To talk • ft Aslan

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Lohann S. Hynes
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To talk • ft Aslan Ven 3 Aoû - 2:37

Doutes qui se bagarrent dans ta tête, il y a cette émeute de questions, cette avalanche de possibilités. Cela fait déjà longtemps, trop longtemps que tu te poses ces questions, trop de soirs que tu passes à faire les cents pas en tentant de songer à la manière dont tu allais devoir amorcer la bombe sans qu'elle ne t'éclate au coin du visage. Sans qu'elle ne lui soit trop brutale à lui non plus. Tu avais pourtant l'habitude de fuir ce genre de choses. N'était-ce pas un peu ce que tu avais fais depuis que tu l'as eu en tant qu'élève ? Fuir les situations qui pourraient te rendre mal à l'aise, les effacer, les oublier. Faire comme si tu ne les voyais pas et sourire. Mais tu étais fatigué de faire ça, fatigué de voir un gamin te ressembler. Beaucoup trop te ressembler.

Et te voilà à avoir peur. Peur de ne trop te voir en lui.

L'heure du cours approche et tu les entends déjà approcher, leurs pas, leurs rires. Tu sers les poings comme pour tenter d'écraser cette inquiétude quand tu vois les premières têtes se présenter à la porte. Anxiété faussement disparue, tu les accueilles comme à ton habitude avec cet éternel sourire qui ne semble jamais te quitter. Cette façade qui ment au monde entier, qui te ment. Tu regardes juste sa petite tête blonde quelques instants, un sourire et tu ne t'attardes pas plus. Tu restes concentré sur le cours.

Tu auras suffisamment de temps pour t'occuper de lui après. Si tu en as la force.

Et cette force, il fallait que tu la retrouve bien trop rapidement à ton goût, la fin du cours était déjà arrivée. Tu voyais déjà tout le monde qui remballait ses affaires et alors qu'un léger soupir s'échappe alors que ta main venait masser ta nuque. Tu t'avances vers son pupitre, un sourire qui s'étire et tes yeux pétillent déjà avec une lueur bien trop inquiète.

Tu avais déjà envie de fuir, mais tu étais là, devant lui. Alors maintenant tu ne devais plus te défiler.

« Pourrais-tu rester quelques instants de plus, Aslan ? J'aurai besoin de te parler une fois que la salle sera...vide. »

Ton regard tente de se vouloir rassurant, il semblait plutôt hurler à la détresse. Tu n'avais jamais été vraiment à l'aise avec ça. Et ça se voyait, ça n'était un secret pour personne mais l'on remettait ça sur le dos de ta maladresse légendaire. Parce que tu avais réussi à faire ça, à tourner ton pire ennemi au ridicule. Tu salues tout le monde et tu fermes la porte derrière toi. La main venant de nouveau masser la nuque. Tu fixes la poignée de porte quelques instants sans bouger avant de prendre une profonde inspiration et de te tourner vers lui. T'approchant de lui pour finalement t'asseoir sur le bureau pile en face du sien.

« Je sais que ça peut paraître soudain. Et je comprendrai que tu ne dises rien. Mais...est-ce que tout va bien ici, Aslan ? »

Tu t'interromps, te voila à jouer avec la paume de tes mains, traçant encore et encore des dessins avec le bout de tes doigts. La nervosité montait, ta voix avait peut-être tremblé vers la fin de ta phrase. Tu avais mis les pieds dans le plat, maintenant, plus aucun moyen de retourner en arrière.

« Je veux dire...comment cela se passe, pour toi, à Poudlard ? »

Tu étais prêt à mettre ta tête sous la guillotine désormais.



Aslan Icare Kaur
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Re: To talk • ft Aslan Ven 3 Aoû - 3:16


C'est avec son habituelle assiduité qu'Aslan t'écoute dérouler les paroles de ton cours. Les yeux alternants entre ses notes et ton regard, il essaie de mémoriser le plus choses possible ; sans oublier d'aggrémenter les mots de quelques croquis caractéristiques dans la marge. Il ne fait pas attention à ce qui se passe atour de lui -il ne s'intéresse pas à ce que peuvent bien faire ses camarades, à ce qu'il peuvent dire. Toutes ses pensées sont mobilisées et coupées du monde qui tourne alors sans lui. Lorsque la période est finie, il se lève et commence à ranger ses affaires. Il est encore tellement plongé dans ses rêveries qu'il ne t'entend presque pas arriver. Quand il comprend enfin ce que tu lui dis, il hoche simplement la tête sans répondre mot. Il se demande simplement ce qu'il a pu faire de mal, joue timidement avec les légères ondulations de ses cheveux pour calmer son angoisse, et finit de remplir son sac. La porte se referme, et le silence alentour semble enfin le percuter. Il retrouve d'un coup ses moments de solitude seul dans le noir, tard le soir, là où ses camarades n'existent pas ; là où il peut respirer et exister sans avoir l'impression de gêner. Il fixe ton regard alors que tu lui demandes si tout va bien ici. Il penche la tête, ne sachant quoi répondre à la question. Ta nervosité le rend nerveux à son tour et il se met bientôt à imiter le mouvement de tes doigts tremblotants. La nouvelle question posée, il ouvre la bouche a plusieurs reprise, tentant de formuler une réponse correcte.

Je... Oui tout se passe bien, professeur. Je pense réussir suffisament en cours pour espérer de bons résultats aux ASPICS. »

Il ne sait pas ce que tu veux dire exactement. Ta question se divise et se mêle dans son esprit en différentes vagues qui l'embrouille, qui s'emparent de lui comme un tsunami de possibilités. Tout va bien? Ici? A Poudlard? En général? Sur quels critères? Peut-être analyse-t-il trop. Sûrement analyse-t-il trop.

Je ne sais pas vraiment ce que vous attendez comme réponse. Vous voulez dire au général? Si j'ai des amis? Si je vais bien dans ma tête? Si j'écoute en classe? Si je range ma chambre? Pardonnez moi mais je me trouve un peu dans le flou. »

En aucun cas voulait-il te mettre en difficulté. Il aimerait juste comprendre ce que tu lui demandes. Il veut qu'on lui explique. Il a besoin de mots concrets, précis, si tu ne veux pas qu'il s'imagine tous les scénarios qui pourraient se cacher derrière tes paroles. Il a besoin de quelque chose auquel s'accrocher pour ne pas sombrer dans sa folie anxieuse et ne pas s'effondrer devant tes yeux. Ses paumes sont mointes et son regard devient fuyant. Il n'a pas le droit d'être mal à l'aise, toi non plus tu n'as pas le droit, Hynes.

Vous vous inquiétez pour moi, professeur? »

Ce serait nouveau pour lui ; pas totalement, mais ça ne l'empêche pas de ne pas avoir l'habitude. Tu t'inquiètes pour lui, Hynes?
Lohann S. Hynes
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Re: To talk • ft Aslan Ven 3 Aoû - 3:55

Il ne comprend pas. Pas au début, et toi tu te maudis intérieurement d'avoir osé taper dans un nid sans même avoir été ne serait-ce qu'un instant préparé. Sans même avoir songé être plus...précis, plus franc. Moins peureux. Et tu l'écoutes parler, tu l'écoutes se perdre dans les doutes que tu as crée en lui sans parvenir à l'interrompre pour confirmer ses doutes, pour l'empêcher de se noyer dans ton angoisse mal camouflée.

Plus il parlait et plus tu voyais ce parfait reflet de ce que tu avais pu être. De ce que tu es certainement encore aujourd'hui si l'on venait à creuser un peu trop tes mensonges quotidiens. Tu sers de nouveau les poings alors que tu sens la guillotine sur le point de tomber alors qu'il te pose cette question. Es-tu inquiet ? Beaucoup trop. Et tu t'impliquais certainement beaucoup plus que ce que tu étais supposé faire. Mais étais-tu seulement capable de contrôler ce genre de choses ? Bien sûr que non. Comment aurais-tu pu deviner que tu allais te retrouver face à une personne en qui tu te reconnaissais beaucoup trop.

Mais désormais, les places se sont échangées. Tu n'es plus lui et il n'est certainement pas toi. Et tu n'as pas envie qu'il le devienne.  Alors, une profonde inspiration puis un regard qui se veut un peu plus franc.

« Oui. »

Il sort, difficilement. Et tes pieds s'enfoncent définitivement dans la fourmilière. Tu ne peux rien dire. Mais en même temps tu ne peux plus, ne rien dire. C'était déjà trop tard. Et tu ne sais pas comment aborder le sujet sans avoir peur de paraître trop brusque, sans avoir peur de t'emballer.

Sans avoir peur d'avoir cette sale impression de te parler à toi, quelques années plus tôt. De dire ce que tu aurais voulu entendre plutôt que de te laisser te créer une illusion du bonheur.

« Je ne suis certainement pas la meilleure personne pour ce genre de choses. » Il y d'autres personnes bien plus qualifiées, bien mieux placées que toi et tu le sais. Et pourtant, te voilà, assis sur un bureau en face de lui pour en parler. Comme si tu allais pouvoir l'y aider. « Mais c'est quelque chose qui m'inquiétait depuis déjà...quelques temps. » Te voilà à tourner autour du pot. Ton élan est brisé et tu as de nouveau peur. Peur de dire n'importe quoi, peur d'avoir un comportement déplacé.

Tu sers encore plus les poings et ton sourire s'efface progressivement.

« Mais oui, Aslan, je voulais bien parler de ça. Si tu te sentais bien ici, si tu avais des personnes à qui parler, avec qui t'amuser, te détendre...Si Poudlard n'était pas un endroit synonyme de mauvaises choses dans ton esprit. »

Tu le savais que trop bien, qu'il écoutait en classe. Et plus tu parlais, plus tu avais l'impression de ne pas faire ce qu'il fallait. D'être juste un idiot, de trop t'inquiéter, de te mêler de choses qui ne te regardent pas. Mais tu as peur...peur de lui et surtout pour lui.

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Re: To talk • ft Aslan Ven 3 Aoû - 15:11


Et maintenant, il joue au loup avec ton regard. Il tente de s'échapper, d'éviter la situation. Il voit progressivement où tu veux en venir, vers où tu tentes de l'emmener. Tu as précisé ta question, il a précisé ses pensées. Tu sais. Et ça le terrifie ; pour une fois, il aurait envie de redevenir le garçon invisible dont les professeurs oublient le nom.

J'ai une amie. Elle s'appelle Lillie. Je parle à des gens de temps en temps. Ca ne me dérange pas de ne pas m'amuser. Je préfère apprendre. »

Il ment, il ment, il ment, c'est faux. Il a envie de serrer son crâne entre ses mains, il a envie de pleurer ; mais il n'a pas le droit. Ce n'est pas comme ça qu'il faut se comporter. Tout va bien, Aslan, tout va bien, professeur Hynes. Il ne peut pas paraître faible, il ne peut pas s'effondrer maintenant. Il ne veut pas qu'on le prenne en pitié. Il est grand. Il a dix-sept ans. Il passe bientôt les ASPIC. Il n'a pas besoin qu'on le materne. Il a besoin qu'on le materne. Reviens, Rachel. C'est ça qu'il est, au fond. Un enfant immortel. Un enfant qui ne grandit jamais. Un enfant terrifié par la vie. Et un enfant torturé par la mort. Il fait glisser sa bague à l'index dangereusement ; sensation du métal contre son épiderme. Il est en vie, tout va bien.

Si je ne me sentais pas bien à Poudlard, aurais-je réussi à arriver jusqu'à maintenant? Je ne me déplait pas ici, j'aurais arrêté sinon. »

C'est la vérité. Tout va bien. Il se sent bien ici, dans le château. Chez lui. A sa place. Là où il doit être. C'est ici, n'est-ce pas? C'est le bon endroit? Il n'aurait pas pu être ailleurs, c'est sûr. Il se l'est répété, plusieurs fois. C'est sa place, à Aslan, c'est ici qu'il doit être, c'est là, c'est certain, à Poudlard. Il est un sorcier, c'est ici que les sorciers vont, il a le droit d'être ici, il a.... Trop de pensées, trop de phrases. Il se perd dans sa tête et semble perdre son être tout entier d'un même coup. Retrouves le, Hynes.

Pourquoi vous vous inquiétez, Professeur? Vous trouvez que j'ai mauvaise mine? Je dors bien pourtant. »

Dix-sept ans mais les paroles d'un enfant.
Lohann S. Hynes
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Re: To talk • ft Aslan Ven 3 Aoû - 18:09

Ton regard s'attriste un peu plus. C'était déjà trop, tard, n'est-ce pas ? Il avait déjà commencé à se mentir, à se répeter que tout allait bien. A dire que tout allait bien. Et pourtant tu es légèrement soulagé lorsqu'il te parle de son amie. Parce que tu l'observes et ce que tu vois, c'est juste des personnes qui semblent ignorer son existence ou parfois le fixer parce qu'il est un peu différent, parce qu'il ne parle pas plus que ça. Parce qu'il est discret, timide, trop effacé. Et pourtant, tu le sais, au fond, que son regard ment. Que ses yeux brillent comme ceux de quelqu'un qui semble se persuader du contraire de l'atroce réalité. Tu les connais que trop bien ces yeux. Tu les vois beaucoup trop souvent, beaucoup trop longtemps. Et tu sembles t'enfoncer un peu plus, tu sembles vouloir t'éloigner un peu plus de la simple facade de professeur.

Et te voila à vraiment prendre ça trop à coeur. Mais tu résistes, Lohann, tu refuses de lui expliquer pourquoi tu te sens si impliquer avec lui, pourquoi tu as cette impression beaucoup trop présente qui veut hurler que tu sais ce qu'il ressent, que tu veux juste l'aider, le conseiller et lui dire de s'éloigner du chemin qu'il semble emprunter.

Si il ne s'y sentais pas bien, arriverait-il à venir à Poudlard ? Un petit rire discret s'échappe, pas ce rire joyeux, non, ce rire qui crache toute l'ironie de la situation. Tu les avais tenus ces propos, tu te les tenais quotidiennement. Tous les jours tu les avais tenus, en face de ton miroir, face à tes parents. Sans que personne ne sache. Pour que finalement tu termines par t'en persuader toi-même. « C'est facile de se dire ce genre de choses. »

Les mots sortent tout, seul, tu t'étais perdue. Tu avais donc finalement laissé ton coeur prendre le dessus ne serait-ce que quelques secondes. Alors tu sembles vouloir te rattraper automatiquement. Mais tu n'y arrives plus vraiment. Parce qu'il continue. « Ce n'est pas ta mine ou même ton sommeil qui m'inquiète. Je...»Un soupir s'échappe de tes lèvres. Tu lèves les yeux vers le plafond. « Je suis certainement pas la personne à qui tu voudrais en parler et je comprends. »

Un autre soupir, tu masses de nouveau ta nuque. Ca y'est, tu étais noyé définitivement dans une situation que tu avais crée et que tu avais mise en place pour ne pas que tu puisses t'enfuir. Mais tu avais juste l'impression de te faire bouffer.

« Juste...n'aies pas peur de parler de certaines choses. Tu ne paraitra pas lourd, pas stupide. Si il y a...un quelconque malaise, une quelconque peur. Il faut que tu en parles, que tu t'entoures des bonnes personnes. Mais c'est important que tu aies des personnes pour te détendre, Aslan. » Parce que la solitude ou les études ce ne sont pas de bonnes choses. S'y terrer n'est pas une bonne idée, ça n'a jamais vraiment réussi qui que ce soit. La solitude, ça fini toujours par frapper. Et elle est devenue ta plus grande peur. Et ça prend le dessus sur tout, cette peur. Parce que tu ne veux pas que les autres en soit victime, alors tu en deviens déplacé, tu parles sans trop savoir comment faire et tu sonnes au moins aussi perdu que lui.

Pourquoi avais-tu endosser le rôle de professeur déjà ? Tu ne sais même plus. Et il y a cette lueur dans tes yeux qui te trahit terriblement. Une lueur de compassion celle qui hurle que tu comprend cet enfant qui se tient en face de toi et que tu as envie de briser ce mensonge qu'il se tisse.

Et tu as peur d'avoir tort. Tu as peur d'être aveuglé par cette image que tu t'étais crée sur de simples observations pendant tes cours et parfois en dehors lorsque tu avais l'occasion de le croiser.

Ah...tu avais encore tant à apprendre sur ton métier, Lohann.
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Re: To talk • ft Aslan Sam 4 Aoû - 15:18


Il n'a pas peur. Il n'a jamais peur, Aslan. C'est faux, c'est faux, c'est faux. Il n'est pas fou, il n'a pas le droit de l'être. Il se contrôle, il sait ce qu'il veut, ce qu'il fait. Il n'est pas triste, il n'est pas seul. Il est seul. Stop.

Je n'ai pas peur. Ca va, professeur. »

Il cherche plus à se convaincre lui même que de te convaincre toi. Peut-être que cela s'entend dans sa voix ; trop sèche, fuyante, un peu tremblante. Ses iris vrillent et ses mouvements deviennent aléatoires, presque incontrolables. Il se retient de trembler. Tout lui semble inconfortable d'un coup. La chaise sur laquelle il est assis lui tord le dos, ses coudes explosent sur le pupitre... Ses démons sont là. Ils toquent à sa porte, il ne veut pas les laisser entrer. Lutte, Aslan. Que pouvait-il dire à présent? Tu semblais le comprendre, Hynes ; mais il ne peut pas juste parler, si? Il ne sait pas comment faire ça.

Lillie est une bonne personne. Rachel est une bonne personne. Vous êtes une bonne personne. Ce n'est pas suffisant? J'ai besoin de plus? »

Mais comment faire? Comment avoir plus? Il ne sait pas, lui, Aslan. Tu sais toi, Hynes? Comment Aslan peut-il s'entourer de bonnes personnes? Comment il peut se détendre? Il n'a jamais appris à le faire. Il n'a jamais été très attiré par les situations sociales. Il avait sa tante, et ça lui suffisait bien. Les autres étaient trop compliqués à aborder. Il fallait réfléchir à ce qu'il allait dire, il fallait peser ses mots,s ne pas blesser, être poli, être gentil. C'est trop pour lui. Trop de facteurs à tenir compte. Il plonge sa main dans son sac et attrape un papier et un crayon. Il ne sait peut-être pas bien s'exprimer à l'oral, mais il sait écrire. Il griffone quelques mots, délicatement, essayant de ne pas trop faire rebondir ses lettres.
Il te tend le papier.
Comment on fait, professeur? Pour ne plus avoir peur.
Lohann S. Hynes
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Re: To talk • ft Aslan Jeu 9 Aoû - 22:58

Il te ressemble, beaucoup trop. Et ta peur se réalise, il est déjà ancré dans cette envie de se persuader d'un mensonge. Et tu es incapable de l'aider comme tu le voudrais. Tu es incapable d'endosser le rôle de quelqu'un qui pourrait le remonter, le sauver de la noyade. Et pour la première fois depuis longtemps tu te sens faible et inutile.

Ça ne t'avait pas manqué.

Il n'a pas peur, tout va bien. Combien de fois avais-tu pu te répéter ça en étant mort de trouille, en te regardant chaque soir, résistant à avoir des larmes qui coulaient à chaque fois que tu te disais ça pour te soulager, pour te réconforter. Et tu laisses un petit rire nerveux s'échapper alors qu'il t'énumère ceux qui sont des "bonnes personnes" à ses yeux. Et ironiquement, tu es dans cette brève liste. Et tu essayes tant de penser à quoi lui dire. Mais tu n'y arrives pas.

Puis il y a ce papier. Et tout se casse la gueule encore plus. Des battements loupés, la gorge qui se resserre bien trop soudainement. Et tu fixes ces mots, tu les relis. Et tu te demandes. Comment est-ce que l'on fait, Lohann ? Et tu maudis cet instant que tu avais tant cherché. Tu maudissais cette confrontation que tu avais volontairement provoquée. Tu poses le papier, salive difficilement avalée, semblable à une gorgée d'épines qui coulait le long de ta gorge. « Ouvres-toi à ces personnes qui te semblent bonnes. Laisses-les te guider sans trop y penser. Sans trop réfléchir. »

Et c'était comme si tu donnais tout ces conseils à ta propre personne, tout ces conseils que tu n'as jamais su suivre. Que tu n'as jamais pu entendre. Toutes ces choses que tu n'as jamais vraiment pu alléger faute de confident. Un adulte de presque la trentaine coincé dans cet esprit d'enfant meurtri. N'était-ce pas triste ? Ta main se pose sur tes jambes. Tu soupires un grand coup en regardant de nouveau le plafond, une lueur un peu triste dans les yeux.

« Ecoutes-les...laisses-toi emporter par ce qu'ils te disent et tu verras, cela viendra certainement plus facilement que tu ne le penses. Ne plus se braquer, ne pas tenter de maquiller la vérité, ça te blessera et ça les blessera aussi. »

Et tu finiras par être le plus brisé à la fin de l'histoire.


Tu finis par te lever, gigotant un peu dans la pièce en cherchant quoi dire pour alléger un peu l'atmosphère, pour tenter de camoufler ta voix qui avait eu cette petite faiblesse, ces petites défaillances qui se sont certainement entendues alors que tu priais pour le contraire.

« Tu sais...tu devrais tenter de laisser juste ton esprit se détendre. Comme quand tu fais quand tu dessines. C'est la même chose. Si tu es à l'aise avec Rachel ou Lillie comme tu l'es lorsque ta mine se perd sur tes feuilles, c'est que ces personnes sont les bonnes. »

Et tu lui offres finalement ce sourire bienveillant. Pas forcé, qui ne camouflait rien. Juste, ce sourire un peu plus discret, celui qui ne tiraille peut-être pas autant tes joues par sa grandeur, par sa radiance. Mais celui qui veut apaiser l'atmosphère par sa douceur et sa sincérité.



Aslan Icare Kaur
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Re: To talk • ft Aslan Sam 11 Aoû - 3:37

Je... Je ne sais pas si je suis à l'aise quand je dessine.

Il ne sait pas quoi te dire sur ça. Il ne sait pas ce qui lui passe par la tête quand il dessine ; probablement rien? Est-ce que ne rien sentir c'est sa façon de se sentir à l'aise? C'est ça que tu veux lui dire, Hynes, qu'il ne doit plus rien sentir pour aller bien? Couper ses émotions? Faire de sa vie un dessin? Comment se laisser porter par ses émotions? C'est flippant de se laisser porter par ses émotions. Est-ce qu'Aslan n'est pas déjà porté par ses émotions déjà? Contrôlé. Contrôlé par ses émotions. Est-ce qu'il est blessé? Est-ce qu'il maquille vérité? Tellement de maquillage qu'on pourrait l'appeller le clown de la vérité. Trop de masque, trop de mensonges. Mensonges, mensonges, mensonges. Il se prend la tête dans les mains. Trop de pensées. Il n'arrive plus à te regarder. Ses iris sont tombées sur son bureau, et il retient ses larmes comme un enfant que l'on gronde.

Je ne sais pas m'ouvrir au gens. Même vous, je ne sais pas si je suis en train de m'ouvrir à vous. J'ai peur. Est-ce que je m'ouvre à Lillie? C'est mon amie, donc je me suis probablement ouvert à elle? Et Rachel. C'est ma tante, elle sait tout de moi. Est-ce que c'est considéré comme s'ouvrir? J'ai trop de questions, professeur. J'ai peur.

Il le dit enfin à voix haute. Il te le dit enfin à voix haute. Il est putain de terrifié, Hynes, mortifié, détruit, cassé. C'est un jouet qu'on a lancé fort sur le sol et qui s'est brisé. Comment continuer? A qui il manquerait? Non, pas d'idées noires, il est juste anxieux, rien de plus, rien n'est réel ; est-ce qu'il te parle vraiment, Hynes? Il ne sait plus.

Est-ce que.... Est-ce que c'est un rêve? Vous allez disparaître et je vais me réveiller en sursaut, pas vrai? Vous êtes un de mes démons, professeur? Pourquoi prendre cette apparence?

Il se sent soudainement menacé, il se braque. Pourtant on lui a dit de ne pas se braquer. Mais que faire s'il venait à avouer ses faiblesses de fantôme à un de ses tortionnaires?


Dernière édition par Aslan Icare Kaur le Mer 29 Aoû - 1:14, édité 1 fois
Lohann S. Hynes
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Re: To talk • ft Aslan Dim 12 Aoû - 17:58

Il y a ce sanglot qui vient se coincer dans ta gorge, ce sanglot qui te fais mal, qui reste coincé et qui apporte avec lui cette impression de suffoquer. Tu t'es aventuré trop loin pour toi, Lohann, maintenant, tu en étais presque bien plus terrifié que lui. Et pourtant, pourtant tu te dis que tu n'as pas le droit de faiblir, aujourd'hui plus que n'importe quand. Pas devant lui, pas ici, pas maintenant. Pas alors que tu essayes de lui montrer qu'il ne doit pas être comme toi. Tu avais envie de répondre, de l'interrompre. De l'arrêter.

Lui hurler de ne pas aller trop loin. Mais ta voix ne sortait pas, elle se faisait abattre par les secondes, marteler par les mots qu'on t’adressait. Et tu sentais ton cœur s’accélérer. Il n'est pas comme toi, finalement. Cet enfant est pire, bien pire. Et ça t'horrifies de voir quelqu'un qui puisse souffrir autant à son âge. Ca t'horrifie de voir tout ces gamins souffrir à cause d’événements qu'ils ne sont pas supposés subir à leur âge.  

Ça t'horrifie de voir à quel point tu es incapable de les aider.



Et là il y a ce coup supplémentaire. Celui qui t'enfonce définitivement alors que tu pensais déjà être au plus bas. Et tu étouffes difficilement ton sanglot. Tu essuies rapidement ton visage, tu n'as pas envie qu'il voit. Profonde inspiration, tu tentes de dissimuler tes mains qui tremblent, tes yeux qui brillent.

« Non...non bien sûr que non. » Et qu'est-ce que tu es alors ? N'étais-tu pas cette personne qui avait crée cette situation ? N'étais-tu pas celui qui avais voulu ça ? Au final, tu l'étais, ce démon. Mais tu n'avais aucun déguisement. Tu inspires lourdement, tu expires, tu as mal et tu recommences en continu jusqu'à ce que tu ne te sentes plus en danger de craquer devant lui. Étrangement, cela ne t'as pas pris longtemps. Tu étais bien trop habitué à gérer ce genre de choses, à les réprimer.

Et tu réfléchis. Tu attrapes ton carnet et d'un coup de baguette, tu fais venir ton appareil à toi en prononçant un discret "accio".


« Si, quand tu dessines, quand tu fais quelque chose qui te plait, tu ne penses à rien d'autre qu'à cette chose en face de toi, cette chose que tu crées. Alors c'est bien.»

Tu n'arrives toujours pas à affronter de nouveau son regard, tu n'oses toujours pas, ton coeur n'est pas encore prêt, tu le sens encore bien trop perturbé et tu sais que tu partirais pour de bon. Tu n'avais pas le droit de craquer, Lohann. Et pourtant, ta voix tremble un peu.

« Pour moi, c'est en esquissant ou photographiant rapidement des choses que je vois, que je découvres. Des objets, des pièces, un moment particulier parce que la lumière me plaisait...parfois même des personnes. »

Et c'était clairement ton jardin secret. Tu n'avais pas vraiment envie que des personnes découvrent que tu les avais dessinées sans leur en parler. Et tu fais une pause, fixant ton appareil photo, jouant avec les boutons nerveusement.

« Et...c'est pareil avec les personnes. Si quand tu leur parles, quand tu es avec eux. Il y a des choses auxquelles tu penses. Des choses que tu veux leur dire. Il n'y a pas à réprimer ça. »

Tu te remets en face de lui. Tes mains tremblant encore.
« Tu sais. C'est normal d'avoir peur. C'est normal de ne pas comprendre, de ne pas toujours tout voir ou tout entendre. De ne pas savoir quoi faire. Mais c'est ça qui fait de toi ce que tu es. C'est ça qui fait que les autres personnes qui t'entourent sont certainement bien plus importantes que tu ne le penses.»



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Re: To talk • ft Aslan Mer 29 Aoû - 17:22

Tu le perds quand tu parles. Il ne sait plus quoi te répondre, il ne sait plus où il en est. Il repense aux sensations, aux émotions, qu'il ressent quand il dessine. Est-ce qu'il ressent quelque chose? Est-ce que ça ne serait pas de là que vient son problème? Est-ce qu'il ne ressent rien? Est-ce que même ses émotions ne fonctionnent pas correctement? Est-il un fantôme jusque dans son coeur? Bat-il vraiment, ou lui en donne-t-il seulement l'illusion? Puis, il repense enfin à ce qu'il a dessiné plus qu'à ce qu'il a ressenti en le faisant. Il sort son carnet d'un mouvement tremblant de son sac, puis l'ouvre.
De gros traits noirs vagabondent sur le grain de la feuille, désorganisé, sombre, sans couleur, des mots griffonés qu'il n'arrive même plus à relire.
Il te montre une des pages, hésitant.

Je dois faire comme ça pour communiquer?

Non, bien sûr que non, mais tu lui as dis de faire comme quand tu dessines... mais s'il dessine comme ça, est-ce que c'est la bonne façon? Bizarrement, il a envie d'y croire ; mais c'est parce qu'il est naïf, parce qu'il est débile, parce qu'il ne sait pas comment ça marche et qu'il serait prêt à s'accrocher à n'importe quel conseil du premier venu pour réussir à enfin être visible.
Il rêverait d'être une étoile. Mais il en est déjà une. Brillante et visible seulement des années lumières de l'époque où elle était vivante.
Il rêverait d'être une étoile. Morte.

Je sais que les amis c'est important... Mais j'ai l'impression de ne pas être là pour eux, de ne pas être assez bien. J'ai l'impression que ce que je dis ne sert à rien, et que je ferrais mieux de ne jamais rien dire.
Il hésite, il sent les larmes monter, il veut les essuyer mais n'en a pas la force.
Dès fois, j'ai l'impression que je ferrais mieux de mourir.

Désolé, Hynes, tu n'avais pas à subir ça.
Il fait glisser ses mains sur ses cuisses et baisse la tête, il ne veut pas que tu le vois pleurer alors que les premières gouttes coulent sur ses joues. Il veut se lever et partir en courant.
Il veut se lever et partir pour toujours.
Il veut se lever et partir.

Je suis désolé.
Lohann S. Hynes
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Re: To talk • ft Aslan Mar 18 Sep - 15:44

Non...non, non, tu ne savais plus quoi dire, plus quoi faire. Tu sentais sa détresse monter bien plus que tu ne le pensais et tu ne savais pas quoi faire pour l'aider. Tu le regardes faire, torturant de plus en plus tes mains, tes propres lèvres.

Un hochement de tête négatif quand tu le vois gribouiller sur son papier, tu n'arrives pas vraiment à dire quoi que ce soit de concret jusqu'à ce qu'il reprenne la parole. Ton coeur battant la chamade comme jamais tu sens que tout s'effondre une fois de plus, tu vois les larmes monter sur les yeux du garçon et tu as mal pour lui. Tu vois ses yeux briller pour la plus sombre des raisons, pour le plus douloureux des motifs et c'est de ta faute.

« Non...Non bon sang non. » Finalement tu t'approches de lui et tu ne sais pas quoi faire, tu ne sais pas quoi dire. Tu laisses tes sentiments prendre le dessus, tu laisses ta panique te diriger, oubliant la façade que tu avais mis, oubliant peut-être un peu trop le rôle de professeur que tu étais censé avoir pour ne plus laisser que ta propre personne devant lui. « Aslan. » Tu forces ta voix pour qu'elle ne tremble pas, tu te forces à ne pas trembler mais tes mains te trahissent, tu le sais déjà. « Plus jamais, tu ne te mets à penser ça. Plus jamais. » Et l'une de tes mains vient alors se poser sur la sienne, tu l'aimerais chaleureuse, tu l'aimerai réconfortante mais tu ne sais même pas à quoi tu jouais, tu ne savais même pas si tu était ne serait-ce qu'un tant sois peu utile et bénéfique à cet enfant. « Il y aura toujours des personnes pour t'écouter. Penses à ces personnes, pas aux autres. Pas à ceux qui pensent à mal, pas à ceux qui te reprochent des choses. Pense à Lillie, à Rachel. Juste à elle et ça ira. » Oui...tout ira bien.

Ta main se resserre un peu sur la sienne.

Aslan Icare Kaur
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Re: To talk • ft Aslan Ven 21 Sep - 20:18


C'est ta main sur la sienne.
Sa main sous la tienne.
Et c'est comme un choc, un réveil, un appel. Tu es sa lumière au bout du tunnel.

Tu es sa ligne d'un dessin qui n'est pas gribouillé.

Il essaie de se ressaisir, de retrouver un certain calme, de ralentir sa respiration qui devenait inquiètante. Normal, il faut qu'il soit normal. Il te fixe, et il ne détache plus son regard de tes iris.
C'est comme ça que font les gens normaux. Ils regardent dans les yeux, et ils arrivent à maintenir le contact sans baisser le regard, non? Il a l'impression d'agir bizarrement, comme s'il n'était plus lui, comme s'il était quelqu'un d'autre, une nouvelle personne dans son corps d'avant.

Je... Vous avez raison. Il y aura toujours des gens... Même vous, vous êtes là.

Il ne sait plus trop quoi dire, il a vraiment l'impression d'arriver au bout de ses capacités, de ne plus trouver ses mots.
Ce n'est pas lui, il n'a pas le droit d'être normal, ce n'est pas lui.
Lui, il est bizarre.
Lui, il est fragile.
Lui, il panique.
Et il pleure.
Mais là il ne fait plus rien de tout ça. Parce que tu es là, Hynes, et parce qu'il a l'impression d'être en sécurité, mais dans une sécurité tellement fiable, qu'il ne sait plus qui il est.

Comment vous me voyez, vous? Comment je suis? J'ai l'habitude que de mon reflet, et de mes yeux, pas de ceux des autres. Comment je suis, à vos yeux?

Sa voix ne tremble plus, contrairement à la tienne. Ses mains sont stables. Sa respiration est calme. Il est comme figé.
Une statue d'horreur contenue.

J'ai envie de savoir... si je ne suis pas... je ne sais pas. Repoussant?
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Re: To talk • ft Aslan Jeu 4 Oct - 1:57



Tes yeux s'écarquillent alors, même toi tu es là. Même toi. Tu relâches sa main, tu te redresses un peu. Raclement de gorge. Tu ne sais pas trop quoi lui répondre alors tu ne dis rien de plus. Tu l'observes, le laisse faire un peu. Tu étires de nouveau un sourire sur ton visage, tu le regardes dans les yeux alors que lui-même ne te quitte pas de ses iris qui avaient légèrement changées.

C'était ça, non ? C'était ça que tu voulais voir. C'était ce regard que tu voulais qu'il prenne, qu'il ne tremble plus, qu'il n'ai plus peur, qu'il ne soit plus effrayé à l'idée de parler de se tenir droit et d'être une personne qui ne soit pas effacée et qui disparaisse dans la douleur pour ne pas gêner. Puis il poursuit, tu l'écoutes.

Un éclat de rire que tu effaces presque aussi tôt qu'il était né. Gêné de l'avoir laissé s'échappé, te voilà a avoir peur qu'il se mette à penser que tu te moquais de lui. On aurait dit un enfant pris sur le fait, un enfant ayant dit un gros mot et qui le niait. Tu grattes nerveusement ton bras tatoué. Tu avais juste rigolé parce que sa question te paraissait tant évidente et peut-être un peu stupide. Mais pas dans le sens grossier ou négatif.

« Je pense que si je te parles, c'est que je ne te trouves pas repoussant, non ? Si Lillie est à tes côté c'est que tu l'es encore moins. »

Longue inspiration, tu avais tant de chose à lui dire, tu voudrais lui dire tant de chose. Peut-être ouvrir ton coeur un peu plus, lui dire qu'autre fois tu étais comme lui, qu'il y a eu cette période où, lorsque tes yeux croisaient ton propre reflet tu avais peur de toi-même, tu te disais que tu avais un problème, que tu étais une mauvaise personne et que tu ne méritais pas les autres. Tu étais passé par cette période, tu l'avais vécue et tu ne t'en es jamais vraiment séparé car jamais tu n'as ouvert ton coeur. Tu as toujours voulu pardonner sans même en parler. Tu n'avais fais que recouvrir cette plaie béante sans jamais la traiter en profondeur.

« Tu sais, le regard que tu portes sur toi. Il finira par évoluer et ce, sans que tu t'en rendes forcément compte. Tu finiras par ne plus y faire attention et tu découvrira que tu as loupé tant de choses pendant toutes ces secondes, minutes, que tu as pu passer à regarder ton image dans un miroir. Tu verras, c'est agréable de voir les chose d'un oeil nouveau. Et puis...parfois c'est bien, de se sentir perdu et de se laisser aller, de sortir de ce petit cocon qu'on a construit pour laisser les autres rentrer et ne garder que les bonnes personnes qui se sont déjà fait une place sans que tu ne le saches. »

Parfois c'est bien, d'attraper des mains tendues sans appréhension, c'est bien de plus y réfléchir et de juste compter sur ce que l'on voit, de ne plus avoir peur.
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Re: To talk • ft Aslan Mar 23 Oct - 2:01

Figé dans le marbre, il s'interroge ; est-ce vraiment la solution?

A-t-il le droit d'exister ainsi?
A-t-il le droit de se trahir?

Il y a un goût amer dans tes paroles, Hynes. Un goût de vécu. Il ne bouge plus, mais son coeur vacille - et sa respiration lui brûle le nez. Est-ce que tu étais comme lui, avant? La question lui effleure seulement l'esprit, et pourtant ses défenses précaires s'effondrent d'un coup.
Rapidement, les larmes perlent de nouveau. Depuis tout ce temps... Pensait-il vraiment qu'il était le seul à le vivre? Ou le seul à l'avoir vécu? Ce mal-être?

Monsieur... Comment vous pouvez savoir tout ça ?, sa voix est saccadée par de nouveaux sanglots.

Sa tête se penche quelques instants, il se balance doucement de droit à gauche, les mains posées sur sa chaise. Il ne sait plus où se mettre et il ne sait plus combien de temps a passé depuis la fin du cours ; est-ce qu'il va être en retard pour le prochain?
Il n'y avait pas pensé avant maintenant, et voilà qu'une nouvelle vague de stress le submerge. Il devrait arrêter de penser, il devrait en être interdit.

Est-ce que... Est-ce que vous savez ce que je vis?
Il a hésité avant de te poser la question, la bouche légèrement pliée dans un rictus gêné.

Il ne veut pas se projeter sur toi, mais il a besoin de savoir ; savoir qu'il n'est pas vraiment seul. Il veut se laisser croire qu'il ne continuera pas à s'effacer - qu'il apparaitera aux yeux des gens, comme toi devant lui.

Est-ce que vous l'avez vécu, vous aussi?
Il ne veut pas te blesser, il ne veut pas te rappeler des souvenirs douloureux ; il veut juste comprendre, et aller mieux.
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Re: To talk • ft Aslan Dim 4 Nov - 23:32


Une fois de plus tout s'arrête, le temps cesse de s'écouler alors que tu sens les interrogations venir. C'était sûr. Trop impliqué, trop troublé. Tu te sentais bien trop concerné par sa situation et tu as ouvert des portes que tu voulais garder fermer pour le restant de tes jours. Un soupir, un léger rire nerveux et ta tête s'abaisse. « Haha j'ai trop parlé, n'est-ce pas ? » Tu avais parlé pour toi-même, les mots n'étant même pas adressés au garçon.

Enième soupir. Il te semblait interminable cette fois, douloureux et lourd sur ton propre coeur tu avais l'impression de d'étouffer à chaque inspiration que tu prenais. Et c'était idiot, que cela te prennes autant à coeur. Tu avais presque trente ans et tu te souvenais encore de ces histoires jamais réglées, jamais étouffées. Celles dont tu n'as jamais vraiment voulu parler. A personne. Même Rachel n'a jamais été au courant et tu n'avais honnêtement pas envie de l'y mettre. Recommençant à agiter tes mains dans tous les sens, ne sachant plus quoi faire d'elles, les doigts se remuant nerveusement alors que tu tentais de réfléchir à quoi lui dire. Comment lui dire.

« Ce n'est pas vraiment comparable. » Tu te voiles la face. « C'était différent et puis ça remonte à loin. » Tu essayes de cacher la réalité. La vérité c'est que ça t'avais blessé à l'époque. « Et puis il n'y avait pas vraiment grand chose de méchant. » La réalité c'est que ça t'avais brisé mais que tu n'as jamais rien dis. Alors ça t'a bouffé et ta peur de voir tout ça se reproduire sous tes yeux t'as mené à cette scène. T'as mené contre le mur parce que tu n'étais pas assez distant, parce que tu t'es trop approché.

« J'ai fais confiance aux mauvaises personnes. » Et tu leur as pardonné. « Sans m'en rendre réellement compte. J'avais peur de beaucoup de choses à l'époque. Peur de la solitude, peur du rejet...tout un tas de peur qu'un gamin peut avoir. » Et tu leur a donné toutes les armes pour te briser. Tu n'as jamais voulu montrer une faille. Jamais. Et là, tu l'exposes. La tête baissée tu n'as même pas envie de poursuivre. « C'est stupide mais je ne veux juste pas que cela se reproduise. Je ne veux pas que tu en souffre parce que tu n'oses pas en parler, parce que tu n'oses pas extérioriser tout ça. »

Je ne veux pas que tu deviennes comme moi.
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