Dans les mailles de mon filet + Serafim

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Enoch Leszczynski
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Dans les mailles de mon filet + Serafim Jeu 28 Mar - 13:29

Dans les mailles de mon filet + Serafim CKLj417
Dans les mailles de mon filet

La première fois qu’Enoch l’avait vu, il se rendait vers les abords de la forêt interdite pour s’occuper d’un Dictame fraîchement mis en terre. Le Gryffondor avait demandé à Billy de s’en charger, mais celui-ci semblait occupé. C’est donc ainsi qu’Enoch avait fait des pieds et des mains pour quitter le château, en pleine nuit. Et c’était ainsi qu’il avait aperçu la créature “Mystérieuse-de-la-mort-qui-tue”, comme il l’avait rapporté à son groupe de potes. Enoch avait surveillé à plusieurs reprises, et constaté que la bestiole ne sortait que la nuit. Il s’était donc décidé à l’attraper. De nombreuses suppositions se baladaient en bordel couvré dans sa tête : peut-être un rejeton du calmar géant ? Ou une espèce non répertoriée ? Un requin mutant ? Un élève mordu par un strangulot qui aurait muté et ne serait autorisé à sortir du lac que la nuit ?

Bref, à force de se torturer l’esprit, Enoch en était arrivé à une conclusion plutôt simple : il devait attraper cette créature. Le gamin avait réussi à réunir un filet de taille plus que respectable, des poissons crus, des morceaux de viandes cuites et quelques biscuits pour tenir la nuit. Ce n’est qu’en posant son sac, bien à l’abri derrière un menhir, que le Gryffondor constata qu’il avait oublié un élément essentiel : une lampe de poche. L’idée d’utiliser sa baguette l’avait effleuré, mais sur le coup il n’avait pas songé qu’il n’en avait jamais possédé. C’est con. Emmitouflé dans son sweat aux couleurs de la maison au Lion, le môme patientait. Ou plutôt, s’impatientait. Son filet était méticuleusement plié, de sorte qu’il pourrait le déployer sans grande difficulté. Il avait éparpillé les appâts un peu partout sur le lieu d’apparition habituel … bref, la grande perche devrait pointer le bout de son nez sous peu.

Ce n’est qu’en plissant les yeux qu’Enoch remarqua une agitation dans l’obscurité. Il n’avait apparemment pas été suffisamment attentif, puisque l’animal semblait avoir pris ses aises. Bien décidé à élucider ce mystère, le gamin attrapa son filet entre ses gants, serra les dents et s’approcha doucement. La bestiole avait les pieds dans l’eau. Enoch ne savait pas nager. Si lutte il y avait, le Gryffondor était plutôt mal barré. Une lueur d’angoisse naquit dans ses prunelles bleues. Avait-il une chance ? Sans avoir pu déterminer tout ça l’avance, il déploya son arme ultime et l’envoya tournoyer un peu plus loin, près de la créature. Retro sortait lentement de sa carapace, glissant ainsi ses pattes dans le costume en laine chaud tricoté par la mère d’Enoch. La tortue du Gryffondor se métamorphosa en un petit requin à l’aileron bleu. La bestiole la plus mignonne de l’univers. Et avant que le monstre ne songe à croquer la diversion mûrement réfléchie, il s’élança.

Enoch ne dissimulait plus sa présence, courant à grands pas et bondissant avec son filet. Celui-ci parvint à recouvrir l’animal (vraiment imposant d’ailleurs) et Enoch le contourna pour refermer les mailles de son piège. “Tu es fait comme un rat !” le regard plein de victoire. Mais bien évidemment, la proie ne se laissa pas faire, et le gamin sentit ses pieds quitter le sol, et son corps se diriger vers l’eau glacée. Dans un rictus empreint de panique, le Gryffondor allait sombrer.



Dernière édition par Enoch Leszczynski le Mar 3 Sep - 21:43, édité 1 fois
Serafim H. Marinos
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Sam 6 Avr - 23:03




La petite Sirène

aurait pu commencer comme ça



Il y a des rituels dont on ne peut se passer, dont on ne peut ignorer la réalisation. Chacun a, dans sa vie quotidienne, des habitudes et des besoins. Par moment, ce sont même les deux. Pour certain, il s'agit de couler un bronze avant de dormir. Pour d'autres, il s'agit de lire au moins une fois dans la journée. Pour Serafim, il s'agissait tout simplement d'aller se baigner. Te tremper dans l'eau était un besoin, une contrainte de ta vie en tant que semi-être de l'eau. Te tremper dans le lac, par contre, c'était clairement une habitude qui relevait plus de la coquetterie qu'autre chose. Tu aimais les grands espaces. Tu n'éprouvais aucun plaisir à te glisser dans l'eau chaude d'une baignoire ou le bassin tempéré d'une piscine. Trop peu de place et pas assez de vie dans ces eaux-là. Le lac était, à Poudlard, ce qui se rapprochait le plus de tes eaux grecques natales. Profondes, secrètes, remplie de vie et d'une richesse insoupçonnée. En huit ans de vie à Poudlard, tu avais eu le temps d'en découvrir et explorer le moindre recoin. Tu connaissais cette immense étendue comme ta poche, tu avais même eu le temps d'y créer des liens. Le lac était pour toi un immense terrain de jeu, mais également une seconde maison. La demeure de l'être de l'eau, là où l'humain laisse place à la créature magique qui partage ses veines et sa chaire. Si tu te baignais la nuit, c'était en grande partie pour te prémunir d'une sanction. Tout le monde ne comprenait pas ton besoin d'aller fréquemment piquer une tête au lac et tu avais déjà eu le droit à plus d'une remontrance pour cette excentricité de ta part. De plus, la nuit, tout était calme et paisible. Tu pouvais profiter de la vie aquatique sans être pollué par le bruit et la vie à la surface. Aussi, ce soir-là, comme n'importe quel autre soir, tu avais pris soin de t'extirper de ton dortoir pour venir t'accorder ta petite baignade nocturne.

Ton kit sous la main, parce que oui, tu as un kit baignade avec toi, tu quittes les murs du château pour pénétrer aux abords du lac. Dans un rituel devenu presque un automatisme avec le temps, tu troques ton pantalon et ta chemise d’uniforme pour ton caleçon de bain. Une serviette propre est posée au sol sur laquelle tu déposes tes affaires, une autre est soigneusement pliée dans ton sac pour t’éviter de rentrer tremper au dortoir. Comme à chaque fois, tu prends le temps de t’asseoir pour tremper tes pieds et prendre la température. Ce petit instant de calme avant l’exploration était là pour t’aider à faire le point sur ta journée et sur l’heure à venir. Qu’allais-tu faire aujourd’hui ? Où allais-tu nager ? À qui allais-tu rendre visite ? Une petite heure, c’était trop peu pour faire le tour de ce petit monde parallèle auquel tu avais accès. Chaque jour, le programme était différent, tu avais même tes propres circuits. Tu laisses tes pensées vagabonder, hésitant quant au fait d’aller vers l’est ou l’ouest du lac quand une vision incongrue t’arrache à tes réflexions.

- « Mais qu’est-ce que… »

C'est une tortue… Une tortue avec un tricot requin sur le dos. Tu clignes des yeux, une fois, deux fois. T'avais pourtant rien bu d'alcooliser et t'étais presque sûr de n'avoir rien consommé d'hallucinogène. Nan. Non, tu n'es pas con, tu ne rêves pas. Y a une putain de tortue déguisée en requin devant toi. La petite créature avance tranquille, oklm, prend place sur ta serviette comme-ci de rien n'était, et toi, tu es fasciné. Tu ne comprends juste pas le pourquoi du comment de cette tortue. Tu bug. Tu bug tellement que tu n'entends que trop tard les bruits de pas derrière toi. Tu ne réalises ton agression que quand un filet te tombe sur le coin de la gueule. Dans un sursaut, tu te lèves brusquement. Trop brusquement. Ce qui suit ensuite te fait pousser un juron. Un élève. Un putain d'élève est un train de basculer dans l'eau et à voir sa tronche ça ne faisait pas du tout partie de son plan. Tu jures, et sans chercher à comprendre, tu envoies le filet au loin dans un geste rageur avant de plonger à la suite du type tombé dans l'eau. Tu ne peines pas à retrouver sa silhouette paniquée s'enfoncer dans les profondeurs. Avec agilité et rapidité, tu passes un bras autour de sa taille et le remontes à coup de pied énergique. L'eau te pousse, comme une force extérieure vers la surface, tu sors de l'eau en grognant, traînant l'élève sur le bord. Un élève plutôt jeune d'ailleurs, mais tu es trop surpris pour prendre des gants.

- « MAIS CA VA PAS ?! GENRE T’ES CON OU BIEN ?! TU TE RENDS COMPTE QUE TU AURAIS PU CREVER S’PECE D’IMBECILE ? » Oui. Non. Pas sûr que ce soit le truc à faire devant un gamin qui a failli se noyer du con. « Mais quelle idée d’envoyer un filet sur les gens, comme ça ! » T’es furax, légèrement paniqué et surtout encore dans l’incompréhension totale de ce qu’il vient de se passer. « Crache si t’as de l’eau, faut pas que ça reste. Tiens, je vais te sécher et te conduire à l’infirmerie. Faut vérifier que tu ne risques pas une noyade sèche. Boire la tasse c’est pas anodin. C’est quoi ton nom, t’es en quel classe ? Ah mais attends t’es un Gryff toi, non ? Encore mieux. On peut savoir ce qui t’as pris petit gars ? »


"You also have splendid colors in you do you understand?"


©️ Halloween


Enoch Leszczynski
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Mar 21 Mai - 23:32

dans les mailles de mon filet
C’était froid. Humide. Désagréable. Enoch estimait avoir déjà fait l’expérience du très chaud, qui lui avait laissé une belle empreinte sur le corps. Et maintenant il faisait l’expérience du très froid : pour sûr, l’eau du lac provenait des pays nordiques. Il en aurait mis sa main au … à l’acide, pour changer un peu. Allait-il avoir des engelures ? Stupide raisonnement, réaction insensée. L’humour du gamin le quitte aussi rapidement que l’air qui logeait dans son petit corps. A la place le liquide noir et nonchalant se fraie un chemin, violemment, douloureusement. Aurait-il pensé à retenir sa respiration ? Bien sûr que non. Il sent sa tête se refroidir, tout comme ses élans d’aventurier. Les dents serrées, il se demande s’il doit pleurer. On peut pleurer dans l’eau ?

Des images commencent à défiler. Des théories loufoques. Peut-être que sa mère allait venir le pêcher, ou le sortir de là avec l’une de ses plantes extraordinaire ? Ou bien serait-ce Bering, en nageur émérite ? Non : Retro deviendrait un super héros (ce costume que maman lui avait fait là, avec une cape et un bandeau mexicain) et viendrait le récupérer par la peau des fesses. On peut manquer d’oxygène aussi vite ? Amusant comme prémisse au décès. Enfin, la douleur de l’eau glacée en moins. Il ne s’était probablement écoulé que quelques secondes, et pourtant le Leszczynski se sentait déjà dépérir. A courir partout, tout le temps, son corps avait sûrement pris l’habitude de réclamer beaucoup d’air. Là c’était plutôt mal barré. Pourtant il se laissait couler, sans fournir d’effort ridicule pour remonter : de toute façon il en était incapable. Et puis il vit une silhouette approcher.

Un tentacule géant peut-être ? Ou le fameux super pouvoir de Retro ? Ou une sirène. Merde, il allait mourir sans jamais avoir eu de petite amie ! Tant pis Enoch se ferait croquer par une jolie fille au moins. Ou pas. Il ne reconnut pas tout de suite la forme de la bestiole qui approchait. Par contre il l’identifia sans difficulté à la vue de son visage enragée : LA créature ! Et elle fonçait droit sur lui. Débile mental, ahuri, benêt … choisissez l’adjectif de votre choix : Enoch fonça dans le sens inverse. Oui, il tentait la brasse. Et il la tentait vers les abysses du lac. Manque de bol, l’un des deux participants à cette course était plus adapté à l’environnement que l’autre. Le gamin se sentit happé, prisonnier : la créature allait le briser en deux, répandre ses entrailles dans la flotte et convier son crew de poissons maléfiques au festin. Mais non, ni une ni deux, Enoch se retrouva sur la terre ferme, sans trop comprendre le pourquoi du comment.

Peut-être que si sa proie l’avait sorti de l’eau, c’est qu’elle n’aimait pas manger humide ? Quoiqu’il en soit, des “plocs” à répétition pétaient dans les oreilles du Gryffondor. Il crachait tout ce qu’il pouvait, tentant d’échanger la flotte contre de l’air. Enoch se sentait un peu comme une Maserati à qui on aurait refilé de l’huile de friture : ça va pas ensemble. Et il avait faim, quand même. Son corps tremblait tant de froid que de peur, même s’il ne l’admettrait pas. Le gamin prit son courage à deux mains pour tenter de répondre à son sauveur/prédateur, sans pour autant pouvoir en placer une. Il se laissa donc tomber sur le dos, les yeux vers le ciel. S’il avait eu le vaccin, il n’aurait pas eu besoin d’aide. Il aurait jeté un sort vachement classe qui l’aurait tiré de l’eau, tout seul ! Vie de merde.

Retro de son côté avait fini son ascension du mont Everest : en totale solidarité avec son maître, la petite créature vint se poster sur son torse glacé, bougeant la tête dans tous les sens. C’est sûrement comme ça que ça panique une tortue, non ? Et finalement, il tourna le visage vers son interlocuteur. Qui n’avait rien d’une créature. Ni d’un danger public. Banal à souhait. Quelle déception. “T’es pas un monstre des abysses, grave déçu.” aie. Ça faisait mal, c’était bizarre, saccadé, et vachement grave. Enoch déglutit péniblement pour tenter de poursuivre. “J’sais pas nager”. Merci, on avait un doute. “Je sais pas ce que c’est une “noyade sèche” mais j’veux pas y aller. En plus on aurait des problèmes." Et je passerai pour un con.

Le Leszczynski accepta la serviette tendue et se redressa légèrement pour s’enrouler dedans, Retro compris. Son camarade avait bien servi la mission. Et puis sa présence réconfortait le morveux, dont seule la fierté empêchait les larmes de couler. Et tel un prisonnier, il déballa son matricule. “Enoch Leszczynski, Gryffondor, 4ème année, peau de bébé. Retro, tortue tordue, swag ultime du stylisme” tiens d’ailleurs, c’était plutôt dingue que le type ait plongé pour sauver un abruti l’ayant attaqué par derrière. Surtout vu la gueule de l’agresseur. “Et toi t’es qui du coup ? T’as pas cru que j’étais un monstre ?” clairvoyant le nageur de catégorie olympique ! “Tu veux pas agiter ton bidule et me réchauffer ?” … ta baguette. Et utiliser un sort qui évite les gamins de geler sur place après une connerie monumentale. C’est pas ambiguë, si ?

Serafim H. Marinos
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Lun 27 Mai - 0:11

❝ La petite sirène aurait pu commencer comme ça  ❞J'suis la dame du lac tocardJ'suis pas un monstre des ab… Il est sérieux ? C'est quoi ces gosses qui s'improvisent Owen Grady ? C'était ça son plan de génie ? Aller avec une pauvre tortue et un filet attraper le monstre du lac ? Puis monstre des abysses… DES ABYSSES. À LA SURFACE. JE. EFZJHFZEKFJZEHFZJ. Ne pas s'énerver. Ne pas s'énerver. De toute façon, t'es mal placé pour juger, Sera. Tu veux qu'on parle des conneries que t'as faites quand t'avais quatorze ans ? Probablement pas. En fait, faut mieux que le monde ne soit pas au courant. Moi aussi, j'ai eu mon lot de bêtise et de plan foireux. D'ailleurs, dire que j'en avais fini avec ça, ce serait aussi un gros mensonge. Disons que c'est juste nettement moins tripant quand on est la première victime des conneries des autres. M'enfin, plus de peur que de mal, je suppose. J'avoue, ça me frustre de voir un gosse se foutre en danger pour des conneries, mais, bon, encore une fois je ne suis pas le mieux placé pour parler et… Ok, je suis juste le pire Gryff pour parler responsabilité avec un gosse.

- « Et non. Désolé. Cthulhu ne sort à la surface que le 4e jour pair des années bissextiles. »

J'espère que tu ne prends pas ça au sérieux, kid. Navré, mais quand je vois ce que t'as fait, j'ai comme un doute. Je soupire, s'il est capable de causer et d'aligner des mots de façon compréhensible, c'est déjà un bon point. J'aurais eu l'air con à traîner à gamin inconscient jusqu'à l'infirmerie, moi. Avec le pot que j'ai, j'aurais même pu me retrouver avec une heure de colle alors que c'était moi la victime. Remarque, ça aurait sûrement fait rire Joy. J'sais que j'aurais peut-être pu négocier des câlins pour me remettre de cette injustice. Quoi que c'est peut-être glauque de négocier une partie de jambe en l'air grâce à la noyade d'un gamin… Ouais. Ouais Sera, c'est glauque.

Le champion nous dit qu'il ne savait pas nager. J'avais cru comprendre ça, ouais. Ce qui soulève un nombre autrement plus grand de question. Je serai moins salé, je ferais sûrement comme Ethan et je lui ferais une petite morale sympa. Mais je ne suis pas Ethan. Je suis Serafim. Jouer le grand frère, c'est une chose, mais quand on a la dose de sel des côtes Bretonnes ça ne donne sûrement pas le même effet. Je devrais peut-être m'arrêter-là. Mais ce gosse s'est mis en danger tout seul. Je ne peux juste pas… Faut bien que je dise quelque chose. Sans jouer le moralisateur à deux ronds, je peux, peut-être, juste lui dire que c'était dangereux ?

- « Une noyade sèche, c'est quand tu as de l'eau qui reste dans les poumons. Ça a l'air de rien, mais si on ne s'assure pas que tout va bien, tu peux peut-être crever dans les jours qui viennent. » Bon… Ce n'était peut-être pas la meilleure façon de présenter le truc. « C'est pas pour te faire chier, mais ce qui vient de t'arriver est tout de même grave et on doit s'assurer auprès du médecin scolaire que tu ne risques plus rien. » Je soupire, le pauvre à l'air quand même d'être bien secoué. Tu m'étonnes, en même temps. Je soupire encore, je prends un ton un peu plus conciliant. « Désolé, c'est très brutal comme façon de parler… Mais tu m'as fait peur, tu comprends ? T'aurais pu te tuer, je sais que l'appel de l'aventure, c'est tentant, mais il ne faut pas te mettre en danger comme ça. »

Il doit avoir peur. J'ai eu peur moi aussi. Je sais que ce n'est pas intelligent de passer mes nerfs sur lui. C'est qu'un gosse. Un gosse qu'a fait une bêtise et qui le regrette. Je lui donne une petite tape douce sur le dos avec un sourire, un signe un peu maladroit pour lui dire que ça va. Je ne vais pas te manger, petit. Je ne vais pas te hurler dessus. C'est moi l'adulte, ici, c'est à moi de temporiser. Je l'aide avec sa serviette, je lui frictionne même le dos. Je ne peux pas faire l'impasse sur l'infirmerie pour des raisons de sécurité évidentes, mais j'espère que le gamin ne le prendra pas trop mal. D'ailleurs, le gamin me déballe enfin son blaze. Donc, Retro la tortue et Enoch Leszczynski…. Wait. What ?

- « T’es de la famille de Béring ? »

Me faites pas croire que y a une autre famille Leszczynski dans Poudlard, c'est des bobards. Mais putain quel hasard. J'ai un gros coup de stress du coup, Béring m'a jamais dit qu'il avait un frangin à Poudlard… C'est peut-être son cousin ? Damm, imagine il serait mort ? Oh putain de merde.

- « Tu as eu de la chance, petit gars, parce que s'il t'était arrivé quoi que ce soit je crois que je ne serais plus vivant à l'heure qu'il est. Je m'appelle Serafim. Gryff, 8e année, semi-être de l'eau. C'est pour ça que j'ai pu te sauver. Tu n'es certainement pas un monstre, moi en revanche, j'en suis à moitié un. Mais le monstre vient de te sauver les miches donc j'imagine que ça compense. »

Même si ça me fais chier de me traiter de monstre. Mais bon, faut détendre le gamin.

- « Mon bid… Ah. Je peux. Mais faut que t’accepte de m’accompagner jusqu’à l’infirmerie. Je ne peux pas te remonter au dortoir avant de mettre assuré que tout va bien. Si tu as peur de la punition, ne t’en fais pas, j’en prendrai la responsabilité. Et... Et il faudra que j'en parle à Béring.»

Après tout, j’en suis pas à mon premier sauvetage.
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Enoch Leszczynski
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Mer 29 Mai - 13:22

dans les mailles de mon filet
Cthulhu ? C’est quoi ça ? Ca se mange ? … Il y a donc bien un monstre des abysses dans le lac, Enoch en était sûr ! Il s’était juste trompé de proie. Ca arrive même aux meilleurs chasseurs. Pas grave, le Leszczynski retenterait l’expérience, plus tard. Quand il serait armé d’une bonne combinaison de plongée et d’une cinquantaine de brassards. Le coup de la noyade sèche, c’était quand même un truc ! Il ne connaissait pas. Du coup Enoch se remit à cracher tous ses poumons, histoire d’être bien sûr de ne pas conserver d’excès de flotte. Et aussi pour couvrir la leçon de moral du baraqué, quand même. “J’étais pas en danger puisque t’étais là.” … le pire, c’est que ça lui semblait logique. Il avait failli se noyer, le type était venu le chercher, tout est bien qui finit bien. Un peu naïf le petit Enoch.

Le gamin serre les dents quand son aîné tente de le frictionner pour le sécher. Ou pour vérifier que la viande est tendre ? Prudence. Enoch se laisse tout de même faire, histoire de s’assurer que son sang continue bien de circuler dans ses veines. Car oui, il se les caille méchamment. Si bien qu’il peine à retenir ses mâchoires, claquantes comme un balais en accéléré. Un coup à se péter une dent ça ! Mais la phrase suivante stoppe toute réaction due au froid : pourtant il se sent encore plus glacial. Ce type avait fait le rapprochement. Evidemment, puisqu’Enoch lui avait balancé son nom. Il tenta de bomber le torse, sans succès : il fait plus chaud quand on se ratatine sur sa carcasse. Pourquoi était-il surpris ? Evidemment que le nom de Bering était connu, bien au-delà de sa simple maison : il était le meilleur joueur de Quidditch après tout ! Et le meilleur dans toutes les matières ! Le plus brillant aussi, littéralement parlant. Le plus beau, le plus charismatique … bref, son cousin !

Le Gryffondor esquissa un immense sourire. Bien sûr que Bering l’aurait vengé ! Il aurait retourné tout Poudlard ! Et Enoch serait resté en version fantôme, juste pour voir ça ! Mais Serafim, puisque c’était ainsi qu’il ne nommait, l’avait sauvé donc … ardoise effacée. “Ouais c’est clair, il t’aurait étalé mon cousin, c’est le plus fort !” y a même pas à discuter là-dessus. Le cerveau à demi-gelé, toutes les informations peinèrent à arriver jusqu’au cerveau du gamin. Un monstre ? Un semi-être de l’eau ? C’était bizarre. “Huitième année … la vache t’es un vieux !” il profita de cette petite distraction pour tenter d’apercevoir des branchies ou des pattes palmées. Mais il n’y voyait rien. “T’es à moitié un monstre genre … tu manges à moitié des enfants ?” trait d’humour, mais t’es pas drôle Enoch. “C’est grave cool semi-être de l’eau ! Je savais même pas qu’il y en avait à Poudlard ! Mais genre … du coup tu savais nager avant même de savoir marcher ? Parce que par exemple Retro elle nage pas de ouf pourtant elle kiffe l’eau !” il ressortit sa tortue, toujours affublée de son tricot requin. La petite bestiole agita lentement ses pattes, comme pour dire “t’as vu moi aussi je nage”.

Le morveux agita vivement la tête. Pas envie d’aller à l’infirmerie. Ce type l’intéressait et il voulait en savoir plus. Peut-être même qu’ils pourraient voir le monstre alors … ils iraient plus tard ! “Et donc tu vas te baigner … pourquoi en fait ? Tu vas voir ta maman ? Tu donnes des cours de natation ? T’as des potes là-dessous ?” Il ne releva pas l’allusion à Bering. Bien sûr qu’il le saurait : Bering savait toujours tout quand il s’agissait d’Enoch. Et quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, son sort était déjà définitif. Alors il se recentra sur ce qui l’interressait réellement. Pourquoi n’avait-il pas remarqué ce Serafim plus tôt, alors qu’ils font partis de la même maison ?

Serafim H. Marinos
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Ven 31 Mai - 21:37

❝ La petite sirène aurait pu commencer comme ça  ❞J'suis la dame du lac tocardQue Béring m'éclate la tronche parce que son cousin s'est noyé sous ma garde, j'en doute pas une seule seconde. Hé, j'suis sportif, mais faut se méfier du Béring. Parce que c'est un Serdaigle, on a tendance à le croire plus intello que bagarreur, mais Béring, en vrai, j'suis sûr il couche la moitié de l'école. J'vous dis, les Serdaigles faut s'en méfier. Ces gens sont dangereux parce que fourbes et bien cachés sous une montagne de clichés. On se méfie d'un Serpentard, on se méfie d'un Gryff… Mais jamais on ne se méfie des Pouffy et des Serdy. Je vous le dis, ces maisons, ce sont les pires. Ils nous enterreront tous. Enfin. Si le gamin est capable d’agiter les Banderoles « Go Go Béring » c’est que ça va. On peut respirer, Sera, Béring ne te tuera pas ce soir.

Est-ce que je débordais autant d'énergie quand j'avais son âge ? Est-ce que j'étais aussi franc que lui ? Je me suis toujours considéré comme quelqu'un de relativement honnête et droit. Parce que le mensonge n'a jamais été mon fort, j'ai très vite pris l'habitude de dire la vérité telle qu'elle était. C'est plus simple, on se prend moins la tête. Puis, même si elle peut blesser, parfois, je reste convaincu que la vérité sera toujours une meilleure approche que le mensonge. J'admire profondément les gens capables de vérité même dans les pires moments. J'admire profondément le franc parlé. Mais là, j'avoue, son franc parlé me fait un peu mal au kokoro. Mais d'un autre côté, je ne peux pas vraiment lui en vouloir. Je suppose qu'il est légitime de se poser un certain nombre de questions sur l'hybridité. C'est un concept pas toujours clair, les gens se posent parfois des questions étranges…. Gênantes. Puis, en dehors de tout ça, il y a sûrement le choc qui fait que. Le cousin de Riri me donne vraiment l'impression d'avoir des idées très précises de ce que font les fameux monstres du lac.

- « J’suis pas vieux, j’suis dans la fleur de l’âge. »

Ouais, parce que c’est toujours très mature de répondre à un gosse de 14 ans mais je suis encore jeune et beau. J’ai même une copine pour le prouver jpp. J’suis un homme accomplit, ok ? Comment ça je vais trop loin ?

- « Comment dire… Heu… Ma mère est une sirène. »  

Ça pose le décor, j'avoue, je bombe un peu le torse. J'ai toujours eu une immense fierté à parler de ma mère. D'une parce que c'est foutrement classe d'avoir une sirène pour mère (ça rend jaloux les gens), de deux parce que je tire une grande satisfaction de mes origines. Si certains hybrides considèrent le mélange de leur sang comme une malédiction, moi je considère ça comme un cadeau. C'est ce que je suis. C'est ce qui me rend unique. C'est quelque chose que rien ni personne ne pourra m'enlever. Les gens auront bon essayé. Non, ça, c'est la seule chose qu'on ne pourra jamais me retirer. Je ne devrais peut-être pas me montrer aussi fier. C'est sûrement puéril. Mais merde quoi.

- « Hééééééé, je sais, c'est classe. T'as jamais entendu parler des hybrides ? On est nombreux. Y a des semi-géants, des semi-êtres de l'eau -même si c'est moi le meilleur-, des semis-vélanes et plein d'autre ! On est un peu heu… Comme des super-héros, tu vois ? On a tous un don particulier que les sorciers normaux n'ont pas. Moi, par exemple, je respire sous l'eau et je peux… Comment dire ça simplement… Sentir l'eau ? Fin, j'ai un feeling particulier avec elle. Je me souviens plus de trop ce qu'il se passait quand j'étais encore en couche culotte, mais je crois bien que je nageais avant de marcher, ouaip. » La petite tortue du môme me fait bien rire avec son tricot et ses mouvements ralentit. On dirait une version miniature de Flash dans Zootopie. « Elle a l'air fortiche ta copine ! Et toi, tu ne sais pas nager, t'as jamais appris ? »

Ça me semble un comble de ne pas apprendre à nager sur une planète composée à plus de 70% d'eau. J'ne sais pas, ça devrait figurer dans les bases comme le calcul ou la lecture. Des fois, je ne comprends pas les priorités de l'être humain. C'est comme ces gens qui font les soldes en magasin alors que y a les sites en ligne. Vraiment, hein, j'essaye de vous comprendre, mais ça dépasse ma logique. Où est votre instinct de survie, les gars ?

- « Hé hé doucement avec les questions. » C'est moi où il essaye de changer de sujet. « Crois pas que j'ai oublié l'infirmerie. Si tu veux, je répondrai à toutes tes questions, mais on le fait en marchant ok ? » Dommage kid, j'suis l'aîné d'une fratrie, je sais comme ça fonctionne. J'sais aussi qu'il ne faut pas vous laisser le temps d'en placer une alors je commence à m'avancer en priant sur la carte de sa curiosité pour me suivre. Bon, je n'aurais pas pu profiter de l'eau, mais rien ne m'empêche d'y revenir plus tard. « Je me baigne parce que c'est un besoin vital. Je dois me baigner au moins une fois par jour, sinon je ne me sens pas bien. C'est un peu heu… Le désavantage de mon hybridité ? Ma mère est en Grèce, c'est là d'où je viens ! Mais dans le lac, il y a des êtres de l'eau, comme ma maman. Ils parlent, ils font leur course, ils se battent, comme des vrais humains, en vrai. Je parle leur langue alors j'en profite pour leur faire coucou quand je viens. T'as jamais appris à nager, mais t'aimerais ? Parce que y a plein de choses graves cools à voir là-dessous et je pense que ton cousin serait rassuré de voir que tu ne risques pas de te tuer à chaque fois que tu poses le petit orteil dans l'eau. Je t'apprends, si tu veux. Ça me rassurait aussi pour être franc. »

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Enoch Leszczynski
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Sam 1 Juin - 19:53

dans les mailles de mon filet
La fleur de l’âge c’est pas beau à voir. Enoch aurait pu répliquer ça, mais il s’abstint. Dans son cas ça revenait un peu à tendre le bâton pour se faire battre. Difficile de critiquer la gueule des autres quand la vôtre est en bien piteux état. Le Gryffondor prit donc sur lui pour ne pas rebondir inutilement à cette pirouette. Si ce vieux type voulait se croire jeune, laissons le rêver un peu. D’autant que finalement, Enoch le trouvait plutôt sympathique. Etrange, mais cool. Il aurait dû s’en douter, puisque c’est un ami de Béring après tout. Les yeux du gamin s’agrandirent au possible. Une sirène, rien que ça ! Sa première réaction fut d’observer plus en détail son interlocuteur. Il n’avait pas hérité des meilleurs traits de la famille du coup. Quoi que cela dépende sûrement des goûts. Son autre pensée fut plus primitive : les sirènes ont une queue qui remontent jusqu’à leur nombril, non ? Alors comment … non pas qu’Enoch se soit spécialement intéressé à la question (ni chez les hybrides, ni chez les humains) mais il se doutait bien que quelque chose se passait dans la zone inférieure. Peut-être que la maman de Serafim avait pondu des yeux, et que le papa les avait récupéré ? Il chassa aussitôt cette idée.

Enoch dû admettre que non, il ne s’était jamais intéressé aux êtres hybrides. Après tout, il avait déjà ses propres problèmes, inutile de se charger de ceux des autres. Même s’il repassa les visages connus tel un vieux bouquin de cartes à collectionner : s’il avait déjà croisé un semi-géant, il l’aurait sûrement remarqué. L’image de son oncle lui vint soudainement à l’esprit. Et si le vieux Dariusz en était un ? Après tout, une telle taille ce n’est pas courant. Peut-être que Béring avait hérité sa taille de sa mère, ce qui justifierait qu’il n'atteigne les sommets “que” par son génie, son élégance et sa gentillesse légendaire. Le froid devait avoir atteint son système nerveux d’une drôle de façon, Enoch se laissait plus facilement distraire qu’à l’accoutumée. Il ne put retenir sa surprise. “Ouah je plaisantais moi ! C’est trop stylé de savoir nager avant tous les autres ! Et genre en fait t’as le même super-pouvoir que l’autre là … la princesse des Moldus … Vaiana ? Serafimiana !” il explosa de rire. Puéril, mais ça faisait du bien aux entrailles.

Son rire se stoppa néanmoins net à la phrase suivante. Aïe. Bien sur qu’Enoch ne savait pas nager. On aurait pu penser que son accident l’aurait rapproché de l’élément opposé au feu mais … non. En réalité Enoch continue de préférer l’élément ardent, sans pour autant cesser de le craindre. Mais l’eau … à part pour la douche et éventuellement pour la boire, le gamin l’évite. De toute façon il ne se voyait pas en maillot de bain, exposant son corps rapiécé comme une vieille poupée de chiffon. Regardez les copains, je viens me baigner avec vous … eurk, autant épargner autant d’âmes que possible. Donc non, rien n’avait conduit Enoch à apprendre cette discipline. Et ses parents l’avaient probablement oublié, ou considéré comme acquise. Dans un sens, cette lacune constituait une certaine honte pour le morveux. Il bafouilla. Le Leszczynski éluda la question, se recentrant que ce qui l’intéressait vraiment.

Histoire de distiller l’affaire pour de bon, il accepta un compromis. “T’es pas évident en affaires toi. D’accord, j’ai pas trop le choix de toute façon. J’espère juste qu’on ne fera pas perdre de points à Gryffondor.” parce que oui, clairement, il tirerait une sacrée gueule. Ce n’était pas pour rien qu’on appelait les quatre fratries “Maisons” et non “groupe” ou “enclos à demeurés”. Il se sentait bien chez les rouge et or, Enoch. Alors la perspective de leur faire perdre des points … hors de question ! Plutôt perdre un bras ! Ou une jambe. Il ne savait pas vraiment ce qu’il préférait. Le Gryffondor se redressa donc, remarquant au passage qu’il ne sentait plus réellement ses jambes. Il se raccrocha à Serafim, sans la moindre gêne. De toute façon les amis de Béring sont ses amis. Non, il ne leur demande pas leur avis. Il fit glisser Retro dans sa capuche et entama le chemin retour, docile. Pourtant Enoch se stoppe net quelques secondes plus tard. “Ils font leurs courses ? Genre … quoi y a un Zonko là-dessous ? Un Scribenpenne … c’est génial !” il reprit la route avant que Serafim ne décide de le traîner par la peau des fesses. La perspective de visiter ce lac mystérieux ne devenait que plus séduisante. S’il n’avait pas tant peur de l’eau.

Le visage pâlot du morveux se tordit entre un rictus mélangé entre terreur et sourire confus. C’était foutu. Béring finirait par apprendre qu’il ne savait nager autrement que comme une pierre. Béring le forcerait à apprendre. Alors bon … peut-être que s’entraîner aux côtés d’un semi être de l’eau pourrait être le meilleur plan ? Aucune chance de mourir noyé par accident, et bon … la natation est totalement inscrite dans ses gênes alors … Restait à savoir si Serafim nageait comme un type banal ou comme un poisson. Parce qu’Enoch ne se voyait pas se faire pousser une queue et des nageoires, ni même des branchies. Il réfléchit à toute allure. “Non. Je ne sais pas nager. Pas la peine de pouffer.” c’était plus sec qu’il ne l’aurait voulu. Mais la honte aiguise les mots. Il se doute que Serafim n’est pas mauvais. Il le sent. Après tout, il n’avait cessé de prendre soin de lui depuis toute à l’heure, alors que le gamin avait tenté de le capturer comme une vulgaire sardine. Il s’en voulut aussitôt. “Tu peux nager les yeux fermés ? Non parce que j’ai la même chose sur tout le reste. C’est pas un spectacle des plus ragoûtants tu sais.” il pointa sa pomme de son index, comme il avait l’habitude de le faire. Encore qu’avec une combinaison de plongée … cesse d’être si puéril Enoch !

Le Leszczynski prit un air résigné. Il n’avait pas réellement le choix, Serafim avait raison. “J’accepte. A trois conditions. La première, je veux apprendre la nuit. Quand personne ne peut me voir à demi à poil. Ça circulerait vachement bien sur le Stupeshit, et ça je suis pas d’accord. La seconde, en contrepartie je voudrais que tu m’apprennes la langue de ta maman. Si c’est possible. Et la dernière …” il pointa sa capuche “Je veux que Retro reste avec moi.”. Un enfant. La première condition semblait raisonnable et justifiée. Il ignorait qui serait le plus blessé par le corps dénudé d’Enoch sur le réseau social : Béring, ou lui-même ? La seconde était un pur caprice : tout intéressait Enoch, tout. Alors une nouvelle langue … il espérait simplement que ça ne nécessitait pas des organes qu’il n’avait pas. Quand à la dernière … un gamin va rarement à la sieste sans son doudou. On peut superposer les deux situations : Enoch a peur. “S’il te plait”, oui, n’oublie pas que c’est toi qui es redevable à Serafim, pas l’inverse.

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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Dim 2 Juin - 18:50

❝ La petite sirène aurait pu commencer comme ça  ❞J'suis la dame du lac tocardIl a une putain de candeur dans ses yeux, le cousin de Béring. C'est surprenant de voir cette étincelle dans ses yeux quand son visage laisse deviner des séquelles graves. Je n'ose pas lui demander d'où lui vient ses brûlures. Je me dis que ce n'est pas mon rôle, pas mes affaires. J'suis personne pour lui faire un interrogatoire et ce n'est juste pas le moment. Il n'empêche qu'il est sympa, ce môme. Légèrement turbulent. Légèrement suicidaire aussi, mais qui ne l'était à son âge ? Puis c'est un Gryff, ça excuse tout. Par certains aspects, ce petit bout d'homme me fait penser à mes frères. Par certains aspects, il me force un certain respect. Vivre dans Poudlard en était aussi atypique et différent est loin d'être simple. Ça ne m'étonnerait pas qu'il se sente différent, d'ailleurs, que ça lui pèse. On a beau dire, on beau aimer cette école, Poudlard est loin d'être un foyer chaleureux ouvert à tous. C'est peut-être pour ça que je m'avance autant à lui proposer toutes ces choses. C'est peut-être pour ça que je prends la peine de continuer cette conversation quand je pourrais le tirer par la peau du cul jusqu'à l'infirmerie. Seulement, je sais que ce n'est pas comme ça qu'on procède avec un enfant. Cet enfant, justement, au même titre que tous les autres, mérite qu'on réponde à ses questions et qu'on ne le regarde pas comme quelqu'un de différent. La normalité, de toute façon, c'est un concept tellement bourgeois.

« Bworf, super pouvoir j’irais pas jusque-là, c’est que c’est une vraie badass Vaiana. Mais j’ai mes petits tours de magie, ouep. »

J'suis loin d'être au niveau d'un Aquaman, j'suis pas le maître des océans, en vrai j'suis juste un touriste des mers. Mais, ouais, l'eau, c'est mon chez-moi. Un chez-moi un peu spécial. Mais mon chez-moi quand même. Mais ce n'est pas son chez lui, ça se voit. La façon dont il évite ce qu'il le gêne est vieille comme le monde et ne m'échappe pas non plus. Je note, donc, la question de la natation ça ne l'excite pas des masses. Traumatisme de l'eau comme Joy ? À moins que ce ne soit autre chose ? Je devrais peut-être en parler à Béring. C'est son cousin, après tout, et il sera sûrement à même de m'en apprendre plus. Si je dois veiller sur ce gamin comme je veille sur les miens, autant que je sache un peu ce qui le dérange pour l'aider au mieux.

Le môme se raccroche, c'est bien ce que je pensais. Il n'est pas rouge pour rien, lui. Ça fait le dur et le fier pour cacher ses faiblesses. Je souris, t'en fais pas, petit, je comprends. Je ne prends pas la peine de souligner qu'il a besoin d'aide et me contente de le maintenir droit en lui faisant économiser un maximum d'effort. On ne pointe pas du doigt la fierté d'un homme, ça ne se fait pas. Ce n'est pas délicat. Ouais, faut être délicat avec les garçons, parce qu'on a des petits cœurs fragiles, nous aussi. Comment ça ce n'est pas crédible ?

« Je pouffe pas, mon grand. Ce n'est pas une honte de pas savoir nager t'sais ? Moi, regarde, je me chie dessus quand je vole alors que je suis censé être sorcier. Ah, et j'ai très peur des chevaux aussi. Tu m'emmènes aux écuries, je me pisse dessus. T'vois, on a tous nos faiblesses. » Mais je commence à comprendre qu'au-delà de la honte il y a un vrai complexe physique derrière son refus de nager. Il a des brûlures sur tout le corps… Je vois. Je crois comprendre. C'est délicat à aborder, sans doute que je ne suis pas le mieux placer pour lui parler, sans doute que son mal-être est trop profond pour de simples mots en viennent à bout. Cependant, je n'ai jamais aimé voir des gosses aussi profondément marqués par la vie. Aucun jeune ne devrait… Ne devrait vivre ce genre de complexe. Aussi, j'écoute chacune de ses conditions, attentivement, comme un adulte le ferait à un autre adulte. Ce gamin a besoin de confiance en lui, de confiance en son image. « Ok, bonhomme, j'accepte le deal. » Je lui tends la main, comme on le ferait pour signer un contrat ou un pacte. « Tu vas voir, on va faire de toi un grand nageur et un pro des océans. Tellement un pro, je te promets que Béring finira par te demander ton autographe tellement tu seras bon dans ce que tu feras. Fait confiance au vieux Serafim, il connaît le chemin. »

Et on place du Roi Lion. Parce qu’on ne place jamais assez de Roi Lion dans une vie.

« On peut même commencer à planifier maintenant. Pour commencer, rassure-toi, on n'ira pas tout de suite là où tu n'as pas pied. Notre premier objectif ça va être de te réconcilier avec l'eau. Ensuite, on procédera par étapes et surtout à ton rythme. Si ça va trop vite, tu le dis, si tu te sens prêt à plus tu le dis aussi. Ok ? On peut commencer par se dire… Hm, deux fois par semaine ? Entre trente minutes et une heure chaque séance, ok ? Pour ce qui est de langue des êtres de l'eau, je t'apprendrais ça au chaud dans la salle commune et si tu te débrouilles bien, je te présenterai à quelques potes du lac. Tu pourras leur poser tes questions, ils seront contents de te répondre. »

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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Mar 4 Juin - 23:02

dans les mailles de mon filet
Il est rigolo Serafim. N’importe quel gars aurait pété une durite après avoir été comparé à une princesse, mais pas lui. Rien que ça, ça force le respect. Enoch se promit de regarder le dessin animé en entier cette fois, pour s’assurer du côté badass de la six cent soixante sixième princesse de Disney. Enfin fillette à qui il arrive des trucs de fou. Si elle était aussi cool que Rebelle, ça passerait ! Sinon il risquerait de s’endormir, encore. Même s’il appréciait la compagnie de son aîné, Enoch commençait à trouver le trajet long : et ils n’avaient fait que la moitié. D’autant qu’il sentait bien que Serafim faisait de son mieux pour lui faire économiser un maximum d’efforts. Sans le montrer pour autant. Il évite de l’afficher, dans le cas contraire la fierté du gamin en aurait pris un coup. Le Leszczynski le remarque et lui en est reconnaissant. Même s’il se contenterait d’un vague “merci pour tout” à la fin de leur entrevue mouvementée. Des petits mots mais forts en signification.

Enoch grimaça. “Mon grand” … non, déjà il n’était pas si grand que ça pour son âge, mais il préservait l’espoir de rester au moins un peu plus grand que les filles. Et en plus c’était la phrase type des papi hautains. Heureusement que les deux Gryffondor avaient déjà papotés, sans quoi Enoch lui aurait sûrement collé un coup dans le tibia puis dans le nez (eh oui, le tibia pour le mettre à son niveau et pouvoir frapper plus haut #MerciLaBoxe #MerciKain). C’était d’ailleurs étrange de balancer ses faiblesses, comme ça, sans vraiment connaître la personne. Kain ne l’aurait sûrement jamais fait. Et Enoch n’en aurait probablement jamais le courage. Plutôt que de mettre ça sur le compte de la bêtise, le gamin préféra l’attribuer à du courage et à une grande volonté. Après tout, Serafim était Gryffondor lui aussi, donc ça collait. “Moi j’aurai bien aimé pouvoir voler. Sur des balais hein, les chevaux … je sais pas ça me branche pas plus que ça. L’Hippoball ça ressemble à un sport de lavette façon lot de consolation quand tu te fais refouler au Quidditch.”. Le Leszczynski l’avait toujours perçu comme ça en tout cas.

Le gamin se stoppa net. Il lui tendait la main ? Pourquoi ? Perplexe, Enoch entama un check avec la main fixe de Serafim, avant de comprendre. Eh oui, les hommes se serrent la main pour signer des pactes ! “Je te fais marcher ! Deal !” et il serre la main de son aîné, maladroitement. C’est étrange d’être considéré comme un “adulte” quand on est encore une jeune pousse turbulente. Mais pas déplaisant. Un sourire franc s’affiche sur le visage d’Enoch. Ça change des gens qui ont pitié, et de ceux qui ont peur. Il laissa échapper un soupir de soulagement. Apprendre à nager, check. Enfin bientôt. C’était en bonne voie quoi. Et toutes ses conditions étaient passées, sans négociation nécessaire ! Tout bénef ! Finalement il ne regrettait pas d’être parti à la pêche ce soir, même si ce qui avait mordu était différent de ce qu’il avait prévu.

Enoch fit de gros yeux : même Béring ? “Bah ça alors ! Je suis pas sûr quand même … en plus si je nage en combinaison même lui risque de me trouver bizarre.” sans moquerie, évidemment. Mais quand même étrange. Surtout avec une tortue habillée en crevette sur la tête. Il en profita pour vérifier que Retro était toujours là. Oui, rentrée chez elle dans sa carapace, mais bien présente. “Hakuna Matata, hein” décidément, Serafim semblait plutôt calé niveau Disney ! Tandis que lui avait épuisé ses deux seules références. Il maîtrisait très mal la première d’ailleurs. Peut-être pourrait-il se sauver en utilisant toutes les chansons du Roi Lion ? Même si Simba lui sortait par les yeux, le cycle de la vie l’avait toujours fasciné. La mort de Mufasa était d’ailleurs le seul passage cinématique capable de lui tirer des torrents de larmes.

Le Gryffondor réfléchit au planning proposé par Serafim. Deux fois ça lui semblait bien pour commencer. Débuter au bord lui semblait logique, ne serait-ce que pour travailler les mouvements bizarres qui empêchent de couler. “D’acc ça me semble bien ! Faudra juste bien se caler parce que j’ai Boxe aussi, des fois je fais du rab avec un ami le soir donc … ça serait plus simple si on s’échangeait nos numéros en cas d’imprévus, non ? Et faudrait attendre que je puisse trouver une combinaison aussi.” c’était bien plus compliqué à planifier qu’il ne l’aurait cru. En revanche l’évocation de son apprentissage du langage de l’eau le remotiva à bloc. “Avec un chocolat chaud ? T’en as beaucoup des copains là-bas ? Ils sont cools ? Imagine ils essaient de me tirer au fond du lac pour rigoler, ou si je me plante de mot ?!” finalement Enoch pâlit. Il se promit de ne plus approcher le lac sans Serafim. “J’vais apprendre une nouvelle langue trop classe, c’est ultra stylé !” là-dessus il laissa échapper un bâillement. Entre son aventure, sa baignade, sa rencontre, ses émotions et le chemin retour, le morveux sentait ses yeux tomber par terre.

Une dernière question le taraudait : “Et toi Seraf’, t’y gagnes quoi à m’aider ?”. C’est vrai ça, dans un accord les deux parties doivent trouver leur compte. Mais Serafim n’avait pas encore annoncé son prix.

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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Dim 9 Juin - 18:25

❝ La petite sirène aurait pu commencer comme ça  ❞J'suis la dame du lac tocardJ’aurais bien aimé savoir voler. Sa formulation n’a rien d’anodine, je vise probablement un peu trop loin, j’interprète sûrement un peu trop fort. Ce serait un cracmol ? Comme Andy ? Ce n’est peut-être pas la question à poser dans l’immédiat. Mais c’est quelque chose que je pense comprendre. Le sentiment de discrimination. Le fait de ne pas pouvoir faire comme tout le monde. De n’être pas dans la possibilité de partager ce que les autres partagent. Ce n’est déjà pas tellement gérable passé le cap de la vie adulte, alors qu’on a son âge j’imagine même pas ce que ça doit donner. Je n’ai jamais eu de grand amour pour le ciel, mon milieu à moi c’est l’eau, les profondeurs. Le ciel c’est quelque chose de… D’inaccessible ? Quelque chose qui doit rester inaccessible. Je lève la tête, je le vois, c’est une relation qui me suffit largement, pour être tout à fait franc. Mais le monde magique est fait de telle sorte qu’il est rare pour un sorcier de rêver d’autre chose que ce qu’il y a au-dessus des nuages. J’imagine que pour lui ça doit être dur. Ce petit homme à bien plus de cicatrice qu’il ne le laisse paraître, il a un profond mal-être. Je ne suis même pas bien sûr qui le réalise lui-même. Après tout, le meilleur moyen pour ignorer la douleur c’est de prétendre qu’elle n’existe juste pas. Le déni est beau et grand, comme dit. Mais ce n’est peut-être pas le moment pour dire ces choses-là. Me semble que Béring m’avait expliqué, une fois, qu’il fallait avoir le sens du timing pour ces choses-là. Visiblement, le timing n’est pas le bon.

« Ouaiiis, j’suis pas très fan non plus mais évite de dire ça tout haut. T’as pas idée de ce que les groupies des équipes d’Hippo sont capables de faire si elles entendent quelqu’un dire que c’est un sport pour lavette. »

Brrr, j'en ai des frissons rien que d'y penser. Il n'y a rien de plus effrayant qu'une groupie en colère, ces femmes sont dangereuses et particulièrement mortelles pour quiconque sous entends que le BG de l'équipe sur son fier cheval blanc n'est pas si parfait que ça. C'est qui est drôle parce que j'en connais un de BG de l'équipe et je suis quasi sûr qu'il n'est pas capable de mettre un nom sur le visage de ses fans. Ethan, je t'aime. Sache-le.

L'accord passé, un sourire franc éclair son visage. Il n'a pas besoin d'être vu et considéré différemment des autres. Les plus atypiques aspirent toujours à la normalité, vivre normalement, exister normalement, être considéré au même titre que n'importe quel être vivant, c'est quelque chose de normal pour quelqu'un qui a toujours été pointé du doigt. Les complexes d'Enoch, bien que différents des miens, trouvent, en moi, un certain écho. C'est quelque chose que je peux comprendre. J'aime me dire que j'aurais été capable de comprendre si je n'avais pas été un hybride, mais probablement que ça n'aurait pas été le cas. Les souffrances développent aussi une certaine empathie.

« J’suis presque sûr que Béring n’aura rien à redire. C’est mon pote, t’inquiète pas qu’il a déjà vu largement plus bizarre que son cousin en combi. »

Je  ne m’en fait pas. Si Béring a pu me supporter, j’suis sûr et certain qu’il supportera son cousin. C’est l’avantage de survivre à une amitié avec moi, j’imagine, ça forge une certaine résistance à la bizarrerie.

Je dégaine mon portable pour échanger nos numéros. Le petit n’a pas tort, ce sera largement plus pratique que du hurler comme un con dans tout Poudlard « ENOOOOOOOCH T’ES OUUUUU ? »… On va encore croire que j’essaye de ramener des jeunes influençables au V.I.H… Oh wait.

« Attends, je te passe tout ça. »

Je lui affiche mon numéro pour lui laisser le loisir de le noter. Sa prochaine question par contre, me taraude un peu l'esprit. Répondre au sujet des êtres de l'eau ne me posait aucun problème. C'était presque une question donnée. Ce qui j'y gagnais moi, en revanche… Bonne question. J'avoue que, sur ce coup, je ne sais pas trop quoi répondre. Je suppose qu'il y a le plaisir d'aider mais probablement une part d'autosatisfaction aussi. J'agis sans trop réfléchir. Ça a toujours été comme ça. L'action d'abord, la réflexion ensuite. Je ne dis pas que c'est un mode de vie particulièrement sain mais c'est comme ça que je fonctionne.

« T'en fais pas, tu seras jamais seul quand tu leur parleras. Puis, dis-toi que ça fait classe en soirée de dire qu'on parle une langue étrangère. Les filles, elles adorent. » Ce qui explique mon regard de râteau jamais égalé. « Pour ce que j'y gagne… Objectivement rien. J'ai envie, c'est tout. » Ce qui n'est pas faux en soit. Mais je suppose que ce n'est pas la meilleure explication qui soit. « Comment dire, je n'ai pas besoin de raison pour rendre service aux gens, je n'ai pas besoin de contrepartie ou de garantie. Disons que c'est normal, pour moi, d'aider quand je peux. Je pense qu'il faut savoir faire des pas vers les autres pour qu'on en fasse vers nous. Fin, j'y gagne peut-être quelque chose, au final. Je pense qu'on va bien s'amuser et si en plus ça peut t'aider, c'est tout bénef. »

J’ai pas besoin d’en dire plus. Dans le fond, ça résume bien notre accord. C’est tout bénef.


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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Lun 10 Juin - 14:45

dans les mailles de mon filet
Parce qu’il y a des gens qui sont fan de l’Hippoball ? Cette discipline aussi a son lot de “groupies” comme le dit si bien Serafim ? Enoch ne s’en serait pas douté. Il faudrait peut-être qu’il s’y intéresse davantage, auprès d’Ene par exemple. Pas avec Billy, ça tournerait forcément en plan pour détourner la Lune. Effectivement Béring avait déjà vu plus bizarre que son cousin en combi : il l’avait vu en pyjama Pokemon, courir à poil avec un chapeau et des lunettes quand il était bien plus jeune, jouer les tricératops avec sa tortue sur le dos … mais quand même, ça pouvait susciter des questions. Le Lesczcynski fouille dans sa poche, observant toujours les volutes de fumées s’extirpant péniblement de son gosier. Son téléphone, il est où ? Il se sent pâlir (à condition qu’un corps déjà bleu puisse le faire). Il ne l’avait quand même pas quand il est parti à l’assaut du “monstre”, si ? Non, il est dans son sac, Enoch en est presque sûr. Il farfouille maladroitement, trouve l’appareil, l’allume.

Le Gryffondor s’applique à ajouter le numéro de Serafim, ajoutant “Vaïana” au passage (il verrait plus tard pour la petite image et la sonnerie correspondantes), et s’empresse d’envoyer un “coucou petit sirène” au nouveau numéro. C’est le principe d’un échange, non ? Enoch tend l’oreille aux termes les plus intéressants. “Ah ouais ça plait aux filles ? Genre t’es sûr ?” noté, tatoué, gravé. Il s’empresse de reprendre ”Enfin c’pas que j’en ai spécialement besoin hein ?!” bah si. La nature ne t’a pas vraiment avantagé, le destin t’a enlaidi, et l’aura de Béring a tendance à tantôt t’éclipser, tantôt te faire briller. Mais en soit si le Lesczcynski jetait un oeil à ses relations, et plus particulièrement ses relations féminines … la plupart concernaient des amies de son cousin, qui jouaient un peu le rôle de grandes soeurs.

Plus ils converssaient, plus Enoch trouvait Serafim différent des autres. Plus humain. Plus ouvert. Plus sincère. Plus juste. Plus aimable. Plus tout. Etait-ce son côté être de l’eau qui le rendait plus doux que la plupart des hommes ? Le Gryffondor admirait cette sympathie qui ne semblait ni feinte, ni cancéreuse. Il semblait pur. Enoch avait rarement l’occasion de se sentir si léger, d’échanger sans essayer de peser chaque mot, chaque geste. Checker la communication verbale, non-verbale, para-verbale … toutes ces conneries auxquelles le gamin ne comprenait rien. Mais c’était nécessaire. Pour éviter de braquer les gens, au-delà de sa face de pomme moisie. Pour éviter un maximum d’ennuis. Pour contrer les sociopathes … ”En fait t’es Joséphine Ange Gardien” il en a des références Moldues Enoch ! Sa maman adore cette série. Probablement parce qu’elles ont leur petite taille en commun, l’héroïne et elle.

Le duo pénétra dans le château et le corps d’Enoch tanga jusqu’à l’infirmerie, inconsciemment, tel un zombie qui a déjà suivi ce chemin un nombre incalculable de fois. Il faut dire que boire les potions produites en cours n’est pas forcément recommandé, et a souvent des effets néfastes. ”Tain j’espère vraiment qu’on va pas faire perdre des points à la maison. Et qu’on nous fera une soupe bien chaude, et une salade pour Retro. Tant qu’à faire.” il est à des milles Enoch. Le froid a du lui geler les neurones. Gravir les escaliers lui semble insurmontable. Elle est longue cette nuit !

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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Dim 16 Juin - 20:15

❝ La petite sirène aurait pu commencer comme ça  ❞J'suis la dame du lac tocard

« Tu veux la vérité ? C'est peut-être les baraqués que les filles regardent en premier, mais c'est certainement pas ceux avec qui elles restent. » Et je prends un petit air digne, parce que moi, j'ai une copine, une vraie et elle est pas imaginaire ou en 2D. « Ceux qui arrivent à avoir une vraie relation, au final, c'est ceux qui ont de la matière grise. Le cerveau, c'est la clé, parce qu'un mec ça se supporte et crois moi que les BG sans cervelles, les nanas ne les supportent pas plus d'une semaine. »

C'est la vérité vraie, oui monsieur. Osez me dire que c'est Zachary du beau club de foot qui pécho l'héroïne à la fin ? Non, celui qui triomphe, c'est le meilleur pote qui aime les sciences, joue de la guitare et écrit de la poésie. Et oui. J'ai épluché toutes les comédies romantiques de Netflix, j'suis un expert, je vous dis. S'il y a bien une chose que Disney m'a appris, c'est que c'est jamais l'idiot qui gagne. Ce qui pose un certain nombre de questions maintenant que j'y pense… Quoi que, je suis en double licence, c'est peut-être la preuve que je ne suis pas encore totalement con. Puis ma bestie, c'est Andy, ça aussi, c'est une preuve. Niveau gros cerveau, on se place là. Quoi ? Comment ça, j'essaye de me convaincre ?

Le cousin de Béring à l'air de vouloir rapidement changer de sujet. Ouaiiiiis, à d'autres, je sais très bien ce que signifie ce petit regard, jeune-homme. Il n'y a pas de honte, c'est l'âge après tout. Normal quand on arrive à l'adolescence de s'interroger et de considérer un peu ce que c'est, réellement, que les relations amoureuses. C'est normal. Ce n'est pas honteux. Au final, rien n'est réellement honteux dans la vie. Le plus souvent, c'est nous-mêmes qui créons notre propre honte quand le reste du monde, s'en fout. Ceci dit, je ne compte pas à insister. Je me contente d'un léger sourire en coin. Ce chemin, c'est aussi à lui de le faire. Malgré ses complexes, malgré son image. Les adultes ne sont pas là pour mâcher le travail, juste pour éventuellement indiquer la voie, aider au premier pas. Mais le plus gros du travail, c'est à lui de le faire. On ne nage pas à la place du nageur, après tout.

C'est un truc que j'apprécie, ces échanges avec les plus jeunes. C'est un truc que j'ai toujours aimé. Au-delà de jouer les grands-frères, au-delà de se pavaner avec son rôle d'adulte à deux ronds. Il y a chez les enfants et les adolescents une richesse qu'on ne retrouve pas chez les adultes. Ils sont touchants et ont souvent une Vision du Monde bien plus pertinente qu'un vieux politicien avec trente ans de métier dans les pâtes. Ils sont honnêtes, entiers, bien plus humain que leurs aînés. Les adultes sous-estiment, mais à mes yeux, ce sont de loin les êtres les plus riches, ceux qui apporte le plus à la communauté. Enoch est sans conteste un gamin bourré de richesse, bourré de plein de bonne chose, mais, comme beaucoup de gamin, il n'est pas foutu de les voir. C'est pour des enfants comme lui, pour des gamins dans son genre que je veux me battre. Je ne sais pas si je fais un bon boulot, ce serait présomptueux de croire que c'est le cas, parce que je ne suis personne au fond. Mais j'aime croire que je peux leur apporter quelque chose. J'ai la prétention de croire qu'avec de l'écoute et de l'effort, je peux changer la face du monde. En faire un endroit sain et bon pour les hybrides… Mais pas seulement pour eux. Pour tout le monde en fait. Un endroit où, qu'importe sa race, sa couleur, son genre, l'être vivant peut évoluer sereinement, s'ouvrir et surtout s'épanouir. Créer une société dans laquelle l'entraide serait le centre de toute chose, une société où on ne rejetterait pas la différence, mais où on l'accueillerait à bras ouverts. C'est sûrement naïf. C'est sûrement un rêve bien trop ambitieux pour une vie. Mais si je peux créer cet endroit, même s'il est petit, cet endroit où l'on protège et aime, je pourrais dire que j'ai donné un sens à ma vie.

Je ne sais pas si notre conversation inspire Enoch, mais le surnom dont il me targue m'arrache un rire franc.

« AHAHA ! Ok, c'est légit, j'avoue, call me Joséphine. »

Serafim l'ange gardien. Je devrais peut-être lancer une émission au club de journalisme. Je me ferais une petite réputation et sûrement pas mal d'argent.

La différence de température entre l'extérieur et le château est plus qu'appréciable. Mon protégé de la soirée grommelle sur le froid, sur notre potentielle perte de point. Meh, je suis sûre qu'Andy prendre en compte que j'ai sauvé un gamin de la noyade… Alors que oui, on n'aura pas la coupe de quatre maisons cette année, mais, hé, j'ai sauvé une vie ! Ouais, je suis sûr qu'elle prendre ça en compte.

« T'en fais pas, bonhomme, je vais nous trouver un truc. »

La porte de l'infirmerie sonne la fin d'une première étape. J'invite Enoch à se poser sur un lit et en profite pour aller lui chercher une couverture propre.

« Retire tes vêtements et enroule toi dedans. Je vais courir à la salle commune pour aller te chercher un vêtement chaud. Je vais juste prévenir que t'es là, je reviens tout de suite. Je vais te ramener un truc chaud, et de la salade pour ton copain. »

Ni une, ni deux, je pose la couverture et vais prévenir à la permanence de l'arrivée d'un patient et de notre aventure au lac. Une fois fait, je me tape un petit parcours de santé, je vais lui ramener ma bouillotte Némo, il va adorer.
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Enoch Leszczynski
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Jeu 20 Juin - 22:43

dans les mailles de mon filet
Cette punchline ! Il en impose Serafim. Un vieux prêtre bouddhiste qui a vu venir la vie, dans un corps de jeune Gryffondor adepte des baignades nocturnes ! Une âme millénaire dans un corps de héros. Enoch réfléchit longuement aux sages paroles de son interlocuteur, les retournant dans tous les sens. Etait-il dans la case “baraqués” ? Bop, il était en forme, avec les séances de boxe en compagnie de Kain il valait mieux. Etait-il dans la case “beau gosse” ? Non. Clairement pas. “Avec du style” à la limite, peut-être. Mais l’autre case lui resterait fermée à jamais. Quant au cerveau … Enoch travaillait dur. Parce qu’il aimait ça, parce qu’il avait l’esprit de compétition. Parce qu’il voulait rendre Béring et sa maman fiers. Mais être premier de la classe, est-ce synonyme d’intelligence ? On peut bûcher pour apprendre tout par coeur, mais vaut-il mieux être cultivé ou malin ? Voilà un sujet digne de grands philosophes. En tout cas le Gryffondor s’était encore égaré dans le flot de ses pensées.

Il en aurait presque oublié de répondre à Serafim, du coup. ”Baraqué je mettrais en cours d’acquisiton. Beau gosse, ahah #rireCynique. Intelligent … Bah écoute je dois être le dernier des cons parce que j’ai jamais eu de copine. Y a bien une fille qui me plait mais j’crois que c’est unilatéral.” ouah, tu parles bien ce soir Enoch. “Call me Josephine”, ça sonne comme un mauvais roman pour adolescents en chaleur. Mais le Gryffondor ne partage pas son idée. Trouver un truc ça veut dire quoi ? Une cape d’invisibilité pour ne pas se faire cramer ? Enoch rêve d’avoir une cape d’invisibilité. Même une de seconde main, qui ne tiendrait que quelques instants. Ca lui permettrait d’être “magique” quelques instants, de disparaître comme un vrai sorcier. Mais c’pas donné ces choses-là. Et pire encore : ses parents se doutent bien de l’usage qu’il pourrait en faire, et s’assurent donc qu’il ne mette pas la main dessus. Rien à foutre, il partage des galions et un miroir à double-sens avec Billy, et son meilleur pote à un canif ultra stylé qui ouvre tout donc … c’est déjà pas mal question accessoires pour faire de mauvaises choses puériles !

Sans se faire prier, Enoch se roule en boule sur le lit douillé de l’infirmerie, espérant que la chaleur des lieux viendra bientôt le faire frémir de satisfaction. Ses orteils sont tous bleus : c’est sûr ! Le Leszczynski laisse Serafim le prendre en charge. A croire qu’il a l’habitude. Docile comme un enfant de quatre ans, il récupère la couverture et acquiesce, même s’il rechigne à l’idée de prévenir un adulte de leurs méfaits. ”... je vais d’abord m’enrouler dedans et APRES me déshabiller si ça te dérange pas” et il s’exécuta. La couverture fut étalée sur le lit avec minutie (malgré quelques tremblements de personne à demie-glaçon), Retro fut posée avec douceur sur l’oreiller, et Enoch se mit à jouer les saucisses à hot dog. Il s’allongea à l'extrémité de la couette, et se recouvrit de la moitié avant d’enlever sweat, tee-shirt, chaussures, pantalon et chaussettes (oui, dans cet ordre précis). Le tout avant de se rouler avec habileté façon burrito. Il faisait ça quand il sortait du bain. Après il attendait de sécher, sa brindille et sa tortue dans les cheveux. C’était long des fois quand on devait passer après Enoch à la douche.

Et enfin le Gryffondor passa en mode ver de terre pour se mettre dans une position normale. De la soupe. Tiens d’ailleurs … comment allait-il enfiler ses nouveaux vêtements et avaler sa soupe emmitouflé comme un gamin de la pub Petit Bateau ? Il râla. Puis bailla. Manquerait plus qu’il ne s’endorme ! Encore que ça pourrait attendrir ses bourreaux éventuellement. Il était quand même sympa, Seraf. Il apporterait même de la salade à Retro ! Encore qu’il ne fallait pas qu’il soit trop sympa : si la tortue se mettait à l’apprécier davantage que lui-même, Enoch devrait couper les ponts. Son estomac gargouilla. ”J’ai faaaaiiiiiim … Cours Serafim, cours !” ta gueule Enoch. ”Eh on pourrait voir dans le frigo si y a pas le vaccin des Leszczynski-avares-hypocrites ? Ou peut-être même …” l’idée était trop tentante. En mode burrito animé, Enoch parvint à se lever du lit, et à sautiller jusqu’au frigo. Au prix de nombreux efforts, une main émergea de l’enchevêtrement de tissus pour ouvrir le fameux frigo. ”Ouaaaaah ! Du sang ! Peut-être même du sang humain ! Doit y avoir grave de vampires ! Peut-être même que l’infirmier c’est un buveur de globules !” l’idée le fit frémir. Le bruit derrière lui encore plus. ”C’pas moi”

Serafim H. Marinos
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Ven 21 Juin - 20:50

# Dame du lac
La petite sirène aurait pu commencer comme ça


Courir dans tout Poudlard à la recherche d'un pyjama et d'une soupe… Ouais, j'ai clairement passé pire comme soirée. L'idée d'envoyer un petit sms à Béring me frôle les neurones. D'un côté, je ne veux pas trahir le petit, de l'autre, Béring reste un membre de sa famille et son sort le concerne largement plus qu'il ne me concerne moi. Sachant qu'il va bien, je suis déjà en mesure de désamorcer un peu la situation, je peux aussi mettre des mots plus adultes et détachés sur la situation. Dédramatiser l'évènement ne sera pas extrêmement difficile, dans le fond, c'est une pitrerie de gamin qui a mal tourné, comme des milliards d'autres et j'ose croire que Béring en a quelques-unes à son actif. Je me décide donc à envoyer ce fameux sms, au détour d'un couloir. Pesant chaque mot, jouant dés de social sur dès de social. Finalement satisfait de mon œuvre, je range mon téléphone.

La première étape de mon périple est la salle commune, l'objectif est un pyjama. Je ne me gêne pas pour entrer dans la piaule du môme, après tout, on entre comme dans un bouquet d'algue chez tout le monde, ici. Clairement, le respect de l'intimité ce n'est pas le point fort de notre maison, y a rien qu'à voir le nombre de soirs où certains camarades dorment sur les canapés par respect pour le bro code des colocataires de chambrée (spoiler, c'est quand on invite une fille). Bref. Personne ne se pose de question, moi non plus. Je trouve rapidement l'objet de ma recherche avant de prendre la direction de ma chambre pour embarquer ma bouillotte Némo avec moi (oui elle existe et elle est belle, ok ?). Seconde étape, maintenant, la cuisine et la négociation avec les elfes de maison pour avoir une portion de soupe chaude. C'est au petit trot que je gagne les sous-sols (ça fait travailler le cardio askip) et l'antre des blaireaux. Les elfes s'affairent à divers préparatifs obscurs que je ne comprends pas trop, je n'ai cependant pas de mal à obtenir ce que je veux. C'est une petite elfe aux yeux timides qui me tend son pot de soupe et un petit plateau garnit, petite elfe que je remercie d'un grand sourire, ce qui semble la perturber. Troisième étape, rejoindre l'infirmerie sans renverser le tout. C'est l'étape la plus cruciale du processus, sûrement la plus borderline aussi. Je n'ai pas l'air con avec ma bouillotte sous le bras, un pyjama trop petit qui pendouille sur l'épaule et un plateau garnit. M'enfin, j'aime à croire que plus personne ne se pose de question quant à mes excentricités. Je veux dire, ça va faire neuf ans dans pas longtemps, les gars, réveillez-vous.

Retour à l’infirmerie avec pour petit miracle de n’avoir rien renversé jusque-là. Mon regard s’accroche au lit… Vide.

« Où est-ce qu… »

Si ce gamin s’est barré à poil avec une couette pour explorer le château je…

« Ouaaaaah ! Du sang ! »

Ok, je n’ai rien dit.

J’ignore si c’est propre à son âge ou si c’est un mal plus profond mais ce gosse ne sait pas rester plus de d’une minute tranquille. J’soupire, notre situation est déjà assez bancale sans qu’il en rajoute une couche. Enfin, il faut que jeunesse se passe et je serais bien mal placé de le brider ou de lui faire la morale. Niveau connerie et bougeotte, je suis loin d’être le dernier.

« C’est personne, je sais. Un sacré personnage, ce type, hein ? »

Je ne suis pas là pour le gronder. C’est pas mon rôle. Pas ma position. Je laisse ce droit à Béring qui est sûrement plus qualifié que moi pour jouer les mamans. Je préfère me voir plus comme le grand frère qui couvre les conneries du petit et qui place sa sagesse à deux ronds. Je pose rapidement le plateau sur la première surface solide qui passe à ma portée. Le regard rivé sur le frigo et sur les poches de sang qui y trônent, je ne peux m’empêcher d’avoir une légère pensée pour Ethan. Je ne me doute pas encore que dans quelques jours, cette pensée se fera plus violente et douloureuse grâce à un certain The Crow.

« Soit pas mauvais avec les semi-vampires, ils ne t’ont rien fait. » Je lui intime de venir prendre place sur le lit avant de fermer le frigo avec un dernier regard sur son contenu. « Leur seul crime, c’est de ne pas être comme tout le monde, de ne pas se noyer dans la masse. Toi et moi on en sait quelque chose, non ? Regarde jamais quelqu’un de travers pour ses différences. Souvent, on a bien plus en commun avec les gens qu’on ne le croit. »

Deviens pas aussi con qu’eux, petit. Deviens pas aussi stupide, aussi bête et méchant que ces gens qui se targuent d’être mieux que les autres au nom d’une normalité dont ils n’ont même pas conscience du sens. C’est votre génération à vous qui changera la donne. Alors deviens pas un vieux con alors que t’as même pas dix-sept ans. J’esquisse un sourire. Devient pas con, Enoch.

« Tien, je t’ai ramené de la soupe et on m’a même donné des choses à grignoter, je crois que y a de la salade pour ta tortue. Ah, et j’ai ton pyjama aussi, enfile le avant d’attraper froid. » J’allais oublier le plus important. « ET SURTOUT : Tadaaaaaa ! » C’est triomphant que je tends fièrement devant moi ma bouillotte Némo. Une des 96 reliques sacrées Disney du grand Serafim. « Je te la prête, si avec ça tu tombes malade c’est que t’as vraiment pas de chatte. »


Enoch # Infirmerie # Février 2029


Enoch Leszczynski
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Re: Dans les mailles de mon filet + Serafim Dim 30 Juin - 22:11

dans les mailles de mon filet
Tout va bien, on respire, on se détend : c’est le retour de la Dame du Lac. Enoch se retourne lentement, prêt à recevoir une énième leçon quand … ”Eh mais c’est MON pyjama ?! T’as pas fouillé dans mes caleçons aussi j’espère ?!” parce que bon, les slips Botruc, “Aime la nature mange de la confiture”, “Attention : j’héberge le Filet du Diable ?” et autres sous-vêtements gênants achetés par maman … ça tue la street cred. En tout cas visiblement Serafim n’avait pas la notion de “propriété privée”. Ils n’avaient pas un stock de pyjama à l’infirmerie ? S’il avait su, Enoch se serait contenté de se promener à poil dans les couloirs, bien caché sous sa couverture. C’pas du vol, c’est un emprunt. Le gamin s’adoucit quasiment instantanément : nourriture. Un plateau avec des gâteaux, ce qui semble être du beurre de cacahuète, des toasts … peut-être même du bacon croustillant ! Et une soupe. Fumante. Brûlante. Appétissante.

Docile comme un chien, Enoch cessa tout mouvement. L’ordre fut donné, et le Lion dompté vint poser son popotin sur le lit. Le Leszczynski écouta attentivement le plaidoyer de Serafim, plutôt en accord avec ce dernier. ”J’ai rien contre les vampires. Semi-vampires. On peut être semi-vampire aussi ?” tu t’éloignes Enoch. ”Ca m’a surpris c’est tout. Je ne m’attendais à voir du sang dans le frigo. Encore que ça doit aussi servir à des transfusions sûrement … Mais ça doit être relou de venir se servir ici … c’est glacial. Alors que les cuisines ça file de suite du baume au coeur.” y a qu’à voir la façon dont le morveux toise la soupe et les toasts. Mais tout ça était secondaire. S’il ne laissait rien paraître, Enoch avait bien entendu la sagesse de Serafim. Effectivement, être différent ne nous classe pas nécessairement dans la case des “mauvais”. S’il comprenait la réaction des gens face à sa gueule de steak mal cuit, il avait du mal à appréhender celle du peuple face à son comparse. ”Encore que les Semi-vampires et toi, c’est pas écrit sur votre visage. C’est si pénible à vivre pour toi Seraf ?” une question sincère, plus curieuse qu’autre chose.

Si Enoch appréhendait l’idée qu’on puisse se rebiffer contre un buveur de sang et tout ce qu’il représente, il peinait à comprendre l’hostilité envers les êtres de l’eau. Lui trouvait ça plutôt stylé. D’autant que celui dont il venait de faire connaissance était la fois apaisant, serviable et agréable. Peut-être n’était-ce que la représentation de sa partie “humaine” ? Trop de réflexions, qui amenèrent le ventre du Leszczynski a chouiner à nouveau. Et Serafim enchaîna à la perfection, avec un timing des plus respectables. ”Ah merci ! Trop chouette ! Retro … elle est où ? Retro !” ah bah finalement elle avait galopé plutôt vite, la miss. Il la récupéra et la cala devant son tas de salade personnelle, tandis que lui-même attrapait son pyjama et faisait le tour du lit. Pour se changer par terre. Sur le sol froid. Best idea. ”Tu regardes pas hein ?!”. Enoch, deux ans et demi. Se met en pyjama dans une couette. Encore que pour le coup, le pyjama était stylé : c’était celui aux couleurs de Gryffondor, que sa mère avait payé la peau du cul d’éruptif, pour reprendre le langage de Oisin.

Entre deux mouvements bloqués, il redressa la tête par-dessus la couette. A la fois pour surveiller que Serafim ne se payait pas sa tête, et pour observer l’objet du “tadaa”. Et heureusement qu’il était par terre, parce que sinon il serait tombé. Une bouillotte Nemo. ”Qu’est-ce qu-” il glissa de son appui et en profita pour finir de s’habiller. Partagé entre l’envie de rire et l’envie de la saisir, Enoch réfléchissait à la situation. Un semi-être de l’eau. Qui a une bouillotte d’un poisson Disney. Cocasse, non ? Il la saisit néanmoins avec gratitude, la glissant sous l’assiette chaude à défaut d’apercevoir un micro-onde.

Ceci fait, il se rassit et attaqua la soupe. Et les toasts. Et le bacon. En clair : une cuillère de soupe suivie de “ah putain c’est chaud”, un toast beurre de cacahuète, un toast bacon, et on recommence. Drôle de mélange, mais des plus agréables. La soupe pour la chaleur, le beurre de cacahuète pour la douceur, le bacon pour le côté croustillant. Un peu plus réchauffé et le ventre moins vide, il relança la conversation. ”Au fait, t’en connais toi des Semi-Vampire ? Moi je connais un Semi-Cervitaure juste. Il est ultra cool lui aussi.” comprendre, lui aussi il est cool comme toi. Même si c’est dit à demi-mots. ”Et merci pour le pyjama. Et le sauvetage. Et la soupe !” parce que bon, on ne dit jamais assez merci. Et là-dessus, Enoch est loin d’être avare, surtout quand c’est mérité.

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