ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán

Hécate R. Sinclair
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Hécate R. Sinclair
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ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Dim 17 Fév - 12:42


feat Tadhgán Payne

On veut des croissants !

Comment s’était-elle retrouvée embarqué dans cette situation ? Hécate ne s’en souvenait plus. Un mot de Payne, et elle avait accouru auprès du fameux bosquet. A vrai dire, il pourrait lui demander la lune qu’elle revêtirait sa fourrure pour la lui décrocher.

Tadhgán était son ami. Ça lui donnait toujours des frissons, de penser à ce mot. Elle qui ne pouvait pas l’employer si souvent. Ils s’étaient croisés à Beauxbâtons, une des périodes de sa vie les moins agréables, et il était venu vers elle, tout simplement. Mine de rien, cette rencontre avait profondément marqué Hécate. Au point de lui redonner un peu confiance en elle et d’aiguiller plus précisément son besoin de changement. L’année dernière, elle savait déjà qu’elle demanderait un échange scolaire, sans avoir réussi à choisir d’école. C’était Payne qui avait orienté son choix. C’était aussi lui qui l’avait encouragé dans son idée de petit commerce clandestin. Et lui aussi qui avait créé une faille dans ses convictions les plus sûres : finalement, tous les Moldus ne sont peut-être pas des ramassis de moisissures néfastes ? Où bien est-il l’exception qui confirme la règle ?

Bref, quoi qu’il en soit, elle était là. Dans le froid des jardins de Poudlard, le corps parcouru de soubresauts et de tremblements. L’air glacé de l’hiver subsistant probablement. … ne serait-ce pas plutôt l’angoisse, Hécate ? Retrouver ces visages mauvais, rieurs, bien plus nombreux que les faces neutres voire bienveillantes. Humer de nouveau le parfum des railleries, des secrets qui se dévoilent au coin des couloirs. Sentir les épaules qui te heurtent violemment, parce que l’on t’aperçoit sans te voir. Ces transformations désagréables au milieu d’une meute qui n’a jamais été la tienne … est-ce donc une crise d’angoisse qui agite tes frêles épaules ?

Lentement, Hécate s’affaisse, et finit par planter son index dans la neige vierge. Une sphère, un mouvement ample mais précis, une perpendiculaire radicale mais douce … dessiner l’apaisait toujours, même si le givre de la neige lui mordait violemment les doigts. Payne allait arriver, bientôt. Il serait là. Dressé tel une armoire à glace. Elle n’aurait presque plus peur : la crainte, c’est lui qui l’impose. Et après tout s’ils étaient restés en si bon contact, c’est qu’il l’appréciait un peu, non ? Son ventre gargouilla. Finalement partir en quête de croissant n’était peut-être pas une si mauvaise idée. A cette heure-ci ils seraient tout chaud, sortant tout juste du four. Elle pourrait briser le sien en deux pour libérer cette fumée si douce à ses narines. Et croquer dedans pour sentir le goût du beurre envahir sa bouche. Comme des crocs qui se plantent dans une jugulaire pour libérer le précieux liquide chaud et pâteux. Hécate, ce n’est pas drôle.

Peut-être qu’après les cuisines ils pourraient jeter un œil aux jardins suspendus ? C’était bien la seule partie de Beauxbâtons qui manquait à la jeune femme. Avec un peu de chance il ne ferait pas beau en France. Et avec encore plus de chance, les jardins seraient déserts. Elle saisit son téléphone et envoya un message à “Tag”. Parce que même si elle y mettait beaucoup d’efforts, même si elle s’était entraînée à prononcer son nom, jamais Hécate ne parvenait à sortir un “Tadhgán” parfait. Pourtant décomposé c’était plutôt aisé. Et la sonorité était des plus agréables. Mais rien à faire. Le “g” venait toujours avant le “d”, alors elle s’était résignée pour un “Tag”, ou “Tay”, voire encore “Payne” en sa présence.

Quelques mots brefs et le message était parti. Le regard fixé sur le bosquet, elle se dit qu’elle devrait tout de même voir la silhouette massive de son ami se dessiner à son approche. Mais non, comme bien souvent, Hécate serait surprise. “La prochaine fois, c’est moi qui arriverai en retard ! S’il ne se dépêche pas je dis à Olympe d’en faire notre prochain casse-croûte !”, elle n’en pense pas un mot. Mieux vaut en rire qu’en pleurer parait-il.



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Tadhgán Payne
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Mar 19 Fév - 12:01

On aurait cru, à voir son expression ce matin-là, que Tadhgán était de fort mauvaise humeur. Il aimait pourtant se lever tôt. On ne croisait presque personne à sept heures dans les couloirs de Poudlard, surtout le week-end, autant dire qu'il y avait peu de gens pour lui faire remarquer qu'il tirait la gueule. Il n'était de fait pas de mauvais poil, enfin pas plus que d'ordinaire, juste moins réveillé et... disons que c'était son expression naturelle. Son ventre gargouillait, ce qui était une raison pour arpenter les couloirs à grandes enjambées décidées, comme s'il partait en guerre – et intérieurement, oui, Tadhgán partait en croisade. Ramener les saints croissants en la terre sacrée de Poudlard. Ou ne pas les ramener, mais s'empiffrer sur place. Les Anglais ne sauraient pas savourer ces délices. Il n'y avait qu'à voir les "viennoiseries" qu'on leur servait au petit déjeuner. Autant bouffe du porridge. Payne détestait le porridge. Il s'était contenté de vagues copies durant dix-huit ans, mais le fait était qu'il avait découvert les croissants et les pains au chocolat de Beauxbâtons lors de son échange, et depuis sa vie n'était plus la même. Comment avait-il bien pu survivre jusque là sans connaître ces merveilles ? On se le demandait. Heureusement pour lui, Payne savait très bien cacher sa douleur et c'était donc avec un air très renfrogné, mais très naturel, qu'il subissait quotidiennement les petits déjeuners anglais qu'on servait à Poudlard. Non sans regretter, au plus profond de son cœur, les croissants de France. Aujourd'hui cependant, Payne avait réalisé qu'avec l'apparition du nouveau portail, dans le parc, il pouvait réparer ce tort infâme. Et il était pressé – il ne regarda même pas sa montre, ou son téléphone, avant de sortir dans le parc. Et de partir dans la mauvaise direction. Et d'arriver en retard à son rendez-vous, comme d'habitude. Mêmes les croissants ne pouvaient rendre Tadhgán Payne ponctuel.

"Désolé, j'croyais que c'était de l'autre côté."

Il venait de voir son message quand il trouva Hécate près du bosquet-portail, accroupie dans la neige à... dessiner. Et parler toute seule.

"... à qui tu causais ?"

Il y avait peut-être des gens dans le bosquet ? Des Français qui essayaient d'emprunter le portail dans l'autre sens ? Était-ce possible ? Payne jeta un regard par-dessus la tête d'Hécate pour essayer d'apercevoir un bout de France – il pouvait presque sentir l'odeur des croissants. Son ventre gargouilla.

"J'ai la dalle ! On aurait dû faire ça plus tôt."

Bah oui mais bon t'es con aussi, il t'a fallu près de deux mois pour capter que tu pouvais retourner en France… Payne enfonça ses mains dans les poches de son blouson en se disant que le temps était un peu frisquet. Mais s'ils avaient de la neige jusqu'aux chevilles ici, qu'en serait-il dans les montagnes ? Beauxbâtons était situé en plein milieu des Pyrénées… Tiens, il aurait peut-être dû se couvrir mieux que ça ? Mettre des gants… un bonnet… des bottes plutôt que ses converses… Au moins, il avait pensé à prendre une écharpe – c'était Cecily qui la lui avait offerte – qui pendait inutilement autour de son cou. Et il était content. Il allait manger des croissants.
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Hécate R. Sinclair
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Mar 19 Fév - 14:14


feat Tadhgán Payne

On veut des croissants !

Hécate avait réussi à étouffer le hurlement qui lui venait du plus profond des entrailles. La peur à l’état pure. On n’a pas idée d’arriver par derrière, silencieux comme un serpent ! Ce qui est assez ironique pour pour un Gryffondor, d’ailleurs. Elle ne parvint cependant pas à conserver son équilibre, et chuta les genoux dans la neige. Son esprit finit par faire le lien entre la voix et la tête de Payne, et son rythme cardiaque reprit peu à peu sa cadence normale. Hécate se surprit à se demander si Olympe et Castiel auraient accourus pour la retrouver, comme une meute chercherait son bêta en danger. Elle revint au moment présent, se redressant péniblement sous toutes ses couches de vêtements qui commençaient à lui peser.

Comme toujours, Hécate se sentait minuscule. Bien plus encore que face aux autres élèves. C’était peut-être ça, avoir du charisme ? Elle ne parvint pas à se fâcher contre Payne, à lui crier dessus pour son retard et surtout pour son approche fourbe. Au lieu de quoi, elle se mit à lui sourire bêtement. Hécate aurait souhaité éluder la question, parler seul n’étant pas très encourageant pour la santé mentale. Mais le Gryffondor ne l’avait jusque là jamais jugé. Ou alors, il avait bien caché son jeu. Non, Hécate le pensait sincèrement gentil avec elle. Néanmoins elle comprit qu’elle ne s’en tirerait pas si facilement quand il se mit à regarder par-dessus sa propre tête. “Il n’y a personne. Enfin pas ici. Il y a sûrement du monde de l’autre côté.”, manière détournée d’admettre que oui, elle parlait seule. Elle recentra la discussion. “La prochaine fois je t’attendrais dans le hall, ça m’évitera l’hypot-” pas le temps de terminer. Hécate fixe le ventre de Payne.

Visiblement, ce n’était pas le moment des grands discours. “On devrait y aller avant que tes borborygmes ne déclenchent une avalanche.”, oui, Hécate avait placé “borborygme”. Elle avait appris ce mot la veille et n’en était pas peu fière. L’idée de traverser le portail et de se retrouver à Beauxbâtons la ramena cependant vite sur Terre. Payne était là, alors pourquoi tremblait-elle encore ? “Tu sais … peut-être que je peux essayer de t’en faire des croissants, plutôt, non ?” vite, cherche une excuse pour te dérober. “Et puis à cette heure-ci, il n’y en a peut-être déjà plus.”. Tu n’es pas crédible. “Ou alors on peut venir en chercher dans la nuit ? Hum ? Vers cinq heures du matin, je suis sûre qu’ils sont encore meilleurs !”. Et une fois de plus, Hécate se laisse gagner par la peur. La peur de quoi ? Que pourrait-il lui arriver ? Avec un peu de chance les élèves de Beauxbâtons l’avaient déjà oublié, et dans le pire des cas, Payne avait une tronche suffisamment dissuasive pour repousser les plus imprudents.

Peut-être qu’elle pourrait le pousser dans le portail, et se cacher dans son ombre ? Enrouler sa tête dans l’écharpe du Gryffondor ? Sa voix n’était plus qu’un murmure. “Si ça se trouve, ça fait peut-être mal de passer le bosquet ?”. Les yeux fixés sur la neige, elle était à court d’excuses. Et la honte inondait son cœur. Elle avait accepté, et Payne s’était levé exprès. Il était sorti dans le froid. Elle n’avait pas le droit de le planter là. Pas la seule personne qui l’avait aidé à supporter Beauxbâtons. Pas la seule personne qui l’avait aidé à faire ses choix, à prendre des décisions. Elle se tourna face au portail, les poings serrés. De toute façon, il ne la laisserait sûrement pas se débiner. Un premier pas. Un autre. “... on s’attend de l’autre côté hein ? Sinon je fais demi-tour ! Et là tu sauras pourquoi tu t’appelles “Pain” ” oh le jeu de mot foireux. Et la menace qui sonne creuse. Comment pourrait-elle lui infliger la moindre “douleur” ?

Elle aurait préféré laisser passer Payne devant, mais étrangement son instinct lui intimait qu’elle ne serait pas capable de le suivre. Alors elle inspira un grand coup, gonfla les deux joues, et fit le dernier pas qui la séparait du portail. Aucune sensation particulière. Le temps n’avait pas changé, si ce n’est qu’il faisait beau, juste le paysage. Et le creux qui se formait dans le ventre d’Hécate, qui avait pris un diamètre inquiétant. Tout ce bilan se fit en quelques secondes seulement, avant qu’elle ne sente le froid de la neige sur son visage et la douceur de l’épaisseur du sol. Elle avait loupé la marche ou quoi ? Elle commençait à se redresser quand une idée la terrorisa de nouveau : et si Payne aussi “loupait la marche” et l’ensevelissait sous son imposante stature ?

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Tadhgán Payne
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Mer 20 Fév - 20:08

Ah, personne ? Payne recula derrière Hécate. Les Français n'étaient peut-être pas aussi matinaux qu'eux, ou moins aventureux ? Il n'avait croisé personne qui parlait la langue de Molière dans les couloirs, d'ailleurs. Wait. Ça ne répondait pas à sa question. À qui Hécate parlait-elle donc ? À elle-même ? Sa conscience ? Un animal de compagnie minuscule ? Tant de mystères. Payne avait trop faim pour réfléchir autant, surtout de si bon matin. Son ventre grommela pour trahir la mauvaise humeur de son estomac.

"On devrait y aller avant que tes borborygmes ne déclenchent une avalanche."

L'expression lui arracha un rire bref, mais un soudain retournement de situation, une hésitation peut-être, lui fit hausser les sourcils. Des croissants maison ? Il ne disait pas non. Mais ce n'était pas le but de l'opération. Il ne connaissait rien des talents culinaires d'Hécate, mais comment le lui dire sans la blesser ? Elle enchaîna avec une autre excuse avant qu'il ne puisse se décider sur la formulation à adopter, et il comprit alors qu'il ne s'agissait que de cela : de faux prétextes. Payne fit mine de réfléchir, quand dans son regard brillait une lueur amusée.

"Humm... nan. J'veux pas critiquer ta cuisine, t'es sûrement douée, mais c'est pas pareil. C'est pas tant le prix que la quête qui est intéressant. Et revenir la nuit, c'est illégal..." dit-il avec l'air d'un garçon parfaitement honnête et respectueux du règlement, bien sûr... bien sûr. Il ajouta, sur le même ton amusé : "Mais mon anniversaire est en juillet si tu sais pas quoi m'offrir !"

Des croissants maison seraient appréciés, même s'ils étaient ratés. Il espérait avoir réussi à la détendre avec ses plaisanteries, mais elle semblait hésiter encore. Payne ne savait pas quoi dire pour la rassurer. Pourquoi avait-elle accepté de le rejoindre ici si elle n'avait pas envie de venir ? Le problème n'était peut-être pas le manque d'envie, mais la peur... Un sentiment que Payne reconnaissait bien quand il l'inspirait à ses ennemis, et qui lui plaisait nettement moins quand il influençait ses amis. Il fronça les sourcils, réfléchissant à des mots encourageants. Non, Tadhgán Payne n'était pas très doué pour rassurer les gens.

"T'inquiète pas, ça va aller..." wow, originalité sur dix. Il n'avait pas plus naze ? "Et si ça faisait mal de traverser, y'aurait pas la moitié de l'école qui reviendrait en gueulant "omelette du fromage", "baguette" ou "foulez-fou coucher avec moua ceux souar" et ouais j'ai entendu ce type d'accent, ouais !"

C'était encore de l'humour, mais véridique malheureusement. Tout était vrai. Ses oreilles saignaient encore au souvenir de ce mauvais français. Molière s'en retournerait dans sa tombe s'il entendait les petits sorciers anglais répéter avec fierté le peu de français que leurs homologues de Beauxbâtons voulaient bien leur "apprendre". Quelle bande de trolls, ceux-là... Payne sourit. La France lui manquait quand même un peu. Ils avaient l'humour moins subtil que les Britanniques, mais bien lourdingue, ça parlait à son petit cœur de kéké. En parlant d'humour...

"On s’attend de l’autre côté hein ? Sinon je fais demi-tour ! Et là tu sauras pourquoi tu t’appelles Pain", menaçait vaguement Hécate. Payne lui tapota l'épaule, sarcastique, avant de la pousser doucement mais très sûrement en direction du bosquet : "Aha aha, on m'l'avait jamais faite, celle-là... Allez, fonce ! Et si t'as peur, cours tout droit en fermant les yeux. Comme à King's Cross !"

Ça ne pouvait pas être pire que traverser un mur magique, non ? Il attendit qu'Hécate ait disparu de l'autre côté pour entrer lui aussi. Il aurait pu se proposer pour ouvrir la voie, mais elle semblait décidée finalement à prendre son courage à deux mains. Il ne voulait pas la briser dans son élan ! En parlant d'élan... Payne décida que prendre du recul ne lui ferait pas de mal. Il s'écarta de quelques pas, avant de prendre la pose du rugbyman qui attend le coup de sifflet de l'arbitre pour piquer un sprint et étaler son adversaire.

"Attention, j'arriiiive !" gueula le Gryffondor, en français, déjà à mi-chemin dans le bosquet.

Hurlez d'abord, ça vous évitera de crier de surprise. Alors bien sûr, le rugbyman qu'il aurait été dans une autre vie ne manqua pas de coller au sol la pauvre Serdaigle qui n'avait pas fini de se relever. C'était involontaire, évidemment, Payne n'aurait jamais infligé consciemment une chose pareille à un de ses amis, mais... le plaquage était bien là. C'était mou. Et froid. La neige était rentrée par tous les interstices de ses vêtements, et vu la légèreté de sa tenue, ça en faisant beaucoup. Payne étouffa une excuse pour la Serdaigle, avant de rouler sur le dos en s'agitant : froid dans son cou, froid dans son dos...

"Putain de... aaah !"

... froid dans son caleçon. Ça avait au moins le mérite de le réveiller parfaitement ! Il sauta sur ses pieds pour secouer sa veste d'une main, tendant l'autre vers Hécate... ce qu'il restait d'Hécate, pour l'aider à se relever.

"Rien d'cassé ?"

Il l'avait aplatie dans la neige bien comme il le fallait. Pourvu qu'elle n'ait pas écrasé son nez ou tordu un de ses bras dans la chute, parce qu'il n'était pas sûr d'avoir sa baguette sur lui – s'en servait-il seulement dans la vie ? – et qu'il aurait été dommage de rebrousser chemin à peine arrivés. Il pouvait peut-être se rappeler du chemin de l'infirmerie de Beauxbâtons ?

"Je t'offre un chocolat chaud", ajouta-t-il pour se faire pardonner, même s'il était certain que la boisson soit déjà au menu du petit-déjeuner.

Avec les croissants. Et il ne comptait pas demander la permission avant de se servir l'un ou l'autre.
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Hécate R. Sinclair
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Ven 22 Fév - 23:20


feat Tadhgán Payne

On veut des croissants !

Douée. Effectivement, Payne n’avait jamais goûté à la cuisine d’Hécate. Sinon “douée” ne serait pas le terme qui lui serait venu en premier à l’esprit. Elle nota cependant qu’un Gryffondor venait de refuser un acte interdit. Un Gryffondor venait de manifester une envie de respecter le règlement. Payne refusait d’être hors la loi. L’idée la choqua, et Hécate décida de la stocker dans un coin de son esprit, pour lui remettre sous le nez au moment opportun. Elle en sourit néanmoins. Quant à l’anniversaire de son ami … elle se promit de partir en quête d’un Poufsouffle capable de s’entraîner pour produire des croissants parfaits. Payne était l’un des rares élèves à lui manifester de l’intérêt, et il était hors de question que Miss Sinclair l’empoisonne. De toute façon, un blaireau ça sait faire à manger, c’est dans leur ADN, non ?

L’accent du Gryffondor lui arracha un sourire des plus sincères : oui, ses oreilles à elle aussi avait saigné plus régulièrement depuis l’apparition du bosquet. Mais l’imitation des anglais, imitant eux-mêmes les français … personne ne pouvait y rester insensible. Bien qu’elle trouva que certains de ses camarades étaient attendrissants avec cet accent à couper au couteau. Mais pas Payne. Lui, il parlait correctement la langue maternelle d’Hécate. Dans sa bouche la pâle copie sonnait davantage comme une insulte. Heureusement que la jeune fille savait qu’il n’en était rien. C’était probablement cette pointe d’humour façon Payne qui l’avait finalement décidée à traverser. Ce qu’il lui répondit lui parvint de très loin, une fois qu’elle eut franchi le portail.

Et maintenant, elle avait la tête dans la neige. Douce et moelleuse. Froide et anesthésiante. En soit, la sensation n’était pas des plus désagréables. King’s Cross … ce nom lui disait quelque chose. La gare ? Elle fit la moue, toujours enfouie dans le manteau neigeux. Elle n’avait pas couru. Elle n’avait pas été brave. Hécate était dos au passage, cherchant désespérément un moyen de se renseigner, quand on père l’avait poussé. Il avait tenu à l’accompagner, papa poule qu’il était. Connaissant sa fille catastrophe, aussi. Elle tenta de le signaler, mais tout sorti dans un murmure incompréhensible, étouffé. “f’ais pas couru, fe fuis fombée”, à tes souhaits. Elle avait finalement poussé sur ses petits bras. Son retour ne serait déjà pas triomphant, alors inutile en plus d’être trouvée en position aussi minable. Elle était presque redressée. Presque.

Un énorme amas de muscles lui déboula dessus sans crier gare. Une bestiole échappée du cours de soins aux créatures magiques ? Cette idée lui donna des frissons, et commença à lui faire monter les larmes à l’œil. De toute manière, bientôt elle serait morte. Elle sentait le poids sur son dos qui lui comprimait les poumons, et la neige entrer par son nez et sa bouche. “Dis maman, tu me re racontes l’histoire d’Hécate ?” “Bien sûr mon chéri. Hécate Ryvin Sinclair, Louve-Garou la plus pitoyable de l’histoire, elle est morte enterrée dans la neige de Beauxbâtons.”. Voilà ce qu’on en dirait. Lamentable. Et finalement, d’un coup, tout s’arrangea. Ses os ne se brisèrent pas, et instinctivement ses bras la hissèrent hors de la neige pour inspirer une grande bouffée d’air. Merci, Payne.

Elle le regarda, aplati sur le dos. “Je. Te. Déteste. POURQUOI T’AS PRIS DE L'ÉLAN T’ES CON OU QUOI ?”, elle se sentit rougir aussitôt. Hécate qui se met en colère, c’est nouveau ça. Et mauvais signe. Était-elle déjà contaminée par l’influence de Beauxbâtons ? Peut-être était-ce le loup qui se manifestait ? Elle venait en tout cas de se surprendre elle-même. La demoiselle saisit la main tendue par son bourreau de camarade, et commença à s’épousseter à son tour. Heureusement, elle avait prévu des vêtements chauds. Contrairement à Payne. Rien de cassé ? Bonne question. “Je ne sais pas. Je ne pense pas. J’espère pas. Je comprends maintenant pourquoi certains disent que tu es lourd.” non, Hécate. Ça n’a pas le même sens dans la bouche des autres.

“Moi je crois que tu devrais même m’en servir deux !” elle souriait. Le vent s’engouffrait dans ses cheveux, et elle remarqua qu’elle n’avait plus son bonnet. Tandis qu’elle se penchait pour le ramasser, elle remarqua que sa doudoune était déchirée sur l’avant-bras. Pas grave. Ah, qu’il y avait un peu de sang aussi, qui coulait lentement. Elle devint livide. Effectivement, juste à l’endroit où ils avaient chuté tous les deux, ressortait une roche bien évidemment pointue. A croire que quelqu’un l’avait aiguisée exprès. “... je veux pas regarder. C’est grave ? Il faut des points ? Aled.”. En soit la blessure n’était pas grave, ni même profonde. Une simple entaille semblable à celle qu’aurait pu provoquer une enveloppe. Mais voilà, si Hécate suivait les cours de biologie magique, elle restait assez minable quand il s’agissait de sa propre personne. Elle serrait les dents pour ne pas tourner de l’œil, et pour ne pas céder aux sanglots. Elle était en France. Et si elle rentrait chez ses parents en rampant ?

Tenant son coude comme si sa vie en dépendait, elle commençait à se diriger vers le palais. Gardant dans un coin de sa tête qu’elle était sûrement mortellement blessée (oui, rajoutons-en une couche), elle n’oubliait pas non plus que Payne était quasiment à poil. Et encore, elle ignorait que de la neige s’était infiltrée dans un endroit moins catholique. Mais avant de manger, Payne devrait se démerder pour réparer la jolie peau pâle d’Hécate. Hors de question qu’elle affronte la salle de réception avec le bras abîmé d’une enfant de quatre ans. Quoi que, de toute façon elle avait déjà prévu de se cacher derrière Payne alors … “Je fais une hémorragie je crois, et j'ai un trauma. Je ne sais plus où est la salle de réception.” elle se sentait pitoyable. Cette situation était des plus ridicule. Alors elle en rajouta, puisque de toute façon l’humour est apparemment la meilleure arme contre la détresse. “Payne, tu étais un bon ami. Un assassin, mais un bon ami. Tant pis, laisse-moi là, continue d’avancer. Je te laisse Faucon, adieu !” tu parles d’un héritage. Faucon, ce fichu oiseau de malheur qui foutait une peur bleue à Hécate à chaque fois qu’il lui apportait du courrier. Elle continuait de mettre un pied devant l’autre, sans oser regarder son bras égratigné.


@Tadhgán Payne ; "... froid dans son caleçon." tu m'as tué XDD
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Tadhgán Payne
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Dim 24 Fév - 14:28

C'était idiot de courir, il arriverait de l'autre côté quoi qu'il arrive, alors pourquoi s'imposer une entrée spectaculaire quand il pouvait simplement... marcher ? MARCHER ? Non, on ne commençait pas une aventure en marchant. Il fallait courir. Comme Bilbo le hobbit dans les champs de la Comté. Oui, Payne avait des références. Sa certitude fondit comme la neige dans son caleçon lorsqu'Hécate cria – il n'avait pas l'habitude de l'entendre élever la voix :

"Je. Te. Déteste. POURQUOI T’AS PRIS DE L'ÉLAN T’ES CON OU QUOI ?"
"Euh. Bah." bredouilla – oui, bredouilla – Payne, cherchant de vraies raisons.

Il était un peu sur le cul, mais pas littéralement, il s'était levé justement pour sentir le moins possible son cul plein de neige. D'ailleurs il s'agitait nerveusement pour chasser ce qu'il en pouvait avant qu'elle ne fonde et mouille son caleçon – spoiler alert : c'était déjà trop tard. C'était gênant. Mais plus gênant encore de ne pas savoir que répondre à la colère d'Hécate. Elle avait raison, il était un peu con.

"Parce que... j'suis un Gryffondor ?" osa-t-il avec un air prudent.

Le même qu'il prenait quand il répondait aux – rares – engueulades de sa mère. C'était la réponse la plus logique à son sens. Son amie se calma rapidement, mais pas à cause de ses excuses bidons, probablement. Il posa un regard prudent sur elle, la surveillant comme il l'aurait fait de sa chienne ou de sa petite sœur si elles se mettaient soudain à courir partout sans prévenir. Heureusement, la Serdaigle ne semblait pas blessée. Il lui dédia un sourire quand elle plaisanta sur sa lourdeur, ce n'était pas vraiment ce que les gens entendaient par "t'es relou, Payne", mais ce n'était pas faux pour autant.

"Ok, ok, va pour deux chocolats. Tout ce que tu voudras."

Sa culpabilité générosité n'avait pas de limite aujourd'hui. Ils allaient se mettre en route vers l'école lorsque Hécate réalisa qu'elle avait, finalement, été blessée. La première pensée de Payne fut que si elle ne l'avait pas senti plus tôt, ce n'était pas grave. Mais on pouvait se couper avec du parchemin sans s'en apercevoir et ne sentir la douleur que lorsque l'on voyait la blessure. Comme si le cerveau disait "ok, on peut paniquer maintenant".

"... je veux pas regarder. C’est grave ? Il faut des points ? Aled."
"Fais voir."

La veste était salement déchirée, et il y avait effectivement du sang, mais rien de grave. Payne se retint de rire, parce que pour Hécate la situation n'avait rien de drôle. Elle tenait son bras comme s'il avait besoin d'une amputation.

"J'crois qu'il faut tout couper. J'ai pas de scie à portée de main, tu préfères que je t'arrache le bras ?" demanda-t-il, aussi sérieux que ses mots étaient ridicules.

Il n'y avait vraiment pas lieu de paniquer, et Payne aurait pu effacer cet incident de son esprit si la Serdaigle ne réagissait pas comme si sa vie s'écoulait de cette toute petite coupure. Au pire des cas fallait-il désinfecter. Il retira son écharpe, dont il n'avait pas l'utilité, pour la passer autour du cou de sa camarade.

"J'vais te faire une écharpe... avec une écharpe, héhé."

Oui, ce jeu de mots minable le faisait rire. Il fit plusieurs tours sur son bras et l'épaule opposée pour maintenir le bras GRIÈVEMENT TOUCHÉ comme si elle portait un plâtre.

"Tu peux cracher dessus pour désinfecter", l'informa-t-il très sérieusement. En l'absence de désinfectant, hein... c'était naturel. "Mais fous pas du sang sur mon écharpe, c'est Cecily qui me l'a faite."

Il y tenait vachement. Et il tenait aussi vachement à ne pas faire de détour par l'infirmerie, ainsi qu'il l'affirma en attrapant Hécate par le bras – l'autre bras – pour l'amener doucement mais sûrement en direction de la salle de réception. Malgré ses protestations. Drama queen.

"Dis pas n'importe quoi... Tu te sentiras mieux après le chocolat chaud et les croissants. Tu savais que chez les Poufsouffles, c'est considéré comme de véritables remèdes médicaux ?"

Et un Poufsouffle ne pouvait pas avoir tort quand il s'agissait de bouffe, c'était une certitude. Ou alors, tous les blaireaux qu'il connaissait s'étaient foutu de sa gueule... ouais. Plus probable.

"Si tu préfères, on peut les voler en cuisines. Et quand on sera rentrés à Poudlard, tu pourras raconter qu'on a fait des trucs dangereux et que t'as eu une blessure de guerre !" promis le Gryffondor, souriant.

Il était prêt à soutenir cette version des faits. Il y rajouterait quelques créatures dangereuses, comme des dragons… C'était exactement le genre de bêtises qu'il racontait à ses petites sœurs quand l'une d'elles se blessait. Avec la pommade et le bisou magique. Allait-il coller des sparadraps à licornes sur le vilain bobo d'Hécate ? Quand même pas. C'était une grande fille. Fille-loup. Bref, elle était assez grande pour ne pas en faire un fromage. Et c'était marrant à dire parce qu'ils étaient en France. Voilà.
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Hécate R. Sinclair
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Mar 26 Fév - 19:35


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On veut des croissants !

Effectivement, le mot “Gryffondor” expliquait tout acte stupide ou précipité. Hécate aurait du s’en douter, elle qui lui avait reproché quelques minutes plus tôt de ne pas voir enfreindre le règlement. Payne n’était pas chez les lions pour rien. Si le Choixpeau l’y avait envoyé, il avait ses raisons. La question de la répartition l’avait d’ailleurs longtemps tourmentée avant sa rentrée. Elle n’avait pas le courage et le goût du risque des Gryffondor. Ni l’audace et l’ambition des Serpentard. Elle ne se sentait pas intellectuellement à la hauteur pour être une Serdaigle, ni assez gentille pour être une Poufsouffle. Les vacances lui avaient semblé interminables, et Hécate avait finit par se demander si le Choixpeau n’allait tout simplement pas recommander aux Scamander de la renvoyer chez elle.

La demoiselle aurait bien mimé un malaise à la réponse de son comparse, mais on ne peut imiter ce que l’on ressent déjà : oui, elle allait tourner de l’oeil. “Arracher … le bras ? C’est dégueulasse …” c’est tout ce qui te choque dans cette phrase, Hécate ? Totalement perdue dans ses pensées glauques, la jeune fille se laisse faire sans sourciller. De toute façon, une écharpe ça ne coupe pas, hein ? Le contact du tissus encore chaud de la peau de Payne la ramena sur terre. Elle était jolie, cette écharpe. Le Gryffondor prenait tellement soin d’elle qu’elle se sentit rougir. De honte, surtout. Non seulement elle n’était plus une enfant, mais en plus on ne pouvait pas légitimement la qualifier de “sans défense”. Du moins, pas à certaines périodes. Elle ne savait pas cracher. La dernière fois qu’elle avait essayé, toute sa bave s’était retrouvée sur son menton, à dégouliner lamentablement sur son uniforme. Encore plus dégueu qu’un bras arraché.

En revanche la mention de Cecily (qu’elle ne connaissait pas) lui rendit un peu de poil de la bête (sans mauvais jeux de mots). “Mais alors enlève-là ! Un cadeau c’est précieux ! Maladroite comme je suis je risque de l'abîmer … et rien ne peut remplacer ce qu’un ami vous offre !” ça elle en était certaine ! Elle se laissa cependant entraîner, sans possibilité d’ôter elle-même le bien inestimable. Hécate se concentra sur les paroles de Payne. Qui lui arrachèrent un sourire moqueur. “Pour le chocolat peut-être, mais les croissants … les croissants de Poudlard se serait pas plutôt du poison ?”, oh ! Depuis quand était-elle devenue mauvaise langue ? Sûrement en accord avec son arrivée mouvementée. “Imagine si on leur ramène de vrais croissants !”, et là, elle se demanda si elle n’avait pas fauté.

Elle préféra le devancer avant qu’il ne partage à haute voix une idée machiavélique. “Je ne pense pas qu’on puisse ramener des cartons de croissants à Poudlard. Et surtout pas pour les revendre. En plus il faudrait tenir le stand toute la journée, parce que demain ils ne seront plus bons.”. Étrangement réfléchie cette stratégie commerciale qu’elle voulait morte dans l’oeuf. De toute manière, Payne aurait sûrement mangé toute la cargaison avant qu’elle n’arrive en Angleterre alors … Elle rebondit sur l’autre idée du Gryffondor. “Les voler ? … Et si on se prend des coups de cuillères ? Ça fait mal, tu sais ! Et puis comment on fait après ? On les mange sur place ? Si on mange dans les couloirs on se fera sûrement griller.” la revoilà partie dans ses argumentations et ses réflexions foireuses. “En même temps, je suis sûre que Gus ne sait pas que j’ai quitté Beauxbâtons ! Peut-être qu’on peut jouer là-dessus ?”, Hécate hors la loi, fallait le voir pour le croire.

Gustave dit “Gus” était un gros cuistot (mais gros de muscles), propre sur lui, un peu brute de décoffrage. Mais il était gentil. Et il aimait particulièrement les gens sachant apprécier la bonne cuisine. Elle s’était toujours demandée si Gus l’avait approché par curiosité ou par sympathie. Mais il était venu sous le prétexte que “Des loups-garou à nourrir, ça se remarque.”. En tout cas elle regretta presque aussitôt ses paroles : Gus avait toujours été bienveillant avec elle, et maintenant elle voulait détourner sa cuisine pour Payne ! “Comment on pourrait faire ? Faire diversion ? Prétendre que je suis gravement blessée et que j’ai besoin de nourriture, comme tu m’accompagnes on t’en donnerait sûrement aussi ? Mais dans ce cas on ne peut pas passer commande et on risque de se retrouver avec un bœuf bourguignon dans l’assiette …” et là tout de suite, ça ne passerait pas. Hécate releva la tête vers son mentor - protecteur du jour. “J’ai jamais rien volé de ma vie, je ne sais pas comment on fait” et mon cerveau n’a rien de digne d’un Serdaigle, donc j’ai pas de plan génial.

Pourtant bizarrement, l’idée l’emballait. Oui elle pourrait tenter de redorer son blason à Poudlard avec un tel récit, mais surtout … c’était excitant. Elle en avait les poils qui se hérissaient. Jamais Hécate n’avait transgressé le règlement, même si les mauvais coups d’Envy pouvaient laisser penser le contraire. Voilà une toute nouvelle expérience !

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Tadhgán Payne
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Lun 11 Mar - 17:23

Payne avait du mal à réaliser qu'il n'était plus revenu à Beauxbâtons depuis le début de l'été. Il avait passé un an dans cette école et le temps était passé à la fois lentement et terriblement vite. À présent qu'il regardait en arrière, il se demandait s'il n'avait pas rêvé sa scolarité entre ces murs. Il éprouvait un léger décalage, qui n'avait rien à voir avec le fait que son jogging, son blouson, son bermuda et sa casquette détonaient affreusement dans le décor classieux du château français. Même avec leur uniforme, il ne s'était jamais senti à sa place. Pourtant il avait apprécié le séjour. Il déambulait dans les couloirs avec Hécate, les mains dans les poches, et comme une impression de déjà-vu.

"Mais alors enlève-là !" s'exclama son amie quand il lui demanda de ne pas abîmer son écharpe. "Un cadeau c’est précieux ! Maladroite comme je suis je risque de l'abîmer … et rien ne peut remplacer ce qu’un ami vous offre !"

Payne réfléchit deux secondes à cette vérité. C'était effectivement un cadeau précieux, puisqu'il y tenait, mais l'écharpe était aussi utilitaire et s'il ne la portait pas, elle ne servait à rien. Ce ne serait pas faire honneur au cadeau de Cecily que de la laisser au fin fond d'un tiroir. Et s'il l'utilisait, eh bien, il y avait des chances qu'elle s'abîme avec le temps. CQFD. Il haussa les épaules et répliqua, avec un petit sourire amusé :

"Ouais, sauf si c'est des croissants !"

Parce que, bah... ça se mange. Ouais. On dirait pas, comme ça, mais y'avait de la réflexion. Il refusait de lui retirer l'écharpe, et peut-être que ça leur servirait plus tard. Ne serait-ce que pour appuyer leur histoire à dormir debout sur les exploits d'Hécate contre les dragons de France – ou quelque chose comme ça. Elle rebondit sur sa théorie poufsouffle en se demandant si les croissants de Poudlard n'étaient pas plutôt du poison, ce qui lui arracha un ricanement moqueur. Ouais. Carrément.

"Uh. Leur ramener ?" Genre... partager ? Mais que dalle ! Mais la Serdaigle embrayait sur un scénario de revente et... ouais, ils pouvaient se faire masse de billets ! C'était déjà plus intéressant pour Payne – vénal ? Non, mais ses blousons Rivaldi n'allaient pas se payer tous seuls ! "On pourrait forcer, euh... sous-payer des p'tits de deuxième pour tenir le stand à notre place..."

Il réfléchissait tout haut à mesure qu'Hécate partageait ses idées. Il y avait quand même quelque chose qui le gênait dans ce projet de partage de bons croissants. C'était le concept de partage, justement. Heureusement, la Serdaigle s'attarda davantage sur son idée à lui, le truc complètement illégal et égoïste forcément, seulement ce n'était pas sur ces deux détails qu'elle bloqua. Non, Hécate, elle, s'inquiétait de se prendre des coups de cuillères. Payne lui jeta un regard incrédule. Est-ce que c'était... du second degré ? Il avait beaucoup de peine avec l'ironie et les contondant comme arme, surtout dans une cuisine... au hasard, DES COUTEAUX. ÇA, C'EST LÉTAL. Elle avait des peurs bizarres, quand même.

"Est-ce que tu t'es déjà pris des coups de cuillère ?" demanda presque sérieusement Payne.

C'était beaucoup trop précis pour ne pas relever d'un traumatisme passé. Il réfléchissait encore à ses autres questions – comment les ramener, en effet ? Ou les manger ? Et s'ils se faisaient griller ? Dans sa tête, ils entraient, prenaient ce qu'ils voulaient, et ressortaient aussi sec. Si on essayait de les arrêter, ils couraient. Oui, ça devait être reposant d'être dans la tête de Payne. C'était une situation calme, pas trop compliquée.

"En même temps, je suis sûre que Gus ne sait pas que j’ai quitté Beauxbâtons ! Peut-être qu’on peut jouer là-dessus ?"

Payne pila net, dans sa tête il avait bugué, et automatiquement ses jambes s'étaient arrêtées aussi. Mais, assez rapidement pour le souligner, son cerveau réalisa qu'il avait confondu deux prénoms et il se remit en marche, agacé. Bien sûr qu'Hécate parlait de Gustave, Payne visualisait tout à fait le bonhomme. Un grand type costaud, qu'on imaginait bien manier DES HACHETTES et qui se vexait très fort si vous critiquiez les plats qu'il mettait du temps et de l'amour à préparer, rien à voir avec l'autre Gus évidemment – sauf la partie sur ses plats, peut-être. La mention du bœuf bourguignon le ramena dans l'instant présent et lui arracha un rire, l'image était trop belle. Mais à rire si fort dans les couloirs, ils allaient attirer tous les regards. Payne s'en foutait, mais ça compromettait le vol de croissants... pas malin, donc. Le Gryffondor se racla la gorge.

"Ouais. Ecoute, Gus...tave t'aimait bien, nan ? On pourrait pas... Je vais dire un truc fouuuu, mais... tu pourrais pas lui demander gentiment ? Tu lui expliques que tu souffres vachement depuis que t'es obligée de manger des croissants dégueulasses, que tu fais une dépression parce que t'es en manque de vrai beurre, et j'lui montre des photos des croissants anglais pour qu'il comprenne. Et si ça marche pas, on raconte que t'as eu un grave accident en arrivant, alors que tu voulais juste manger un croissant. Il aura sûrement pitié de toi."

C'était pas dit méchamment, il ne pensait pas qu'Hécate inspirait naturellement la pitié, mais... avec son potentiel de drama queen et, disons-le bien, son visage plus avenant que le sien, elle avait de meilleure chance d'amadouer le cuistot que... bah, que lui, tiens. Payne se gratta le menton, pensif.

"Nan ?"

À part leur fierté, ils ne perdraient pas grand-chose à essayer. Ou alors…

"Mais s'tu préfères, la salle de réception est sûrement ouverte maintenant…"

C'était tout aussi tentant : se mêler au peuple estudiantin de Beauxbâtons pour déguster proprement des croissants, un chocolat chaud et tout le petit déjeuner français habituel… Ouais, "proprement". Faites semblant d'y croire. Payne n'allait pas du tout se jeter sur la nourriture comme un goinfre et faire des doigts à tous ceux qui auraient le malheur de suggérer qu'il aurait dû rester définitivement à Poudlard.
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Hécate R. Sinclair
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Lun 11 Mar - 20:50


feat Tadhgán Payne

On veut des croissants !

Il n’en avait pas forcément l’air Payne, mais il pouvait se montrer des plus intelligents. Des plus futés même. Hécate cogita quelques secondes avant de comprendre ce que les croissants (re)venaient faire là-dedans. On dit souvent qu’il faut du temps pour que ça monte au cerveau, pourtant Hécate est bien plus courte que Payne mais ce dernier reste plus vif d’esprit. Ah moins qu’elle ne soit tout bonnement débile ? Possible. Et la suite ne fit que confirmer ses soupçons. Sous-payer ? Genre, gérer de l’argent et tout ? Calculer à combien on vend, combien on perd en sous-traitant la gestion, combien on fait de bénéfice … la gestion n’était pas sa tasse de thé, clairement. Même pour son petit commerce de tatouage elle se débrouillait pour faire compter à quelqu’un d’autre, quitte à se faire avoir. Au moins elle évitait les maux de tête et les bêtes erreurs de calculs.

Hécate se stoppa net. “Bah oui … pas toi ?” ça semblait des plus logiques, d’une banalité affligeante. Qui n’a jamais pris de coup de cuillère ? En bois par la mamie qui prépare le gâteau et capte que tu mets ton doigt dans le plat. En fer par tes copains pour voir combien de temps tu tiens sans pleurer, pour tester votre courage … des tas de situations se prêtaient à ce genre d’expérience. “Ça se fait pas en Angleterre ? Genre, jamais ?”. Si elle savait que le rapport à la cuisine était différent entre la France et le Royaume-Uni, elle s’était toujours dit que ça se limitait à la nourriture. Pas à tout ce qu’englobait ce mot : recettes, ustensiles, coutumes, règlement … Elle devait donc passer pour une folle aux yeux de Payne. Son cerveau s’activait dans tous les sens, cherchant des solutions à des problèmes qu’ils s’étaient créés eux-mêmes.

Sa tête devint si lourde qu’elle chuta sur l’épaule d’Hécate, qui tentait à la fois d’avancer droit (ce qui relève de l’exploit), de regarder ces murs qui ne lui manquaient pas du tout, de mettre de côté tous les calculs qui s’étaient précédemment imposés à elle … et de comprendre Payne. Oui l’argument pouvait tenir. Il serait renforcé par les photos, c’était certain. Le bon vivant qu’était Gustave râlerait, gueulerait même peut-être, donnerait des coups de cuillère … mais jamais il ne chasserait un élève qui a faim. Question de dignité. Cependant … “Et donc … comme je suis en dépression, je lui demande … quoi, des colis de croissants ? Carrément ?” elle s’imaginait difficilement débouler comme une intruse. Être pénible, se plaindre, et réclamer tout un fourgon de croissants au beurre, comme ça. Dans sa tête un Gustave miniature (sauf son bide, évidemment) lui tendait une facture avec un grand sourire “Bien sûr, voilà pour Poudlard”. Si ça arrivait, elle enverrait Payne affronter Scamander, hors de question qu’elle prenne de tous les côtés !

Et si ça foirait … “Sincèrement, tu crois pas qu’il va nous prendre pour des cons si … enfin il va surtout croire qu’on le prend pour un con si on switch de version. En demandant une grosse quantité de croissant, en plus.” elle se sentait désespérée. Si Hécate s’était imaginé que ce serait si compliqué de manger quelques vrais croissants au beurre, peut-être qu’elle ne se serait pas levée si tôt. Elle n’aurait pas attendue, gelée de la tête aux pieds. Et elle n’aurait pas le bras en écharpe. Oui mais voilà, même si effectivement elle pardonnait tout à Payne, elle ne pouvait pas s’empêcher de saliver à l’idée des viennoiseries toutes chaudes. Hécate les entendait déjà chanter son prénom, tandis qu’elle coupait en deux son croissant dans un énorme bruit croustillant. Mais c’était fini. Out. Avant même d’avoir commencé. Elle rendait les armes.

Enfin, elle les aurait rendues. Mais l’immense salle de réception ricanait. Elle se moquait d’Hécate. Elle sentait ses yeux sournois glisser sur sa peau toute blanche. Les étudiants nageaient dans le brouhaha, tous la pointant du doigt. Déjà prisonnière de sa vision d’horreur, elle murmura un vague “Pas. La. Salle de réception.”. On se réveille Hécate ! Dans ce cas-là, il fallait trouver une solution. Résolue, elle attrapa la main de Payne et s’engagea dans le couloir menant aux cuisines. “Inutile de préparer des tonnes de plans, on n’est pas sûr qu’un seul fonctionnerait. Autant improviser !” oui mais bon, avec une base quand même. “On garde ta première idée, je vais tenter de l’amadouer mais je ne garanties rien !” encore que, Hécate fait pitié naturellement, elle le sait. “Toi, tu n’hésites pas à jouer sur la corde sentimentale aussi : “oh le petit anglais que je suis regrette la bonne gastronomie Française, j’ai perdu du poids depuis que je suis rentré, j’ai la peau sur les os …” … faut qu’on arrive à le flatter !” elle aurait bien glissé un “je crois”.

Hécate ignorait d’où lui venait tant de fourberie. Elle essayait de ne pas se sentir coupable, sans quoi sa comédie ne marcherait pas. Et puis, avait-elle vraiment à l’être ? C’était Payne qui avait posé les fondations du plan, elle ne faisait que le reprendre. Je crois. “Et si ça foire … bah on prend autant de croissants que possible et on part se cacher dans la salle de réception !” elle espérait y couper. Sans compter que dans la salle de réception, ils feraient tâches avec leurs guenilles. Hécate inspira un grand coup, et entra dans les cuisines, en priant pour que Payne ferme la marche. Sans quoi elle risquait de crier un vieux “DÉLESTAGE ON SE REPLIE”. Gustave n’était pas difficile à trouver : il trônait au milieu de la pièce, les poings sur les hanches, le regard dur, la moustache … moustacheuse. A croire qu’il les attendait.

“Gustave … Monsieur Gustave …” merde, elle disait Monsieur ou pas avant ? C’était ridiculement récent, et pourtant … “Bonjour, je suis Hécate, vous vous souvenez ?”. Pas de réaction. Mais elle est sûr qu’il sait. On oublie pas un loup-garou comme ça. “On … j’ai vraiment super faim, Payne et moi -vous vous souvenez de Payne ?- on mangerait bien vos excellents croissants au beurre ! Ils sont si uniques, ça nous manque !” et d’un coup d’un seul, Gustave s’anime ! Une longue cuillère en bois sortit d’on ne sait où s’élève au-dessus de sa tête et s’écrase en une demi-seconde sur le plan de travail en inox. Hécate sursaute, tremble, se cache derrière Payne. “S’il vous plaît Gustave, juste quelques croissants … dis-lui toi ça te manque” oui Payne, fait résonner ta voix d’homme grand et fort. Fais rempart ! Hécate s’empare d’une louche suspendue au mur, prête à frapper. Gustave bougonne dans sa barbe. Elle ne distingue qu’un simple “Diantre, eux ! Dans ma cuisine !” … c’est bon signe, pas vrai ?

@Tadhgán Payne ... des hachettes jpp ptdr jsp pas pourquoi mais Gustave je l'imagine trop comme Nord dans les 5 légendes, avec un tablier
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Tadhgán Payne
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Sam 11 Mai - 18:35


Il y avait donc bien une sombre histoire de cuillère dans le passé d'Hécate et Payne fronça les sourcils. Comment ça, "pas toi ?" Elle croyait peut-être que c'était... culturel ?

"Ça se fait pas en Angleterre ? Genre, jamais ?"
"Non... je crois pas ? J'comprends pas, dans quel contexte ? Genre, s'tes parents sont vénères, ils te donnent des coups de cuillère ? Vous êtes bizarres les Français quand même..."

Déjà ils bouffaient des grenouilles ça en disait long quand même ! Passant outre le gouffre culturel, Payne s'intéressa ensuite à la façon d'amadouer le potentiel lanceur de cuillères, ou de hachoirs, bref, le cuisot. Il sentait qu'il allait falloir la jouer... fine. Hécate et lui. Oh, well. Peut-être faudrait-il, comment dire ? Revoir leurs attentes à la baisse. Sacrifier une partie des croissants pour s'assurer le succès de la mission.

"M'okay, peut-être qu'on devrait pas demander toute une caisse de croissants", avança Payne, avec son expression la plus concentrée. La même que d'habitude, comme s'il faisait la gueule. Le pire, c'était d'être fier de cette réflexion somme toute logique : "On s'ra pas crédibles ! Par contre, s'tu demandes un croissant pour toi... ou deux, pour moi... ouais, ça passe."

Et de cela aussi, il en était certain, même qu'il aurait été vraiment déçu si ce plan-là ne marchait pas. Si Gustave les prenait pour des cons. Payne n'avait pas envie de foirer ce plan-là. Il était motivé à entrer dans ces cuisines et à en ressortir avec leur dû, même s'il devait mentir et lancer des hachettes et défoncer des portes façon cow-boy pour s'enfuir en courant. Nul doute que la colère de Gustave serait... légendaire. Mais Payne n'était pas une flipette, ça non, on ne l'avait pas mis à Gryffondor pour des Noises, et il allait le prouver. Il afficha un sourire satisfait quand Hécate refusa catégoriquement d'aller dans la salle de réception. Mieux encore, quand elle suggéra d'improviser. Oh oui, il aimait de plus en plus ce plan-là. Le plan qui... n'était pas un plan. Oui. Il lâcha un ricanement quand elle proposa qu'il l'aide à attendrir le cuistot en jouant sur la corde sentimentale. Payne. Jouer. Sur la corde sentimentale. Ça fonctionnerait parfaitement, bien sûr. Il bomba le torse dans une pose convaincante et convaincue :

"T'inquiète, j'sais faire de la lèche s'il faut." Non tu ne sais pas, Payne. "Par contre je suis pas angl..." je suis irlandais non attends, on s'en fout de ça. "Ok, on y va avant de perdre l'effet de surprise !"

Quel effet de surprise ? Tout ceci n'avait plus aucun sens. Il hocha la tête quand elle suggéra enfin de fuir avec autant de croissants que possible si jamais le plan foirait. Mais le plan ne pouvait pas foirer, puisqu'il n'y avait pas de plan ! GENIUS. Il leva les deux pouces en l'air avec un grand sourire, ayant complètement zappé, c'est important de le préciser, dans quel endroit ils étaient censés se cacher si jamais ils réussissaient à fuir la colère du terrible cuisinier. On rigole pas avec la gastronomie française. Payne suivit Hécate dans l'antre de la bête et observa par-dessus sa tête l'allure du bonhomme. Toujours aussi impressionnant. Quelque part, caché au fond de son cerveau primitif, l'instinct de Payne lui criait quelque chose comme "fuis, pauvre fou", mais Payne le chassa comme toujours d'un haussement d'épaules imaginaires. Fuir, pfff. Ridicule. Ils maîtrisaient parfaitement la situation. Enfin... pour le moment, c'était Hécate qui maîtrisait... quelque chose. Peut-être. Un peu ?

"Gustave … Monsieur Gustave … Bonjour, je suis Hécate, vous vous souvenez ?"

Payne invoqua tout le self control dont il était capable pour ne pas lever les yeux au ciel, pousser Hécate et tendre la main à Gustave pour un petit check des familles, assorti d'un si si, bien la mifa ? Retiens-toi, Payne. Il se contenta d'adresser un hochement de la tête au cuisinier pour le saluer sobrement, alors qu'Hécate le présentait à son tour. Ainsi posté derrière elle, le Gryffondor avait l'air d'un soldat aux aguets.
Et quand son amie mentionna les croissants et que Gustave s'anima enfin pour prendre une – énOrme – cuillère en bois, son corps le prépara à sauter dans le bosquet le plus proche ou ramper dans une tranchée. Mais pas de bosquet, pas de tranchées. Payne réalisa qu'il était inconsciemment en train de chercher une planque sous un comptoir et revint au moment présent. Hécate était maintenant planquée derrière lui, il faisait barrage entre Gustave et... le comptoir de Gustave. C'était déjà ça.

"... dis-lui toi ça te manque."
"Euh, ouais, grave !"

Il n'avait rien écouté. Et soudain Gustave parla – Payne avait oublié à quel point sa voix était grave et forte, même quand il ne faisait que bougonner. Il parla dans sa barbe et Payne l'entendit distinctement, mais malheureusement l'accent et l'intonation étaient trop forts pour qu'il comprenne exactement le sens des paroles. Avait-il fait français deuxième langue pour ça ?

"Fuck this", marmonna Payne en anglais, ou peut-être qu'il avait lâché ça à haute voix. Il changea pour la langue de Molière, en essayant de ne pas faire de grosses fautes de prononciation avec son sale accent british : "Hécate est en hypothermie ! Hypo... gly... elle va tomber dans les pommes si on ne lui donne pas du sucre ! T'as pas un p'tit croissant en rab' ? On prend tout, mêmes les invendus. Même les trucs secs. Ce sera toujours mieux que ces machins en plastique qu'on bouffe de l'autre côté de la Manche, wesh."

Il avait l'air agacé par l'état de son amie, et il l'était ; mais parce qu'il avait faim. Son ventre gargouillait. Si ça continuait, c'était lui qui allait faire une crise d'hypoglycémie ! Ah... c'était ce mot. Payne contourna le comptoir à grandes enjambées pour serrer la main du cuistot.

"Bien ou bien ?" salua-t-il avec l'assurance qu'il n'avait, tout au fond, peut-être pas.

Et quand Gustave attrapa sa main dans sa grosse paluche, Payne se rappela pourquoi. Des années d'entraînement à la poker face réussirent à conserver le calme impassible de son faciès alors que le cuisinier de Beauxbâtons broyait ses doigts. Diantre qu'il avait de la poigne. Un léger rictus, spasme incontrôlé, souleva le coin des lèvres de Payne. Sois fort, Payne. Pour les – *motherfucker* – croissants.

"Ça fait trop plaisir de te voir !" avança-t-il, sans être bien sûr que la réciproque était vraie. Dans quelles circonstances avait-il vu Gustave pour la dernière fois ? Hum... Il ne se rappelait pas avoir lancé des feux d'artifice magiques dans la salle de réception pour dire adios motherfuckers lors de son dernier jour, alors ça devrait aller. "On aimerait rester pour discuter, mais... Hécate se sent pas bien et... et tu ne lâches pas ma main."

Il baissa les yeux, circonspect. Gustave avait-il des souvenirs différents des siens ?

"PAYNE."

C'était normal qu'il hurle maintenant ou...?

"PEEEEE-TITE MERDE !"

Il écrasa son autre main sur l'épaule de Payne et lui donna une grande tape dans le dos, avant de relâcher le tout, sur un grand rire, et un Gryffondor un peu désarçonné – littéralement, il avait failli tomber. Il se rattrapa au comptoir en grimaçant. Gustave lui donna une nouvelle tape dans le dos, avant de repartir dans un grand rire, et toujours en gueulant :

"J'AIMERAIS DIRE QUE TU M'AS MANQUÉ, MAIS C'EST FAUX ! TOUJOURS LÀ OÙ IL NE FAUT PAS, HEIN ? SACRÉ PAYNE !"
"... cool." répondit Payne, après avoir craché ses poumons.
"QU'EST-CE QU'IL TE FAUT, HÉCATE ? ... PARLE PLUS FORT, JEUNE FILLE, J'ENTENDS RIEN !"

Le Gryffondor était persuadé qu'il faisait exprès de leur éclater les tympans, mais il ne dit rien : il était trop occupé à ne pas tomber du comptoir à chaque fois que Gustave lui donnait une tape dans le dos. Ce qui semblait être un signe de ponctuation courant dans le langage du cuisinier français.

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@Hécate R. Sinclair désolée pour ce gros retard ! Je crois qu'on on part sur un Gustave mi-Nord mi-Tormund de GOT, je meurs ptdr
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Hécate R. Sinclair
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Dim 2 Juin - 17:53


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On veut des croissants !

Les Français bizarres. Ce qu’il ne fallait pas entendre ! Et manger une espèce de gros cube qui rebondit quand on tape dessus à la cuillère, c’est normal ça ? Manger un truc qui ressemble au slim de Minecraft, ce n’est pas “normal”. Mais Hécate s’abstint de ce petit commentaire, histoire de ne pas retarder davantage leur rencontre avec la fournée de croissants tout chauds. Au moins il renonçait à l’idée de la caisse, ça épargnerait de nouveaux accidents à la Serdaigle : courir avec une caisse pleine de croissants serait sûrement difficile. Mais le jeu en valait la chandelle : Hécate aurait payé cher pour voir Payne user de flatteries afin d’obtenir le précieux Graal.

Et au lieu de ça, c’était une insulte que le Gryffondor avait lâché. Pas suffisamment fort pour que ce cher Gustave n’y prête attention, mais Hécate l’avait entendu. Et elle se sentait tourner de l’oeil, pourtant bien à l’abris derrière son bodygard. C’était donc ça lécher des culs ? L’irlandais avait encore beaucoup à apprendre. A cet instant précis, la jeune Sinclair sentit qu’ils avaient perdu la maîtrise de la situation : si tant est qu’ils l’aient un jour eu. Elle essaya d’estimer le temps qu’il leur faudrait pour courir jusqu’à la porte. Puis le temps que mettraient des hachoirs pour atteindre deux grosses proies sur un terrain découvert. Mouais, ils étaient foutus. A moins que Payne ne se décide à la soulever et à l’envoyer valdinguer vers la porte. Mais jamais la Serdaigle n’oserait sacrifier ainsi son meilleur ami.

L’air si sérieux d’Hécate se dissipa aussitôt pour l’incompréhension. L’hypothermie ? Là dans les cuisines où règne toujours une chaleur suffocante ? Ah, on me dit dans l’oreillette que Payne s’est tiré une balle dans le pied. Et pourtant elle comprend où il veut en venir : elle doit jouer la malade. Pas de soucis : c’est dans son quotidien d’être un petit être frêle qui attise la pitié. Aussitôt elle ferme à moitié les yeux, chancelle … mais son jeu d’actrice s’interrompt net. Visiblement le Gryffondor opte pour une autre approche, et elle perd son rempart contre le cuisinier impassible. Pourtant elle ne peut s’empêcher de l’admirer. Payne n’a peur de rien, il se rapproche du fauve, brave -ou inconscient- et son naturel reprend le dessus. Quelque chose se passait entre les deux hommes. Hécate le percevait, sans trop savoir pourquoi. Un silence qui lui sembla durer une éternité, le regard de l’un profondément ancré dans celui de l’autre … les mots disent quelque chose mais à l’intérieur une bataille digne des plus grands massacres semble avoir lieue. Et Hécate se félicite de ne pas en être un petit soldat.

Effectivement, Gustave ne semblait pas vouloir lâcher Payne. L’émotion de le retrouver sûrement ! Ils devaient être bien plus proches que ce qu’Hécate aurait pensé. Non foutaise. La Serdaigle laissa échapper un petit cri strident quand l’énorme Gustave s’anima de nouveau. Non, non, non. Ce n’était pas de l’émotion positive ça. Quoique. Décidément, la jeune fille ne comprendrait jamais rien aux relations masculines. Ses paroles semblaient émues, mais ses gestes étaient violents. Comme si Gustave peinait à choisir sa réaction. Pourtant elle se détendit en constatant que les poumons de Payne étaient bien restés dans son corps (ce serait difficile à soigner s’il les avait régurgité). Et finalement elle se raidit de nouveau en entendant son propre nom. Ah bah parler plus fort face à un tel énergumène, ça demande un sacré effort !

Elle pria pour ne pas avoir le même traitement que Payne, tout en retenant ses larmes. Les poings serrés, Hécate prit sur elle. “PARDON ! JE VOUDRAIS MANger des croissants s’il vous plaît.”. Elle n’avait déjà plus de voix. Comment faisait-il ce ténor ? A la mine de son camarade, elle toussota et se remit à beugler. “PAR CONTRE PAYNE SORT D’UNE GROSSE MALADIE IL FAUDRAIT ARRÊTER DE LE … ENFIN LES TAPES DANS LE DOS !” comment on dit ? C’était quoi ça ? Des tapes ? Des claques ? Des caresses un peu vives ? Difficile à juger. Elle regretta aussitôt ses paroles. Le gros bonhomme quitta son comptoir, laissant un peu de répit à Payne pour venir se fixer face à elle. Elle ne pu réprimer une envie de prendre la fuite, mais Gustave était bien trop rapide. Aussitôt elle se retrouva en l’air, dans les bras du gros cuisinier. Il sembla la soupeser avant de la laisser retomber délicatement au sol. “Ta maman a raison Miss Sinclair ! Tu ne te nourris pas suffisamment ! Pourtant tu devrais avoir un appétit de … loup ? AHAHAHAH” Hécate esquissa ce qui devait ressembler à un sourire.

Gustave faisait parti des rares à pouvoir plaisanter sur ce sujet. Parce que le cuisinier avait été mis dans la confidence. Parce qu’il n’avait jamais posé de question. Parce qu’il était capable de grands silences comme de paroles anodines pourtant si curatives. Il était gentil, Gustave. Bourru, mais gentil. Néanmoins le petit rappel à sa mère la mise mal à l’aise face à Payne. Ce n’est pas parce que papa maman ont une situation plus que confortable et un nom réputé en France qu’on peut se permettre ce genre de fantaisie. A moins que Gustave et ses parents ne soient amis ? Elle chassa cette idée sans importance pour se recentrer sur l’essentiel. “Oui, ce n’est pas fameux la nourriture à Poudlard. Ils font des efforts pourtant mais … même un garçon de là-bas préfère notre cuisine, c’est pour dire !” cette fois elle rit de bon cœur. Aussitôt le cuisinier se mit au travail, beuglant des ordres sans ménagement. Aussitôt un jeune commis qu’Hécate ne reconnut pas se hâta de leur apporter des croissants. Des croissants qui semblaient n’être qu’une mise en bouche.

“Alors ils sont comment à Poudlard hein ? Ils varient les plats ? Ils adaptent les menus en fonction des saisons ? J’aurai bien franchi ce putain de portail pour visiter mais nous les Français, on a pas que ça à faire !” et vu le coup de couteau qu’il venait d'asséner sur sa planche, elle n’osa pas le contredire. “Et Payne il est sage ? Tu le surveilles bien hein Miss ? J’espère que tu ne lui causes pas de problème l’illuminé ! Et que les ptits malins qui vous emmerdent ont des corrections appropriées !” la dernière phrase sembla davantage adressée à Payne. Hécate se demandait bien ce que ce dernier avait pu faire pour tant marquer ce bon vivant de Gustave. Et elle regretta un peu sa venue, aussi : ils voulaient des croissants, et visiblement ils auraient avant tout un repas digne de ce nom. Et il faudrait sûrement tout manger, jusqu’à la dernière miettes.


@Tadhgán Payne Le mix parfait XDD Ce personnage est mythique ptdr J'ai mis un peu de retard aussi, n'hésites pas si je dois changer quelque chose !
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán Jeu 27 Juin - 12:09


Payne profita que Gustave avait toute son attention de géant barbare effrayant focalisée sur Hécate pour retrouver sa respiration normale et sa dignité. Heureusement qu'ils n'étaient pas à Poudlard, il n'avait pas envie que cette expérience fasse le tour de l'école. Ce serait humiliant, mais dans ces circonstances, c'était juste... douloureux ? Il connaissait Gustave. Il avait toujours eu "de la poigne", comme on dit, et Payne savait qu'il n'était pas volontairement blessant. Tant que cet incident ne repassait pas le portail avec eux – et il faisait confiance à Hécate pour ne pas partager leur rencontre avec le cuistot – ça irait. Beauxbâtons avait vraiment été une expérience différente pour lui.

"Euh, ouais, j'ai... choppé une pneumonie", articula-t-il, entre deux quintes de toux, pour la forme.

Il  n'avait aucune idée de la gravité d'une telle maladie, mais ça lui semblait assez impressionnant pour le sauver des grandes claques amicales de Gustave. Ce dernier s'approcha et attrapa Hécate entre ces deux rondins de bois, enfin, entre ses bras. Payne se raidit un instant, instinctivement. Il savait que le cuistot ne la blesserait pas. Pas volontairement. Hécate ne hurla pas de douleur, alors le Gryffondor se détendit sensiblement, allant jusqu'à rire – nerveusement – au jeu de mots ? du cuistot. God, il avait le même humour que son père. C'était peut-être pour ça qu'il lui inspirait une certaine sympathie. Hécate finit par rire aussi et Gustave se mit au travail. Payne prit soin d'avoir l'air affamé tout du long, même s'il allait le regretter : pourrait-il manger tout ce que Gustave semblait sur le point de préparer ? Avaient-ils commandé un menu big mac XXL pour dix personnes ? Payne était un Gryffondor, pas un Poufsouffle, son estomac ne le remercierait pas. Mais c'était ça ou décevoir Gustave.

Spoiler alert : vous ne vouliez pas décevoir Gustave.

Pendant que le larbin, enfin, le commis s'activait – Payne ressentit une vague d'empathie pour ce gars qui travaillait tous les jours avec et sous les ordres de Gustave – le cuistot leur demanda des détails sur les plats de Poudlard. Le Gryffondor haussa les épaules en goûtant son croissant. Meilleur croissant du monde. Ils étaient encore chauds, ah la la... ils avaient bien fait de se lever tôt. Enfin, Hécate avait bien fait, Payne lui, était arrivé en retard. Il n'était pas sûr de la réponse à apporter à Gustave. Il semblait que "meh" soit le plus approprié. Comme son amie, il ne voulait pas contredire le cuisinier français. Il croisa les bras.

"Tu devrais venir, une fois. Une remise à niveau en cuisine, ça leur ferait du bien. J'imagine pas la gueule des elfes", ajouta-t-il avec un sourire et un regard à Hécate, goguenard.

Les pauvres seraient traumatisés.

"C'est quoi, "sage" ? Ça se mange ?" ajouta-t-il, avec un air faussement surpris.

Il était presque sûr que Gustave ne se vexerait pas qu'il lui réponde ainsi... presque. Le cuisinier lui lança un regard sévère par-dessus ses mache- ses couteaux. Payne préféra embrayer sur la deuxième partie de la question :

"Mais tu peux compter sur moi. Personne t'emmerde, hein ?" voulut-il s'assurer en se tournant vers son amie.

Il avait presque l'air aussi sévère que Gustave, comme ça, mais ce n'était pas dirigé contre elle. Le commis fit glisser deux plats devant eux. Des petits fours. Payne reposa son croissant, conscient qu'il n'avait pas encore tout à fait mérité cette récompense. Le commis retourna aux fourneaux et Gustave les regarda, dans l'attente de leur avis.

"C't'une nouvelle recette que je suis en train de tester", expliqua le chef de cuisine, plus calme dès qu'il parlait de ses plats. Son oeuvre. Sa vie. Bref. "Goûtez-moi ça, ça fond sur la langue !"

Payne se retint de demander ce que c'était. Visuellement, ça ne ressemblait à rien de connu. Mais la cuisine français, uhh... il avait assez de neurones pour ne pas refuser, cependant, et il prit délicatement un petit toast dans ses mains.

"Euh... ok."

Et goûta.

C'était... particulier. Même comme ça, il était incapable de deviner la composition du machin. Il n'avait aucune connaissance culinaire. Enfin, si. Il savait se faire à manger. Ses compétences s'arrêtaient à la température nécessaire pour bouillir de l'eau et à la qualité de cuisson d'un œuf au bacon. Il faisait d'excellents œufs au bacon. Le ventre de Payne grommela. Maintenant, il avait envie de bacon. Mauvaise idée. Ce n'était pas très "petit-déjeuner". Il leva les pouces pour signifier qu'il appréciait le petit four, et Gustave leur remit une pleine assiette de différentes variétés. Apparemment, Hécate et Tadhgán venaient d'être agréés goûteurs officiels des cuisines de Beauxbâtons.  *Putain ça va encore prendre la journée.* Le Gryffondor venait de se rappeler pourquoi il évitait vraiment les cuisines. Il adorait Gustave et tout, hein ! Mais il le rendait malade. Son estomac, plus précisément. Il lança un regard à Hécate, qui pouvait aussi bien vouloir dire "j'ai pas signé pour ça" que "la fuite n'est plus une option envisageable, deal with it".
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Re: ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán

ON VEUT DES CROISSANTS ☾ Tadhgán
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