas qu’elle en parle à tout le monde.  La capitaine adverse prétend plaisanter mais en ce qui la concerne, je préfère rester méfiant.

Je lui accorde un sourire hypocrite avant d’éclater d’un léger rire faux.

Bien sûr.



Je ne suis pas dupe. Après ce moment de faiblesse et de vulnérabilité, elle réaffirmait sa domination. Contrairement aux apparences Fenry Williams n’était pas une petite chose fragile. Enfin...oui et non. Mais si la demoiselle avait l’intention d’écraser tous ses adversaires, elle avait intérêt à oublier ses états d’âme, oublier qui elle était et devenir un instrument de domination.

Princesse Béring.Ma mâchoire se serre. Si quelqu’un osait me traiter de princesse, j’aurai la violente envie de les frapper dans la gorge. Je ne sais pas comment Béring fait pour rester cordial avec elle vu sa patience. Mes lèvres s’étirent en un faible sourire.Rien ne m'empêcherait de vous mettre une raclée ressemble terriblement à une provocation, une dont je me souviendrai.

On verra.



Pas que ce soit un exploit après trois défaites. Je lui adresse un petit geste de la main avant de disparaître sous les gradins, comme je suis arrivé en ayant appris une  leçon douce-amère.

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