i don't want to die sad (bertram + béring)

Soleil A. Nilsson
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i don't want to die sad (bertram + béring) Dim 26 Aoû - 23:13

i don't want to die sad
(20 mai 2028)
ce n’est pas que le suicide soit toujours de la folie, mais en général, ce n’est pas dans un accès de raison que l’on se tue.

Soleil avait réussi à échapper à l’emprise de Yannis. Malgré l’alcool, malgré la panique, elle était parvenue à rejoindre Poudlard. Plusieurs fois, elle eut l’impression que le serpentard était derrière elle, qu’il la traquait, comme une bête à éliminer. Alors elle avait couru sans vraiment savoir si la route était la bonne. Elle était tombée, plusieurs fois, écorchant ses genoux et ses coudes. Mais son cauchemar prenait fin. L’école était là. Je vais rejoindre mon dortoir, m’allonger et tout ira mieux demain.

La jeune femme s’arrête, reprend son souffle. Elle s’observe dans une des vitres du hall. Et elle a honte. Les articulations lacérées, les cheveux emmêlés par sa course, sa mâchoire rougie par la main de Yannis. Son reflet lui renvoie une image qu’elle aurait préféré ne jamais voir. Cette réalité qu’elle s’était cachée, cette vérité qu’elle ne s’avouait pas.

Je suis si… inutile. Je me sens mal. C’est passé, souvent. Je pleurais, je criais, je m’abîmais. Je me noyais sous les mélanges et m’étouffais dans les draps d’inconnus.
Et le lendemain, ça allait mieux.

Le temps passe, et rien ne change. On m’avait dit que c’était l’adolescence, et que tout s’arrangerait. J’ai des idées noires plein la tête ; c’est sans doute pour ça, qu’on me fuit.

Je ne sais pas.
Je me sens différente.

Incomprise.

Je m’étais persuadée que c’était normal. Que ça aussi, ça allait passer. Je ne me sens pas à ma place.

Jour après jour, nuit après nuit, mes pensées s’obscurcissent. J’ai la tête à l’envers et le coeur en morceau. Il y a cette haine qui me ronge, une haine envers le monde, surtout contre moi.
Ses doigts caressent tendrement les plaies de son bras. Une haine qui ne peut être apaisée que par de la souffrance en intra-veineuse.

J’ai du faire quelque chose de mal. Tout est de ma faute. J’étais résignée à vivre ainsi. Les mots de Yannis tournent encore dans son esprit. Une petite traînée. Une fille sale. Un déchet.

Tu fais pitié.

Je fais pitié.

Son palpitant s'emballe. La panique la reprenait. Sa respiration s’affole. Je n’en peux plus, je ne peux pas continuer comme ça. Je suis comme ça. Ravagée, déséquilibrée, incapable d’y voir clair. Et le docteur de la tête qui me répète que c'est comme ça, qu'il faut que je l'accepte, que c'est comme le diabète et qu’il faut vivre avec. Les larmes coulent, les hoquets de sanglots lui brûlent la gorge.

Et la voix de Yannis qui résonne encore.
Je veux que tu disparaisses. Pour de vrai.

Elle fronce les sourcils. Je suis sans doute condamnée à vivre ainsi. Je sais que je ne le supporterais pas. A quoi bon souffrir davantage ?

La triste Soleil pleure. La source semblait intarissable. A ce rythme, elle se noierait bientôt dans ses larmes. Elle avait erré dans le château. Quelle heure était-il ? Depuis combien de temps arpentait-elle les couloirs sans but ?

L’horloge… Elle était montée sans s’en rendre compte. Et puis, au fur et à mesure, à chaque pas qui la rapprochait du balcon, le doute laissait place à la certitude. Face à la Lune éclairant cette douce nuit, Soleil inspira calmement.

C’est un bel endroit pour mourir.

Tremblante, Soleil extirpe le petit taille crayon qu’elle garde toujours sur elle. Elle n’arrive pas à l’ouvrir. Elle s’énerve. Dans un grand geste de colère, elle le balance rageusement. Il s’ouvre, enfin.

Elle a un mouvement d’hésitation, une fois la lame en main. Je suis une traînée, un déchet, je suis vide de sens ; je devrais disparaître. C’est sa voix, maintenant.

Cesse de résister, ma jolie Soleil.
Tu sais que c’est la seule solution.

Le métal entame sa peau. Les larmes ne coulent plus, le sang prenant le relais. Soleil retient son souffle. Il fallait aller plus loin que d’habitude. Son arme ne suffisait pas, elle devait être plus grande. Sans s’en rendre vraiment compte, la sorcière lance un charme informulé d’agrandissement.

C’est la colère qui s’exprime. La détermination. La tristesse est loin. Elle n’a plus que l’envie d’en finir. Elle ne ressent plus rien. Soleil arrache sa peau, les dents serrées, par coups secs, francs. Profonds.

La vérité, c'est que certaines choses sont irréversibles.
Tu ne peux pas les effacer.
Tu ne peux pas revenir en arrière.

Soleil.
Soleil !
...SOLEIL !

Le liquide grenat ruisselle sur ses mains. Beaucoup.
Trop.

Elle sait que ça ne s’arrêtera pas ; qu’elle sera morte avant.

« Mais qu’est-ce que j’ai fait... »

Pourquoi, pourquoi avait-elle fait ça. Elle ne voulait pas mourir.

Soleil, c’était une fille rayonnante, amusante et charmante ; une fille excessive, c’est vrai. Mais comment pouvait-elle balayer d’un revers de la main tous ses souvenirs heureux ? L’excès, c’était aussi ses rires bruyants, ses larmes de joies, son affection démesurée. C’était quand elle se donnait corps et âme pour rendre service, juste pour voir un sourire éclairer le visage de ses amis et avoir le sentiment du travail accompli. C’était verser quelques larmes devant un somptueux coucher de soleil, et être émue devant le bonheur des autres.

Le bonheur.
Les sourires, les souvenirs.

Elle ne voulait pas mourir.
Je ne veux pas mourir.

Péniblement, faiblement, elle réussit à prendre son téléphone. Et, malgré son état, même si elle ne sait pas vraiment à qui, elle parvient à envoyer un message.

Un appel au secours.
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Bertram Godfrey
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Re: i don't want to die sad (bertram + béring) Lun 27 Aoû - 14:56

Wake up

Bertram C. Godfrey & Soleil A. Nilsson & Béring Leszczynski

Des hauts et des bas. Surtout des bas. Depuis la défaite des serdaigles, c’était mon quotidien. Entre fantasme euphoriques et haine de moi-même, entre calme et tourment, entre étude et distraction. J’étais dans ma bulle à surfer sur ces vagues que je connaissais bien, naufragé de deux tempêtes bien distinctes : les examens et Beckett Campbell. Le stress des examens affrontait la distraction qu’il représentait. Il s’infiltrait dans mes pensées dès qu’il en avait l’occasion. Son stupide sourire, son stupide regard, son stupide corps, sa stupide voix et sa stupide personnalité.Est-ce que je devrais lui envoyer un sms ? - Je me demande ce qu’il fait là. J’espère qu’il étudie...Peut-être qu’il a besoin d’aide ? S’il en avait besoin, il me le ferait savoir sans aucun doute. A moins que….

*Bzzzz Bzzzz*

Coïncidence ? C’était trop beau pour être vrai. Je m’empare de mon téléphone avec le coeur qui bat.
Déception.
C’était juste Soleil.

[a l'aide jsuis a lorhaologe c'est tres sereux j'ai ebsoin de toi viens vtie]

Alors déjà il m’a bien fallu 30 secondes pour déchiffrer son message. J’avais l’habitude des crises de Soleil et qu’elle m’appelle à l’aide mais à l’horloge c’était un peu bizarre…. Elle était partie réviser là-bas et elle était sûrement en train de paniquer pour ses examens. J’abandonne donc mon résumé d’occultisme pour aller la rejoindre avec un soupir. Au moins ça me permettrait d’arrêter de penser aux examens. Et à Beckett.

Et sur le chemin j’y réfléchissais. L’horloge était plutôt réputée pour servir aux amoureux - comme le suggérait habilement le stupéshit sur cette rumeur stupide qui me concernait. Et puis, c’était bizarre sa façon d’écrire. Elle n’était pas saoûle, quand même ? Il ne manquerait plus que ça….Attends une seconde… Et si elle était effectivement saoule ? Et si elle était dans l’horloge avec un type peu recommandable et qu’elle était en danger ? Et si… Je ne voulais pas y penser davantage, mais une chose était sûre, je pressais le pas pour arriver le plus vite possible.

Soleil, tu devrais mieux trier avec qui tu couches.

Comment lui dire ça de façon diplomatique ?

Je passe la porte de l’horloge discrètement, histoire d’éviter et de ne pas annoncer ma présence à un quelconque intrus. Je tends l’oreille mais rien ne vient, pas de cris étouffés ou signe de lutte. Je grimpe rapidement les rangées d’escaliers.

Soleil  ?



Je l’appelle.

Et puis je l’aperçois. Sur les lattes en bois sale. Du sang. Partout.
Le silence devient assourdissant, bourdonnant dans mes oreilles.
C’est marrant comme on pense être capable de gérer ce genre de situation de crise et au final, quand on se retrouve en face….

On bat des cils trois secondes.
Incapable de comprendre.
Ca vous frappe comme une gifle, ou plutôt comme un train envoyé à pleine vitesse.
Trois secondes de suspension avant que tous les détails se mettent à hurler, avant d’être conquis par la panique et l’urgence. De voir rouge alors que l’adrénaline dépasse tous les niveaux. Je m’élance vers elle pour presser mes mains contre la plaie béante pour l’empêcher de saigner davantage.

Soleil ?! SOLEIL ! Qu’est ce que- Qu’est ce que tu as fais ? Qu’est ce que tu as fait ?



Je répète comme si ça allait changer quelque chose.

Il y en a partout. Sur le sol. Sur elle. Sur ses mains, ses vêtements. Ca sent le métal et la boucherie. C’est chaud. Je le sens pulser à chaque battement de son coeur. Ce sang épais et rouge foncé. Elle a l’air pâle. C’est pas bon ça.  Je ne sais pas quoi faire. Quel sort lancer ? J’ai l’impression d’avoir tout oublié. Je veux chercher ma baguette dans ma poche mais dès que j’enlève une main ça se remet à saigner.

Ca va aller - ça - ça va aller.



Au secours.

Un appel à l’aide silencieux. Appel à l’aide. Appeler de l’aide. Oui !

Mes doigts mouillés cherchent mon téléphone. A cause du sang il me glisse des mains mais je me fais violence pour le récupérer et appeler la seule personne qui comprendrait et qui pourrait m’aider.

Béring.

Il décroche. Merci, Merlin.

Béring ! Ecoute-moi. Il faut que t’ailles chercher l’infirmier au plus vite. Cours. Soleil…..Soleil s’est blessée. C’est grave.  O-on est à l’horloge. Grouille-toi !



Mes mains se repressent fermement contre la plaie pour empêcher le saignement. Soudainement ça me revient- ce que je dois faire. Poser un garrot. Mais je n’ai rien pour le faire. Pas de ceinture, pas de gilet...rien. Je pourrais défaire mes lacets de chaussures mais vu le temps que ça prend elle se sera vidée avant ça. Pas de sort. Tout ce que je peux faire c’est attendre et voir la couleur quitter ses lèvres et ses joues. Ma respiration s’affole.

Je ne peux rien faire. Je ne peux rien faire.
Dépêche-toi Béring.


Ca va aller



DEV NERD GIRL

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Béring Leszczynski
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Re: i don't want to die sad (bertram + béring) Jeu 30 Aoû - 23:49


Stay
Il rêve, Béring. Les heures de sommeil sont douces. C'est elles qu'il attend tout le jour. Il aimerait qu'elles durent toujours. Mais un truc l'appelle, et Béring laisse s'ouvrir ses yeux.

Son téléphone. Béring grogne, cligne des yeux. La lumière de l'écran l'aveugle.

"Appel entrant... Bert' ?"

Il est presque deux heures du matin. Même dans le noir, Béring peut entrevoir le lit de son ami : vide. Il a sommeil...

"Allô ?"

Et si Béring avait un instant pensé que Bertram se moquait de lui, à présent ses mots le glaçaient. Il ne prend pas la peine de répondre, il n'a pas le temps. Son cœur bat comme s'il voulait sortir de sa poitrine. Il angoisse, il enfile une paire de basket qui traîne au pied du lit. Et il court. Il court comme il a jamais couru, en pyjama, en pleine nuit, dans les couloirs. Il manque plusieurs fois de tomber. Il entend la voix de Bertram dans sa tête. Il ne peut pas s'empêcher de se dire : c'est grave, Béring.

Quand son poing s'abat, enfin, frénétiquement sur la porte de l'infirmerie, il est essoufflé.

"MONSIEUR PALTON... VOUS ÊTES LÀ ? REVEILLEZ-VOUS..."

Il tambourine, encore et encore, contre la porte, jusqu'à ce qu'une voix s'élève.

"Eeeeeh c'pas là stop deux s'condes j'arrive ! Casse les couilles p'tin..."

La porte s'ouvre à peine, Béring se laisse emporté par un flot de paroles décousu et ininterrompu. Il alarme l'infirmier qui jure d'une manière incompréhensible. C'est brouillon, le temps de prendre le nécessaire. L'horloge n'est pas si loin, mais le temps semble aller toujours trop doucement. Il tremble sans s'en rendre compte, Béring. Et les voilà...

Il a jamais eu peur du sang, Béring. Mais ici, il y en a tellement... celui de Soleil. Il n'y a plus un son autour, juste le battement d'un cœur. Et c'est Béring qui refuse d'entendre ce qui se passe autour. Les paroles de l'infirmier d'un coup si sérieux. Béring, il se jette presque à côté de Bertram et de son amie. Il prend sa tête dans ses mains, et ses doigts viennent ouvrir de force ses paupières. Peut-être qu'elle est encore là-dedans. Consciente.

"Ouvre les yeux Soleil ! Ouvre-les ! Reste."

Et si son cœur n'était pas aussi serré, Béring hurlerait. Ses yeux hagards se posent sur Bertram et ses mains couvertes de sang. Elle ne peut pas les quitter. Elle n'a pas le droit.


PS pour les poussins : Comme Othello,
l'infirmier trop swag, est aussi mon perso et que jouer deux persos dans un même rp ça va vite être chaud,
je vous laisse l'honneur de l'utiliser en PNJ. Il me semble que ça reste la manière la plus simple de faire avancer ce rp.
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Soleil A. Nilsson
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Re: i don't want to die sad (bertram + béring) Lun 24 Sep - 18:14

i don't want to die sad
(20 mai 2028)
ce n’est pas que le suicide soit toujours de la folie, mais en général, ce n’est pas dans un accès de raison que l’on se tue.

Elle perdait connaissance.
Elle se sentait partir.

Il y avait de moins en moins de lumière. La douleur était-elle réelle ? Est-ce qu’elle était encore vivante ? Peut-être que c’était déjà fini.

Je vais mourir ici et maintenant. Seule et pitoyable.
A l’image de ma vie.


Soleil ne luttait plus. Elle regretterait sûrement, une fois l’âme surplombant son corps. Mais elle n’avait plus la force. De se battre, de s’accrocher. A qui, à quoi ?
Personne n’était là.

Solitude.
Obscurité.
Mort.

Des bruits de pas. « Soleil ? » Quelqu’un. Cette voix était si lointaine. Mais familière. L’adolescente étendue essaya de l’interpeller. La faible plainte ne traversait pas les murs. On ne la trouverait pas.

Que ça se termine. D’un côté, de l’autre. Son esprit n’était plus qu’un tourbillon de pensées désaxées, insensées. La folie s’emparerait d’elle pour engouffrer son âme dans un puit sans fin, sans fond.

« Soleil ?! SOLEIL ! Qu’est ce que- Qu’est ce que tu as fais ? Qu’est ce que tu as fait ? »

L’interpellée tourna vaguement la tête. Qui lui parlait ? Ses paupières s’ouvrirent pour faire face à cette personne affolée. Ses lèvres tentaient de former des mots mais il ne se distinguait rien d’autre que des gémissements plaintifs. Réduite au silence, à garder sa souffrance pour elle-même, comme elle l’avait toujours fait.

Cette fois, c’était différent. Quelqu’un était là. Quelqu’un avait entendu.

« Bertram... »

Elle n’était plus seule.

Soleil geignit encore, quand le soucieux Bertram plaqua ses mains sur les blessures meurtrières. Le supplice demeurait tel qu’elle avait la sensation de brûler de l’intérieur. A croire que chaque parcelle veineuse se consumait au rythme des battements de l’organe palpitant, expulsant l’hémoglobine comme si c’était toxique.

La conscience s’évertuait à rester, s’accrochant à l’image de l’ami au-dessus d’elle. Des larmes roulèrent sur ses joues tandis que ses pupilles imploraient silencieusement qu’il lui sauve la vie.

Bertram téléphona. Béring. Infirmier. Vite.
Puis « Ca va aller ». Ce furent les dernières choses qu’elle entendit.

La lumière me force à prendre mon temps pour ouvrir les yeux. Elle est puissante, éblouissante. C’est la lumière du jour. Je me redresse, auparavant allongée sur une couverture, dans l’herbe. Autour de moi, tout est calme, paisible. Je reconnais cet endroit. C’est le Parc Berzelii, à Stockholm. Je suis...chez moi ?

Le square est étonnamment vide. Bizarrement, je ne suis pas surprise d’être dans ma ville natale et d’y passer un agréable moment. Comme si je ne l’avais jamais quitté. La réalité m’échappe. Je ne sais plus si je viens de me réveiller d’une sieste ou si j’ai fait un long cauchemar, duquel je viens enfin de sortir. Tout semblait normal et parfait. Pourquoi m’inquiétais-je ?

Je remarque alors qu’il y a deux sacs sur le couverture. Le mien dont dépassent un livre sur les créatures magiques et un autre sur la métamorphose, puis le second, usé, semblant plein à ras bord.

« Tu ne devrais pas être ici. »

Je sursaute. La sensation de bien-être s’écorche un peu. Je cherche autour de moi d’où pourrait provenir cette voix ; un timbre familier que je n’avais plus entendu depuis des années.

« Soleil… » Un vieil homme apparaît de derrière un arbre. Encore une fois, je suis partagée entre la surprise et la normalité. « Grand-père ? » Il était mort. Depuis presque dix ans. Alors…?

Le calme disparaît pour laisser place peu à peu à une agitation dont je ne connaissais pas la provenance. Dans mon esprit, des images qui se bousculent. Le rouge, le feu, la panique.

« Calme-toi. Soli, ma belle, nous ne devions pas nous revoir avant des années. Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ? »

Je ne sais pas ! Les flashs se succèdent, prennent forme peu à peu, submergée par l’émotion provoquée par cet être cher. Tout avait l’air si… réel.

« Tu dois repartir. » Je secoue la tête de gauche à droite, incapable de parler. « Tu peux encore repartir. » Je suis tétanisée. La paix n’était plus. La lumière brillante avait été remplacée par une nuit sans étoiles, le parc ressemblait de plus en plus à un endroit abandonné. « Tu dois te décider vite. Tu es la seule à pouvoir changer quelque chose. »

Un nouveau flash. Nous ne sommes plus à Stockholm. Je plisse les yeux. Je connais cet endroit. Poudlard. L’infirmerie. Qu’est-ce que…? Un liquide s’écoule de son bras gauche. Le sang tâche ses vêtements, le sol ; il ne cesse de s’écouler. Je panique, je suffoque. « Grand-père, il faut que tu m’aides ! J-je vais mourir si ça continue. » J’ai beau enlever et retirer ma manche, il n’y avait rien : pas de plaie, pas d’ouverture. Juste du sang.

« Je ne peux pas t’aider. Ta vie est entre tes mains. » Soudain, je me vois. Je suis ici, et allongée sur ce lit. L’infirmier était en train de recoudre les multiples plaies couvrant mon avant-bras. Une transfusion avait été posée sur le second. Béring et Bertram étaient dans la pièce d’à côté. Ils semblaient désemparés. Cette vision me fit mal au coeur. « Tu dois y retourner. Tes amis ont besoin de toi. Tu as encore tant de choses à faire… »

Et je me rappelle. De la peine, de la folie qui me menaçait, de la la souffrance que je m’infligeais. De mes relations complexes, de ma solitude incurable, de mes envies extravagantes. De mes maux, de la vie. Je ne voulais pas y retourner. Rester ici avec mon grand-père serait plus facile à supporter. Je tourne le dos à cette scène surréaliste. J’étais prête à peiner mes amis en abandonnant, en les abandonnant, pour enfin connaître la paix, pour me libérer de ce fardeau que j’étais.

Mon grand-père m’attrape par les épaules et me force pourtant à regarder. « Tu ne peux pas rester ! » Je sentais qu’il s’énervait. Devant mon absence de réponse, il prend mon menton dans le creux de sa main pour que mes yeux croisent les siens.

« Arrête de fuir, Soleil. Arrête de penser que tout s’arrangera si tu disparais. Que tu le veuilles ou non, il y a des gens qui tiennent à toi. Si ton but, c’est d’arrêter de faire du mal aux gens, mourir n’est pas la bonne solution. Combien de personnes vas-tu laisser derrière toi ? Tu y as pensé ? » Je regarde ailleurs, triste, et gênée aussi. « Soleil, écoute-moi ! Tu ne dois plus penser que tu es seule avec tes problèmes. Tu ne peux pas simplement te détruire et tout laisser tomber. Je sais que tu as peur de perdre tous les gens que tu fais entrer dans ta vie. Je sais aussi que tu passes ton temps à couper les ponts la première avant qu’on t’abandonne. Arrête tout ça, Soleil. Il y a des gens bien, prêts à t’aider. Ca ne sera pas facile, c’est certain, tu souffriras d’autres fois Soleil, c’est évident, mais je t’en prie, tu n’as rien à faire ici, parmi nous. » Nous ? « Tu as la chance de vivre ta vie. Trouve-toi quelque chose, un échappatoire autre que celui-ci.. Tu es quelqu’un de bien, fais-toi aider, Soli, il n’y a pas de honte à ça. Mais je t’en prie... » Au fur et à mesure de ses paroles, une distance se créait entre nous. J’avais beau courir, rien n’y faisait. Et puis, derrière mon grand-père, deux silhouettes familières. Boréa, Alaine. Je me rappelai. De la douleur provoquée par leurs pertes. Des mois de descente aux enfers. C’étaient mes amies, elles sont décédées. Béring. Bertram. Nassim. Shaelyn. L’équipe. Mon père. Je ne pouvais pas…

Ils partaient. Ils mettaient une distance entre eux et moi, et je n’y pouvais rien. Dans un dernier éclair, je les ai entendus me souffler « vis », comme un ordre commun visant à me renvoyer d’où je venais.


Le noir complet.
Tu es là ?
Oui.
Non.
Comme coincée entre deux mondes.
Pendant combien de temps ?
Je ne sais pas.

Une brûlure lancinante, puis plus rien.
« Morphine. »
Son esprit commençait à capter les ondes sonores autour d’elle.
Elle se sentait fatiguée, paralysée aussi. Elle ne se rappelait pas vraiment de ce qu’il s’était passé. La frontière entre le réel et l’imaginaire était flou.
Malgré les paupières lourdes, elle parvient à les ouvrir. Dans sa tête, un tambour atroce. Ses yeux étaient gonflés, à coup sûr.
« Y’a quelqu’un ? »
Ses pupilles peinaient à s’habituer à la luminosité.

Elle ne voulait pas être seule.
Je ne veux plus être seule.
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