un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy

Darcy Montgomery
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un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Lun 17 Juin - 22:22




dorothy + darcy
un peu de sel dans votre thé ? ; juin 2029
L'ambiance était lourde. Je pensais échapper à la chaleur de ce mois de juin en entrant à l'intérieur du salon de thé, mais j'oubliais que la propriétaire avait mis tout son amour de la dentelle et du rose dans la décoration. Aujourd'hui, elle était sublimée par une bande-son classique. Je n'avais rien contre le classique. J'étais simplement tenté de faire demi-tour aussitôt. L'été britannique me semblait plus supportable que cette désagréable pesanteur.

Je parcourus la salle du regard pour trouver une table un peu excentrée. Il y avait beaucoup de clients cette après-midi-là, des couples, des vieilles dames, des étudiants qui fuyaient la bibliothèque pour réviser les examens. Je faisais, bien entendu, partie de la dernière catégorie. La table que je trouvai au fond de la pièce se cachait presque aux yeux des serveurs, mais ce n'était pas un problème. Si nous mourrions de faim, j'irais chercher moi-même de quoi sustenter nos cerveaux en manque de glucose. C'était, après tout, la raison pour laquelle nous avions choisi cet endroit.

Je m'assis face à la porte pour voir arriver ma camarade de classe et profitai de son absence pour sortir mes livres de cours, mon carnet de notes, avant de parcourir le menu pour occuper mon temps. Elle n'était pas en retard, j'étais en avance, et mon éducation m'interdisait de passer commande avant l'arrivée de la demoiselle.

Sa chevelure reconnaissable entre toutes attira mon regard et j'observai son arrivée, un sourire aux lèvres.

─Bonjour, Dorothy !

J'avais essayé, peut-être sans succès, d'insuffler de l'entrain dans ma voix. Mes cernes dénotaient une certaine fatigue mais nous étions tous deux dans ce cas : les ASPICS. nous attendaient au tournant, bientôt nous serions diplômés, je n'en doutais pas. Dorothy était une élève brillante. D'ici là, il fallait survivre. Je n'étais pas en mesure de me plaindre.

─Ça fait plaisir de te voir.

Je continuai de sourire pour qu'elle ne pense pas que je lui en voulais de sa soudaine disparition. Je n'attendais pas d'explications ; c'était une période difficile pour tout le monde. Il y avait The Crow, les examens, et le décès récent d'un camarade de Serpentard. Je ne le connaissais pas, mais si j'avais su que Dorothy était une de ses amies, j'aurais agi différemment. Dans ma grande ignorance, je crus bon de demander doucement comment elle allait. Si j'avais su...

─Tu n'es pas trop fatiguée ?

... j'aurais entendu la voix narquoise de mon frère, ricaner à mon oreille. Bravo, Darcy, belle diplomatie !


Dernière édition par Darcy Montgomery le Mar 18 Juin - 14:37, édité 1 fois
Dorothy Martin
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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Mar 18 Juin - 13:47


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Ta fierté te perdra, ton amour aussi. C'était le constat que tu avais été forcée de faire ces dernières semaines. Trop fière pour se reposer sur les autres. Trop fière pour admettre que tu avais besoin d'aide. Trop aimante, le cœur trop vulnérable pour affronter le deuil avec dignité. La mort de Pan, tu l'avais apprise au saut du lit et tu ne l'avais réalisée que bien plus tard. Tu avais encaissé cette nouvelle sans en prendre toute l'ampleur. Tu étais restée de nombreuses heures dans un état second, sonnée, perdue. Les mots qu'on t'avait transmis tournaient dans ton esprit sans que tu ne puisses réellement les comprendre. Pan était mort. Pan n'était plus là. Pan avait protégé de sa vie quelqu'un. Tu te souviens avoir gagné ta chambre, chercher la présence de Ceres, inquiète. Tu ne l'avais plus vue depuis. C'était peut-être l'absence de ton amie qui t'avait poussé à passer dans le déni profond. Tu travaillais, tu t'acharnais dans tes révisions, faisant d'elles une obsession. Tu t'étais coupée de tout et de tous. Tu avais dit « ça va. ». Tu avais dit « J'ai besoin d'être seule. ». Mensonges. Conneries. Ça n'allait pas. Tu ne devais pas être seule. Tu ne pouvais plus être seule. Le déni avait ses limites et bientôt ton travail devint brouillon. L'absence de Ceres, ce lit désormais vide, le numéro de Pan, l'attente d'une réponse à des sms que tu savais qu'il ne lirait plus jamais sont autant de paramètre qui ont eu, petit à petit, raison de ta stabilité.

Trop fière. Trop aimante. Tu ne t’étais jamais senti la légitimité de pleurer ton ami. Parce que Pan n’était pas aimé. Parce qu’il te semblait que personne ne pourrait comprendre la réelle affection que tu avais pour cet être détraqué. Pan était un monstre qui avait accepté ta propre monstruosité. Pan avait été le premier, le seul, à ne pas te faire culpabiliser de vivre pour toi, de travailler pour ton propre bien. Pan comprenait. Pan avait toujours compris. Aux yeux de Pan, tu n’étais pas une fille endommagée par une entrée dans l’adolescence trop brutale. Aux yeux de Pan, tu n’étais pas une gamine perdue et instable. Tu étais toi. Tu l’avais accepté comme il t’avait accepté. En entier, sans masque. Mais Pan n’était plus là. Pan ne serait… Jamais plus là. C’était une vérité crue, insupportable. Une vérité que toi, Dorothy, n’arrivait pas à digérer. Tu as pris sur toi. Tu n’as rien dit. Tu as fini par céder à la pulsion idiote de la fête, tu as essayé de retrouver, de recréer le rêve que tu avais vécu au concert, dans les bras de Sandro. Mais Sandro n’était pas là. Tu n’avais pas voulu lui demander de le recréer pour toi, ce doux rêve, ce moment de bonheur suspendu dans le temps. C’était malhonnête, ça aurait été salir la mémoire de Pan. Alors tu avais essayé de le faire seule… Ça, c’était mal passé. Trop mal passé. C’est la présence d’Argus et le poids de tes échecs qui eurent finalement raison de tout le reste. Aujourd’hui, tu avais pu pleurer. D’une certaine façon, la crise était passée et le temps des excuses était venu. Tu avais une légère honte, un goût amer dans la bouche. Tu savais que tu allais devoir t’expliquer sur de nombreuses choses, avec Sandro notamment. Tu savais que tu allais devoir le confronter à cette partie de toi que tu répugnais. Celle qui déconne, celle qui est fragile, celle qui a besoin d’une attention constante. Tu appréhendais. Tu avais peur que cela précipite son choix. Tu avais peur de lui dire que tu avais fait le tien, ce soir où, aux trois balais, tu avais cherché le rêve. C’était peut-être par lâcheté que tu avais choisi de commencer par Darcy. Moins d’enjeux, moins de prises de tête. Tu savais que le Serpentard comprendrait. Darcy constituait un premier pas facile, une petite bouffée de courage avant d’aller te confronter à Sandro. Avant de lui dire, je t’aime. Avant de lui dire que tu ne voulais pas de ce rêve si ce n’était pas pour le partager avec lui.

Tu franchis la porte du salon de thé, le cœur légèrement battant. Du courage. Un premier pas. Depuis cette nuit-là tu avais pris un certain nombre de décisions. Tu le devais pour toi. Pour Pan. Pour Argus. Tu ne voulais plus jamais lui imposer ce genre de scène, ne plus jamais l'appeler de cette façon. Tu voulais et devais prendre soin de toi. C'était fini. La vie continuait. Est-ce que Pan serait fier ? T'as intérêt. Parce que je compte bien venir te botter le cul dans l'au-delà, sinon.

« Bonjour, Darcy. »

Il sourit. D’une certaine façon tu en es rassurée. Tu sais qu’il y a beaucoup de nuance et de mensonge dans les sourires du Serpentard mais pas dans celui-là. Il ne t’en veut pas. De toute évidence il ne compte pas te passer sous la lampe de l’interrogatoire. Tu l’en remercie. C’est une preuve de tact appréciée. Tu poses ton sac à tes pieds et t’assois en face de lui. Des révisions, quel bon prétexte tu as eue.

« Un peu, mais, à tes cernes, je vois que c’est aussi ton cas. » euphémisme, vu avait l’air aussi diminué l’un que l’autre. « Je suis heureuse de te voir aussi. » Mais cela était tourner autour du pot. Tu ne le devais pas. Du courage. Le premier pas devait venir de toi. « Écoutes, avant qu’on commence, je voulais m’excuser pour… Pour le silence, tout ça. Ça n’a pas été facile ces derniers temps. »

Ça n’a pas été facile, tu t’es mise minable au trois balais, tu t’es mise en danger et ça t’as fait réaliser que tu étais folle amoureuse et que tu avais besoin d’aide. T’as pris rendez-vous avec le psychologue scolaire. Tu vas te faire suivre. Tu vises une double licence et tu te sens pas du tout prête. Difficile, ouais. Le tout était d’expliquer ça sans passer pour une tarée. Comment ferais-tu, Pan ?
:hearts:
Darcy Montgomery
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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Mar 18 Juin - 14:55




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Tous les élèves de septième année devaient avoir ce regard un peu vague, ces cernes et ce sourire crispé qui retenait la pression, la fatigue et une certaine envie de tout lâcher. Nous tenions, parce que nous savions que nous n'étions pas les premiers à subir cela. Nous tenions, parce que nous avions de l'honneur, non le choix.

Je ne m'alarmai pas immédiatement de la réponse de Dorothy, qui contrastait avec l'expression de son visage. Ce n'était pas seulement de la fatigue, et si j'avais osé percer plus tôt son masque, comme elle l'avait fait du mien, j'aurais opté pour de la mélancolie. Peut-être étais-je trop égocentrique pour le voir du premier coup d’œil, mais son entrée en matière donnait matière à réfléchir.

Je m'apprêtais à héler une serveuse lorsqu'elle me dit cela. Je repliai sagement mon bras et reportai toute mon attention sur la demoiselle qui me faisait face.

─Tu n'as pas à t'excuser, Dorothy.

Je fis un geste dédaigneux de la main, comme si j'avais voulu chasser une chose désagréable. Mon visage, en revanche, s'armait d'un sourire patient.

─Et tu n'as pas à t'expliquer.

Je marquai une pause, pour lui laisser le temps de comprendre ce que je voulais lui dire. Elle ne me devait rien. J'aurais pu, moi aussi, la contacter plus tôt, insister davantage, m'alarmer de ses silences. Je n'en avais rien fait, et je ne m'en excusais pas. Je n'étais pas dénué d'empathie, simplement occupé, mais le temps était venu de laisser mes préoccupations de côté.

─À moins que tu souhaites en parler.

J'ignorais si elle se sentirait assez en confiance pour se livrer à moi, mais je devais le lui proposer. Je ne pouvais pas balayer son silence comme s'il n'avait pas existé. Il se cachait quelque chose derrière lui, quelque chose d'important. Sans cela, Dorothy n'en aurait pas parlé. Pas à moi.
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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Mer 19 Juin - 11:35


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Tu n'as pas t'excuser, tu n'as pas à t'expliquer. Voilà qui était apprécié. Tu n'avais pas besoin du poids de la culpabilité, en ce moment. Tu n'avais pas besoin qu'on te rappelle tes tors, qu'on te les repasse encore et encore comme un vieux disque qui refuse de s'arrêter de tourner. Tu savais que tu avais déconné, tu savais que tout cela aurait pu mal finir si tu n'avais pas eu, à un moment donné, une lueur d'objectivité. Si tu n'avais pas compris, à ce moment-là, si tu n'avais pas eu ce réflexe, cette réalisation… Oui, ça aurait pu mal finir. Ça n'a pas été le cas, fort heureusement. Tu sais qu'on pourrait te reprocher tes réactions, ta logique, ta stupidité. On pourrait. Tu ne trouverais pas grand-chose à redire, pour être honnête. Après tout, la culpabilité avait un poids autrement plus grand pour toi que pour le commun des mortels.

Darcy, cependant, est plutôt bon prince. Il a la gentillesse de ne pas jouer ses cartes, de ne pas appuyer les sujets sensibles, tous ces petits détails qui pourraient te mettre à terre. Il ne le fera pas. Tu ne sais pas si c'est par considération pour toi ou par désintérêt. Tu ne saurais le dire. Ça n'a que peu d'importance, pour être tout à fait franche. Tu ne lui en tiendras pas rigueur, dans tous les cas, tu lui en es même reconnaissante. Il y a encore trop de paramètres flous, trop d'incertitudes. Tu dois encore aller donner ta réponse à Sandro… Tu dois encore… Lui montrer cette part de toi que tu aurais pourtant voulu lui épargner. Avoir un petit instant de répit avant le véritable enjeu, pouvoir expérimenter le bon scénario, celui où ta déconne et tes silences n'ont pas de conséquences, à quelque chose de rassurant. Tu lui offres un léger sourire, il t'est difficile de savoir pas où commencer. Savoir ce que tu peux et veux lui dire et comment.

« Je pense que j’ai juste trop tirée sur la corde, j’ai surestimée mes propres forces. Je pensais pouvoir gérer un certain nombre de chose et ça n’a pas été le cas. Tu sais ce que ça fait. »

En tant que chasseur, il doit bien le savoir. Enfin, tu n’es pas ici pour juger de ses choix d’avenir. Les activités de Darcy n’ont que peu d’importances, à tes yeux, tant qu’il ne s’en prend pas directement à ceux qui comptent et il sait très bien qui tu vises lorsque tu penses ça. Vous savez tous les deux. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Tu as une petite pensée pour Gus, vous aviez tous les deux un don plutôt prononcés pour fermer les yeux au nom de l’amour et de l’amitié.

« Tu as entendu parler de l’accident de Pan Rhee, je suppose ? »

Tu te tiens droite, une droiture un peu trop rigide pour ne pas trahir le fait que tu prends sur toi. Plus de larme. Plus de déconne. Tu ne veux plus jamais avoir à faire subir ce que tu as fait subir à Gus, ce soir-là. Tu as un amour trop profond pour lui, pour tes proches, pour en faire les spectateurs de ta déchéance une nouvelle fois.

« Je connaissais Pan. C’était… Mon ami en quelque sorte. Mais tu connais sa réputation, il est dur de pleurer quelqu’un que la majorité réprouve. J’ai essayé de gérer ça de mon côté, ça n’a pas très bien fonctionné. Certain ont l’intelligence d’avouer leur faiblesse et d’appeler à l’aide, d’autres ont la stupidité d’ignorer et de faire comme-ci de rien était. De toute évidence je fais partie de cette seconde catégorie. »

Ce qui n'avait rien de très glorieux en soit. Nouveau sourire, une lueur désolée dans le regard. Tu ne peux t'empêcher d'avoir une légère pointe de culpabilité envers Darcy, qui n'avait probablement rien demandé.

« Enfin, le plus fort de la tempête est passé. Et toi, comment te portes-tu ? »

:hearts:
Darcy Montgomery
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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Dim 23 Juin - 12:07




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Dorothy sourit, très légèrement, mais c'était suffisant. Je comprenais. Elle savait que je ne la forçais à rien, mais se lança. Son explication était très générale et pouvait convenir à tous les étudiants présent dans ce salon de thé. Nous travaillions dur pour nos examens, parfois au détriment de notre bien-être et de notre santé, physique comme mentale. Tu sais ce que ça fait.. Non, je ne savais pas, ou du moins je ne l'admettais pas. Perdre le contrôle était toujours une effrayante possibilité. Mais dans ce contexte, je pouvais hocher la tête. J'avais moi aussi beaucoup de travail.

Dorothy entra finalement dans le vif du sujet, par un nom qui ne m'était pas inconnu. Là encore, je réagis par un mouvement de la tête, prudent celui-là. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle mentionne "l'accident" de Pan Rhee. Personnellement, je le qualifiais d'assassinat, mais la loi avait ses œillères et j'avais les miennes. Je croisai les bras sur la table et me penchai en avant, conscient que cette conversation n'était pas destinée aux oreilles indiscrètes.

La révélation de Dorothy l'auréola d'un sentiment que je ne sus alors décrire. On ne l'imaginait pas amie avec Pan Rhee, il avait effectivement sa petite réputation et des élèves vraisemblablement sages comme la Serdaigle ne semblaient pas qualifiés pour pénétrer son cercle proche. La seule affirmation que je pouvais me permettre était la suivante : c'était intéressant. On ne réalise pas à quel point les relations définissent les gens. Mais cette révélation n'était pas une invitation à la psychologie de comptoir, et je ne pouvais pas rester muet. Dorothy sourit, moi aussi. Tous deux désolés.

─Navré d'apprendre que sa disparition t'a tant affectée. Il ignorait que vous étiez proches.

C'était la phrase de circonstance, celle à laquelle je n'avais pas besoin de réfléchir. Elle s'échappait naturellement de mes lèvres en pareille situation. Concernant la suite...

─C'est son opinion, mais il ne pense pas que ton comportement ait été stupide. Tu es une personne intelligente. Parfois, on réagit ainsi pour se protéger. Il vaut mieux fuir que d'être blessé.

Et cela, je savais avait certitude ce que cela faisait. Le moment n'était pas le mieux choisi pour exprimer mes propres doutes, mais puisque Dorothy me posait la question, je pouvais doucement dévier la conversation. J'esquivai l'interrogation initiale pour une réponse plus générale :

─Il se pose beaucoup de questions en ce moment. Pas tant sur son avenir que sur celui des sorciers. The Crow.

La serveuse choisit ce moment fort peu opportun pour se présenter à nous et je me sermonnai intérieurement. Quelle idée de prononcer ce nom ici. Sa bonne humeur ne trahit en rien ce qu'elle avait perçu de la conversation, et elle sortit un petit calepin pour prendre nos commandes. Poli, je fis un geste vers ma camarade de classe. J'attendis qu'elle ait choisi pour désigner la carte :

─Un thé au jasmin et un muffin banane-chocolat, s'il vous plaît.

Je n'étais pas porté sur les douceurs, mais c'était tout le sucre qu'exigeait mon cerveau affamé pour survivre à une semaine de révisions supplémentaire.
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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Dim 23 Juin - 14:19

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Tu ne lui en veux pas. Ta relation avec Pan avait été gardée secrète, avait été discrète jusqu’à la fin. C’était votre volonté à tous les deux, pour protéger Ceres, pour ne pas briser ce qui était précieux, ce qui avait un jour compté. Vous aviez pris vos dispositions pour que cette amitié d’un autre genre ne vienne pas interférer avec le cours de vos vies. C’était peut-être ce fait-là qui avait rendu le dialogue autour de sa mort difficile. C’est peut-être ce fait-là qui avait motivé ton isolement.

« C’était le but, peu de gens savaient. »

En ce point-là, lui comme toi, vous aviez formidablement bien fait votre travail. Hormis quelques proches qui étaient de longues dates dans la confidence, hormis ces gens pour lesquels tu n’as aucun secret, aucun, personne ne savait. C’était le but. C’était le plan. Tu n’aimais pas beaucoup les plans. Plus maintenant, du moins. Les plans, ne reflétaient pas toujours la réalité. Les plans étaient parfois bien différents des faits. Tu n’avais jamais aimé les changements de cap, les virages brusques. Tu avais toujours aimé prévoir, savoir. Tu avais ton plan, avec Pan. Mais ce plan n’avait pas pu être suivi, ce plan n’avait en rien été suivi.

Tu es néanmoins reconnaissante à Darcy de faire preuve d’autant de compréhension. Il te semblait qu’il en avait toujours été ainsi entre vous. Darcy savait écouter et penser au-delà de ses sentiments. Il savait considérer les faits et les différents paramètres pour en retirer une explication, une solution. Dans un sens, il était rassurant de te confronter à lui en premier lieu. Tu ne saurais pas dire si Sandro accepterait tes explications, tes excuses, tu ne saurais pas dire s’il aurait une compréhension aussi bonne que ton camarade. Mais pouvoir en parler, pouvoir poser des mots, ne pas entendre que tu as été stupide, que tout cela était de ta faute, tout ça avait quelque chose de profondément rassurant. Il fallait, en effet, parfois fuir. Parfois, la fuite était la seule solution. La seule qu’on puisse trouver seul, du moins.

« Merci, Darcy. Vraiment. »

Il te semble que partir dans des grands discours serait inutile. Darcy est intelligent. Darcy comprend. Ce merci, il en comprend la signification, tu l'en crois capable du moins. Vous revenez rapidement sur un sujet bien plus… Inquiétant encore. Tes sourcils se froncent à l'évocation de ce nom. Il était vrai qu'un semblant de normalité s'était emparé du monde sorcier depuis quelques mois, maintenant. The Crow n'avait plus frappé comme en février, plus comme avant. Mais il était naïf de croire que ça ne recommencerait pas. Il était naïf de croire qu'il n'y aurait plus d'autres attentats, d'autres attaques. Au fond, vous y étiez préparés. Vous vous y attendiez. Comme une ombre menaçante qui grandit, comme une épée de Damoclès qui menace de tomber. Ça recommencera, nécessairement, parce que cet homme n'était pas prêt de s'arrêter, n'est-ce pas ? Tu retiens les réflexions qui menacent de sortir d'entre tes lèvres lorsque la serveuse arrive. D'un sourire poli, tu commandes un thé et un fondant au chocolat. Tu la suis du regard quelques secondes, tu attends que la distance entre elle et vous se creuse avant de reprendre sur un ton plus que sérieux.

« C’est trop calme ces derniers temps. »

C’est une constations, un fait. Tu te penches un peu sur la table, comme sur le ton de la confidence.

« Une bête ne reste pas terrer sans préparer un mauvais coup. Si tu m’as bien appris quelque chose, c’est qu’un chasseur ne reste jamais les bras croisés, un chasseur est patient et attend le bon moment pour frapper. Il attend quelque chose. Il attend la bonne occasion. C’est le pressentiment que j’ai. »


Darcy # Salon de thé # juin 2029


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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Sam 29 Juin - 12:44




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J'avais vu et lu des amours secrètes, moins des histoires d'amitiés cachées. La relation que Dorothy et Pan entretenaient semblait soudain très romanesque. Je n'étais pas qualifié pour l'interroger davantage, et ça ne m'intéressait pas outre mesure. J'étais principalement surpris de la nouvelle. Ce qui était passé devait le rester, cependant, ressasser cette amitié perdue ne ferait pas du bien à Dorothy.

Sa reconnaissance semblait sincère, je l'accueillis avec un léger sourire. Plusieurs choses nous séparaient, Dorothy et moi, à commencer par nos fréquentations. D'autres nous liaient, les études, un certain talent pour les masques, et aujourd'hui, la perte d'un être cher. Je n'avais pas besoin de rajouter des excuses et des condoléances à mes propos. Elle savait que je comprenais la situation et que je ne la jugeais pas. C'était suffisant pour cette étrange relation que nous entretenions.

Dorothy savait ce que ma famille faisait, si ce n'était en détails, du moins dans les faits vagues des bruits de couloir. La réputation des Montgomery nous précédait. Elle savait que je surveillais les hybrides et que mon attention était, à juste titre selon moi, dirigée contre un de ses amis. Malgré cela elle respectait mes opinions et je doutais qu'elle s'interpose tant que je ne menaçais pas ceux qui lui étaient chers. Elle pouvait me parler de chasse comme d'autres parlaient de la pluie et du beau temps et comparer The Crow à une bête tapie dans l'ombre.

Vu ainsi, le prédateur semblait plus dangereux, le combat plus intéressant également. Je ne doutais pas que Cadmus, s'il avait été présent à Poudlard, se serait donné corps et âme pour ce défi. J'étais plus prudent. J'attendis que la serveuse se soit bien éloignée pour me pencher vers la Serdaigle. Croisant les bras sur la table, l'oreille attentive, je hochai la tête pour appuyer ses propos. Belle métaphore, Dorothy Martin. Elle savait comment capter mon attention, quoique la comparaison entre la bête et le chasseur pouvait prêter à confusion. The Crow était l'ennemi commun mais il ne tenait pas de la proie. Il avait réussi son entrée en scène, ses attaques, son recrutement probablement. Il était en position de force, et s'il se terrait, ce n'était pas par peur. Mon ego souffrait de le comparer à un chasseur, mais c'était ce qu'il était aujourd'hui. Et pour ceux qui ne traînaient pas dans son sillage ?

─Il n'aura pas oubliés ses ennemis.

Je me comptais dans le lot, bien que je ne lui sois pas ouvertement opposé, mais je pouvais difficilement user du "nous" sans le regretter. Je refusais également de me poser ouvertement comme une de ses cibles, une de ses victimes. Je refusais d'observer de loin son ascension et les dégâts qu'il apporterait au monde sorcier, de subir sa loi sans broncher. Il devenait évident que le Ministère ne faisait rien, cependant. S'ils l'avaient arrêté, tout le monde serait au courant. Le Ministère ne contrôlait rien. The Crow imposait son silence. Dorothy avait des raisons de se méfier. Tout ce temps sans nouvelles depuis l'attaque de Beauxbâtons, et le corbeau patienterait jusqu'aux examens pour frapper ? Jusqu'aux vacances d'été ? À la rentrée, peut-être, nous laissant deux mois de répit ? Absurde. Un mince sourire étira mes lèvres, cynique et désabusé.

─Deux possibilités. Soit il a besoin de ce temps pour se préparer, et dans ce cas il serait bon de se demander pourquoi. Soit il s'en sert pour endormir la vigilance de ses ennemis et frapper quand ils s'y attendront le moins.

Mon sourire s'effaça alors que mon regard se détachait de mon interlocutrice afin d'englober le café. Ces gens qui joyeusement papotaient de tout et de rien, ces couples qui se tenaient la main, ces étudiants stressés, ces grands-mères qui sirotaient un thé à la menthe sans se presser. Je captai brièvement la silhouette de notre serveuse, encore affairée près de la caisse. Mes yeux revinrent se planter dans ceux de Dorothy Martin.

─Tu as prévu d'aller au gala ? Ce n'est pas une invitation.

J'ajoutai la dernière phrase avec un sourire amusé, même si la précision était inutile. Dorothy et moi n'entretenions pas ce genre de relation, et surtout, mon ton était parfaitement sérieux, comme un défi. Une réflexion.

Sais-tu ce qui se passera à la fin de ce mois, Dorothy ? Tous ces élèves et ces professeurs réunis en un seul et même lieu. Un chasseur pourrait s'en servir comme d'une diversion, infiltrer le château et trouver la gemme de Poudlard. Ou débusquer ses ennemis dans leur terrier. Ravager en une nuit toute une génération. Frapper fort, remporter une victoire décisive. Et mettre définitivement le Ministère à genoux.
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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Lun 1 Juil - 11:53

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Et vous ne l’aviez pas oublié non plus. Seulement, il te semblait que vos actions seraient toutes sans réels effets, si ce n’est celui de vous donner bonne conscience. Face à un ennemi dont on ne sait rien mais qui sait tout on ne pouvait que difficilement agir. Tu te sens un peu naïve d’avoir cru pouvoir faire pencher la balance. Tu te sens idiote, d’avoir, suite à l’attaque de février, pensé pouvoir apporter ta pierre à l’édifice, par ta seule personne faire bouger les choses. Tu avais ta fierté, ton ego aussi, et tu te rends compte qu’ils ont été tout deux trop grands. Ethan n’avait pas tort quand il disait que votre combat ne faisait pas tellement de sens, lorsqu’il disait que vous n’aviez pas les mêmes moyens que l’homme à abattre. C’était un fait, mais tu avais été trop gonflée de fierté pour l’accepter. Tu avais eu la haine, le besoin revanchard d’assouvir une vengeance, de trouver une cause, une raison pour te battre, pour devenir quelqu’un de plus grand. Tu en avais eu besoin, mais tu te rends bien compte, aujourd’hui, de votre petitesse, de votre faiblesse. Vous n’étiez pas une menace pour The Crow, mais il en était une pour vous. Le plus raisonnable serait encore de se ranger dans le camp de la majorité silencieuse. Celle qui ne dit rien et s’adapte au mieux pour survivre. Ce serait le plus sage, en effet, mais tu n’as jamais été très sage, Dorothy.

Le fait est que tu avais fait le premier pas et que tu ne te voyais plus faire machine arrière. On assume ses actes, ses erreurs et si les foxes en était une, tu l'assumerais jusqu'au bout. Tu n'étais peut-être ni grande, ni forte, tu étais peut-être beaucoup plus idiote et sanguine que tu ne le pensais. Mais il était trop tard pour regretter, pour reconsidérer ses options. S'engager était un choix, un choix que tu avais fait et que tu devais maintenant porter avec ses avantages comme ses inconvénients. Une partie de toi avait encore envie de croire que malgré votre petitesse, malgré votre faiblesse, vous pouviez encore mettre à mal le monstre. C'était un combat semblable à celui de David contre Goliath. Le tout était de savoir qui du géant ou du petit homme chétif allait gagner la guerre. Tu ne pouvais plus revenir en arrière, plus maintenant. Parce que dans ce nous que représentait les foxes il y avait Billy, Beckett, Gus, Sandro, Ethan, Bertram. Il y avait Andy, il y avait Amy, il y avait tous ces visages qui à défaut d'être des amis étaient pour toi de véritables camarades. Il y avait tout ce gens auprès desquels tu t'étais engagé et que tu ne voulais pas décevoir. Il y avait cette famille qui s'était construite, cette solidarité qui s'était créé. Comme un élan d'espoir, comme une vague qui gronde au loin et qui grandit, comme un rayon de soleil qui, petit à petit, perce les nuages. Il y avait tout ça. C'était ce petit rayon d'espoir qui te poussait à ne pas abandonner. Une cause avait beau être désespérée, elle méritait d'être défendue. Si c'était là la dernière chose que tu devais faire, alors soit. Finalement, ton père avait raison, tu n'avais rien à foutre à Serdaigle. Si les foxes avait été une erreur, tu porterais cette erreur jusqu’au bout… Avait-on déjà vu de Serdaigle aussi bornée et stupide que toi, Dorothy ?

Les options que te présentent Darcy ne te plaisent guerre mais ce sont celles que tu considères depuis quelques semaines déjà. Le silence du corbeau ne peut pas être autre chose qu’un calme bienvenu avant une forte tempête. Il y avait forcément quelque chose, il y avait forcément un plan en cours d’exécution. Tu fronces les sourcils, vient poser ta joue contre ton poing en tapotant la table à coup de réflexions désagréables.

« L’un comme l’autre, ça ne me plaît pas. » grommelles-tu « On peut s’attendre à une attaque à tout moment et nous n’avons aucun moyen de nous préparer… Si seulement le ministère pouvait durcir ses actions alors on pourrait… »

Obtenir des indices, des indications, quelque chose, n’importe quoi mais obtenir une base, le début de quelque chose. Le fait est que vous n’étiez encore que des enfants, des élèves et que par ce biais vous manquiez de moyen d’action.

« Pour être franche, je m’attendais qu’avec le discours d’Ollivander, The Crow fasse un faux mouvement. La fierté et l’ego des Hommes les poussent à commettre des actions préjudiciables pour leur plan. Mais je me suis trompée. Quand il nous a attaqués en février, il m’a donné l’impression d’un type gonflé d’ego, le genre de type qui pense détenir une vérité sur le monde qui personne ne détient. Il s’est positionné comme un sauveur, comme le leader d’un nouvel ordre et j’ai interprété ça comme un excès de confiance en lui. Je pensais qu’en malmenant son ego, il commettrait une erreur, mais il est malin, il sait se contenir. C’est un prédateur de sang-froid, Darcy. Ce sont les pires. Est-ce qu’on est seulement taillé pour vaincre ce genre d’ennemi ? »

La vérité, c'est que tu ne remets pas en cause ce « nous », mais ce « toi ». Toi, et seulement toi, est-ce que tu sauras faire face à ce genre d'ennemi ? Toi qui est revancharde, toi qui peux être aussi sanguine et brûlante que le feu ? Est-ce que quelqu'un comme toi saura adopter les bons gestes ? La bonne démarche ? Face à un être froid, il fallait adopter une colère froide, fourbe. Mais seras-tu en mesure, au moment de la frappe, de contenir tes émotions pour être fourbe ? Probablement pas. Tu te connais, tu penses te connaître. Tu te sais capable de beaucoup de choses quand il s'agit de haine et de colère. Tu es rancunière, Dorothy, c'est ton pire côté. Tu sais que sur le coup, tu n'aurais aucun contrôle, tu auras la rage, tu la laisseras parler parce que tu es encore trop immature pour la contenir. Tu sais qu'après, cependant, ce sera la haine qui prendra place et tu sais ta haine froide et tenace. Seulement, au moment où la température retombera, ne serait-il pas trop tard ? Tu ne fais pas grand cas de ta vie, Dorothy, mais celle des autres… Si tu n'es pas capable de protéger Sandro, Argus, Beckett, Ethan… Si tu n'es pas capable de protéger ce qui t'a, en quelque sorte, donner la vie, que feras-tu ? Tes sourcils se froncent, tes doigts tapotent un peu plus fortement la table alors que tu fais état de tes points forts et tes points faibles. C'est la voix de Darcy qui te ramène à la réalité et tu lèves, surprise, ton regard noisette sur lui. Tu te rends compte que tu as le bout de tes doigts engourdit sous l'assaut de tes ongles contre le bois. L'espace d'une seconde, tu le regardes, interdite, en essayant de mettre un sens derrière ce que tes oreilles pensent avoir perçues de ses mots. Le gala ?

Ah oui. Le gala. Tu reprends un peu contenance. Non, ce n’était pas le moment de se polluer l’esprit avec le corbeau, sa menace, toi. Se torturer l’esprit ne servira à rien. Tu laisses un léger sourire orner ton visage, un petit mot d’encouragement pour toi-même. On se reprend.

« Oh, mais si tu veux une danse, très cher, il suffit de demander. »

Tu plaisantes, tu sais que Darcy n’a aucune intention de ce genre. C’est ce qui rend ta relation avec lui simple et sans prise de bec. Il n’y a aucun enjeu autre qu’une espèce de solidarité, de mêler l’utile à l’agréable en jouant de vos points forts pour aider l’autre au moment le plus opportun. En général, même, et pour le plus grand malheur de ta mère qui voyait d’un mauvais œil tes fréquentions, il n’y avait aucun enjeu de ce genre avec tes homologues masculins. Il n’y avait que Sandro et tu ne saurais mettre des mots sur cette attirance, sur cet amour dont on ne peut imputer les sentiments. Il te semble, qu’au fond, il sera toujours question de sentiment et d’envie. Que l’un, sans l’autre, ça n’a pas tellement de sens et de saveur et d’utilité, aussi.

Tu laisses ton sourire rapidement mourir, cependant. Tu sais très bien ce qu’il sous-entend. Le gala est un grand rassemblement. Si The Crow vise Poudlard il ne pourrait pas rêver meilleur occasion pour frapper. C’est un risque. Une possibilité. Tu n’as pas envie de considérer cette possibilité.

« Je ne suis pas sûr d’obtenir un cavalier à temps… » Sachant que tu ne vises qu’une seule personne. Tu maudits les légères rougeurs de tes joues alors que le visage de Sandro s’impose dans ton esprit. « Mais j’y serais. Il y a… Un risque, n’est-ce pas ? »


Darcy # Salon de thé # juin 2029


Darcy Montgomery
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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Dim 8 Sep - 17:28




dorothy + darcy
un peu de sel dans votre thé ? ; juin 2029
J'avais oublié la présence de la serveuse lorsque celle-ci revint avec nos commandes. Je dus m'écarter légèrement pour la laisser poser mon assiette devant moi, j'étais penché sur la table pour écouter Dorothy. Ses théories et ses questions se tenaient. Si le Ministère se faisait plus actif, eh bien... on ne pourrait rien y faire, mais au moins serions-nous rassurés de savoir que l'affaire était entre de bonnes mains. D'ici là, nous restions dans le brouillard. C'était inquiétant, et je comprenais que des élèves comme l'aîné Ollivander aient décidé de prendre les choses en main. J'ignorais que mon interlocutrice faisait partie des Foxes, mais j'avais assez entendu de rumeurs à leur sujet pour ne pas nier l'utilité de leur entreprise. S'il n'y avait pas d'hybrides parmi eux, je les aurais sûrement rejoints. À Poudlard, j'étais relativement isolé, mais je savais qu'un chasseur était plus fort en groupe.

Je repoussai légèrement mon assiette sur le côté pour continuer à écouter la Serdaigle, qui soupçonnait The Crow d'être un mégalomane trop fier. Peut-être l'était-il tant qu'il ne prêtait aucune attention aux petites gens. Tel le roi de la colline, le corbeau se sentait surpuissant, et alors qu'étions-nous pour lui, si ce n'était des moutons faibles et inoffensifs ?

─Malin ou simplement dédaigneux.

J'haussai une épaules, ignorant les sentiments que me procuraient cette révélation. The Crow était plus fort que nous. Un prédateur de sang-froid. Un véritable chasseur. C'était à la fois excitant et très frustrant. Pour l'heure, je ne savais pas où me positionner sur cet échiquier.

Dorothy semblait décontenancée par ma question, mais elle reprit rapidement contenance et sourit. Je fis de même, car ce n'était pas ce que j'avais sous-entendu, mais je tenais à répondre sur le même ton :

─Il n'est pas sûr que sa cavalière sera d'accord.

Je me rappelai finalement que nous avions été servis et me versai une tasse de thé. L'odeur du jasmin, encore fumant, était très agréable. C'était une saveur familière, rassurante. Dans ce salon aux couleurs douces, au milieu de clients préoccupés par leur vie de tous les jours, il était aisé d'oublier la réalité. J'écoutai Dorothy me dire qu'elle ignorait si elle aurait un cavalier à temps. Son rougissement ne passa pas inaperçu, mais j'eus l'obligeance de ne pas la lancer sur ce sujet. Cela me semblait être un peu trop personnel pour notre degré d'intimité. Je rebondis en revanche sur sa question en hochant la tête, et prit ma tasse entre mes mains.

─Le contraire serait étonnant. Il pense qu'il prépare quelque chose, à l'école ou au Ministère. Il doit frapper un grand coup s'il veut confirmer les promesses qu'il a faites.

Je ne mis pas de sucre dans le thé mais touillai par réflexe, ou pour m'occuper les mains.

─Personnellement, il penche pour Poudlard. Se servir du gala comme diversion pour voler la gemme ou semer la pagaille. C'est ce qu'il ferait à sa place.

Je marquai une légère pause et croisai le regard de Dorothy, très sérieusement.

─Qu'est-ce que tu vas faire ?

Dorothy Martin me semblait trop impliquée dans le conflit émotionnellement parlant, je ne l'imaginais pas sagement assise au gala à attendre que les choses se passent. Je savais qu'elle avait fini à l'infirmerie après la chasse aux plumes. Plus que d'autres, elle avait des comptes à régler avec le corbeau.
Dorothy Martin
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Dorothy Martin
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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy Mar 10 Sep - 1:19

D&D
Before the storm
« Il a beaucoup parlé, maintenant il doit démontrer sa force de frappe pour le bien de sa crédibilité »

Les mots s'échappent, idée vive qui traverse à trois-cents à l'heure ton esprit de part en part. La logique de Darcy se tient et tu fais amplement confiance en son jugement. Lui, sait étudier, analyser, il a passé sa vie à le faire parce que c'est dans son héritage, dans ses veines. Il avait une logique, un processus de pensée, un angle de vu et d'attaque que vous autres, communs, n'avaient pas. Oui, la logique de Darcy se tenait. Tu agrippes du bout des doigts ton menton. The Crow avait parlé, longtemps parlé. Quand on analysait son comportement en se rendait compte qu'il suivait un schéma bien particulier : action et discours étaient très souvent liés. The Crow avait fait des annonces coup de poing, il avait laissé le monde sorcier le découvrir et appréhender sa menace. Maintenant, il faillait que les gens le craignent, il ne fallait plus que sa menace ne soit que des mots, mais des événements bien réels, bien concrets, auxquels le relier. Des événements que porteront sa marque et dont on ne pourra le dissocier. Tu réfléchis à toute vitesse, Dorothy, les théories, fusent de toute part, mais un point dans l'argumentaire de Darcy te fais relever les yeux vers lui.

« Tu penses qu’il viendrait pour la gemme ? Je ne sais pas, ça m’a l’air un peu risqué. Est-ce qu’il n’aurait pas intérêt à attendre les vacances d’été pour agir ? »

Voler la gemme, alors que tout le monde était là, surtout en dépits des événements récents. On pouvait s'attendre à une sécurité renforcée sur les gemmes. Il y aurait les professeurs, les élèves, la possibilité presque immédiate d'une intervention des forces de l'ordre… En l'état actuel, pouvait-il réellement se permettre une telle intervention ?

« On ne connaît pas l’état de ses troupes mais… Tant que Scamander sera là, j’ai du mal à croire que The Crow puisse débarquer et nous prendre la gemme… Mais il pourrait tenter quelque chose, porter un coup à l’école, c’est vrai. »

Mais quoi ? Comment ? Dans quel but. C'était bien là le problème. Il y avait une appréhension, l'ombre d'une menace bien réelle, mais comment s'en défendre si on ne pouvait pas en connaître la forme ? C'était pour cela qu'il était impossible, en l'état actuel, de représenter une menace pour le corbeau. Il avait toujours une longueur d'avance sur vous, peut-être même plusieurs. Lui avait ses plans, vous, vous n'aviez que la peur. Si seulement vous pouviez… Avoir des informations, juste un début de piste, n'importe quoi. Tu tapotes nerveusement la table de l'ongle. Que faire Dorothy ?

« Objectivement, je ne peux rien faire tant que je n'en sais pas plus. Impossible de dresser ne serait-ce que l'ébauche d'un plan sans info. C'est le problème, on manque cruellement d'information. On a aucune idée du nombre de ses adeptes, de son arsenal, de ses moyens financiers et techniques. On peut détruire un adversaire autrement qu'en l'attaquant de front, on pourrait lui couper les vivres, retourner l'opinion publique contre lui, seulement, on ne peut pas, parce qu'il cache beaucoup trop bien son jeu. Objectivement, je ne peux qu'ouvrir l'œil. C'est peut-être ça le plus rageant, savoir que quelque chose risque d'avoir lieu, mais ne pouvoir rien y faire… Tss, si seulement j'avais la possibilité d'avoir des infos… »

Darcy # Salon de thé # juin 2029


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Re: un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy

un peu de sel dans votre thé ? ; dorothy
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