ton héritage

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ton héritage Lun 21 Jan - 19:52


maximillien
rosier
désigné max
ou le déchu
ou le damné
vingt ans
sexuellement désinvolte
français
sang-pur
renié par sa famille
neuvième année
redoublant
licence d'arts magiques sans conviction
max n'aspire qu'au désordre
il adore les fonds du panier de la magie et s'en entoure par provocation
gryffondor
kazuo kuwabara de gantz
+ niels schneider
sa baguette est en tremble avec un cheveu de vélane, elle est longue et inflexible, son épouvantard prend les traits de sa mère le regardant de haut, ivre et narquoise comme à son habitude, son patronus est un crabe violoniste qu'il a du mal à invoquer, le miroir du riséd le reflète pareil à lui-même, mais accompagné d'une boule de lumière qui brille à ses côtés, son amortentia est une lourde odeur de liqueur et d'indica, il n'a aucune matière favorite puisqu'il évite soigneusement de s'investir en cours, il aime le chocolat blanc, il est en grande sympathie avec les créatures magiques de tout pedigree, surtout les exclus de caste, il n'a jamais été rejoint par sa fée à ses onze ans et s'est vu évincé de la famille rosier.

Ci-contre, L'Ange Déchu, Alexandre Cabanel, 1847

quand il dort il ne rêve pas, et c'est de votre faute.
c'est en tous cas ce qu'il pense, et ce qu'il vous dira, la tête légèrement penchée en arrière comme saint-sébastien, la lèvre gonflée par le joint qui le brûle aux commissures, la cendre qui s'effondre sur son torse nu. max a des cernes immenses et un corps vacillant. ses paupières sont plus lourdes que le rideau qui tombe sur un opéra, et quand vous verrez l'opacité de ses yeux, qui sont des vitres brisées, vous vous demanderez s'ils sont vraiment les miroirs de l'âme.

max oublie tout par principe. mais si vous l'oubliez il mourra. "si tu m'oublies je meurs", c'est lui qui le dit, ce fils de pute. et il est sincère. il faut qu'on se souvienne, il faut qu'il tienne aux ventres. il faut qu'ils sachent que son malheur est le plus grand car il ne l'a pas choisi. on devrait tous pouvoir choisir son malheur. comment se délivrer d'une douleur qui n'est pas à soi ? la douleur est comme un ami, un amant qui ne veut plus aimer davantage. si on ne sait pas s'en débarrasser on apprend à vivre avec, comme on apprend à vivre avec son enfant infirme, son erreur, son chagrin.

tous les paradis sont artificiels mais max ne le sait pas. il cherche le sien dans des espaces dangereux, parfois dans des précipices, parfois dans des trous noirs. il porte en lui le goût de l'anéantissement, de soi et puis du reste : c'est dans la nature des laissés-pour-compte. la vie est un poison violent qui ne tue pas en une fois, il prend son temps à courir les veines de ceux qui les ouvrent à coup d'incendies ; et le sang souvent tourne court, et vite. celui de max écrit des insultes en coulant sur toutes les choses, chaud comme la surface du soleil. mais un jour même le soleil s'éteint.

les raisins de la colère ne se cueillent pas. ils se détachent tous seuls de la vigne. grêlés de maladies, ils sont putrides et font de mauvais jus. on les écarte de la table comme le bon garçon du droit chemin, puis ils finissent au ban. de certaines pampres décadentes naissent les enfants comme max, pourris jusqu'à la moelle, pas de richesse mais de haine : en carence de tout, sans reconnaissance, ils ont les cœurs en chantier. mais max connaît sa haine. c'est sa peine déguisée. celle qui le fait parfois songer, la larme rageuse, à une autre vie.

max s'est couché si bas, plus bas que le niveau de l'eau d'une mer qui meurt, plus bas que le dos d'un chat brisé par une voiture, plus bas que la ligne d'une main qui tombe lâchée par une autre main. max a rampé sur des sols mats dans la pénombre. max a creusé des tranchées avec ses doigts. mais tout ce qui tombe doit remonter un jour, et si on ne lui renvoie pas l'ascenseur, il prendra la gravité comme on prend une putain.

au festin nu max n'a mangé que les restes. aujourd'hui il se sent plus affamé que jamais. max a tellement hurlé, tellement versé son corps, son sang, tellement donné à l'espoir, et tout compte fait, à la merde - aujourd'hui toute la terre lui est redevable.
cette fois la maison ne fera pas crédit.

(perdu, brisé, vulgaire, violent, rancunier, dramatique, colérique, égoïste, irresponsable, autodestructeur, naïf, railleur, ouvert, sincère, acharné)





le dîner de noël, 2022


quand dans l'amour, je demande un regard, ce qu'il y a de foncièrement insatisfaisant et de toujours manqué, c'est que jamais tu ne me regardes là d'où je te vois.

max a toujours demandé un regard, un seul. celui-là même qu'aucun d'entre eux n'avait à lui donner. attablés ensemble, ils se tenaient loin de sa personne, assez pour ne pas distinguer la forme singulière de ses yeux, leur prière, leur désolation.

max cependant prenait garde à rester la tête basse, ou on le taxerait d'insolence, peut-être d'ingratitude. un bon exclu était un exclu discret. il avait appris à être poli avec ceux qui le mortifiaient : il pouvait bien se casser de haut en bas, plein de séismes. ce ne serait rien d'autre, pour eux, que des tremblements lointains.

max avait eu quinze ans hier. ce n'était pas assez d'ans pour savoir comment faire face à l'injustice, mais c'était assez pour comprendre d'où venait toute la distance qu'ils avaient mis entre lui et eux. une distance pas même couverte par la fête, par l'esprit-saint, ces prétextes - les artifices qui servaient d'ordinaire à rassembler une famille ne suffisaient plus à connecter leurs morceaux, leur porcelaine. c'est à dire qu'ils s'émiettaient encore entre leurs mains. et max émiettait son pain.

il regarda son chevreuil rôti à la sauce grand veneur. les autres étaient tout à leur conversation. cette clameur à laquelle il ne participait qu'en rêve laisserait bientôt place au silence de l'habitude, ce silence du seuil, celui auquel il pouvait enfin prendre part sans être honni. tant qu'il n'ouvrait pas la bouche, il avait l'impression d'avoir une mère, un père, un frère et une sœur. il ne vivait pas, mais pouvait exister.

exister était de loin l'activité familiale la plus importante de toutes. contempler son assiette, baisser le nez. recouvrir d'une cloche sa déception pour la servir en plat de résistance.

la seule résistance de max était dans sa détresse, qui glissait sur la nappe en jacquard, sur les visages hermétiques, sur le temps qui passait lentement. si lentement que ses ongles, enfoncés dans ses paumes, entaillaient sa chair.

max avait eu quinze ans hier. personne ne les lui avait souhaité.
à présent son existence serait un combustible, il l'avait décidé.

il monta sur sa chaise.

- incendio !

la table prit feu.
elle s'illumina, comme un phare sur une mer.

il y eut des cris et un bruit d'explosion. puis les plats s'embrasèrent d'un coup.
la plupart quittèrent la cène dans la stupeur et l'effroi.
seule faustine resta assise.

en regardant sa mère dans les yeux, max remarqua que les flammes ne s'y reflétaient pas. elles y dansaient, sans un crépitement. alors devant ses bras ballants, et devant son corps tranquille, et devant son visage figé, comme une glace qui ne fondait pas, il vit quelque chose de plus terrible encore que l'incendie.

- tu as fini, maximillien ?

sa voix était douce, indifférente.
max tremblait.

- le spectacle est terminé ?

elle n'eut pas un geste. pas un mouvement de recul.

le feu gagnait à présent les tentures. il éclairait leurs visages parallèles, et chacun à présent voyait de l'autre ce qu'ils partageaient dans le sang, la viande et le lègue : leur ridicule, presque insupportable beauté.

elle essuya sa bouche avec sa serviette.

- tu vois, maximillien, c'est ce qu'il y a de pire avec toi. elle marqua une pause. même ta révolte est lamentable.

elle sortit sa baguette et arrêta le feu.

ce qui avait toujours été morceaux serait maintenant poussière.




l'éviction de beauxbâtons, 2019


il n'était plus possible de parler de 'nous'. à présent il n'y avait plus qu'un 'tu' meurtrier et un 'on' qui ne le concernait pas. le 'je' précisait qui commandait, au cas où il l'aurait oublié ; le 'il' était pour l'évoquer lors de ses absences. en général, ils parlaient toujours de la même chose. "qu'est-ce qu'on va faire de lui ?"

qu'est-ce qu'on va faire de toi ? c'est la question qu'ils posent tous. qu'est-ce qu'on va faire de toi ? je ne sais pas, il répond.

je me traîne comme un fou en cherchant mon paradis. pour peu que je le cherche je me cogne à celui des autres. comme si c'était pas assez dur d'avancer, de trouver, de prendre son morceau. comme si c'était possible d'être son propre fardeau.

un an, puis deux. il y avait prescription sur le bénéfice du doute. à présent il n'était plus protégé, ni par la providence, ni par les siens.

max n'avait jamais su saisir les moments de grâce. il les voyait passer avec une impuissance presque physique. le propre du miracle était de se produire à un instant où son existence y était sourde, aveugle : les moments de grâce devenaient des actes manqués. ils se passaient sans lui. ils se passaient sans fée.

andré rosier l'observait avec malaise derrière les camélias. une longue haie taillée les séparait l'un de l'autre. la lettre de renvoi, dans les mains de max, était en papier bleu.

- je ne peux rien pour toi, maximillien.

le directeur de beauxbâtons avait toujours été d'un naturel conciliant. mais certaines choses étaient hors de sa portée, ou plutôt, de sa juridiction personnelle. comme s'opposer à la loi martiale familiale, et à la tyrannie de sa sœur.

quand on vous exile à douze ans, juste avant l'été, près des bougainvilliers qui bordent la fontaine flamel, vous savez que la poursuite des choses sera très dure ; très dure, et très incertaine.

- c'est maman qui vous a demandé ?
- je ne peux rien te dire.

de toute évidence, cet homme avait le sens de la famille ; de la famille et des affaires. jamais il ne se serait porté garant de son paria de neveu. celui-ci cauchemardait les yeux grands ouverts, voyant fomenter faustine et son frère dans son dos. de quelle alliance sinistre avaient-ils convenu? il ne pouvait l'imaginer. il se figurait ces adultes comme de diaboliques complotistes, des instigateurs pervers, avec une queue de diable et des cornes pointues.

c'était la première fois que max pleurait sans faire de bruit. il sentait l'organe musculaire dans sa poitrine se rabougrir en lui, plus creux que jamais.

- il faut partir maintenant, maximillien, ajouta le directeur d'une voix douce.

il désigna de la main le fiacre arrêté plus loin, juste à l'extérieur. deux abraxans y attendaient paisiblement.

le visage mouillé du garçon se leva vers son oncle. de la morve tomba dans sa bouche entrouverte. il pensa à sa mère, il pensa à l'école. il pensa à sa vie.

il avança machinalement vers la fontaine, avec ses yeux vides, son air interdit et sa blondeur plus forte que le soleil.

avant qu'andré n'aie pu le retenir, il grimpa sur le rebord et se jeta dans l'eau.




les vacances à monte-carlo, 2023


faustine semblait croire qu'au bout d'un certain temps, son fils finirait par s'annuler lui-même, érodé comme un sol sous des couches d'asphalte. mais quand on est un produit de facture humaine, on a beaucoup de mal à renoncer à sa propre existence, surtout quand elle ne vaut rien. la dégradation du polyéthylène en milieu sauvage est très lente, trop lente ; c'est un processus qui dépasse la longévité des noms de famille.

en choisissant d'aller étudier à poudlard max espérait s'attirer les foudres des rosier. mais il n'en fut rien. ils ne réagirent pas comme il l'avait prévu. d'ailleurs ils ne réagirent pas du tout, indifférents à toutes les choses qui de près ou de loin le concernaient.

et voilà, cinq ans de fugue s'étaient écoulés comme du sable hors de son clepsydre. cinq ans de culture hors sol, de construction privée. l'être qu'il était devenu en angleterre s'était depuis longtemps dédouané de toute obligation, toute forme d'allégeance. ses retours sur le domaine étaient si rares que nul ne se souciait plus de le voir ou non. personne ici ne savait rien, ni de son caractère, ni de ses habitudes. s'il avait des amis, s'il avait des bonnes notes, s'il était amoureux. s'il avait des projets, l'une ou l'autre aspiration. s'il était habité. s'il avait trouvé quelque chose qui valait la peine. les réponses étaient non. non à tout. rien ne valait la peine, cette peine, ce désespoir immense. il aurait voulu le croire. mais il était par nature désintéressé de tout.

de toute évidence, max aurait préféré qu'on le haïsse. mais les rosier savaient qu'il suffisait de l'ignorer pour l'anéantir.

quand on souffre de ne pas être aimé on s'accroche à tous les subterfuges. on ne fait pas le deuil. de toutes façons, maman dira ce qu'elle veut : il faut laisser parler, sinon on devient fou. max se disait parfois qu'elle ne le reconnaîtrait même pas dans une foule alors qu'elle l'avait mis au monde.

il avait toujours été le préféré, ce qui était une coïncidence tragi-comique, un coup dans les fontanelles. jusqu'à ce que le destin le laisse sur la touche, c'est ses cheveux à lui qu'elle peignait en premier, sa voix à lui qu'elle cherchait dans le noir, ses yeux à lui qu'elle espérait voir. à trop aimer la chair de sa chair, on en vient à ne plus la supporter aussitôt qu'elle nous fait mal. mais est-ce de la faute de max si sa chair est indigne de tout ? il ne savait pas très bien. il ne savait pas qui haïr le plus. dans la tourmente insoluble, il se détestait autant qu'elle. c'était un compromis.

- je croyais être fait pour être heureux. mais je ne suis fait pour rien. enfin, je ne suis pas plus fait pour ça que pour autre chose. mais comme rien ne le réprouve, je suis aussi fait pour tout. et tout, c'est ce que je veux.

sur la route des vacances il lui racontait n'importe quoi. ça n'avait pas d'importance, puisqu'elle ne l'écoutait pas. le transplanage était le seul moment où il touchait son bras, où la jonction était possible. après cela le contact se rompait pour toute la durée du séjour, toute la durée de l'été.

il y avait un certain progrès, cependant : c'était la première fois depuis sept ans qu'il était invité à la maison de villégiature. c'était une résidence de luxe à monte-carlo dont il avait presque oublié le jardin. et le verger, et la pépinière. et la piscine où il sautait avec victoire, avant.

la première chose qu'il fit fut allumer son joint.

- si on t'entends cette nuit, tu rentres à marseille.

victoire ne lui décocha pas un regard. il ne lui répondit guère.

max logeait dans la dépendance, cabanon éloigné de la villa et bas de plafond, mais ensorcelé pour égaler la taille d'une petite maison. il y restait le plus clair de ses journées.

la nuit, il allait faire la fête en ville. ou bien il s'enfumait tout seul en se posant des questions d'adolescent. des questions flottantes, qui auraient une réponse quand il ne se les poserait plus. c'était à cette période, à peu près, que lui était venu le goût de l'autodestruction.

max avait dix-sept ans et s'était trouvé assez longtemps dans le noir pour savoir que le soleil aussi savait être sombre. il avait passé des étés loin des palmiers, loin des piscines. loin des beaux lieux dont on l'avait exilé. pour qu'il cesse d'exister, pour qu'il ne voie pas le monde. parfois le monde était trop méchant. alors il aurait voulu le fuir comme l'enfant dans les jupes de sa mère. mais quand il n'y avait plus de mère, que restait-il ?




la fête à l'allée des embrumes, 2025


la nuit londonienne connaît max et ses turpitudes.

il traîne sa non-identité dans les hangars, brûle sous les stroboscopes des warehouses et s'y dissout jusqu'aux petites heures du matin. tous les club kids ont déjà touché l'épaule de max pour lui proposer un after. tous ont déjà dansé avec lui sans plus s'en souvenir.

des champs de mauvaises herbes ont poussé sur son nom, son esprit évaporé a pris la forme des nuages. et maintenant il pleut à verse, sur sa vie et sur les autres. sur l'entièreté nue du monde, délaissé comme un cadavre après la fête.
 
- fais-moi une trace.
 
la poudre tombe du papier à la table. comme une poignée d’étoiles dont il a l'habitude.
 
- ouvre la bouche.
 
une fille l’embrasse. avec la sienne elle glisse un papier bleu sous sa langue. les verres se remplissent d’un épais violet et glissent dans des gorges trous noirs. le sucre magique tapisse les papilles, la fumée imprègne des poumons très tendres. un garçon vomit.
 
il y a longtemps que tout est flou. les sens ne servent plus, ils tournent à vide dans l’appartement plein. où que l'on porte son regard il n'y a que des anges distraits. des enfants terribles qui se sont perdus, puis retrouvés dans les brumes de l’after. des silhouettes idiotes qui s'agitent au balcon. des substances que l'on inhale comme on chasse le dragon.

de toutes manières ce n'est pas grave. personne ne les entend hurler. inertes, flottants comme des îles, ils poussent des cris que la musique emporte. et avec elle, elle avale la nuit. celle-là comme les autres.

car toutes ces nuits, max les connaît déjà. au début elles étaient d'excellents palliatifs à toute forme de solitude. maintenant elles sont des mensonges sans ni fin ni remède. comme d'anciens amis dont les habitudes agacent et qu'on regarde avec dégoût, mais qu'on ne peut quitter.

les nuits ne vont jamais muer. les nuits restent comme ça, comme les invertébrés qui ne changent pas de peau mais d'endroit. toujours est-il que max préfère la nuit et à l'ennui, c'est plus distrayant. et il y fait moins froid.

max sait à l'avance ce que la nuit a pour lui, il en a vu la couleur. il sait à l'avance ce qu'elle croit lui donner, la nuit il l'a en double. la nuit c'est une forêt noire, des caprices, des enfants trahis. la nuit c'est une parodie.
 
max est frappé par la nuit comme par un train. certaines personnes comme lui ne se sentent pas de justifier leurs frasques ; elles sont ici juste pour l'excès, la violence, le dépassement. de soi, des autres. de ceux qui vous aiment trop, ceux qui vous aiment un peu moins. peu importe, puisque lui n'aime rien.

il ne sait plus l'heure. il ne sait plus quels doigts attrapent ses cheveux. il ondule. il ne dit rien mais il devine. il devine que parfois même la lumière ne veut plus de son ombre. c’est comme ça.
 
max cultive distraitement l’excès, avec à son crochet toute une jeunesse dorée, une jeunesse en branle. une génération vapeur qui disparaît dans un déferlement de cris, de sourires douloureux et de corps en érosion. la mort latente se cache derrière chaque émotion.
 
niez l’espoir et la gentillesse à ces enfants qui ne savent pas quoi faire d’eux-mêmes. vous êtes assurés qu’ils le trouveront au fond d’un verre, au fond d’un club, d’un incendie.

plus on est riche et seul, plus le ciel se rapproche du sol. quand la notion des distances se déforme, on tombe du dernier étage en croyant qu’il s’agit du premier. ce n'est pas une chute comme les autres.
 
max ne se préoccupe pas trop de sa chute. mais il n’est pas con. comme il sait qu’il ne durera pas, il s’appuie sur le bonheur. il en fait des provisions. il ne pense plus à mal. parfois même il va trop bien. alors il se remet au travail, se remet à son propre sabordage, à l’élaboration de son fiasco.

en partant de la fête, nu sous le manteau d'un inconnu, déchiré comme peut l'être une âme de chien abandonné sur un porche, il se demande encore : comment décevoir ceux qui ne s'attendent à rien ?




le saccage de la résidence secondaire à cannes, 2024


vous le preniez pour un idiot ? il est bien plus idiot encore que cela, plus que vous ne sauriez jamais l'imaginer et que vous n'oseriez jamais l'envisager. vous le preniez pour un idiot ? vous ne savez pas sur qui vous êtes tombés, fracassés, du haut de l'égo suicidés.

max est un idiot, un grand idiot, un puissant idiot, le roi. max peux vous prédire que le soleil se lèvera demain, laissant la fête comme un cadavre, que l'aube est inéluctable et la journée inesquivable. malgré tout ça il peut refuser de la vivre, et rester ici, il peut décider que le soleil ne s'est pas levé pour lui.

il choisira le vide et choisira de ne pas se déplacer malgré le mouvement du monde. rejeté comme un organe, il rira quand on lui refusera l'entrée par la grande porte, et il viendra par la fenêtre.

- alors, faustine ? il était rieur. ma révolte est toujours lamentable ?

aujourd'hui sa révolte valait le détour, il en était convaincu. aujourd'hui elle pouvait même porter le nom de révolution. et elle était grande, toute en chaos, et en annihilation. c'était un exploit qui resterait dans les annales de la famille, même si pour cela il avait du les marquer au fer rouge.

la maison de cannes était plus belle encore que celle de monte-carlo. c'était pourquoi il avait soigneusement choisi ce lieu, cette heure, ce moment précis.

autour de lui les choses avaient brûlé, emportées par un souffle ardent. le feu n'était plus une plaisanterie mais un acte de barbarie avéré. max savait qu'il touchait au but, car sa mère le regardait enfin, droit dans les yeux, les tempes exacerbées, la bouche rendue sèche par la chaleur soudaine de ce vandalisme, perpétré dans sa maison comme il eut s'agit de son utérus.

des garçons et des filles dansaient dans le salon sous une trombe de hardstyle. la musique était si forte qu'elle faisait trembler les étages. quelques jeunes faisaient du skate dans la salle de bain. les plus ravagés renversaient des armoires pour en faire des cabanes. certains corps étaient endormis dans la piscine vide, d'autres traçaient dans la véranda. l'énergie par laquelle ils étaient mus était impure. le sang qui battaient sous leurs peaux moins pur que ça. max adorait frayer avec les exclus, s'en faire des acolytes nocturnes. tout à l'heure, avant le crash, il se souvenait simplement avoir dit "after à la maison."

sa mère descendit lentement les escaliers depuis le haut desquels elle contemplait la foire. un épais brouillard opalescent flottait dans chaque pièce comme un gaz hilarant. toutes les choses précieuses s'étaient effondrées. le lustre avait éclaté comme une bombe. le château ressemblait à une peinture de bataille. il fallait enjamber les décombres. plus de fournitures, de meubles ou d'objet qui ne soit dévasté. et le sol, recouvert de cendres, de crachats, souillé.

arrivée en bas, faustine ouvrit enfin la bouche devant le carnage, l'inévitable chute de son empire. le corps endolori de son garçon n'avait jamais été aussi chancelant, aussi au bord de lui-même.

elle regarda l'espace, elle regarda les ruines.
par-dessus le son qui blastait trop fort, si fort qu'ils ne percevaient plus qu'un bruit sourd, elle s'approcha de lui. elle le pris dans ses bras.

- tu es bien mon fils, max.

sa voix n'avait pas bougé d'une intervalle. elle était aussi douce qu'à l'accoutumée. c'était le genre voix qu'on voulait entendre le jour de la fin du monde.

- mais tu ne seras jamais un rosier.

elle sourit. ce n'était pas un sourire méprisant, mais un sourire triste, plein de pitié.

elle relâcha son étreinte. elle s'éloigna. max sentit que c'était la dernière fois. il sentit bien d'autres choses. il sentit cette maison dynamitée. il sentit les petits boutons sur la peau familiale. la méchanceté, les insultes et les querelles qui ne seront jamais terminées. il sentit le destin qui ne lui donnera jamais de répit. et puis au plus profond de ses fêlures, il se sentit lui.

allez vous faire foutre. il pensa. je vous crache à la gueule. il pensa. je vous vomis au visage. il pensa. ça y est, maintenant je vous connais. il savait.

sa famille, max la regarderait de loin, comme une sentinelle qui se moque. il la regarderait et il ne la verrait plus car si habitué. habitué comme le poisson non comestible à ce qu'on le ferre et puis qu'on le remette à l'eau, comme le cancre au coin, comme la mer à revenir. familier à tous ces lieux où son corps surgira pour se perdre, fuguer, fulgurer, disparaitre en lui-même dans d'étranges torsions. parce que tout est bon pour échapper à soi, à soi et à son nom.

sa famille, on ne peut pas vraiment y échapper. on ne peut que s'y dérober et fuir. on connaitra toujours le chemin pour y revenir.

à perte de vue, par-dessus l’envie de mourir, l’envie de partir. loin de tous ceux qui ne veulent pas de qui il est vraiment, max ira se reposer, mourir, attendre le charon de sa pirogue. et puis un jour, peut-être qu'il s'endormira…

- max ?

ivre, et presque inconscient, planté la comme un saule, il ouvrit à demi les yeux.

- ce n'est plus la peine de revenir.

ça n'était pas nécessaire.
il le savait déjà.


coucou les frères ça va ou quoi? moi jsuis au MAX
je vous présente mon clochard, honte de la famille tu connais pardon les cousins
si tu me cherches chui au cybercafé



Dernière édition par Max Rosier le Sam 2 Fév - 13:15, édité 15 fois
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Re: ton héritage Lun 21 Jan - 19:53

JE FIRST ET JEDITE PTN

officiellement BVN je suis tellement HEUREUX de voir enfin ta fiche et ta plume grandiose, je suis in love mais ça je le savais déjà de quand tu me parlais de max avant
vrmnt jsuis tlmnt fan,, je t'attends g hâte que tu finisses ta fiche et de voir à quel point max est ignoblement fabuleux dans son malheur

♥️♥️♥️



Dernière édition par Pan Rhee le Lun 21 Jan - 19:59, édité 1 fois
Salem Avery
Eleve sang-pur
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Salem Avery
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Re: ton héritage Lun 21 Jan - 19:58

BIENVENUE BG
Waaaa je vais en cours mais je tenais à dire que c'est du LOURD sorrywat
J'édite en rentrant, mais sache que je suis déjà fan (en plus c'est pas lucifer en header?? Ugh, your MIND)
Ene Reiss
✤ tiny but fierce ! ✤
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Ene Reiss
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Points : 726
Re: ton héritage Lun 21 Jan - 20:01

ptdr ptdr ptdr ptdr ptdr ptdr ptdr C'est quoi cette image ptdr ptdr ptdr ptdr ptdr

BIENVENUE.
J'adore la référence, Gantz c'était un très bon manga un peu sanglant
J'adore ce patronus un crabe c'est tellement fun swag
puis j'ai beaucoup aimé lire son caractère
Invité
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Re: ton héritage Lun 21 Jan - 20:10

déjà je clique je vois cabanel c bon j'achète je suis soufflée par l'aesthetic
ta plume est si belle si parfaite pour le personnage, franchement y'a mille compliment à faire et je suis très enthousiasmée pour la suite !!

et bienvenue bb j'attends tjr mon domac
Jamal Issa Loongo
Professeur de Défense contre les Forces du Mal
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Jamal Issa Loongo
Messages : 70
Points : 132
Re: ton héritage Lun 21 Jan - 20:29

PFIOU BIENVENUE rublove
J'ai pas tout lu mais je suis déjà fan ???? TROP HATE DE LE VOIR INRP !!!
Roxanne E. Forbes
Eleve sang-mêlé
Eleve sang-mêlé
Roxanne E. Forbes
Messages : 229
Points : 558
En couple avec : Soleil A. Nilsson ♥
Re: ton héritage Lun 21 Jan - 21:07

Bienvenue !

Bien hâte de voir Max en action irp, tu pourras nous contacter Samael et moi pour voir où on situe Max sur l'arbre généalogique des Rosier et, donc, dans la famille o/

Tu peux me trouver, entre autres, sur Discord si jamais : M-C#6143
Edea L. Baxter
Lionne au cœur d'or
Lionne au cœur d'or
Edea L. Baxter
Messages : 132
Points : 234
Re: ton héritage Lun 21 Jan - 21:42

BIENVENUE han
Je suis trop fan. Genre j'ai rien à dire de plus pour l'instant.
Bon courage pour la suite, c'est déjà vraiment trop parfait love
Invité
Invité
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Re: ton héritage Lun 21 Jan - 21:52

pls Je n'ai strictement aucune originalité ici mais la qualité de toute cette fiche m'empêche de me taire
L'esthétique, le personnage, et ta plume sont très riches, c'est vraiment beau et inspirant. Je suis très fan du code aussi. Bienvenue parmi nous 💕
Invité
Invité
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Re: ton héritage Mar 22 Jan - 0:32

bienvenue ta fiche est tellement belle et ta plume encore plus lilibel
et LE PATRONUS JE???? ptdr
c'est original en tout cas
Invité
Invité
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Re: ton héritage Mar 22 Jan - 21:13

look at how we are blessed
tu es magnifique
fais toi vite valider pour que je puisse te voler tous les liens possibles et imaginables
bref tu l'auras compris bienvenue je t'aime tu es beau tu écris superbement bien et je te pépom le zgueg comme jamais
marvel marvel marvel
Invité
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Re: ton héritage Ven 25 Jan - 20:33

mais WOOOOW cette fiche m'a foutue une claque dans la tête et je lui dis : merci frappe-moi encore ?
Ta plume est tellement saisissante c'est de la rage sublimée. C'est magnifique et toutes les références littéraires / bibliques / artistiques en général sont trop bien vues et les métaphores que tu construits avec sont hyper puissantes. Vraiment comme tous mes camarades ci-dessus je suis subjuguée
Max est un perso hyper hyper intéressant, la thématique de la déchéance est hyper pertinente compte tenu de son rang et je suis totalement d'accord avec Lily ton style d'écriture sublime sa révolte
Le code de la fiche est magnifique en plus de tout ça ! Je 🙏 une vraie réussite sincèrement

Bienvenue en tout cas et j'espère que tu vas bien t'amuser parmi nous ♥️
Tadhgán Payne
Eleve né-moldu
Eleve né-moldu
Tadhgán Payne
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Re: ton héritage Sam 26 Jan - 15:09

Mais que ? Je ne suis pas passée sur cette fiche ? DIANTRE WHY. why

Max est super cool, j'adore le prénom, le choix de famille, et en plus les persos un peu clodos traîtres à leur sang sur les bords on aime on approuve, c'est gage de qualité en rp (tu vas bien t'amuser) !

Bon courage pour la fin de ta fiche et bienvenue parmi nous ! han
Lune Choi
Eleve sang-mêlé
Eleve sang-mêlé
Lune Choi
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En couple avec : archibald ????
Re: ton héritage Sam 26 Jan - 18:36



bienvenue
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Re: ton héritage Ven 1 Fév - 10:58

ton héritage 2Q==

wow

vous êtes :
beaux
vous sentez :
bon

venez ici que je vous fasse des grosses papouilles mes petits lascars
on va s'entendre comme larrons en foire c sur
poursuivez vos reves lachez rien

ya mon bus qui arrive mé je vous laisse avec cette petite contine trash-chic???tragique!!!! qu'est l'histoire de max #lesmiserables #firstworldproblems #20ansdetherapie
et surtout noubliez pas de rire du malheur dautrui
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Re: ton héritage

ton héritage
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