Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé]

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Esteban Bayne
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Esteban Bayne
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Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Mar 1 Jan - 19:01

Jeu, Set et Match- Don’t you think that it’s boring how people talk? -

Esteban

Slàine

Il plisse les yeux en levant le nez vers un ciel gris. Le polo épais est suffisant pour ne pas mourir de froid et il sait déjà que la course va bien rapidement le réchauffer. Raquette en main et balle ronde épousant la paume, Esteban roule les épaules dans un mouvement pernicieux. Trop souvent, les cours se font dans des salles où les murs sont de pierres froides et les bancs en bois vieilli. Poudlard est gigantesque, même avec toute la magie du monde, la chaleur se concentre surtout dans les salles communes, les chambres et la grande salle, laissant les courants d’air infiltrer les autres emplacements. Il les voit, ceux qui d’un tour de baguette emprisonne des petites flammes chauffantes dans des bocaux, il sourit même un peu - des yeux seulement – à la joliesse des flammes contre les parois transparentes. Son père lui avait fabriqué de quoi tenir pareil entre ses doigts un long moment, même sans magie. Il a découvert que les moldus avaient leur propre méthodes depuis et il a des sachets glissés nonchalamment dans son sac de sport, de ceux qu’on trouve en pharmacie dans des paquets rouges aux lettres jaunes. Il comprend que certains préfèrent tout de même les bocaux et le feu s’y nichant dans une danse virevoltante: comment peut-on penser à des chaufferettes quand tant d’étincelles viennent distraire le regard et les doigts ? Pourtant, il trouve l'autre méthode tout aussi joli là-aussi. Il aime la sensation des sachets terreux contre la peau quand le froid se fait trop insidieux, la chaleur concentrée sur un point précis et qui finit par irradier via les terminaisons nerveuses.

A priori, il n’y aura pas grand monde sur le terrain de tennis, pas en cette période de l’année en tout cas. A chaque pas, la raquette bat l’épaule un peu plus et Esteban se fait la réflexion que même si le ciel est bas et gris, il ne pleuvra pas. « Temps du Nord » murmure-t-il pour lui-même, les lèvres scellés sous le vrombissement chatoyant des syllabes retenues. Il rêve parfois du scintillement des mers chaudes des îles sud-américaines, les papiers d’un transfert pour quelques précieux mois à Castelobruxo entre les mains, puis il fini par ranger les uns et les autres dans son tiroir en repoussant l’idée pour encore quelques temps. Plus tard peut-être. Il a encore tant à apprendre ici après tout et l’idée de rester loin des siens lui déplaît plus qu’il n’aimerait l’admettre.

Il ramène ses cheveux en arrière grâce à l’arrondi de la raquette, le résultat n’est pas concluant mais il n’en a cure. Il a juste envie de taper dans des balles de toute manière et laisser les appréhensions s’effacer sous la brûlure physique. C’est curieux la satisfaction qu’il y a à cogner dans quelque chose, la modération nécessaire pour ne pas se laisser emporter par la précipitation du mouvement et la passion infantile que l’on ressent à sentir la force se fondre au bout de ses doigts. Le poignet se fait plus souple avant de jeter le sac sur une des chaises adjacentes. Il y a quelques élèves sur le terrain qui sautille sous le ciel glacé. Il a un signe de tête distrait, son expression qu’il pense neutre et qui s’avère en réalité propre à dissuader la plus charitable des âmes permet une relative quiétude. Il fait quelques pas pour prendre possession du petit terrain et fronce les sourcils en voyant une élève Poufsouffle courir pour rattraper une balle. Elle est plus gracieuse en mouvement que ce que son corps ne laisse à présager et il dévie son regard pour mieux scanner les quelques âmes présentes. En vérité deux s’apprêtent déjà à partir visiblement. Le nez se fronce et l’attention revient vers la fille aux cheveux auburns qu'il a déjà croiser de visu. « Hey, le panda roux ! » Il claque des doigts, la mine maussade et l’œil bougon. « Va te mettre là-bas si tu veux bien. T’as l’air patacitrouille à courir après tes propres balles. » Typique des sorciers, vraiment.

Se serait-il souvenu qu'elle était joueuse de quidditch, peut-être n'aurait-il pas offert si aimablement -oui- de jouer ensemble. Encore aurait-il fallu qu'il apprécie le quidditch tout court pour ça.

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Slàine O’Toole
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Mer 2 Jan - 14:13

Jeu, Set et Match
Slàine triture pensivement le manche de sa raquette en considérant le court de tennis sur lequel s’entraînent de rares Moldus. La journée est terminée et les activités de club sont censées commencer bientôt, mais elle soupçonne certains de ses camarades d’attendre les beaux jours avant de consentir à se casser la figure sur le terrain caoutchouteux. Actuellement, tout radieux que l’hiver puisse être parfois, le ciel est aussi engageant qu’une soupe à la grimace. Qu’à cela ne tienne ! Elle est là, malgré tout, disposée à découvrir plus avant cet étrange sport Moldu depuis qu’elle n’a plus la chance de pratiquer le Baseball à Mahoutokoro. Elle met les regards torves des rares joueurs présents sur le compte de l’air un peu trop froid et mordant – elle-même a les yeux qui pleurent un peu, après tout ! –, et leur promptitude à lui tourner le dos lorsqu’elle s’approche sur le besoin de prendre un goûter avant de poursuivre l’entraînement. Elle comprend. Sans chercher à les retenir, elle les regarde s’éloigner avec un petit sourire contrit et ne tarde pas à s’avancer sur le court. Elle peut bien frapper quelques balles en les attendant, non ? Puisqu’ils vont revenir, n’est-ce pas ? Elle coince sa raquette entre ses jambes, le temps de resserrer sa queue de cheval dans un geste empreint de détermination, puis trottine vers l’extrémité du filet pour un échauffement solitaire.

S’envoyer la balle de chaque côté n’est pas si évident quand on a plutôt l’habitude de frapper contre un Cognard lancé à pleine vitesse : lorsqu’elle ne se heurte pas stupidement au poteau, elle a tendance à ne pas assez amortir ses coups, se contraignant à poursuivre la balle avec la grâce d’un pachyderme plus qu’à ne la renvoyer. Elle ne remarque le nouvel arrivant qu’au moment où il l’interpelle, mais ne se tourne vers lui qu’au terme de longues secondes : le temps de rattraper sa balle, de la laisser tomber une nouvelle fois, de la rattraper encore, de chercher la présence d’un véritable panda roux sur le court, de tourner la tête dans tous les sens pour s’assurer que c’est bien à elle que l’on s’adresse, enfin de s’approcher en se pointant du doigt afin de ne pas imposer à son camarade l’inconfort d’avoir à hurler pour se faire entendre. « M-moi ? » Elle cille à plusieurs reprises, essaie de froncer les sourcils pour se donner un air dissuasif à la hauteur de sa carrure, mais n’y parvient pas vraiment. En vérité, elle croit d’abord qu’il lui demande simplement de se décaler pour jouer tranquille, et la surprise ne tarde pas à lui arrondir les yeux lorsqu’elle comprend enfin qu’il souhaite au contraire jouer un petit match avec elle. « Oh ! » L’étonnement laisse bientôt place à une reconnaissance un peu niaise. « C’est si gentil de m’inviter à jouer avec toi ! » Elle le reconnaît, d’ailleurs ! Il n’est pas sorcier, cela se voit à son uniforme, mais ils partagent les cours du Tronc Commun. Il lui faut cependant un peu de temps pour le remettre tout à fait. C’est-à-dire qu’elle ne lui a jamais vraiment adressé la parole, parce que son visage est un peu comme le ciel à cet instant : aussi accueillant qu’un fond de chaudron ayant tout juste servi à préparer une potion d’Enflure. C’est un peu intimidant. « Tu… Bayne, c’est ça ? On a certains cours en commun ! Tu… Tu aimes les Patacitrouilles ? » Sa propre conscience s’envole un instant vers des sphères plus praticables pour ne pas avoir à endurer avec elle la gêne de ce moment. Slàine déglutit péniblement et tend la balle à son camarade. « Je te laisse servir ! Je vais… me placer de l’autre côté du filet – et elle s’éloigne à reculons, ce faisant. C’est vraiment gentil, répète-t-elle, je veux dire, de bien vouloir t’entraîner avec moi. Généralement, les gens ne veulent pas – Haha, pardon, le poteau… ! » Cependant elle omet soigneusement de préciser, tout en se frottant là où elle vient de se cogner, que les gens n’aiment peut-être pas se prendre des balles en pleine figure et faire les frais de ses difficultés à s’adapter aux sports de raquettes – à juste titre, non ?

« Merci ! » finit-elle par dire dans un sourire bêtement enchanté. Elle est enfin en position, prête à réceptionner le service de son camarade. Pour autant, elle ne demeure pas silencieuse. « Tu joues au Tennis depuis longtemps ? Je me suis inscrite au club il y a quelques jours ! C’est un peu tard, mais on a bien voulu m’accepter. Tu y es aussi ? » Elle dodeline rêveusement de la tête. « Tu plaisantais sans doute tout à l'heure mais ce serait plus facile d’être un panda roux, en ce moment ! Tu en as déjà vu ? Tu n’as pas trop froid ? » Elle sautille avec enthousiasme sur ses genoux fléchis, toute à son euphorie d’avoir trouvé un partenaire de jeu, et à mille lieues de soupçonner qu’elle est en train de lui casser les oreilles – et peut-être bientôt le nez.
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Esteban Bayne
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Mer 2 Jan - 19:22

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Le né-moldu a l’habitude de faire attention. Poudlard est loin d’être un territoire ennemi mais il n’a jamais été naïf et les sorciers sont ce qu’ils sont, peu sur d’eux, le complexe de supériorité bravache jusque dans le vocabulaire usité et parfois enclin à vouloir rappeler qui avait pignon sur rue au sein du château. « M-moi ? » Il la laisse virevolter sur elle-même et réprime un mouvement des yeux vers le ciel. Ils ne vont pas y passer trente ans non plus, si ? « Oh ! » Oh, en effet. La bouche ronde bégaye et il cille en fronçant un peu plus les sourcils. Trop d’innocence dans les yeux pour que ça ne rentre pas en conflit avec la ligne des muscles qu’il n’a même pas besoin de deviner sous le sweatshirt féminin. Un court instant empreint de perplexité profonde zèbre son visage quand elle tache de l’imiter, le minable effort d'apparaître revêche se soldant dans un nouvel accès de gaucherie adorable. C’est comme voir un gigantesque marshmallow tenter de se faire passer pour un piment dans une assiette, ça n’a aucun sens. « C’est si gentil de m’inviter à jouer avec toi ! » Esteban a un mouvement de la main, lui demandant tacitement d’arrêter ce manège. Gentil maintenant. Il mentirait s’il n’affirmait pas que ça lui fait plaisir de s’entendre qualifier ainsi. Il ne l’est pas pourtant, il le sait très bien mais elle a de grands yeux chocolat qui lui dévore la tête et un air niais absolument insoutenable. « Ça va, ça va. Go de l’autre côté sinon à Pâques on y est encore. » L’air bougon se raffermit quand il acquiesce au nom de famille. Il reste écossais, malgré sa peau hâlé et ses cheveux noir corbeau, malgré ce prénom chantant aussi. Le reste de la famille est d’un blond cendré qui n’a jamais laissé beaucoup de places aux hésitations. « Qu’est-ce que… c’est quoi le rapport ? » Entre son nom et les patacitrouilles.
Il inspire, se rend compte qu’il est fasciné par l’attitude de la jeune femme qui s’éloigne de lui et qui se percute contre le poteau avant de s’excuser de sa maladresse. Elle a du rose dans la voix, une texture coton dans les mots qui lui irrite d’ores et déjà le cortex. « Les sorciers ne jouent pas souvent au tennis enfin… disons qu’on ne joue pas souvent ensemble parce que vous trichez sans arrêt. » Fait-il le ton d’une neutralité absolue. Ce n’est pas bien diplomate comme remarque mais elle se frotte le genou et babille déjà comme si elle ne l’avait pas entendu. Il s’aperçoit rapidement qu’elle ne l’a en effet pas écouté. Le pommeau de la raquette tourne une fois puis deux sur sa paume et il se tape la semelle caoutchouteuse dans un geste agacé quand elle l’affuble d’un sourire niaiseux et enchanteur.

Elle fonctionne sur pile peut-être ?

La balle rebondit au sol et elle se répète. Il a bien envie de décamper maintenant. La tension se fige puis s’efface au même rythme que la balle qui vient percuter sa main dans une rythmique pénétrante. « Tu plaisantais sans doute tout à l'heure mais ce serait plus facile d’être un panda roux, en ce moment ! Tu en as déjà vu ? Tu n’as pas trop froid ? » Il conclu intérieurement qu’elle marche définitivement avec des piles, qu’elle ne s’arrête de causer qu’à des occasions particulières comme bouche pleine, frimousse sous l’eau ou coma éternel. La balle s’arrête et il se redresse. « Tu poses toujours autant de questions ? » Il arque un sourcil, reste quelques secondes silencieux l’air terriblement désabusé déjà, puis semble réfléchir les yeux levés vers le ciel avant de revenir sur l’éclat auburn qui roule de l’autre côté du court. Elle sautille, évidemment. Il cherche ses mots Esteban, comme on commence à le lui enseigner dans certaines matières, cherche la meilleure façon de lui demander d’arrêter de casser les miquettes. Il est là pour jouer avant tout. Elle n’a pas besoin de sourire ni de le remercier et encore moins de se montrer si enthousiaste. De nouveau, il soupire, se passe une main dans les cheveux.  « Oui. » Fait-il enfin une première fois avant d'enchaîner dans une danse saccadée, la voix grave bardée d’un accent du nord. « C’est ça. Beaucoup. Un bout. Sinon j’serais pas là. J’en ai un devant les yeux en ce moment même qui a visiblement chopé la volubis bavardite aigüe et non, je suis un Serdaigle il parait. On vit tout là-haut, le froid c’est limite obligatoire. »

La balle s’élance en l’air, la collusion rapide et efficace. Esteban saute pour taper, le courant d’air grisant sous le polo épais et la libération salvatrice vibrante sur les chevilles qui se détendent. Ça fait tellement du bien qu’il en oublie presque que la pipelette devant lui doit et peut lui renvoyer la balle dessus. Il fait mine de se taire ensuite, lèvres scellées, comme un message tacite qu’il estime qu’elle peut comprendre aisément. Du reste, son attention accompagne la balle qu’il voit filer vers la jeune femme. « Parle moins, tape plus » marmonne-t-il pour lui-même.

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Slàine O’Toole
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Jeu 3 Jan - 16:03

Jeu, Set et Match
De toute évidence, l’impatience pourtant visible de son camarade lui passe dessus comme de l’encre sur les plumes d’un Augurey. Il a bien cet air renfrogné qui, sur le plan de la dissuasion, s’apparente aux aiguilles d’un cactus, mais il est encore auréolé, à ses yeux, de la lumière où l’a jeté son premier accès de générosité. Elle ne commence à redescendre sur terre qu’au moment où son visage s’allonge de trois kilomètres – au moins – et où il l’interroge sur sa propension à poser des questions – beaucoup de questions. Slàine s’écrie aussitôt : « Tu parles comme ma Maman ! » Ce n’est sans doute pas la meilleure chose à dire à un camarade, à plus forte raison quand il est de genre masculin, mais elle continue de s’élancer sur la pente des maladresses et des babillages aussi insouciamment qu’un éléphanteau découvrant l’étendue de la savane pour la première fois. « Mon Papa, lui, dit qu’il vaut mieux parler trop et ne pas savoir quand se taire plutôt que se taire tout le temps et ne pas savoir quand parler – il dit que ça, c’est la vraie misère, mais je ne suis pas encore sûre d’avoir compris ce qu’il voulait dire par là. Peut-être qu’en parlant beaucoup on a quand même plus de chances de dire quelque chose d’important… ? » Elle se redresse le temps de se frotter songeusement l’arrière du crâne du plat de sa raquette. « L’idéal ce serait de trouver un juste milieu, mais ce n’est pas très drôle. Est-ce que parler juste quand il faut ne nous ferait pas ressembler à des pendules à coucou, finalement ? » Elle a un petit frisson d’appréhension et de vertige face à l’abîme philosophique – si. – qu’elle vient d’ouvrir et se remet en position comme si de rien n’était.

Contre toute attente, l’Aiglon se met à parler, lui aussi. Beaucoup. Et d’une manière étrangement méthodique. Avec un accent plutôt familier au sujet duquel elle n’a pas le loisir de s’interroger. Oui quoi ? Beaucoup quoi ? Un bout quoi ? Slàine s’est fait avoir à son propre jeu, elle a perdu le fil, mais ne l’avoue pas – du moins pas verbalement : l’air un peu plus crétin qu’elle arbore l’espace d’une seconde ne doit tromper personne. Ne vient-il pas de sous-entendre qu’elle était un panda roux trop bavard ? À en juger par le gloussement qu’elle laisse échapper, elle ne retient que la comparaison à un animal outrageusement mignon et en tire naïvement le plus joli des compliments. « Haha, c’est gentil, ça aussi ! » Elle a un deuxième frisson en songeant à la situation de la salle commune des Serdaigles : à l’opposé de celle des Poufsouffles qui jouit d’une proximité indispensable avec les cuisines. « J’espère que tes copains de dortoir te préparent des flammes bleues en bocal ! Autrement, je peux t’en faire, mais il faudra venir les chercher : je ne monte aussi haut que pour les cours d’Astronomie et de Divination. » Elle est sur le point d’ajouter « Sinon, c’est que je suis sur mon balai. » mais s’abstient in extremis : il lui semble qu’évoquer de près ou de loin sa passion pour le Vol, et par extension pour le Quidditch, n’arrangerait absolument rien à ses affaires.

Il sert enfin et elle cherche à l’observer avec tant d’application qu’elle manque de rater sa propre réception. La balle est maladroitement renvoyée, mais elle a fourni tous les efforts du monde pour ne pas y voir un Cognard vibrant de hargne et ne pas trop brasser l’air à grand renforts de moulinets de bras et de « RAH ! » débordants de détermination. Du reste, sa concentration ne la laisse silencieuse qu’un instant.

« Tu n’aimes pas beaucoup parler, toi, hein ? » demande-t-elle en renvoyant miraculeusement la balle sans donner l’impression de vouloir faire un trou dans le filet. « On n’a qu’à jouer à un jeu. » Non. « Chaque fois que j’arrive à te renvoyer la balle, tu es obligé de me répondre, et chaque fois que tu me la renvoies à ton tour, je dois me t-… Oh, non, ce n’est pas amusant comme jeu, en fait. » Elle a un petit rire gêné, apparemment tout à fait hermétique à l’expression pourtant éloquente des lèvres résolument fermées de son camarade. Elle poursuit : « Tu ne poses jamais de questions ? C’est parce que tes parents ne sont pas bavards ? » Elle s’oublie un peu. « Il faut quand même avouer que c’est bizarre : on s’arrache les cheveux pour apprendre aux enfants à parler, et une fois que c’est fait, on n’a plus qu’une envie, c’est de leur apprendre à se taire. On n’est pas des Jobarbilles, tout de même ! Tu n’es pas d’ac-AH ! A-ATTENTION !! » Elle s'est un peu trop oubliée.
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Esteban Bayne
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Ven 4 Jan - 17:38

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Les reproches ont un goût mignon et mordant. Esteban papillonne des cils sous l’afflux verbal, incertain quant à l'attitude à adopter. Il ignore par facilité d’abord, par surprise ensuite. Les Poufsouffles sont déroutants par nature, la loyauté souriante, la détermination aussi douce que métallique, la vérité tranchante et candide au bout des lèvres. Il faut être stupide pour ne pas voir les dents sous les roseaux qui plient aimablement et Esteban est beaucoup de choses, mais crétin certainement pas.
Il fronce les sourcils, tache de ne pas laisser les mots se répercuter trop longtemps dans son esprit. Il a appris à compartimenter ce que disait la plupart des sorciers de Poudlard. Beaucoup sont brillants, intéressés, intéressants, mais le poids des convenances est peut-être plus intense chez eux que chez les moldus encore. La magie facilite tout, rendant inexorable l’apparition de règles dures et de partitions rigides que chacun s’emploie à suivre.
Elle l’a remis à sa place. L’innocence toute charmante roulant sur les bras musclés lui semble presque dangereuse et il souffle un mince filet d’air pour écarter une mèche noir de son front. Il n’est pas d’accord avec la comparaison des pendules à coucou, la plupart des individus s’écoute beaucoup trop parler au contraire, l’arrogance filtrant à travers des voix gorgées d’elles-mêmes, persuadées d’apporter une lumière absolue sur les ténèbres environnantes, mais il ne pipe mot devant le vertige de l’avoir entendu débiter tant de bon sens de façon si légère. Il préfère se concentrer sur le terrain encadré de blanc ou sur la tenue confortable qu’elle porte. Il note le petit nez devenu légèrement rouge sous la bise d’un vent frais. Anglaise, se dit-il mollement avant de la voir prendre indirectement soin de lui. « J’espère que tes copains de dortoir te préparent des flammes bleues en bocal ! Autrement, je peux t’en faire, mais il faudra venir les chercher : je ne monte aussi haut que pour les cours d’Astronomie et de Divination. » Il a un soupçon de sourire, la naïveté insultante glissant comme neige au soleil. « Tu as le vertige ? Tu veux que je vienne te tenir la main pendant que tu montes ? » L’ironie perle dangereusement, la bonté comme un masque. En vérité, il n’y croit pas une seule seconde à sa proposition même s’il voit une pureté ingénue dans les grands yeux noisette.

Le jeu commence. Pendant un temps, il pense qu’il a marqué. Trop simple vraiment. Il se dit qu’il vaut mieux la laisser là à s'entraîner avec elle-même vu qu’il ne gagnera rien à jouer avec finalement. Mais elle tend son bras et frappe soudainement, la rapidité souple et maladroite. « Tu n’aimes pas beaucoup parler, toi, hein ? » Il cille et se rue vers la balle renvoyée, les chaussures glissant sur le court mal fagoté de l’école. Evidemment que le terrain de quidditch ou celui d’hippoballe est sans cesse amélioré et rénové mais que celui de tennis conserve à peine une allure décente. Sport de moldu oblige. Esteban manque de glisser sur le sol abîmé et se rattrape efficacement tandis que la sphère jaune percute sa raquette et qu’il la renvoie vers la jeune femme dans un hoquet silencieux qui lui racle l’intérieur du torse. « Un jeu ? » Il penche son visage, les jambes sur ressort et l’œil noir voguant de la balle à l’adolescente. La proposition flotte quelques minutes, l’échange de coups en écho bruyant entre eux. Finalement, il a bien fait de lui demander se dit-il, elle tape un peu fort mais enfin, elle sait où est la balle ce qui est plus que pas mal de joueurs. Il a un doute qu’il efface rapidement, une intuition qui lui fait dire qu’elle est sportive. Ou peut-être est-ce juste les jambes solides qu’elle plante sur le sol. « Très bien… des questions. Tu n’es pas mauvaise pour une sorcière… Tu as appris à jouer où au tennis. Ne me dit pas ici, je n’avalerais pas ce serpentard. » Il est plus surpris que son air revêche ne laisse à croire. Elle lui renvoie chaque balle depuis quelques minutes maintenant ; il note néanmoins dans un coin de son esprit que plus elle le fait – aussi maladroitement que cela puisse être – plus les balles lui parviennent vite droit dessus. « A-ATTENTION !! » « HEIN- » Il recule mais la balle innocemment furieuse vient directement se loger dans son ventre en lui coupant derechef la respiration.

« » Il est grand pour son âge, le corps fin et les épaules carrées mais Esteban se plie sous la douleur avant d’inspirer vaillamment et de prendre - rageusement - la balle pour la renvoyer plus fort avant qu’elle ne se précipite vers lui, ou pire, qu’elle ne cherche à le consoler par des mièvreries et des excuses qu'il sait prendre fort mal. La balle sort hors champs, mal lancé de toute manière, la colère indistincte sous le mouvement brusque. L’orgueil tout écossais l’oblige à redresser le torse quand bien même il est certain d’avoir un bleu à l’abdomen en formation. « Je retire ce que j’ai… j’ai dit. Tu joues comme un cake anglais pendant une tea party. Mais t’as une sacrée poigne, tu fais de la boxe ? » Deux sports de moldu ? Il sait qu’il a faux et se masse le ventre en esquissant une grimace. « A présent, je crois que tu me les dois les flammes bleues. J’ai failli avoir un trou comme dans les dessins animés. J’ai un peu mal. » Il prend le parti d’avoir un air tout à fait distingué en l’affirmant, refusant obstinément de se céder à lui-même. « Je t’ai renvoyé la balle n’est-ce pas ? J’ai donc droit à une question. » Un geste discret ramène la ceinture de son jogging un peu plus bas pour ne pas appuyer plus sur l’endroit où le coup a été reçu. Il ne pouvait pas reprendre la course tout de suite, n’importe quelle question ferait donc l’affaire et il ne peut s’empêcher d’en poser une sérieuse. « Pourquoi avoir choisi ce club ? C’est majoritairement un endroit pour les non-sorciers. » Esteban reprend une pause plus naturelle en faisant mine de tourner sa raquette nonchalamment entre ses doigts.


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Slàine O’Toole
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Slàine O’Toole
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Sam 5 Jan - 15:38

Jeu, Set et Match
Slàine porte sa main gantée à sa bouche épouvantée. C’est assurément sa question qui l’a perturbée – assortie d’une petite blague par-dessus le marché. Elle n’a pas eu le loisir de rire, cependant, toute à l’horreur d’avoir pu lui faire mal comme elle le redoute toujours quand elle se mêle de jouer à autre chose qu’au Quidditch. Elle s’apprête à le rejoindre dans une course précipitée, mais il est étonnamment prompt à se redresser pour lui renvoyer la balle dans un geste rageur. N’étant pas encore assez expérimentée pour anticiper sa sortie du terrain, elle s’élance bovinement à sa poursuite, jusqu’à franchir la ligne elle-même et talonner maladroitement la balle pour la récupérer dans sa main – comment diable les Attrapeurs font-ils pour s’acquitter de leur tâche avec autant de grâce et de talent ? Après de longues secondes passées à piétiner et à repousser malencontreusement la balle d’une main mal ajustée, elle revient enfin à son camarade infortuné, préférant garder entre eux la frontière salutaire du filet – il a l’air un peu en colère, non ?

« Je suis tellement désolée ! » s’écrie-t-elle avec un début de sanglot au fond de la voix. Et rassurée que la balle n’ait pas atterri plus bas, mais elle a par bonheur la présence d’esprit de ne pas formuler sa pensée. « Je… Je t’ai fait très mal ? Je suis désolée ! » La comparaison au cake anglais lui arrache une moue boudeuse et un peu vexée, bien malgré elle – le sang irlandais a son orgueil –, mais fort heureusement, il lui donne rapidement l’occasion de ne pas céder à cet horrible sentiment tout gluant qu’est la honte en édulcorant son reproche d’un étrange compliment. Elle grimace un peu. « De la boxe ? Tu veux dire, taper sur des gens ? Pourquoi ferais-je une chose pareille ? » Outre que c’est particulièrement gonflé pour une jeune fille qui trouve son plaisir dans l’un des sports les plus violents qui aient jamais existé, il semble que la fonte des nerfs sous l’effet de la contrition la pousse à dévoiler un peu le principe de non-violence qui régit son existence. Oh, elle sait bien, au fond, qu’elle aurait dû bomber le torse et rétorquer d’une voix grave – et un peu grasse, à la manière de son vieil oncle – quelque chose comme : « Oui, sur le nez des petits camarades qui crachent dans mes Chocoballes ! », quitte à paraître aussi crédible qu’un Niffleur pratiquant l’aumône. Mais voilà, à le voir se frotter le ventre pour estomper la sensation de douleur, son air piteux s’accentue – dans le cake anglais, elle n’aurait été rien d’autre que le fruit confit, à cet instant.

En un sens, elle lui sait gré d’essayer de faire bonne figure malgré son aveu ; elle est un peu perplexe mais hoche vigoureusement la tête. « Toutes les flammes bleues que tu voudras ! Et – elle fronce un peu les sourcils – je n’ai pas le vertige, d’abord, même s’il faut avouer que ces tours donneraient le tournis au plus téméraire de nos hiboux. » Puis elle répète. « Je suis désolée. » Avant que son visage tout penaud ne se liquéfie en une expression de niaiserie pure quand il fait référence à son jeu avorté, non sans en modifier les règles de manière à le rendre plus équitable pour la pipelette qu’elle est – et qu’il est également, n’est-ce pas, bien que cela ne soit qu’en puissance ! Sa question la fait cependant ciller d’embarras. « Euh… Tu es sûr que tu ne veux pas que je t’emmène à l’infirmerie ? » Non ? L’esquive aussi subtile que le plat d’un hippopotame dans une mare de boue ne fonctionnera donc pas ? Vraiment pas ? Elle regarde un instant ailleurs, gratte du bout de l’index la surface rugueuse de la balle qu’elle tient toujours. Puis elle feint la nonchalance en haussant les épaules. « Parce qu’il est obligatoire pour tout élève sorcier de s’intéresser aux sports moldus. » C’est une demi-vérité récitée sur un mode tout appris, et elle s’aperçoit immédiatement que cela ne suffira pas. « Et parce que le tennis ressemble de loin – de très loin – au Quidditch… ? » Elle a fermé un œil à moitié, comme pour ne pas assister entièrement à sa réaction tout en espérant qu’il ne l’ait pas entendue. C’est stupide : non seulement il l’a entendue, mais elle croit en plus voir ses sourcils se froncer davantage – si c’est possible. Aussi se met-elle à sautiller nerveusement derrière le filet, commençant à se justifier maladroitement : « Mais il ne faut pas me retirer la raquette des mains pour autant ! – ce faisant, elle décrit un ample mouvement avec son bras et manque de se faire mal avec ladite raquette. Personne ne veut jouer avec moi, reprend-elle d’une voix qui ressemble fortement à un miaulement, tout ça parce que j’ai parfois du mal à faire la différence entre une balle de tennis et un cognard. Mais je peux m’améliorer ! – elle sautille de plus en plus – Je ferai attention, c’est promis, je ne voulais pas te faire un trou dans le ventre, ce n’est pas mon genre de faire un trou dans le ventre des gens !! » Le miaulement s’interrompt soudain. Elle a maintenant sur le visage la trace inquiétante d’une illumination. « Et puis, il faut savoir jouer dangereusement, non… ? Si tu veux bien continuer à jouer avec moi, je pourrais t’endurcir, à force ! Je veux dire – elle rosit violemment, prenant subitement conscience de sa maladresse – pas que tu sois tout ramolli, pas du tout, je… Pardon. » Elle se mord piteusement l’intérieur de la joue. « Tu… Tu vas me laisser dans un coin, toi aussi… ? »

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Esteban Bayne
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Dim 6 Jan - 15:36

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Esteban

Slàine

« Je suis tellement désolée ! » C’est la première des nombreuses exclamations du genre qu’il devine interminables chez elle. Il fait comme si de rien n’était, comme si l’expression effrayée qu’elle arborait, bouche ouverte et grands yeux bordés de surprise plaintive, n’était dû qu’à une toute autre vision qui ne le concernait absolument pas. S’il ne disait rien à ce sujet, elle finirait par se taire, n’est-ce pas ? « Je… Je t’ai fait très mal ? Je suis désolée ! » Et de deux. Esteban refoule un soupir contrarié. Il n’aurait rien du dire du tout et il darde un regard courroucé sur l’adolescente pour lui intimer de ne pas continuer sur cette voie. Visiblement, la Poufsouffle est d’un tempérament émotif qu’il a du mal à encaisser en temps normal chez autrui mais qui, ici, lui semble fatalement humiliant en soi. Le « Ça va » roule sur la langue irritée, filtrant à peine entre des lèvres immobiles. Il n’aime pas vraiment qu’on le plaigne, la jauge d’assurance fluctuante malgré lui sous l’intérêt chagrin dont il est subitement bénéficiaire. Pourtant, elle s’écrie avec une grâce tout enfantine qu’elle lui offrira toute les flammes bleues possible et l’agacement se fane devant la sincère affliction de sa camarade de jeu. « Tu es pénible. » offre-t-il en guise de réponse à ses demandes et ses gémissements. A sa personne aussi.
Il y a une teinte plus bougonne que réellement désapprobatrice dans l’inflexion de sa voix. Il plisse les yeux devant l’adorable, la suspicion au bout des cils. C’est stupide, vraiment, mais il n’a aucune envie de dire à l’infirmier qu’il est là parce qu’une fille lui a envoyé un boulet de cognard dans le ventre. La gêne à cette pensée lui colore les oreilles et il lève une main défensive se rapprochant à son tour du filet en guise de démonstration de sa bonne santé. « Je n’ai pas confiance en l’infirmier, je sais que ce sont les mêmes produits qu’utilise mon père quand il se crapahute le nez dans son atelier mais quand même… du pouss’os je trouve toujours ça pas trop normal. » La normalité à Poudlard n’est pas trop à l’ordre du jour a-t-il presque envie de rajouter mais il a une autre question pour elle.

Elle a des taches de rousseur pâle sur la peau, il peut les voir maintenant, même si elle baisse la tête et se dandine tel un chaton prit la moustache dans le bol de lait. « Parce qu’il est obligatoire pour tout élève sorcier de s’intéresser aux sports moldus. » Les sourcils se froncent légèrement avant d’inspirer. « Ça se tient. » Rien de mal à ça, au contraire. Il faut parfois un peu imposer pour que les mœurs se mettent d’elles-mêmes en place, des petits coups de pouce en quelque sorte. Il regarde plus attentivement l’étudiante se posant pour la première fois réellement la question de savoir qui elle est, si elle est curieuse. La surprise crépite un instant en la voyant presque reculer, si transparente dans son appréhension soudaine, visiblement à l'affût d’une catastrophe à venir. Il comprend le mot quidditch et acquiesce vicieusement. « Je n’ai pas compris ce que tu as dit. » Il a très bien entendu, au contraire. L’air grognon rayonne dorénavant. Le plat de sa main vient pour se nicher sur le ventre endolori mais il suspend son geste et referme le poing sur le manche de la raquette qu’il passe d’une main à l’autre tandis qu’elle danse sur un pied puis l’autre, le miroir quasi parfait d’un embarras croissant. Du quidditch. Pas étonnant. Une batteuse visiblement. Il entrouvre les lèvres mais elle se fait petite souris. C’est le « personne ne veut jouer avec moi » qui lui tiraille les côtes. Il a toujours eu un gout prononcé pour les cas désespérés, même s’il le récuse avec force et froideur. « Si tu commences en omettant le plus important, c’est sûr que personne ne veut. » Il est un peu dur et s’en veut presque en la voyant se fendre de promesses ardentes. Les yeux de poupées s’accommodent mal de la silhouette musclée. Il pince les lèvres, dubitatif. Elle lui fait complètement l’effet d’un panda roux qui s’amuse à rouler partout. « Tu m’aurais dit que tu faisais du quidditch, on aurait avisé. » Non. Il ne lui aurait pas proposé de jouer ensemble tout court et il le sait très bien. La vérité coule désagréablement dans son esprit, l’analyse toute Serdaigle en note néfaste.
Il se renfrogne devant les éclats chocolat qu’elle lui lance, la gourmandise terrifiante sur une moue curieuse. Il n’a pas envie de reculer pour autant et arque un sourcil à son tour puis manque de s’étouffer avec sa propre salive. « M’endur… quoi ? » L’accent écossais se raffermit sous l’indignation muette. Il cligne des yeux. « Tu… Tu vas me laisser dans un coin, toi aussi… ? » Tellement pénible. « Ecoute Heïdi, dans ta forêt on pense peut-être qu’on peut endurcir Esteban Bayne, mais je t’explique que c’est impossible. Va te falloir des lunettes tu sais. » Il ramène sa raquette vers lui, abaisse son bras en la couvant d’un regard légèrement rancunier. Puisqu’elle l’a plongé dans la confusion durant quelques secondes, autant qu’il en fasse de même. C’était justice courtoise après tout. « Sauf si tu ne parles pas de muscles. » Il claque sa langue en un bruit cliquetant, certain que la référence allait passer au-dessus de la jeune femme. C'est ridicule. Il pointe l’opposé du terrain,t un peu vexé, l’estime quelque peu égratigné par l’insolence toute humble de la poufsouffle. « Retourne à ta place s’il te plait, on se fait un set. Si tu veux vivre dangereusement, on peut faire ça : mmmm » Il passe une main sur sa nuque, les cheveux sombres épais entre ses doigts, les yeux tournés vers un ciel qui n’est pourtant qu’intérieur. Esteban n’aime pas vraiment être en position de faiblesse, les faux pas sont minimes dans sa vie. L’échec a un gout trop fatal à ses yeux mais il n’aime pas non plus être seul dans ses victoires. « Voilà, on va faire ça. » Il reprend distinctement, la tenue leste sous le vent glacé. « Si je l’emporte, tu m’apporteras mes flammes bleues, ou peu importe votre système de chaufferettes portatives, directement dans ma maison. Tout là-haut donc.  Si tu gagnes et bien… je continuerai à faire tandem avec toi. Même pendant les beaux jours. » Il a un soupçon de sourire. « Histoire qu’on s’endurcisse mutuellement. »

Fair game is fair.

Il lui tend sa main pour sceller l'accord en une poignée (dure).


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Slàine O’Toole
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Slàine O’Toole
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Ven 11 Jan - 23:14

Jeu, Set et Match
Slàine baisse piteusement la tête quand son camarade lui fourre le museau dans son erreur en l’accusant de mentir par omission. Forte d’une expérience plus ou moins heureuse dans le club de baseball de Mahoutokoro, elle n’a de fait jamais songé à laisser le bénéfice du doute aux autres joueurs de tennis. L’Aiglon a probablement raison : avec un peu plus d’honnêteté de sa part, certains, préparés au pire, se seraient sans doute montrés plus indulgents. Elle finit par relever des yeux brillants d’un étonnement mêlé de reconnaissance : « C’est vrai… ? Tu aurais accepté même en sachant ? Malgré le risque de recevoir des cognards refoulés – haha ? Tu as encore mal… ? Je suis vraiment, vraiment désolée. » Ne soupçonnant pas une seule seconde qu’il puisse mentir à ce sujet – pour quoi faire, après tout ? –, elle le croit naïvement et rosit de gratitude : « Tu es vraiment gentil. » Même s’il a la tête d’un hippogriffe au réveil. « C’est vrai que je ne devrais pas mentir… Enfin, oublier de dire la vérité… ! » La bouderie qu’il arbore en permanence est d’ailleurs en train d’empirer, non ? Slàine cille à plusieurs reprises, confuse, craignant de l’avoir insulté, et sans le vouloir, nage à contre-courant de la dramatisation dont il enrobe sa dureté : « Oh, non, je ne m’appelle pas Heidi ! rectifie-t-elle ingénument, ignorant totalement la référence suisse. Moi, c’est Slàine, mais tu peux m’appeler Slany, c’est plus simple – d’ailleurs, je préfère, parce que ça force à sourire sur la fin ! » La précision est ajoutée avec une fierté un peu stupide au coin des yeux. Lui a plutôt l’air d’un dur à cuire, et elle doit bien reconnaître – c’est-à-dire qu’elle regarde candidement ce qu’elle devine de ses bras pour en juger – qu’il est musclé.

Cependant elle ne tarde pas à être impressionnée par la lueur vindicative qu’il a au fond des yeux – elle a un petit mouvement de recul et rentre légèrement la tête dans les épaules : « Je… P-pardon. » Et c’est précisément ce qui l’empêche de comprendre immédiatement sa plaisanterie. Il lui faut de longues, très longues secondes pour saisir que cet étrange « Sauf si tu ne parles pas de muscles. » renferme vraisemblablement une tentative d’humour, sans pour autant percevoir l’allusion grivoise qui s’y cache. Par conséquent, elle feint d’avoir tout à fait compris – non. – en laissant échapper un rire à retardement ; parallèlement néanmoins, son esprit pédale dans la semoule en échouant à comprendre véritablement, et elle en oublie de rire pendant un bref instant, laissant place à une expression où la réflexion se nuance ridiculement d’une intense perplexité ; puis elle se ressaisit et se remet à rire pour ne pas perdre la face. Elle comprendra plus tard, n’est-ce pas ? Elle comprendra plus tard, très certainement – avec effroi.

Par bonheur, elle n’a pas le loisir de se triturer davantage la cervelle, sa perplexité éclipsée par la joie de l’entendre accepter de jouer avec elle. « Oh, merci ! Merci beaucoup !! Je ne te décevrai pas ! » Sa voix n’est plus qu’un piaillement aussi joyeux qu’insupportable, et elle a toutes les peines du monde à garder un semblant de dignité – c’est-à-dire à ne pas sautiller d'euphorie – quand il lui propose de s’endurcir mutuellement – c’est vraiment une chance qu’elle n’ait pas compris la boutade impudique de son camarade. Slàine, à mille lieues des sphères corrompues que survole l’Aiglon, a maintenant un sourire jusqu’aux oreilles. Elle lui fait remarquer sans penser à mal, en bombant inconsciemment le torse : « Je crois que je suis un peu plus musclée que toi, quand même. » Elle lui serre volontiers la main, en essayant de ne pas lui broyer les doigts dans un élan d’enthousiasme, ni de lui déboîter le bras dans la secousse un peu trop énergique qu’elle y imprime. « C’est d’accord ! » Toutefois sa joie se liquéfie aussitôt et sa voix prend de nouveau l’inflexion d’un miaulement : « Oui, c’est d’accord, mais… Tu veux dire que si je perds… Tu ne joueras plus du tout avec moi… ? Plus du tout du tout ? » Sa mère lui aurait sans doute dit qu’elle se montre trop gourmande et qu’il est déjà bien aimable de consentir à s’exposer à ses maladresses. Elle a de toute façon le pressentiment qu’il ne lui répondra pas, aussi le libère-t-elle pour reprendre sa place sur le court.

Elle doit absolument se concentrer – et il lui semble que froncer les sourcils avec détermination y suffit. Bien placer la balle. Ne pas prendre son adversaire pour cible. Ne pas oublier de respirer quand il abat son service dans sa direction. Soucieuse de ne pas lui faire regretter sa décision, elle s’applique à se montrer plus réactive que la première fois, et n’a pas à rougir du revers grâce auquel elle effectue son renvoi. Elle essaie de ne pas s’oublier dans la sensation agréable que lui procure la chance de pouvoir se dégourdir les jambes aussi efficacement : l’ankylose due aux nombreuses heures de vol sur balai, l’espace de quelques minutes, n’est plus qu’un lointain souvenir. Ses déplacements manquent néanmoins d’efficacité et elle doit encore apprendre à mouvoir son grand gabarit plus rapidement. Le corps ne tarde pas à chauffer sous le sweat ; le froid perd progressivement de son mordant.

Contre toute attente, Slàine parvient à remporter le premier jeu à force d’application. Cela lui a coûté tant d’efforts qu’elle en oublie presque de manifester sa joie. Elle s’enquiert très sérieusement : « Il y a six jeux dans un set, c’est ça ? » Sa victoire temporaire lui fait prendre de l’assurance, mais elle se fige soudain : « J’espère que tu n’as pas fait exprès de me laisser remporter le premier jeu ? Ce serait vraiment trop mignon ! Mais il ne faut pas, vraiment. » Elle a un petit gloussement et se prépare à servir, malheureusement la première tentative est un échec : la balle se loge dans le filet. Elle rougit de honte, bredouille quelque chose d’inaudible pour son camarade, avant de réessayer : la balle, cette fois, franchit les limites du court. « Oh non… » Elle se sent si gênée que c’en est insoutenable. « Je… Je crois que c’est à cause du vent !! » Oui, voilà, c’est à cause du vent.
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Esteban Bayne
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Dim 13 Jan - 19:13

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Esteban

Slàine

Elle lui égratigne la moelle épinière, la mignonnerie trop apparente pour lui. Le nez se frousse et les tâches de son dansent dans un mélange d’anxiété et de vigueur sur le visage de la Pouffsoufle. « Tu es vraiment gentil. » Vraiment. Elle insiste. Le rose des joues filtre entre les lettres et il a un regard suspicieux, refusant obstinément d’être trop sensible à un compliment d’une telle ampleur. Elle se moque de lui ? Il s’aperçoit que non, la lumière trop honnête dans le chocolat des iris. Des mensonges de ce gabarit mérite minimum une carrière d’actrice de renom. Le recoin des lèvres frémisse au refus du surnom d’Heidi et il arque un sourcil au prénom enfin délivré. Il aime les surnoms pourtant, plus rapide, plus impersonnel tout en donnant l’illusion qu’ils n’ont été choisis que pour la personne. Panda roux lui allait bien quoiqu’elle en dise, le même museau joueur plein d’une maladresse que l’on pouvait juger adorable. « Moi, c’est Slàine, mais tu peux m’appeler Slany, c’est plus simple – d’ailleurs, je préfère, parce que ça force à sourire sur la fin ! » Il cille devant l’espièglerie. Il va avoir des caries à l’écouter piailler ainsi et la mine se renfrogne légèrement. Slàine. C’est joli aurait-il pu lui dire diplomatiquement. Ce n’est pas anglais en tout cas. Gaélique à coup sûr. « Tu es… » Il réfléchit quelques secondes avant de passer ses doigts halés sur sa joue. « Irlandaise ? » Le corps se détend quelque peu à cette annonce. Le côté patate chaude dans la bouche le met plus en confiance que les lèvres pincées londoniennes. Il sait faire illusion en société, se fend de sourires ironiques la plupart du temps, mais il est vrai qu'il n’a jamais réellement apprécié les anglais et leurs manières, la distance se mesurant en siècles plutôt qu’en kilomètres.

La tornade auburn n’a pas besoin de carburant supplémentaire pour son enthousiasme nerveux aussi ne fait-il pas d’autres remarques salaces même si l’envie l’en démange à présent. La gentillesse fait toujours plier en quelque sorte, la vague sympathique d’affections aériennes comme autant de balles de tennis envoyées à cent à l’heure. Il réprime un sourire suintant une certaine autosuffisance quand elle laisse échapper un rire hasardeux. Esteban devine l’innocence sous l’ivoire des dents hésitantes et s’en écarte soigneusement.

Le souci avec la pureté, c’est qu’on a toujours un peu envie de la pervertir.

Il se redresse et part se placer en point de mire sur le terrain. Il n’a pas relevé la gronderie imaginaire comme quoi elle était plus musclée que lui. Peut-être qu’elle n’est pas loin de la vérité à vrai dire, il perçoit aisément les bras en vallons de force et la robustesse d’un corps qui ne doit rougir que sous l’effort. Le quidditch impose une musculature compacte et puissante à ses joueurs mais Esteban est tout de même un peu surpris. Elles sont rares les filles qui peuvent le regarder dans les yeux, la hauteur vertigineuse dans leurs adolescences encore inachevées. Il ramène ses cheveux sur le côté, se sermonne dans un accent écossais pénétrant. Elle lui a presque ramolli l’âme avec sa frimousse tristounette quand elle a avancé le risque de ne plus jamais rejouer ensemble. Ce serait une bonne chose pourtant, il n’a pas la patience pour les petits pandas roux et il aimerait s'entraîner sans avoir de trous dans son système digestif.
Il se dit ça sottement, avec l'assurance de ceux qui ont fraîchement dix sept ans et pensent tout savoir, mais rapidement, il comprend qu'il a tord.

Le scintillement de la balle donne une sensation de distorsion étourdissante dès qu’elle débute le premier jeu. Game is on. Elle tient mieux sa position cette fois-ci, s’applique même. Le bras est souple et elle est rapide. D’ordinaire, la stature d’Esteban est un atout, les jambes gobent le terrain le rendant plus flexible pour récupérer les balles, mais l’adversaire est de taille aujourd’hui et il perd en un éclair le premier set, tout du moins avant que la balle malicieuse ne sorte du terrain. Il s'agace, tourne puis se fait une raison sur la motivation adverse. Elle veut gagner tant que ça ? Il en est presque flatté avant de se rendre compte qu’elle le lui a dit elle-même : personne n’accepte jamais de jouer avec elle. « Oh non… » Un sourire éclaire les traits du Serdaigle malgré lui, le rire sincère à la remarque incongrue. « Le vent ? C’est terrible ça. Il te joue des tours aussi quand tu es sur ton balai ? » La raquette tourne, traçant l’agacement du début vers un nouvel espoir, celui de pouvoir vite rattraper l’exceptionnelle performance de la jeune femme. Le propre du tennis après tout, c’est que les jeux peuvent être très longs et les revers nombreux. « T’as pas de rendez-vous après ? Rien de prévu ce soir ? » Les muscles s’échauffent maintenant et il se surprend à y mettre un effort lui aussi. « Il faut remporter six jeux avec deux d’écart. C’est pour ça que certains matchs durent si longtemps. Tu n’as jamais regardé à la télévision ? » Il a un mouvement du visage avant de lancer la balle à son tour, l’ace redoutable en guise de réponse à l’idée même qu’il puisse laisser gagner qui que ce soit par bonté d’âme.

Il sait bien qu’il ne devrait pas parler en jouant, les jambes sont elle-même trop volubiles sur le terrain pour que la langue ne suive. Esteban reprend le service et lance à nouveau, l’échange agréable. De temps à autre, il fait une remarque taquine sur le vent. « Attends, il y a une bourrasque, je ne voudrais pas que ça te déstabilise. » Il y met ce qu’il faut d’amusement dans le regard pour ne pas vexer trop vite, le noir dansant sur des pupilles rendues brillantes par la course. Il emporte le second jeu, se surprend à inspirer rapidement quand il fait signe qu’il faut qu’il aille boire.

C’est bête, mais elle lui renvoie les balles de façon athlétique, le mouvement de la batteuse si caractéristique, et il a l’impression de pouvoir réellement jouer – et surtout se dépenser – un peu plus à loisir que d’ordinaire. « Tu es obligée de garder un peu de force quand tu envoies, non ? » C’est elle qui le laisse gagner quelque part finalement, même si elle ne le veut pas. Il enlève le goulot de ses lèvres, l’eau fraîche flatteuse dans sa gorge. « Tu n’as pas à te restreindre avec moi. » assure-t-il, un soupçon de fierté au bout des cils. « Juste, si tu envoies avec force, eh bien… pas sur moi. J’imagine que c’est le réflexe du quidditch. » Il n’a jamais aimé ce sport, trouve les gradins aberrants en plus du concept du vif d’or qui est une pure tricherie. « T'es batteuse d’ailleurs ? » La question lui échappe, l’interrogation intérieure prenant les rouages d’une voix grave qu’il n’a pas réussit à garder pour lui.

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Slàine O’Toole
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Dim 20 Jan - 20:49

Jeu, Set et Match
Comme c’est étrange de le voir rire après les kilomètres de visage qu’il lui a déroulés pour accueillir ses maladresses ! Slàine cille à plusieurs reprises avant de se fendre d’un timide sourire – son tempérament lui rend tout accès d’hilarité communicatif, même s’il se moque gentiment d’elle en l’occurrence. C’est sans doute que son excuse n’a pas semblé très convaincante – qui cela étonne-t-il, du reste ? Elle se sent obligée de regarder ailleurs pour soutenir son propre embarras, mais rapidement, quelque chose de semblable à une révolution bouleverse son esprit. Rien de prévu ce soir ? Ses paupières figurent tout à coup un battement d’ailes désespéré contre le carreau d’une fenêtre. « Un… U-un rendez-vous ? » répète-t-elle sans parvenir à dissimuler le trouble qui la fait rosir. « Je… N-non. » Il est impossible pour un élève qui ne la connaît pas de déterminer ce qui l’affole tant, mais elle a curieusement l’honnêteté de l’expliquer à son camarade – après tout, elle le lui doit bien : « Ma Maman m’a dit qu’en semaine, je ne devais pas gâcher mes fins de journée à me distraire avec mes amis – pire, avec un garçon – mais me consacrer à mon, euh… Comment dit-elle, déjà. Ah oui – à mon perfectionnement personnel. » C’est évidemment dit avec la résolution de la fifille qui préfèrerait se priver éternellement de chocoballes plutôt que de décevoir sa sévère et tendre – mais alors vraiment sévère – Maman. Et puis, Aodh et Dil se sont tant fait tirer les oreilles pour avoir bravé le couvre-feu qu’il lui paraît aujourd’hui inconcevable de s’oublier au point d’honorer un rendez-vous en-dehors de sa salle commune – toute désignée pour y organiser des fêtes le weekend, au demeurant, et auxquelles Slany prend volontiers part, Poufsouffle oblige.

Pendant un court instant, elle brûle de lui retourner la question mais n’ose finalement pas. Elle doit absolument se concentrer sur sa victoire : six jeux, deux d’écart, de toute évidence le tennis le dispute au Quidditch en matière d’endurance ! « Regarder du tennis à la télévision… ? » La chose lui semble un peu saugrenue : être dans les gradins, passe encore, puisqu’on y est lié à l’effervescence du jeu par les pieds, mais devant un écran, dans l’inertie sans frisson d’un fauteuil ? Une telle perspective la laisse si perplexe qu’elle réduit fatalement ses chances – déjà maigres – de réceptionner l’incroyable service de son adversaire. « Waouh ! » s’émerveille-t-elle en suivant à retardement le cheminement fulgurant de la balle. Elle se met aussitôt à sa poursuite, étrangement réticente à utiliser sa baguette sur le court. « Il y a un nom pour un service gagnant, hein ? » demande-t-elle en glissant la balle dans sa poche. La frappe l’a plus émoustillée qu’intimidée et elle sent à nouveau l’adrénaline lui couler dans les bras et dans les jambes.

Elle réceptionne honorablement le service suivant et tâche de ne pas se laisser distraire par ses taquineries – qu’elle a bien cherchées, somme toute. « Oh, très drôle ! grommelle-t-elle pour feindre la vexation. Fais attention : c’est toi qui risques de ressembler à un cake anglais à force de te moquer de moi ! » Pour l’occasion, elle a pris un malin plaisir à ne pas gommer son accent irlandais ; néanmoins elle finit par se taire, courant d’un bout à l’autre du terrain à s’en brûler les jambes, manquant quelquefois de se casser disgracieusement la figure sur le sol caoutchouteux. « Je… C’est à cause du sol, cette fois. » sourit-elle stupidement pour commenter son échec à remporter le deuxième jeu. « C’est très complet, comme sport ! Normalement, c’est le balai qui court à ma place. » Elle dodeline distraitement de la tête, bien décidée, derrière ses airs ingénus, à gagner le troisième jeu. Toutefois elle profite de la pause désaltération que s’offre son adversaire pour continuer de bavarder : « Au Quidditch, les jambes sont à un joueur ce que les racines sont à un arbre. C’est mon professeur à Mahoutokoro qui disait ça ! Je trouve l’image très parlante… Pas toi ? » Elle semble rêveuse, tout à coup. « Il faudrait dire : les racines et le tronc. Par exemple, j’ai remarqué que j’armais plus facilement mon bras quand je serrais bien les abdominaux. Et puis, on a un peu moins mal au dos à la fin du match – d’accord, c’est un détail ridicule quand on pense à tous les os qu’on peut se casser le temps d’une seule partie, haha. »

Slàine sautille d’impatience sans songer qu’elle ferait mieux de l’imiter et de boire aussi pour ménager son endurance. La question de son camarade achève de la distraire, du reste, jusqu’à la surprendre. Elle n’est pas du tout habituée à ce qu’un élève moldu, un joueur de tennis de surcroît, s’intéresse à la manière dont elle doit calculer avec la joueuse de Quidditch qui sommeille en elle quand elle explore une activité non-sorcière ; mais l’étonnement atteint son comble lorsqu’il l’invite à ne pas retenir la force de ses frappes. Elle ouvre des yeux ronds. « Tu en es sûr… ? C’est plus facile à dire qu’à faire… Je veux dire, viser l’autre bout du terrain pour t’essouffler. » Elle frotte pensivement les cordes de sa raquette du bout des ongles avant de s’en gratter doucement l’arrière du crâne quand il devine son rôle dans l’équipe. « Haha, oui… ! admet-elle en rosissant d’embarras. Ce n’est pas du tout le même genre de réception, malgré la ressemblance du geste… Les cognards peuvent être très hargneux et ne se laissent pas toujours renvoyer facilement. La toute première fois, par exemple, ma prise n’était pas assez ferme : le cognard m’a arraché la batte des mains et luxé le poignet en prime ! C’était horrible ! Mais je ne me laisse plus faire, maintenant ! » Elle s’agite dans son carré, heureuse de pouvoir reprendre l’échange. « Je vais essayer, tu sais... ! » Et elle essaie, de fait, elle essaie de toutes ses forces : ce doit être sa détermination à ne pas le décevoir, combinée au souvenir revigorant de son entraîneur, qui la met en si bonne voie de remporter le troisième jeu. Sa conversation en devient plus éparse, sûr indice d’une intense concentration, mais elle finit tout de même par lui demander : « Tu viens regarder les matches de Quidditch, des fois ? »
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Esteban Bayne
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Mer 23 Jan - 16:05

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Esteban

Slàine

Elle affiche un air déboussolé qui l’amuse un temps avant qu’il ne perçoive le danger qu’il y aurait à laisser les choses filer sur ce terrain. Le petit nez se frousse en face de lui, les joliesses prenant une teinte caramel sur la peau, quant à la maladresse, elle envahit les épaules de la demoiselle comme la neige se drape sur un chalet en montagne. « Tout va bien ? » La question franchit à peine le seuil de ses lèvres que Slàine se met en devoir de lui expliquer les règles de bienséance selon sa mère. « Pire ? » Répete-t-il dans un dédain amusé. Il se redresse légèrement, quittant sa position de tennis offensif, les cils battant sous les questions multiples. Il pourrait lui dire que son perfectionnement personnel passe aussi par la confrontation avec le sexe opposé mais il lui semble plus judicieux de ne pas épiloguer sur le sujet. La candeur le ravit plus qu’il ne l’aurait cru possible, un soupçon de sourire et d’ironie coincé au coin de la bouche. « Je ne fais jamais perdre de temps à qui que ce soit. » Le ton ne souffre aucune contestation, il est sûr de lui, terriblement. Le concept de perte de temps lui est positivement inconnu, même les plages horaires vides ont une utilité concrète et permettent d’équilibrer des heures trop pleines. Il imagine la jeune femme plus énergique cela dit, les entraînements massifs et les rougeurs intermittentes dans sa vie. De quoi remplir ses journées et combler ses nuits d'un sommeil immaculé.

Le froncement de sourcil revient, tel un boomerang émérite. « Par exemple, là tu t'entraînes. Pas que tu en aies besoin évidemment. » Il penche son visage, l’air à nouveau sérieux vissé sur le visage. Surement, la Poufsouffle a conscience que personne ne peut vraiment la forcer à quoi que ce soit et encore moins avec les muscles saillants présents sous son sweat-shirt ? L’innocent plaidoyer aggrave l’air bougon. C’est un peu bête cette façon de se tenir mignonnement.

« Oui, la télévision. » Les sorciers et leur résistance à la technologie… heureusement les choses changent, ils ont accès au meilleur de ceux qu’ils appellent - le mépris parfois en lisière - moldus. La contrepartie cependant n’existe pas vraiment. Esteban se demande toujours si les sorciers ont conscience que c’est eux qui se nourrissent d’un savoir plus pratique chez leurs comparses parfois honnis Le jeu reprend son cours avant que les formules ne parviennent sur la langue et il laisse son énergie voguer vers un aspect plus physique.
« Waouh ! » Il passe son poignet sur le front, plutôt fier de lui, un semblant de complaisance au fond des yeux. « Un ace. » Elle va capituler peut-être. Il la regarde courir, l’excitation glissant gentiment jusque dans ses doigts. L’accent irlandais le surprend et un hochement de tête tacite s'imprime. Elle était trop sympathique pour être anglaise se dit-il doctement. Elle a les joues roses de la course et il grimace quand les balles viennent à lui trop rapidement. « Tu es allée à Mahou ? Ça a dû être une sacrée aventure. Tu parles japonais du coup ? » Il aurait aimé tenter Uagadou quant à lui, les manières ancestrales ayant un peu plus de sens à ses yeux profanes. Il imagine la taille toute imposante de l’irlandaise parmi les élèves au gabarit léger du Japon, la soudaine incongruité le faisant louper une balle. Une flopée de jurons susurrée s’envole au vent silencieusement. Elle va remporter le set malgré les efforts qu’il fournit. « Tu en es sûr… ? C’est plus facile à dire qu’à faire… Je veux dire, viser l’autre bout du terrain pour t’essouffler. » Il acquiesce, légèrement plus incertain sur l’issue de ce match maintenant, l’adrénaline agréable dans le mystère. Il a retrouvé un masque de contrôle, les muscles échauffés par les deux jeux précédents.

Il lève un sourcil en la voyant s’installer sur le terrain comme une mignardise sur un étal. Il est surpris par sa place au sein de l’équipe de quidditch. Physiquement, oui, elle convient parfaitement mais il n’a pas passé plus d’une heure en sa compagnie qu’il peut déjà témoigner de l’évidente tendresse de cœur de la jeune femme. « Non les machins en hauteur ce n’est pas mon truc. Faut limite se décoller le cou pour voir quoi que ce soit et franchement on se les gèle sévère en haut. Et je suis écossais donc normalement, me les geler c’est un état permanent. » Il fait tourner sa raquette avant de reprendre, concentré sur la façon dont elle se positionne. Cette fois-ci elle ne va pas retenir son bras et il passe la langue sur ses lèvres. Peut-être qu’il n’aurait pas dû dire ça après tout, elle était bien capable de lui faire un bleu de la taille de l’Australie vu d’ici. « C’est violent comme sport. Le Quidditch veut dire. Ça ne me dérange pas mais tu n’as pas l’air… méchante ? » A peine dit-il cela que la balle fuse outrageusement vers lui. Il a juste le temps de s’écarter pour ne plus l’apercevoir. « Huh ? » Il cligne des yeux avant de regarder Slàine puis les buissons bordant le terrain. « Tu as fait de la magie ? » Le ton n’est pas totalement accusateur malgré la menace sous-jacente. Il a bien dit qu’il ne fallait pas tricher et il ne prend pas à la légère ceux qui offrent de fausses promesses ou font à leurs guises en dépit des recommandations. Mais le visage lunaire semble tout aussi surpris et il ne le croit pas assez bonne actrice. T’en sais rien Esteban, tu la connais depuis aujourd’hui…. Peu importe, l’instinct l’emporte. Il a un long soupir et lui fait signe. « Et merde… Ramène ta fraise, elle a dû partir par là… je crois par là. T’as envoyé ça comme si c’était un cognard en détresse. » Un rire devant le ridicule de la situation tout chaud et raque lui chatouille la gorge. Il le ravale sous un froncement de sourcils étudiés. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas eu autant envie de rire pour de vrai dans cette école. « T’es plutôt dangereuse comme panda roux. Ceux que je connais font juste des galipettes dans les arbres et essaye au pire de faire peur aux gens. La prochaine fois j'apporterais des papiers signés comme quoi je me confronte au danger de mon plein gré. C'est ce que font parfois les moldus vois-tu.» Il pourrait lui dire d’utiliser le sortilège d’attraction mais il s’y refuse tout naturellement et enjambe le reste du terrain à la recherche de la balle perdue. Du coin de l’œil, il surveille avec impatience la Poufsouffle. La tentative de trêve qu’ils ont établie durant le match se transforme en une incroyable et impénétrable maladresse. Il se racle la gorge. « Je fais ce coin et toi là-bas. » Les lèvres plient. Il ne cesse de lui donner des directives depuis tout à l’heure alors il se reprend. « Si tu veux bien. » Les cours de diplomatie portent leurs fruits malgré le côté brusque des mots.

Esteban ne voit pas la balle niché dans son manteau d’hiver et de buissons grinçants pas loin de ses baskets, tout tourné qu’il est vers l’irlandaise. « On ne peut pas rentrer tant qu’on n’a pas trouvé la balle… que va dire ta maman ? » L’ironie perle et la basket frôle l’objet du délit.


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Slàine O’Toole
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Jeu 24 Jan - 23:20

Jeu, Set et Match
Plus Slàine écoute son camarade, plus elle lui trouve quelque chose d’impressionnant. Il a une forme d’économie dans les mots dont elle n’a jamais su faire preuve, comme soucieux d’aller au but sans s’embarrasser de détours inutiles. Cependant, s’il prétend ne jamais faire perdre de temps à qui que ce soit, il s’expose involontairement à s’en faire perdre à lui-même en l’interrogeant au sujet de son échange scolaire. Slany se met à trépigner. « Mahoutokoro, rectifie-t-elle gentiment et en rosissant un peu. Ce n’est pas très poli de tronquer le nom de l’école, je ne crois pas que nos camarades japonais apprécieraient ! » Mais l’inoffensive gronderie n’est que trop rapidement balayée par l’enthousiasme qui lui gonfle la poitrine à l’idée de pouvoir évoquer son année là-bas. « J’ai appris un peu avec ma correspondante ! J’y retournerai dès que possible ! Si tu es quelqu’un de discipliné, l’école te plairait sans doute… On s’y lève plus tôt qu’ici et les salles de classe sont aussi précieuses que les chambres pour les élèves parce qu’ils gardent la même toute l’année – ce n’est pas comme ici, où il y a autant de salles que de matières ! » L’échange reprend son cours plus ou moins énergiquement ; son souffle se raccourcit mais son débit de paroles ne diminue pas : « Tu imagines devoir nettoyer ta salle de classe après la fin des cours ? Quand je vois le bazar qui règne dans certaines chambres, je ne suis pas sûre que tous les élèves de Poudlard accepteraient de jouer le jeu ! » Un faible rire lui coule des lèvres tandis qu’elle glisse gauchement sur le sol caoutchouteux pour renvoyer la balle. « Je ne me remets toujours pas des bentos qui volent jusqu’aux élèves à la pause déjeuner – les bentos, ce sont les repas ! Tu sais qu’ils décorent leurs boulettes de riz pour les faire ressembler à des personnages de dessins animés ? Souvent, aussi, ce sont des animaux mignons. C’est vraiment adorable ! Je me demande à quoi les tiennes auraient ressemblé… »

Elle n’a pas le loisir de conjecturer à ce sujet, aussitôt pénétrée par la déception que lui inspire son absence d’attrait pour le Quidditch. Il en parle avec une désinvolture qui offense un peu son cœur amoureux, aussi sa voix s’altère-t-elle en un mélange de stupeur et de consternation quand elle rétorque, pour battre en brèche l’argument de la hauteur : « Mais tu dois bien grimper tout en haut d’une tour pour atteindre ta chambre ! » Elle n’a pas la grossièreté de supposer qu’il doit probablement un tel désintérêt – incompréhensible pour elle – à son absence de magie, néanmoins l’idée lui effleure invinciblement l’esprit et cela suffit à la mortifier. Sa mère lui aurait explosé à la figure comme une corne d’éruptif. Cependant elle n’a pas encore atteint le comble de la contrariété : la façon qu’il a ensuite d’associer violence du sport et méchanceté est un véritable crève-cœur. Elle n’a pas l’air méchante et cela semble réduire, aux yeux de l’Aiglon, sa légitimité à être une joueuse de Quidditch. Elle n’a pas l’air méchante. Sans doute entend-il par là qu’il lui manque une forme de brutalité dans le caractère, souvent attendue il est vrai, celle-là même qui aurait pu la porter à goûter le calvaire des ventres enfoncés par les chutes et des os brisés par les cognards. Slàine se décompose. Son émoi est tel qu’elle en perd le contrôle de sa frappe, qui semble brusquement puiser sa force dans la hargne et l’accablement tout à la fois. Elle n’a pas le temps de bredouiller des excuses que déjà, son camarade la suspecte d’avoir eu recours à la magie : « N-non ! » s’indigne-t-elle, excédée par l’inquiétante inflexion de sa voix. Elle aurait aimé avoir le courage de lui reprocher ses indélicatesses toutes moldues mais ne peut que baisser les yeux et serrer le poing, le menton tremblant de dépit.

Toute bouleversée par ses paroles qu’elle soit cependant, elle court diligemment pour le rejoindre et se mettre en quête de la balle. Il ne semble pas avoir la moindre idée du préjugé à l’aune duquel il vient de la mesurer, s’oublie même jusqu’à rire gentiment de son raté, et elle ne peut s’empêcher de se sentir stupide, tout à coup, ridiculement excessive dans sa vexation face à l’insouciance gouailleuse de l’Aiglon. Son hilarité fait insensiblement fondre sa moue, jusqu’à ne laisser qu’une expression profondément perplexe sur son visage. La dangerosité qu’il feint de lui prêter dans une énième boutade lui fait encore détourner les yeux. Elle aurait dû s’offrir la satisfaction un peu cruelle d’un « Je t’avais prévenu ! » ; mais elle s’abstient, par délicatesse, et parce que la vanité d’avoir eu raison lui a toujours été totalement étrangère. Sans même s’apercevoir qu’il ne cesse de lui donner des ordres, elle répond serviablement, « Oui, bien sûr… », consciente qu’elle seule a envoyé la balle dans le décor et que sa maman, de fait, n’aurait jamais permis qu’elle perde du matériel appartenant à l’école. Toutefois, pendant de longues minutes, son regard fouille les buissons sans voir, encore embrumé par la confusion où son camarade l’a jetée. Elle se mord l’intérieur de la joue, taraudée par l’envie de le confronter, et ce n’est qu’en se tournant vers lui qu’elle aperçoit enfin l’objet de leur recherche : « Juste là, à tes pieds. » indique-t-elle en désignant la balle du menton, non sans froncer les sourcils d’embarras. Il aurait fallu qu’elle se plante avec détermination devant lui – oui, le torse bombé, les poings sur les hanches – et le regarde sévèrement au fond des yeux, sans ciller, mais elle sent son menton s’incliner irrésistiblement tandis qu’elle lui fait remarquer, les sourcils moins froncés de détermination ou de colère que de gêne et de maussaderie : « Je crois ne pas avoir bien compris le lien que tu as fait tout à l’heure entre l’air-méchant-que-je-n’ai-pas et mon amour pour le Quidditch. » En vérité, c’est une question qui l’a toujours énormément préoccupée, et le désarroi disproportionné qui l’agite à cet instant en est le plus sûr indice. La violence incontestable du Quidditch l’a quelquefois clouée au sol d’appréhension et d’indignation et elle a encore toutes les peines du monde à ne pas se sentir coupable lorsqu’elle dévie un cognard pour déséquilibrer un membre de l’équipe adverse. En un sens, c’est stupide, puisqu’il ne s’agit que d’un jeu, et hypocrite dans une certaine mesure, puisqu’il est bien commode de considérer que la voluptueuse griserie du vol sur balai et de l’altitude compense le premier mal par un inexprimable bien. Mais voilà, il lui est trop difficile encore de compter aveuglément sur la médecine magique pour réparer les dégâts – immanquablement nombreux à la fin d’un match –, de trouver une consolation dans la relative rapidité de leurs remèdes, car enfin la douleur aura malgré tout été ressentie, le plus souvent jusqu’aux larmes – et elle trouve cela horrible, avec la fragilité de cœur d’une petite fille face à un chiot battu. « Tu penses qu’il n’y a – qu’il ne doit y avoir que des brutes parmi les joueurs… ? » demande-t-elle pour finir.
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Esteban Bayne
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Sam 26 Jan - 19:49

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Esteban

Slàine

Slàine n’a aucun sens pour Esteban. Elle est trop grande, elle sourit sans arrêt et quand elle ne le fait pas, la frimousse se fond dans une moue désœuvrée et virginale. Elle ne minaude pas comme la plupart des filles en tennis, ne cherche pas à faire valoir le découpage d’une jupe qu’elle n’a d’ailleurs pas mise. Tout semble solide à l’outrance, même l’éclat pourtant mielleux des yeux quand elle le rabroue sur Mahoutokoro. Il ne comprend pas et sincèrement, ça ne lui plait pas. Il la juge un peu naïve et impossiblement candide tant et si bien qu’il manque la moitié de ce qu’elle raconte, l’évidente contrariété sur ses traits bruns. Elle sautille un peu autour de lui, l’énergie volubile bien que timide et il s’adoucit. Ce n’est pas parce qu’il ne comprend pas qu’il ne doit pas se montrer courtois ou aimable – tout du moins autant qu’il en est capable.

Et il est capable de bien plus qu’il ne le laisse deviner.

« Les miennes ? Tu veux dire dans les bentos ? » Il imagine sans peine l’irlandaise s’extasiant sur les boulettes de riz en forme de panda et les saucisses en forme de pieuvres. Le Japon lui a toujours semblé étrange là aussi, majoritairement parce qu’ils n’avaient pas beaucoup de bonbons. On lui avait assuré qu’au contraire, ils en avaient des tas et que les pâtisseries que l’on appelait mochi était à se damner, mais il n’avait jamais tenté. « Tu sais en préparer ? » Il s’arrête immédiatement, l’idée ridicule de lui demander de lui en faire un le rendant encore plus perplexe que l’attitude de sa camarade de classe. Il préfère bifurquer sur le quidditch, le mystère encore complet sur le sujet. « Mais tu dois bien grimper tout en haut d’une tour pour atteindre ta chambre ! » Le voilà qui lui jette un regard légèrement offensé. « Cela n’a rien à voir, je monte pour dormir et étudier. » Pas pour voir des pantins faire les marioles sur des balais. Il ne dit pas le reste qu’il sait parfaitement injuste. On le lui a enseigné en droit magique: le sport est une donnée diplomatique des plus émérites. On fait des traités autour de coupes du monde, on signe des paix à l’abri des grands matchs, on discute de commerce aux premiers sifflets de grandes rencontres.

Esteban est d’un abord calme et maîtrisé, tout du moins, il aime à le croire, ignorant fortuitement les volcans sous-jacent. Il a toujours espéré pouvoir donner le change, faire face à toute les situations et toute les personnes sans ciller le moindre du monde. Montrer c’est faiblir dans son esprit intrépide et Slàine porte ses sentiments en bandoulière, les émotions en arc-en-ciel sur son visage si expressif. Il fronce les sourcils à nouveau, l’étonnement sincère lové sous les yeux noirs. Elle a les siens si facilement humides à l’abri de sa puissance naturelle et il y devine – peut-être à tord se dit-il subitement – la fraîcheur infantile. Comment peut-elle envoyer des cognards sur les gens a-t-il envie d’appuyer. D’autres le feraient dans un ricanement sonore mais il ne parvient pas à imaginer la Poufsouffle en faire de même. « N-non ! » Il darde un regard prudent sur le visage constellé de son. Elle n’apprécie guère ce qu’il a dit et il en est presque intrigué. « Vraiment ? » répond-il, le sarcasme en bordure des lèvres qu’il teinte à retardement en tournant son attention vers la balle.

« Juste là, à tes pieds. » Il serre les lèvres, la mâchoire devenant proéminente quelques secondes sous le coup de l’embarras. « Ah. Merci. » Il ravale la sécheresse naturelle de la langue, ramasse simplement la balle qu’il voit dorénavant comme si elle le narguait ouvertement de son aveuglement temporaire. « Je crois ne pas avoir bien compris le lien que tu as fait tout à l’heure entre l’air-méchant-que-je-n’ai-pas et mon amour pour le Quidditch. » Il peste silencieusement, prend le parti de prendre le côté qu’elle occupait auparavant tout en lui répondant. L’hésitation qu’il avait sentit il y a quelques minutes encore a fondu sous l’agacement et il fait rouler le duvet jaune et blanc de la sphère sur sa paume. « Quand on est cogneuse, rappelle-moi le principe... mais on ne doit pas envoyer les cognards sur le joueur adverse pour l'empêcher ou le ralentir ? » Il la regarde maintenant, une sévérité qui se recroqueville à chaque nouvelles paroles comme s’il avait conscience de tenir un verre trop plein entre des doigts nerveux. « Ce n’est pas ce que j’appelle une attitude très gentille. » Il passe ses dents sur l’embout de la langue et inspire. Elle a de trop grands yeux décide-t-il, et son nez est trop fin pour sa carrure, les cheveux seraient mieux détachés et… Il gonfle ses joues, vaincus. « C’est le sport qui veut ça, il n’y a pas de quoi se turlupiner. Le quidditch a juste l’air plus barbare aux yeux d’un moldu. Un peu comme le rugby. Il n’y a pas que des brutes au rugby. » Il tend son bras et effleure l’épaule pour lui dire de venir et de laisser tout ça derrière. « J’aime bien le rugby. Y’a pas de balais en l’air. » Il lui offre un mouvement de tête soyeux, l’excuse flottante presque sur l’arrondi des lèvres. « C’est juste que tu as l’air si… » Il fonce les sourcils et s'arrête brutalement. Ce n’est pas son problème si elle est sensible et il ne voit vraiment pas pourquoi il lui en parle en vérité. « Enfin, on n’a pas fini notre jeu, tu veux faire une balle de match ? Histoire de rentrer avant le dîner ? » Voilà qu’il se sent quoi ? Coupable ? L’exaspération passe en une brise lourde. « J’ai des bonbons dans mon sac, ça nous boostera vu l’énergie dépensée. »

Les bonbons étaient l’équivalent d’un armistice sans fin, le gout divin en plus.


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Slàine O’Toole
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Sam 26 Jan - 23:54

Jeu, Set et Match
L’espace d’une seconde, en fait le temps que dure ce « Vraiment ? » cruellement rhétorique, Slany aperçoit le mufle dans le gentil garçon – le mufle bien malgré lui, se convainc-t-elle incorrigiblement. Et elle sait, Slany, elle sait comment les choses auraient dû se passer, comment les choses se seraient effectivement passées dans un monde où elle aurait consenti à ne pas laisser les baffes se perdre. Elle sait qu’elle aurait dû raidir puissamment les épaules pour l'engloutir dans l’ombre dissuasive de son corps, rendre ses yeux beaucoup plus incisifs et les lever pour les planter dans les siens comme elle aurait planté un index menaçant dans son plexus solaire, lui rétorquer sèchement qu’à ce compte-là, il aurait mieux valu s’abstenir de l’inviter à ne pas retenir ses coups. Elle sait qu’elle aurait dû se détourner de lui, abandonner le terrain et l’orgueil de remporter la victoire dans les règles, ne pas s’imposer sa compagnie à la fois si agréable et si insidieusement méchante – plutôt que d’avoir le sentiment de lui imposer la sienne tout au contraire ; mais voilà : sa frustration demeure là, retranchée comme une bête blessée derrière l’abaissement dépité de ses paupières, aussi inoffensive que des braises depuis longtemps éteintes. Pour si peu de chose encore, elle a l’ingénuité de se sentir vaguement coupable et de ne pas réussir, finalement, à voir la situation autrement qu’à travers le prisme de la gentillesse qu’il lui a témoignée plus tôt. Elle n’y peut rien – et lui non plus.

Qu’y aurait-il à répondre, du reste ? Il a raison, de prime abord, et elle-même n’est pas assez à l’aise avec le sujet pour trouver les mots justes, ceux qui lui enfonceraient le nez dans son erreur. L’idée que le sport, au sacro-saint nom du jeu, puisse abolir les considérations relatives au Bien et au Mal, à la gentillesse et à la méchanceté, est à ses yeux un problème que le consentement des joueurs ne simplifie en rien – bien au contraire. C’est le sport qui veut ça, ajoute-t-il, comme si cela pouvait effacer les éclaboussures du pavé qu’il vient de jeter dans la mare de sa conscience, comme si le mal n’avait pas été dit, et la façon qu’il a de faire valoir sa perception de moldu pour finir lui est tout simplement insupportable – sans qu’elle ne comprenne vraiment pourquoi. C’est encore une commodité de la conscience. Elle aurait dû se mettre en colère, lui gifler le museau en lui reprochant ses raccourcis ; mais le maladroit réconfort qu’il coule dans un effleurement vient à bout des premières – et trop timides – étincelles de son emportement. Elle expire longuement. Pendant une seconde, elle lui sait gré d’évoquer un autre sport moldu : le rugby qu’il dit apprécier lui apparaît en effet comme une porte de sortie inespérée, et elle se voit déjà s’y jeter tête la première, s’enthousiasmer un peu trop fort, explorer ce domaine qui lui est inconnu pour mieux oublier son dépit ; seulement il ne lui laisse pas l’occasion de l’emprunter. Comment s’y prend-il, au juste, pour imprimer à ses émotions un tel cheminement en dents de scie ? Car il est encore question de ce dont elle a l’air et elle se surprend à imaginer ce que ses frères auraient répondu à sa place – certainement la seule réponse que ce genre de réflexion fondée sur les apparences mérite : quelque chose comme un « Oh ta gueule. » bien senti, en dépit des interdictions de leur mère.

Slany se mord plus fort l’intérieur de la joue. En vérité, elle ne sait pas ce qui lui aurait le plus coûté : s’abstenir de lui demander de poursuivre sa phrase ou, au contraire, avoir le courage de l’y inviter. Et pendant qu’elle se torture secrètement la conscience, c’est encore avec la cruauté insouciante d’un enfant qu’il lui propose une balle de match. Elle parvient presque à froncer les sourcils de contrariété, mais les bonbons qu’il lui offre de partager avec elle mouchent aussitôt ses velléités de résistance. Pourquoi Merlin fond-elle si facilement ? Pendant un court instant, elle se déteste et se blâme de sa trop grande malléabilité, avant de songer qu’elle préfère tout de même être celle qui pardonne facilement, plutôt que celle qui pourrit dans les miasmes d’une rancœur idiote. Slany relève enfin des yeux un peu humides – c’est à cause du froid, n’est-ce pas – et sourit timidement, acquiesçant pour accepter sa généreuse proposition. Elle ne parle pas encore parce qu’elle se sent un petit nœud dans la gorge – c’est ridicule, vraiment – et se dit, pour essayer d’en rire intérieurement, qu’il aura du moins réussi à la faire taire.

Cependant elle ne peut s’empêcher de regarder par-dessus son épaule tandis qu’il extirpe lesdits bonbons de son sac. Son cœur palpite quand elle aperçoit les emballages très reconnaissables de sa confiserie favorite. Elle rosit violemment et leur vue suffit à venir à bout de ses dernières réticences : « Tu… T-tu as des chocoballes... ! » s’émerveille-t-elle en s’approchant encore un peu de lui. Elle les regarde quelques secondes – presque amoureusement – alors qu’il les lui tend – non, c’est bel et bien de l’amour, en fait – et ne peut s’empêcher de trépigner comme une enfant. « Merci… ! » C’est presque un couinement, mais elle n’y fait pas attention : le sourire de plus en plus franc, elle prend une chocoballe et s’installe sur le banc, dans un affaissement où entre une forme de soulagement – comme par anticipation du plaisir gustatif qu’elle s’apprête à vivre.

Il lui semble qu’elle aurait pu écrire un poème sur le mélange des textures auquel la confronte toujours si délicieusement la dégustation d’une chocoballe. Elle sait ordinairement par où commencer, du reste, mais la présence de son camarade l’empêche – bienséance oblige – de séparer les deux parties de la friandise pour l’évider du bout de la langue. Aussi préfère-t-elle y croquer délicatement – non. –, accueillant ensemble la douceur et l’épaisseur si satisfaisantes de la crème,  la suavité légèrement acidulée de la fraise, le moelleux irrésistible de la génoise au chocolat après en avoir fait céder l’enrobage croquant et fondant tout à la fois. Elle en rosit encore. Le sucre l’a tout à fait apaisée.

Un garçon qui se promène avec autant de merveilles dans son sac ne peut pas être méchant, n’est-ce pas ?

Oh, elle ne souhaite pas revenir à leur précédent sujet de conversation, elle préfère oublier qu’il s’est montré un peu cruel – sans le vouloir, c’est certain, se persuade-t-elle candidement. Il se peut toutefois qu’un genre d’esprit frappeur l’inspire quand elle lui fait remarquer – en apparence sans malice : « Tu n’as pas l’air d’être le genre de garçon qui se promène avec tant de sucreries sur le dos. » Pour la première fois depuis quelques minutes, elle trouve le courage de l’observer. En réalité, elle se demande si le sucre va polir son visage et le rendre moins grognon. « Est-ce que tu as aussi des bonbons moldus ? demande-t-elle en tapant doucement le sol du bout des pieds. Je n’en ai encore jamais goûté mais il paraît qu’ils sont merveilleux ! Autant que les nôtres, peut-être… ? Au moins, il y a quelque chose du monde magique que tu apprécies ! » Un reproche déguisé ? Elle n’oserait pas.
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Esteban Bayne
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Esteban Bayne
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Re: Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé] Mer 30 Jan - 10:32

Jeu, Set et Match- Don’t you think that it’s boring how people talk? -

Esteban

Slàine

Il ne voit pas toute les nuances de colères étouffées défiler dans l’éclat noisette des yeux, distingue avec maladresse la présence d’une gêne qu’il a lui-même instauré. Il n’aime pas mentir et encore moins enjoliver mais il apprend l’un et l’autre consciencieusement en classe, s’en accapare avec lenteur dans la vie de tous les jours. Ce n’est pas un mal - pas vraiment- les choses se passent mieux quand on barde de miel les lames trop étincelantes. Il a du mal encore, la lie amère aussi difficile à avaler finalement pour lui que pour elle. Cela ne fait que confirmer ce qu’il pense : sous l’extérieur athlétique, les manières sont de sucre et la sensibilité est un coquelicot fragile. De quoi avoir froncer les sourcils en la traitant de nigaude dans sa tête. Il y a un son sourd dans sa poitrine, comme un battement distinct à une porte. Monsieur Culpabilité est venu payer visite de courtoisie. C’est amusant quand on a en face un sorcier imbu de son statut et qui aime à pavaner son pedigree ou sa baguette, mais il n’y a aucun prestige à retenir cette moue sur un visage chagriné comme celui de la Poufsouffle.

Au moins les promesses de bonbons ont l’air de faire leur effet. Plus qu’il ne l’imaginait même au départ. « Tu… T-tu as des chocoballes... ! » Il cille, les cheveux bruns flottant sur les tempes. Il a des chocoballes ? La sphère nacrée roule dans son sac, le parfum agréable chatouillant les nez curieux présent dés qu’il l’ouvre. Ah oui. « J’aime bien le chocolat autour… » Il les lui tend avec l’empressement de quelqu’un qui veut se faire pardonner au plus vite mais sans avoir à être témoin de ce genre d’émerveillements limpides. Slàine a les yeux qui ‘illuminent et les joues qui se colorent, l’arc-en-ciel d’un bonheur secret et précieux voilant sa déception précédente. Et merde. Il cille à nouveau, cachant l’effroi mêlé à la réprobation derrière un masque de politesse surannée. « De rien. Tu peux toute les prendre d’ailleurs. » Il n’y en a que deux du reste et il aime montrer une autonomie certaine et compétente même quand il s’agit de manger des bonbons.
Il chipe une patacitrouille qu’il hésite à fourrer dans sa bouche.

Déjà, la silhouette sportive s’éloigne, toute accaparée par le trésor chocolaté. La friandise a un aspect plus brillant entre les doigts agiles et il finit par croquer dans sa propre friandise, conscient que la salive est venue lui chatouiller la langue par anticipation. « J’ai l’air de quel genre alors ? » Il esquisse un dodelinement en refermant son sac, le paquet de bonbons encore entre ses doigts, plus léger maintenant que la lourde chocoballe s’est volatilisée. Esteban n’a jamais compris de quoi il avait l’air en vérité aux yeux des autres. La chose lui semble indistincte. Il maîtrise pourtant, tâche de se donner un air sempiternellement sérieux, veut qu’on le prenne au sérieux dans ce monde peuplé d’étranges et qui l’a adoubé ipso facto de faible. Il n’a pas de baguettes mais il a son esprit se dit-il toujours, on peut bien construire des magies et des sortilèges solides grâce aux lois édités.

Il se tient droit, l’arc du sourcil en défi silencieux, fait sauter une bertie entre ses canines, la guimauve élastique sur l’émail et le gout chimique délicieusement fruité parfumant sa bouche. Gout popcorn. Il a de la chance, encore une fois. « C’est pour contrebalancer mon amertume naturel. » Il plaisante et s’installe près de la jeune fille qui n’a d’yeux que pour la gourmandise. Il se garde à distance raisonnable, les mains fouillant le sac pour attraper un crocodile, ignorant le reproche sous-jacent qu’il a bien noté. « Des bonbons c’est des bonbons. Regarde, ça c’est un crocodile. C’est presque mes favoris. Il y a aussi les schtroumpfs, les fraises tagada, les fils… les fils c’est terrible. Ils ne te trouent pas la langue comme les suçacides mais ça te fait fermer les yeux tellement ça picote la langue. Je n’en ai pas là, la prochaine fois je t’en ramène. A la pomme ce sont mes favoris. » Il laisse les sucreries faire leur effet, le shot d’énergie avide entre ses veines. Il aime les friandises pour l’énergie immédiate fournie, la saccharose en shoot d’audace et de persévérance. La hardiesse est toujours plus atteignable sous l’effet d’une guimauve ou d’une pâte de fruit. « J’en conclus que tes favoris sont les chocoballes ? » Il passe ses doigts sur les lèvres, ramasse le sucre qui y traîne pour mieux le faire fondre à nouveau sur la langue. « Je ne déteste pas les sorciers tu sais. Mes parents en sont… enfin. Mes parents adoptifs. » Il la regarde comme s’il jugeait de sa véritable gentillesse aux couleurs d’abeille. Comme s'il était surpris lui-même de lui avoir révélé tout ça. Il parle rarement de ce fait, voir jamais mais elle est docile et aimable, et il a toujours eu un faible pour la douceur.

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Jeu, Set et Match (ft Slàine) [Terminé]
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