I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus

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Bertram Godfrey
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Lun 7 Jan - 18:19

I solemnly swear …. I’m going to let it go

Ethan Stoker & Bertram Godfrey & Argus I. Catwright

Il y a toujours cette sensation étrange lorsqu’on doit se laver dans une salle de bain inconnue. L’impression d’être épié, d’être comme un animal sauvage qui s’approche d’un point d’eau : vulnérable. Je prends quelques minutes pour me familiariser avec les lieux. Les produits de bains et de beauté d’Emelyne. Du bout des doigts et en silence, j’ouvre quelque armoires, observe vaguement leur contenu. Au bord du lavabo les brosses à dents de la mère et du fils. Un rasoir. Du dentifrice. Du savon. Et du bain bouche turquoize, probablement pour qu’Ethan n’ait pas une haleine de boucherie mal réfrigérée. Pourquoi ne pas commencer par ça ? Système D avec un peu de dentifrice sur le bout du doigt pour se frotter vigoureusement les dents. Puis, se gargariser avec un liquide trop mentholé qui provoque une forte envie de vomir.

La salle de douche est encore chaude du passage de Gus. Il a laissé ses vêtements là, dans un coin.

Se déshabiller c’est comme enlever son déguisement. A chaque couche perdue, un peu moins d’armure. On ne peut plus rien cacher, on est là, la chair à vif et exposée dans un lieu inconnu. On a cette inquiétude stupide mais lancinante que quelqu’un va entrer brusquement sans prévenir - pas par malice, non, simplement parce qu’on vous a oublié - et vous découvrir dans votre plus simple appareil. Chaque petit bruit vous semble anormal, vous alerte et un simple coup discret sur la porte suffirait à vous faire sursauter.

Ou peut-être que je suis craintif. Une pluie d’eau chaude s’abat sur ma tête. Les bras autour de mon corps, mes doigts contre mes omoplates, je suis tendu. Je peux sentir les noeuds dans mes épaules. Tout va bien, tout le monde va bien, tout est sous contrôle, je peux laisser tomber ces épaulettes de grand garçon mature. Personne ne peut t’entendre ici, Bertram, pas quand l’eau noie le silence. Mes lèvres s’ouvrent, cherchent l’air et suffoquent, je m’étrangle dans 3 sanglots. J’ai eu peur, j’ai paniqué et ça s’échappe en différé. Oui. Mais tout va bien. Tout va bien maintenant. J’inspire, j’expire. Tout le monde va bien.

Au pire, qu’est-ce qui se serait produit. Ethan m’aurait mordu et après m’avoir bu un peu il aurait retrouvé ses esprits. Mais n’était-ce pas là la véritable horreur ? Pas celle de voir ma main s’approcher de ses lèvres en étant impuissant - mais celle de lire dans son regard qu’il venait de commettre une erreur irréparable et que cette erreur était ma faute. On était pas passé loin de la tragédie. Et uniquement grâce à lui, on l’avait évitée.

Maintenant je sais ce que je dois faire. Je sais quelle décision prendre. J’ai pas les épaules pour soutenir Ethan. Nous deux, c’est une destruction mutuelle assurée. Je le vois, j’ai l’esprit plus clair maintenant. Je suis l’iceberg et le passager. Il est le navire et le canot de sauvetage. Enfin...si on oublie ce mal de crâne lancinant. C’est toujours comme ça quand j’ai pleuré mais là c’est pire. Toute cette tension doit bien se mettre quelque part. Tiens, j’ai les cheveux mouillés. Autant les laver.

*******

Je retrousse ma manche sale avant de plier le reste de mes vêtements et de les laisser en dessous de ceux de Gus. Manquerait plus qu’ Ethan ne les trouve et remarque la petite tâche. Je suis un peu parano mais je prends pas de risque. J’enfile le pyjama soigneusement sélectionné au préalable dans l’armoire du semi-vampire ( merci Gus pour le tuyau) et je sors pour le croiser sur le palier.

Je te l’ai emprunté, j’espère que ça va sinon je peux prendre autre chose.



Cheveux encore mouillés et donc ondulés et pyjama trop grand, il m’adresse un sourire. C’est mon apparence, c’est ça ? Je flotte un peu dedans. Je pince le tissu au niveau des épaules pour le secouer et lui montrer la différence de carrure.

Je sais, hein. Tu fais quoi ? Du XXL ?



Je te déteste Ethan. A côté de toi, on a tous l’air d’être des crevettes. J’essaie de lui arracher un sourire, je sais pas, n’importe quoi pour qu’il me montre que tout va bien. Je hoche la tête et au lieu de dire un truc con comme “à tout à l’heure” ou “bonne douche”, je me contente de me taire, de descendre les escaliers pour rejoindre crevette numéro deux. Et crevette numéro deux a probablement l’intention de rentrer en osmose avec le canapé puisqu’il est difficile déterminer où Argus s’arrête et le canapé commence. Mais quand je le salue, il tourne lentement la tête vers moi.

Hey.



Dans un éclair de lucidité, je remarque son visage franchement pas frais.

Holà, on dirait que le Poudlard express vient de te passer dessus,.... ça va ?



La soirée a été intense pour lui aussi. Pleine de rebondissements. Il avait pourtant l’être de s’être bien amusé, sans s’inquiéter de ce qui se passait dans les coulisses  et c’était clairement lui qui avait le taux d’alcoolémie le plus haut. Je plisse un peu les yeux. J’ai une barre de douleur entre ma tempe droite et gauche. J’ai besoin d’un petit remontant, Argus aussi d’ailleurs.

Ca te dit un petit remontant de grand-père ? Je vais m’en chercher un de toute façon.



Je maintiens le secret sur sa composition, lui promettant de lui raconter l’histoire à son retour. A pieds nus, je me rends jusque dans la cuisine où la mère d’Ethan s’occupe à tranquillement effacer les traces de la tragédie d’hier soir. Timidement je lui demande :

Emelyn ? Désolé de vous déranger mais….est-ce que je pourrais vous embêter pour deux grands verres d’eau, de l’aspirine et du bicarbonate de soude.  



Avec un sourire, elle accède à ma requête et refuse ma proposition de coup de main. Elle gère. Elle s’en occupe. Je lui propose un coup de main, mais elle refuse. Je repars donc vers le salon avec mon butin pour le tendre à mon camarade. Un comprimé et un grand verre d’eau avec l’équivalent d’une grosse cuillère à café de bicarbonate de soude.

De l’eau, de l’aspirine et du bicarbonate de soude. C’est ce que mon grand-père prenait lorsqu’il a fait le tour de l’Allemagne pour étudier les moldus. Et il n’a pas fait qu’étudier si tu vois ce que je veux dire….apparemment c’est ce qui a sauvé son foie plus d’une fois.



J’en doutais, pour l’aspirine mais là j’en avais besoin. Lorsque papy Godfrey était jeune, c’était un sacré fêtard...et un sacré aventurier. Le nombre d’histoires de débauche qu’il m’a raconté… J’adresse un faible sourire à Gus avant de faire tinter nos verres.

Santé.



Et de laisser le silence parler. Peut-être que lui aussi à quelque chose qu’il souhaite partager. Il a l’air d’en avoir gros sur le coeur.


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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Mer 9 Jan - 0:54

C'est sûrement pas si grave que ça. Puisqu'Ethan te dit que ça va. Que ça va même très bien. Dis le mec qui s'est pris le sol. Ouais, arrête de t'inquiéter. T'en fais tout un plat. T'as de la peine à sonder le regard de ton ami quand il t'assure que tout va bien, et sa voix n'en parlons pas. T'as la tête dans l'aquarium et les oreilles qui bourdonnent, tu ne saurais pas détecter le mensonge s'il en dissimulait un. Et puis c'est Ethan. Boyscout Ethan, l'homme qui me ment jamais (ou très mal). Tu croises les bras sur ton ventre et tu fixes le plafond. Des allers et venues dans la cuisine, probablement ceux d'Emelyn. Des pas dans l'escalier, et le retour de Bertram, qui prend la place du semi-vampire. Il a l'air d'aller mieux, lui aussi. C'est drôle de le voir dans les habits trop grands d'Ethan. Ses cheveux font des bouclettes. Tu les fixes un peu trop longtemps, t'en sais rien vu que ton cerveau n'est plus vraiment focalisé sur quoi que ce soit, quand Bertram te demande aussi si ça va. Apparemment t'as l'air d'être passé sous un train, ça fait plaisir. Tu te demandes vaguement ce qu'ils ont tous à te demander comment tu te sens, alors que t'es pas le pire. En plus c'est écrit sur ta gueule.

Non mais ça va. J'ai juste trop bu.

Tu perds patience, mais pendant, trois secondes? T'as plus l'énergie d'éprouver une once d'émotion. Tu prends le temps de réfléchir à tes mots. T'es juste en train de prendre la pleine mesure de l'alcool que tu as ingéré. Tu te doutes que c'est flagrant, mais dans le doute il vaut mieux le reconnaître haut et fort.

J'crois... j'crois qu'j'suis bourré. Mais genre. Grave bourré.

L'acceptation est la première étape du processus de guérison. Bravo, Argus. Bertram a pitié de toi et te propose un remontant de grand-père. Tu espères que ce n'est pas le genre de remontant à soigner le mal par le mal. Mais au point où tu en es... Plus rien à perdre. Tu marmonnes une réponse positive, avant de te relever en position assise. Ce qui est mentalement plus difficile. Tu te demandes bien où Bertram a appris à confectionner ce genre de potions maison, mais il éclaire rapidement ta lanterne. Tu observes les particules de bicarbonate qui flottent dans le verre. L'eau est légèrement opaque. Tu hausses les épaules:

Merci. Ha... il a l'air fun ton grand-père. Prost!

C'est comme ça qu'on dit en allemand! Ou en russe? Tu sais plus… Vous trinquez, pour la dernière fois de la soirée t'espères. Tu avales le comprimé d'aspirine, que tu fais descendre avec une grande gorgée de la potion magique des Godfrey. C'est plutôt cool de léguer ce genre de petits trucs à ses héritiers. Pas comme des guéguerres puériles et des secrets de famille. C'est pas mauvais en plus, y'a plus qu'à espérer que ça fonctionne, il paraît que l'effet placebo peut agir dans 30% des cas. Enfin, ça dépend des maux. Mais pourquoi tu réfléchis encore? Tu finis ton verre et fouilles tes poches, par réflexe. Mais c'est le pantalon d'Ethan. Alors tu rampes jusqu'au bout du fauteuil, où tu avais négligemment jeté ton manteau.

Tu sais c'qui me manque, là?

Tu mets ton index et ton majeur devant la bouche pour mimer une cigarette. Vous aviez dit que vous alliez en fumer une et les événements s'étaient enchaînés; le karaoké, les feux d'artifice, votre balade nocturne jusqu'à l'église… et tout le reste, qui devient de plus en plus flou, d'ailleurs. Tu as de la peine à remettre tes souvenirs dans l'ordre. Au final, est-ce que t'as même compris ce qu'il s'était passé? Est-ce que t'as envie de comprendre ce qu'il s'est passé? T'es pas sûr de vouloir savoir.

Tu viens?

Vous n'allez pas fumer dans le salon, obviously. Tu renfiles ton manteau et tes bottines sans les lacer et te glisses jusqu'à la baie vitrée. Tu as l'énergie d'un scroutt à pétard en fin de vie, mais au moins tu ne te cognes pas sur le mobilier. Tu signales juste à Emelyn que tu vas un moment dehors, pour ne pas l'inquiéter (déjà que vous avez foutu le bordel dans sa cuisine) avant de sortir prendre l'air.

Elle avait quoi, ta main?

Tu as vu le sang, avant, et maintenant il n'y est plus. Coupure superficielle? Ou est-ce que tu as rêvé? Et Ethan aussi, tu l'as rêvé? Peut-être qu'après une bonne nuit de sommeil, toute cette expérience vous semblera complètement ridicule. Mais en attendant, t'as besoin de chasser le cauchemar. Et toi, Argus, tu combats les cauchemars à ta façon. Tu le répètes en boucle dans ta tête, tu rejoues toute la scène aussi longtemps qu'il le faut, jusqu'à inventer la fin qui te convient. Celle qui te rassures, qui te dit que tout va bien. C'est la seule façon que tu as trouvée pour ne plus refaire le même rêve, ou pour savoir comment réagir s'il revient. Et pour te rendormir. Tu ne pourrais pas te rendormir sur les horreurs que tu vois, il te faut ton happy ending.
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Mer 9 Jan - 14:07

I solemnly swear …. I’m going to get a hangover

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Gus a une tronche de serpillère mal lavée et il blâme l’alcool. Moi je blâmerai l’alcool aussi à sa place. Mais je sais aussi que son enthousiasme et son énergie avaient été au plus haut durant la soirée avant de s’effondrer brutalement vers des profondeurs abyssales. Un peu comme un bad trip. Et ça a aussi son effet sur son humeur, ce genre d’ascenseur émotionnel.

Mais maintenant nous sommes dans le salon cosy d’Ethan et Emelyn bien à l’abri de la folie de l’extérieur. Ethan avait le ventre plein, donc la seule chose dont on devait s’inquiéter, c’était les répercussions ravageuses de la gueule de bois de demain matin. L’eau et la bicarbonate ça a juste un goût un peu salé, pas mauvais, pas vraiment bon non plus. On peut juste espérer obtenir un effet bénéfique demain matin. On reste là comme deux mauviettes à siroter notre grand verre d’eau médicamenté comme des papys à l’hospice. Ca promet la jeunesse. Du moins jusqu’à ce qu’Argus retrouve la bougeotte pour me proposer une cigarette. Bonne idée. Ca va le détendre and I could use one.

Je hoche vivement la tête et je retrouve péniblement mes chaussures et ma veste pour le suivre. Je sais pas si c’est la fatigue, ou le choc mais j’ai bien l’impression qu’il fait beaucoup plus froid. Ah non je sais. Je suis en T-shirt avec un pantalon de pyjama qui laisse passer le vent glacé. Brrrrr. Je sautille d’un pied à l’autre en attendant que le poufsouffle m’offre généreusement une cigarette. La situation m’amuse. En pyjama, cheveux mouillés soulier et veste de costard dehors en train de m’agiter pour avoir une cigarette. C’est la déchéance de fin de soirée. Un rire nerveux et fatigué s’échappe de mes lèvres :

Je ressemble à un junkie qui attends son fix. Viiiiiiiiite Guuuuuus, ma cigareeeeeeeeeette !!



Et de répondre avec une candide innocence :

Quoi, ma main ? Elle a rien ma main.



La preuve, je décroise les bras pour lui montrer. Elles ne tremblent même pas. Mais je ne veux pas trop prendre Argus pour un con non plus. J’ai besoin de ses cigarettes. Je recroise vivement les bras pour me protéger du froid.

Y a un peu de sang qui a coulé dessus pendant le transplanage c’est tout. Et on ne voulait pas affoler Ethan.



On. Emelyn et moi. D’où la raison pour laquelle j’ai gardé ma main dans ma poche et ce qui expliquait aussi sa question de tout à l’heure. Les cigarettes sont vites échangées, leurs lueurs incandescentes diffusait un parfum âcre et puissant. La première bouffée est toujours la plus difficile, celle qui colle au palais et qui donne envie de tousser. Après ça va. on commence à l’apprécier. Je ferme mes paupières pour un instant de suspension où j’inspire la fumée la plus profondément possible avant de la souffler par les narines. J’ajoute d’un ton soulagé :

Ca fait du bien un peu de poison dans les poumons, non ?



Je n’étais pas le déni. Je savais ce que ça faisait. Et c’est exactement pour ça que je fumais à l’occasion. A croire que m’accorder ces petites punitions, absorber ce poison lent m’offrait l’amnistie, l’impunité de pouvoir faire encore plus de conneries. Plus de conneries comme jouer avec les sentiments des autres ou faire un petit tour du côté de l’infidélité. Plus de connerie comme ne pas faire attention aux autres quand de toute évidence quelque chose ne va pas. Plus de connerie comme être complètement aveugle et prendre les autres pour acquis. J’inspire, j’expire et j’essaie vainement de faire quelques ronds de fumée. Il y a plusieurs techniques apparemment mais aucune ne fonctionne et j’ai juste l’air d’un con.

Hnnn, t’arrives à faire des ronds de fumée, toi ?



Et j’observe le maître avec un léger sourire fatigué :

Tu m’a jamais dit pourquoi t’avais commencé à fumer.



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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Mer 9 Jan - 22:20

C'est vrai que vous avez l'air de deux drogués. Qui dealent sous les fenêtres de madame Stevenson... C'est du joli! L'imitation de Bertram t'arrache un rire amusé pendant que tu allumes ta clope, mais tu maintiens le paquet hors de sa portée lorsqu'il enchaîne avec un mensonge gros comme le dragon au milieu du troupeau de moutons.

C'eeest ça. Et moi j'suis le Ministre de l'magie.

Finalement il annonce la couleur et tu hoches la tête. On va dire que tu le crois. Ça semble crédible. Et puis t'es pas en état de détecter ses salades, déjà en temps normal t'as de la peine à détourer le vrai du faux chez Bertram Godfrey. Tu finis par lui accorder ce qu'il a demandé et tu rapproches ton briquet pour allumer sa cigarette avec un air goguenard.

On a l'air fins.

Mais la nicotine fait déjà son effet, ou le placebo; l'habitude te fait dire que ça va mieux et c'est exactement ce que tu ressens après avoir tiré sur ta clope comme un camé en manque. Tu éloignes quelque peu la cigarette de tes lèvres et tu l'observes se consumer dans le froid. Bertram s'essaye aux petits ronds artistiques, tu souris. Watch and learn, mon jeune padawan. Tu souffles un petit cercle de fumée, avant de prendre un air satisfait.

Des années d'empoisonnement conscient.

Comme Bertram, tu sais parfaitement ce que tu ingères. Peut-être même plus; tu étudies la médicomagie. S'empoisonner consciemment, ce n'est pas pour se détruire volontairement. C'est comme repousser indéfiniment son devoir de Potions jusqu'à réaliser, au dernier moment, qu'on est foutus. Ça te fait penser à une citation latine, que tu serais incapable de reproduire ici: Neque porro quisquam est qui dolorem ipsum quia dolor sit amet, consectetur, adipisci velit. Personne n’aime la souffrance pour elle-même, ne la recherche et ne la veut pour elle-même. Le tout, à partir de là, est de savoir pourquoi. Dans ton cas, la réponse la plus évidente est aussi la plus stupide:

Pour emmerder ma mère. Ça a marché, quoi? trois mois. Ensuite elle l'a accepté... mais moi, j'avais eu le temps de devenir accro.

Pris à son propre piège comme le grand crétin que tu es. Tu fais rouler le rouleau entre tes doigts, avant de soupirer.

Et toi?

Bertram est ce qu'on appelle un fumeur occasionnel. Tu ne te souviens pas quand il t'avait demandé, pour la première fois, à essayer une de ces cigarettes que tu fumes toujours. Tu connais peut-être la réponse, sans le savoir. Mais lui retourner une question est le moyen le plus aisé d'obtenir une réponse. Si tu optes pour un autre sujet, tu risques de te cogner à un mur. Il y a peut-être autre chose, cependant, que tu peux demander. Tu souris innocemment:

Et maman Godfrey, dis-moi... elle est au courant que son fils est un p'tit délinquant?

Le point commun entre Ethan, Bertram et toi, c'est d'avoir été élevé par une mère célibataire. Et quelque chose te dit que Madame Godfrey ressemble moins à Madame Stevenson qu'à Madame Catwright. Mais ça, c'est parce que personne ne ressemble à Madame Stevenson. Élue meilleure maman du monde par un jury impartial composé uniquement de toi-même.
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Jeu 10 Jan - 19:18

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Gus joue le jeu - conciliant avec moi. Il a raison, on a l'air fin, on a l'air swag on est fabulous dans nos fringues/pyjama dépareillés à se les geler dehors au beau milieu de la nuit pour quelques bouffées de cancer.

C'est la nouvelle collection hiver "street trash" 2029



Je pouffe de rire. Ouais on peut dire que je suis un visionnaire en terme de mode mais  là c'est autre chose que des pulls kitschs. J'observe la vapeur qui s'échappe de ses lèvres et qui s'évapore pousser de jolis ronds de fumées qui demeurent encore un peu avant de s'évanouir. Mes lèvres esquissent un "ooooh". Trop cool.

Waw quelle maîtrise. Tu peux m'apprendre ?



Il n'y a pas de sorts que je connaisse qui te permette de réaliser des ronds de fumée. Ses paroles sont révélatrices en revanche. On pense qu'on en rigole, qu'on dit ça pour se donner un genre. Empoisonnement conscient. Lorsque j'observe Gus du coin de l'oeil, malgré son air impassible, je me dis qu'on doit avoir plus de choses en commun qu'on ne le pense. Je sais que cette sale habitude qu'Ethan déteste, elle vient de quelque part et qu'en 2029 on ne fume pas ( surtout des cigarettes) sans de vraies bonnes raisons. Ou de vraies mauvaises raisons.

C'est pas un peu le comble pour un médicomage d'ailleurs ?

Il me dit qu'il a commencé pour emmerder sa mère. Un petit sourire en coin apparaît sur le coin de mes lèvres. Ca me rappelle quelqu'un qu'il connaît très bien d"ailleurs. Beckett aussi a sa propre façon d'attirer l'attention de son parent unique. Lui aussi, sans succès. C'est dingue les chemins qu'on peut emprunter pour un peu d'attention, un signe, un geste d'amour de la part de ses géniteurs.  J'hoche vaguement la tête.

Je comprends



Il me retourne la question. Ca me vaut toujours un petit air surpris quand on fait ça. J'ai pas l'habitude de susciter l'intérêt de qui que ce soit.

Je sais pas, j'étais curieux. Et puis ça me donne un air cool, tu ne trouves pas ?



Avec un petit sourire malicieux ( néanmoins toujours très fatigué), je porte le bâton à mes lèvres, j'inspire la fumée âcre avant de la souffler d'une façon très affectée. Avec les cernes sous les yeux donnent un air ténébreux, un peu "film noir". Dommage que j'ai l'air de sortir d'une poubelle, au lieu de porter un costume et un fedora. Je me demande si Gus va croire que le mec qui porte les pulls les plus moches de toute la galaxie pourrait faire quelque chose juste parce que ça lui donne l'air cool. Je ne pourrais pas lui en vouloir s'il ne fait pas le rapprocher, même moi j'ai du mal à rassembler les deux neurones qu'il me reste.

Ah. La question qui tue. La question qu'on ne me pose d'habitude jamais. Cette question, elle m'arrache un petit ricanement amer. Maman Godfrey, hein ? Aaaaah Minerva Godfrey, entre nous c'est une grande histoire d'amour. C'est l'amertume qui me reste sur la langue après avoir inspirer la cigarette qui me rappelle mamam Godfrey. Cette fumée âcre qui me racle la gorge me rappelle maman Godfrey.  Les traits noirs et brûlés au bout de la cigarette, ça aussi ça me rappelle maman Godfrey.

Oooh, elle doit savoir certaines choses. Se douter de certaines autres. En ignorer la plupart. Mais elle s'en fout tant que ça ne voit pas, tant que ça se sait pas, tant que ça ne touche pas à notre réputation. Cette femme est impossible à satisfaire de toute façon.



Je souffle un peu, la condensation se mêle à la fumée. Je tapote la cigarette du bout du doigt pour en dégager les cendres, c'est probablement ce qui tomberait de ton coeur si je pouvais l'atteindre, maman. Des cendres d'un coeur incinéré, ou peut-être de l'antimatière. Allez savoir.

Mais bon maintenant j'en ai plus grand chose à foutre..



Et dès que j'ai compris ça, que j'en tirerai rien peu importe à quel point je me déchirais pour correspondre à ses idéaux, ça m'a libéré. Maintenant je sais qui je suis, je sais qui elle est. Je suis un bâtard au sens littéral du terme. Un déchet, un reste, un nuisible. Parfois j'ai encore la présence d'esprit d'accéder à ses requêtes - instinct de survie basique. Mais ce qu'elle pense de moi j'en ai plus rien à faire.Je tire comme je peux, presque revanchard sur cette cigarette. J'ai pas envie de parler d'elle, j'ai pas envie de lui accorder de l'importance.

Et maman Cartwright, elle est comment ?



Maintenant je suis curieux.

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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Jeu 10 Jan - 22:23

Bertram et Argus, nouvelles égéries de la marque Street Trash. Ça sonne bien. Pour cette collection-là, tu veux bien suivre la mode. C'est marrant parce que ni Bertram ni toi ne vous souciez de ça. Le Serdaigle fait attention à son apparence, certes. Tu ne peux pas le comparer à toi sur ce point-là. Il est toujours... propre sur lui? Il doit sûrement se laver une fois par jour, ne jamais oublier de se brosser les dents, et bien sûr, éviter de transplaner dans les ordures. Tu as toujours regardé ceux qui se fondent dans la masse avec, au mieux, de l'indifférence, mais Bertram a sa manière bien à lui de passer inaperçu sans passer inaperçu; sa collection de pulls te laisse rêveur. Peut-être est-ce pour cela que tu as accepté de partager tes cigarettes avec lui. Parce que ça casse cette image qu'il construit pour le reste du monde. Tu ne peux donc pas laisser passer l'opportunité de lui apprendre à faire des petits ronds de fumée. C'est livré avec le pack Rébellion pour les Nuls, tome 1.

L'important, bien sûr, c'est d'pas avaler la fumée. Faut pas crapoter non plus. Tu tires une grande taffe, et tu la gardes là.

Tu passes un doigt entre ta gorge et ton menton.

Gardes la fumée dans ta gorge, mets ta langue à plat et fait un O avec ta bouche, okay? Et tu expulses avec la gorge. Un peu comme si tu toussais légèrement.

Tu joins le geste à la parole. Ce petit rond s'envole en tournant sur lui-même, avant de disparaître dans l'air glacial de la nuit.

Il doit exister d'autres techniques, mais j'les connais pas. Vas-y, essaye pour voir!

Tu n'es pas très pédagogue et tu ferais sûrement un mauvais professeur, mais si Bertram apprend au moins ça grâce à toi, tu te sentiras fier. La conversation dévie sur les raisons de la fumette et tu hoches la tête de gauche à droite, souriant:

Comme si t'avais besoin d'être cool! Dit celui qui a passé sa crise d'adolescence entre ses vêtements noirs et ses playlists metal. Se donner un genre, c'est bon pour ceux qui savent pas qui ils sont.

Toi, Bertram, tu sais qui tu es?

Quelque chose dans la description qu'il fait de sa mère, te touche. Pas les mots, plutôt sa façon de parler d'elle. Elle n'a pas l'air commode, la madame Godfrey. Tu te l'imagines comme une dame de la haute hyper guindée, avec des lunettes carrées à écailles, qui porte des tailleurs noirs, met du gel sur son chignon serré pour qu'aucune mèche ne s'échappe, l'archétype de la control freak. (Ce serait sexy si ce n'était pas flippant.) Impossible à satisfaire. Elle révèle le portrait en négatif d'un garçon qui a toujours dû être le meilleur parce que c'était ce que sa génitrice lui demandait; qui pensait qu'en la rendant heureuse il la rendrait aussi fière, et que ces deux besoins satisfaits, elle l'aimerait. Ça te rassure qu'il conclut par un 'j'en ai plus rien à foutre'. Tous les enfants grandissent.

Certains plus lentement que d'autres. T'as pas très envie de parler de ta propre mère, mais puisque c'est toi qui a lancé le sujet… Comment elle est, Argus? À la fois très différente et très semblable à celle de Bertram.

Compliquée. Aren't we all? Elle se fout des apparences. Quand elle a un problème, elle le dit. Elle est en froid avec la moitié de son entourage parce qu'elle sait pas, mmh... fermer sa gueule? D'un autre côté, pourquoi elle le ferait...

Pourquoi elle se soucierait de ce qu'on pense d'elle? Elle n'a de comptes à rendre à personne. Pas même aux membres de sa famille, puisqu'ils l'ont reniée vingt ans plus tôt. Et franchement, si elle n'était pas comme ça, ce ne serait pas ta mère. Compliquée et géniale à la fois. Tu lèves les yeux au ciel et tires une taffe, les yeux fixés sur les constellations qui font coucou à travers les nuages.

Je la hais d'un amour fou.

Ces mots ne franchiraient pas tes lèvres sobres, mais il te semble que Bertram, parmi tous les gens que tu connais, est peut-être l'une des seules personnes qui pourrait comprendre ce sentiment contradictoire. Est-ce qu'on peut éprouver de la haine et de l'amour à la fois, ou ce dernier n'est-il que de la reconnaissance dissimulée, dépendance affective forcée parce que cette personne vous a élevé?

Bertram, toi, et même Ethan, n'avez-vous pas non plus le droit de dire que vous ne devez rien à personne? Ou est-ce juste ta mère, Argus? Même ce message de bonne année... rien ne t'obligeais à y répondre. Tu l'as fait, pourtant. Accidentellement, certes, mais tu l'as fait. Tu n'aurais peut-être pas dû. Le regretteras-tu demain? Si tu t'en souviens... Ce serait pire.

Fuck it, t'as raison. On leur doit rien.

Tu finis ta cigarette et t'accroupis pour l'écraser par terre. Tu le sais, pourtant. Tu n'as de comptes à rendre à personne, même pas ta mère, et elle n'a aucun comptes à te rendre. Le jour où tu accepteras cette vérité, peut-être alors seras-tu en mesure de l'aimer correctement. En attendant, tu agis comme un gamin. Tu l'aimes fort et sans conditions, comme un enfant. Tu te relèves en reniflant. C'est aussi ça, grandir: accepter que nos parents sont aussi autre chose que des parents, et pas juste l'image idyllique que l'on voudrait qu'ils soient. Le mieux dans tout ça: c'est valable pour les enfants aussi.

J'ai froid. On rentre?
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Bertram Godfrey
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Ven 11 Jan - 20:36

I solemnly swear …. I’m going to get a hangover

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J’observe et j'écoute attentivement le maître, même si je manque cruellement de vocabulaire en fumette avancée - je ne suis après tout, qu'un novice.  Je pense avoir compris. Avec application je me lance mais tout ce que j'arrive à faire c'est de tousser ( pour de vrai) et d'avoir le fond de la gorge qui pique. A cause de la fumée ou de la pneumonie naissante que j'étais en train de cultiver, allez savoir.  On ne peut que rire de cet essaie pathétique, de ma grande carrière de fumeur cool mort-née. Et quand les rires étouffés s'arrêtent, je geins :

Haaaan, je crains. Désolé, va me falloir plus de pratique.



Gus c'est un expert qui fume depuis longtemps, moi apparemment je suis une petite frappe qui ne sait pas utiliser ma gorge. Et si j'apprécie son compliment avec un petit sourire sincère, ses autres paroles résonnent doucement en moi. Se donner un genre, c'est bon pour ceux qui ne savent pas qui ils sont.

Est-ce que je sais qui je suis ?

Parfois j’ai l’impression d’être sûr de moi, comme un roc, immuable. Je sais ce dont je suis capable et je sais ce que je ferai jamais. J’ai l’impression de bien connaître mes limites, mes envies, mes besoins.  Et puis parfois...Mon identité s’écoule entre mes doigts comme du sable, comme essayer d’attraper un poisson dans un ruisseau. J’en ai une vague idée mais elle m’échappe, la traîtresse. Je pourrais être n’importe quoi, n’importe qui. Je pourrais trahir mes idéaux et ne rien respecter de l’idée que je me fais de moi. A force d’utiliser des masques et des subterfuges, on se perd. Et parfois c’est ça que je ressens. Dissocié, mal décalqué. Comme si je n’étais pas moi, ou à moitié-moi et que le reste échappe à mon contrôle.

Mais je souris à Gus. Il n’a pas besoin de connaître mes tourments intérieurs. Alors je lui souris simplement, sans rien ajouter.

Sa relation avec sa mère, bien que d’une autre nature, semble être relativement complexe. La description de Maman Cartwright me rappelle vaguement quelqu’un que nous connaissons très bien. Le même mépris des convenances et le même franc parler. Dans ma tête j’imagine Beckett en femme dans la quarantaine brutale et j’ai du mal à garder mon sérieux. Mais par respect pour Argus, je fais des efforts. Ce qui m’aide, en revanche c’est son regard lointain vers les étoiles quand il me lâche un des plus beaux paradoxes que j’ai jamais entendu.
Haïr quelqu’un d’un amour fou.

C’est beau.



Ca voulait dire que les sommets de son amour égalait les profondeurs de sa haine. Ca voulait dire que sa relation était compliquée, comme toute les mères avec leurs fils.

Moi j’aime comme ma mère me l’a montré.
Avec modération.



Avec retenue, comme ma mère. Des miettes que l’on laisse. Des secrets que l’on murmure et que l’on garde pour soi. J'aimerai tellement que ça soit vrai. Tout serait plus simple.

Et même si je ne peux qu’applaudir l’esprit rebelle de Gus, je ne pense pas que les choses soient si simples. Je ne pense pas qu’on leur doive rien. Mon père, je ne lui dois rien- ma mère c’est une autre histoire. Mais je ne m’en voudrais de briser l’esprit avec de telles considérations. Et puis j’ai froid. Et je suis fatigué. Donc je hoche la tête comme un bon mouton docile, les doigts tremblants qui portent la cigarette à mes lèvres avant d’imiter le poufsouffle et l’écraser au sol.

Ouais, je me les pèle.



On retourne donc rapidement vers le foyer et la chaleur après cette parenthèse fort instructive. J’ai l’impression d’être plus proche de Gus de mieux apprécier la profondeur de ce qu’il dit. Je ne connais pas toute l’histoire - mais j’en ai eu un aperçu. En rentrant, on tombe sur mommy Ethan et son regard désapprobateur. J’ai pas le coeur de lui dire de ne pas tirer une tête pareille. J’enlève ma veste et mes chaussures pour me blottir sous une couette dans le canapé en grelottant.

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Ethan Stoker
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Ven 11 Jan - 21:46


La douche m'a fait du bien. Peut-être trop de bien. Je me sens lourd, fatigué, et je peine à me brosser les dents. Vient ensuite la grimace provoquée par le rince-bouche, le goût si piquant que c'est bien un des rares trucs qui ne me paraisse pas fade. Je jette un regard las aux vêtements sales de mes camarades. Faudrait penser à les laver avant qu'ils ne rentrent chez eux demain. Est-ce que j'ai la foi de me pencher, de tout ramasser et d'emmener tout ça à la salle de lavage en bas ? Sans compter que je vais aussi devoir rester réveillé jusqu'à ce qu'il soit le moment de tout mettre à sécher. Nan, je vais pas tenir si longtemps, du moins je ne pense pas. Faudra que j'y pense demain matin du coup, si j'ai pas oublié. Ouaaaais, je vais y penser. Après m'être frotté le visage, je descends les marches au ralenti. Ça a l'air calme en bas. Est-ce qu'ils se seraient déjà endormis ? Je crois que ma mère devine mon regard interrogateur car elle y répond sans même que j'aie besoin d'ouvrir la bouche.

« Ils sont partis cultiver leur cancer. Allons ne fais pas cette tête-là. »

« Je sais, je sais. J'suis chiant avec ça. »

Emelyn ne répond pas, sans doute un peu surprise par le côté direct de ma réplique. Je me dirige vers le salon pour mieux me laisser tomber sur l'un des canapés. C'est vrai que je suis un peu lourd pour me laisser tomber comme un corps mort, c'était peut-être pas une super idée. Quoi que maintenant que je suis installé, y'a pas grand chose d'autre à faire. Je me cale confortablement et je ferme les yeux. Je suis chez moi, je suis bien et j'oublie, l'espace d'un instant, que mes amis sont dehors en train de fumer. Sans doute aurais-je pu m'endormir là si le duo n'avait pas refait son entrée, les bruits de leur arrivée suffisant à me faire rouvrir un regard fatigué. Revoilà Bertram. Et Gus, bien sûr. Hmpf, l'odeur de la cigarette n'est pas très loin et mon visage prend un air mécontent, dérangé par ce fumet qui ne me plait pas particulièrement et qui me gratte le fond de la gorge. J'ai envie de passer un commentaire, mais me retiens. Je sais que je suis chiant, je sais qu'ils ont pas besoin de ça. Par contre, je vois que le Serdaigle à froid. Suffit de voir sa façon de se blottir sous la couette, en petite boule sur l'autre canapé. Que faire dans ces cas-là ? Voyons, je suis un Poufsouffle moi.

« Tiens, prends ça. Tu veux que j'aille monter le chauffage ? »


J'ai quitté mon propre siège pour aller rejoindre Bertram, m'installer à côté de lui en lui offrant ma propre couverture. Si lui a froid alors tant pis, je peux bien dormir sans. Pour une nuit ce ne sera pas un problème. Enfin, sans doute serait-il aussi bon de mentionner que je n'ai pas fait que lui donner la couverture. J'ai pris la peine de la placer par-dessus lui et d'en enfoncer les extrémités dans le canapé, derrière le jeune homme. Comme ça l'air ne devrait pas passer et il pourra plus vite se réchauffer. Une bonne chose de faite, me dis-je en esquissant un sourire satisfait, mais très fatigué. Et Gus ? Il va se débrouilleeeer. Quoi que c'est mal de faire du favoritisme, donc je lui désigne la couette propre restée sur le matelas qu'on a descendu au salon.

« Tu peux prendre celle-là si t'as froid toi aussi. Et du coup maintenant il se passe quoi ? On va dormir ou y'a des rituels de fin de soirée que j'dois aussi apprendre ? »
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Argus I. Catwright
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Sam 12 Jan - 15:53

C'est décidé, tu ne seras jamais enseignant. Tu fais un piètre professeur pour ce qui est des ronds de fumée, et tu ne peux retenir une moue déçue quand Bertram échoue. Tant pis. Au moins, ça te confirme que l'enseignement n'est pas fait pour toi. Tu te renfermes un peu sur le sujet des mamans, après avoir exprimé aussi clairement tes émotions. Tu ne sais si leur description est juste, les mots t'ont toujours semblé compliqués pour ce genre de choses. Quoiqu'il en soit, tu n'as pas le courage de te lancer dans des explications plus détaillées. Bertram aussi, semble entretenir une relation compliquée avec sa mère… et ses sentiments à son égard. Aimer avec modération. Peut-être bien que c'est ce que tu aurais dû faire, toi aussi. Ça t'aurait évité des déceptions.

Ça doit pas être facile non plus.

C'est tout ce que tu dis, parce qu'on ne te demande pas ton avis, et surtout, parce que tu es mal placé pour commenter ce genre de sujets. Mais tu peux comprendre, en un sens. Pas le sens profond de leur relation, mais les conséquences, parfois dévastatrices, d'années de retenue et de non-dits. Ce n'est pas incompatible avec une mère trop franche dans sa vie de tous les jours.

Vous rentrez au chaud pour subir le regard désapprobateur de votre deuxième maman, Ethan, mais tu as l'habitude: tu partages son dortoir depuis neuf ans. Ce n'est pas la première fois que tu rentres en sentant la clope. D'ailleurs ce n'est pas la pire odeur que tu as ramenée dans votre chambre! Donc tu t'assoies dans un coin pour enlever ta veste et tes chaussures, et quand tu as fini les deux canapés sont pris. On t'a volé ta place. Tu geins un peu, mais tu finis par adopter le matelas au sol, et te rouler dans le duvet qu'Ethan t'offre gentiment. Argus, burrito!mode: on.

Dormir??

Oui tu sais le truc que tu voulais faire y'a pas dix minutes? C'était avant de te transformer en petit tacos à la viande de canard sur le matelas d'Ethan. Est-ce que c'est la cigarette qui t'a redonné un second souffle? (l'ironie) ou ta discussion très intéressante avec Bertram? On dirait bien que tu as dépassé le stade de la fatigue, pour entrer dans cet état post-épuisement où ton cerveau part en live. Les questions existentielles tournent dans ta tête. Emelyn quitte la cuisine et vous souhaite une bonne nuit pour se coucher à son tour. Tu sors tes bras de ton burrito et te relèves sur un coude pour lui rendre la pareil, alors qu'elle se dirige vers les escaliers:

Bonne nuiiiiit!

Tu chantonnes presque. La question qui te taraudait en début de soirée revient te hanter. Tu te retournes d'un bloc vers Ethan et tu scrutes sa silhouette dans le noir.

Hey, psst. Ta maman est célibataire?

On espère qu'elle était trop loin pour entendre ça. Mais t'as pas fini. Tu te rallonges dans ton lit et tu croises les bras derrière la tête.

J'demande comme ça, hein. Simple curiosité, parce que... Ce serait étonnant, non? Elle est super gentille. Et super cool. Et super jolie. Et...

Tu t'arrêtes juste à temps pour ne pas briser en deux secondes d'ébriété une amitié qui aura mis des années à se former. Ethan n'a certainement pas besoin d'entendre ce que tu penses de sa maman. Tu te racles la gorge, essayes de noyer le poisson.

Et ta mère, Bertie? La mienne est pas célibataire. Enfin, pas en ce moment. Ça peut encore changer j'espère.

Pourquoi tu finis toujours par aborder les sujets qui te fâchent le plus au monde? T'es un peu débile.
ON AVAIT DIT PAS LES MAMANS!
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Sam 12 Jan - 17:45

I solemnly swear …. I’m going to get a hangover

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Je me suis jeté sur cette couette comme un affamé sur un morceau de pain, comme un noyé sur une bouée de sauvetage. J’ai froid, j’ai si froid, je grelotte. Je rassemble tous mes membres sous la couette pour créer un maximum de chaleur. Le T-shirt est assez fin, ça ne tient pas chaud d’avoir les bras à l’air. Tout ça  n’échappe pas à Maman Ethan qui vient me fournir une couche supplémentaire avec sa bonté spontanée et naturelle. Ca me gêne d’apprécier autant qu’il soit aux petits soins pour moi. Ca me pince ce coeur coupable que j’ai dans la poitrine.  Mais ça ne m’empêche pas d’être infiniment reconnaissant :

M-merci !  Mais ça ira, c’est juste la fatigue.



Je ne veux pas qu’il s’inquiète ou qu’il se sente obligé de faire des trucs spécialement pour moi. Vous n’avez jamais ça, les doigts froids, les dents qui claquent à cause de la fatigue ? Ca m’arrive souvent. Je me frotte doucement les mains sous les couvertures. Dans une heure j’aurai probablement trop chaud, mais en attendant...j’accepte pour mon propre bien. Je laisse mon regard vagabonder sur son visage, il a l’air lessivé ( ironique, après sa douche)

Gus propose qu’on dorme et je hoche vivement la tête. Excellente idée. Moi aussi je suis crevé, les paupières lourdes et les traits tirés. C’est l’heure de l’extinction des feux et de se dire à demain. Enfin. A plus tard.

Bonne nuit.



Ethan est toujours là, privé de couverture mais il ne doit pas aller loin pour se rendre sur l’autre canapé. Epuisé, je pose ma tête sur l’oreiller à l’opposé et le serre contre moi. Avec mes doigts je touche le tissu, caresser quelque chose de doux ça m’aide à me relaxer. Mais c’est difficile de fermer les yeux quand il est là à l’autre bout du canapé. Et aussi quand Gus se mêle de poser des questions.

Mais j’aime ça,moi, ces conversations dans le noir. L’obscurité nous offre un manteau doux sous lequel se cacher. La nuit est propice aux murmures et aux secrets mais aussi aux confidences entre amis. La nuit, c’est le moment où je peux déployer mes ailes et être moi-même. D’ailleurs Gus ne voit pas mon large sourire moqueur. Si je pouvais je tapoterai le matelas avec mon pied pour lui signaler à quel point il est en train de se trahir. Mais j’ai encore un peu froid, donc je garde mes pieds bien au chaud. Je dois souligner que l’esquive est belle, de me poser la question. J’inspire et je m’agite un peu pour trouver ma place dans l’espace qu’il reste sur ce canapé. C’est pas évident de dormir dans un canapé déjà, mais alors dans un canapé qu’on ne connaît pas.

Mmm….Officiellement, elle l’est. Maintenant officieusement j’espère que non. 19 ans d’abstinence c’est beaucoup trop long !



Ethan est toujours là, à squatter le bout du canapé. Mais je commence à me relaxer, mes jambes un peu douloureuses se déplient et mes pieds emmitouflés sous les couvertures généreusement fournies, je viens l’embêter un peu. L’approcher. L’attaquer un peu du bout des orteils. Dors pas, Ethan. Et pour dissimuler ce geste, une question un peu insidieuse pour faire du bruit dans la nuit et détourner l’attention :

Donc le copain de ta mère, c’est un connard ? Ca doit pas être facile.



Peut-être que c’est pour ça que ma mère ne m’avait jamais présenté personne. Peut-être qu’elle était adepte des histoires sans lendemain ou des relations transactionnelles.

Et qu’est-ce qui s’est passé avec ton père ?



Je ne connais pas son histoire après tout.

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Ethan Stoker
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Sam 12 Jan - 18:33


Tout le monde semble installé, plus ou moins. Tout le monde sauf moi, mais est-ce vraiment si surprenant que je m’oublie, surtout dans un état de fatigue comme celui-là ? Bertram a l’air bien au chaud sous ses deux couvertures, j’espère en tout cas, mais c’est bien ce qu’il me dit. La fatigue, c’est ça qui lui donne froid. Seems legit, je crois pas être en état de le contredire de toute manière. Argus, pour sa part, s’est laissé tomber sur mon matelas et a trouvé la voie de burrito. Nickel, je suis fier de lui.

« Dormez bien les garçons ! »

Je fais un signe de main à ma mère, bientôt imité par Gus qui a plus d’enthousiasme que moi. La lumière est fermée et nous voilà dans le noir. J’en profite pour m’appuyer contre, bah, l’appuie-bras, et poser ma tempe contre mon poing. Mes yeux se ferment aussi, jusqu’à ce que je sois interpellé par la voix curieuse de mon canard de l’espace. Est-ce que… quoi ?! J’ai bien entendu sa question là ? Je me redresse, soudainement moins fatigué.

« Bah ouais qu’elle est… fin je pense, mais d’où tu… ?? »

D’où tu me poses ces questions là toi ? Est-ce qu’elle est célibataire ? Je passe la majorité de l’année au même château que toi Gus, si elle a pas envie que je l’apprenne, je ne le saurai jamais. Dire que ça m’a jamais traversé la tête. Enfin, je suppose que c’est normal. C’est ma maman. C’est un symbole de vertu et de pureté et dans mon cœur de fils aimant je suis arrivé ici par la cigogne. Le premier qui essaie de me dire le contraire il va le regretter. Je fronce les sourcils alors que Gus essaie de se rattraper… pour mieux s’enfoncer encore plus. Enfin, ouais, ma mère elle est jolie tout ça tout ça, mais là lui il commence à me faire me poser des questions. Sans doute est-ce pour ça que je récupère le coussin à mes pieds, sur le matelas, pour le lui lancer dessus.

« Tiens, regarde comment il est super gentil et super cool ce coussin. »

Et tu parles plus de ma maman comme ça devant moi. Enfin, le ton n’avait pas été méchant au moins, mais je pense bien qu’il me connaissait assez pour déceler le petit énervement caché sous mon timbre amical. Le message semble être passé car le caneton change de maman pour plutôt s’adresser au corbeau. Bientôt on pourra se faire des fables et tout le toutim à force de se comparer à des animaux. Enfin, la réponse ne m’intéresse pas trop, mais j’écoute quand même, ne serait-ce que parce que j’aime entendre la voix de Bertram. Surtout qu’on est dans le calme là, que je n’ai pas à tendre l’oreille pour dissocier ses syllabes de la musique live. Et, pendant que je profite de ses intonations, lui aussi semble chercher ma présence, si j’en crois ses pieds qui viennent se heurter volontairement à ma cuisse. Je ne réfléchis pas et le guide pour qu’il puisse allonger ses jambes sur moi, pour le confort bien sûr. C’est dans cette même tendance à la bienveillance que je m’assure que la couverture le couvre toujours et que, d’une main distraite, je caresse ses pieds par-dessus la couette. Voilà, comme ça il devrait avoir plus chaud et, là tout de suite avec mes paupières lourdes, c’est ce qui compte.

Je ne suis de nouveau interpellé que lorsque je réalise que le bleu vient de questionner mon ami d’enfance sur son père. Et son beau-père un peu avant aussi remarque. Ouais, non, alerte. La conversation ne peut que tourner au vinaigre dès qu’on parle de père ici. Celui d’Argus l’a quitté dans des circonstances qu’il n’a sans doute pas du tout envie de partager. Puis il ne manquerait plus que Gus lui retourne la question, à Bertram dont le père est parti fonder une nouvelle famille en rejetant son fils. Et le mien ? N’en parlons même pas. Y’a aucune façon que cette conversation se termine bien, c’est juste pas possible. C’est pour ça que j’interviens, pour empêcher Gus de devoir répondre ou y penser trop longtemps.

« C’est quoi cette fixation sur les parents tout à coup ? Allez, forcément qu’il y a des trucs plus intéressants qui méritent d’être… discutés. Comme euh…. »

Ouais, moi je vais trouver un sujet de conversation cool. Bien sûr. Je suis tellement chiant qu’ils seraient sans doute par surpris si je leur demandais combien d’heures par semaine ils consacrent à l’étude et aux devoirs. Faut vraiment que je fasse quelque chose pour réparer mon image, même si j’aime me dire que mes beaux t-shirts de band sont déjà un pas dans la bonne direction. Ah ! Pourquoi pas ouais !

« Vous êtes déjà allez assister à des concerts vous autres ? T’sais Gus, de la…. Pfffh… musique live… »

Ouais, je me marre. J’avoue, je dois me retenir pour pas éclater de rire. J’aurais tellement aimé naître à une autre époque pour aller voir jouer Nirvana et Led Zep’ et tous ces autres groupes que j’adore. Je me demande si un retourneur de temps pourrait aller aussi loin.
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Argus I. Catwright
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Sam 12 Jan - 20:53

Burrito Gus is happy Gus. Tu te tortilles comme une chenille pour t'installer, et tu t'enfonces dans la chaleur de ton cocon duveteux. On est bien. Une bonne douche, une petite cigarette, et un bon dodo sur un matelas confortable. Il ne manque plus qu'une chose pour clore cette glorieuse soirée; discuter dans le noir jusqu'à tomber d'épuisement. C'est sans y penser que tu avais abordé le sujet des mamans. Enfin, d'Emelyn. Ta maman, on s'en fiche. Tu te prends le coussin d'Ethan avec un grognement.

Aïe. Mais j'rigole...

… pas du tout. Tu plaisantes tellement pas, que tu ne peux pas retenir une pointe de satisfaction en apprenant que la mère de ton meilleur ami est célibataire. Heureusement qu'il ne peut pas entrer dans ta tête maintenant. Heureusement. Tu ne le mérites pas, Gus. Tu serres le coussin dans tes bras (c'est mieux que rien), même si Ethan ne verra probablement pas que tu t'en sers pour cacher ton expression gênée. Il a beau avoir une meilleure vision que vous dans le noir, il ne peut pas encore voir à travers les objets!

Quand Bertram parle de sa maman, ça clashe un peu et tu lâches un léger ricanement. Ouais, 19 ans c'est long... mais vu la description qu'il t'en a fait tout à l'heure, tu ne sais pas qui on doit plaindre. Madame Godfrey, ou ses amants potentiels? Impossible à satisfaire tu pouffes de rire. T'es parti pour un fou-rire si on ne t'arrête pas dans les… deux secondes qui suivent. Ce que Bertram fait avec un sens du timing tout à fait remarquable: donc, le copain de ta mère, c'est un connard? Ça te calme, mais plus vite que la lumière.

Tu restes un moment comme ça avec le coussin sur ton visage et t'as presque envie de serrer pour t'étouffer dans ta honte. Il est très bien, le copain de ta mère. Enfin. C'est un gentil crétin, il a pas de boulot, il passe son temps à squatter chez toi pour s'occuper des fleurs. Et c'est un Moldu. Mais ça, c'est peut-être une qualité, parce que ta mère est sortie avec un sang-pur une fois et c'était vraiment une erreur de la nature, enfin bref on ne va pas entrer dans les détails de ses relations. Non, le copain actuel de maman n'est pas un connard. Il est gentil avec elle. Il s'inquiète toujours de savoir si elle va bien, même qu'il demande de tes nouvelles et une fois, il a essayé de communiquer avec toi. Ça ne s'est pas très bien passé. Mais c'est pas de sa faute. Il fait pas pleurer ta mère, lui. Le seul qui agisse comme un gros connard, dans l'histoire, c'est toi. Et tu ne sais pas quoi dire, quand Bertram t'enchaînes comme un boxeur sur le ring eeeeet c'est le K.O.! Heureusement qu'Ethan vole à ton secours, cet homme est ton sauveur et ton champion.

Ouais, c'est chiant en fait, on peut parler d'autre chose.

Tu fais toujours un câlin au coussin, mais tu tournes légèrement la tête pour adresser un remerciement discret à ton ami; tu sais qu'il te verra dans le noir, si jamais il regarde dans ta direction.

Aha aha heureusement que vous avez déjà fait cette blague trois fois ce soir…

Tu lâches un ricanement moqueur, mais tu sais pas s'il est pour tes amis ou pour toi.

Pour te répondre, oui, j'ai déjà vu des groupes en concert… je dois y retourner bientôt, d'ailleurs. T'as promis, pour l'anniversaire de Billy. C'est qu'il commence à avoir l'âge de faire des trucs intéressants, ce sale gosse. Mais y'a toujours trop de monde, je préfère les bars avec DE-LA-MU-SI-QUE-LIVE!!

Okay, tu devrais baisser le son pour ne pas réveiller madame Stevenson en haut, mais t'étais obligé. Tu restes silencieux un moment après ça, pour compenser. Tu réfléchis. Est-ce que c'est la première fois qu'Ethan sortait dans un bar? Il ne s'amuse vraiment jamais sur son temps libre? Tu as un peu de peine à imaginer… En même temps, l'école, c'est pas vraiment un contexte opportun pour tout ce qui n'a pas de lien avec les études, et ton ami fait deux licences…

Ça vous arrive de sortir comme ce soir? Genre… genre, Ethan… t'es déjà entré dans un bar? Tu t'es souvent fait draguer comme ce soir?

Tu viens de te rappeler ce truc que tu as raté et ça te perturbe. Et ça soulève aussi tout un tas de questions qui non seulement ne t'ont jamais traversées l'esprit, mais surtout, qui ne franchiraient jamais tes lèvres si tu étais sobre.

Attends, je dis pas que le contraire est honteux, parce que y'a pas de honte, mais je me demande… à quel point c'est perturbant, pour toi, comme t'es un semi-vampire et tout! Et quand tu dragues quelqu'un… Nan, attends. C'est pas la question que tu veux vraiment poser. Comment tu fais quand tu roules une pelle à quelqu'un? T'as pas peur que la personne se coupe? Dans le feu de l'action et tout!

Oui, voilà, c'est ça le genre de questions qui te perturbent vers 3h du matin. On ne sait plus si tu es trop ivre ou trop fatigué, mais t'es même pas en état de réaliser la gênance de la question, et pire: son absurdité. Le mieux, en fait, c'est quand tu t'embrouilles en parlant: tu te mets à parler avec tes mains pour être sûr qu'on comprend bien, bien où tu veux en venir. On a compris, Argus. On a compris. Tais-toi.
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Sam 12 Jan - 23:12

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La bouche malicieusement couvert par les couvertures, j’écoute attentivement le drama qui se déroule près de moi. Ethan se doute qu’il y a un truc louche. C’est évident quand on a plus de deux neurones et j’avoue que je ne sais pas quel genre de sentiments contradictoires ça éveillerait si on parlait de ma mère comme ça. De qui je me moque ? Je serai surpris ...et mort de rire. J’entends le bruit sourd du coussin qui s’écrase sur Gus et pouffe de rire. Ca se sent qu’Ethan a pas envie d’écouter son pote baver sur sa mère. Je comprends. On avait dit pas les mamans ! Moi j’aurai bien aimé parler des papas, surtout celui d’Argus. Au final, Ethan intervient, soutenu par Argus : il ne vaut mieux ne pas en discuter. Je respecte leur choix. Il y a des sujets qui fâchent et c’est peut-être pas le meilleur moment pour en parler. Il est préférable de remettre ça à plus tard, et éventuellement d’en discuter avec son meilleur ami en tête-à-tête. J’ai pas l’énergie pour insister sur le sujet de toute façon et je suis en présence de poufsouffle : la connaissance est secondaire.

Avec une adresse toute relative, le semi-vampire détourne la conversation vers la musique live évidemment. Pourquoi pas. Je partage brièvement mon opinion sur le sujet. Les concerts c’est beaucoup de gens, de transpiration et oui, d’énergie. J’ai lu quelque part que c’est une forme d’hystérie collective, on entre en résonance. Mais je ne suis pas sûr que j’aimerai ça. Je privilégie la qualité de la musique à l’énergie qu’elle déploie - pour moi c’est plus une activité personnelle que collective.

Les concerts, c’est pas trop mon truc. Je préfère rester chez moi pour écouter de la musique. T’as raison Gus, les bars c’est plus sympas. ...Et puis on commence à se faire vieux, aussi.



Je me replace un peu dans le canapé pour vraiment m’allonger de tout ma petite longueur.

Tu crois qu’il y a moyen d’avoir de la musique live en maison de retraite ?



J’éclate d’un léger rire. Je commence à être vraiment bien là. Je me réchauffe en douceur, mes mains deviennent tièdes. Sans un mot, il a guidé mes jambes sur les siennes. Je peux sentir la chaleur de son corps. Il me passe ses mains au dessus des couvertures machinalement, comme on caresse un chat. Ca reste néanmoins très agréable...Il aurait pu simplement me repousser mais non, son geste avait été d’accepter de prendre soin, comme toujours. Il l’avait fait si naturellement, comme s’il était habitué à me manipuler, me toucher, sans arrière pensée.  Moi, je ne bouge pas pour l’instant, égoïstement je me complais dans cette douce simplicité qu’il m’offre généreusement. Je n’oserai pas demander plus, j’accepterai bien moins.

Pendant un moment mes pensées se dirigent vers Ethan. Ca, c’est un véritable reflet de sa personnalité. Le fait qu’il avait préféré se mordre plutôt que moi, c’était un de ses traits de caractère qui le transcendait même au plus profond de sa nature. Et quelque part, je voulais peut-être lui montrer que je lui faisais toujours confiance. Même si j’avais été trop arrogant en pensant être capable de le gérer dans le pire des cas. Je m’en veux.

Et c’est à Gus de sortir la mitraillette, le tank et le bazooka. Je peux sentir Ethan se crisper, sous mes jambes, super mal à l’aise.

Pour ça, il faudrait qu’il le remarque.



Je me souviens des deux filles qui s’étaient approchées de lui pendant qu’on papotait avec Gus. Elles avaient fixé le jeune homme avec envie, et puis déception. Et la deuxième question, normalement bien innocente, fait sonner toutes les alarmes et remonter mon taux d’adrénaline en une seconde et demi. Mes jambes se relèvent doucement pour se plier sagement à côté de leur bienfaiteur. Ca suffit, on arrête de jouer. Je me recroqueville, position défensive et là c’est moi qui suis mal et qui tremble un peu, de fatigue et de nervosité.

Et désolé,Gus, pour mon ton un petit peu moqueur et condescendant :

Pfffff, évidemment que c’est possible de le faire sans se couper c’est sûr. Mais comment t’embrasses au juste Gus ??


Je pouffe de rire. Ben ouais, t’en dis des conneries.

Il faut un peu d’adresse quand même. Un peu de retenue.Est-ce que tu tournes ta langue dans la bouche de ton partenaire comme une machine à laver ? Ca m’étonne pas que tu sois célibataire.



Ouais Gus, et toc. Voilà qui devrait rediriger la conversation ailleurs. Mais juste pour être sûr, je m'éclaircis la gorge avant de demander

Tiens, au fait t’as déjà eu quelqu’un toi ?



Ca devrait suffire là. Mais j’y pense évidemment. Ca me rappelle ce baiser. Sa main sur mon visage, ses lèvres sur les miennes, son goût comme de la soie sur ma langue. Et le froid. Et la neige. Et mes mains qui le serrent à s’en blanchir les jointures. Un baiser d’adieu. Est-ce que c’est possible d’aimer deux personnes en même temps ? Deux personnes complètement différentes ? Ils n’embrassent même pas pareil, putain. J’espère que je suis pas son premier baiser. J’espère vraiment. Et pourtant c’était pas sale, c’était pas un baiser maladroit et dégoulinant de luxure de mecs bourrés qui savent pas maîtriser leurs hormones en soirée. C’était un baiser qui ne demandait rien et qui donnait tout. Comme Ethan. Un cadeau, pas une obligation. Ce n’était pas juste un baiser.

Et il faut vraiment que j’arrête d’y penser. J’ai le coeur qui saigne et les lèvres sensibles parce qu’elle se remémorent les sensations. Je les retrousse honteusement, comme si je craignais que ça se remarque.

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Ethan Stoker
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Dim 13 Jan - 0:51


Bien évidemment, Argus est d’accord avec moi. Parler des parents c’est pas trop une bonne idée. Dans la pénombre, j’aperçois le signe de Gus et le lui retourne sobrement, oubliant momentanément qu’il n’est sans doute pas aussi aisé pour lui que pour moi de remarquer ces trucs. Il me reproche de réutiliser la même blague pour la troisième fois de la soirée et je me sens cringe un tout petit peu, même si j’ai encore mon sourire. C’est vrai que c’était mauvais là, il ne faut pas abuser des bonnes choses, mais c’était le seul truc que j’avais trouvé et j’étais vraiment curieux en vrai. Le jaune m’informe être déjà allé voir des groupes et ça m’intéresse. Il soulève cependant un point assez important : il y a beaucoup de monde dans les concerts. Je fais la moue, déçu. J’aurai sans doute du mal à aller à un vrai concert sans mettre des gens en danger et ça, c’est même pas envisageable dans ma tête. Même Bertram est d’accord avec lui, ce qui me fait abandonner l’idée de leur proposer d’y aller avec moi. Parce que s’ils ont réussi à me surveiller ce soir, pourquoi pas pour un concert ? Mais s’ils n’ont pas envie d’aller en voir un ça commence mal. Tant pis. Vaut mieux simplement suivre la conversation et répondre au bleu.

« Y’a bien des enfants de chœur pour venir chanter des trucs à Noël, mais je pense pas que ce soit dans nos répertoires. »

Pas dans le mien en tout cas. Quoi que ce serait hilarant d’imaginer une chorale de gamins chanter du Muse à une foule de petits vieux qui mâchent leur dentier. L’image est si drôle que j’en oublie un fait évident : je ne connaîtrai jamais ça. Je n’irai jamais en maison de retraite. Mais ça, c’est tellement loin de tout ce à quoi je pense dans l’instant présent. Je préfère me concentrer sur ce qui est plus immédiat, comme les jambes de Bertram par exemple. Ça me fait plaisir de pouvoir partager un petit truc comme ça, tout en simplicité, avec lui. Un moment d’affection sous une forme toute pure, sans arrières pensées. Je veux juste qu’il soit bien, qu’il soit confortable, qu’il soit heureux. C’est tout. Mais la question de Gus me rappelle que nous ne sommes pas tout seul et qu’il y a une conversation qui se déroule aussi à côté.

« C’était mes premiers bars. Et je me fais pas draguer par les gens moi. »

Mais le bleu n’est pas d’accord avec moi, visiblement, ajoutant que je devrais déjà remarquer que je me fais draguer. Je me tourne vers lui dans le noir, le regard interrogateur. Mais ? On m’a déjà… ? Est-ce que j’ai manqué quelque chose ? Est-ce qu’il m’a déjà envoyé des signaux que j’ai pas vus ? J’avoue être un peu plus tendu, parce que je me pose des tas de questions. Bien sûr, mon esprit ne se tourne pas du tout vers les filles de plus tôt parce que, pour ça, il aurait fallu que je le remarque justement. Et là, la question qui tue. La question qui change l’ambiance et qui fait fuir Bertram. Qui le fait se refermer aussi vite telle une huitre. Comment tu fais pour rouler une pelle à quelqu’un ? Mon cœur se serre. Il s’est éloigné. Il a honte. Sans doute qu’il regrette. Normal, en même temps. Bien sûr qu’il regrette.

Bertram répond néanmoins à ma place, parce que c’est convenu entre nous. Bien sûr nous n’en avons jamais discuté, ce n’est pas un truc qu’on fait consciemment ou, en tout cas, je ne le pense pas. Mais c’est toujours comme ça. Quand il y a une question qui me met mal à l’aise, il répond à ma place. Presque comme s’il se jetait entre moi et un taureau invisible pour attirer son attention, pirouetter et me protéger des trucs dont j’ai pas envie de parler. Je me demande à quel point il s’en rend compte, à quel point il le fait vraiment pour moi. Peut-être que, cette fois, il le fait seulement pour lui-même. Ça se sent qu’il panique. Il en fait toujours trop quand il panique. À commencer par avancer que, bien sûr, ça se fait sans se couper. Et il parle d’expérience, me dis-je alors que j’humidifie mes lèvres. Réflexe. Puis le retournement, le changement de sujet alors qu’il s’assure de rester loin de moi, de garder ses jambes contre lui.

Je ne sais pas pourquoi je suis surpris. Je ne sais même pas pourquoi j’en suis déçu. À quoi est-ce que je m’attendais ? J’ai été con. Il a déjà quelqu’un. Et même si c’était pas le cas je suis un semi-vampire. Forcément. Même s’il n’y avait eu personne d’autre dans sa vie sans doute qu’il aurait répondu exactement de la même façon. Malgré ce qu’il m’avait dit, lorsque nous n’étions plus que tous les deux, c’est la honte qui préconisait. Je ne me sens pas bien. Sans doute est-ce pour cela que je quitte le canapé pour aller m’asseoir sagement sur l’autre, sans ramener ma couette avec moi. Ça me fait mal, mais j’ai l’impression de pas avoir le choix. C’est le mieux à faire, parce qu’il veut pas de moi tant que ça et que j’ai pas envie de forcer, j’ai pas envie qu’il se sente mal. Ou, simplement, ça m’a vraiment fait mal. J’arrive pas à le reconnaître, mais peut-être que j’ai bougé pour moi.

« J’ai jamais blessé personne jusqu’à présent en tout cas. »

Que j’ajoute, non sans un léger cassement dans la voix. Ça me trahit. C’est pour ça que d’habitude c’est lui qui répond à ma place. Mais là j’avais envie de le faire. Tu veux reprendre tes pieds ? D’accord. Je vais reprendre ma capacité à répondre tout seul comme un grand à la question de Gus, même si ça me fait vraiment plaisir quand tu pirouettes à ma place.

« Je crois que j’ai abusé sur le karaoké. »

Pour expliquer la voix. Je suis pas triste. J’ai pas un nœud au fond de la gorge. Ya pas toute ma poitrine qui se contracte et qui me donne l’impression d’étouffer. Tout va bien. Rien de tout ça n’est en train de se passer. Aller Ethan, ça va aller. Tu as déjà une porte de sortie, utilise-la.

« Mais ouais, Gus, et toi alors ? T’as jamais voulu me parler de ton ex. À quand les détails ? Le peuple a le droit de savoir ! »

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Argus I. Catwright
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus Dim 13 Jan - 14:41

C'est vrai qu'on se sent un peu vieux après une soirée pareille, et ce sera pire au réveil avec les courbatures, mais au point de penser à la maison de retraite? Tu lâches un rire soufflé. Sérieusement, qui pensait à la vieillesse à 19 ans? Bertram. Et Ethan. Beaucoup trop sérieux, ces deux-là. Et ça vient d'un mec qui ne pense qu'à ses études. Bravo la jeunesse!

Peut-être que les enfants de chœur auront changé de répertoire d'ici là.

Si vos chansons de jeunesse deviennent des vieux tubes de rock ils devront s'adapter! On rentre ensuite dans les vraies questions intéressantes et tu lèves les yeux au ciel quand Ethan affirmes qu'il ne se fait pas draguer, lui. Ceeeertes. On sait déjà ce que tu penses de sa modestie et Bertram confirme: il ne se rend compte de rien. Tu es content qu'il le dise à haute voix, cette fois, peut-être que votre ami finira par comprendre... un jour. Chacun son rythme, tu juges pas. Enfin, pas sur ça. Le ridicule de ta question te revient en pleine figure quand le Serdaigle se moque de toi. Okay, peut-être que t'as pas réfléchi avant de parler. Et peut-être que dans ta tête, c'était plus clair. Tu trouves que c'est compliqué de faire des trucs avec sa bouche quand on risque de bouffer la personne en face, c'est tout. Peut-être que ton exemple était mal choisi. Et tu ne vas pas pousser la réflexion plus loin, il y a des âmes pures et sensibles dans ce salon (Ethan). Donc, la critique sur ta façon d'embrasser, tu prends, c'est mérité. Par contre la suite tu l'entends très bien, et tu serres aussi très bien les dents pour renvoyer poliment:

Je t'emmerde, Bertram. On m'a jamais dit que j'embrassais comme une machine à laver...

Tu marmonnes, la tête dans le coussin (ton seul ami ce soir). T'es peut-être un tout petit peu vexé. Tu écoutes quand même la réponse d'Ethan, puisque c'est à lui que tu t'adressais à la base et non pas à Bertram, merci pour l'insulte gratuite mais sa voix te semble un peu faiblarde. Tu te demandes s'il se rend compte de ce qu'il vient de dire. Mais tu ne lui lances pas le regard des bros qui veut dire toi et moi il faudra qu'on parle quand on sera sobres, parce que tu as un peu de respect pour sa vie privée. T'es juste trop curieux, et de toute façon ça se retourne toujours contre toi. Tu sais capter une alerte terrain glissant quand tu en entends une. Et l'excuse du karaoké te fait juste dire:

Ouais, sûrement.

Avec toute la conviction que tu peux donner à ta voix. Tu lui dois au moins ça, après qu'il ait détourné l'attention pour toi quand ça parlait des sujets qui te fâchent. En parlant de sujets qui fâchent...

Les mecs, je pensais pas qu'on était déjà intimes au point de raconter nos exs...

Tu essayes de fusionner avec le coussin, mais c'est un échec, tout comme le sarcasme, alors tu es bien forcé d'accepter le sujet de conversation. C'est l'heure de ta thérapie? Fine. Tu croises les bras en soupirant. Après tout, tu l'as cherché, avec tes questions gênantes. Et tu sens qu'Ethan, que tu qualifierais de traître si vous étiez plus sobres et si tu ne sentais pas son malaise, a bien envie de changer de sujet lui aussi. Alors tu parles. Même si tu ne sais pas quoi dire. Quel sens du sacrifice.

Quel genre de détails, au juste? Y'a pas grand-chose à dire.

Les fêtes de fin d'année, c'est prouvé, mettent les célibataires en position latérale de sécurité. Mais pas toi, non, toi t'as décidé de faire partie des gens qui s'en battent royalement les steaks d'être seul pour Noël, et Nouvel An, d'abord si t'étais en couple t'aurais peut-être pas eu le plaisir de passer cette soirée épique avec tes deux amis, alors hein... De toute façon, être en couple, c'est une construction sociale, comme la monogamie, et l'hétérosexualité, pour faciliter la reproduction et la survie de l'espèce! Et la survie de l'espèce, tu lui dis merde! Alors, hein! Pff! T'as déjà oublié le coup de fil que tu as failli passer tout à l'heure, évidemment.

C'était bien le temps que ça a duré. Même très bien, parfois. Déprime pas. Déprime pas. Mais ouais euh, toutes les bonnes choses ont une fin, gna gna gna. On a pris des chemins différents et on s'est séparés en bons termes... comme des adultes responsables... Bon, d'accord, c'est faux. Je me suis fait larguer. Mais c'est pas grave. On fait tous des choix.

Si tu es encore célibataire à 40 ans, tu sauras que c'est parce que tu as fait passer tes études avant tout le reste. Mais no regrets. Tu peux le dire, maintenant que de l'eau a coulé sous les ponts. Tu fais tourner le coussin entre tes mains, à la recherche d'une bonne conclusion. C'est vraiment trop étrange d'être la seule personne dans cette pièce à pouvoir aborder ce sujet. Quels conseils tu pourrais donner aux deux noobs, là? Vite, sors ta carte Vérité Générale!

La morale de l'histoire, c'est qu'il faut profiter de ce qu'on a quand on l'a. Et, euh... ne jamais prendre les gens pour acquis. Vous voulez pas changer de sujet? Je suis pas sûr de pouvoir maintenir la conversation à moi tout seul.

Ceci était ou n'était peut-être pas une pique destinée à leur faire comprendre que tu n'as pas envie d'aller plus loin.

À moins que vous ayez aussi des confessions à faire, on peut dormir?

C'est pas la meilleure façon de clore une soirée, mais si personne n'a envie d'aborder les sujets qui fâchent, autant laisser le silence se répondre.
ON AVAIT DIT PAS LES MAMANS!
New Year's Eve 2028
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Re: I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus

I solemnly swear that I will get drunk this new year's eve ► Bertram & Argus
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