shall we die again // Kinga

Arya Strauss
Arya n'est pas grande
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shall we die again // Kinga Sam 1 Sep - 12:19




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«shall we die again»

(RAPPEL : FIN DU BAL AVEC LAVENDER)

Il y avait une autre personne qui aurait été capable de ça. Il y avait une autre personne que son attitude désinvolte et déchaînée lui rappelait soudainement ; brutalement.
Kinga.

Son nom dans sa tête eut l’effet d’un couteau dans son cœur. Tout à coup, c’était comme si on lui avait versé un seau d’eau froide sur le corps et qu’elle revenait à cette réalité-ci dans laquelle elle ne s’était pas vraiment suicidée. Où elle n’était pas montée au paradis avec Lavender. Où elle n’avait rien fui, qu’elle avait tout encaissé. Et dans cette réalité-même, Kinga l’attendait. Elle en était sûre, elle voulait que ce soit vrai.

Prise d’une certaine forme de panique, Arya, qui avait perdu son rire, balbutia quelques excuses, et se précipita en dehors de la salle. Elle savait que Kinga n’y était pas.

UNE VINGTAINE DE MINUTES PLUS TARD

Le bruit et la pression de la foule avaient cessé de harceler son esprit tourmenté. Dans les couloirs désormais déserts, Arya errait. Avait-elle fait le bon choix ? Avait-elle seulement eu le choix ? Elle avait répondu à un élan trop primitif ; instinctif ; qui lui avait hurlé de fuir. Fuyait-elle ?

Il lui avait fallut plusieurs (longues) minutes avant de reprendre ses esprits. Le pas pressé qu’elle avait adopté pour sortir de la salle était devenu plus hésitant. Réfléchis Arya. Où pouvait-elle être ? De manière certaine, Kinga ne se serait jamais présentée à un événement pareil (ou alors elle n’aurait jamais admis avoir envie d’y participer) ; de manière certaine, à toutes les occasions qui lui avaient été données, Kinga fuyait ce château de malheur et ses élèves écœurants ; tous ces sorciers immondes et condescendants.

Aucune chance de la trouver dans l’enceinte de l’école. Et tout à coup, Arya savait. Instinctivement, ses pas avaient englouti ce qui les séparait encore. Sans avoir eu besoin de réfléchir, elle l’avait retrouvée dans le noir et la nuit, le vent et les bruits sourds – discrets – des êtres invisibles dans les herbes folles et humides.

« Kinga. »

Elle avait l’impression de se revoir sur le pont, seule, de la revoir disparaître ; elle avait l’impression qu’elle était irréelle, qu’elle s’évaporerait dans un sanglot et que plus jamais sa main ne glisserait dans la sienne. Alors Arya s’approcha, pour se persuader qu’elle avait tords, pour se persuader que Kinga était vraiment là.

« Il se fait tard. »

Elle était la première à errer sans but dans la nuit. Kinga le savait, et elle savait qu’elle ne lui ferait pas la morale.  Mais se doutait-elle des inquiétudes qui dévoraient en fait Arya ?

« J’étais à ce bal. Mais je savais que je ne t’y trouverais pas. Alors.. »

Alors quoi ?

«Tu serais venue? Si je te l’avais demandé?»


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Re: shall we die again // Kinga Sam 1 Sep - 22:41

ft. Arya
Is this a gothic mood ?
J'allais pas au bal, bien évidemment. C'était écrit tellement gros sur mon front d'ahurie, que ce genre de connerie ne m'intéressait pas, que mes potentiel.les cavalier.ère.s n'avaient pas osé j'imagine, me proposer de les accompagner. De toute manière j'aurais dit non.
Réfléchissez un peu cinq secondes. Pourquoi aller s'enfermer dans une salle, tirée à quatre épingles, pour balancer de faux sourires hypocrites et ruisseler de sueur au milieu de guimauves magiques dansant langoureusement sur leur musique bizarre. Pourquoi s'infliger un tel calvaire, alors que la très large majorité de la population du château serait concentrée en un point unique, laissant libre court à mes explorations sauvages, mes drifts sur ma planche de skate, fumer des pétards dans des endroits que j'évite d'habitude, parce qu'il y a trop de balance dans ce château. Et qu'ici les balances ne connaissent ni ne craignent la menace des chaussures de béton pour aller danser avec les poissons.

J'avais passé mon plus beau leggings adidas, un sweat à capuche XXL noir, et ma plus belle paire d'air max noir tout pareil. Ce soir, aucun effort, du noir du noir du noir, puisque c'est bien ce que je comptais broyer toute la soirée. Pochette aux merveilles bien calée contre mon ventre, dans la grande poche du sweat, j'attendais que les couloirs se vident, doucement mais sûrement, pour m'élancer en skate. Pas d'obstacle à éviter, pas d'anti mordus pour venir bloquer mes roues en soum soum, à coup de baguette et d'une bonne dose de débilité.
Pourtant c'était moins drôle de rouler. Sloan me manquait. Y avait pas que lui. Nath aussi. P'têtre que pour Nath, j'aurais fait un effort pour le bal. Mais c'était son genre à lui, de se pointer dans ce genre de soirée ? J'ai l'impression d'en avoir oublié ceux qui comptaient pour moi.
D'avoir trop broyé, ruminé.
D'avoir étouffé, avec cette branchie mal greffée, mal arrachée.
D'avoir perdu du temps.
Et l'époque où ils étaient encore là me semble bien lointaine.

La gorge serrée, je sens, presque lancinant, ce désir de prendre l'air. C'est pas que ma tête qui en a besoin, c'est tout mon corps qui hurle, de l'air de l'air.
J'ai la jambe qui tape sur le sol, à toute vitesse, qui pousse de toute ses forces. Pour aller plus vite. Pour rouler beaucoup trop rapidement à travers les portes du Hall. La chute sur une dalle irrégulière fait parti du risque, la douleur à l'atterrissage est le prix à payer pour un peu d'adrénaline en plus.
Tout est désert, on entend un peu, de loin voir très loin, la musique et les bla bla discordants, qui doucement, s'isolent dans un coin de ma tête, façon bruit de fond rassurant. Pour ne pas avoir à ressentir le vide absolu des jardins du château la nuit, avec la lune pour seule compagne. Quoique.
Ces saintes nitouches hypocritement délurées pouvaient très bien, à un moment ou un autre, débarquer euphorique, cherchant un coin romantique pour se rouler de langoureux patins, qu'ils regretteront certainement le lendemain, ou dans quelques années peut être, qui sait.
Vautrée dans l'arbre, allongée à côté de ma planche, j'extirpais un premier pétard, d'avance roulé, pour éviter les galères de dernière minute. Il dansait entre mes doigts. je retardais le moment où je devrais l'allumer. Parce que j'en profitais encore plus. C'est bizarre. Et pourtant.

Mais je ne tenais pas bien longtemps. Je résistais mal de manière générale, à l'appel de la débauche. Une latte, deux, puis trois, je prenais mon temps. Inspirant, expirant avec lenteur et méthode, histoire de faire durer le plaisir. De contrôler les ardeurs de camée.
À en perdre pied.
Plus de notion de temps, d'espace. Tout bougeait, mais ça déphasait pas violent non, y avait des courbes qui ondulaient sur des lignes droites, et l'horizon dansait en halo de fumée sombre. Jme sentais l'âme d'une poète, prête à oublier tout le reste.

Et puis y a eu cette voix, qui me tirait de ma douce phase planante. Corps lourd, retour sur terre. Cette voix, même complètement explosée, même au bord du vide, je la reconnaitrais. C'est celle d'..

Arya ?

Arya. A r y a. Quatre lettres et pourtant une foule de sentiments contradictoires. Arya me parle. Arya m'a trouvée là. Arya me parle du bal. Et je la vois, à travers le filtre un peu flouté glissant sur mes yeux. Elle est tellement jolie, malgré son regard qui divague complet.

Tu serais venue ? Si je te l'avais demandé ?
Mais tu ne me l'as pas demandé.

C'était même pas sec. Un simple constat, sans froid ni chaleur dans la voix. Et c'est quand je la vois, dans le noir, rayonnante pourtant, éclairée par la faible lueur de la lune, que je sais que je n'ai pas réussi à l'oublier. Que je n'arriverais jamais à ne plus rien ressentir pour elle.
Et je tends la main. Qu'elle l'attrape ou non, pour qu'elle s'installe à côté de moi, tant pis pour sa belle robe. Parce que même roulée dans la boue, Arya reste Arya.
Inspirant une dernière latte, j'éloigne lentement de mes lèvres le pétard à moitié consumé, que je lui tends sans insistance.

Alors Cendrillon, on s'est tirée avant minuit ?


 
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Re: shall we die again // Kinga Lun 17 Sep - 14:13




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«shall we die again»

La brise sur ses jambes nues lui avait arraché un frisson. A reprendre son souffle, Arya médita sur les sentiments qui l'avaient poussée aveuglément au travers des couloirs, au travers des allées et des buissons, jusqu'ici où elle savait qu'elle trouverait Kinga. Elle baissa les yeux vers la main qu'elle lui tendait, et elle n'eut pas besoin de beaucoup de réflexion avant d'y répondre, engouffrant ses doigts dans sa paume et refusant de la lâcher avant qu'elle lui tende le joint.

Arya tira une fois. Et sa voix sembla s'étouffer au fond de sa gorge. Pourquoi était-elle là ? Elle devait être au bal avec Lavender, rire et danser, jouer à qui serait la plus euphorique et pathétique du lot. La voilà qui redevenait cynique.

« J'y ai repensé. »

Elle savait très bien pourquoi elle était là. Elle savait très bien quels étaient les sentiments qui se débattaient au fond d'elle. Elle les sentait, elle en avait peur ; ils la torturaient. Elle ferma les yeux, tira une seconde fois, et retendit le joint à Kinga.

« Au pont. Quand je perdais la tête, je t'ai vue là-bas. »

Arya était trop honnête, trop transparente ; la vérité coulait d'elle et jamais ne s'arrêtait de la noyer.

« Je t'ai vue et j'ai sauté. Je crois bien que c'était un rêve, mais pour moi c'était réel. »

Elle n'était plus sûre de se comprendre elle-même.

« Et j'aurais sauté encore si tu me l'avais demandé. J'aurais sauté un million de fois si je t'avais toujours à mes côtés. »

Avait-elle trop bu ?

« Je crois que je t'aime, Kinga. Mais je crois que je veux que ça reste comme ça. »

Un rire, dans un souffle, refroidit ses lèvres qui tremblaient.

« Je crois que je t'aime, mais que je préférerais que ça ne veuille rien dire. »


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Re: shall we die again // Kinga Sam 29 Déc - 11:30

ft. Arya
Is this a gothic mood ?
La tête dans les étoiles, les yeux dans l’vague. Je regarde le ciel, je vois les constellations qui brillent irrégulières, qui dansent lentement. Il paraît que la plupart d’entre elles sont déjà mortes, depuis des années. Des millions d’années. Et pourtant on les contemple le cul dans l’herbe, la tête en arrière, on se laisse bercer par les courbes qu’elles offrent à la nuit, les rêves qu’on y dessine pour en tirer des interprétations d’une réalité rat crevé.
Et je perds mes yeux dans le ciel, connectant les étoiles au fond de ma pupille, pour y redessiner, d’un éclat éphémère, le sourire d’Arya. Dans la pénombre, je ne tourne plus la tête vers elle, je l’ai tellement vu ce sourire, légère esquisse, souvent contrarié très peu heureux.
Elle se rappelle de la fois au pont, de ce moment où on s’est jetée dans le vide main dans la main complètement inconscientes, le crâne enfumé et les idées noires. Et elle raconte une autre fois au pont, noyée dans la solitude, une période où j’étais si loin pourtant si proche. Et quand elle raconte, l’idée doucement s’immisce dans mon esprit, l’idée que peut être, j’y étais vraiment, là bas, sur le pont à lui tendre la main vers le vide. Encore une fois.

La cendre encore rouge du pétard se décrochait du cadavre qui mourrait entre mes doigts et glissa sur ma main, me piquant légèrement, retour dans le monde lucide. Non, il y avait encore trop de brouillard. Mais j’entendais plus distinctement la voix d’Arya. Sa voix cassée. Qui ondule, qui laisse échapper des mots doux. Des mots qui disent je t’aime, moi non plus, restons en là, j’en souffre. Des non sens, des sentiments qui brûlent et qu’elle me balance au visage.
Le reste de joint calé entre mon pouce et mon index, je l’envoie voler loin, sans dire un mot. J’hoche un peu la tête, vite fait, mais jsuis même pas sûre qu’elle ait pu voir mon mouvement.
J’ai l’impression que devant moi se tracent deux chemins. Encore une année dans ce château, où malgré mes efforts pour ne pas, j’ai raccroché aux cours, au prix d’une greffe pas voulue de branchie, et d’aventures dangereuses. Ou alors, comme me l’a proposé Milan, rentrer à Londres, et oublier tranquillement ce monde dans lequel il m’avait plongée contre mon gré.
« Je crois que je t’aime, mais je crois que je veux que ça reste comme ça. Je crois que je t’aime, mais je préférerais que ça ne veuille rien dire. »
Et dans l’année supplémentaire à Poudlard, il y avait le sourire d’Arya, sa silhouette blafarde qui se dessinait devant moi, qui ondulait dans les couloirs, qui disparaissait, doucement happée par le flot des élèves dans lequel je m’étais perdue toute l’année.
Et dans ma tête se rejouait encore et encore le saut du pont. À chaque fois, on échangeait quelques paroles, et puis on faisait quelque chose de complètement fou.

De complètement fou. D’inattendu, d’imprévu.
Alors je tournais la tête, d’un coup, et on se retrouvait les yeux dans les yeux, nos nez se frôlant, mes lèvres à quelques centimètres des siennes. Dans ma tête ça hurlait embrasse la, qu’est ce que t’attends. Et dans ces yeux je lisais toujours le même bordel.
Baissant les miens, je posais mon front contre le sien, éloignant nos lèvres.

« Arya, je m’en vais. »

Les yeux fermés à présent, je ne voulais pas voir dans le creux de ses pupilles la vague de bordel que j’apportais encore une fois.

« Je m’en vais, mais je ne t’oublierais pas. Comme ça tu pourras m’aimer sans que ça ne veuille rien dire, sans que ça ne change quoi que ce soit. »

Et doucement, j’éloignais mon front du sien, j’avais imprimé mon idée contre sa peau tiède.
J’étais à nouveau assise à côté d’elle. Si près sans que l’on se touche pour autant. Comme d’habitude.
J’attrapais dans un paquet presque neuf une nouvelle cigarette, que j’allumais, sans rien dire de plus. Comme d’habitude.

 
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Re: shall we die again // Kinga

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