[SOLO POST-EVENT] The first step

Dorothy Martin
Queen of Salt
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Dorothy Martin
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[SOLO POST-EVENT] The first step Jeu 9 Mai - 12:18


Le début

Et la fin

Feat La famille Martin & Do

Te dresser devant cette porte te donne une impression de malaise que tu peines à réfréner. Tu la détaille du regard, cette porte. Tu détailles sa peinture rouge, légèrement écaillée par endroits, signe du temps qui passe. Tu détailles sa poignée étrangement plus terne que dans tes souvenirs, tout aussi terne que le numéro qui trône au-dessus du judas. Le 66. Tu laisses ton regard se tourner sur la rue calme du petit quartier pavillonnaire. Pas un chat dans les rues, les voitures sont impeccablement garées dans les allées des maisons aux pelouses bien trop vertes et aux plantes bien trop colorées. Soyons francs, Dorothy, tu n'as jamais aimé ce quartier. Trop propre. Trop calme. Trop, tout simplement. Ton regard se repose sur la porte, un soupir fataliste meurt sur tes lèvres. Tu ne pouvais pas faire demi-tour, n'est-ce pas ? Tu ne pouvais pas tourner des talons et rentrer à Poudlard, pas après avoir annoncé en grande pompe que tu rentrais chez toi pour le week-end. Pas après avoir fait le plus gros du chemin. Tu chercherais bien une excuse pour ne pas franchir cette foutue porte, mais tu vois au travers des rideaux blancs la lueur de la télévision. Ils sont là. Tous là. Même elle. Surtout elle, en fait. Revenue exprès de son dernier match pour le week-end. Rentrée exprès pour te voir. Elle te fait un grand honneur alors qu'elle n'a pas daigné t'adresser le moindre mot depuis les fêtes. Finalement, il vous aura fallu un attentat et une carte de bon rétablissement très formelle pour vous décider à vous parler. Mais tu n'es pas naïve au point de croire que cela marquera le début de quoi que ce soit. En fait, c'est triste à dire, mais tu sais déjà ce qu'elle va te demander, Dorothy.

Et tu appréhendes, et tu n’as pas envie de passer la porte. Tu sais très bien comment ça va finir, parce que ça finit toujours comme ça. Vous êtes, l’une et l’autre, entêtées, bornées, des monstres de fierté qu’on ne met pas facilement à même le sol. Vous êtes, l’une et l’autre, trop fiers, trop en guerre contre l’autre pour accepter la moindre rémission. Tu sais très bien comment les choses vont se passer, tu sais très bien à quoi t’attendre. Mais tu ne peux pas fuir éternellement. S’en était fini de fuir. Il y avait trop en jeu, maintenant. Alors tu fixes la porte une dernière fois, le soupir qui passe tes lèvres se veut plus courageux, ce coup-ci. Tu franchis d’un pas sûr l’espace entre le trottoir et le paillasson. Ton doigt glisse sur la sonnette. Allez ma grande, ce n’est qu’un mauvais moment à passer.

Le son traverse l’entrée et avec lui un désagréable constat. Plus de fuite possible. Plus de marche arrière. Tu attends, légèrement tendue à l’entrée, dans ta petite robe pastelle et tes chaussures pour gagner quelques centimètres. Tu as maquillé tes lèvres, légèrement tes yeux. Tu as habillé ton corps de deux boucles d’oreilles et de quelques bijoux. Une façon de maintenir l’illusion, de te faire passer plus grande, plus adulte que tu ne l’es réellement. Entre nous, tu sais que ce petit déguisement n’aura que peu d’impact, entre nous, on sait que tu le fais surtout pour toi. L’illusion, ce n’est pas toujours pour le public qu’on la façonne après tout.

Des petits pas pressés se font entendre, tu crois reconnaître des bruits de saut derrière la porte. Tes sourcils se froncent, légèrement déroutés par cette agitation. Tu poses ta main sur la poigné, la tourne délicatement pour pousser la porte et y découvrir la tête blonde de Tommy.

- « Rose ! »

Tu ne comprends pas, il a l'air surpris de te voir, ses yeux te dévisagent dans un mélange de stupeur et d'incompréhension. Tu le vois, Tommy, du haut de ses quatre ans, dans ses vêtements tout neufs, ses yeux noisette si semblables aux tiens, son visage rond mais qui montre déjà certains traits typiquement Martin. Tu le vois, Tommy, tu vois son menton qui tremble, ses yeux qui s'humidifient. Et plus il te regarde, plus ils sont humides ses yeux, plus ses traits se déforment, plus la stupeur laisse place à un profond soulagement. Il te regarde comme-ci il avait vu un fantôme, Tommy, et ce n'est peut-être pas aussi éloigné que ça de la réalité. Il te fixe, il renifle courageusement une fois, deux fois. Et toi, immobile, tu es totalement dépourvue face à ça. Tu ne comprends pas, tu te sens maladroite, tu lui adresses un léger sourire à défaut de savoir quoi dire. Un sourire, juste un sourire, et le petit garçon explose en sanglot.

- « ROOOOSE !! »
- « Hé mini crot-Uhmp »

Il s'est jeté autour de ta taille, manquant de te faire rencontrer le sol. Depuis quand ce petit homme a autant de force ? Et tu paniques, Dorothy, tu ne comprends juste pas. C'est si exceptionnel que tu viennes ? C'est si incroyable que tu sois là ?

- « T'es pas mwort ! » sanglote-t-il

Mwort… mwor… Oh. Ah. Tu clignes des yeux, le temps de bien assimiler ce que ton cerveau comprend de la situation. Ton petit frère de quatre ans te croit morte. Bon. Formidable. Tu balances un regard un peu désespéré dans l'entrée Papa? Maman ? Le back up s'il vous plaît ? Mais comme personne n'a l'air de pointer le bout de son nez, tu te baisses, pleine de maladresse. Tu ne sais pas quoi faire, quoi dire, tu n'as jamais vu Tommy dans cet état, tu n'as jamais vu ton petit frère te serrer dans ses bras et ne plus te lâcher comme-ci il pensait te voir pour la dernière fois. Tu te sens ridicule, bête, idiote. Et tu ne comprends pas pourquoi. Pourquoi ce petit être que tu n'as jamais voulu voir au monde s'accroche à toi comme un dragon s'accroche à son trésor. Qu'est-ce que tu as fait pour qu'il te pleure autant ? Qu'est-ce que tu as fait pour mériter ses larmes ? T'as jamais été là. Tu n'es rien de plus qu'une étrangère pour lui et pourtant.

- « Bah, heu, oui je ne suis pas morte. » Bredouilles-tu un peu perdue  « T'étais… Inquiet pour moi ? »

Et il hoche la tête Tommy, il hoche la tête comme-ci sa vie en dépendait. Il renifle, te regarde, renifle de nouveau. Ce petit bout d'homme qui te regarde comme on regarde le père Noël. Tu ne comprends pas. Qu'est-ce que j'ai fait pour que tu t'inquiètes autant alors que… Alors que tu n'as jamais été là, alors que tu lui as jamais prouvé quoi que ce soit. Est-ce que c'est l'innocence de l'enfance ? Où tout simplement lui qui résonne différemment ? Est-ce qu'il est pur au point d'aimer quelqu'un qui n'a jamais fait le moindre pas vers lui, quelqu'un qui l'a toujours vu comme un nuisible ? Ah. Qu'est-ce que tu te sens conne Dorothy. Qu'est-ce que tu te sens horrible. Avec ce petit bout d'homme dans les bras qui te pleure dessus, sans retenue, et toi qui réalise que tu avais été avec lui ce que tu avais toujours détesté.

- « Je suis désolée Tommy, je ne vais pas mourir. Tu vois, je vais très bien. Je ne pars pas. »

Tu lui tapotes doucement le dos, tu ne sais pas comment t'y prendre, t'as pas l'habitude des enfants. Mais le petit garçon ne te rejette pas, le petit garçon te sers un peu plus dans ses bras.

- « C'est vrai ? » Murmure-t-il en reniflant
- « C'est vrai.» réponds-tu doucement  « Mais qui est-ce qui t'as… »
- « La nounou ! Cette gourde nous l'a traumatisé avec ses histoires ! »

La voix exaspérée de ton père résonne dans l'entrée et bientôt son visage avenant et jovial, une expression théâtrale plaquée sur le visage, apparaît dans le cadre de la porte du salon. Il t'adresse un sourire, son éternel sourire, mais beaucoup plus sincère, beaucoup plus ému aussi. Tu lui réponds timidement. Tu sais que tu l'as inquiété, tu sais qu'il a sauté dans le premier portoloin en apprenant qu'on t'avait transférée à l'infirmerie et que tu étais bonne pour y rester quelques jours. Tu savais qu'il avait tapé un scandale au ministère et le connaissant, il avait probablement écrit des dizaines de lettres gorgées de sels envers Dieu, tu ne savais qui. Il était comme ça, ton père, un peu gaga, tout aussi maladroit, mais étrangement persuasif voir même un peu effrayant quand il le voulait.

- « Tu n'as pas pris de valise, ma puce ?  »

Tu sais à son regard ce que ça veut dire. Autant jouer franc jeu tout de suite.

- « Non. Je rentre à Poudlard ensuite. Je reste le week-end, c'est tout. »
- « Ta décision est prise ? »
- « Et je ne reviendrais pas dessus. »

Son regard ne te trompe pas, la façon dont il baisse les yeux vers le sol ne te laisse aucun doute non plus. Tu pourrais t'attendre à ce qu'il s'oppose à ta décision mais ce n'est pas le cas. Il baisse les yeux, il accepte. Sans doute sait-il que ce n'est pas ta maison qui va te retenir. Sans doute sait-il que tu as des choses à défendre toi aussi. Des choses, des gens, qui valent la peine que tu te battes, que tu prennes ce risque, le risque de continuer de vivre, le risque d'avancer. Même si ce qui se dresse devant toi n'a rien d'un joli ciel clair d'été.

- «Alors viens lui parler. Elle est dans le salon. »

Part 1/3
Dorothy Martin
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Re: [SOLO POST-EVENT] The first step Jeu 9 Mai - 12:36


Le début

Et la fin

Feat La famille Martin & Do

Si t'as vie avait eue un nom, Daisy, ça aurait sûrement été “liberté”. La liberté que tu as si longtemps enviée à ta sœur, la liberté que tu as rêvée entre les murs de Poudlard avant de l'embrasser totalement une fois les lourdes portes de l'école passées. La liberté, oui, la seule chose qui t'aie fait un tant soit peu vibré. La seule chose que tes imbéciles de frères avaient eue sans s'en rendre compte. La seule chose que tu n'avais plus, aujourd'hui. En fait, tu ne l'avais jamais eue, n'est-ce pas ? Emportée par la frivolité de la jeunesse, emportée par la soif illusoire de vivre tes rêves, d'être enfin ce que tu voulais, d'être comme elle, libre comme l'air, libre comme le vent. Tu avais volé comme elle ne volerait jamais. Tu avais vu dans cette élévation, dans cette popularité soudaine, dans les acclamations du stade la définition même de la liberté. Libre d'être forte, libre d'avoir le premier rôle, ton premier rôle, pas celui d'un autre, le tien. C'est ce que tu avais cru des années durant. Ton ciel ne pouvait pas être factice, ça ne pouvait pas être une cage dissimulée. Et pourtant… Pourtant, portée par ton ivresse, tu n'avais rien vu, tu t'étais mariée à un homme approuvé par ta mère, tu avais mis au monde deux enfants sans réellement l'avoir jamais voulue. Tu te pensais libre, tu te pensais heureuse et maîtresse de ta vie. Tu as été heureuse, c'est vrai, mais jamais maîtresse de rien. C'est quelque chose que tu as réalisée lorsque l'adolescence de ton aînée a frappé et, avec elle, les premiers pas dans la vieillesse.

La naissance de Dorothy avait été ta plus grande fierté. Dorothy, Daisy, ce n'est pas pour rien que vos prénoms sont aussi similaires. Tu te souviens du regard amoureux de Thaddeus, du sourire satisfait de ta mère, de cette sensation d'avoir fait du bon boulot, un meilleur boulot qu'elle. Tu te souviens de ces deux grands yeux noisette qui t'avaient regardés, un regard vif, plein de curiosité. Mais surtout, un regard admiratif. Tu étais tombée amoureuse des yeux de ta fille. Dorothy qui t'avait toujours regardé comme une héroïne, Dorothy qui du haut de ses trois ans trouvait normale de ne pas voir sa maman, parce que c'était une championne et qu'elle aimait sa maman comme ça. Dorothy qui avait toujours été un petit oisillon si fragile, si obéissant. Une petite fille bien commode, entièrement satisfaite par ton seul regard approbateur. Commode, c'était le mot. Tu avais la chance d'avoir un mari assez amoureux de toi pour accepter le prix de ta passion, une fille assez douce pour ne quémander que ta fierté. Tu avais cru, jusqu'à ses treize ans, que c'était cela même la définition du bonheur et que dans ta petite vie si parfaite, tu avais tout bien fait. Mais les choses avaient changé. Tommy était arrivé et, avec lui, un rappel du temps qui passe. Ta carrière ne pourra pas être éternelle, le rêve allait forcément prendre fin un jour. On ne met pas sous les projecteurs une femme dont les rides trahissent son âge, alors que les coulisses grouillaient de petites nanas toutes fraîches et formatées pour les écrans. Le soutien de ton mari s'était fait plus difficile, comme-ci il attendait de toi qui te fasses le deuil de tes années de gloire pour reprendre un rôle qu'il ne pouvait assumer seul, celui de parent. Et les yeux de Dorothy… Ses yeux que tu aimais tant. Ses yeux-là, n'avaient plus rien d'admiratif. Le regard du petit oiseau s'était terni, il n'y avait plus de tendresse ou d'admirations dans ses yeux. Juste une profonde lassitude, juste une profonde colère, un profond dégoût. Et tu n'avais pas compris pourquoi. Pourquoi son regard si agréable, autrefois, était devenu aussi tranchant aujourd'hui. Et tu n'avais pas compris, tu n'avais jamais compris. Jusqu'à ce qu'elle élève la voix, jusqu'à ce qu'elle te défie ouvertement pour la première fois. C'était peu après la naissance de Tommy. Pour la première fois, tu avais vu en elle quelque chose de déplaisant, quelque chose qui t'avait fait peur, quelque chose que tu n'avais plus vue depuis plusieurs années déjà. Tu avais vu dans son regard, son regard à elle. Le fantôme dont on ne parle pas. Tu avais vu cette même lueur provocatrice, ce même regard fou d'une liberté dont on la prive. Tu t'étais alors rendu compte que Dorothy n'avait rien d'un petit oiseau. Que ce petit oiseau était mort depuis longtemps. À quel moment ? Pourquoi ? Comment ? Impossible de le savoir. Voir son regard si déplaisant dans les yeux de ta fille t'avait fait un choc, ça t'avait braquée, tu avais eue peur et tu avais, sans le vouloir, fait exactement ce que ta mère avait fait à sa propre époque. Tu avais maté la rébellion. Mais pouvait-on vraiment calmer la tempête avec des cris et des hurlements ? Non. Bien sûr que non. C'est ce qui avait marqué la fin de votre relation. C'est ce qui avait marqué le deuil du petit oisillon. Incapable d'échanger, incapable de parler. Et aujourd'hui le petit oiseau, plus si petit que ça, était revenue au nid. Elle a été blessée, mais tu sais, au fond de toi, que ce n'est pas cela qui va l'arrêter. Tu sais ce qu'elle va te dire. Tu sais qu'elle va refuser d'obéir. Les mots de ta mère résonnent encore dans ta tête, Daisy, « On ne peut pas laisser Dorothy à Poudlard, ma fille. C'est trop dangereux et cette enfant est ma première héritière. Elle terminera sa scolarité à la maison. Nous en ferons une femme à la hauteur de ses capacités. Retiens là, Daisy. » à ce moment tu avais eu envie de dire Plus facile à dire qu'à faire, mère. Ce n'est pas sa nièce pour rien…

Et quand elle pénètre dans le salon, quand tu la vois dans sa robe pastelle, avec son maquillage discret et son air de défi sur le visage, tu sais que tu as raison. Oh que non. Ce n’est pas sa nièce pour rien.

----------------

- « C’est donc ton dernier mot ? »
- « Je ne resterais pas terrée à la maison sous prétexte qu’un fou joue au terroriste. »

Tu la vois soupirer. Ton père a remonté Tommy dans sa chambre et tu ne peux que l'en remercier. Il n'avait pas besoin d'assister à ça. Pas plus qu'il n'avait pas besoin d'entendre ce qui allait se dire. Tu sais que ta mère ne compte pas céder aussi facilement. On ne parlait pas d'un caprice, mais bien d'une question de sécurité. Ca ne t'étonnerait pas, non plus, que ta grand-mère et y soit allé de son grain de sel.

- « Ce n’est pas la question. Ce qui se passe à Poudlard te dépasse, Dorothy. Cette école n’est pas un endroit pour toi. Je crois que ces dernières années nous l’ont largement prouvées. »
- « On peut savoir ce que cela signifie ? »
- « Cela signifie que je ne reconnais plus ma fille. Depuis que tu es entrée à Poudlard, et à plus forte raison depuis tes treize ans, tu ne cesses de me décevoir. Tu ne respectes plus rien, tu as des bonnes notes, certes, mais que dire de ton comportement ! Je ne sais pas qui tu fréquentes, mais de toute évidence je ne doute pas que la population de cette école à une très mauvaise influence sur toi. Et maintenant ça ? Et tu penses que nous allons te laisser, ton père et moi, continuer ta scolarité là-bas ? »

Ah. Nous y voilà. Ce n’était donc pas que The Crow.

- « The Crow n’est donc qu’une excuse pour me faire quitter l’école. En fait, t’en a rien à foutre de ma sécurité. »
- « Ce n’est pas ce que j’ai dit. »
- « Oh si, c’est exactement ce que tu as dit, maman. J’imagine que cette réflexion vient aussi de grand-mère ? La vérité, c’est que depuis que ça ne va plus à la maison, vous voulez trouver un moyen de me remettre dans les clous mais ça ne fonctionne pas comme ça. Vous avez l’air, toutes les deux, de penser que le problème vient de Poudlard, mais si le problème venait d’ici, de base ?  »
- « Que cherches-tu à dire, jeune fille ? »
- « Que c’est un peu gros de vouloir jouer à la maman quand on jamais eu un seul mot pour ses enfants. »
- « Qu’est-ce que… »
- « Ta carrière, t'as toujours eue que ça à la bouche. Tu as mis de côté tout ce que tu avais, papa, Tommy, moi, tout, juste pour ton foutu balai. Tu ne t'es jamais intéressée à ce que j'aimais, je suis même sûre que tu n'as aucune idée de ce qu'aime Tommy. La seule chose que tu nous as donnée, c'est un regard approbateur, mais ce n'est pas comme ça qu'on rend heureux ses gosses. On avait besoin d'une maman, j'ai besoin d'une maman, mais tu n'as jamais été là. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, mais la vérité, c'est que tu n'as jamais été là que pour toi. Poudlard n'est peut-être pas un endroit pour moi, mais au moins je peux dire que je m'y sens chez moi. Ce qui n'est pas le cas ici. Pour en revenir à The Crow, ne t'en déplaise, je suis officiellement majeure. Il ne vous appartient pas, ni à toi, ni à grand-mère de décider de ce que je vais faire de ma vie à partir de maintenant. J'ai choisi de continuer ma scolarité à Poudlard, et cela, qu'importe le risque. »

Elle s’est levée. Elle est furieuse.

- « Ne me parle pas sur ce ton, Dorothy Martin ! Je suis encore ta mère, jusqu’à preuve du contraire ! Tu me dois le respect ! Tu ne peux pas mettre ta vie en jeux comme il te plaît ! »
- « Et tu ne peux pas me façonner comme il te plaît non plus. Je ne suis pas une poupée. Tu ne peux pas faire de moi ce que je n’ai pas envie d’être. Je te déçois peut-être, mais il va falloir t’y faire. Je suis ce que je suis. Si tu n’es pas capable de m’aimer pour moi, alors je crois qu’on a juste plus rien à se dire. »

Et tu t’es levée. On ne va pas se mentir, t’es loin d’en mener large. C’est dûr, c’est beaucoup plus dur que tu ne le pensais.

- « Où est-ce que tu vas ?! »
- « Je rentre à Poudlard. Mais ne t’en fais pas, je vais dit au revoir à Tommy avant. »
- « Jeune fille, ça ne va pas se passer comme ça. Si tu franchie la porte de cette maison je...»
- « Fait ce qu’il te plaira. Je n’ai plus peur des menaces. »

Je ne voulais pas en arriver-là. Mais c’est peut-être pour le mieux. J’espère qu’un jour, tu pourras me voir comme eux me voit. Peut-être qu’à ce moment-là, on pourra essayer de redevenir quelque chose qui se rapproche d’une véritable famille. Il est temps d’aller dire au revoir à la mini-crotte.
Part 2/3
Dorothy Martin
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Re: [SOLO POST-EVENT] The first step Jeu 9 Mai - 12:59


Le début

Et la fin

Feat La famille Martin & Do

- « Tu t’en vas déjà ? »

La bouille déçue de Tommy t'arrache un léger pincement au cœur. C'était bien le seul à pleurer ton départ. Bien le seul à être réellement affecté par ton retour à l'école. Ta mère s'est terrée dans le salon avec sa mine des mauvais jours et ton père, lui, trône dans l'encadrement de la porte, visiblement prêt à te raccompagner jusqu'à l'école. Tu t'attardes sur le regard noisette de ton frère, sur le ton dépité de sa voix. Comment as-tu seulement pu détester autant un être aussi innocent ? Tu ne vaux pas mieux que ta mère, finalement, le chemin était encore long avant de pouvoir te détacher de son image. T'esquisses un léger sourire avant de te baisser à sa hauteur, tu pouvais bien faire un geste, un premier petit geste. Le premier d'une longue série.

- « J’ai beaucoup de travail, les examens approchent, tu sais ? »
- « Hm, maman dit c’est très dur Poular, faut travailler comme ça ! »

Et le petit homme ouvre ses bras aussi grand qu'il peut, une mine déterminée sur le visage, comme-ci son "comme ça" représentait la chose la plus incroyable au monde. Tu souris, attendrie, comment tu avais-pu passer à côté de lui ?

- « J’ai beaucoup de travail maiiiiis… » tu laisses planer quelques secondes le suspense en te délectant de son regard emplit de curiosité « Si tu veux, on pourrait aller se balader en ville, demain, qu’est-ce que tu en dis ? »

Le regard du petit homme s'illumine, il reste bouche bée une demie seconde avant de sauter énergiquement à travers sa chambre, un sourire triomphant sur le visage. C'était une ballade, pas un voyage à Disneyland et pourtant c'était tout comme.

- « Oh oui ! On peut papa ? Dit on peut ? »
- « Vous pouvez, je vous accompagnerai si vous voulez. »
- « Ouais ! Et j’aurais une glace ? »
- « Tu auras une glace. »
- « YOUPI ! »

Et il est triomphant Tommy, il s’est mis à sauter sur son lit.

- « Ça ira avec Poudlard, pour sortir ? » te glisse ton père
- « Théoriquement, je ne suis censée rentrer que demain soir. Je pense dormir à la maison de la montagne, ce soir. Je n'imagine pas trop la gueule du dîner si je dois rester vue la fin de notre conversation avec maman. »
- « En parlant de ça, j’aimerais te dire quelques mots. Nous y allons ? Je t’accompagne jusqu’à la bas. »


----------------

C'était, tout de même, bien pratique les transports magiques. Tu as une petite pensée pour les moldu, qui n'ont pas cette capacité d'aller d'un point A à un point B de façon quasi-instantanée. Si tu ne savais pas qu'une discussion nettement moins réjouissante allait venir, tu soulignerais peut-être la chose. Mais le temps n'est pas à la plaisanterie et tu te doutes bien que ce qui va être abordé là soit autrement plus sérieux. Ton père cherche ses mots, tu sais que tu n'échapperas pas à son plaidoyer sur le besoin d'être soudé dans une famille, spécialement par les temps qui courent. Tu sais que tu n'échapperas pas à sa vision plus arrondie et douce du personnage qu'est ta mère. Pour autant, tu ne comptes pas fuir cette discussion parce que s'il y a bien, dans cette maison, quelqu'un capable d'écoute et d'échange, c'est bien ton père.

- « Tu voulais me parler de maman ? »
- « Hein ? Heu, oui. »
- « Tu sais, tu peux me dire franchement les choses. Je sais que j’ai mes torts. »

Thaddeus semble réfléchir quelques secondes, passant ses doigts sur son menton, un vieux réflexe que les années n’ont en rien entaché.

- « Sans parler de torts, ma puce, je pense que nous avons tous une part de responsabilité en ce qui concerne notre situation actuelle. Même moi, j'en ai une. On ne peut pas dire que je ne sois pas très actif lorsqu'il s'agit de gérer les conflits, je profite du fort caractère de ta mère pour me dédouaner d'un certain nombre de choses également. Je ne suis pas tout blanc, mais je ne suis pas tout noir non plus. C'est la même chose pour ta mère, elle a peut-être beaucoup de défauts, mais ce n'est pas une mauvaise personne, dans le fond. Je sais qui j'ai épousé.. »

Qu'il admette, en direct, ses mauvais côtés te fait hausser un sourcil. Thaddeus Martin avait toujours été un parent passif. Toujours là quand il s'agissait de passer de bons moments, mais étrangement absent quand il s'agissait de gérer les moments difficiles. Son travail lui prenait également beaucoup de temps. Trop de temps. C'était le prix à payer pour maintenir un niveau de vie à la hauteur des exigences de sa matriarche de belle-mère, c'était aussi le prix à payer, pour offrir à ses enfants la possibilité de s'ouvrir un maximum de porte. Thaddeus n'était pas de ceux qui pensaient que l'argent faisait le bonheur, il était de ceux qui pensaient qu'il y contribuait fortement. Ne pas être inquiété d'un point de vue financier retirait une sacrée épine du pied. Il ne cherchait pas à s'en justifier, cependant, Thaddeus était un homme conscient de ses erreurs.

- « Ce que je veux dire, ma puce, c’est que ta mère est… Compliquée. Je ne cherche pas à excuser son comportement, ni à justifier ses erreurs, mais il faut que tu comprennes certaines choses à son sujet. Dai- Ta mère, à beaucoup d’amour pour toi et Tommy mais elle ne sait… Juste pas comment l’exprimer. C’est quelque chose qui lui fait défaut depuis que je la connais. C’est quelqu’un d’extrêmement passionnée par ce qu’elle fait, peut-être trop, j’en conviens. Elle n’a jamais su réellement y faire avec vous. Je suis conscient que ça n’excuse en rien ses absences et tout le reste, mais je ne veux pas que tu penses que ta mère n’a aucun amour pour toi. Tu aurais vu ses yeux, lorsqu’elle t’a mis au monde. Elle aurait combattu le monde entier pour toi. »
- « Qu’est-ce qui a changé, aujourd’hui ? »
- « Je pense que nous ne t'avons tout simplement pas vue grandir. Je pense aussi… Qu'il y a beaucoup de choses que te mère n'a pas encore réglé, des choses de son passé avec lesquelles elle n'a pas encore fait la paix. »
- « Ah, je connais ça aussi. »
- « Nous y sommes tous confrontés, malheureusement. Certains le vivent mieux que d'autres, certains avancent plus vite. Ta mère est le genre de personne qui reste bloqué dans le passé. Il faut qu'elle apprenne à faire table rase de tout ce qui l'a un jour blessé et qu'elle se concentre sur ce qui se passe à présent, sur vous. Je pense que c'est aussi pour ça qu'elle réagit aussi violemment quand ça te concerne. Toi, tu ne l'attends pas, tu continues de grandir et de devenir une magnifique jeune femme. Ce n'est pas facile pour un parent de se voir faire du sur-place tandis que ses enfants continuent leur chemin. »
- « Sans doute, ouais. Mais… »
- « Ça n’excuse en rien le mal qu’on a pu te faire, je sais. Il s’est passé quelque chose de grave pour toi, quand Tommy est né, n’est-ce pas ? Si tu ne veux pas en parler je.. »
- « C’est passé. Je crois. Ça n’a pas été durant un certain nombre d’années. Y a des fois où je me sentais tellement mal que j’ai songé à disparaître. Je me sentais démunie, piégée. Je suis tombée de haut et je n’ai pas eu de filet pour me réceptionner. Ça a été dur, douloureux aussi. Mais récemment, j’ai eu la chance de rencontrer des gens qui me font doucement prendre confiance en moi. Ces gens-là, m’aiment pour ce que je suis… Je crois. Ils m’ont, malgré eux, redonné l’envie de me battre. Je n’avais pas senti cette flamme en moi depuis… Depuis bien trop longtemps. »
- « C’est pour ça que tu veux rester à Poudlard ? »
- « Hm. Je veux défendre cet endroit où on peut tous être ensemble. Et je veux les défendre aussi. C’est ce que font les amis. »

Un sourire se dessine sur tes lèvres, un sourire se dessine sur ses lèvres aussi.

- « Et qui sont ces fameux amis ? »
- « Un canard, un lapin et un corbeau.»
Part 3/3
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