Reckoning ••• Argus Catwright

Bertram Godfrey
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Reckoning ••• Argus Catwright Jeu 30 Mai - 12:02

Reckoning

Bertram Godfrey & Argus Catwright

Café ou thé ? Ce matin le choix ne semble avoir que peu d’incidence pour moi. Mon reflet dans la porcelaine me fixe d’un air torve. Je sais de quoi j’ai l’air, cheveux décoiffés, à peine brossés aux boucles indomptées. Les deux yeux cernés de noir comme un panda qui se serait pris deux droites dans les globes oculaires. Je suis épuisé, la nuit n’a pas été des plus reposante, surtout quand on ne peut pas se permettre une grasse matinée de crainte d’être attrapé par les préfets. Tout est pareil à Poudlard et pourtant tout a changé. Café ou thé ? Et pourquoi pas les deux ? Je sens qu’aujourd’hui j’aurai besoin du réconfort de l’un et de la puissante amertume de l’autre. Mon regard se relève pour scruter la table des poufsouffle. Pas de Catwright à l’horizon - l’affrontement est donc reporté. Est-ce que je devrais me sentir soulagé ? Non. Plus vite c’est réglé, mieux c’est. Comme un pansement qu’on arrache. Après les évènements d’hier, j’ai moins peur de confronter un poufsouffle un peu vénère. Je passe les toasts à la voisine et dévore un tas de pancakes. Mon appétit est revenu en force ce matin. Etrange.

Les heures défilent et j’ai l’impression d’être perdu, engourdi, dans un couloir flou. Suis-je éveillé ou endormi ? Est-ce que je me trouve dans un de ces rêves réalistes sans fin ? Est-ce que je suis dans la partie “normale” du rêve avant que tout ne s’effondre ? Est-ce qu’un groupe de sorciers vêtus de noirs vont courir dans les couloirs et tirer sur tout ce qui bouge ? Est-ce que ça me surprendrait ?  Je pense au ralenti. Parfois même in reverse. Je conserve mon énergie pour ce qui est important, muré dans un silence dont on ne m’arrache que des réponses brèves ponctuées de ce faible sourire hypocrite.  Je fixe l’écran de mon pineapple inutile, le magicnet n’était toujours pas rétabli. Mon plan d’attaque est déjà prêt. J’ai passé une bonne partie de la soirée d’hier à l’élaborer. Après...je saurai improviser. Ma mission était simple et claire en tout cas. Dans le grésillement ambiant, dans tout ce chaos, c’était le seul point focal qui était net.  

C’est pour le repas de midi que le poufsouffle se montre. J’attends patiemment que son assiette se vide, jouant machinalement avec ma manche avant de me lever pour l’interpeller. Lui aussi il a l’air d’avoir eu une nuit mouvementée. Ca pourra jouer en ma faveur comme en ma défaveur.

Hey Gus, ça va ?  



Bien dormi ? Non, ça c’est une mauvaise idée. Pas de signe d’hostilité donc je m’approche et baisse la voix .

T’es disponible ? J’aimerai te parler deux minutes. Dans la salle des trophées on sera tranquille.  



Pas question d’accepter un refus. Si je dois tout balancer dans le hall, ça me va.  Quelle importance de toute façon ? pas question de l’attendre là-bas et qu’il me fasse faux bond non plus. La pièce est rarement habitée, à l’exception des retenues passées à astiquer des écussons, des premières années curieux ou des narcisses qui se noient dans leur reflet d’étain. Aujourd’hui ne fait pas exception à la règle - l’endroit est pratiquement désert. Les premiers pas dans ce cimetière d’accomplissement se font dans un silence gêné. Je sais par quoi je dois commencer. Le filet de ma voix s’échappe assuré bien que faible et honteux.

Je crois bien que je suis en retard. Je dois te présenter des excuses pour...tout ce qui s’est passé. Je n’aurai jamais dû te mettre dans cette position, ce...c’était pas mon intention. Je suis vraiment désolé, Gus. J’aurai aimé gérer tout ça beaucoup mieux.



Et ne pas te décevoir, ni toi, ni Beckett, ni Ethan. Je tourne la tête vers lui, m’attendant à une avalanche de reproches dont je suis prêt à porter l’entièreté du blâme. Comme un badge même.

J’ai vraiment déconné. Je suis désolé.



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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Ven 31 Mai - 10:52

Tu as la désagréable impression d'être entré dans une dimension parallèle. Tu attends le moment où on t'annoncera que les événements de la veille étaient un canular, tu es presque tenté de chercher une porte vers le monde réel dans ton armoire, peut-être pourrais-tu te réveiller... si seulement tu avais dormi. Le réveil a sonné ce matin, tu l'as bien entendu, tes yeux grands ouverts dans la semi-obscurité. Par réflexe tu t'es retourné vers le lit d'Ethan pour voir s'il était déjà parti, mais les draps étaient en place et les rideaux que vous aviez tirés depuis son baldaquin pendaient encore entre vos deux lits. Tu as hésité à ranger son côté, finalement tu as décidé que cette vision t'agacerait en fin de journée et tu as sorti ta baguette pour mettre de l'ordre. Tu t'es habillé et tu as passé cinq minutes à refaire le noeud de ta cravate, les doigts engourdis. Tu es descendu dans la salle commune et a salué Billy qui traînassait sur le canapé, puis tu es remonté chercher ton sac avec tes livres (c'est mieux). L'heure du repas est passée, tu es en retard et tu peux dire adieu à ton café.

Tu te sens étrangement attentif durant tes révisions, malgré ton humeur morose, au moins tant que tu lis tu peux te concentrer sur quelque chose de concret. Tu prends beaucoup de notes, ne t'arrêtant d'écrire que pour bâiller dans ton bras, quand ta main ne soutient pas ta tête. Tu la gardes baissée pour éviter d'attirer l'attention, ou croiser la silhouette familière de ton colocataire. Tu as eu le temps de repenser à votre conversation, te demander brièvement où il est allé quand il y a mis brutalement fin; la réponse est facile. Ethan n'a pas beaucoup d'amis, tu les compterais sur les doigts de la main, et il te semble qu'ils se répartissent tous entre Serdaigle et Poufsouffle. Votre salle commune étant exclue par ta faute, tu mises sur celle des Aigles. Et puis, ce serait ridicule de quitter théâtralement votre chambre pour aller bouder sur le canapé de l'autre côté du terrier. Tu ne t'en fais pas dès lors qu'il n'a pas dormi dehors. Les dessous de ponts avec les sans-abris, les ruelles mal famées avec les drogués? Pas son genre. Tu quittes la bibliothèque à midi et l'apparition de Bertram Godfrey confirme ta théorie. Bien sûr, il aura passé la nuit avec lui. Tu lui rends son salut d'un petit signe de la main, notant qu'il semble aussi fatigué que toi. Tu n'as pas vraiment la force d'enclencher ton mode ironie pour lui dire comment tu vas, ta dégaine parle pour toi; tu te contentes d'hausser une épaule fatiguée. Tu ne t'es même pas rasé. Et cette cravate n'est définitivement pas bien attachée. En croisant ton reflet dans le miroir de la salle de bains, tu t'es brièvement demandé si le Magicobus ne t'avait pas roulé dessus. Ça aurait été crédible si tu avais une seule fois fermé l'oeil, mais là tu l'aurais senti passer. Tu pensais que tes cauchemars te tiendraient éveillé, l'attaque de Beauxbâtons, tes amis en danger, l'explosion du stade de Quidditch, l'apparition de terroristes, finalement ta dispute avec Ethan, mais tes pensées ont bien fait le job seules. Aucun répit. Les cauchemars, au moins, ont un début et une fin. Alors quand Bertram te demande de lui accorder un moment pour parler, cette fois, tu ne le lui refuses pas. Tu passes une main sur ton visage, remet de l'ordre dans tes affaires et quittes la Grande Salle, sur les pas du Serdaigle.

Vous vous trouvez maintenant dans la salle des trophées. Tu te demandes à quoi elle sert. Quelques rangées de vitrines dans les couloirs suffiraient à contenter l'ego des meilleurs d'entre vous. Pourquoi conserver les réussites d'élèves plus vieux que vos parents? Ce n'est pas comme si Poudlard organisait des réunions pour ses alumni, si? On quitte le château pour ne jamais y revenir. Sauf les profs.

Ton regard fatigué vagabonde sur des trophées sans retenir leurs noms, pour ne pas se poser immédiatement sur Bertram. Tu attends qu'il parle. Tu aurais dû, toi aussi, lui proposer de discuter. Sa démarche t'avait surpris, la veille, mais tu étais alors déjà décidé à confronter Ethan. Une partie de toi se demande, curieux, ce qu'il veut te dire. Une autre s'interroge: vas-tu lancer un nouveau record, celui de perdre deux amis en deux jours? La dernière partie de toi se demande si tu auras le temps de faire une micro-sieste avant le début de l'après-midi. Si fatigué que les premiers mots ne font pas sens; il n'est pas en retard puisque vous êtes venus ensemble? Ah, des excuses. Tu plisses les yeux pour lutter contre l'inattention, comprendre ce que Bertram essaye de te dire. C'est étrange. Tu ne sais pas à quoi tu t'attendais. Rien de particulier. Pourquoi es-tu surpris? J'ai vraiment déconné. Très bizarre d'entendre ces mots-là dans sa bouche. Je suis désolé. Tu te balances légèrement pour prendre appui sur ta jambe gauche, puis la droite, l'air embarrassé. Pas préparé.

Toi, t'as parlé avec Ethan.

C'est dit un peu platement, les émotions se sont fait la malle pendant la nuit. Ce n'est pas un reproche ou une plaisanterie, juste un constat. Tu te demandes si Bertram avait l'intention de s'excuser depuis longtemps ou si c'est une discussion avec Ethan qui l'a convaincu. Tu décides rapidement que tu ne veux pas connaître la réponse. Quelle importance? Il y a autre chose que tu ne veux pas. T'agacer. Accuser. Perdre un ami par jour. Tu te frottes le visage pour te réveiller et la première phrase sort peu clairement, à demi étouffée par tes mains:

Je suis pas sûr de pouvoir accepter ces excuses. Je crois... pas que je les mérite?

Objectivement parlant il ne te doit rien. T'es pas sa mère et même si c'était le cas, tu peux pas juger ses choix. En plus, rappel que t'es pas mieux pour gérer tes relations. Bertram, au moins, il a laissé son copain pour rester avec un autre. Toi, tu avais échangé le tien avec Tristesse et Culpabilité, super deal.

Focus, Gus.

Enfin, j'apprécie la démarche, hein. C'est gentil de... de t'inquiéter de mon ressenti.

C'est un peu tard, mais c'est mieux que rien, puisque justement il ne te doit rien. Tu as encore du mal à ne pas culpabiliser pour des sentiments qui te semblent infondés. De la peine à regarder Bertram dans les yeux, quand tu reprends calmement la parole après avoir remis de l'ordre dans tes idées:

Je suis pas en colère contre toi, juste déçu. Mais je me doute bien que t'as pas fait exprès. C'est pas ton genre...

...je crois. La fin de ta phrase reste en suspens. Les gens te donnent des crises d'incertitudes en ce moment. Tu croises les bras et tu joues distraitement avec les plis de ton cardigan jaune et noir. Tu pourrais dire des tas de choses, exprimer beaucoup plus, mais tu n'iras pas plus loin. Tu as eu le temps de faire le tri cette nuit, au final certaines choses doivent rester personnelles. Tu ne peux pas exprimer à tout-va ton ressenti comme tu l'as fait avec Dorothy. Elle n'était pas impliquée. Ethan si et, malgré qu'il soit ton meilleur ami, il l'a très mal pris. Tu n'es pas prêt à risquer encore une amitié. D'autant plus qu'une seule question t'importe vraiment. La seule raison pour laquelle tu voulais aborder ce sujet avec Bertram. Celle qui justifie ton implication. Et c'est peut-être trop tard depuis hier soir, mais tu as besoin d'en être certain.

T'es sérieux, n'est-ce pas?

Tu sens venir la confusion, alors tu précises à contre-coeur:

À propos d'Ethan... Beckett... tout ça.

Tu te racles la gorge.
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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Sam 1 Juin - 13:07

Reckoning

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La salle des trophées ne conservait pas uniquement les empreintes insignifiantes du passé immortalisée sur des coupes et des écussons. Elle habitait aussi des fantômes. Elle avait été témoin d’un de mes tours de force passé. Mon regard se tourne là-bas, là où se trouvait ma silhouette dans le noir, le vif d’or entre mes doigts. Et là où se trouvait Beckett rendu amer et acide par la défaite. Tout ça pour ça, hm ? Pourtant il me semblait que ce n’était pas la leçon à retenir. Ca n’avait pas été inutile, je crois. Je délivre mes excuses à Gus, attendant une forme de résistance de sa part. Elle ne vient pas. Toi, t’as parlé à Ethan. Oui, c’est sûr sinon je n’aurai peut-être pas autant insisté, je me serai muré et caché derrière ma lâcheté. Toutefois je me défends des intentions qu’il me porte avec ce flegme caractéristique.

Ouais mais….C’est ce que je voulais te dire hier, tu sais.  



Peut-être qu’il ne me croirait pas. Peut-être qu’il croira que tout ça est orchestré vers une seule direction. En tout cas, mes paroles semblent avoir un effet sur le poufsouffle. Il ne peut pas accepter mes excuses ? J’avais entrevu ce cas de figure mais je ne m’attendais pas à autant de virulence, je baisse les yeux avant de les relever. Il ne pense pas les mériter ? Je fronce légèrement les sourcils, cherchant une réponse du regard.C’est pas ce que j’avais cru comprendre de ma conversation avec Ethan. Je croyais qu’il voulait un coupable, quelqu’un à crucifier. Est-ce qu’il avait changé d’avis ? Où est-ce qu’il était devenu tellement indifférent que seul le faux pas d’Ethan comptait réellement pour lui et que je n’étais qu’un accessoire indigne d’intérêt dans cette histoire ? Il se décide enfin à me regarder dans les yeux. Il n’est pas en colère ou encore il ne l’est plus. Il est juste….déçu. Je dois admettre que de tous les mots qu’il aurait pu choisir c’est celui qui me pique le plus. Etre une déception. Je me pince les lèvres et hoche faiblement la tête pour acquiescer, désolé. Je ne pouvais pas vraiment changer ça, n’est-ce pas ? C’était trop tard.

C’est pas ton genre...

J’en étais pas convaincu non plus. Et pourtant j’avais docilement hoché la tête comme un bon élève réprimandé par un professeur. Oui, monsieur. Vous avez tout à fait raison, monsieur. Mon regard se fixe un instant sur mes chaussures qui me paraissent soudainement inconfortables alors que mes épaules se soulèvent, un soupir de lassitude franchissant mes lèvres.

Je me doute bien que t’as pas fait exprès.

Etait-ce seulement vrai ? Pas totalement vrai. Pas totalement faux. J’avais pris des décisions ce soir là. Et tous les jours qui avaient suivis. Et je n’étais pas le seul à avoir payé le prix de ces choix.

Dans le silence qui s’installe, sa question résonne comme alors que je relève un regard interrogateur vers lui. Est-ce qu’il pensait que mes excuses n’étaient pas sincères ? Que je n’étais pas sérieux à propos de ça quoi, exactement ? . A propos de Beckett et Ethan.

C’est une vraie question ?!

La réponse fuse plus rapidement que je le pensais, incertaine, mais avec une pointe amertume.

Tu….crois que c’était une blague ?  



Il croyait quoi ? Que j’avais fait ça pour me divertir ? Que je n’étais pas sérieux lorsque j’avais rompu avec Beckett ? Que je ne le pensais pas quand je lui avais dit que je voulais qu’on reste amis ? Ou quand j’avais trouvé le courage de parler avec Ethan de mettre les choses à plat entre nous ? Quand tout ça avait failli virer au désastre ? Il croyait que je faisais tout ça pour le fun ? Parce que ouais je m’étais vraiment amusé à me réveiller tous les matins avec une boule dans la gorge et dans l’estomac. A essayer d’oublier, à espérer que tout irait bien. J’en avais passé des nuits, des jours, torturés par ma culpabilité - cette enfant capricieuse.

Ralentis, Bertram. C’est probablement pas ce qu’il veut dire. Il s’inquiète pour  ses deux amis, c’est tout. C’est un poufsouffle après tout mais mince….si c’est comme ça qu’il s’exprime, pas étonnant qu’Ethan soit parti au quart de tour. J’inspire, découragé tout en croisant les bras.

Oui, je suis sérieux.



Sinon tu crois que je serais ici, s’il s’agissait d’une plaisanterie ?

Beckett...il avait été incapable de rompre avec moi, j’avais dû le faire à sa place. Est-ce qu’il croit que j’avais éprouvé du plaisir à lui briser le coeur ? Non. Pas le moindre. Et Ethan ? Est-ce qu’il croyait que j’avais aimé entendre la déception et l’amertume dans sa voix ? Non. Non. Non. Néanmoins il n’y a pas d’assurance en amour. Je ne peux pas lui promettre un rendement en 3 ans. Mais je ne peux pas le blâmer de douter de mes intentions. Il a raison d’être méfiant, moi aussi je le serai.

J’étais sérieux quand j’ai rompu avec Beckett et que je lui ai dis que j’aimerai beaucoup qu’on reste amis. J’étais sérieux quand j’ai dit à Ethan….ce que j’éprouvais pour lui…. Mais je ne peux pas t’en vouloir si tu ne me crois pas ou si tu doutes de moi. A ta place, je ferai pareil.



Je baisse les yeux, dépité. J’ai pas envie de revivre tout ça. Et certainement pas envie de déballer mes états d’âmes à Argus Catwright. J’ai pas envie de devoir me justifier face à lui, mais j’ai pas le choix, je dois le faire pour le bien d’Ethan. Je baisse les armes et les bras faisant mine de porter mon attention à cette vitrine d’écussons obtenus lors d’une compétition de potions, me doigts tapotant nerveusement sur la vitre.

Ethan, il était vraiment bouleversé hier...après votre conversation. T’es vraiment important pour lui, tu sais ça ?



J’imagine qu’il s’en doute mais ça ne fait jamais de mal de l’entendre prononcé à voix haute. Et quand je regarde Gus, je devine que ça l’a bien secoué aussi.

S’il te plaît, ne lui en veux pas. Tu sais à quel point il peut être borné mais ce n’est pas juste ça…



Je ne suis pas sûr de ce que je suis sur le point de faire. Est-ce vraiment une bonne idée ? Je me lance :

Tu sais, quand on en a discuté bien après, il m’a averti que je pourrais perdre des gens à cause de lui, à cause de notre relation. Moi je suis prêt à l’accepter mais...j’ai pas envie qu’il perde des proches à cause de moi.



Alors je dois lui dire ce qu’il sait probablement déjà. Il a toutes les pièces du puzzle, il suffit de les remettre en place pour recréer le point de vue d’Ethan Stoker. Je marque une pause avant de reprendre.

La mère d’Ethan, elle s’est retrouvée complètement seule à cause de sa relation avec son père. Tout le monde l’a laissé tomber:  famille, amis…. Mais elle n’a jamais regretté une seule seconde ce qu’elle avait fait. Elle n’a jamais regretté Ethan. Alors….tu comprends ? C’est une sorte d’héritage familial. Ils ne vont pas abandonner ou regrette la personne qu’ils aiment peu importe ce que les autres leur disent. Même s’ils ont tort.



Ce que Gus lui avait demandé de faire était tout simplement contre ses convictions. Mais il n’y avait pas que ça. Je me gratte nerveusement la joue avant d’ajouter prudemment :

Aussi….tu devrais savoir qu’ Ethan n’est pas vraiment celui à qui on doit reprocher des choses dans cette histoire. Au final, il ne devait rien à personne. C’est moi. C’est moi qui lui ai demandé de ne rien dire à personne. C’est moi qui avais un petit-ami.



Si seulement Gus connaissait toute l’histoire, tout le contexte….

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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Sam 1 Juin - 16:24

Tu as sûrement raté le coche hier, est-ce que les choses auraient été différentes si tu avais accepté de discuter avec Bertram en premier? Si tu avais eu sa version des faits? Est-ce que tu aurais su en discuter calmement avec lui, et sans craindre d'avoir poussé ton meilleur ami à te tourner le dos? C'est trop tard maintenant et dans tous les cas, tu avais tes raisons de refuser. Même si ça avait été un peu brutal, tu le reconnais, ça mérite au moins une excuse.

Désolé. Je voulais parler à Ethan d'abord.

On voit à présent où ça vous a menés.

Le Serdaigle s'étonne de ta question, te demande si tu penses que c'est une blague. Tu ne réponds pas. Elle est très claire, cette question. Elle te semble aussi très légitime. Le sous-entendu peut être blessant pour Bertram, mais ça tu ne t'en soucies pas; tu ne penses pas vraiment qu'il ait fait tout ça pour le fun, tu veux juste entendre la réponse venant de lui. Tu le fixes et tu attends calmement qu'il réponde enfin. Il te confirme ce que tu soupçonnais, c'est rassurant de savoir que t'étais pas complètement à côté de la plaque quand tu as dit 'c'est pas ton genre'. Tu y crois vraiment, au fond, que Bertram est quelqu'un de sérieux, qu'il ne blesserait pas sciemment des gens auxquels il tient. Ça ne t'empêche pas de t'inquiéter pour ces personnes, toi aussi, et si le Serdaigle comprend ça, alors tu n'as pas de raison d'insister. Tu hoches la tête. Bon. C'est tout ce que tu voulais savoir, au fond. Tu te tournes légèrement vers la sortie, te demandant si tu pourrais partir maintenant, quand Bertram reprend la parole. Tu reportes ton attention sur lui. Après tout il t'a amené ici pour te parler, à lui de te signaler quand il aura fini... Même si tu aurais préféré ne pas parler d'Ethan. Ta colère, elle s'est évanouie durant la nuit. Tu ne peux qu'écouter en silence, prendre en compte chacune de ses affirmations douloureuses bien qu'évidentes. Ouais, je sais. Je sais que je compte pour lui et que j'ai merdé. Autant qu'il compte pour toi, sinon tu n'en serais pas arrivé là. Tu n'aurais pas pris la peine de le confronter, de lui expliquer ton ressenti; tu détestes le conflit. Tu le fuis. Tu ne pouvais pas fuir Ethan, pourtant. Alors tu as pris sur toi et tu l'as confronté malgré tes craintes débiles. Et finalement c'est lui qui est parti. Donnant raison à tes craintes et prouvant bien que tu as merdé quelque part, même si t'as pas encore identifié tous les éléments de l'équation. Bertram t'apporte une partie de la solution. Son insistance à plaider pour Ethan te pousses presque à lui demander s'il n'est venu que pour lui. Mais tu écoutes. C'est marrant qu'il parle de Mme Stevenson. Tu te demandes au début quel est le lien, puis tu comprends le parallèle. L'amour interdit, Romeo et Juliette, ta mère et ton père aussi. Bertram ne doit pas savoir à quel point cette comparaison te parle. Mais là encore, c'est pas parce que vous avez vécu des choses un peu similaires que vous réagissez de la même façon; Ethan est cent fois plus buté que toi, ça tu en es certain. Et sûrement tient-il à Bertram plus que tu ne peux l'imaginer. Après tout comment pourrais-tu comprendre? Tu n'es pas dans sa tête et certainement pas dans la même situation que lui. C'est sûrement ce qu'il pense, puisqu'il t'a jugé incapable de comprendre. Et son emportement te semble plus clair à présent. Il est persuadé que tu es contre lui. Que c'est juste... Bertram et lui, contre le reste du monde? Tu savais, au moment où il avait passé la porte de votre chambre, que tu n'avais pas réussi à t'exprimer convenablement. Mais de là à comprendre tout de travers? Tu es tenté de demander à Bertram ce qu'Ethan lui a dit exactement. Quelle version de la conversation ils ont, tous les deux. Tu as peut-être un début d'idée. T'es pas sûr, mais ça vaut le coup d'essayer. Tant pis si ça ne colle pas avec l'image qu'Ethan a renvoyé de toi. Tu savais déjà quelle opinion il pensait que tu avais sur Bertram, sur leur choix. À ce stade t'es plus à un malentendu près, et c'est fatiguant de se répéter. Tu décroises les bras et tapotes la vitrine la plus proche, ça produit un étrange petit écho sur les coupes en argent.

C'est vrai, tu lui as demandé de rien dire à personne? Je te crois pas. Je crois pas qu'il ait eu besoin de ça pour garder le secret. On sait tous les deux comment il est.

Toutes ces choses que Bertram te dit sur lui, tu les sais. C'est juste plus facile de les oublier quand tu es énervé contre ton meilleur ami. Mais elles sont là et elles existent. Ce sont des circonstances atténuantes, tu ne peux pas le nier. Ça ne te rend pas moins amer pour autant. Mais après la nuit atroce que tu viens de passer, tu peux prendre sur toi pour ravaler ton sel et t'exprimer calmement:

Mais si tu veux m'entendre le dire, oui: je crois que t'as merdé et que t'es responsable.

Tu donnes un dernier petit coup à la vitrine et tu te tournes entièrement vers Bertram.

Au moins autant que lui. Faut être deux pour faire ce genre de choses, Bertram. Tromper quelqu'un. Ethan savait comme toi que tu avais quelqu'un.

Tu mets tes mains dans tes poches.

Et c'est très honorable de ta part d'essayer de sauver notre amitié mais je crois pas que ça m'aidera: Ethan est persuadé que j'approuve pas votre relation. Il pense qu'à mes yeux tu es une erreur. J'en étais pas sûr hier, mais maintenant que tu me parles de sa mère, ça me semble clair. J'sais pas, il veut peut-être rejouer le drame familial, t'emmener avec lui au soleil couchant loin de tous ceux qui ne peuvent pas comprendre votre amour? Et donc apparemment je suis de ces gens-là.

Okay, t'es peut-être un tout petit peu cynique. C'est bon signe, ça veut dire que la fatigue ne t'as pas ôté toute émotion. Que la dispute ne t'as pas ôté tout espoir. Tu trouves juste la situation ridicule. Mais t'es prêt à t'expliquer devant Bertram aussi, s'il le faut. Tu peux faire ce dernier effort.

T'es à peu près certain que lui ne partira pas en claquant la porte.

Mon problème, c'est pas vous deux. Ouais, je comprends pas pourquoi ou comment c'est arrivé, je suis pas dans vos têtes, tu sais? Et surtout je sais pas ce que vous ressentez. Ethan a pas pris la peine de me l'expliquer, et je compte pas lui poser la question. Ça ne regarde que vous, non? C'est important que je sois pas d'accord? Parce que je suis d'accord. Aimez-vous si vous voulez!

C'est pas du tout dramatique comme tirade, non. Un écho pesant t'accompagne. On dirait que même les trophées se foutent de ta gueule. Tu essayes de contenir ta voix, qui tremble un peu;

Mon problème, c'était tout le reste. Tromper Beckett, les dommages collatéraux... Qu'Ethan me cache la moitié de l'histoire alors que je pensais qu'il me faisait confiance. Qu'il croit que j'allais... je sais pas... te péter le nez? Parce qu'apparemment j'ai pas de respect pour toi, Godfrey, faut que tu le saches. On devrait finir cette conversation par quelques insultes, comme ça il sera pas déçu de ma réaction. Il aime tellement avoir raison.

Tu t'emportes un peu, là, non? Qui l'eût cru, tu as encore de l'énergie après une nuit blanche. Ça allait mieux tant que tu pouvais penser à autre chose, mais à présent que vous remettez Ethan sur le tapis, tu ne peux pas retenir ton amertume et ta déception. Sa réaction t'a blessé plus que tu ne veux l'avouer. Tes pensées ne sont plus cohérentes et tu dois faire une pause pour en retrouver le fil. Tu t'appuies contre un mur. Tu passes une main sur ton visage et tu soupires. T'as l'impression de devoir justifier chacun de tes mots pour éviter de lâcher une bombe.

Ethan est trop buté pour comprendre que j'essaye de l'aider quand je lui parle de ses erreurs. Et je parle pas de toi, Bertram. Je parle pas de toi.
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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Sam 1 Juin - 21:57

Reckoning

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Son incrédulité me fait hausser les sourcils. Ethan n’est pas du genre à crier ce qu’il pense sur tous les toits mais lorsqu’on lui pose la question, il n’évite pas la vérité. Si on sait faire preuve d’un peu de délicatesse, il l’offre sans réfléchir. Est-ce qu’on parle vraiment de la même personne ?

Oui, évidemment que je lui ai demander de n’en parler à personne. Et il n’avait aucune raison d’accepter et pourtant...il l’a fait. Enfin...tu as été la seule exception. Et honnêtement quand il m’a dit qu’il t’en avais parlé….j’ai mal réagi.  



Autrement dit, ça ne l’a pas encouragé à en dire plus. Ma faute, de nouveau. D’ailleurs quand Gus m’accable, je hoche de nouveau docilement la tête. J’accepte. Il a raison. Là où j’ai envie de marquer mon désaccord c’est sur la suite. Ethan n’avait trahi personne. Il ne connaissait même pas Beckett. Au final, j’étais fair game et je n’avais rien fait pour repousser ses avances. Quelles avances ? Je les avais provoqué même. C’était ma faute. Mais de toute évidence, c’est pas la peine de discuter sémantique avec un Gus aussi certain d’avoir le high ground. Ce genre de problème n’allait pas se résoudre sur une définition, sur une technicalité.

En tout cas notre conversation semble éclairer Gus sur les intentions d’Ethan. De toute évidence, il était convaincu que Gus pensait que j’étais une erreur - ce qui n’était pas le cas. J’aurai pu clairement faire sans le mélodrame insultant par contre. Est-ce qu’il ne réalise pas à quel point ça peut être offensant où il le fait exprès ? De cracher sur les blessures de quelqu’un comme pour s’en moquer. Est-ce que c’est vraiment comme ça qu’il voit les choses ? Voilà qui me fait douter. Est-ce que leur amitié vaut vraiment la peine ? Ou bien s’agit-il d’une stratégie de défense de la part du poufsouffle. Les masques peuvent prendre toutes les formes. Sarcasme, cynisme ou même indifférence. Ma voix est plate alors que je lui demande immédiatement.

C’est vraiment ce que tu penses ?  



Pas étonnant qu’Ethan ait quitté la pièce.

Je le juge, désabusé. Rejouer le drame familial….ouais...bien sûr.  Est-ce que tout ça c’est juste une blague pour lui ? C’est à mon tour de douter de son sérieux. Le but n’est pas d’attiser les flammes mais de les apaiser. Je dois oublier mon égo si je souhaite parvenir au résultat attendu. Je suis juste content qu’Ethan n’ait jamais à entendre tant d’acidité dans les paroles de son meilleur ami.

Je l’écoute alors que sa voix s’envole. Aimez-vous si vous voulez !.D’accord, compris. Ce n’est pas ça le problème. Mais c’est quoi alors ? Aaah….on arrive au coeur du problème. C’est la crise de confiance. C’est la boussole morale du bien et du mal que Gus pense être si bien ajustée. J’ignore ouvertement la provocation et son sel. Ma main passe sur mon front. Le problème est plus épineux que je le pensais. Gus s’emballe et je sens que je dois essayer de le recentrer avant que ça n’attire l’attention. je lève les paumes pour lui faire signe que j’ai bien compris.

Okay, okay, je t’entends. Calme-toi.



J’inspire et j’expire. Apparemment Argus est plein de bonnes intentions envers Ethan. Alors pourquoi est-ce que ça déconne ? Parce qu’ils sont aussi butés l’un que l’autre, voilà pourquoi. Ma question est semi-sincère quand je la pose :

Et comment ça va l’aider au juste ? Qu’est-ce que ça va changer ?



Je suis prêt à tout entendre, mais je dois avouer que là j’ai besoin que monseigneur Gus m’expose son plan.

Parce que je ne crois pas que ça va réparer quoi que ce soit. Ni pour Beckett, ni pour toi. Tu penses qu’il ne sait pas que c’était pas très réglo ? Tu crois que dès demain il va se permettre d’embrasser tous ceux et celles qui lui plaisent peu importe qu’ils soient en couple ou non  et que de l’admettre ça permettrait d’éviter une catastrophe ? C’est d’Ethan qu’on parle.



Mais peut-être que ça ne veut plus rien dire pour lui, c’est bien ça le problème.

Il est juste incapable d’admettre que c’était une erreur parce que pour lui ça n’en était pas une. C’est comme si tu demandais à Madame Stevenson si avoir Ethan c’était pas une erreur ! Objectivement c’était pas très malin. Certaines personnes pourraient même dire que c’était une grosse erreur. Mais si tu te pointais devant elle pour lui demander ça, qu’est-ce que tu crois qu’elle répondrait ?



Elle te mettrait probablement dehors, c’est ce qu’elle ferait. Je soupire, dépité. Pendant un instant j’avais vraiment espéré pouvoir me soustraire de cette équation. Mais au final, j’étais bien au milieu de ce problème de communication et de confiance entre Gus et Ethan.

Ethan, il….il ne veut pas que je me sente comme ça. Comme une erreur, comme un regret. Il me l’a dit, tu sais. C’est pas par rapport à lui, c’est par rapport à moi.  



Quant à la crise de confiance

Et c’est aussi pour ça qu’il ne t’as rien dit. Parce que je lui ai demandé. Parce qu’il m’a protégé, mais peut-être pas d’un coup de poing….Tu veux savoir exactement ce qui s’est passé ?



Mon regard croise celui de Gus, animé d’une nouvelle détermination. Si Ethan me protégeait, je n’avais qu’à faire en sorte qu’il n’y ait plus rien à protéger.

Ce qui s’est passé, c’est que je soupçonnais qu’Ethan ressentait un peu plus de l’amitié pour moi. Alors je l’ai testé. Au never have I ever, bien sûr, mais aussi plus tard. Je l’ai cherché. Je l’ai provoqué, je l’ai défié. Et tu sais quoi ? Il a refusé. Alors j’ai réalisé que j’avais juste agi comme un gros crétin et que je mettais en péril quelqu’un de bien. Quelqu’un qui ne méritait pas qu’on joue avec lui. Alors, pendant que t’étais trop à côté de tes pompes pour savoir ce qui se passait, je suis venu m’excuser. Et je lui ai dit que je ressentais. Et Ethan, ce grand type un peu bourré il m’a juste accepté et il m’a embrassé. C’est ce qui s’est passé.



Est-ce que tu gardes ton avis ? Qu’il faut toujours être deux pour tromper quelqu’un ? Qu’Ethan était autant à blâmer que moi ?

Et après….je lui ai dit que c’était pas une bonne idée, que c’était pas possible. Et j’ai vraiment essayé. J’ai pris de la distance et lui aussi. Et malgré ce que je lui ai fait, il a gardé le secret. Parce qu’il ne voulait pas m’exposer. Il voulait me protéger. Alors t’as toujours du respect pour moi ?



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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Dim 2 Juin - 0:17

C'est vraiment ce que tu penses? T'as même pas la force de répondre, et un geste évasif serait mal interprété. Tu fixes un peu tes pieds pour t'empêcher de saler le sol de la salle des trophées. Non Godfrey, bien sûr que ce n'est pas ce que je pense, je roule pas sur les sentiments profonds de mon meilleur ami. C'est du cynisme, ça sert à absorber mon sentiment d'impuissance et mon incompréhension. Un peu comme le sel et l'eau. Ou le sucre? Damn. T'as envie d'un thé. Et d'une sieste, mais hé! dans la vie on n'a jamais ce qu'on veut. Tu te redresses légèrement contre ton mur, les mains toujours dans les poches, tu restes attentif. Nouvelle question pour toi, Gus. Qu'est-ce que ça changerait qu'Ethan reconnaisse ses maladresses? Rien pour vous, clairement, t'es pas un Retourneur de temps ambulant. Apparemment t'es le seul à imaginer des trucs sur le long terme et à t'inquiéter. Ça vaut quand même le coup de l'exprimer? Au pire ça rentre dans l'oreille d'un sourd. T'auras essayé. Tu pourras te laisser croire que t'as fait de ton mieux, que ça te regarde plus, brosser ta conscience dans le sens du poil et grapiller quelques heures de sommeil cette nuit.

Mais Bertram a d'autres comparaisons en stock et tu es un peu choqué qu'il mette leur histoire au même niveau que la vie d'un bébé. Est-ce qu'Emelyn avait vraiment eu le choix? T'en sais rien et l'imaginer à travers les paroles du Serdaigle te met mal à l'aise. Alors tu ne dis rien, tu te contentes de fixer un point imaginaire entre tes pieds et le sol, un peu honteux peut-être. Tu comprends ce qu'il veut dire, même si tu n'adhères pas à la comparaison. Tu comprends aussi pourquoi Ethan ne t'as rien dit; en fait tu l'avais compris hier déjà. Mais puisque t'es forcé de revenir aujourd'hui encore sur ce que tu ressens, tu vas réécouter ces explications très pertinentes, et même détaillées. T'as envie de dire 'non' quand Bertram te demande si tu veux savoir ce qu'il s'est exactement passé. T'es tiraillé entre la peur de le vexer et celle d'avoir le mot de la fin, mais c'est surtout malaisant pour toi de connaître des détails aussi personnels sur leur relation. Faut croire que personne t'entends quand tu dis que tu veux pas savoir ces choses. Alors tu écoutes, tu grimaces, gêné, et quand Bertram finit de parler tu gardes le silence. Tu réfléchis à sa question. Vraiment. T'es tenté de lâcher une petite blague. Il tient tant que ça à perdre ton respect? Le poing sur la gueule, tout ça, ça le tente? Mais t'es pas d'humeur à rigoler. Tu croises les bras dans ton dos et tu joues distraitement avec les passants de ta ceinture.

Très bien, oublie ce que j'ai dit sur le respect. C'que j'pense de toi ne regarde que moi.

On va dire que tu vas enfin camper sur tes positions et cesser de déballer ton ressenti à tout-va. Personne ne t'a demandé ton avis et quand t'essayes de passer au-dessus de tes sentiments pour ouvrir le dialogue, c'est mal pris. Donc ferme ta gueule Argus et revenons-en à des préoccupations autrement plus importantes.

Tu sais comme moi qu'Ethan a du mal à accepter sa nature. C'est pour ça qu'il est aussi...irréprochable. Il préférerait être humain. Mais être humain, c'est être faillible, et je suis pas sûr qu'il ait compris ça. Je sais qu'il a pas l'habitude de faire des conneries, alors on va dire que c'est normal, mais il peut pas décider qu'une chose est bonne seulement quand ça l'arrange? S'il ne reconnaît pas ses erreurs, ou s'il se met à décider ce qui est juste en fonction de son seul ressenti... sans prendre en compte ceux des autres. Je parle pas du mien, on s'en tape maintenant, mais là tu me dis qu'il est conscient de ne pas avoir fait les choses bien; est-ce qu'il les regrette pour autant? Vraiment? Est-ce qu'il a le recul nécessaire pour ça? Je sais bien qu'il va pas rouler des pelles à tout Poudlard, je te parle pas de ce genre d'erreurs!

De quoi tu parles en fait? Tu te laisses trop porter par tes émotions et tu tournes en rond. Va droit au but. Tu prends une inspiration.

Si tu crois que m'excuser de ne pas l'avoir soutenu et aller dans son sens lui rendra service sur long terme... well.

T'as choisi d'aimer un demi vampire, t'es un type intelligent; tu sais sûrement dans quoi tu t'embarques. Tu croises les bras.

Promets-moi que tu sauras faire ce qu'il faut s'il déconne?

T'as sûrement tort d'imaginer le worst case scenario. Et t'as surtout tort d'imposer des promesses à tout-va. La dernière a fait fuir Ethan, tu veux que Bertram se taille en courant lui aussi? Mais t'es un Poufsouffle, t'es borné, toi aussi. Et cette promesse que tu lui as faite hier, tu la regrettes. Tu la regrettes puisqu'Ethan l'a refusée direct. Tu n'as plus envie d'être là pour le recadrer puisqu'il n'a pas besoin de ça. Puisqu'il a refusé ta promesse pour Bertram, que celui-ci la tienne à ta place? C'est lâche, mais t'as pas la force de tenir parole maintenant. T'es fatigué.

Je ferai un effort. J'peux pas te promettre que je saurai sourire comme si rien s'était passé, parce que je sais pas faire semblant. Obviously... Et je vais pas non plus courir après Ethan, je suis pas à son service pour me faire rouler dessus à chaque fois que j'exprime mon avis.

C'est injuste et brutal comme comparaison, t'en es conscient. Au moins aussi injuste et brutal que ce que tu ressens. Ces efforts que tu pensais faire n'avaient menés à rien. T'es juste pas doué pour ce genre de choses. Leçon difficile, mais nécessaire.

J'ai cru que je pouvais lui dire ce que je ressentais, que ça éclaircirait les choses... J'avais tort et maintenant je regrette. Je ferai plus cette erreur.

Exprimer son ressenti est un gros NOPE. C'est trop d'efforts pour pas grand-chose. La satisfaction d'être honnête? Bitch please, les Serpentards dorment sur leurs deux oreilles.

No offense.
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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Dim 2 Juin - 22:08

Reckoning

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Le voilà le contexte, déballé, écorché devant Argus Catwright. La laide vérité qui pourrait peut-être lui donner un peu de perspective ou, à défaut, de rediriger sa colère ailleurs. L’appât est lancé mais il ne mord pas. Soit il n’en a rien à faire, soit il préfère enfermer ses remarques à double-tour pour faire avancer le débat. Et je dois admettre que pour le coup, le poufsouffle réalise un home-run, un véritable tour de force. C’est à se demander pourquoi il n’avait pas mené la conversation avec ça. Ses véritables intentions… Mes iris passent d’un côté à l’autre de la salle alors que j’essaie de recomposer les pièces du puzzle et de tester sa théorie. Ethan qui aurait aimé être humain, je le savais, il me l’avait confié comme étant son désir le plus cher, le reflet de son désir dans le miroir. Mais il n’était pas naïf au point de croire qu’être humain c’était être parfait. Bien au contraire, j’étais le bel exemple de plus imparfait de tous les humains. Mais pour la suite j’avoue avoir du mal à suivre. Décider qu’une chose est bonne quand ça l’arrange ? Est-ce qu’il regrette pour autant ? Je croyais qu’on avait déjà couvert ces raisons en détail tout à l’heure - avait-il seulement écouté ?

Est-ce qu’il craint qu’Ethan commence à commettre des erreurs plus grave en ignorant les conséquences que ça pouvait avoir sur les autres. Le sourcils froncés je reste pensif, pas facile de démêler tout ça. Perdu dans mes analyses, je relève la tête pour répondre machinalement à sa requête:

Ouais, bien sûr que tu peux compter sur moi.



Je suis entraîné pour ça.Et après tout...je l’ai déjà fait - même si ça m’avait déplu. Je m’en suis occupé pendant que t’étais trop bourré pour le faire, Gus. Mais c’est pas le moment d’être salé quand il y a une si belle opportunité à saisir, celle de véritablement renouer le dialogue entre eux deux. Gus m’assure qu’il fera un effort mais qu’il ne peut pas faire semblant. C’est toujours mieux que de l’hostilité directe mais c’est pas vraiment ce que je vise non plus.

Okay, okay attends. Laisse-moi récapituler et corrige-moi si je me trompe.  



Cette méthode a souvent pu prouver ces résultats.Et pour y arriver je devais essayer d’observer leurs perspectives d’un point de vue neutre. J’avance d’un pas en direction de Gus, laissant ma subjectivité au vestiaire. La sémantique c’est important lorsqu’on gère ce genre de problèmes. L’esprit un peu plus clair, j’essaie de résumer d’une voix calme et posée, comme on expose un problème mathématique, morceau par morceau.

Tu es inquiet pour Ethan. Tu es inquiet que….ne pas regretter ce qu’il a fait - c’est à dire, un baiser -  pourrait être le premier pas vers...un tas d’autres choses. Comme attaquer et mordre des gens parce qu’il ne sera plus capable d’apprécier les conséquences que ça peut avoir sur les autres ? Ou juste s’en foutre c’est ça ?  



Je décide de passer l’éponge sur un tas de truc. Notamment le fait qu’apparemment Gus a agi comme étant la boussole morale d’Ethan auto-proclamée. Aussi, sur l’ironie de vouloir aider Ethan sur le long terme - venant de la part du plus grand fumeur et buveur de nous trois. Je vais mettre ça sur le fait de leur crise de confiance.

Et une autre raison de tout ça, c’est que quand tu lui as expliqué tout ça, le pourquoi du comment, quand tu t’es contenté d’exprimer ton ressenti, il a mal réagi, c’est ça ? Parce que...je ne sais pas ce qui s’est passé mais quand il me l’a expliqué il avait l’air de dire que...tu lui demandais fermement quelque chose qu’il ne pouvait juste pas te donner . Et aussi, tu te sens trahi  parce qu’il t’a caché tout ça et que ça a eu des conséquences. C'est ça ?



Ca ressemble un peu à Ethan aussi de réagir au quart de tour, je dois lui accorder ça. J’attends patiemment les éventuelles corrections et précisions parce que là ça risquait d’être compliqué. L’un d’entre eux allait devoir céder ou alors….ils allaient tous les deux devoir se compromettre et enfin communiquer.

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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Lun 10 Juin - 16:04

C'est pas facile pour toi de formuler clairement tes préoccupations. Déjà parce que c'est la première fois que tu formules à haute voix des craintes que tu n'avais fait qu'effleurer jusque là. Le genre de réflexions qui te prend parfois en plein milieu de la nuit, parmi tant d'autres. Des pensées qui n'étaient devenues que très récemment des inquiétudes. Difficile de les présenter comme telles, ça reste à propos d'Ethan, a.k.a. l'homme raisonnable de la maison. Et la nuit blanche ne facilite pas les choses. Tu as beau avoir retourné ces idées toute la nuit dans ta tête, elles ne sont pas plus claires quand elles sortent de ta bouche fatiguée. La promesse (demande) faite à Bertram trouve une réponse rapide et positive. Tu t'attardes quelques secondes dessus, même si le Serdaigle ne semble pas enclin à faire de même. C'est une chose importante que tu lui demandes. On ne va plus en parler?

Okay.

La suite. Tu laisses ton ressentiment de côté pour prendre sur toi et montrer un peu de bonne volonté. Non, tu peux pas faire semblant, mais tu peux faire l'effort de ne pas l'ignorer, de renouer le dialogue s'il le souhaite. C'est beaucoup de concessions, et en même temps, c'est très facile. C'est ce que tu fais toujours en cas de conflits. Tu t'écrases et tu fuis. C'est la seule technique que tu connaisses pour ne pas tout foutre en l'air. T'as essayé de changer, vraiment, en t'impliquant pour une fois, t'as envie de demander pardon à Dorothy. Ça n'a pas fonctionné avec Ethan et ce seul échec te renvoie dans ton petit cocon confortable: le déni. T'es en pleine machine arrière et tu sais pas jusqu'où tu peux aller pour apaiser les choses, parce que t'es un grand pro de la fuite et que t'as trop peur d'empirer les choses. Tu peux pas perdre Ethan. Alors si tu dois reculer petit à petit en lâchant du lest, même si ça veut dire vous écraser, toi, tes inquiétudes débiles et tes sentiments à la con avec, tu vas le faire. Je m'appelle Argus et j'en ai rien à battre, vivez votre vie et laissez-moi en-dehors de tout ça. T'espères qu'à moitié que Bertram va gentiment accepter ton ego en offrande et achever la conversation là. Non, Bertram préfères revenir sur ce que tu as dit, essayer de comprendre ton point de vue peut-être? Ou juste te mettre face à tes erreurs.

Ouais. Probablement te mettre face à tes erreurs.

Tu hoches vaguement la tête à la première question.

Ouais. J'ai peur qu'il s'en foute.

C'est pas vraiment une question pour toi, en fait, puisqu'il t'avait clairement fait savoir qu'il recommencerait sans hésiter, peu importaient les conséquences. Les sentiments de Beckett, il s'en fichait. Si ça avait été quelqu'un de proche de lui, est-ce qu'il aurait réagi de la même façon? Lui qui est si enclin à protéger ses amis, mais ne s'intéresse pas aux sorts de ceux qu'il ne connaît pas, fait preuve d'une certaine contradiction à tes yeux. Mais t'es pas (plus) assez con pour le dire à haute voix. Tu attends la suite.

Là encore, tu hoches la tête au début, mais ensuite tes épaules s'abaissent et tu lâches une exclamation moqueuse, pas pour lui mais pour toi.

Pourquoi quand c'est vous qui le dites, je passe pour un gamin qui fait sa crise?

Tu te sens trahi parce qu'il t'a caché tout ça. Est-ce que j'ai le droit de demander de l'honnêteté en amitié sans passer pour un crétin qui ne comprend rien? Faut croire que non. L'honnêteté, c'est tellement surfait. Alors, t'es presque tenté de la jouer fine en reconnaissant tes torts. Tu pourrais prendre l'air pensif puis coupable, tu pourrais reconnaître à demi-mot que tu sais plus quoi en penser, que t'es perdu et que tu veux juste retrouver ton ami. Tu pourrais t'écraser complètement, mais faut croire que t'as encore un soupçon d'amour-propre. Et plus que ton ego, c'est ta conscience que tu veux contenter. T'as besoin de comprendre.

Tu veux savoir si t'as foutu en l'air votre relation parce que t'es complètement à côté de la plaque et que t'as laissé passer des infos qui auraient pu tout remettre en question, ou si c'était juste le destin et que tu peux rien y faire, parce qu'Ethan est comme il est et toi tu es comme tu es. T'es pas encore tout à fait prêt à fuir, Argus. Tu hésites encore entre le bon vieux schéma du mec pas impliqué et... autre chose. T'as pas envie d'être cet Argus-là pour le reste de ta vie. Mais c'est difficile de combattre ses insécurités. Tu optes pour l'approche pragmatique:

Je pense que je me suis mal exprimé. Ce que j'ai essayé de demander à Ethan, c'était qu'on puisse être honnête l'un envers l'autre. Sans avoir besoin de tout se raconter, parce que je sais bien comme je suis, et comme il est... Mais de pouvoir se dire quand ça va pas, quand l'autre fait n'importe quoi. Dans une relation d'égal à égal, tu vois. Je peux pas rester éternellement le mec qui fait de la merde et qui inquiète ses amis. Je veux l'aider aussi.

Ethan a passé son temps à essayer de te remettre dans le droit chemin, et toi à ne pas l'écouter. Okay, ton choix. Pas forcément le meilleur. Tu n'as pas la prétention de dire que tu as toujours agi au mieux, au contraire, tu reconnais sans peine que tu fais de la merde. Mais l'amitié c'est pas que dans un sens et tu peux pas laisser Ethan s'inquiéter de ton état sans lui rendre la pareille. Tu reviens mentalement sur la fin de votre conversation et l'amertume remplit ta voix alors que tu réfléchis tout haut:

S'il l'a pris comme un ultimatum, c'est qu'il devait se sentir acculé.

C'est que moi, j'ai dû le mettre dans cette position. Où il n'avait d'autre choix que fuir. C'est triste de se dire qu'on a poussé son meilleur ami à fuir.
En plus, la fuite, c'est ton truc, merci bien. Tu lâches un sourire amer. L'envie d'aller se cacher sous tes couvertures est présente, mais ce sera pas pour dormir.
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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Sam 15 Juin - 19:20

Reckoning

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Ca me laisse perplexe. Ethan se foutre de ce qui pourrait arriver à d’autre ? Ce genre d’action un peu égoïstes qui seraient la pente glissante menant tout droit à une vie dissolue et sanglante ? J’y crois pas trop. Mais je ne peux pas me permettre de prendre les inquiétudes d’Argus à la légère. Il le connaît mieux que moi. Il a partagé son dortoir il y a des années. Donc même si ce portrait ne colle pas avec ce que j’ai observé, avec ce que je ressens, je me dois quand même de le considérer.

Tu penses vraiment qu’il pourrait être…-.arriver à ça aussi facilement ? Après toutes ces années ? Que simplement ne pas se soucier de ce genre de chose c’est la porte ouverte pour  devenir un vampire de sang-froid pour Ethan ?



C’est une vraie question, il le connaît mieux que moi après tout.  Pendant une seconde ma langue avait fourché. Tu penses vraiment qu’il est capable d’en arriver là ? La capacité, il l’avait. C’était la volonté qui lui manquait pour devenir un féroce suceur de sang.

Pourquoi quand c'est vous qui le dites, je passe pour un gamin qui fait sa crise?

Je hausse les sourcils et retient un petit sourire condescendant.  Pourquoi tu crois, Gus ? Il doit bien y avoir une raison, non ? Même si je dois avouer que dans ce différent, ils possèdent chacun une partie de la responsabilité. Mais que voulez-vous, difficile d’en vouloir à Ethan quand il me soutient et me défend bec et ongles. Même s’il ne devrait probablement pas. Etre mesuré ou même objectif ça ne rentre pas tout à fait dans son vocabulaire. Et à ce niveau là je dirai qu’il partage des points communs avec son meilleur ami. Mais une fois de plus, il ne s’agissait que d’hypothèse. Je n’étais pas là, je n’étais pas dans leurs têtes et je ne pouvais me reposer que sur leurs témoignages à tous les deux.

En revanche ce qu’il dit ensuite ressemble bien plus à un raisonnement mature que le reste. Comme quoi il y a de l’espoir. Je l’écoute attentif. Est-ce que je tenais vraiment quelque chose ? Est-ce qu’au final c’était vraiment de ça qu’il s’agissait. Etre honnête l’un envers l’autre. Pouvoir se dire quand ça va pas et quand l’autre fait n’importe quoi… Après il semblait que c’était justement le point sensible. Qu’est-ce qui était objectivement discutable ou pas ? Je hoche vaguement la tête. Ca c’était compréhensible. Ca c’était logique. Je veux l’aider aussi. Et ça, ça me fait me relâcher un peu les épaules et croiser les bras. Et pourtant Gus a encore l’air amer. Pourquoi ?

Une relation d’égal à égal….est-ce que ça voulait dire qu’Ethan était condescendant avec lui ?

Je comprends.



Mon regard vagabondant sur les trophées, ce sont les sages paroles de madame Cissé qui me reviennent en tête. A propos des relations.

Vous êtes amis depuis longtemps tous les deux. Si quelque chose ne te convient pas dans votre relation où que les termes doivent changer, j’imagine que c’est normal de le faire savoir. Surtout si t’avais l’impression de pas être sur un pied d’égalité avec Ethan.



Je marque une pause pensif, avant de reprendre. J’ai un agenda après tout.

Ethan de son côté, il en a tellement bavé ces dernières semaines...Crois-moi il a été assez puni. Je sais que ça n’excuse rien, mais garder tout ça pour lui ça lui a coûté. Je crois qu’il voulait juste pouvoir compter sur son ami pour le soutenir. Pas lui devoir des comptes ou avoir besoin de se justifier. Il a assez culpabilisé tout seul, je crois.



Je déglutis. J’essaie encore de reconstituer leurs état d’esprit à tous les deux même si les complexités m’échappent.

Après il y a une façon de s’exprimer... et si je peux me permettre un petit conseil, les sarcasmes amers et l’ironie, ce n’est ni drôle ni intelligent et encore moins pratique pour communiquer sur ce genre de problèmes sensibles. Au contraire. Mais ça tu le sais déjà.



Gus n’est pas un crétin. Mais alors pourquoi utiliser ce genre de langage ? Si seulement les choses étaient plus simples. Si je pouvais simplement lui demander ce que ça lui demanderait de se réconcilier. Quels sont ses termes et simplement négocier ça avec Ethan. Mais les relations sont plus compliquées et l’amitié...ça m’a toujours échappé. Surtout quand elle ne sont pas basées sur un gain mutuel. Je soupire et enfonce mes mains dans mes poches, lançant un regard fatigué vers mon interlocuteur.

Je vais parler à Ethan. Voir ce que je peux faire mais ça servira à rien si vous êtes pas capable de communiquer et d’exprimer clairement ce que vous attendez l’un de l’autre. Comment vous avez fait pour rester amis aussi longtemps comme ça ?



Une autre vraie question. Ca me dépasse. La question suivante peut paraître innocente et désinvolte, mais ne l’est pas tout à fait.

Sérieusement, qu’est-ce que t’aimes chez lui ? Pourquoi vous êtes amis ?



C'est quoi l'âme de votre relation, elle est basée sur quoi ? Et puis si ça peut lui permettre de penser à Ethan en d'autres termes que négatifs, ça pourrait être pas mal.

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Argus I. Catwright
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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Mer 19 Juin - 19:04

Tu viens de confirmer que c'était bien ta peur, t'as pas besoin de te répéter. Tu te contentes d'hausser une épaule quand Bertram insistes sur la question. Oui, c'est ce que tu crains. Peut-être pas demain, peut-être pas aussi violemment qu'un vampire de sang-froid, mais quelque chose dans ce goût-là. Ça ne veut pas dire que ça arrivera. Ça veut juste dire que tu seras préparé si c'est le cas.

Je comprends, dit-il, tu croises les bras. Non, si c'était aussi simple, si ça ne tenait qu'à une erreur de formulation, Ethan l'aurait compris aussi, non? Peut-être que tu n'étais pas en position de négocier quoi que ce soit. Peut-être avais-tu perdu le droit de lui demander cela à partir du moment où tu n'as plus été sur un pied d'égalité avec lui. À qui la faute? Ethan n'avait jamais dévié de la voie qu'il avait choisie. Depuis que tu le connaissais, il était ce garçon sage et mesuré. Il avait toujours avancé dans cette direction, pour devenir meilleur. Meilleur élève, meilleure personne, meilleur ami.

Mais toi, tu n'avais pas continué sur la voie que tu avais tracée à Poudlard durant les quatre premières années, tu avais déçu Ethan. Comme lui, tu avais fait des choix, et tu ne les regrettais pas. Et comme lui, tu avais peut-être chamboulé l'image que tu donnais de toi, sans pour autant avoir l'impression de changer. L'adolescent à qui tu avais donné sa liberté n'était pas une erreur de parcours, simplement l'évolution normale du garçon que tu étais avant Poudlard, avant d'avoir une chose importante à laquelle te consacrer en y donnant toute ton énergie. Il aurait mérité une introduction en bonne et due forme, ce garçon, car Ethan ne le connaissait pas avant Poudlard.

Plus que tout le reste, c'est peut-être ça qui te fait vraiment comprendre la réaction de ton meilleur ami.

L'analyse de Bertram reste pertinente, et oui, peut-être que vous aviez besoin de changement dans votre relation. Mais comment en parler sans blesser l'autre? Le moment était sûrement mal choisi. Sans compter l'attaque terroriste, les choses que tu reprochais à Ethan étaient encore trop récentes, lui-même en avait souffert de son côté, seul, et ton attitude distante n'aidait pas. Tu voulais mettre les choses au clair; l'idée était bonne, la façon de faire catastrophique. Ça rejoint un peu ce que dit le Serdaigle, même si la remarque suivante est de trop, puisque tu as effectivement constaté les dégâts de ton sarcasme sur Ethan. C'est juste une de tes nombreuses façons de gérer les émotions, mais tu en es conscient. Tu ne réponds pas sur ce ton-là, du coup, pour bien marquer que tu entends ce qu'il te dit. C'est juste très sérieux, mais sans animosité, sans rien en fait:

Conseil inutile, du coup, mais merci quand même.

T'es pas con, t'as bien compris maintenant qu'il est venu pour te parler d'Ethan plutôt que de lui, c'est qu'il tient à vous réconcilier avant tout, et tu apprécies son aide. Même si t'as parfois du mal à l'accepter. La suite te confirme ses intentions, et tu hausses les sourcils quand Bertram se demande à haute voix comment vous avez fait pour rester amis alors que vous ne savez vraisemblablement pas communiquer. La réponse fuse, assez vite et pour le coup, sans aucun contrôle sur ton cynisme naturel:

Tu sais ce qu'on dit: qui se ressemble s'assemble.

Tu croises les bras. Tu le savais, mais c'est vraiment récemment que tu as réalisé à quel point vous êtes pareils dans votre façon de gérer les ennuis. La communication, c'est zéro. Tu ne t'es jamais posé la question comme Bertram le fait, puisque tu n'avais jamais remis en question votre amitié jusqu'à aujourd'hui. Ça vaut le coup de se demander comment vous pouvez vous en sortir si vous communiquez si mal. Tu connais quelqu'un d'autre qui ne sait pas communiquer, ça ne s'est pas très bien terminé. Une autre solution? Tu réfléchis, mais tu es coupé dans ton élan par une autre vraie question. Elle te surprend tellement, elle te choque presque, que tu fixes Bertram comme s'il avait dit une atrocité. Comme si on n'avait pas le droit de remettre en question une chose pareille.

Ça te prend un moment et tout ton self-control, mais tu réalises que si Bertram se pose cette question, c'est que la réponse n'est pas claire. Est-ce ta faute pour autant? Après tout, le Serdaigle ne vous connaît pas depuis aussi longtemps que tu connais Ethan. Peut-être que d'un point de vue extérieur, rien ne vous lie. Si ce n'est qu'une question d'apparence, c'est presque rassurant. Tu te détends légèrement et tu décroises les bras pour tapoter la vitrine la plus proche. Toc-toc, qui est là? Des gens plus intelligents que toi.

C'est mon premier ami.

Bertram ne se satisfera sûrement pas de ça, mais pour toi c'est une vraie raison. Ça explique beaucoup de choses, parce que ça implique qu'avant Ethan, en onze ans d'existence, tu n'avais jamais eu d'ami. Ça implique aussi que ton premier choix en matière d'amitié avait été un demi-vampire, lui parmi tous les autres. Tu tapotes la vitre.

Je peux pas te faire une liste, Bertram, l'amitié n'est pas rationnelle.

Tu te rends compte que c'est une réponse un peu trop définitive, alors tu prends le temps de réfléchir à ce que tu pourrais dire. Comment tu pourrais illustrer les choses. Tu te décides finalement pour une comparaison. Ce n'est pas réellement la réponse qu'attend le Serdaigle, mais c'est la seule que tu peux lui donner sans avoir à lui résumer plus de huit ans d'amitié.

C'est comme rentrer chez soi après une longue journée. Retrouver le confort de sa maison, ses vieux meubles. Ouais, ils sont là depuis longtemps, mais le canapé est toujours confortable. Le plaid est peut-être troué, mais il tient chaud, même les craquelures dans le mur et les taches sur le papier peint sont familières et rassurantes. Et tu sais que quoi qu'il arrive, tu pourras passer la pire journée de ta vie, tu retrouveras toujours ça. Être ami avec Ethan, c'est un peu ça.

Et c'est d'autant plus important pour toi que tu n'as jamais eu cette sensation en rentrant chez toi, à Bristol.

Ethan a toujours été un ami stable et rassurant. Pendant des années, votre relation a été la seule chose stable dans ta vie. Bien sûr, ta mère sera toujours là, mais tu n'as pas confiance en elle comme tu as confiance en Ethan. Et la confiance est le premier pas vers la stabilité. C'est peut-être pour cela que tu y as attaché tant d'importance. Tu as oublié, toutes ces années, que la confiance est comme l'amitié: elle s'offre et elle se mérite.

Tu croises à nouveau les bras, peu désireux de t'épancher davantage sur le sujet, et surtout décidé à ne pas rater une si belle occasion de rendre la pareille à Bertram.

Et toi? Pourquoi tu l'aimes?

Oh non, tu ne seras pas plus délicat que lui sur ce coup-là. Tu veux voir la même surprise dans son regard, de l'agacement s'il le faut, et surtout, tu veux voir de la sincérité.
RECKONING;
19/02/2029
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avec Bertram
 
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Bertram Godfrey
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Bertram Godfrey
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Re: Reckoning ••• Argus Catwright Dim 23 Juin - 23:30

Reckoning

Bertram Godfrey & Argus Catwright

C’est délicat comme situation. Difficile d’avancer dans le noir et de devoir déminer sans rien faire exploser. Et puis le but ce n’était pas de garder le statut quo, le but c’était de faire avancer les choses dans le bon sens. Et peut-être que pour ça, je devais un peu secouer Gus dans la bonne direction. Il invoque qu’ils sont pareils tous les deux. Niveau communication je ne peux qu’acquiescer pour le reste ...je demande à voir. Ils sont peut-être tous les deux aussi bornés l’un que l’autre. La suite de ma question a le mérite de le secouer. Sa réaction n’a pas de prix et j’en viens à m’inquiéter de ma stratégie. Est-ce que j’avais pris trop de risque ? Mais peut-être que tenter de le piquer sur son amitié avec Ethan parviendrait à lui rappeler ce qui était vraiment important.

Pas facile, cette question, je l’admets. On réfléchit rarement au pourquoi de nos inclinations. Ses doigts tapotent la vitre. Tap-tap-tap. Gus est mal à l’aise, Gus doit passer un moment d’introspection qui ne doit pas être des plus agréables. Je connais ça. Ces questions dont les réponses semblent évidentes mais dès qu’on s’y attarde un peu, qu’on gratte la surface ….les réponses semblent nous éluder.

C’est mon premier ami

Je hausse les sourcils. Et ? C’est tout ? Il avait un statut spécial parce que c’était son premier ami ? Je ne pouvais même pas me rappeler du prénom de tout premier ami - je devais avoir 5 ans. Non, on ne reste pas ami avec quelqu’un juste sous prétexte que c’est le premier. L’aveu de faiblesse arrive bien vite : il est incapable de me faire une liste car l’amitié n’est pas rationnelle. Vraiment ? Pourtant pour être ami avec Ethan il faut un peu plus qu’être au bon endroit au bon moment. Le poufsouffle prend le temps de collecter ses idées avant d’articuler une réponse qui ressemble davantage à son image d’Ethan. Et même si d’un côté ce portrait me parle, s’il me semble familier d’un autre….je dois admettre que je suis un peu déçu. Comparer Ethan à un La-z boy avec quelques défauts mais qu’on aime quand même, ça me semble un peu faible.

Hm.



Pas étonnant donc que ça lui déplaise dès que son ami fiable et confortable réagissait de façon imprévisible et sortait de ce schéma rassurant. Peut-être que Gus avait juste peur de perdre le contrôle, de perdre cette chaleur rassurante, ce soutien qu’Ethan lui prodiguait. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir plus que ça, que la question m’est retournée. Haussement de sourcil. Je dois avouer que je ne m’attendais pas à ce qu’on parle de moi. Je croyais qu’on avait dépassé ce stade, apparemment pas. La première réponse est purement défensive, elle fuse avant que je ne puisse l’arrêter.

Je ne peux pas te faire une liste, Gus, ce n’est pas rationnel.



Faible, je sais. Je pousse un soupire et j’hésite. Est-ce que je sais au moins pourquoi ? Est-ce que je suis capable de mettre des mots sur ce que je ressens. Je pousse un soupir et passe une main sur mon front. Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que Gus va me rétorquer un : et Beckett ne l’était pas ? pour ponctuer chacune de mes phrases ? Ou peut-être que c’est juste moi.

Oui, il est tout ce que tu décris. Rassurant, confortable, fiable….le genre de personne qui peut te soutenir peu importe les épreuves. Assez ironiquement le genre de personne avec qui je me sens en sécurité. Mais...ce n’est pas tout ce qu’il est. Il est tellement plus que ça.



Mon oeil l’avait capturé. Raw and intense. Je l’avais vu brûler de colère, plein de cette rage qu’il contenait. Derrière ses murs se trouvaient les merveilles les plus sublimes et les désastres les plus chaotiques. Une lutte constante, un combat violent entre deux forces opposées, qui peinaient et pourtant, parvenaient à l’occasion à se réconcilier. Une volonté sans limite. Mais comment expliquer ça à Gus sans passer pour un fou ? Que je trouvais en Ethan des caractéristiques dignes d’être vénérées mais aussi que j’éprouvais l’envie de corrompre ?

Quand j’étais vulnérable, il m’a offert du réconfort. Et puis...il m’a vu et il m’a laissé le voir. Il a vu le pire de ce que je pouvais être. Le plus cruel. Le plus égoïste. Et il a quand même choisi...il m’a quand même choisi.



Unconditional love
Ethan m’offrait ce que je désirais le plus ardemment. Etre vu et aimé. Etre choisi parmi tant d’autres. Etre mis en priorité et sans conditions. Tout ce qu’il demandait c’était de combler mes envies égoïstes. Et ça...ça me donnait étrangement envie de le combler, lui. De lui accorder le même trésor qu’il m’offrait sans rien attendre en retour.

Il  m’a aimé, tout moi, sans rien attendre en retour.



Mon regard évite celui de Gus, même un reflet. Pourquoi est-ce que ça sonne si mièvre et pourtant….ma poitrine me semble lourde lorsque je pense à lui, à souffrir en silence de cette fêlure que je ne parvenais pas à réparer. Est-ce que l’amour rend idiot ? Certainement, je n’en doute pas une seule seconde.

Lui dit pas que je t’ai dit ça.



Et de lui souffler

Ne lui brise pas le coeur, Gus. Il t’aime aussi.



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