Flash-back — Brebis égarées.

Sandro Clemenza
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Flash-back — Brebis égarées. Dim 28 Avr - 18:58

OCTOBRE 2025.
ft. @Inocenty « R » L. Ikachev.

● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ●

- Sandro ! Sandro, reviiienns !
- Allez mec, c’était pour déconner, faut pas l’prendre comme ça !

Il s’en fout, il les entend pas. Quand il est énervé, l’italien, il fait pas les choses à moitié. Et là, plutôt que de s’énerver et se prendre une heure de colle, il opte pour la colère sourde mais bien visible. Oui, tellement visible que des gens qu’il croisent à contre-sens s’écartent légèrement. Lui, il fulmine. Il en veut à ses « potes » et leur blague foireuse, et surtout il s’en veut à lui-même de ne pas parvenir, malgré maintenant six ans dans l’établissement, à accepter ce qui l’entoure sans se crisper pour un rien.

Parce qu’il sait très bien qu’en Cours de Soins aux créatures magiques rien de dramatique peut arriver. Enfin… jusqu’à preuve du contraire et s’il n’écoute pas certains bruits de couloirs, ça va de soi. Disons simplement qu’il n’avait pas à réagir comme ça. Mais… Mais merde, pourquoi ont-ils fait ça, aussi ? Même s’il essaie autant que possible de garder la face, c’est visible sur sa tête qu’il n’aime pas ce cours, et encore moins avoir à s’approcher de créatures plus dingues les unes que les autres. En première année, il s’est fait avoir plusieurs fois à se laisser séduire par l’apparence délicate d’une créature qui, finalement, se révélait posséder des pouvoirs atroces ou des caractéristiques dangereuses. Quand il débarque en Soins aux créatures magiques, Sandro n’est jamais parfaitement confiant. Il sait d’ailleurs que dès qu’il en aura fini avec les ASPIC, c’est l’une des matières qu’il se fera un plaisir d’arrêter !

Toujours est-il que le voici donc, sorti comme une furie de son cours, à s’éloigner le plus possible de la salle et des autres élèves. C’est bon, il veut voir personne. Ce qui s’est passé ? Simple. Le cours portait sur les « Povrebin », petites créatures originaires de Russie qui aiment suivre les gens en leur insufflant un sentiment de désespoir, jusqu’à ce que la personne s’effondre. Les Povrebin en profitent alors pour essayer de dévorer leur proie. Yeah. Génial. Pourquoi ça existe des trucs pareils ? Pourquoi on croit bon de les étudier et d’en apporter des spécimens dans un établissement comme Poudlard ? Ça le dépasse. Toujours est-il que le prof a bien indiqué différentes consignes de sécurité, demandant à ce que chaque groupe tiennent la créature à distance pour en faire un fassent un croquis et essaie d’en trouver les caractéristiques. Bref, une observation basique.

Sauf quand on est dans un groupe avec des cons. Sandro s’appliquait sur son croquis lorsque d’un coup il a senti comme une sensation glaciale lui traverser la peau et lui secouer l’échine. Il en avait la chaire de poule et a ressenti brusquement un sentiment de vide et d’accablement. Il a bondi en tournant la tête, et là… Il a poussé un cri assez peu viril, constatant que le Povrebin qu’ils étaient sensés étudier était perché sur son dos, la gueule grande ouverte et les yeux brillants. Il a fait un bond, a copieusement injurié ses camarades dans ses jurons italiens bien à lui et s’est mis à distance pendant les quelques minutes qui le séparaient de la fin du cours. Il avait toujours une sensation de tourment en lui et le cœur qui battait la chamade. Quand le cours s’est terminé, autant dire qu’il n’a pas demandé son reste, a pris en vitesse son sac sur son dos et s’est cassé.

Les deux heures de Potions sur lesquelles il est sensé enchaîner ? Rien à foutre. Je vous le dis, rien à foutre. Il se sent toujours fébrile, énervé, en colère et… faible. Une créature qui vous plonge dans un sentiment de désespoir, pourquoi ça arrive ? Comment c’est possible ? S’il y a un Dieu, ce Dieu envers qui il a toujours cru, enfant, et auprès de qui il se tourne encore maladroitement, par moment… pourquoi a-t-il créé de telles créatures ? Mieux, pourquoi l’a-t-il plongé dans ce monde-là ? Il n’avait rien demandé, lui. Il était très bien de l’autre côté de la barrière du Secret magique. Parfois – souvent – il se dit qu’il serait bien mieux à y retourner.

Enfin. Sa marche rageuse l’a éloigné du bâtiment central de l’établissement. Le mois d’Octobre s’est installé et avec lui une vague de froid qui commence. Heureusement, comme tous les élèves Sandro a avec lui son manteau et le soleil est encore haut dans le ciel. Il faut dire qu’on est au beau milieu de l’après-midi. Machinalement, il prend la direction de la Grande Cour et ce n’est que lorsqu’il se retrouve dans l’une des galeries qu’il ralentit le rythme, jusqu’à s’arrêter. Il aime bien l’architecture de cet endroit, avec ces différents couloirs de pierre ouverts permettant d’être protégés de la pluie ou de se poser au soleil, comme on le souhaite. Il y a quelques personnes ça et là, et il opte pour s’arrêter sur l’un des bancs, adossé sur le rebord d’une arche. S’il se recule, il peut tomber directement sur la zone d’herbe de l’autre côté du couloir.

Il prend une grande inspiration et se décide à allumer une clope.
Il a bien besoin de ça.


Dernière édition par Sandro Clemenza le Mer 8 Mai - 18:21, édité 1 fois
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Re: Flash-back — Brebis égarées. Sam 4 Mai - 0:00



brebis égarées


L’automne est une très belle saison. Les arbres se parent de jolies couleurs, les feuilles finissent par tomber – et former des amas un peu crades une fois le ciel déchaîné – mais les jours raccourcissent inexorablement et le temps se gâte. Des inconvénients non négligeables qui te forcent à, entre deux râleries, enfiler un bon manteau et enrouler une écharpe autour de ton cou frêle.


Soleil, pluie, grêle ou neige, ton quotidien ne change pas. Les cours ne s’arrêtent pas, le monde tourne toujours. Tes entraînements de danse, malgré ton jeune âge, s’enchaînent les uns après les autres. Tu y passes de longues heures, sacrifiant tes études et une vie sociale normale et épanouie. Tes relations, depuis un petit moment déjà, si ce n’est depuis toujours, se résument à de la superficialité et des tentatives de drague foireuses, avortées, qui fonctionnent rarement. Elle est où ta première petite-copine, bordel ?!


Tu devrais, cet après-midi, aller en cours de runes mais tu as changé tes plans. Ce midi, tu as fait quelques étirements avant le dîner, quelques souples mouvements pour te mettre en jambe pour ce soir. Puis, alors que tu étais à table, tu as reçu un message de la part de ton coach, te demandant de le rappeler au plus vite.


Oh, tu aurais pu attendre un peu, attendre au moins la fin de la journée pour faire le petit élève studieux et modèle, mais non. Oh, tu as assisté à une leçon pour ne pas te faire incendier par l’enseignant et pour rendre ton devoir bâclé, mais après, tu as fait la sourde oreille aux dons appels du savoir pour donner un coup de fil à celui qui t’a élevé à ton rang actuel, sportivement parlant.


Tu déambules dans les couloirs, sac à dos sur l’une des épaules, et tu discutes. Tu le sais, quand tu composes le numéro de cet homme, ce n’est jamais pour cinq minutes. Le temps file à une vitesse ! Mais il a tant de choses à te dire. Malheureusement, cette fois, ça ne sont pas de bonnes nouvelles pour toi. L’une de tes représentations ne pourra avoir lieu pour cause de travaux urgents, et trouver une autre salle de spectacle s’annonce problématique. Tu feins la tristesse alors que tu es ravi de profiter d’un jour plus calme.


Mais il te passe ton père, alors que tu t’engages dans la Grande Cour, et ce dernier a d’autres projets pour toi. Non, tu ne te reposeras pas. Il propose que tu te produises en rue pour donner envie aux gens de venir te voir. Non mais c’est quoi ça ? Idée débile qui ne te plaît pas. Tu ne veux pas être proche des spectateurs, tu ne veux pas qu’on te regarde comme un morceau de viande. Et puisn dans quelle tenue ? Il fait tellement froid dehors !


Il s’entête. Ok, tu as gagné, mais tu ne resteras pas les bras croisés. Il te fait part d’idées plus farfelues et ridicules les unes que les autres – à ce stade, tu penses même qu’il a bu – et, agacé et épuisé mentalement, tu t’assois sur un banc, discourant rapidement, fort et avec énervement dans ta langue maternelle. Tu déboutonnes légèrement ta chemise. Tu attrapes ton pendentif en forme de croix, le glisse entre tes lèvres, le mordille nerveusement. Tu ne veux pas être pathétique ! Ton image commence doucement à être formée en Pologne, ce n’est pas le moment de tout gâché à cause d’un mec bourré !


Exaspéré, tu constates qu’en plus les regards se tournent vers toi. Le rougissement te monte aux joues, et tu prétextes le début de ton cours pour pouvoir raccrocher. Ce n’est que partie remise. Fébrile, tu ranges ton téléphone, passes une main lasse et fatiguée sur ton visage. Tu as soudain envie de pleurer, mais ça n’est pas le moment.


Puis tu remarques que tu t’étais assis à côté de quelqu’un. Ton visage devient cramoisi alors que tu tentes, malgré toi, d’expliquer à cet inconnu que tu ignorais sa présence jusqu’à présent.


« Hem… désolé d’avoir crié aussi fort, je ne t’avais pas vu, je suis un peu con… pardon du dérangement ! »


Tu ramasses même tes affaires pour partir.
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Re: Flash-back — Brebis égarées. Mer 8 Mai - 20:04

Sandro, il a conscience que la cigarette ce n’est pas bon pour la santé, tout ça tout ça. Oui, il le sait. Ça ne l’empêche pas de s’accorder de nombreuses pauses nicotine, quand il le peut. En cet instant, il peut très bien mettre ça sur le compte de son état, entre colère et frustration, teinté d’un peu de découragement, à cause du Provebin. Et du ridicule aussi. Il se sent toujours ridicule quand il est question de sa peur – ou de ses craintes, selon l’animal – face aux créatures magiques qui peuplent ce monde. Il allume donc sa cigarette avec un briquet qu’il a quasiment tout le temps sur lui et la porte ensuite à ses lèvres. D’une main, il range le briquet dans la poche de son manteau et il ferme les yeux, laissant sa tête reposer un peu en arrière. L’endroit n’est pas spécialement calme, pourtant. C’est un lieu de passage, de conversations aussi. Dans la Grande Cour, les gens passent et se retrouvent, et il n’est pas rare que certains s’attardent ici quand ils ont du temps libre entre deux cours. Il a trouvé un banc un peu à l’écart mais s’il tend l’oreille il peut entendre le fourmillement de certaines conversations.

Sauf que là, il n’a pas envie de tendre l’oreille. Il veut simplement faire le vide dans sa tête et s’accorder un break, faire redescendre la rage et la pression. Et si la prof Ambrozy le colle pour son absence à son cours… il s’y fera. Il s’en fout. Après le coup foireux de ses potes, il était hors de question qu’il aille se faire chier devant un chaudron à retrouver les mêmes débiles. Il passe son tour et advienne que pourra.

Les yeux fermés, il se laisse bercer par le vent qui passe derrière lui et lève machinalement sa cigarette pour la porter à sa bouche, avec la posture de l’habitude. Tout le reste, il s’en moque. Ou du moins, il essaie de s’en moquer car une voix, plus forte que les autres, semble s’approcher. Sandro fronce les sourcils mais fait en sorte de faire abstraction, restant dans sa position, comme si de rien. Cela devient cependant compliqué car des pas viennent vers lui en même qu’une voix, clairement masculine, qui parle avec emportement dans une langue qu’il ne connaît pas.

L’italien soupire et se redresse légèrement, jusqu’à ouvrir un œil, puis l’autre. La lumière autour de lui est violente après les quelques minutes passées dans le noir. Il se tourne toutefois et constate qu’un nouveau venu et de l’autre côté du banc, séparé d’un mètre, un mètre cinquante peut-être. L’autre parle avec animation et Sandro en profite pour le détailler. Ce n’est pas qu’il soit spécialement curieux… disons qu’il aime observer ce qui l’entoure, et surtout les gens. Les gens peuvent être fascinants sans même s’en rendre compte, souvent. L’autre élève, donc, est au téléphone et visiblement ignorant qu’une autre personne était déjà là. C’est un jeune homme au visage fin et aux cheveux blonds. Sandro est convaincu de l’avoir déjà croisé, ça et là, dans la Grande Salle. Un Serdaigle, comme le confirme son uniforme.

Le Clemenza ne sait pas du tout de quoi il parle, ni avec qui. Ça ne le regarde pas et honnêtement il s’en moque. Ce qui retient son attention, toutefois, c’est le geste presque inconscient du blond, qui mordille désormais une croix chrétienne attachée à une chaîne. A partir du moment où son regard découvre le symbole, Sandro ne parvient pas à détourner le regard. Il le fixe, un peu surpris un peu curieux et se demande bien qui est ce drôle de phénomène qui l’a aussi bruyamment tiré de son repos.

L’autre doit peut-être réalisé qu’il a parlé fort et attiré l’attention à lui car il observe devant lui, voit des regards en sa direction et finit par raccrocher. Sandro est toujours en train de le fixer. Il sait que ça doit être malpoli mais bon… c’est pas comme s’il avait compris un traître mot de la conversation. Le blond a d’ailleurs réalisé sa présence et rougit d’autant plus (comment est-ce possible ?). L’italien n’a même pas le temps de réaliser les mots qui lui sont adressés que l’autre se lève pour partir.

- Non ! Non. Reste.

C’est spontané comme réponse et il se surprend lui-même. En général, il aime le silence. Il est venu ici pour ça, à la base. Le Serdaigle est arrivé avec ses gros sabots, sa drôle de langue et sa voix forte. Sandro aurait tout à fait raison de l’envoyer chier. Mais… non. Il a toujours ses prunelles sombres fixées sur le pendentif religieux et ajoute :

- Tu peux rester, c’est bon.

Il attend de voir si l’autre accepte de se rasseoir et souffle :

- Euh… tout va bien ? Ça avait l’air d’être mouvementé comme discussion.

Ok, ce n’est pas de la curiosité, plus de la politesse, mais il comprendrait si l’autre type veut pas lui répondre. Il sait pas trop lui-même pourquoi il alimente la conversation, honnêtement.
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Re: Flash-back — Brebis égarées. Lun 13 Mai - 3:12



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Évidemment, Ino, tu es maladroit. Et plutôt que de te dépêcher de dégager, tu prends un temps fou car tu fais tomber tes cahiers. Patatra. Un magnifique « merde ! » quitte ta bouche alors que tu t’empresses de tout ramasser. Les feuilles se plient – ce sont les professeurs qui vont être contents – et se chiffonnent et toi tu es tenté de tout jeter en l’air artistiquement comme dans les dessins animés. Sauf que ça ne marche pas comme cela dans la vie réelle et que tu risques très fort de te rendre encore plus ridicule et foutre un bordel monstre dans tes affaires.


Tu te hais en cet instant précis.


Le jeune homme doit être embarrassé de voir un tel nul car il ne te dit pas de t’en aller, bien au contraire. Évidemment, ça aurait passé pour très malpoli de sa part, mais on s’attend à tout, surtout avec les Serpentard qui pètent plus haut que leur cul – attention, il y en a de très sympas, ils sont juste minoritaires, enfin tu crois ? – et tu es assez agréablement surpris.


Comment aurais-tu réagi sinon ? Pas très bien, mais tu aurais simplement obéi. Tu n’es pas en état de protester, même si tu aurais jugé l’ordre qui t’aurait été donné comme étant injuste.


Cela te permet de te détendre fort légèrement. Tes mains suspendent leurs mouvements frénétiques au-dessus des papiers démis et tu tournes ton visage dans sa direction. Tu tentes un sourire peu convaincant et te redresses finalement, le tout sur tes genoux. Il est temps de ranger un peu pour pouvoir s’en aller par la suite plus dignement.


« Merci ! » réponds-tu sobrement.


Ton esprit est embrumé par la conversation que tu viens d’avoir avec ton paternel. Pourquoi faut-il qu’il s’entête à pourrir la vie d’un gamin comme toi ? Non seulement il a choisi ta voie à ta place – car tu n’as jamais demandé à faire de la danse, c’est juste un hasard si tu aimes bien ça – mais en plus il doit foutre en l’air tes vacances comme si tu n’étais qu’un petit serf taillable et corvéable à souhait. Chouette.


Tu soupires et lorgnes sur la cigarette du garçon. Tu sais que ça n’est pas bien et tu te refuses à toucher à ces saloperies, toutefois tu es convaincu que ça te ferait le plus grand bien de temps en temps.


Et tu finis étonné quand il s’enquiert de ton état. Tu clignes stupidement des yeux, comme si tu n’étais pas certain qu’il s’adresse bel et bien à toi. Un « hein ? » débile sort de ta bouche mais tu te reprends vite et passes une main fatiguée dans ta chevelure blonde trop bien peignée.


Que lui répondre pour ne pas le faire entrer dans tes problèmes difficilement compréhensibles ? Tout le monde n’imagine pas que des gamins tout jeunes puissent avoir des responsabilités chiantes comme les tiennes.


Et tu ne veux pas passer pour un sale péteux arrogant. Ton port de tête altier l’indique bien assez bien.


« Hm ? Oh, ça. Heu… comment dire… oui ça va ? Juste mon père qui me prend la tête avec ses projets nuls pour les vacances ! Rien de grave ! »


Au contraire, ça l’était franchement, mais le Serpentard devait s’en ficher complètement.


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Re: Flash-back — Brebis égarées. Sam 18 Mai - 19:31

Inconsciemment Sandro a toujours le regard rivé sur le pendentif de l’autre jeune homme. C’est rare de voir des symboles religieux dans l’établissement. Les gens – et il est de ceux-là – ont nettement tendance à intérioriser leurs croyances. Toutefois, cette croix elle retient l’attention de l’italien qu’il est, catholique d’éducation. Elle l’intrigue autant que celui qui la porte. Le blond semble d’ailleurs agité et en fait tomber ses affaires. Est-ce le fait que le brun l’invite à rester qui l’a surpris ? Difficile à savoir. Sandro se sent un peu idiot mais n’ose pas se baisser pour l’aider, il regarde le Serdaigle faire et en profite pour le détailler du regard. Le Clemenza a toujours été de ceux qui aiment observer, s’attarder sur les petites choses que l’on ne voit pas forcément au premier abord. Les traits fins de l’autre élève, ses gestes graciles et l’embarras qui est le sien alors qu’il s’empresse de tout ramasser.

Le Serpentard prend une grande bouffée de sa cigarette et il en souffle la fumée sur le côté opposé, tout en continuant son observation. Il n’a aucune idée pourquoi il a demandé à ce type de rester, ni même pourquoi il l’interroge, ensuite. Cela pourrait paraître impoli, indiscret même… dans l’esprit du brun, ça ne l’est pas. Disons simplement qu’il n’a rien d’autre à faire en cet instant et qu’il a juste besoin de se changer les idées, de réduire la colère qui l’habite depuis qu’il est sorti en trombe de son cours de Soins aux créatures magiques. Il hoche la tête à la réponse qui lui est faite.

- Ah ? Je comprends. La famille, hein…

Il dit ça avec une pointe d’amertume. De son côté, il aurait bien aimé que son père se soucie suffisamment de lui pour l’appeler, évoquer les vacances à venir… mais non. Ses vacances, ce sera chez son oncle et sa tante qu’il les passera, certainement. Avec un peu de chance il pourra voir son frère aîné. Il l’espère. Tout à sa réflexion, il réalise qu’une feuille est toujours au sol, glissée sur le côté du banc.

- Tiens, t’en as oublié une.

Sandro se penche en avant, la récupère de la main et la tend au blond. Il sait qu’il l’a déjà vu, dans la Grande Salle ou au détour d’un couloir, mais il est bien incapable d’en retrouver le nom. Il se repositionne, le dos bien contre le banc, la tête un peu en arrière et tourne ses prunelles sombres en direction du Serdaigle.

- Tu fumes ?

S’il demande, c’est pour deux raisons. Savoir s’il doit se faire chier à souffler la fumée de l’autre côté. Et éventuellement, briser la glace en lui filant une clope. Sandro ne s’est jamais considéré comme un mec spécialement sympa ou le genre à sociabiliser à tout va… il est plutôt de ceux qui restent en retrait et qui prennent leur temps avant de réellement s’entendre avec les autres. Sauf que là, difficile à expliquer, c’est comme si cette présence, sur ce banc, d’un mec avec une croix chrétienne autour du cou, c’est un signe. Peut-être ? C’est débile. Il attend la réponse tout en glissant sa main dans la poche de son manteau, prêt à tendre son paquet de clopes au besoin.

- Et du coup, toi aussi tu viens dans l’coin quand t’as envie de tout envoyer chier ?


Dernière édition par Sandro Clemenza le Mar 28 Mai - 23:15, édité 2 fois
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Re: Flash-back — Brebis égarées. Sam 25 Mai - 19:29



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Lentement, tes mains touchent les feuilles, les remettent dans un ordre plus correct – comme elles étaient avant – et bien droites. C’est frénétique, tu n’es pas aussi minutieux d’habitude. Mais la présence du Serpentard ne te met pas à l’aise. Oh, pas qu’il soit désagréable, agressif, ou quoique ce soit, tu te fiches même de savoir dans quelle maison il est – tu l’as juste remarqué, c’est tout, un hasard – mais tu n’es pas le plus doué avec les relations sociales – à ton grand malheur – et tu as peur de tout foirer. De dire quelque chose qu’il ne faudrait pas, être directement catégorisé comme un immonde chieur.


Tu n’émets qu’un petit « hm » lorsqu’il réagit à tes explications. Tu n’as pas envie de t’étendre sur le sujet. Étrangement, tu n’es pas une insupportable diva qui fait savoir bruyamment et à tous les problèmes que tu peux rencontrer dans ton existence. Il t’arrive de te confier, cela fait même du bien, mais certainement pas à un garçon que tu connais à peine depuis cinq minutes.


Et encore, tout est relatif. Tu ne connais pas son nom.


Au moment où tu commences à penser qu’il serait peut-être intelligent de le lui demander, il te signale que tu as laissé une feuille sur le côté. Tu la saisis, reconnaissant. Des données importantes à la réussite de ton année scolaire.


« Merci beaucoup ! » répètes-tu encore.


Maintenant, tes yeux ne lâchent plus les bouts de parchemin divers et autres supports que soigneusement, tu classes. Toutefois, il serait ridicule de trop t’attarder et tu finis par les glisser dans ton sac. Ton dos se repose enfin contre le dossier derrière et tu fixes droit devant toi, le cœur battant. Que dire ?


C’est le jeune Serpentard qui initie à nouveau la conversation en te demandant si tu fumes.


« Non, je n’ai jamais essayé, je ne peux pas. »


Tu aurais bien précisé que ça n’est pas bon pour les sportifs comme toi et que c’est fourré de saloperies, mais encore une fois, tu aurais l’impression fort justifiée de passer pour un parfait connard qui juge les goûts et la vie des autres.


Mais là, on dirait juste un pauvre type qui obéit comme un petit mouton à des ordres venant d’un tiers. « Je ne peux pas », on a déjà vu mieux comme réponse convaincante.


Pour dissiper la gêne qui s’installe déjà – et que tu es peut-être le seul à ressentir – tu réponds illico à sa seconde interrogation :


« Hein ? Pas vraiment, j’étais au téléphone, j’aime bien marcher… je me suis un peu égaré. »


Pourquoi as-tu l’impression de dire de la merde constamment ? Un vrai naze. Tu soupires, déçu de toi-même avant de rebondir :


« Il s’est passé quelque chose ? »


Il venait tout de même de te dire qu’il avait envie d’envoyer tout chier, non ? Une occasion en or pour toi : tu peux apprendre à mieux le connaître en écoutant ses éventuels soucis et passer pour un garçon qui se préoccupe un minimum des autres. Tu n’aimes pas que tout tourne autour de ta personne.


@Sandro Clemenza
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Re: Flash-back — Brebis égarées. Mar 28 Mai - 23:40

Plus que la stature élégante, l’air embarrassé ou la posture du blond qui contraste fortement avec l’agitation qui a été la sienne lors de l’échange téléphonique, c’est bien la croix religieuse qui retient l’attention de Sandro. C’est peut-être même ça uniquement ? Difficile à dire. Ce qui est vrai, en tout cas, c’est qu’en venant ici il voulait souffler un bon coup. Alors pourquoi… pourquoi « retenir » l’autre élève ? Pourquoi lancer la discussion – maladroitement et avec peu de succès, pour commencer ? C’est absurde. L’italien ne sait pas bien mais ne peut contenir une légère moue lorsque l’autre lui dit ne pas fumer. Il n’y a rien de mal à être non-fumeur, pourtant. Bien au contraire, même. Sandro, cela ne fait que quelques mois qui s’y est mis. Pour faire comme certains plus âgés sans doute (même s’il ne voudra pas l’admettre) et aussi parce que ça concentre son attention sur autre chose. Sur cette nicotine qui lui parcourt la gorge, cette fumée qu’il expulse autant que ces cigarettes qu’il fait glisser entre ses doigts. Il n’y a jamais de bonne raison pour se mettre à fumer. Dans son cas ça a commencé en soirée et désormais, ça se poursuit en journée, quand il en a l’occasion. Un break entre deux cours, une clope peu après le réveil, une juste après les cours.

C’est devenu peu à peu une habitude, un rituel, un besoin. Quelque chose que ne partage pas son camarade de banc, visiblement. Sa réponse est surprenante, pourtant. Il dit ne pas avoir essayé et il ajoute ne pas « pouvoir ». Il dit pas qu’il ne veut pas. Il dit qu’il ne peut pas. Curieux.

- Ah ? Comment ça tu « peux pas » ? T’es asthmatique ? Première idée qui lui vient en tête, face à une telle réponse. Concrètement, il ne sait pas pourquoi il pose la question, même. Peut-être parce qu’il s’attendait à toute sorte de réponse sauf ça. Oui, c’est sans doute pour ça.

Sandro ne sait pas ce qu’il attend de cette conversation ni pourquoi il l’alimente. Il le faut comme s’il était en mode auto-pilote. Ça vient comme ça. Sans doute que dans cet énervement qu’il l’a fait venir ici, il trouve inconsciemment dans cet « intrus » une oreille inattendue ? Boarf. C’est pas son style de s’épancher, en tant normal. Comme quoi, les débiles qui lui ont pourri son cours de Soins aux créatures magiques lui ont suffisamment pris la tête pour qu’il en change ses habitudes.

Par chance, le Serdaigle ne l’envoie pas chier. Il a l’air surpris de sa remarque mais il répond quand même. Il dit s’être égaré. Il est donc de ceux qui font les 400 pas lorsqu’ils sont en communication téléphonique. Le Clemenza, lui, il est plutôt du genre à rester bien ancré dans sa position initiale, et s’il s’énerve c’est par la voix ou les mouvements de bras plus qu’en se déplaçant. Chacun son truc, hein.

Il a quand même bien l’impression qu’il impose à l’autre son agacement présent, et il soupire avant de lui répondre.

- Ouais. Des connards. Des soi-disants potes qui trouvent rien d’autres à foutre que me faire chier parce qu’ils savent que j’aime pas le Cours de soins aux créatures magiques. Y a que des bestioles plus dingues que les unes que les autres dans c’monde, faut être complètement timbré pour se dire « Et tiens, et si j’faisais étudier aux élèves des bestioles qui peuvent insuffler un état de vide ou de désespoir aux gens ?! » Et ça, c’est qu’une créature parmi tant d’autres, ça me dépasse. Et mes potes sont des cons !

Plus il parle, plus il s’emporte, et il a sa main qui s’agite en signe de sa crispation. Finalement, il s’arrête, souffler et se passe la main dans les cheveux.

- Désolé. J’te fais chier avec mes conneries. J’dois pas être de bonne compagnie.

Non, certainement pas.

- Tant qu’à t’emmerder, j’me présente quand même. Sandro, sixième année. Et toi ?
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