and if (leif)

Amélie H. Hassan
Eleve sang-mêlé
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Amélie H. Hassan
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and if (leif) Dim 16 Juin - 22:40



J'en suis venue à me demander s'il ne manquait pas quelque chose à cet endroit. Quelque chose qui ressemblerait à de l'animation, du bruit autre que celui des pas ou des insultes à demi murmurées par des élèves effrayés à l'idée de se faire attraper à avouer leurs pensées. Cette école est si belle, majestueux château qui se dresse sous nos yeux d'adolescents. Ébahis ou moins heureux, un bonheur ou une punition qu'importe. Poudlard est une grande école, menacée par un avenir extérieur bien trop chancelant. Il manquait quelque chose à ce tableau trop boueux. Et si Poudlard chutait, que resterait-il ?

Tu es venu après les cours, la rejoindre dans ce gymnase sur une simple demande. Tu observes sans qu'elle ne puisse en être certaine, ces quelques mouvements rythmés au son d'une musique que tu n'entends pas. Quelques tours de roues, ses yeux clos et un écouteur dans chaque oreille, elle avait sauté plus haut que d'habitude avant de retomber gracieusement en se courbant vers l'avant. Faire du patin sur le parquet grinçant lui donnait l'impression de glisser sur la glace et bien que la sensation soit physiquement quelque peu différente, elle la grisait toujours autant. Tu devais bien le ressentir, toi qui la connaissait depuis l'enfance, hein Leif ? Tu la vois cette infime esquisse qui en dit long sur son amusement tandis qu'elle se tourne enfin vers toi. D'un geste bien peu délicat elle retire ses écouteurs, les laissant pendre autour de son cou tout en s'avançant dans ta direction.

Et si Poudlard chutait, hein ?
Il manquait quelque chose.


« Bonjour, Leif. »

Ou bonsoir ?
Cela faisait un moment après tout, toi et elle.

« Chausse ces patins et rejoins moi, ai-je prononcé tranquillement. »

Son regard s'est posé sur une paire près de la porte où vous vous trouviez, tout juste à ta pointure, elle avait prit soin de vérifier avant ta venue. Sans d'autres salutations elle repartit au beau milieu de la pièce, l'esprit vide de réflexions en ne faisant que tourner sur elle-même.

Que resterait-il ?
À peine des cendres, probablement.

« Dis, Leif, commença-t-elle sans pourtant te regarder, que représente cet endroit pour toi ? »

La même chose qu'à ses yeux ?
Une cour de récréation, un laboratoire à ciel ouvert.



Dernière édition par Amélie H. Hassan le Mar 2 Juil - 22:37, édité 1 fois
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Re: and if (leif) Mer 19 Juin - 9:24

Sa présence à elle, comme souvent, emprisonnait ses pensées hors des angoisses environnantes, coupant court à l’habituel cheminement de ce cercle vicieux auquel Leif se sentait incapable d’échapper. Un état d’âme louable, qu’il convient peut-être d’expliquer : il n’est en effet pas courant que notre futur crack politique international ne fasse preuve d’une telle stabilité émotionnelle.
Comme bien des spécimens humains masculins, sa technique comportementale en société est celle de l’intériorisation, poussée par le désir de virilité, bien souvent, ou dans le cas de Leif, de maintenir une image de force.

Lorsqu’on est un tel angoissé, ce n’est pas une mission évidente - et une mission difficile étant trop facile pour lui, c’est une mission impossible - mais ce processus, aussi appelé par les primates moldus intellectuellement retardataires et dotés d’un couvre-chef pare-soleil comme étant un « wesh arrête de faire le malin putain » est une nécessité lorsqu’on aspire à un tel projet d’avenir.

Tout un long discours pour expliquer la chose suivante : ce n’est pas par fierté que Leif s’amuse à cacher ses angoisses, mais dans l’intention d’éviter de montrer une image incertaine au monde qu’il compte diriger plus tard.
Bien entendu, devenir ministre de la magie est une option d’avenir relativement stressante : c’est bien à ce sujet que Leif se tortionnait l’esprit, et non pas devant l’imminence de sa prestation patinesque qui, il faut l’avouer, ne risquait pas d’être fameuse.

Et c’est bien pour cela qu’il appréciait Amélie : non pas parce qu’elle le forçait à apporter la preuve de son imperfection au moyen d’un sport aussi incompréhensible, mais parce que sa présence avait un effet bienfaiteur sur lui au quotidien. Il en venait presque à oublier ses projets, et du moins, éliminait la majorité de ses angoisses de ses réflexions jusqu’à ce qu’il n’ait à nouveau à faire marcher ses neurones pour l’accomplissement futur - un futur lointain - de son objectif.
Oui, Amélie était ainsi : cette fille toujours présente dans sa vie, non pas qu’il s’en plaignait, mais elle avait autant d’adhérance à son passé qu’un chewing-gum à la semelle du chaussure.

Oui, à ce point-là : d’aussi loin qu’il se souvienne, dans son histoire, Amélie était là. Elle avait vu grandir la bête, et c’est peut-être pour ça qu’il lui autorisé de telles familiarités : quiconque avait pu voir sa coupe au bol totalement ringarde à l’âge de 9 ans pouvait témoigner contre lui, ou pire, le faire exclure du pouvoir pour des goûts capillaires douteux.
Amélie avait trop de pouvoir : fallait-il l’éliminer ou se la mettre en poche ?
Parfois, il se posait la question, et souvent, la réponse étincelait de simplicité : il n’avait qu’à entretenir cette amitié qui régnait et oubliait à propos du passé. De plus, il n’était pas certain qu’elle se rappelle d’une telle catastrophe mondiale - elle était tournée vers l’avenir, et des questions d’un ordre différent.

Leif n’avait jamais su la comprendre. Il avait essayé, pourtant, et de nombreuses fois, il avait cherché à l’aider, mais la quête d’Amélie était quelque chose qu’elle-seule était en mesure de régler.
Au final il s’était contenté du silence.
Du silence, parce qu’aucun mot ne semblait réellement suffirr. Du silence, parce que nul compromis n’existait, nulle réponse ne comblerait leurs scepticismes si différents, et tandis qu’il entamait les premiers mouvements d’un art si étrange, si difficile, si inconnu à son corps, tandis qu’il sentait son équilibre vaciller à chaque instants sous les dangereuses impulsions d’un sol glissant, il lui répondit.

« Un sol d’efforts, de rêve et de passion. Il est de ces lieux sacrés que la haine ne peut profaner. »

Ici, les gens laissaient leurs ressentis dehors pour embrasser l’ambiance des sports si unique ; et même sans glace, profiter de ce lieu dégageait presque la même impression qu’une véritable compétition. La passion avait rendu cet endroit spécial. Leif aimait croire que de tels sentiments, en d’autres domaines, auraient pu sauver le monde. Mais il n’avait pas le temps d’attendre les miracles, il avait l’intention d’agir de lui-même.

« Mais je ne ressens rien pour cet endroit. Rien de plus que la froideur du parquet. »

Les mouvements lents et hachés, avec la lenteur et le doute grandissant d’un inconnu en mouvement, il rompit la distance pour trouver le contact de son épaule, s’appuyant, l’espace d’une seconde, sur son équilibre.

« C’est un monde que je dois découvrir, celui-là et bien d’autres. Mais ce ne sera jamais le mien. »
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Re: and if (leif) Mar 2 Juil - 23:05



Quelque part, cette réponse que tu apportais n'avait rien d'étonnant -et si la question qu'elle t'avait posé plus tôt avait été liée à cet aveu, elle aurait pu sourire, Amélie, sans pour autant t'aider à avancer. Tu faisais partit de cette catégorie de personnes qu'elle avait toujours voulu préserver, celle ou même Samuel si cher à son coeur n'avait pas accès. Ta seule présence avait suffit à apaiser l'ennui de cette journée, elle l'avait bien remarqué. C'était un étrange sentiment que la paix intérieure, en soit. Des nuances de violet au lilas qu'elle percevait tout autour de vous, qu'il était étrange pour sa personne de voir un aussi beau dégradé. Aussi net, elle n'en avait pas l'habitude.

Finalement elle avait sourit, au contact de ta main sur son épaule, bien incapable de te juger elle se contentait d'apprécier le moment. Le lilas était une couleur merveilleuse, elle aimerait le conserver encore un peu.

« Tu es beaucoup trop crispé, c'est pour ça que tu n'avances pas. »

Dans un autre contexte on aurait pu croire que de telles paroles n'étaient pas destinées à observer ta prestation, misérable, en patin. Trop tendu, trop droit, trop sérieux. Forcément, ça ne fonctionnait pas. Si ça n'avait pas été Amélie face à toi tout ça aurait eu beaucoup plus d'impact.

Elle avait prit tes mains tranquillement, se plaçant bien devant toi avant de commencer à reculer. La gestuelle était lente à chaque pas, pour te laisser le loisir d'observer.

« Il faut le vouloir..., avait-elle commencé en portant son attention sur tes jambes, ah, plie plus les genoux. Le patin c'est comme marcher, trop raide et ça casse. Boum. Puis ça marche plus, tu tombes. »

La souplesse était le maître mot de bien des choses dans ce monde, elle gouvernait dans l'ombre tout ces peuples et ces lois d'une main de fer pourtant. Une main de fer gantée de velours. Il fallait pouvoir s'adapter, autant en sport que dans la réalité.

« Oh et, je parlais de Poudlard pas du gymnase. »

Mais ta réponse lui convenait aussi.

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