[FIN]Answer ♣ Sandro

Dorothy Martin
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[FIN]Answer ♣ Sandro Sam 22 Juin - 18:47

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« J’ai besoin de te voir. J’ai quelque chose d’important à te dire en plus de ma réponse. Rendez-vous à l’alcôve ce soir, 21h. »

Voilà les mots que tu lui avais transmis. Voilà ce que tu avais dit. Parce qu'il fallait bien, à un moment ou un autre lui donner une réponse, n'est-ce pas ? Il fallait bien, un jour ou l'autre affronté la vérité en face. Voilà deux jours que tu avais été sortie des trois balais par Argus. Deux jours que tu te torturais l'esprit. Ce qu'il s'était passé là-bas, t'avais fait comprendre beaucoup de choses sur toi. Sur ce que tu voulais vraiment. Sur ce dont tu avais réellement besoin. Tu avais vu Darcy le jour même, comme pour te donner du courage quant à la suite. Mais tu savais que Darcy n'était pas le nœud de ton problème, le nœud de ton angoisse. Ce nœud-là était italien et portait le doux nom de Sandro Clemenza.

Après la mort de Pan, tu avais disparu des radars, tu avais dit avoir besoin de temps. Telle une ombre, tu t'étais faite discrète, tu ne voulais pas inquiéter, éveiller les soupçons à une période aussi importante de l'année. Tu ne voulais pas imposer à Sandro une réponse, tu ne voulais pas rechercher du réconfort dans ses bras quand tu avais promis de tenir tes distances jusqu'à l'acquisition de ta réponse. Il t'avait pourtant manqué, cruellement manqué. Ne plus voir son sourire, ni plus entendre le son de sa voix. Ça avait été une torture de ne pas l'impliquer, de ne pas céder à la facilité d'aller le voir, de faire renaître le rêve une nouvelle fois. Tu t'étais consolée dans la contemplation de vos photos, dans le souvenir de ce moment fugace de joie, dans le rappel de la sensation de ses lèvres, dans le vague reste de son odeur. Mais ça n'avait pas suffi. Ça n'aurait jamais pu suffire. Alors que tu avais prié l'alcool de t'accorder un bref moment de répit, les lèvres d'un autre, les doigts d'un autre t'avaient brusquement ramenée à la réalité. Et tu avais eu peur, Dorothy. Et tu t'en étais voulue. Des trois balais, tu n'avais tirée qu'une horrible sensation, une dérangeante impression. Tu avais eu la sensation de rompre ta promesse, de tromper Sandro et l'espoir qu'il te portait. Tu avais eu la sensation de l'avoir perdue, d'avoir fait l'erreur, la bêtise de trop. Tu avais cette impression et elle ne te quittait pas depuis. Malgré les mots de Gus, malgré la douceur de ton ami. Elle ne te quittait pas. Tu te sentais toujours aussi sale, toujours aussi… Honteuse de ce qu'il s'était passé là-bas. Tu avais failli accorder à un inconnu ce que tu avais promis de lui offrir à lui. Tu te détestais pour ça, tu l'avais fui un peu plus pour ça. Mais s'en était finit de fuir, n'est-ce pas ?

Parce que tu aimais Sandro. C'était une vérité contre laquelle tu ne pouvais te battre, c'était une vérité que tu ne pouvais ignorer. Tu l'aimais au-delà des mots, au-delà de cette amitié que vous étiez censée protéger. Tu l'aimais. Tu l'aimais comme tu n'aimais personne d'autre. Tu étais amoureuse, Dorothy, amoureuse et trop honnête pour continuer de mentir. Tu ne voulais pas cacher à Sandro la vérité. Tu ne voulais pas rester dans le flou plus longtemps. Alors tu avais pris ta décision. Tu dirais ce que tu as à dire. Tu lui transmettrais ta réponse. Tu lui raconterais tout. Parce que tu ne voulais pas obtenir Sandro par la pitié. Tu ne voulais pas gagner son cœur via ce genre de subterfuge. Sandro tu ne le voulais pas par défaut. Sandro, tu ne le voulais pas sur un coup de tête. S'il te tournait les talons après cela, tu accepterais. Si par miracle, il acceptait tes sentiments, alors… Non. Il ne fallait pas trop espérer. Tu te sentais obligée de rester pessimiste, sur ce coup. Une partie de toi se préparait déjà à encaisser la blessure.

Assise dans uns des petits renfoncements de l’alcôve, tu attends. Le cœur battant, une boule de stress se formant petit à petit dans le fond de ta gorge. Tu attends au loin ses bruits de pas. Ton cœur s’accélère, tu ressens déjà toute l’attirance que tu as pour lui alors qu’il n’est pas encore devant toi. Tu te sais rouge, tu te sais les yeux brillants. Et soudain il apparaît, et il est beau. Beau malgré cette pointe d’inquiétude qui perle ses traits, beau malgré tout ce qu’on pourra te dire sur lui. Tu te rends compte qu’il t’avait manqué, manqué comme jamais personne ne t’avait manqué avant. Tu dois te retenir de ne pas te jeter sur lui. Tu ne dois pas. Tu ne peux pas. Pas tout de suite.

« Bonsoir Sandro. »

Tu baisses les yeux, il y a une certaine honte à lui dire ce que tu devais lui dire. Tu cherches tes mots. Tu ne sais pas trop par où commencer.

« J’aimerais te donner ma réponse mais… Mais avant il faut que je te dise quelque chose. J’aimerais que tu me laisses parler jusqu’à la fin. Je crois que… Que je te dois des excuses. J’ai fui un peu tout le monde après la mort de Pan, je n’aurais pas dû. Tu vois… Tu vois, je pensais pouvoir gérer ça toute seule. Je ne voulais pas vous inquiéter, je ne voulais pas vous déranger. Je voulais… Faire les choses par moi-même. Seulement, je n’ai pas pu. Je me suis enfermée toute seule, enfoncée toute seule. J’ai voulue aller te trouver parce que tu me manquais, parce que je voulais me sentir bien de nouveau et j’ai compris qu’il n’y avait qu’avec toi que je pourrais l’être. Mais je n’ai pas osé. Je ne savais pas si j’avais le droit de te demander ça après tout ce qu’on s’était promis. Je... Je voulais vraiment faire les choses biens. »

Tu serres un peu les poings. Légèrement tremblante.

« Sandro, je voudrais m’excuser parce que j’ai fait quelque chose d’horrible. Je me suis faite du mal et… Et j’ai peur de t’en avoir fait aussi. Est-ce que… Est-ce que tu veux bien m’écouter, avant que je te donne ma réponse ? »


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Dernière édition par Dorothy Martin le Dim 18 Aoû - 15:29, édité 1 fois
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Dim 23 Juin - 20:33

Quand il reçoit le message de Dorothy, l’invitant ce soir à l’alcôve – qui est devenu leur alcôve – c’est tout le corps de Sandro qui se contracte. Son attitude change si soudainement, lui qui était assis à l’une des tables de la Bibliothèque à bouquiner en prévision des futurs examens, que son camarade de cours le fixe en fronçant les sourcils.

- Qu’est-ce t’as ?
- Euh… rien rien.
- On dirait pas.

Il prend pas la peine de lui répondre et fait mine de se concentrer à nouveau sur l’exercice sous ses yeux. C’est peine perdue. Comme depuis quelque temps, de toute façon, un rien suffit à faire divaguer ses pensées, toujours vers une seule idée, une seule image : elle. Elle, avec qui il a passé un moment magique au concert des Mandragoria. Elle avec qui la relation qu’il avait jusque-là a radicalement changé en quelque chose de plus… tactile et tendre. Plein de promesses aussi. Elle avec qui il a fait le choix de ne pas se précipiter, pleinement conscient de leur différence d’âge et de son inexpérience à elle, dans le domaine. Il ne voulait pas lui imposer l’émotion d’un jour, l’impulsion d’une nuit. Il voulait – et veut toujours – qu’elle soit complètement certaine de ses choix s’il devait y en avoir un. Elle, qui ne quitte plus son esprit : Dorothy Martin.

Cela fait trois semaines et il se souvient pourtant de tout avec une clarté incroyable. Sa beauté, son énergie, son sourire et sa tendresse. Les mots qu’elle lui a adressés, ce qu’ils se sont dits. Et leurs gestes aussi. Ces gestes qui lui manquent profondément, depuis. Bien entendu, après ce soir-là, ils se sont revus à de petites occasions, se croisant dans un couloir ou lors des réunions des Foxes. Rien qui leur permette de réellement discuter de vive voix ou, mieux, de se toucher comme cela avait été le cas, ce soir-là. En même temps… est-ce que ça aurait été une bonne idée ? Est-ce que ça n’aurait pas entretenu l’idée de quelque chose sans que rien ne devienne véritablement officiel encore, un non-dit sans aucune décision.

Sandro il sait pas, il a tout fait pour croiser les regards de la Serdaigle quand il le pouvait et a continué à échanger avec elle par SMS, lui envoyant des musiques ou des petits commentaires sur des faits du quotidien. Elle lui répondait avec son enthousiasme habituel jusqu’à ce que… quelque chose change. D’un coup, les réponses de Dorothy lui ont semblé plus… froides. Plus concises aussi. Il s’est demandé s’il avait dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Puis elle lui a expliqué qu’elle avait perdu un proche, qu’elle avait besoin de temps pour elle, qu’il y avait les exams pour lesquels elle devait bosser, aussi.

Sur le coup, ça lui a fait l’effet d’une douche froide, à Sandro. Il n’a pas pu s’en empêcher. Il voyait bien, pourtant, que quelque chose n’allait pas. Ses SMS donnaient clairement l’impression qu’elle n’allait pas bien et quand il a osé questionner un peu plus, elle lui a appris que Pan Rhee était de ses amis. Un Serpentard dont Sandro n’a jamais été spécialement proche, à dire vrai, mais qui faisait parti du quotidien de la Salle Commune. Sa mort est une tragédie dont l’italien ne sait pas tout, et quand il a fait le lien, il s’est senti honteux. Honteux envers la mémoire de l’autre jeune homme, réalisant qu’il ne le croiserait plus dans l’établissement, ni à la table de Serpentard. Ça lui a mis un coup. L’annonce de ce décès n’avait rien d’anecdotique, ce n’était pas un bruit de couloir que le vent soufflerait, c’était une réalité dont il devait s’imprégner, lui aussi. La mort, c’est toujours atroce et ça a des répercussions sur chacun. Honteux également envers Dorothy dont il n’a pas de suite fait le lien avec cette mort obscure de l’autre brun.

Quand elle a dit devoir prendre du temps pour elle, il a compris. Il n’y a donc plus eu de SMS du tout et c’est cette absence de lien, de contact, qui lui a fait mal à Sandro. Plus encore que la continuité de cette soirée merveilleuse où ils se sont admis l’un l’autre qu’ils se plaisaient, c’est ce silence qui lui a fait réaliser qu’il avait vraiment besoin d’elle. Il avait besoin d’elle à ses côtés, il avait l’impression que quelque chose manquait de saveur, désormais. Il espérait aussi qu’elle ait besoin de lui… mais le fait que dans cette période difficile elle s’isole, ça ne l’a pas rassuré, Sandro. Parce qu’il s’est demandé si elle n’avait pas d’autres amis – garçons, dans sa tête le prénom d’Argus… – pour être auprès d’elle. Il s’est demandé si tout cela ne lui ouvrait pas les yeux sur d’autres liens nécessaires, pour elle. Il s’est demandé si la douleur de la perte de Pan ne la faisait pas tout questionner, tout remettre en question.

Il s’est demandé comment il devait réagir, si c’était le cas. Devait-il… devait-il initier quelque chose de son côté, aller la voir en face à face, lui dire qu’il est là, si elle avait besoin de lui ? Mais à l’inverse, est-ce que ce n’était pas lui manquer de respect et briser la promesse de se laisser à chacun du temps pour réfléchir ? Cette dernière semaine a été difficile pour lui, tant il l’a passé à ressasser, à réfléchir, bien trop, sans faire preuve d’efficacité en cours. Il ne pouvait qu’attendre, respecter son choix à elle.

Autant dire, donc, que ce SMS le surprend dans le bon sens du terme, autant qu’il l’inquiète. Tout dans sa formulation l’inquiète. C’est très… formel. Plus que ça ne devrait l’être, dans son esprit. Voilà quelques minutes que le message en question est apparu sur son écran et il doit se faire une raison, il ne parviendra pas à reprendre le fil de son exercice d’étude des runes.

- Bon, j’arrête là.

Il attend pas de voir si le type en face devant lui réagit, il se lève, glisse son sac sur son épaule et va ranger dans le rayon adéquat le livre qu’il avait pris. Puis il sort de la Bibliothèque. A peine dans le couloir, il écrit sa réponse.

« J’y serai. A toute à l’heure ! »

Le temps jusqu’à attendre 21h lui a paru long, mais long ! Il a à peine mangé au repas du soir, trop tiraillé par la perspective de la voir et la crainte de ce qu’elle pourrait lui dire. Il ne sait pas ce que ces quelques jours d’isolement ont entraîné chez elle. Il ne sait pas non plus comment elle a fait face à la perte de son ami… concrètement, elle ne lui a rien dit. C’est pour toute ces raisons qu’il n’est pas spécialement serein en montant les étages menant jusqu’au cinquième. Pire, il ne sait même pas si elle va réellement bien, en fait.

Il est vêtu d’un jean et de son haut d’uniforme de Serpentard, et quand il arrive dans le couloir, qu’il tourne à l’endroit nécessaire pour arriver sur l’alcôve, son cœur rate un battement. Elle est là, au bout. Il la fixe avec un sourire léger, heureux tout de même à la perspective de la voir, d’être tous les deux ensemble pour discuter, chose qu’ils n’ont pas fait depuis… depuis le concert. Cela fait trop longtemps.

Seulement, plus il avance plus il constate qu’elle paraît… petite, mal à l’aise. Ça l’inquiète d’autant plus, Sandro. Et quand il remarque ses yeux rougis, il fronce les sourcils d’inquiétude. Pourtant, c’est elle qui le salue la première, en baissant les yeux.

- … Bonsoir Do.

Il veut ajouter quelque chose, la questionner, se rapprocher plus encore mais elle est plus rapide que lui. Il l’écoute avec attention et, ne sachant pas trop quoi faire dans un premier temps, s’adosse au mur à côté du renforcement sur lequel elle est assise. Il est toujours debout, tourné de trois-quarts vers elle. Il l’écoute et son inquiétude se renforce au fil des mots.

Elle tremble, elle s’excuse, elle s’excuse et s’excuse encore, expliquant combien cette période a été difficile pour elle et qu’elle avait voulu la gérer seule, sans le déranger. Et là, il se sent con, Sandro. Il s’en veut à lui-même, lui qui n’a pas osé la déranger justement en pensant qu’elle avait trouvé d’autres personnes avec qui surmonter cette épreuve, des personnes qui connaissaient peut être mieux Pan que lui. Quand elle achève sa tirade par une question, toute secouée, toute tremblante, Sandro n’y tient plus. Il se tourne définitivement vers elle, et l’enlace. Assise sur ce renforcement elle lui arrive au torse, il ne se prive pas pour laisser sa tête légèrement au-dessus de ses cheveux à elle.

- Tu n’as pas à t’excuser, Do. La perte d’un ami, c’est délicat à vivre, et je suis vraiment désolé que tu aies à subir ça. Si tu t’excuses, je dois m’excuser aussi, alors. Ces derniers jours, j’ai voulu plus d’une fois t’écrire ou aller vers toi. Je ne savais pas si tu allais bien, comment tu vivais tout ça. Ça me rendait fou de ne pas savoir mais… j’ai respecté ta demande de silence. Je me disais que d’autres personnes étaient peut-être plus à même de t’aider, je sais pas. Je n’aurais peut-être pas du me taire comme ça, je suis con.

Il se décale alors et tout en restant proche d’elle, se met à observer son visage. Il voit clairement qu’elle n’est pas bien, qu’elle est toute tourmentée et il ne sait pas bien pourquoi. Elle parle de quelque chose d’horrible et l’italien ne comprend pas bien.

- Pourquoi dis-tu que tu m’as fait du mal ? Bien sûr que non. Des fois, c’est normal de vouloir s’isoler, on se dit que c’est le mieux à faire…Mais là, j’aurais tellement voulu être à tes côtés, Dorothy. T’aider autant que possible.

Il soupire et laisse ses bras retomber le long de son corps. Il est maintenant face à elle et acquiesce d’un hochement de tête.

- Tu peux tout me dire, Do. Je suis là pour t’entendre. Et puis… tu sais que tu ne me dois rien, en vérité, ça fait parti de ce qu’on s’est dit aussi. Tu es libre.

Il ne sait pas ce qu’elle va lui dire et s’attend à toutes les éventualités. Est-ce qu’elle a trouvé… quelqu’un d’autre ? Ou réalisé qu’il n’était peut être pas « la » personne pour elle ? Même s’il fait en sorte de ne rien en montrer, c’est tout le corps du Clemenza qui panique.
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Dim 23 Juin - 22:47

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Il t'avait manqué. C'était une partie de toi-même qu'on t'avait arraché. Un manque, un vide que tu ne pouvais pas combler. Pas sans lui. Sa voix, ses yeux, son odeur, son sourire. Il avait été dur, passé le concert, de revenir à des échanges plus conventionnels. Il avait été meurtrier, après la mort de Pan, de le perdre. Tu avais besoin de lui. Besoin de ça. Besoin de vous. Besoin de ce nous à peine formulé. Tu en avais besoin, c'était ce que tu avais pleinement réalisé ce soir-là. Et quand il te prend dans ses bras, Sandro, quand tu retrouves sa chaleur, son odeur, tu te sens légèrement euphorique, Dorothy. Le vide se remplit, le manque se comble. C'était cela. C'était de ça dont tu avais besoin. Pas d'autres choses, ça. Seulement ça. Tu retrouves ses bras et le souvenir fugace de cette soirée. Tu retrouves ses bras et un semblant d'espoir et de normalité. Ce ne sera pas la dernière fois, n'est-ce pas ? Tu ne veux pas que ce soit la dernière fois. Tu aimes trop ça. Tu l'aimes trop, tout simplement.

Mais tu ne dois pas. Tu ne dois pas encore céder, pas maintenant, pas tout de suite. Ce n’est pas honnête, ni respectueux pour ce nous que tu espères encore. Tu lui dois l’honnêteté, tu lui dois ton entièreté. Alors même si tes mains se sont furieusement accrochées au tissu de son haut, même si ton souffle est court, même si tu le respires comme-ci tu retrouvais un second souffle, tu trouves le courage de te détacher, de le regarder en face. Parce que tu lui dois cette honnêteté, tu lui dois ça.

Il te dit qu'il a voulu t'écrire, qu'il a voulu aller vers toi. Chacun de ces mots fait battre ton cœur, chacun de ses mots te fait tourner la tête. Tu culpabilises de le voir autant concerné, de le voir se rendre aussi coupable de ta propre stupidité. Tu culpabilises, oui, mais tu ne saurais ignorer cette petite pointe de bonheur honteux. Ce petit éclat de vie. Ça a été autant dur pour toi que pour lui. Cette semaine a été une épreuve, elle n'avait en rien été facile. C'était qu'il tenait un peu à toi, n'est-ce pas ? C'est que la flamme n'avait peut-être pas perdu de son éclat, depuis ce fameux soir.

« Non, Sandro, je t’en prie ne t’excuse pas… » S’il y a bien quelqu’un que tu ne veux pas voir s’excuser, c’est lui. Il ne pouvait pas savoir, tu ne pouvais pas savoir. Personne n’aurait pu prévoir que… Que ce genre de tragédie allait se jouer. « Je me suis isolée de tout le monde par… Déni, dirons-nous. Dans un sens, j’avais l’impression que ne pas en parler rendrait tout ça moins réel… Tu comprends ? »

Tu avais fui. Parce qu’il était plus préférable de fuir que d’être blessé. Malheureusement, ce mécanisme de défense ne fonctionne qu’un temps. Malheureusement, cette illusion s’estompe au fil des jours. Tu le savais, tu avais suffisamment expérimenté ce genre d’état pour en connaître les limites. Seulement, à situation désespérée mesure désespérée. Sur le coup, il t’avait semblé plus simple, plus profitable d’ignorer les signaux, de se battre contre eux. Parce que tu avais connu pire, n’est-ce pas ? Tu avais déjà subi ce genre de fatigue, ce genre de détresse. Tu t’en étais sortie, par quel miracle, tu ne sais pas, mais tu t’en étais sortie. Si tu l’avais fait une fois, pourquoi pas une seconde ?

Les bras de Sandro retombent, tu as un léger pincement au cœur. Tu lui fais du mal. Tu l'inquiètes. Tu le sais et tu t'en veux. Mais c'est nécessaire. Tu ne peux pas tout passer sous silence. Tu ne peux pas faire comme-ci de rien n'était. Tu lui fais mal, tu l'inquiètes, mais tu ne veux pas le faire douter. Tu comprends l'évocation de la liberté comme un adieu, comme un fait définitif, l'amorcement de la fin. Mais tu ne veux pas que ce soit la fin. Alors tu braques ton regard sur lui, tu ne fuiras pas cette fois. Plus maintenant. Si ça doit s'arrêter, ça s'arrêtera. Mais pas avant d'avoir fait le maximum pour vous sauver. Parce que ce rêve, il n'a de sens que s'il est avec lui.

« Je sais. » Tes mains se glissent dans les siennes. Doucement, tendrement. « Mais si tu n’es pas là, cette liberté je n’en veux pas. »

Tu n'en veux pas, oui. Ni d'elle, ni du reste. C'est aussi la décision que tu as prise en venant ici. Si ça ne peut pas être lui, alors ça ne sera personne. Parce que tu ne veux partager ça qu'avec quelqu'un qui te fait sentir vivante, confiante. Tu ne veux partager ça qu'avec quelqu'un qui te procure ce sentiment de liberté, ce sens, cette vie qui te manque parfois. Sinon ça n'a pas de sens. Rien n'a de sens sinon. On pourrait peut-être te dire vieux jeux, fleur bleue, mais tu ne veux pas d'une relation sans amour, de caresses sans tendresse. Tu as besoin de sentiment. Sinon, ça n'a pas de sens. Alors tu le scrutes, tu cherches son regard et quand tu le trouves, tu ne le lâches pas. Si ce n'est pas avec lui, alors tu préfères ne rien avoir, point.

« Tu te souviens quand je t'ai dit que je ne pouvais pas sourire tous les jours, être bien tout le temps ? Le fait est, que je ne suis pas quelqu'un de très stable, par moment. Je suis le genre de personne qui ne sait pas vraiment gérer ses sentiments, qui a tendance à se laisser bouffer par eux. Des fois, je fais des conneries. Je brise volontairement des choses qui comptent par peur qu'on les brise à ma place, je me sabote de peur qu'on le fasse avant. On appelle ça de l'autodestruction, c'est un peu ma spécialité quand je ne vais pas bien. C’est une part de moi que j’ai peur de te montrer, parce que j’ai peur qu’elle te dégoûte. Je ne veux pas te perdre, tu sais. Je… J’ai des sentiments pour toi, Sandro. Des vrais sentiments. Mais puisque j’ai décidé de te donner ma réponse, je préfère jouer franc jeu. »

Il y a de la détermination dans ton regard. Tu ne reculeras pas. Tu ne fuiras pas. Il y a de la détermination dans tes yeux et du rouge sur tes joues. Il y a des mots que tu veux lui dire, des mots que tu lui diras. Mais avant il faut être franc. Avant il faut lui dire.

« Quand on m'a annoncé la mort de Pan, je l'ai étrangement bien encaissé. Je me suis dit que c'était gérable, que je pouvais gérer ça. La vérité, c'est que je n'ai pas pleinement réalisé ce qu'il se passait. Plus on avançait dans les jours, plus je comprenais et… Et je crois qu'une partie de moi était trop révoltée pour tout simplement accepter la situation et faire son deuil. Je ne voulais pas. Une partie de moi pensait que Pan allait répondre à mes sms, que j'allais le croisé dans la grande salle comme-ci de rien n'était. J'ai fini par… Par ne plus arriver à me concentrer, j'étouffais. Quoi que je regarde, quoi que je lise, tout me ramenait à sa mort et… Et j'ai eu besoin de respirer. » Tu avais eu besoin d'air. Tu avais besoin d'une pause, d'un moment d'euphorie, comme les vôtres. « Un soir, je suis retombée sur les photos qu'on avait prises ce soir-là. Je me suis souvenue que c'était le seul moment de ma vie où j'avais pu… Pleinement respirer. Je voulais retrouver ça. Alors j'ai décidé de sortir, d'aller boire un verre aux trois balais. Je voulais me vider ma tête, juste m'amuser pour repartir sur de bonnes bases. À défaut de t'avoir, j'ai pensé que la fête suffirait. »

C’est là que les choses devenaient compliquées. Tu avais toujours tes yeux braqués sur lui, tes mains désormais solidement accrochées aux siennes. Tu les presses un peu plus sous le coup du stress. Tu te prépares à lire tout dans son regard. Tu te prépares à y lire du dégout, de la colère, de la déception. Tu es préparée à affronter tout ça. Tu laisses un léger soupir secouer ton corps, s’échapper d’entre tes lèvres. Tu fois lui dire.

« J'ai été stupide du début à la fin. J'ai énormément bu. Je me disais que si je ne m'amusais pas, c'était parce que je n'avais tout simplement pas assez consommé, que l'alcool finirait par agir, que je serais euphorique, comme ce soir-là. Mais je me suis rendu compte que si j'étais aussi bien au concert, ce n'était pas grâce au verre, c'était grâce à toi. Je me suis sentie… Seule et un peu conne. » Tu es tellement désolée pour la suite. « Y avait ce type qui me lorgnait dessus depuis le début de la soirée. Il est venu me voir et… Je me suis dit pourquoi pas. Son regard était assez clair, ses intentions aussi. Je voulais oublier tout ce que je ressentais alors je lui ai souri. Il a touché mes mains comme tu as touché les miennes ce soir-là, mais je n'ai rien ressenti. Rien. Pas de frissons, d'éclair d'euphorie, rien. Et quand… Comment dire ça… Je ne ressentais rien, rien du tout. Mais à un moment, j'ai eu peur. Parce que si pour moi, c'était mort, pour lui… Fin, il m'a fait comprendre qu'il voulait plus et j'ai eu peur, j'ai paniqué, je me suis enfuie. Je ne voulais pas qu'il me… Touche. Je ne voulais pas lui donner ni mon premier baiser, ni ma première fois. » Tu as lâché ses mains. « Je me suis enfermée dans les toilettes et… Je suis désolée. »

Rien que d’en parler tu te sens horriblement coupable, sale. Tu tritures furieusement tes mains. Ton regard se fait moins déterminé, plus fuyant. Tu as le souffle plus court, le débit de parole plus rapide. Plus tu parles, plus les mots s’enchaînent sans temps de repos. Tu panique. Tu malmènes tes mains alors que tes yeux se fixes aléatoirement dans la pièce, rapidement, comme-ci n’importe quelle pierre de l’alcôve te jugeait, te pointait du doigt.

« Je m'en suis rendue malade. Je me sens encore aujourd'hui coupable et sale. La vérité, c'est que j'ai eu la sensation de te tromper, d'abuser de ta confiance. Le seul fait d'avoir envisagé de… Je ne me le suis pas pardonné. J'ai failli… Alors que j'ai dit que je t'attendrais. Il ne m'est rien arrivée… Argus, j'ai réussi à joindre Argus et il est venu me chercher. Tu vois, c'est de ça que je parle quand je dis que je me fais du mal. Des fois, les choses sont justes… Trop fortes et je déraille. Pour oublier un peu, je suis capable de faire des conneries monumentales, et même si je m'en veux par la suite, ça ne change rien au fait que ces conneries, je les aie faites. Je ne suis pas… Une gentille petite princesse et la vérité, c'est que… Que quand il a essayé de me… J'ai compris que je ne voulais pas, que je ne voudrais jamais de ça si ce n'était pas toi. Essayer de boire ça n'a rien fait, envisager de te remplacer ça n'a rien fait. Je m'en veux, parce que même si je suis venue te dire oui, ce soir, même si je suis venue te dire que je ne veux plus réfléchir parce que je ne veux pas de quelqu'un autre, parce que c'est de toi que je suis tombée amoureuse et que je ne veux pas tomber amoureuse de quelqu'un d'autre, même si je suis venue te dire tout ça, ça ne change rien au fait que j'ai trahie notre promesse et que c'est inexcusable et que… Que, bah, je comprendrais si tu ne veux plus… Si tu veux plus me voir ou… Je suis désolée. Je voulais. Je voulais vraiment bien faire les choses. »


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Sandro Clemenza
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Lun 24 Juin - 23:12

Au début, Sandro il se dit que si elle se sent mal, c’est certainement à cause de la mort de Pan, qu’elle a toujours du mal à digérer la chose… ce qu’il peut très bien comprendre, après tout. Lui il a la chance de ne pas avoir perdu d’amis proches, jusque-là, et il a aucune idée de ce que l’on peut ressentir dans un cas comme celui-là. Il sait simplement que le plus dur, c’est d’admettre que la personne en question, on ne la reverra plus. On ne lui parlera plus. Jamais. Un jour elle était là, le lendemain elle ne l’est plus et… il faut faire avec. C’est difficile à accepter. C’est ça le plus compliqué, dans le deuil. Continuer à vivre quand untel qui faisait notre quotidien n’est plus là. D’ailleurs, que l’on soit réellement très proche ou non, un décès c’est nécessairement une épreuve. Pour Sandro, cela est clairement plus anecdotique que pour Dorothy, il n’empêche que même lui, se dire que Pan ne sera plus présent, ça lui fait bizarre.

Alors, oui. Il pense forcément qu’il est question de ça. De cette absence à laquelle elle doit s’habituer. Il ne sait pas grand-chose du lien qui liait Do à Pan, mais il a bien compris que c’était important. Après tout, les autres élèves dans l’établissement, on passe de longues années à grandir auprès d’eux, c’est donc normal que des amitiés fortes se lient. Sandro, il se dit aussi qu’elle s’en veut peut-être de l’isolement dans lequel elle s’est cloîtrée, songeant sans doute que ce serait le mieux à faire. Mauvaise idée. L’italien s’en veut d’ailleurs de ne pas être allé au-delà de son souhait de silence. Il aurait pu… il aurait du la questionner, peut-être, ça et là, voir si elle avait besoin d’aide. Il n’a pas osé. Il ne voulait pas passer pour le mec lourdingue qui s’impose ou s’estime indispensable. Il s’en veut et il lui dit, profitant de cet instant pour l’enlacer, comme une nécessité nouvelle. Autant pour lui que pour elle. Il veut le croire car elle se laisse faire et se glisse contre lui, ses mains accrochant son haut comme elles l’avaient fait dans un autre contexte. Il apprécie ce contact et son cœur s’emballe un peu, espérant une issue positive à tout cela. Après tout, elle a dit qu’elle allait lui donner « sa réponse ». Il n’est pas pressé toutefois, il prendra tout le temps nécessaire. Il l’écoutera, comme elle lui demande.

Ils se détachent et Dorothy lui dit de ne pas s’excuser. Il veut rétorquer quelque chose mais se retient, il se contente d’acquiescer d’un hochement de la tête. Il a ses yeux droits dans les siens et réalise combien il n’aime pas la voir ainsi, secouée par un sentiment qu’il ne saisit pas bien.

- Je comprends. Je ne sais pas ce que j’aurais fait à ta place.

Pour être honnête, il ne souhaite pas l’être. D’une certaine façon, il sait être un grand solitaire, peut-être que ses agissements auraient été semblables aux siens, en vérité. L’isolement, le replis sur soi… un peu ce qu’il faisait à son arrivée à Poudlard, se fermant aux autres et se ressassant des horreurs à lui-même. Le déni autant que l’illusion sont des plaies que chacun croise sur sa route un moment ou un autre, malheureusement. Ils se font face maintenant, lui les bras ballants et elle toujours assise. Il est bien droit devant elle, il ne veut rien rater des expressions de son visage ou de son attitude. Il ne comprend pas pourquoi elle paraît aussi agitée. Est-ce par stress ? Doit-elle lui annoncer une mauvaise nouvelle ? Au fond de lui Sandro trouve bien des raisons de s’inquiéter mais il ne veut rien en montrer. Il est là pour l’écouter mais laisse tout de même une porte ouverte. Il ne veut pas qu’elle se sente obligée de quoique ce soit. Il lui rappelle qu’elle est libre. Il veut qu’elle l’entende.

Pourtant, elle attrape doucement ses mains et les doigts de l’italien se serrent autour des siens, comme par réflexe. Il aime ce contact, ça lui a manqué… il a l’impression que ce concert c’était il y a une éternité déjà. Il ne sait pas ce qu’il doit en comprendre, il sait que parfois les filles peuvent avoir des attitudes plus que paradoxales et il ne voudrait pas espérer à tort et à travers. Seulement, la phrase qu’elle prononce lui paraît claire « si tu n’es pas là, cette liberté je n’en veux pas ». La main de l’italien se serre encore plus dans celle de la Serdaigle. Que veut-elle dire par là ? Est-ce que… ? Une nouvelle fois leurs regards se croisent et le Clemenza lit une détermination forte dans les prunelles de la jeune fille alors… il caresse légèrement la paume de sa main avec son pouce et l’invite à parler. Il sent bien qu’elle a besoin de ça, qu’elle a des choses à dire.

Elle parle d’elle-même et ce qu’elle dit le prend au dépourvu. Il n’aime pas l’entendre avoir un regard aussi manichéen sur elle-même. Personne n’est tout noir ou tout blanc. Il fronce les sourcils et secoue la tête silencieusement, pour la laisser finir. Quand elle termine il veut rétorquer, lui dire que non elle n’est pas autodestructrice comme elle le dit. Ce n’est pas ainsi qu’il la voit et quand bien même, il y a des choses à apprendre de ses erreurs. Il veut dire des choses mais elle reprend déjà la parole. Plus elle parle, plus cela l’intrigue, il ne sait pas bien où elle veut en venir mais il la laisse faire, se contentant de l’encourager silencieusement du regard. Il a toujours les sourcils un peu froncés, dans l’attente. Quand elle parle des photos d’eux, il murmure :

- Elles sont chouettes ces photos, je les ai regardés plus d’une fois, aussi.

C’est dit furtivement, sans vraiment entrecouper ce qu’elle lui explique. Elle dit s’être rendue aux Trois Balais et… la formulation l’inquiète, au brun. Il comprend tout à fait l’envie de vouloir changer d’air, lâcher prise, mais elle s’y est rendue seule et ça l’italien l’a bien retenu. Il y a mille pensées qui le bousculent quand elle continue. Il veut lui dire tellement, tellement de choses. Si elle lui avait demandé, il y serait allé avec elle sans l’ombre d’une hésitation. Si elle a ressenti le besoin de parler, il était là, disponible pour lui répondre. Il aurait tout fait pour qu’elle se change les idées, qu’elle oublie la douleur de l’absence de son ami. Il ne sait toutefois pas s’il lui en veut… non, ce n’est pas vraiment ça. Il a peur de la suite, en fait. Parce qu’elle admet avoir bu, beaucoup. Une fille seule qui boit dans un bar, ce n’est pas une bonne chose. Jamais. Boire seule n’est jamais une bonne idée de toute façon, mais encore plus dans un tel contexte. Elle dit avoir fait ça pour retrouver l’ambiance du concert et Sandro ça lui fout un pincement au cœur. Ils n’ont pas tant bu que ça ce soir-là, c’est le fait d’être ensemble qui a rendu ce moment mémorable Elle a l’air de l’avoir compris, mais un peu plus tard.

C’est quand elle parle « d’un type » que tout le corps du Serpentard se contracte. Un frisson le parcourt. Il s’arrête presque de respirer pour entendre Dorothy qui parle, avec une difficulté palpable. Sandro, il n’aime pas ce qu’il entend. Ça lui fait mal d’entendre qu’elle s’est dit « pourquoi pas », qu’elle a même cru une seule seconde qu’un simple « type » pourrait d’une quelconque manière l’aider. L’aider à quoi ? Comment ? Il panique et ses prunelles bleues sont maintenant agitées par une foule d’émotions : crainte, confusion, incompréhension, colère aussi, un peu. Pourquoi de la colère ? A-t-il le droit d’être en colère ? Et envers qui ? Il ne veut pas s’exprimer tant qu’elle n’a pas fini mais ce qu’elle explique le met dans un état frôlant la rage, ensuite, quand il comprend qu’elle a eu peur, qu’elle a voulu fuir, qu’elle s’est enfermée dans les toilettes. Il y a tellement de choses dans ce qu’elle lui dit… elle parle de ne rien avoir ressenti des quelques gestes partagées avec « ce type ». Elle dit qu’elle ne voulait pas qu’il la touche. Elle parle de premier baiser et surtout… de première fois. Il passe par toutes les émotions, Sandro, et ne sait pas quoi dire quand elle ponctue par un « je suis désolée ».

Elle a lâché ses mains et sans vraiment le réaliser le brun les serre maintenant en deux poings énervés. Elle finit, la tête basse, esquivant son regard, clairement honteuse et mal à l’aise. Elle dit à quel point elle se sent mal, elle parle d’Argus aussi – toujours Argus ! - qui est venu l’aider à sa demande et, une fois de plus, elle lui rappelle à quel point elle peut faire des conneries, parfois. Elle dit ça, et en même temps… ce sont ses sentiments pour Sandro qu’elle évoque. Lui, il est un peu perdu face à tout ce qu’elle lui a dit mais il entend bien résonner dans ses oreilles l’admission de Dorothy. Elle est amoureuse. Ce sont ses mots. Elle est amoureuse. Elle est amoureuse. Elle s’arrête ensuite de parler, en s’excusant une fois de plus.

Un silence naît alors et Sandro cherche ses mots. Il y a ce qu’il a ressenti sur le coup, quand elle a expliqué ce qui se passait, et ce qu’il ressent maintenant qu’elle a conclu en lui disant qu’elle voulait être avec lui. Juste avec lui. Il pense une multitude de choses en même temps, et finalement… Il desserre ses poings et c’est d’un geste infiniment doux qu’il porte sa main sur la joue de la jeune fille, elle a toujours une attitude penaude et ses yeux qui observent partout sans le voir et ça… il ne le veut pas. Alors, il la pousse à tourner la tête droit vers lui, à nouveau. Il essaie de se faire le plus calme possible et il souffle :

- Ce type, tu es sûre qu’il ne t’a rien fait de mal, tu me le jures ?

C’est moche de demander à quelqu’un de jurer mais il a besoin de l’entendre, Sandro. Sinon… il sait qu’il le cherchera partout, quitte à carrément demander à Argus plus de détails, pour aller lui péter la gueule. D’ailleurs, l’évocation d’Argus… ça lui fait mal, au brun. Il a bien compris que Dorothy était proche du Poufsouffle mais… pourquoi lui ? Pourquoi dans un moment pareil elle l’a contacté lui ? Sandro, il aurait remué ciel et terre, il se serait précipité auprès d’elle, il l'aurait aidé sans l’ombre d’un doute. Il n’ose pas en parler, pourtant. Ce serait peut-être déplacé de faire preuve de jalousie dans un tel moment, parce qu’elle a dit que c’était avec lui qu’elle voulait être, pas avec Argus. Il croit en la sincérité de Dorothy. Elle le prouve une fois de plus, elle aurait très bien pu taire tout ça, elle en est incapable, elle préfère affronter Sandro en face, lui raconter ce qui s’est passé et affronter sa réaction, sans savoir à quoi s’attendre. Lui aussi il ne sait pas vraiment, d’ailleurs.

- Tu… tu n’aurais jamais du faire ça Dorothy. Il aurait pu t’arriver tellement de choses ! Il ne faut jamais boire seule, encore moins dans un bar. Imagine… si… Oh, Do, je m’en serais tellement voulu. Tu aurais pu m’appeler, je serais venu tu sais. Je lui aurais pété sa gueule.

Peu importe le contexte, un mec qui profite d’une nana alcoolisée… la pensée lui rappelle cependant Kate mais… c’était différent, hein. Pas des inconnus. Et… il ne s’est pas passé grand-chose. … C’était il y a un mois. Le rapprochement se fait tout de même dans son esprit mais il secoue la tête. Ce n’est pas le moment. Il n’y a pas de rapport avec tout ça, non. Là, c’est de Dorothy dont il est question. Dorothy qui s’est mise en danger. Il s’en serait tellement voulu s’il s’était passé quelque chose de pire encore. Il la voit bien secouée rien que d’en parler, il l’imagine seule, pleurant dans les toilettes, terrorisée à l’idée que ce mec la suive.

Le Serpentard a parfaitement conscience que tout ça, ça fait beaucoup de choses. Elle avait besoin de lui dire et il comprend mieux pourquoi. Lui, ça le chamboule. Il a peur d’avoir des mots trop vifs ou virulents. Pas envers elle mais envers ce type, envers l’idée même qu’elle a pu croire que c’était une bonne idée. Il la fixe un instant, silencieux, et soupire. Puis il s’approche et sans toucher quoique ce soit d’autre laisse son front reposer sur l’épaule droite de la Serdaigle, les yeux rivés vers le sol.

- Je n’aime pas l’idée que tu aies supporté tout ça toute seule. Je n’aime pas l’idée que tu aies cru que ce serait un bon moyen d’oublier. Je n’aime pas l’idée que tu aies pu envisager rien qu’une seconde qu’un type que tu ne connais pas pouvait… pouvait je sais pas, te faire sentir autre chose. C’est vrai, je n’aime pas tout ça mais personne n’est parfait. C’est vrai tu fais des gaffes. Tout le monde en fait. Moi, une semaine avant le concert, j’ai fait quelque chose d’absolument pas glorieux. Aux Trois Balais, justement. J’ai retrouvé une ex avec qui je m’entends toujours bien mais comme potes et… tu vois, je sais pas. Elle avait bu, moi aussi et… on s’est embrassé. C’était avant tout ce qu’on a pu se dire et pourtant, déjà, j’ai pensé à toi ce jour-là. Je ne suis pas allé beaucoup plus loin et pourtant, je m’en suis voulu et je m’en veux encore. Il y a des décisions qu’on prend sous le coup de l’alcool qui nous suivent toujours un peu, forcément. L’important c’est d’avoir su s’arrêter à temps.

Rien n’est pire que ne pas savoir s’arrêter, en vérité. Dans tout ça, Sandro sait parfaitement que lui aussi il doit être honnête avec elle, de la même manière qu’elle l’a été. Ça n’a rien d’une conversation facile, mais ça prouve qu’ils peuvent se parler même de ce qui fâche. Même de ce qui leur fait honte. Parce que oui, s’ils ne sont pas honnêtes avant de créer quelque chose ensemble… quand le seront-ils ? Il se redresse et la fixe à nouveau.

- Je ne veux pas que tu sois une petite princesse, Dorothy. Tu n’en es pas une et toi, comme moi, on fait des erreurs. On merde et on merdera encore mais… il faut qu’on se le dise. Il faut qu’on se le dise parce que… moi aussi j’ai ma réponse. Ces derniers jours, ça a été atroce pour moi. Après les cours, à chaque fois je voulais t’envoyer des trucs et… je pouvais pas. Pour respecter ta demande. Alors je me suis senti comme vide, démuni. Je sais pas comment t’as fait Do mais j’ai vraiment besoin de toi, c'est essentiel. Depuis le concert t'es tout le temps dans mes pensées. Et… je veux être avec toi, moi aussi. Je veux qu’on soit autre chose, qu’on soit plus. Ce que tu m’as dit, je ne le vis pas comme une trahison. Ça ne me fait pas plaisir, non. C’est sûr mais… tu avais le droit. Et si tu as su mettre le holà, comprendre que c’était une connerie et comme tu me dis, si maintenant tu es sûre de toi… sache que je le suis tout autant.

Il laisse ses doigts glisser dans sa chevelure rose et esquisse un sourire.

- C’est vrai que t’es une sacrée gaffeuse professionnelle mais tu verras, j’ai du niveau moi aussi ! Et puis… je sens qu’être avec toi, sortir avec toi, ça doit être une sacrée aventure, mais je suis bien curieux de voir ce que l’avenir nous réserve !

Il se perd un instant dans sa contemplation.

- … J’ai très envie de t’embrasser, là.
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Dernière édition par Sandro Clemenza le Sam 29 Juin - 22:27, édité 1 fois
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Mar 25 Juin - 13:19

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Because i love you


Le silence retombe, curieux silence. Silence lourd, seulement troubler par les bruits de tes doigts qui s'entortillent, par le bruit de ce souffle court qui est le tien. Tes yeux cherchent partout et nulle part à la fois, tu en viens à capter moult détails pour ne plus te concentrer sur l'essentiel, sur ce qui te fait réellement peur en cet instant. Tu vois se refléter dans la lumière bientôt lunaire une toile d'araignée dans un coin de la pièce, tu vois les ombres danser sur les pierres du château. Curieuses ombres qui prennent des formes nouvelles, étranges alors que les flammes crépitent dans les couloirs pour offrir un semblant de lumière dans cette alcôve qui devient de plus en plus sombre à mesure que la nuit se pose. Ton regard évite le sien, évite son visage parce que tu as peur d'y lire quelque chose de désagréable. Tu as peur d'y lire la fin, peur d'y lire une déception que tu sais inévitable tout en espérant l'éviter. Tu n'as pas vu son visage, non, mais tu as vu ses poings. Ses poings qui se serrent et tu peux comprendre pourquoi. Tu n'arrives pas à trouver la fermeté de ses poings injustes, tu la trouves plus que légitime, au contraire. Tu aurais pu, ce soir-là, faire le pas de trop et tu le sais. Tu aurais pu commettre une bêtise, une idiotie qui t'aurait suivi à vie. Tu aurais pour contracter un regret que tu n'aurais jamais pu te pardonner. Tu t'étais arrêtée avant, certes, par on ne sait quel instinct. Mais le fait était que tu avais déjà été loin et que pour beaucoup, cette esquisse de pas était déjà là quelque chose d'impardonnable. Alors tes yeux se détachent des mains dans Sandro pour chercher autre chose, quelque chose d'autre auquel se raccrocher. C’est le contact même de cette main sur ta joue qui te force à ne plus regard les briques, à ne plus détailler ce plafond, ces ombres, cette toile. C’est même contact sur ta joue qui te fait sursauter. Ce même contact qui te fait relever les yeux vers ce visage que tu aimes tant, que tu culpabilises de voir, à présent. Comme tu regrettes, Do. Comme tu regrettes.

Les mots de Sandro sont un souffle et l'espace d'une seconde, tu as peur d'y lire du reproche. Mais ce n'est pas le cas. Tu ne comprends pas pourquoi ce n'est pas le cas. Il y a de la douceur, dans cette main, une extrême douceur. Pas de fermeté, pas de colère, de la douceur. Et tu ne comprends pas. Ton cœur s'accélère et tu comprends qu'il n'y avait pas que de la peur à contempler le visage du serpentard. Il y avait un désir profond. Il était beau, Sandro. Il n'y avait pas plus bel homme pour toi. Tu réalises qu'à tant rêver ce visage, il en était venu à te manquer, à beaucoup trop te manquer. Ce premier amour, que tu n'oses pas rendre légitime par le biais de tes fautes, est pourtant bien réel. Il est pourtant bien là. Il y a cette petite voix dans le fond de ton crâne qui te murmure qu'il te sera difficile de te détacher de lui maintenant que tu le vois. Cette petite voix qui te dit qu'il était, au final, aisé d'imaginer la fin tant que tu ne l'avais pas en face de toi. Mais maintenant, maintenant qu'il est là, maintenant qu'il y a cette main, cette douceur, une partie de toi souhaite rejeter violemment cette fin, ne pas l'accepter. Seulement, ce n'est pas ton choix.

Évidemment, les premiers mots de Sandro se tournent vers ce type que tu ne veux plus jamais croiser, que tu ne veux plus jamais voir ou même évoquer. Comme Argus, son premier réflexe est de s'inquiéter de ta santé. Comme Argus, il ne te place pas dans le rôle de la fautive, mais dans celui de la victime et si c'est plaisant, si tu lui en es reconnaissante, il y a toute cette partie de toi, toute cette dimension dure de ton être qui ne comprend pas. Il y a cette petite voix culpabilisante qui te dit que tu n'es pas une victime, tu as fait une erreur et qu'il serait légitime de te le reprocher. Il y a cette partie de toi qui ne se pardonne pas ce soir-là, qui ne se pardonne pas chaque faux pas, chaque idiotie que tu as pu dire ou faire dans ta vie. Cette même part de toi qui a un jour glissé la douce idée de se jeter de la tour de l'horloge, cette même part de toi qui a un jour dit que Payne et Pandore avaient raison, qu'ils avaient tous raisons. Cette part de toi qui te veux détruire, mais qui revient toujours, cette part de toi qui fait tout capoter, à chaque fois. Tu as un regard désolé pour Sandro, tes prunelles se baissent, tu as envie d'attraper ses mains de nouveau, mais tu n'oses pas. Tu ne sais pas si tu as le droit de rechercher son contact après tout ça.

« Il ne m'a pas frappée ou quoi que ce soit… J'ai juste eu… Peur, en fait. À un moment il m'a touchée et je me suis sentie agressée. C'était viscéral. Je ne voulais pas. J'ai paniqué, je me suis sentie nauséeuse et… Agressée, ouais. Alors je suis partie. Mais il ne m'a pas poursuivie. Je veux juste… Oublier tout ça. »

Mais tu sais que tu ne le peux pas. Qu'il y a des choses qui restent, comme des leçons, des alertes, des expériences désagréables qui servent de point de repère, de seuil de tolérance, d'indicateur. Tu sais, dans le fond, que ce type en fait désormais parti. Malgré lui, il représente ce pas que tu ne veux pas franchir, cette frontière en pulsion et envie. Celle que tu ne veux plus jamais fréquenter parce qu'elle te fait peur, cette frontière. Parce qu'il n'en ressort jamais rien de bon de flirter un peu trop près, un peu trop longtemps avec elle. Mais tu sais, que tout aussi malgré lui, cet inconnu t'as appris quelque chose, t'as inculquée une règle d'or que tu ne devras jamais oublier. Tu as le droit de faire bon nombre de choses, Dorothy, tu as le droit de tout expérimenter. Les deux seules conditions étant que ça se fasse par envie et à ton rythme. Tu ne devras jamais te forcer à faire quoi que ce soit sinon tu le regretteras. Tu ne devras jamais brûler les étapes pour faire plaisir à quelqu'un ou pour rentrer dans un certain cadre. Tant pis si tu ne fais pas partie de la moyenne, tant pis si tu ne fais pas comme tout le monde. Le plus important était de se sentir prête et d'en avoir envie. C'est ce que tu t'es juré, ce soir-là. Plus jamais tu ne te forceras à faire quoi que ce soit, plus jamais tu ne t'engageras sur un terrain que tu ne te sens pas prête à arpenter. Ne pas être dans la moyenne n'a jamais été un défaut, mais une qualité. Apprendre à prendre son temps, c'est apprendre à se respecter. Tu veux te respecter. Il n'y a que comme ça que tu pourras avancer.

Il y a dans la voix de Sandro une réelle culpabilité. Il s'en veut et tu as envie de lui dire qu'il n'est en rien responsable de ce qu'il s'est passé ce soir-là. Cette erreur, c'est la tienne, pas celle des autres et il serait profondément égoïste d'aller en son sens, de le convaincre du contraire. Ton cœur se sert, c'est douloureux de le voir comme ça.

« Tu… tu n’aurais jamais dû faire ça Dorothy. »
« Je sais. »

C’est tout ce que tu peux lui dire. Tu sais. Tu l’as bien imprimé. Il t’aura fallu te mettre en danger pour le comprendre, pour en prendre pleinement conscience, mais tu le sais. Tu le sais très bien désormais. C’est justement parce que tu le sais que tu fronces les sourcils face à cette culpabilité qu’exprime l’italien, face à cette rage. Ce n’était pas contre lui, tu n’avais jamais pensé contre lui. Tu avais toujours agi dans son intérêt, c’est ce que tu pensais.

« Je ne t'ai pas appelé justement pour ça. Je ne voulais pas… J'avais honte. Je me suis dit que tu pourrais être déçu, être dégoûté, que si tu me voyais comme ça peut-être que je pourrais te perdre et ça je ne le voulais pas. J'avais tellement honte, Sandro, j'avais tellement peur, j'étais tellement en colère. Je ne voulais pas te voir, j'avais trop peur de briser quelque chose entre toi et moi. »

C'était la stricte vérité et peut-être qu'elle ne lui plairait pas. Sans doute qu'elle ne lui plairait pas. Seulement, tu n'étais pas là pour lui donner ce qu'il attendait, tu n'étais pas là pour le brosser dans le sens du poil. Ce soir-là, Sandro n'avait pas été ton choix et tu ne te chercherais pas d'excuse pour cela. Ce soir-là, tu ne voulais pas le voir. Ce soir-là, tu avais eu trop peur des conséquences pour l'appeler, pour lui montrer cette part de toi-même. Tu avais appelé Gus parce qu'il n'y avait pas d'enjeu entre vous deux, parce que Gus était ton ami, un soutien irremplaçable et le seul qui aurait su comment te calmer, comment te sortir de là sans te briser davantage. Tu ne t'en excuserais pas. Tu ne lui diras pas désolée pour ça. Peut-être que dans un contexte différent, tu aurais appelé Sandro. Mais dans ce contexte-là, sûrement pas. Parce que le perdre était un scénario bien plus cauchemardesque que cette soirée maudite aux trois balais.

Tu lui offres néanmoins un regard coupable, tu n'aimes pas le voir comme ça. Il a l'air abattu, diminué. Il y a quelque chose, en toi, qui se brise, quelque chose d'insupportable dans cette vision. Tu ne voulais pas voir ce genre d'expression sur son visage. Sandro méritait tellement mieux, Sandro devait avoir tellement mieux. Tu as envie de le prendre dans tes bras, un besoin viscéral de le serrer contre toi, de lui dire que tout va bien, que s'est fini, que tu n'as rien, que tu l'aimes et que si tu ne l'as pas encore perdu, plus jamais tu ne le ferais. Tu as envie de le sentir, de ne plus jamais le lâcher. Mais tu n'oses pas. Tu n'oses pas, tu hésites, tu ne sais ce que tu peux faire, ce que tu as le droit de faire. Ça te fait mal de ne pas l'étreindre, mais d'un autre côté, tu désires respecter son choix. Sa tête échoue sur ton épaule, il a l'air tellement fatigué. Tu te mords la lèvre sous le coup de la culpabilité. Tu es tellement désolée. Tu te rends compte que tu lui fais mal et tu ne supportes pas ça. T'attends sa voix, tu sens son souffle et tu n'en es que plus désolée encore. Tu ne sais pas trop ce qui te pousse à passer tes bras autour de ses épaules, tu ne sais pas ce qui te pousse à caresser ses cheveux comme une mère le ferait. Tu as envie de lui dire que tout va bien que s'est fini, que tu ne recommenceras plus jamais, même si c'est une promesse dont tu ne peux jurer de l'honorer. Tu as envie de lui dire tout ça, mais tu n'oses pas. Les mots dans Sandro basculent aussi vers un sujet qui te sert le cœur, aussi. Tu mentirais si tu affirmais ne pas ressentir une très nette jalousie envers cette ex, une très légère appréhension aussi. Sandro a déjà connu des femmes, Sandro sait ce que toi, tu ne sais pas. Tu as peur de ce que ça peut signifier, engendrer. Tu le sers un peu plus contre toi, comme pour le sentir un peu plus, comme pour éloigner cette image de cette femme qui l'embrasse, qui le touche, qui profite de ce que toi, tu désires le plus. Mais tu ne lui reprocheras rien, à Sandro. Tu ne peux pas, tu ne veux pas. Il en avait le droit, il en a toujours le droit, théoriquement. Ce fruit défendu, cette erreur de l'alcool, vous ne pouviez pas vous le reprocher, pas maintenant.

Il se détache un peu de toi et tes bras le quittent à regret, mais pas tes yeux. Tu hoches la tête face à son envie de partager, de dire les choses. Il a raison, vous vous devez une honnêteté sans faille pour que ça marche. C'est un principe qui te plaît, ça te semble normal dans une… Une quoi exactement. Les mots qu'il a eu plus tôt ne t'on pas échappés. Il a pensé à toi, bien avant le concert, déjà. Ça, tu l'as imprimé. Ça, tu l'as bien entendu. Il a pensé à toi et il a été doux avec toi. Tu ne sais ce que tu dois en tirer, tu ne sais pas et ton cœur s'emballe un peu plus. Qu'est-ce qu'il t'avait manqué, ce visage, cette voix, cette odeur. Tout t'avait cruellement manqué. Ton cœur rate un battement, t'entrouvre les lèvres, avec une légère fièvre pétillante dans le regard. Tout n'est pas encore perdu, n'est-ce pas ? Il y a des mots qui résonnent en toi, qui te font vibrer de la tête au pied. Cette électricité que seul lui te transmettait. Elle était là. Tu la sentais. Tu es essentielle, qu'il te dit. Il a besoin de toi, il veut être plus. Plus. Ton cœur s'accélère, il te semble entendre le sang battre tes tempes. Il ne vit pas ta faute comme une trahison. Il veut être plus. Ça n'est pas encore fini. Tu n'as pas quitté une seule fois son regard, comme hypnotisée. Une partie de toi ne comprend pas, une autre s'emballe. Ce n'est pas fini.

« Je suis sûre de moi. »

C'est un murmure, un souffle. Tu es sûre. Tu n'as jamais été aussi sûre. Ses doigts, qui passent dans tes cheveux, te font mourir un peu plus. Tu te sens défaillir, Dorothy. Tu te demandes si ton cœur ne va pas finir par imploser tant, il s'agite. Tu n'as jamais ressenti ça, avant, jamais. C'est nouveau, étrange, légèrement fou. C'est une sensation à laquelle tu pourrais devenir accro, tu le sens. Tu as ce frisson qui te parcourt, cette vague qui te transcende. Vient-il dire qu'il voulait sortir avec toi ? Être avec toi ? Ne plus être deux entités, mais une ? Devenir un nous ? Tu le crois, c'est ce que tu crois comprendre en tout cas. Tu te perds dans ses yeux bleus, tu te perds dans ses traits. Tu te sens ivre sans avoir bu. Tu ne sais pas trop pourquoi tu fais ça. Tu ne sais pas si c'est une bonne idée ou pas. Ce n'est pas une pulsion, c'est une envie qui vient des tréfonds de ton cœur, une envie qui dort depuis trop longtemps pour être ignoré. Tu sais que ce n'est pas passager. Tu sais que ça secoue tout ton corps, que ça endort ton esprit et ta conscience. Mais tu sais que tu en meurs d'envie, qu'il en meurt d'envie aussi. Il vient de le dire.

Tu as le regard fiévreux, Dorothy, tu n'as jamais eu ce regard avant. Tu te redresses, tu n'as aucune emprise ou réflexion sur ce que tu t'apprêtes à faire. Si ce n'est pas lui, ça n'a pas de sens. Si ce n'est pas lui, ça ne sera personne. Ces mots résonnent en toi et t'enivre. À toi, rien qu'à toi. Il n'est rien qu'à toi. Tu as une main qui passe dans sa nuque pour ramener son visage vers le tien, tu as ce souffle qui réchauffe ses lèvres, ta bouche qui cherche la sienne. Tu as ce contact électrisant, ce feu qui se réveille. Tu as ce cœur qui explose alors que tes yeux se ferment. Tu as le goût de ses lèvres sur les tiennes et tu te sens vivante, enfin. Ce comme le volcan qui gronde pour enfin laisser libre cours à son éruption. C'est tous tes muscles qui se tendent et se détendent. C'est l'ivresse. C'est ce bonheur fou qu'on ne sait pas décrire avec des mains. C'est cette proximité que tu as enfin. C'est cet accomplissement. Rien qu'à toi. Il n'est rien qu'à toi. C'est ce souffle qui finit par te manquer. C'est tes lèvres qui se décollent des siennes alors que tu cherches de l'air. Tu as la sensation d'avoir couru un marathon, tu es essoufflée, rougissante. Tes yeux s'ouvrent lentement, timidement, tu cherches son regard. Tes mains ont glissé sur sa nuque. Tu ne sais plus où tu es, Dorothy, mais tu y es.

« Je… Qu’est-ce que tu voulais dire par… Sortir avec moi ? »

Toi-même tu ne comprends pas ta question. Tu aurais pu lui dire « whoua », tu aurais pu lui dire qu’il était beau mais non. Tu as cette petite voix qui résonne, pleine d’ironie.

SUPER PUNCHLINE DOROTHY NICE.


Sandro # Alcôve du 5e étage # Juin 2029


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Sandro Clemenza
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Dim 30 Juin - 0:14

C’est quand même fou de se dire que ces deux-là, ils ne cessent d’être toujours plus honnêtes et transparents l’un envers l’autre, à chaque fois qu’ils se voient, à chaque fois qu’ils se parlent, à chaque fois qu’ils sont ensemble. Jamais jusqu’à présent Sandro n’avait à ce point ressenti le besoin d’être honnête envers quelqu’un. Avec Dorothy, c’est une nécessité. Depuis qu’ils se sont rencontrés, la candeur de la Serdaigle le touche. C’est une innocence dans le sens le plus pur du terme. Elle a une intelligence folle, mais sur certains aspects, par certains de ses gestes, sa jeunesse éclate autant que ses incertitudes. Avec elle, l’italien se découvre doux, tendre, attentif et à l’écoute. Lui qui sait faire preuve d’une impulsivité qui lui a plus d’une fois joué des tours, le voilà qui fait tout ce qu’il faut pour ne pas la brusquer et qui se dévoile avec elle plus qu’il ne l’a fait depuis longtemps.

Quand il est face à elle, il a besoin de savoir qu’elle se sent bien. Bien dans son corps, dans sa tête et bien avec lui, aussi. Lors du concert, il n’y avait aucun doute. C’était un cocon bienheureux où ils ont partagé bien plus que deux heures de musique. Ce qui est né entre eux ce jour-là a pris une place indétrônable. Une amitié et… plus. C’est ce « plus » qui germait depuis quelque temps, avant le concert, même, si le Serpentard voulait bien se l’admettre. C’est ce « plus » qui le rend inquiet à son encontre, énervé à l’idée de « ce type » qui aurait pu lui faire du mal. Pour lui, Dorothy est forcément la victime dans l’histoire, il ne se pose même pas la question. Même si elle a été maladroite, même si elle a laissé croire quelque chose… le type aurait dû réaliser qu’elle n’était pas sobre, qu’elle n’était pas à même de faire ses choix en pleine conscience. Il n’aurait même pas dû l’approcher. Il n’aurait jamais dû la toucher. Rien qu’en y songeant c’est un éclair sombre qui illumine les yeux du Clemenza. Il ne rétorque rien toutefois. Elle explique avoir eu plus de peur que de mal et qu’elle veut oublier ça… il serait malvenu d’en rajouter une couche.

Alors, il essaie de mettre ça de côté, de se concentrer sur elle. Son état actuel et cette peur, visible, qui est la sienne. La peur de l’instant et la peur de son jugement, à lui. Il ne veut pas juger. Il ne peut pas juger. Il lui rappelle que c’était une mauvaise idée, il ne peut pas s’en empêcher malgré lui… il sent toutefois qu’elle l’a parfaitement assimilé, elle aussi. Et quand il lui souffle qu’elle aurait pu l’appeler, qu’il se serait précipité pour venir, sa réponse ne lui plaît pas vraiment, à l’italien. C’est vraiment les craintes qu’elle avait à son égard, les craintes qu’il lui en veuille, le fait aussi qu’elle savait qu’elle avait fait les mauvais choix ce soir-là qui l’ont poussé à contacter Argus. A préférer Argus. Il n’aime pas l’entendre, Sandro. Il peut comprendre, il peut essayer de comprendre, mais il n’aime pas quand même.

- Ça n’aurait rien brisé. Je tiens trop à toi pour ça. Il murmure ça entre ses dents. C’est une réalité. Il ne lui en veut pas, c’est juste que… il aurait été là pour elle, quoi. Mais peu importe… l’essentiel c’est que tu ailles bien. Je suis content de savoir qu’Argus est venu t’aider. Non sans une pointe de jalousie, un peu. Un petit peu. Mais quand même. Argus est un bon gars. Ils sont de la même année et, bien qu'ils soient tous deux amis de Beckett ne sont pas forcément proches, mais ils ont suivi pas mal de cours ensemble, jusqu'aux ASPIC. Il sait donc que c’est une vérité, la preuve. C’est un bon ami sur lequel Dorothy peut compter.

C’est lui, ensuite, qui fait preuve d’une sincérité nécessaire, à son tour. Il a le front posé sur son épaule et quand il parle, il sent les bras de la Serdaigle l’enlacer. Il aime cette sensation, bien qu’il ne soit pas certain de pleinement mériter ça au regard de ce qu’il admet. Ce qui s’est passé avec Kate. Il n’en a pas reparlé avec cette dernière, mais il a bien compris qu’elle comme lui, ce soir-là, ils pensaient à d’autres personnes qu’eux-mêmes. C’est triste à dire, mais il en est conscient. Kate, il sait comment elle fonctionne. Ils ne se sont rien dits à ce propos, seulement… c’était comme une évidence. Ils ont voulu jouer, projeter derrière les gestes et les contacts des visages différents. Ils ne sont pas allés bien loin, s’arrêtant d’eux-mêmes face à l’absurdité de la chose. Il n’empêche, Sandro n’en est pas fier. Il en parle à Dorothy, tout de même. Il ne sait pas si c’est judicieux. L’idée n’est pas de dire : « tiens, tu as merdé ? c’est marrant, moi aussi ! ». Non. Plutôt lui faire comprendre que si elle a honte… qu’ils aient honte à deux, alors. Parce que ce genre de situation peut arriver, parfois. L’alcool est un poison idiot. Si elle a merdé, qu’elle sache que lui aussi.

En étant vrai sur ce qu’ils ressentent, sans doute n’auront-ils plus besoin de merder ailleurs. Qu’ils merdent entre eux, à deux. C’est un peu ce qu’il ressent, Sandro, tandis qu’il parle. Il parle et il dit vrai. Il parle et il veut qu’elle comprenne, qu’elle ressente combien il tient à elle et tout ce qui s’est dit, en cet instant, ne fait que renforcer tout ça. Elle avait peur de le faire fuir, c’est complètement l’inverse. Ils savent se parler. Ils arrivent à le faire même quand c’est délicat, même quand c’est peu glorieux. C’est parce qu’ils fonctionnent comme ça, tous les deux. Depuis le début, d’ailleurs. Elle a su le découvrir dans un instant de grande fragilité : lorsqu’il joue de son saxo. Elle a su l’appréhender et il l’a acceptée dans son cocon de musique. Déjà, ce n’était pas rien à l’époque, et au fil des semaines cette réalité n’a fait que grandir.

Ils se sont laissés du temps mais… ce n’est plus nécessaire. Ce temps ne fait que les écarter, alors qu’ils n’ont qu’une seule envie : être ensemble. Il en a envie et elle aussi. Elle lui dit et il en fait de même. Il s’entend parler, il a conscience de beaucoup parler. Il a besoin qu’elle l’entende. Qu’elle arrête de se diminuer ou se sentir honteuse. Tandis qu’il la conforte dans ce qu’il ressent, ses doigts se perdent dans ses drôles de cheveux roses, si fascinants. Elle murmure qu’elle est sûre d’elle. Il ne peut détourner son regard. Il veut… il veut la sentir au plus près de lui. Il lui fait comprendre que ce baiser qu’ils n’ont pas voulu se donner trop précipitamment, au concert, il veut… il veut se le permettre, là. Il ne prendra pas les devants, toutefois. C’est son premier baiser et il l’a bien retenu, ça. Elle ne l’a pas forcément dit clairement mais il se doute bien que c’est important pour elle, et il ne prend pas ça à la légère. Il veut que ce soit sa décision. Son moment, si elle le souhaite autant que lui.

Les joues rosies, le regard fiévreux, tout en elle est enivrant. Il ne perd pas une miette de son visage tandis qu’elle se penche délicatement vers lui. Elle pose ses lèvres sur les siennes et il la laisse découvrir ce contact. C’est doux, c’est tendre et en même temps c’est plein de promesses. Il aime ça. Elle a les yeux fermés et il laisse les siens ouverts, volontairement. Il ne veut rien perdre de ce spectacle. Il y a désormais une certaine plénitude sur le visage de la jeune femme et lui même s’applique à laisser ses lèvres glisser furtivement sur les siennes. Il pourrait se montrer plus entreprenant… ce n’est pas l’envie qui manque, soyons clairs, mais il n’en fait rien. Il aime l’idée d’un baiser chaste. Le premier baiser de Dorothy. C’est pas rien. Il a conscience que ce n’est pas rien. Cela prouve une fois de plus la confiance qu’elle lui accorde. Cette confiance que jamais il ne voudra trahir. Lorsqu’elle s’écarte, elle est d’autant plus rougissante et Sandro, de son côté, a parfaitement conscience de sourire comme un bienheureux. Sa main à lui est toujours glissée dans ses cheveux, derrière son oreille droite et ses mains à elle se sont également perdues dans sa nuque. Comme s’ils avaient besoin de savourer, de ne pas perdre le contact.

- Voglio essere il tuo ragazzo, Do. (*) Il murmure en italien et se permet d’initier un second baiser. Elle a eu toute la liberté du premier mais un seul ne suffira pas. Il aime se dire qu’il en a le droit maintenant. Il aime se dire qu’elle souhaite ça autant que lui. Il se permet même de l’embrasser en deux temps, s’attardant volontairement sur sa lèvre du haut avant de se positionner plus franchement, se délectant de la sensation de leurs lèvres, complices.

Il se décale à peine d’elle, sentant son souffle contre le sien. Il sait l’effet qu’il lui fait et c’est réciproque, complètement réciproque. Il pourrait s’enivrer de leur simple proximité, de profiter d’être ensemble et d’avoir admis ce qui bousculait leurs cœurs jusque-là.

- Je veux… je veux être ton petit-ami, Do. C’est ce que j’entends par là. Celui qui pourra être auprès de toi, quand ça va et quand ça ne va pas. Celui qui pourra te voir t’épanouir toujours plus, t’aider à prendre confiance en toi. Je veux aussi être le chanceux qui pourra dire « Oui, je suis avec Dorothy. ». Je veux être là pour toi et envoyer chier les jaloux ou les mauvaises langues.

Sa main délaisse désormais la chevelure de la Serdaigle pour se perdre, joueuse, dans son dos. Il aime sentir ce contact.

- Je sais pas si je serai forcément le petit-ami idéal, mais je vais tout faire pour. Je… J’aime ce qu’il y a entre nous. J’aime le fait qu’on puisse se parler, comme ça. Tu es spéciale, Do, et je m’estime chanceux que tu sois tombée amoureuse de moi. Parce que c’est réciproque.

Les mots d’amour, il n’a jamais été fortiche avec, et on lui a déjà reproché par le passé. « Les trois mots », il les a dit qu’à une seule de ses petites amies passées et s’abstiendra bien de préciser qu’il s’agissait de Kate. Il est de ceux qui leur accordent une importance très particulière, à ces mots. Il ne se précipite pas pour les exprimer. C’est comme ça. Il lui faut du temps mais il n’empêche… ce qu’il ressent pour Dorothy, c’est fort. Très fort. Et il réalise combien, pour le moment, il a besoin de la sentir auprès de lui.

- Mais… Do. Surtout… on va à ton rythme.

Parce que dans tout ce qu’il a entendu, dans ce qu’elle lui a raconté, il a bien retenu qu’il a été question de premier baiser – c’est bon, ils ont passé ce stade et la simple constatation fait briller ses yeux – mais aussi de première fois. C’est elle qui en a parlé. Pour ça comme pour bien d’autres choses, il a besoin qu’elle sache que c’est elle qui mène la danse. Accepter de sortir avec Dorothy, avoir la chance de sortir avec Dorothy, c’est aussi l’accepter dans tout ce qu’elle est et accepter la différence d’âge ou d’expérience entre eux.

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(*) Voglio essere il tuo ragazzo, Do. → Je veux être ton petit-ami, Do.
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Dorothy Martin
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Lun 1 Juil - 15:06

Answer
Because i love you


Au fond de ton lit, tu avais longtemps appréhendé et rêvé ce moment. Tu te souviens de cette enfant tout juste rentrée dans l'adolescence, cette gamine de treize ans qui jalousait autant qu'elle craignait cette liberté, ce droit à l'amour qu'on lui avait violemment retiré. Tu te souviens de cette enfant rongée par l'envie qui relisait en boucle les mots du Stup, de cette fille qui regardait avec un dédain certain toutes ces camarades qui, aux files des mois, se faisaient de plus en plus nombreuses à vanter leur premier baisé, quelques années plus tard leur première fois. Tu te souvenais de cette adolescente qui, dans le fond de son lit, se disait que ce n'était pas pour elle, qu'elle ne verrait jamais ça, que ce n'était pas si grave. Tu te souviens de cette adolescente qui dans le fond de son lit se disait que ce n'était pas si grave, mais que, pourtant, la jalousie ne partait pas. Tu avais toujours gardé cette rancœur au fond de toi, Dorothy. Tu avais eu la sensation que le stup t'avait volée une partie de ton adolescence, que tu ne pourrais pas faire partie de ces filles qui, en gloussant, racontaient comment l'amour les avait fauchés, comment la séduction avait opéré. Tu n'y avais plus cru parce qu'une partie de toi savait que ça ne serait pas simple. Tu avais des appréhensions, des craintes à faire taire et tu doutais sincèrement que quiconque ait la patience pour s'atteler à cette montagne d'incertitude que tu es. Et pourtant, il est là. Lui. Il est là. Tu ne sais pas par quel miracle, mais il est là.

Tu ne sais pas si c’est de la reconnaissance ou du soulagement que tu exprimes alors que tes lèvres touchent les siennes. Tu ne saurais mettre de mot sur cette sensation de libération. Il te semble que l’électricité des lèvres de Sandro fait sauter un cadenas jusque-là solidement verrouillé, fait fissurer cette petite boite d’appréhension que tu avais jalousement conservée jusque-là. Il y a, oui, quelque chose de libérateur, quelque chose de doux, de véritablement bon à sentir ce contact si particulier sur ta bouche, à découvrir ces petits fourmillements délicieux parcourir ton corps, à entendre son souffle, à toucher sa peau. Il y avait quelque chose de… Vivant. De concret. Une sensation nouvelle, comme-ci ton cœur se remplissait d’une source de vitalité jusque-là ignorée. Tu te sens chancelante, Dorothy, légèrement perdue, enivrée, mais tu sens véritablement bien. Tu te sens en vie, libre. Il y a une sorte de relation, de consécration. Ce droit à l’amour tu l’as, toi aussi. Tu l’as. Tu l’as fait valoir et il a été accepté.

Tu t'enivres de ce contact, tu frissonnes sous lui. Est-ce que Sandro frisonne aussi ? Est-ce qu'il les sent, ces petits fourmillements ? Ce tonnerre qui gronde ? Cette douceur mêlée à de l'envie ? Ce doux frisson ? Est-ce qu'il le sent, ce bonheur fou ? Cette libération ? Est-ce qu'il sent son cœur battre ? Est-ce que lui aussi, enfin, se sent pleinement vivant ?

Tu romps le contact par manque de souffle, essoufflée, rougissante mais pleine de vie. Tes yeux cherchent les siens et il sourit, Sandro. Il sourit tellement. Tu sens ton cœur battre un peu plus fort alors qu'il s'approche de nouveau pour sceller un nouveau baisé. Tu sens l'expérience, tu sens qu'il sait ce qu'il fait. Il fait naître en toi tout un tas de sensation que tu ne sais pas identifier. La seule chose que tu sais, c'est qu'en cet instant, tu tombes, tu tombes et tu aimes tomber. Il te semble qu'il n'a jamais été aussi bon de chuter, de s'abandonner, de mettre sa conscience et tout le reste sur pause pour juste savourer. Tes doigts viennent s'accrocher délicatement au col de son haut, légèrement tremblante, légèrement euphorique aussi. Tu te laisses malgré toi guider et emporter. Tu te sens fière, Dorothy. Lorsque le contact se brise de nouveau, tu es chamboulée de l'intérieur, tu es incapable de demi-mesure, de masquer l'effet qu'il te fait, ce désir que tu as, cette envie qui te bouscule. Vous êtes tout proche, souffle contre souffle. Ses cheveux rebelles viennent chatouiller ton front. Tu ne te détaches pas, Dorothy, tu ne veux pas. Il te semble qu'il n'y aurait rien de plus désagréable que tu ne plus le sentir contre toi. Tu as le souffle court, le cœur qui cogne. En t'embrassant une seconde fois, n'avait-il pas été plus que clair ?

Pourtant, Sandro te malmène, te bouscule encore. Tu te sens rougir, tu te sens sourire un peu bêtement aussi. Tu n'arrives pas à refréner ce léger sourire, ce sourire un peu trop prononcé et stupide qui te prend. Il veut sortir avec toi, être ton petit ami, être le chanceux qui pourra se vanter d'être avec Dorothy Martin. Le chanceux qui pourra se vanter, parce que c'est une chance d'être avec toi, c'est ce qu'il dit, c'est ce que tu entends. Tu as les yeux brillants, tu absorbes ses mots avec beaucoup trop de convictions, beaucoup trop d'envie. Alors c’est cela être avec quelqu'un ? Tu avais toujours imaginé, tu avais toujours questionné ce fait un peu fou d'être en couple. On en faisait tellement toute une histoire, les gens en parlaient avec tellement d'importance, tellement de sérieux. Tu avais eu l'impression, des années plus tôt, qu'avoir un petit copain était quelque chose de très officiel, tu t'étais demandé s'il y avait des règles, s'il y avait des contrats. À partir de quand et d'où pouvons-nous déduire que nous sortons avec quelqu'un ? Pourtant, il te semble, face à Sandro, qu'il n'y a ni besoin de contrat, de règle, ou même de mot. Il suffit d'un regard, il suffit de sentir. C'est tout un corps, toute une âme qui dit oui. C'est un accord muet, sensoriel. Tu le sais. Il le sait. Tu ne saurais l'expliquer. C'est… Naturel. Ce n'est pas gênant. C'est juste, te semble-t-il la conclusion logique. Tu le sais. Il le sait. Il n'y avait pas besoin de règle, pas besoin d'explication. C'était comme ça. Tu avais juste à sentir ton cœur qui bat, à sentir ces mille sensations qui t'inondent pour le comprendre. C'était comme ça.

C’était comme ça pour lui aussi. Tu sens sa main glisser dans ton dos, tu te sens te courber quelque peu, tu sens ta main glisser à son tour sur sa nuque. C’était comme ça. Il te dit qu’il ne sera pas un petit-ami parfait mais tu ne l’entends qu’à moitié.

« Ça n’a pas d’importance que tu sois idéal ou pas. » murmures-tu. « Je t’ai choisie, je sais quel homme j’ai choisi. »

En cela, tu étais sûre de toi. Tu savais vers qui ton cœur avait décidé de se tourner, tu savais vers qui tes pensées se tournait, qui faisait naître en toi ce souffle de vie, cette joie insolente. Tu savais parce qu'il n'y avait que lui, il n'y avait toujours eu que lui. C'est très clair dans ta tête, Dorothy. C'est clair parce que tu ne peux ignorer ce que tu ressens, ce que sa présence te fait ressentir. Tu ne peux ignorer ce besoin de l'avoir près de toi, d'exister pour lui, d'avoir ta place, d'être LA fille. Tu ne peux ignorer tout ça et peut être qu'au fond de toi tu le savais depuis Mandragoria. Mais tu avais choisi de prendre le temps de bien y réfléchir, de peser le pour et le contre pour ne pas avoir de regret. Parce que c'était un pas important autant bien pour lui que pour toi. C'était quelque chose de précieux qui méritait d'être médité. Tu en as assez de méditer. Tu avais réfléchi, tu avais pris le temps et en cela, tu étais sûre que tu n'aurais aucuns regrets. Qu'importe où cela vous mène tu n'auras aucuns regrets.

« J'aime ce qu'on est aussi… J'aime être avec toi et je veux vivre ça avec toi. Je ne sais pas où ça nous mènera mais je m'en fiche. Tu m'as demandé de choisir ce que je ne serais pas en mesure de regretter et je suis sûre que te regretter toi, humainement ce me serait impossible. »

Tu lui souris, un peu timidement tu avoues. C'est tellement fou, tellement irréel. Mais tu dois sortir de ce rêve quelques secondes pour rassurer ses dernières craintes. Parce qu'il y a quelque chose que tu as offert à Sandro en plus de ton cœur, quelque chose qui fait que tu es à l'aise, quelque chose qui fait que tu ne doutes pas.

« J'ai confiance en toi. »

Tu sais qu'il ne te brusquera pas. Tu sais qu'il est assez intelligent et bon pour faire les choses à ton rythme, pour te laisser le droit de prendre tes marques, d'expérimenter quand tu te sens prête à le faire. Tu sais que tu peux lui parler, que tu n'as pas à avoir honte d'avoir des envies, d'exprimer du désir, tu sais qu'il n'y a pas de tabou à avoir avec lui. Il a toute ta confiance, Sandro. Toute ta confiance pour enfin oser cette aventure, enfin t'autoriser à vivre ça. Tu attendais la bonne personne pour le faire, au fond de toi et il est cette bonne personne. Tu sais que tu ne regretteras pas, au fond de toi tu sais que tu n'as jamais été aussi sûre de toi, aussi euphorique à l'idée de franchir ce pas interdit de l'intimité. Parce que tu l'as choisi. Parce qu'il est ton choix mûrement réfléchi. Parce que Sandro n'est pas un caprice ou une impulsion. Parce qu'il n'est pas un coup de tête. Tu sais que tu n'auras rien à regretter, parce que ces sentiments valent le coup de plonger dans l'inconnue. Tu ne plonges pas seule. Tu n'as plus peur.

Tu n'as pas décroché de son regard. Tes doigts n'ont pas cessés leurs caresses. Tu lui souris, tu as cette petite étincelle au fond des yeux, cette petite lueure rieuse. Tu es bien. Tu te sens allégée d'un poids. Mais tes lèvres s'assèche déjà d'avoir quitté les siennes. Tu as tant voulu réclamer ça… Tu en as le droit maintenant. Alors tu profites de cette proximité de cette peau si proche de la tienne, de ce visage à portée de souffle pour lever la tête et de nouveau effleurer ses lèvres. Tu les effleures tu les embrasses, tes doigts continuant leur danse, naturellement. Tu n'as pas besoin de lui demander si vous sortez tellement ensemble, tu sais que c'est le cas. Tu n'embrasses plus Sandro en tant que crush mais en tant que petit copain. Tu te sens gonflée de fierté. Ton petit copain. Pas celui d'un autre. Le tien.

Tes mains viennent finalement pendre dans son dos alors que tu colles ton corps au sien.

« Ça m'avait manqué. » laisses tu échapper. « C'était dur de ne plus avoir le droit à tout ça après Mandragoria. »

Mais c'était finit. Maintenant tu en avais le droit. Tu en avais le droit et tu étais la seule à l'avoir et ça ne durerait pas qu'une nuit.


Sandro # Alcôve du 5e étage # Juin 2029


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Sandro Clemenza
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Mar 9 Juil - 0:11

Cela peut paraître absolument niais mais en cet instant, Sandro se sent pleinement heureux et amoureux. Oui, amoureux, totalement. Ce n’est pas le genre de sentiment qu’il aurait tendance à clamer seulement, il sait que c’est le cas. Petit à petit ce lien, cette alchimie qu’il a très vite eu avec Dorothy a su se transformer en quelque chose de plus. Une curiosité, une amitié, une belle amitié et des sentiments plus forts encore. Le besoin d’être avec elle. De discuter avec elle. La voir s’emballer pour bien des choses et échanger avec la même énergie sur d’autres sujets. Rien que le fait de lui envoyer des musiques de films ou instrumentales, avant de se coucher, ça a donné une tournure plus intime à leurs échanges. Ce n’est pas le genre de chose que Sandro aurait fait avec n’importe quoi. Non. Très vite il a compris que Dorothy Martin pouvait – allait ? - être quelqu’un de particulier, pour lui. Une belle trouvaille comme la vie en offre peu.

Quelqu’un de particulier, elle l’est. Ah ça oui. Elle a su devenir essentielle et il aime son contact, il aime ce regard qu’elle tourne vers lui et ce sourire qui illumine son visage. Il aime la sincérité qu’ils ont entre eux, même si la vérité n’est pas toujours simple à entendre. Mettre des mots, même quand c’est difficile, c’est bien. Une preuve que le ressenti de l’autre importe. Qu’on souhaite qu’il nous connaisse réellement, tel que l’on est, et pas tel que l’on veut paraître. C’est là toute la différence. Il est aisé de jouer avec les attitudes, mimer les allures d’un autre, faire croire qu’on est tout autre chose. C’est facile, oui. Mais pas face aux gens qui comptent. Pas face à une personne dont on a envie qu’elle nous aime tout entier. Qu’elle nous regarde et transperce les boucliers que l’on dresse, consciemment ou non, autour de nous. Le brun se rend compte qu’avec Dorothy, il a cherché tout ça. Et sans se mettre la barre haute, sans s’infliger de pression particulière… non. Dès le départ, ça s’est fait naturellement, à petits pas et à leur rythme.

Tout ce qu’ils vont être, il veut que ça se fasse de la même manière : doucement et comme une évidence. Ne pas chercher à plaire forcément à l’autre. Chercher à être sincère. Jamais cela ne lui a paru à ce point important à Sandro que face à Dorothy. Il ne sait pas si c’est le fait que dès le départ elle soit parvenue à briser sa bulle de solitaire qu’il s’était forgé quand il joue de son saxo. Il ne sait pas si c’est la facilité avec laquelle il arrive à discuter avec elle ou la différence d’âge qu’ils ont. Il ne veut rien abîmer en elle. Rien flétrir. Il sait que ce qu’elle accepte avec lui, l’aventure qu’il lui propose, à deux, elle ne l’a jamais tenté avec quelqu’un d’autre. Pour elle, il est le premier. Alors oui, c’est maintenant, peut-être, qu’il sent un peu de pression… c’est pour ça qu’il la met en garde de suite. Il a des travers, comme tout le monde, et dans les choses du cœur, il est loin d’être parfait. Lui aussi, il a encore beaucoup à apprendre en la matière et a déjà eu à quelques reprises l’occasion de constater ses maladresses.

Elle dit de jolies choses, Dorothy, et ça le touche. Il se sent légèrement rougir et baisse quelque peu la tête. Il lui murmure à l’oreille :

- Ça tombe bien, alors. Parce que je sais quelle femme j’ai choisie, et je sais qu’elle a plein de qualités et beaucoup qu’il me reste à découvrir.

Dorothy, c’est une jeune femme accomplie, avec une force dont elle ne doit même pas avoir conscience. Une force dans ses mots, une force dans sa prestance et sa vivacité d’esprit. Plus d’une fois, déjà, elle a su le surprendre. Il ne doute pas que d’autres arriveront encore. Il ne veut plus l’entendre se diminuer comme elle l’a fait par le passé. Il a décidé d’être son petit ami et il fera tout son possible pour qu’elle se sente bien, dans son corps et dans sa tête, sans se soucier du reste. Qu’elle s’épanouisse plus encore, à ses côtés.

Elle met des mots sur ce qu’ils deviennent, un cet instant. Un couple. Deux êtres à même de s’aimer, de s’accompagner, de parcourir un beau chemin ensemble. Quand il dit être chanceux, il le pense. Il ne doute pas le moins du monde de son choix, son cœur et les sensations qu’il ressent auprès d’elle, sous l’effet des gestes ingénus qu’elle a pour lui… il n’invente rien. C’est un besoin et une joie.

Cela se décuple, d’ailleurs, quand elle parle de confiance. C’est compliqué, la confiance. Pour peu qu’on lui accorde une valeur importante, on ne peut pas l’accorder à n’importe qui. Elle lui fait confiance et ce n’est pas rien. D’autant plus en tant que son premier petit-ami – difficile de vouloir dire « et dernier » sans être prétentieux… il n’empêche que ça lui traverse l’esprit. Il se refuserait de tromper cette confiance. Elle le lui accorde et… il s’en sent digne. Il sait ce que ça veut dire, particulièrement dans un couple. La confiance, ça englobe bien des aspects de la vie, autant dans la parole que dans les gestes, dans le fait d’être un point de repère sans étouffer l’autre, pour autant. La confiance, c’est savoir s’accorder de la liberté sans jamais se perdre de vue. C’est savoir que l’autre, où qu’il soit et quoiqu’il fasse sera toujours là pour soi, toujours à même de prendre soin de l’autre, sans le brusquer. Sandro, il comprend tout ça et il accentue son sourire ainsi que la délicate caresse de sa main dans le dos de la Serdaigle.

- Tu m’en vois honoré, Do. Sache que la réciproque est vraie.

Oui. Pour l’italien, ce n’est pas peu dire. Rares sont les personnes qui peuvent prétendre avoir sa confiance.

- J’aime être auprès de toi et je veux qu’on découvre ensemble ce que l’avenir nous réserve.

Parce que la vie d’un couple est rarement un long fleuve tranquille. Même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas forcément être dans la tête de l’autre, comprendre parfaitement ses pensées ou ses envies. Des fois on fait des erreurs, des fois on gaffe ou on s’emporte pour rien… il le sait ça aussi. Ça fait parti de l’aventure. Il lui fait confiance, il se fait confiance pour réussir à mettre des mots là-dessus, à chaque fois, et apprendre de ces moments agités pour renforcer ce qu’ils sont. Il y tient.

Ce qu’ils se disent désormais est presque chuchoté, comme si rien ne devait troubler cet instant. Ils sont toujours l’un auprès de l’autre, Dorothy légèrement en hauteur, assise dans l’un des renforcements de l’alcôve, ce qui fait qu’elle est à un niveau idéal. Son corps au niveau du torse de Sandro et il ne perd rien de son léger geste de la tête pour l’embrasser à nouveau. Il l’embrasse avec la même douceur qu’elle. C’est comme une onde électrique qui le parcourt à cette sensation. C’est grisant et délicat en même temps et il aime qu’elle en soit à l’initiative. Quand elle glisse ses mains dans son dos, il la serre contre lui et respire son odeur. Il acquiesce de la tête.

- Oui, ça m’avait manqué aussi. Je crois que je pourrais devenir dépendant…

Il souffle dans un sourire qui doit s’entendre quelque peu. Cette proximité, cette intimité, ça lui fait du bien. Il aime ça et il aime voir qu’elle la recherche autant que lui. Pendant quelques instants, ils restent comme ça. Sans rien dire. Juste se serrer l’un contre l’autre, profiter de cette sensation nouvelle, cette liberté qu’ils ont l’un envers l’autre, maintenant que tout est dit, que tout est affirmé, que tout est officiel.

Il a la tête glissée dans l’angle du cou de Dorothy et de son épaule. Il pourrait rester comme ça longtemps, très longtemps… une pensée lui traverse toutefois l’esprit et il finit par briser le silence de ces quelques minutes magiques.

- Et euh… le bal du gala de fin d’année… on y va ensemble, hein ?

C’est maladroit comme formulation, mais il ne veut pas être trop affirmatif. Le gala est dans un peu plus de deux semaines, nombreux sont ceux qui ont déjà déterminé qui serait leur cavalier ou leur cavalière… il vivrait mal le fait de ne pas y aller avec elle, maintenant qu’ils sont véritablement ensemble mais… elle peut avoir décidé d’y aller avec un ami (plz pas Argus), beaucoup le font.

Il se redresse toutefois et se recule, de façon à avoir son visage face à elle.

- Enfin, je veux dire… si tu n’as pas déjà été invitée j’aimerais vraiment être ton cavalier.

Sa main se glisse dans la sienne, il la serre doucement.

- Avec tout ce qui se passe c’est déjà une bonne chose que le gala soit maintenu et je me dis que ce serait bien de profiter de chaque occasion d’être ensemble… Il sourit doucement et ponctue. Et ça risque d’en surprendre plus d’un !

Parce que lui, il est pas du genre à balancer à droite à gauche « Hé, je sors avec elle ! ». Non. Il préfère que les choses se fassent naturellement sans jouer le jeu des potins et des bruits de couloir. Si le fait qu’ils sortent ensemble doit se savoir via le bal… qu’il en soit ainsi. Cela restera une belle manière de marquer les esprits, d’autant qu’on ne peut pas dire qu’on les voit particulièrement ensemble, jusque-là. Ils ont plutôt opté paour les communications par messages et quand ils se voient, c’est le plus souvent ici. Ce lieu est devenu leur lieu. Un endroit calme et secret, presque, où leur histoire prend forme avec douceur. Alors oui, le bal pourra être une belle occasion de se dévoiler.

Mais ça, c’est si elle accepte.
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Dernière édition par Sandro Clemenza le Dim 21 Juil - 18:32, édité 1 fois
Dorothy Martin
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Mer 10 Juil - 23:53

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Il y avait des mots qui avaient plus de sens que d'autres pour toi, et la confiance en faisait partie. Confiance, c'était un mot autant effrayant qu'attractif. Confiance, c'était une suite de lettres lourde de sens. Il y avait des mots, comme ça, qu'on plaçait plus haut que d'autre. Il y avait des mots, comme ça, qui prenaient une signification bien plus complexe, bien plus révélatrice. La confiance, pour toi, c'était quelque chose dont tu manquais. Dès le départ, en vérité. La confiance, on la construit au contact de l'humain et ton enfance murée entre les quatre murs de la maison familiale n'y avait pas aidé. Tu avais cru être confiante avant de te confronter à la réalité de la vie en société. Poudlard avait été ton premier pas dans le « vrai » monde et s'il avait été une source d'émerveillement les premières semaines, il avait aussi été une source de désillusion. La confiance, ensuite, est devenue quelque chose que tu t'es refusée t'accorder. Tu as expérimenté ce que cela faisait de la voir briser, bafouée. Tu avais vécu cela une fois et ça t'avait suffi. La confiance était quelque chose de précieux, quelque chose que tu t'étais convaincue d'endormir, d'enfermer à double tour dans une boite avant d'en jeter la clé. Pourtant, la confiance avait été, aussi, quelque chose que tu continuais d'espérer. Ce n'était pas avoué, ce n'était pas voulu. Malgré toi, tu avais conservé la clé de la boite. Ça avait pris des années avant que tu ne trouves la force de t'en servir de nouveau. Parce qu'au fil du temps, tu t'étais rendu compte qu'il valait mieux une vie qui laisse quelques cicatrices qu'une vie à peine vécue. Jouer les morts-vivants était un style de vie simple et sécuritaire, mais ô combien ennuyeux. À quoi bon exister si ce n’était pour vivre ? À quoi bon rester là si on ne trouve plus aucun plaisir dans rien, si on n’est plus capable de faire brûler l’étincelle une dernière fois ? Aujourd’hui, tu étais de nouveau capable d’ouvrir la boite et de partager ce qu’elle contenait. C’était ton effort, le pari que tu avais fait. Si cette vie devait être pleine de cicatrice, soit, mais au moins, elle aura été vécue. C’était là la chose que tu t’étais promise, même si ce n’est pas facile, les vivants ont le devoir d’essayer de vivre. Alors tu avais partagé ce que contenait cette boite. Avec un peu d’appréhension, avec un peu de méfiance des fois. Offrir cette confiance, c’était prendre le risque d’être blessée une nouvelle fois, c’était dévoiler un peu de soi. Pourtant, il te semblait que c’était un effort nécessaire et obligatoire pour espérer bâtir quelque chose de stable, pour espérer obtenir cette vie qui vaut la peine d’être vécue. La confiance avait un sens particulier, important pour toi. Ce que tu offrais à Sandro était précieux et une partie de toi savait qu’il le comprenait. Cette confiance, c’était ton pas vers lui, le pari que tu décidais de mener. Parce que tu t’étais promise d’essayer. Parce que tu veux essayer. C’était ton caprice, ce que tu avais imposé à cette partie de toi qui n’espérait plus rien. « Je veux essayer, juste une dernière fois. Je pense qu’on mérite de se donner cette chance-là. »

La caresse de sa main dans ton dos te fait esquisser un sourire doux. Il est compréhensif, Sandro, à l'écoute. Il a une humanité et une patience qui te surprend agréablement. Tu as besoin de mettre des mots sur bon nombre de choses pour te rassurer. Tu ne supportes pas les non-dits, tu ne supportes pas l'ambivalence. Tu sais ô combien il peut être délicat de traiter avec toi, à cause de cela. Mais Sandro à cette patience dont tu as besoin, il te complète autant qu'il te rejoint sur certains points. Tu ne saurais pas vraiment définir la raison de ton attirance pour lui, la raison de ton choix. Tu… Sais. Oui, c'est ça. Si tu devais donner une raison, ce serait celle-là : Tu sais et c'est tout.

« On découvrira tout ça, c’est promis. »

Même si ce ne sera pas tous les jours simples. Même s'il y aura des bas, des passages dangereux et des moments houleux à traverser. Tu n'es pas naïve au point de te dire que cette relation sera niaise et rose tout du long. Tu sais que deux caractères tels que les vôtres ont la capacité de faire des étincelles et tu sais que cela finira forcément par arriver. Les disputes ne sont pas à craindre, mais à anticiper. Tu ne sais pas si, le jour J, tu auras la capacité d'y faire face, mais ici, là, tout de suite, tu t'en penses capable. Tu te penses capable de faire preuve de maturité, pour une fois. Il faut prendre soin de ce qui est précieux et il faut savoir se donner les moyens de préserver ce qui doit être préservé. Alors que tu croises son regard, tu te dis que tu as envie de croire que tu seras capable de préserver ce que vous êtes devenu, ce que vous deviendrez au fil des jours. Tu veux croire que tu as la capacité de bien faire les choses, de ne pas merder. Si tu avais été capable de bâtir une amitié telle que celle que tu partages avec Argus, tu peux être aussi capable de bâtir une histoire d'amour qui vaudra clairement la peine d'être vécue. Tu ne peux pas lui promettre l'éternité, le bonheur quotidien. Mais tu peux lui promettre ton entièreté, ta confiance et ta meilleure volonté.

« Ce ne sera peut-être pas toujours parfait, mais j’essayerais de te donner le meilleur de moi-même pour que ça le soit le plus longtemps possible. Pour qu’il y ait plus de bien que de mal entre nous. »

C'est la promesse que tu lui fais, la seule que tu peux lui garantir. Car, dans le fond, on ne peut jamais promettre un dénouement. Tu sais Sandro assez intelligent pour savoir qu'on ne peut que promettre d'essayer de l'obtenir. Et toi, tu vas essayer. De toutes tes forces, jusqu'au bout, pour ne rien regretter. Tu penses que c'est là le minimum que tu lui dois. Tu veux donner toutes ses chances à cette histoire. Alors tu essayeras. C'est un peu effrayant d'essayer, parce que tu as peur de voir tes efforts déçus. Mais, dans le fond, c'est un peu ça la vie. On essaye constamment sans garantie de réussite. Mais on continue d'essayer quoi qu'il arrive, parce que s'il y a des défaites, il y a aussi des victoires et elles ne sont pas toujours celles que l'on croit.

Tu aimes le voir s'attacher à toi, tu aimes l'idée que ces contacts n'ont plus rien d'interdit, de secrets et d'inavouables. Tu aimes l'idée que tu peux briser les dernières barrières qui te retenaient, le soir du concert des Mandragoria. Tu aimes tout cela. Tu aimes cette idée, toujours un peu irréaliste, de pouvoir appeler enfin Sandro « ton petit copain ». Tu aimes cette tournure des choses, profondément. Et si une partie de toi ne réalise pas encore très bien ce nouveau statut de votre relation, une autre prend pleinement conscience qu'elle n'a plus à avoir honte d'attendre toutes ces petites choses que tu rêvais, un peu honteuse, gorgée d'une envie et de sensation qu'aucun être humain ne t'avais fait ressentir jusque-là. C'est un peu une libération, une vérité qui se grave, un accord de ton esprit à ton corps. C'est ton petit copain alors tu as le droit de ressentir tout cela. Ce n'est pas honteux. Ce n'est pas interdit. Tu as le droit. Les rumeurs ne pourront jamais te reprocher de désirer l'homme que tu aimes et avec lequel tu sors. C'est rassurant… Libérateur. Vraiment.

« Tu crois seulement ? C’est ce que je fais mal mon boulot alors. »

Tu souffles un rire léger à ton tour, profites de sa chaleur de sa proximité. Le temps que dure cette étreinte, tu te surprends à te dire que tu n’as aucune idée de comment mettre un terme à cette entrevue. En vérité, tu n’as aucune envie de mettre un terme à cette entrevue. Cette idée te semble presque contre-nature. Ce n’est pas quelque chose qui te semble logique, normale. Tu te prends à imaginer que tu pourrais rester la nuit entière ici. Tu te dis que tu n’as aucune envie de rentrer, de retrouver ta chambre, ton lit. L’alcôve est, en cet instant précis, l’endroit le plus confortable de tout le château. Pourtant, arrive un moment où Sandro quitte tes bras et tu grognerais presque. Tu es prête à réclamer une nouvelle étreinte lorsque le Serpentard te prend de cours.

« Hein ? »

Il te faut quelques secondes pour arrêter de cligner des yeux comme un poisson rouge. Le Gala ? Quel Gala ? Ce Gala ? T'es pas bien sûre de comprendre, t'es tellement peu habituée à l’événement qu'il faut que tu te remémores ta conversation avec Darcy pour enfin percuter. Le Gala. C'est vrai, tu devais y aller. Pour surveiller en premier lieu parce qu'il y avait un risque, même lointain, de quelque chose. Tu devais y aller, mais tu ne savais pas trop comment ou avec qui, parce que ce n'était pas ton truc, les Galas, les soirées. C'était trop… Chic pour toi, pour les rumeurs, pour l'image que tu avais de toi. Tu n'avais jamais osé vivre l'humiliation de te pointer seule à ce genre d'évènement et tu avais passé l'âge de demander à Luke de t'accompagner en sa qualité de chaperon. Aussi, tu es véritablement surprise, déstabilisée. Aller au Gala avec toi ? C'est ce qu'il veut vraiment ? Te montrer à la face du monde, c'est ce qu'il veut vraiment ? Tu rougis, les mots ne sortent pas trop alors que des milliards d'images se bousculent dans ton esprit. Ton temps de réponse doit l'inquiéter, puisque qu'il reprend aussitôt.

« Je n’ai personne ! »

Tu te rends compte que tu as presque criée ces mots. Tu rougies, te tasses un peu plus dans le renfoncement du mur. Oupsie.

« J-J’veux dire que j’ai… Heu… Pas encore de cavalier. » T’en as jamais cherché. « Je ne participe pas trop à ce genre d’évènement… Les rumeurs, tout ça. Puis, fin, personne ne m’invite jamais alors…»

Sauf Luke. Mais Luke c'est ton parrain et c'était un peu une tradition quand t'avais quatre ans de proclamer tous les ans que, toi, t'irais au gala de Poudlard au bras de ton parrain et que toutes les filles seraient jalouses et que ce serait bien fait pour elles, parce que c'était toi sa filleule et que, du coup, c'était toi sa préférée. Quand t'avais onze ans t'avais le même état d'esprit… Aujourd'hui, tu dois avouer que tu serais un peu gênée d'aller quémander le bras de ton parrain pour avoir une bonne raison de participer à un événement que tu as souvent qualifié de « surfait » pour masquer ta frustration et ta jalousie.

« T-Tu veux vraiment qu’on y aille ensemble ? » Et tu te sens obligé de préciser, comme pour rendre ça plus réaliste encore « En tant que couple, je veux dire. »

Parce que tu entends ce qu’il te dit, tu l’entends très bien mais tu peines à le croire. C’est une chose de vivre ça seulement vous deux, caché dans votre cocon, comme ça l’a toujours été entre vous. Mais s’en est une autre, d’en sortir, d’exposer ça à la face du monde. Tu es… Ce que tu es, Dorothy et tu ne peux ignorer qu’ils seront beaucoup à se demander ce qu’une gamine comme toi fait avec un homme comme lui.  Tu ne veux pas le mettre dans une position inconfortable, lui foutre la honte devant Owain et Beckett parce que bah…. T’as beau être Eowyn pour l’un, t’en reste pas moins la gamine Martin pour l’autre. Une gamine, ça ne sort pas avec les grands garçons. Tu n’as aucune idée de la couleur de ton teint, si ce n’est qu’il doit être dans les tons fluo à l’heure qu’il est. Tu perds tes mots, tu redeviens cette maladresse incarnée que tu es parfois. T’es consciente que tout ça peut porter à confusion alors tu t’empresses de préciser.

« J’ai… Je ne suis jamais allée au gala avec un vrai cavalier et ça me tenterait bien mais… T’es sûr de toi ? J’veux dire, avec la différence d’âge, le fait que tu es… Toi et moi, bah, moi. T’sais j’ai peur de faire un peu tâche qu’on se moque un peu de nous, et de toi surtout, parce que baaaaaah, tu ne sors pas avec la belle blonde au bonnet D mais avec la naine binoclarde qui doit se mettre sur la pointe des pieds pour t’embrasser. Je ne précise pas que ladite naine est loin d’avoir un bonnet D en stock également. Ahem.  Est-ce que tu… Fin… Est-ce que je peux être une cavalière à ta hauteur ? »


Sandro # Alcôve du 5e étage # Juin 2029


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Sandro Clemenza
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Dim 21 Juil - 20:06

Sandro, sans vraiment vérifier, il a la sensation que le temps s’écoule lentement, ce soir. C’est ce qu’il veut croire, en tout cas. Que le temps prenne tout son temps, justement, pour les laisser profiter de cette proximité nouvelle, cette liberté de se toucher, de se dire des mots doux, de s’embrasser aussi, s’ils le désirent. Quand ils le désirent. Il se sent bien auprès d’elle et ose espérer qu’il en va de même pour elle. Ce qu’il lit sur le visage de la Serdaigle va dans ce sens et le satisfait pleinement. Il y a une beauté dans ses tournures de phrases qui lui touche toujours directement le cœur, au Clemenza. Sans faire de détour. Elle veut « qu’il y ait plus de bien que de mal » entre eux. La formulation le fait sourire légèrement. Ils sont bien d’accord, ils ont conscience que la perfection ne peut pas exister… et encore, un couple qui n’a que des « hauts » ne peut pas être parfait non plus, certainement. Ils vont faire de leur mieux. Ensemble.

C’est avec cette certitude qu’il la rapproche de lui. Il sait que par moment, elle donne la sensation d’être une petite chose fragile, une jeune fille naïve… cela fait parti de ce qu’elle est, en partie, oui. Elle est jeune. Elle a le droit d’être naïve. Et… il veut protéger ça, en elle. Il veut qu’elle lui fasse confiance et qu’elle se repose sur lui, quand nécessaire. Il veut éviter des erreurs du passé et faire en sorte qu’elle le voit tout autant en roc sur lequel s’attacher quand nécessaire qu’en tremplin pour prendre appui et s’élever, à d’autres moments. Il ne l’étouffera pas. Oui, il peut être un peu jaloux, craindre le regard des autres à son encontre même sans raison mais il ne veut pas s’imposer. Il ne veut pas lui attacher les ailes. Il ne veut pas donner l’impression du petit copain ultra – trop ? - protecteur. Il sait que ce serait facile de tomber là-dedans, vu la différence d’âge, vu les incertitudes de Dorothy, vu ce passé qui l’a marquée et les rumeurs qui la hantent toujours un peu. C’est évident qu’il sera protecteur. C’est évident qu’il sera là quoi qu’il arrive, et que le premier qui ose s’en prendre à elle aura à faire à lui. C’est évident. Mais il ne peut pas non plus entrer dans l’excès. Il ne doit pas. Il ne veut pas et espère, intérieurement, qu’elle saura lui faire remarquer si c’était le cas. C’est la première fois qu’il sort avec quelqu’un de trois ans plus jeune que lui. Il peut faire des erreurs, lui aussi. Il en fera certainement. Elle est prévenue.

Il dit qu’il croit pouvoir devenir dépendant… pour ne pas dire qu’il a le sentiment de l’être déjà un peu.

- Ne t’en fais pas, tu es sur la bonne voie pour que je le devienne totalement.

Il fait un clin d’œil et la serre dans ses bras. Il respire son odeur et est pleinement conscient de la chance qu’il a. De l’honneur, bien réel, qu’elle lui fait à avoir accepté de sortir avec lui, officiellement. A mettre des mots sur tout ça et une honnêteté. Il en a rien à foutre qu’elle soit plus jeune. Elle est majeure. Elle a la tête sur les épaules et une tête bien remplie, d’ailleurs. Plus d’une fois elle a su le surprendre par ses réflexions et sa lucidité sur bien des sujets. Sandro sait qu’il a fait les choses bien comme il faut. Il ne s’est pas précipité et elle non plus. Ils se sont laissés du temps pour réfléchir et s’accorder sur ce qu’ils attendaient l’un de l’autre, sur ce qu’ils voulaient véritablement. Maintenant qu’il l’a dans ses bras, maintenant qu’il a pu savourer le goût de ses lèvres et l’éclat de son sourire… il ne veut pas la lâcher. Certainement pas. Ils ont pris le temps de se connaître, s’appréhender. Ici, dans cet alcôve autant que dans des petites discussions furtives et une grande dose d’échanges par messages Pineapple.

Désormais, il aimerait… il aimerait que ça aille plus loin encore. Ils sortent ensemble. Ils se sont mis d’accord. Ils ont accepté cette attraction réciproque qui a fleuri au fil des semaines et ils lui ont donné un nom. Ils sont un couple et, même si ça n’a rien de spécialement original, il serait ravi de le montrer aux yeux de tous, lors du Gala de fin d’année. Cette pensée et le traverse et, tandis qu’il l’enlace toujours, il questionne. Les mots coulent sans qu’il réfléchisse vraiment. C’est abrupt, certainement. Ils n’ont en jamais parlé, jusque-là. Mais maintenant qu’il a posé la question, il comprend bien au fond de lui que l’envie est forte. Il n’a pas envie d’une histoire cachée, à moitié assumée, dans l’ombre et sans que personne n’en sache rien. Non. Lui, il est du genre franc. Cela vaut pour tout. Alors… oui. Sa relation avec Dorothy, il veut qu’elle soit « normale ». Sans jouer ceux qui s’affichent à tous les coins de couloirs, qui s’embrassent à pleine bouche sans la moindre pudeur et qui laissent leurs mains se balader un peu trop en public… il veut simplement pouvoir profiter de cette histoire avec la Serdaigle dans tous les instants possibles. Le bal en fait parti.

Dorothy n’a pas l’air de bien saisir ce qu’il a dit et Sandro se recule. Il est un peu hésitant, sans doute qu’il aurait dû mettre les formes. Il est peut-être trop parti dans l’idée que ce serait une évidence. Cela peut ne pas être le cas. Elle peut avoir dit « oui » à une autre invitation. Il le vivrait mal, certes, mais il ferait de son mieux pour ne pas le montrer. Alors, il reformule et… vivement, elle lui indique qu’elle n’a personne.

Ouf. Soulagement.

Un soulagement clairement visible sur le visage, l’italien observe sa petite-amie. Elle rougit et n’a pas l’air spécialement à l’aise. Est-ce qu’il a fait une gaffe ? C’est au tour de la jolie rose de se reprendre, d’expliquer un peu plus. Elle dit ne pas vraiment participer à ce genre d’événement.

- Oh. Définitivement, Sandro se sent idiot. Il aurait dû lui demander si elle avait envie d’y aller, d’abord. Il n’aime pas ce qu’elle ajoute, cependant. Elle parle des rumeurs, du fait de ne pas être invitée…

- Si « personne » ne t’invite, c’est que « personne » est con.

Ouais. Voilà. Na. Tu vas aller loin comme ça, Sandro. C’est sans doute pas un grand tour de poésie, mais c’est la première réflexion qui lui vient à l’esprit. Oui, il sait de quelles rumeurs il est question. Ils en ont déjà parlé mais… comment les gens peuvent être idiots à ce point ? Un établissement comme Poudlard, c’est quinze rumeurs différentes à la minute, sur autant de personnes dont beaucoup n’ont rien demandé. C’est des histoires sur n’importe qui et des plumes avides de potins infondées pour abreuver (entre autres) cette feuille de chou qu’est le Stupeshit. C’est des bruits de couloirs qui ont la néfaste capacité à se transformer en poison selon les personnes qu’elles visent et leur capacité à continuer de vivre sur les lèvres venimeuses et les esprits vides de certains.

Elle le questionne avec une hésitation presque craintive qui le fait fondre, au Clemenza. Il la regarde avec une certitude et fait un signe de tête pour acquiescer.

- Bien sûr que je veux qu’on y aille ensemble ! Mais seulement si tu le veux également. Je ne veux pas te forcer non plus… j’aurais peut-être dû demander autrement, scusa. (*)

Il y a quelque chose dans l’attitude de Dorothy qu’il n’aime pas. Il n’aime pas la voir hésitante, incertaine, presque apeurée ou mal à l’aise. Elle rougit d’autant plus et s’il en avait le pouvoir, Sandro aimerait faire disparaître son embarras en un claquement de doigt. Il prend sa main droite et entrelace leurs doigts. Comme pour l’encourager. Elle parle alors et… comme il pouvait s’y attendre, il n’aime pas ce qu’il entend. Il n’aime pas qu’elle se dénigre ainsi, qu’elle ait une image aussi peu positive d’elle-même. Il secoue la tête avec un léger sourire, et de sa main gauche libre, passe ses doigts sur sa joue, puis repousse quelques mèches en arrière.

- Do Do Do… ma jolie Do. Je sens qu’à force, je devrais te faire piocher une dragée surprise de Bertie Crochue à chaque fois que tu te dévalorises ainsi. Vraiment. Il lève les yeux au ciel. Je sors avec toi. Je t’invite au bal, toi. C’est avec toi que je veux être, Dorothy, personne d’autre.

Dire qu’il ne s’interroge pas un peu sur le qu’en dira-t-on une fois leur couple « sous le feu des projecteurs », ce serait mentir… seulement, ce sont uniquement quelques réactions qui l’importent. Ceux de ses camarades de chambre et d’autres personnes proches. Et quand bien même ça ne leur plairait pas, il en a rien à faire. Il n’est pas le premier type de l’école en neuvième année à sortir avec une élève de septième année. Elle est majeure, lui aussi, c’est ce qui compte. Ils sont libres de leur choix et une fois adultes, bien des couples ont des écarts d’âge plus conséquents encore et personne vient les emmerder.

- Et ça vaut pour le Gala comme pour n’importe quel autre moment, tu sais. Je veux que tu te mettes sans ça le crâne. Oui, tu n’es pas une bimbo blonde, c’est vrai. Et tu sais quoi ? Je m’en fous. Tu as bien d’autres attraits. Il joue avec l’une de ses mèches et se penche vers elle pour l’embrasser. Il prend son temps pour faire glisser ses lèvres sur les siennes, hasarde même un bout de langue joueur et se recule, taquin. Quant à la taille de bonnet, paraît que ça peut encore changer, je crois…

Non pas qu’il soit spécialement expert, hein ! Mais elle n'a que 17 ans, et il veut l’embêter un peu. Il sourit.

- Je me moque d’être « à la hauteur », je veux juste que tu sois ma cavalière. Les autres, soit ils font avec, soit ils ferment les yeux. Très franchement, j’en ai rien à faire. Je cherche pas à être un VIP de l’établissement. Je cherche pas à ce qu’on soit le Roi et la Reine du bal. Je veux juste en profiter pour être avec toi. Et… c’est vrai que j’aimerais bien qu’on puisse aussi être ensemble dans la lumière, un peu. Si tu le veux tout comme moi.

Parce que c’est surtout ça qui importe, pour Sandro, en cet instant. Qu’elle soit d’accord avec tout ça. Qu’elle ne se force pas pour lui faire plaisir. Qu’elle ne se mette pas dans une situation de gêne et d’embarras simplement parce qu’il le lui demande. Il se sentirait plus mal encore si c’était le cas. Alors il la fixe droit dans les yeux.

- Mais… si tu penses que c’est trop tôt, que ça fait « trop » pour toi, ou que tu ne seras pas à l’aise, s’il te plaît, je veux que tu me le dises aussi. C’est vrai que pour moi, le Gala c’est l’occasion de passer une belle soirée en oubliant les exams, les cours et en prévision des vacances. Mais je sais qu’on ne vit pas forcément les choses tous de la même manière… au début, j’y allais pas non plus. Puis avec Beck et ensuite avec Owain, on a passé des moments tops. Qu’on ait ou non des cavalières, d’ailleurs.

Il marque un temps d’arrêt, sans ciller, face à elle.

- Là, j’ai la chance d’avoir une petite amie magnifique. Je sais aussi qu’avec le climat actuel, c’est inespéré que le Gala soit maintenu. Alors… oui, j’aimerais y aller avec toi. Avec tout ce que je viens de te dire, t’en penses quoi, toi ? Sincèrement ?

_________________

(*) scusa → désolé
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Dernière édition par Sandro Clemenza le Ven 26 Juil - 18:22, édité 1 fois
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Mar 23 Juil - 0:18

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Tu laisses un sourire amusé poindre sur tes lèvres. Un sourire un peu timide, parce que malgré l'angoisse que t'évoques l'idée de te montrer en public au bras de Sandro, l'italien sait comment bousculer tes idées noires. Il sait mettre à mal cette facette de toi qui te bloques, te retiens, ces chaînes dans lesquelles tu t'emprisonnes, seule, continuellement. Sa franchise te percute, son innocence aussi. C'est quelque chose qui te surprend toujours chez lui. Ton petit ami (parce que c'est ce qu'il est, n'est-ce pas ?) possède de multiples visages, de nombreuses facettes qui te fascinent. Il sait se faire… Charmeur, sensuel. Il sait se montrer homme, comme le soir des Mandragoria. Il sait te faire frissonner, il sait t'hypnotiser, de donner envie de choses que tu t'étais interdites. Il sait jouer avec les limites, si bien que ça en est grisant. Il sait te faire sentir femme, il sait te donner l'envie d'en être une, totalement. Il est capable d'éveiller en toi toute une partie de ton être que tu ne connais pas. Une joueuse. Une dompteuse. Une inconsciente qui ne demande qu'à se brûler avec le feu. Il sait se faire également doux, patient, tel un roc sur lequel tu peux te poser sans crainte, une force tranquille emprunte de douceur et de caresses qui te font fondre, petit à petit. Sandro peut être un pilier, une source de réconfort, un visage compréhensif. Il est capable de tout entendre et de dialoguer, de discuter des choses même si elles sont angoissantes, même si elles sont incompréhensibles aux yeux du monde. Mais, Sandro, il peut aussi être comme ça. Il peut aussi se montrer étonnamment enfantin, brut, jaloux, innocent dans sa façon de bouder quelque chose qui le dérange, dans sa façon de se contrarier d'une vision de toi que tu as du mal à abandonner quand l'angoisse prend place. Il te fait penser à un enfant mécontent. Il peut se montrer particulièrement maladroit, Sandro. Tu trouves ça touchant, attachant, cette façon dont il passe d'une facette à l'autre. Tu prends ça comme une marque de confiance, parce que tu crois ne voir aucun calcul dans les réactions de ton petit copain. Il est… Profondément honnête, il s'énerve lorsqu'il en a trop sur les nerfs, il boude quand il est contrarié, il joue quand il a l'envie de te séduire, il est doux quand il a besoin de te donner son amour. Sandro est comme une partition, pleine de notes, de variété, de ton. Tu veux connaître chacun de ses mouvements. Et c'est peut-être cette innocence-là, chez lui, que tu aimes tant. C'est peut-être à cause de cela, que tu as accepté de te brûler avec la flamme. C’est sûrement grâce à cela que tu ne le regrettes pas.

« Pffff, tu sais trop bien comment me faire craquer. »

Tu sais que tu ne devrais pas laisser tes crises avoir raison de toi. Tu sais que ces angoisses, ces vagues d’émotion qui dictent ta vie, ton humeur, ne devraient pas avoir leur place ici, et maintenant. Tu ne veux pas laisser toute cette instabilité qui est la tienne se mettre entre vous. Tu as déjà vu trop de gens tourner des talons et partir, pour supporter cela une nouvelle fois, avec lui. Tu aimerais pouvoir mettre de côté cela. Tu sais que c’est un gros travail, un chantier que tu as commencé à mettre place. Tu sais que tu as déjà fait un grand pas dont tu devrais être fière, mais tu sais aussi que ce pas n’est que le premier d’une longue série. Est-ce qu’il n’y aura jamais une guérison totale à tes maux ? Tu n’en sais rien. La chose que tu sais, Dorothy, c’est que tu veux essayer. Tu veux essayer pour lui. Pour toi. Surtout pour toi. Il te semble qu’il est plus facile de t’aimer depuis que son regard croise le tien. Sandro te laisse l’opportunité de réfléchir et tu prends sérieusement le temps de peser le pour et le contre, de savoir ce que tu veux vraiment, ce que tu penses être le mieux pour toi. Le bal ou rien ? Tu imagines Sandro dans son beau costume, toi dans une robe. Tu imagines ce que ça donnerait, ce que ça pourrait être, d'entrer dans la grande salle à son bras, de danser au milieu de la piste, d'être « sa » cavalière, juste la sienne, de prendre cette place que d'autres jalouseraient. Tu imagines ce que ça serait de pouvoir laisser les incertitudes au placard pour juste être vous deux, ensembles, aussi simplement que cela. C'est une image qui te plaît, tu en sourirais presque. Tu ne peux ignorer cette petite pointe d'excitation qui vient titiller ton corps. C'est plaisant. Ça te plairait. Tu n'as jamais eu de vrais bals, tu ne sais pas ce que c'est en réalité. Si tu devais avoir un vrai bal à Poudlard, tu voudrais que ce soit avec lui. Puis, ça te semble être un compromis plus que raisonnable, le bal, c'est le soir pour ce genre d'annonce, pour se montrer au monde. Ce ne sera pas la première fois ni la dernière fois que ça arrive. Puis, l'euphorie de la fête sera telle que, peut-être, les gens s'en fouleront. C'est quelque chose qui te plairait bien. D'autant plus que, oui, des soirs comme ceux-là, il n'y aura peut-être pas d'autres avant un an. Tu ne sais pas où tu en seras dans un an. C'était peut-être le moment ou jamais. Les regrets naissaient de l'inaction, et toi, tu ne veux plus rien regretter.

Tu penses tenir une décision, un choix. Tu sais que tu dois en faire un, c’est là ton rôle, ton devoir. Tu sais que tu lui dois ça, parce que vous êtes deux dans cette relation. Sandro caresse ta joue, de cette douceur qui peut être la sienne, l’enfant est devenu le pillé, le pilier deviendra dans quelques minutes autre chose… Grisant, fascinant. Tu ne t’en lasse pas. Tes doigts glissent sur sa chemise alors que tes yeux guettent la moindre de ses expressions. Un nouveau sourire pointe sur ton visage, ton cœur accélère doucement son rythme. Il vise juste. Trop juste.

« Demande plutôt quelques pièces, d’ici la fin de l’année tu auras de quoi t’offrir la dernière moto volante à la mode. Ça t’irais bien, la moto. »

Il rajouterait la carte motard sexy en plus de tout le reste. Un sacré CV. Une partie de toi pense qu'il doit bien en avoir conscience, parce qu'il sait trop bien se faire charmeur pour ne pas en avoir conscience. Quelque chose, cependant, te fait dire qu'il sous-estime grandement l'effet qu'il peut faire… Sur toi, en tout cas. Tu es beaucoup trop réceptive à tout ce qu'il dégage. Tu te laisses entraîner comme un papillon face à une lumière vive. Sa voix te donne l'impression d'un souffle qui fait frissonner les tréfonds de ton être, ses yeux t'hypnotisent, ses lèvres t'achèvent. Ah. Beaucoup trop réceptive. Tu sens quelque chose poindre en toi, un pic, une pulsion nouvelle. Déroutante. Grisante. Tu es totalement happée par son charme, par ce jeu. Le pilier est devenu objet de désir et de séduction. Sandro laisse sa facette séductrice prendre le relais et tu y succombes totalement. C'est cruel. Il te semble que tu pourrais dire oui à tout, lorsqu'il est comme ça. Une partie de toi à envie de lui dire « tout ce que tu veux. », une autre refuse de laisser entraîner seule dans cet abysse si attractif. Si tu plonges, tu veux le faire plonger avec toi. Dorothy Martin est fière. Dorothy Martin ne tombe jamais seule. Tu te mords la lèvre alors que tes doigts remontent d'eux-mêmes sur sa nuque. Beaucoup trop réceptive.

« Tu veux faire l’expérience, Clemenza ? »

C’est dit non sans provocation. Il se réveille une partie de toi que tu n’avais pas vu venir. Cette partie fière, indomptable, cette Dorothy mauvaise joueuse qui refuse de perdre, d’être la seule à finir à terre. Cette Dorothy bornée qui laisse son besoin de victoire passer au-dessus de tout le reste. Une partie de toi ne comprend pas du tout ce qui se passe. Une autre partie de toi s’en fout. Il y a cette envie de le voir te bousculer, cette envie de voir jusqu’où il peut aller. Tu reprends tes esprits, cependant. Outre cette envie, il y a une réponse que tu dois lui donner. Il y a des devoirs auxquels tu ne peux te dérober, même si tout le reste fait office de tentation, ton entêtement est suffisant pour savoir y résister. C’est à ton tour de le regarder dans les yeux, de ne pas ciller. Tu lui dois ça. Tu laisses un soupir passer entre tes lèvres, tes doigts glissent le long de son torse pour finir par tapoter doucement son abdomen. Ton regard est plus que sérieux.

« Je ne te cacherais pas que c’est angoissant. Mais si je devais écouter continuellement mes angoisses, je ne sortirais plus de ma chambre, parce qu'à ce compte-là, tout est angoissant pour moi. » C’est la vérité. Il doit le comprendre. « J’ai peur autant que je me soucie du regard des autres, une partie de moi a besoin de trouver de l’approbation dans ces regards. C’est pour ça que l’opinion de mes proches à une valeur bien plus importante que le bon sens ou la logique à mes yeux. Mais ce n’est pas sain. Je le sais. »

Tu as eu le temps d’y réfléchir. Réellement. Tu tapotes toujours du bout du doigt l’abdomen de Sandro, mais ton regard ne flanche pas.

« Je sais que mes angoisses, mes incertitudes, je sais que tout cela est compliqué à gérer. Pour moi, mais aussi pour les autres. J'ai un pris l'habitude de voir les gens finir par tourner des talons, parce que c'était trop dur. C'est une angoisse que j'ai eue, te concernant. Ça fait partie des raisons qui m'ont poussée à vouloir prendre le temps de réfléchir à ce que souhaitais réellement. Seulement, je ne veux pas que ces angoisses se mettent entre nous. » Ton doigt a cessé de tapoter son torse, mais ton sourire, lui, a commencé à doucement s'étirer. « Je veux aller au bal avec toi. Tu as raison, c'est une chance qu'on puisse avoir le droit à cette soirée et… Et je pense que je le regretterais si je choisissais de manquer cette occasion. Le fait est que… Même si faire disparaître ces angoisses est impossible, je veux faire mon maximum pour ne pas les laisser diriger ma vie. C'est un processus long et compliqué, je ne peux pas te garantir de réussir à tous les coups, mais je veux essayer. Je pense que subir quelques regards surpris et envieux est un bien maigre prix pour une soirée avec toi. »

Une partie de toi se dit que ce ne sera rien en comparaison de tout le reste. C’est quelque chose que tu essayes d’appliquer, un raisonnement que tu te forces à suivre, même s’il est contre-intuitif pour toi. Prendre le temps de peser le pour et le contre. Réellement se questionner. Se demander ce que l’on regrettera le moins. Avoir, ou ne pas avoir la chose désirée ? En l’occurrence, la réponse est assez clair.

« J’essaye, au maximum, de choisir ce que je regretterais le moins, même si ça me demande de faire face à certaines angoisses. Une partie de moi appréhende, je ne te le cache pas. Mais j’ai passé ma vie à appliquer la politique de l’autruche et je n’en ai jamais rien tiré de bon. Aujourd’hui, je veux tenter une autre méthode Je veux essayer, agir, et voir ensuite ce que j’en tire. En t’observant, je me suis rendue compte que c’était sûrement la meilleure voie pour ne pas avoir à regretter quoi que ce soit. Je veux essayer ça avec toi. » Ton doigt est venu machinalement jouer avec les boutons de son haut. Tu te mords la lèvre de nouveau. « Comme ça, je pourrais… Découvrir mes autres attraits… »

Tes yeux que tu avais soudainement baissés, se relève dans un regard légèrement brillant. Une envie de… De quelque chose. Tu aimes le Sandro doux, tu aimes le pilier qu’il peut être parfois. Mais tu n’as pas envie d’être constamment dans le rôle de la chose fragile à chouchouter. Tu veux être… Plus. Quelque chose de plus… Attrayant. De plus… Adulte. Tu as du rouge aux joues, Dorothy. Mais tu n’as plus l’ombre d’une angoisse dans les yeux.

Sandro # Alcôve du 5e étage # Juin 2029


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Sandro Clemenza
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Sam 3 Aoû - 23:02

Il sait qu’il sourit à s’en décrocher la mâchoire. Il sait que ses yeux refusent de quitter le visage de Dorothy. Il sait qu’il est obnubilé par elle, rien qu’elle et ses joues, ses lunettes, son nez mutin et son sourire. Il répond à la moue qu’elle lui fait par un air amusé. Cette attraction, cette alchimie qu’ils ont entre eux, ça lui fait du bien. Il y a quelque chose de franc et de sain. Une relation qui se fonde sur une réelle honnêteté. Un bon départ. Il se permet de la toucher, doucement, glisser ses doigts sur ce visage qui le fascine, dans ses cheveux roses, derrière son oreille. Comme une découverte silencieuse. A sa manière de bouger sa tête, de le regarder, il comprend bien qu’elle aime tout autant ses gestes et elle répond par sa propre découverte, à elle, ses doigts glissant sur la chemise de Sandro. S’il sent son cœur s’emballer légèrement, il n’en montre rien. Il se concentre sur ce qu’elle lui dit.

- Une moto volante ? Quelle idée. Pas forcément mauvaise, c’est vrai que ça fait parti des trucs classes de l’univers des sorciers, mais… Je suis pas un grand fana des hauteurs, j’commencerais par une moto moldue d’abord, je pense ! Le genre qui vole pas, quoi ! Ouais, là de prime abord, ça l’inspire déjà plus. Mais je note que t’as un truc pour les motards, c’est la veste en cuir ?

Il en rigole doucement et n’hésite pas à se faire plus joueur. Il aime… il aime la taquiner. Il aime la voir réagir comme elle sait bien le faire, tantôt faussement outrée, tantôt piquante, elle aussi. Ça l’intrigue. Combien de facettes Dorothy possède-t-elle ? Lesquelles va-t-il découvrir ? Il veut la voir, la connaître dans son entièreté et même si c’est à pas de fourmis, il compte bien y parvenir. Sans la brusquer, à leur rythme… mais en la surprenant parfois, aussi. Comme avec ce baiser légèrement plus entreprenant. Comme avec cette phrase malicieuse sur la taille du bonnet. Comme ce sous-entendu sur ses attraits. Il ne peut pas dire qu’il est complètement innocent. Il ne veut pas la rendre mal à l’aise, c’est certain, mais la bousculer doucement… cela ne fait pas de mal, non ? Et si c’était le cas, il sait qu’elle le lui dirait !

Ce n’est pas le cas. Elle en joue tout autant et à la couleur de ses joues, il sait qu’elle n’est pas insensible. La séduction, les gestes, les petites phrases, c’est un domaine où chacun avance à tâtons et il aime ce qui se passe. Il aime la voir piquante et sa question sonne presque comme un défi et il aime la sensation des doigts de Dorothy qui s’attardent dans sa nuque.

- Je n’dis jamais non pour braver l’inconnu, tu sais. C’est mon côté Gryffondor !

Il dit ça sur un ton charmeur et gentiment moqueur, les yeux rivés droit dans les siens. Ce n’est pas faux, cependant. Enfant, son frère n’hésitait jamais à lui lancer des défis à la con, des choses à tester et pas forcément bien intelligentes et il tentait quand même. « Pour voir ». Avec le temps, on peut dire qu’il s’est un peu assagi sur ce point, et en découvrant la magie il a eu plus d’une fois son lot de découverte. S’il s’agit de Dorothy, toutefois… il est prêt à tout. Il va apprendre à la connaître, toujours plus. A la découvrir dans son entièreté. Et quand elle devient légèrement mordante, il ne sait pas rester de marbre.

C’est parce qu’il a ce côté « je veux ça et je me fous du regard des autres » qu’il n’hésite pas à lui demander de venir au bal, pour ensuite atténuer un peu ses propos. Il sait que son tempérament trop cash, parfois, brusque les gens. Il est difficile néanmoins de se mettre véritablement à la place de la personne devant soi, de la comprendre parfaitement, saisir les craintes qui l’habitent autant que les émotions qu’elle ressent. Des fois, il aimerait réussir à faire ça, Sandro. Il sait que dans ce monde de magie ce genre de pouvoir existe. Que certains peuvent réellement ressentir ce que ressent l’autre. Il ne sait pas ce que doit donner un tel quotidien, mais parfois… ça doit bien être utile. Le Serpentard fait de son mieux mais il ne peut pas complètement savoir ce que se dit Dorothy, face aux mots qu’il lui adresse, face à ce qui s’écoule de ses propres lèvres. Il ne peut pas s’en empêcher. Il veut… il veut aller au bal avec elle. Il veut avoir la chance d’être son cavalier. Pouvoir affirmer leur relation et passer une soirée inoubliable. C’est ce qu’il veut, ce qu’il espère.

Et quand il veut quelque chose, quand il veut convaincre quelqu’un… Sandro n’est pas avare de mots. Ceux qui disent que le Clemenza est taciturne ou peu causant le connaissent mal. Quand il faut parler. Quand il veut parler, il parle. Et pas qu’un peu. C’est pas pour rien qu’il est en Droit et Politique magique. C’est pas pour rien que certains professeurs l’ont déjà pris à parti pour le féliciter de sa manière de défendre les positions qu’il a à défendre, sa ténacité quand il s’agit de prendre position pour telle ou telle cause et chercher les arguments qui font mouche. Oui, quand quelque chose lui tient à cœur, il sait se faire entendre et il lâche pas le morceau. Sans qu’il s’en rende compte, c’est un peu ce qui se passe, là. Il ne peut pas admettre que Dorothy ait peur de se présenter au Gala à son bras. Il ne veut pas qu’elle se laisse dominer par ses craintes. Alors il lui dit et pas qu’un peu. La discussion prend une tournure plus sérieuse, c’est vrai… C’est nécessaire. Il l’écoute alors, sans détourner le regard.

Dans les paroles de la jeune femme Sandro comprend parfaitement qu’elle a dû plus d’une fois analyser son propre comportement. Mettre des mots dessus, essayer de se comprendre, c’est toujours une première étape. Comme pour lui montrer qu’il est là, en soutien, il glisse l’une de ses mains à sa taille, doucement. Il veut… il veut qu’elle comprenne qu’elle ne pourra complètement s’épanouir qu’en envoyant valser ses craintes et ses angoisses. Elle en est consciente, elle sait en parler et face à l’italien, c’est comme un débat intérieur qui prend forme. Elle exprime ce qui l’inquiète et elle affirme ses envies. Ses craintes ne doivent pas prendre le dessus et tout gâcher.

- Tu as le droit d’avoir des craintes, et je sais bien que c’est une sacrée étape, pour toi, ça… mais… j’ai vraiment, vraiment, vraiment envie que tu sois ma cavalière et il ne faut pas que tes angoisses te privent d’un moment qui sera magique, je suis sûr ! Il sait qu’il fera tout pour.

Les doigts de l’anglaise s’attardent sur son torse et le Clemenza laisse son regard glisser sur eux puis sur le visage de sa petite-amie. Il voit bien qu’elle aussi a parfaitement conscience qu’une occasion comme le bal ne se représentera pas avant un moment.

- Super. Je serai à tes côtés, et si à un moment ça ne va pas, si tu ne te sens pas bien, si tu veux qu’on quitte le bal, tu n’auras qu’à me le dire. Comme tu dis, tu ne peux pas changer du tout au tout du jour au lendemain. Ces craintes font parti de ce que tu es et je suis convaincu que plus tu les combattras mieux tu t’en porteras, mais ça ne se fait pas en un claquement de doigt. Compte sur moi pour t’accompagner. Au bal bien sûr, et même dans les autres moments difficiles pour toi.

Il ne réalise pas à quel point son ton de voix est ferme, quand il dit ça. Cela relève bien plus de la certitude que de la simple promesse. Il veut être avec elle à chaque étape compliquée. Il veut qu’elle sache que dès qu’elle a besoin de quelqu’un pour l’éloigner des pensées sombres qu’elle s’impose parfois, elle peut se tourner vers lui. C’est un rôle important qu’il se donne, il ne le réalise peut-être pas de suite, mais il le ressent ainsi, en l’immédiat. Elle souffle qu’elle veut essayer. Le bal, et combattre ses craintes, au quotidien.

Ce n’est pas rien. Sandro sent bien que c’est un challenge qu’elle s’impose à elle-même. Pour les choses importantes, Dorothy ne fait pas les choses à moitié. Si elle le dit, c’est que cela traduit parfaitement son état d’esprit actuel. Il acquiesce de la tête, ses prunelles plongées dans celles de la Serdaigle. Il aime la voir ainsi, consciente de ses faiblesses, c’est vrai, mais déterminée à gommer ce qui lui pourrit la vie jusque-là. Non pas que ce soit évident, Sandro n’est pas dupe et venant de lui, qui a déjà eu son lot d’auto-destruction dans ses premières années à Poudlard, ce serait déplacé. Il sait que cela va prendre du temps, que les angoisses de Dorothy resteront là, dans un coin de la tête, à vouloir la tétaniser dans les pires moments qui soient…

- Je suis pas certain de pouvoir être forcément un modèle, je sais ce que c’est de se laisser bouffer par des pensées sombres, des idées qu’on s’inflige à soi-même, sans raison parfois… mais je suis là. Tu vas devoir faire avec moi. C’est dit sur le ton de la plaisanterie, néanmoins, il le pense complètement. Il la laissera pas seule face à ses démons.

Finalement, c’est plus la Dorothy joueuse qui parvient à le déstabiliser. Celle qui a besoin d’aide, celle qui a besoin d’écoute et qu’il compte bien pousser par le haut, il sait faire. Il a envie qu’elle gagne en confiance en elle et qu’elle s’épanouisse, et s’il peut l’y aider, il le fera sans mal. Non, c’est vraiment la Dorothy taquine, curieuse, celle qui manque de déboutonner son haut d’uniforme de Serpentard à force de jouer avec qui le trouble. Do, ce n’est pas Kate. Loin de là. Elle n’a pas cette attitude bravache, elle ne joue pas les femmes fatales, elle ne maîtrise pas toutes les ficelles de la séduction et du corps à corps.

Non. Elle est plus timide, elle hasarde, et… le touche. Elle le touche par ses petites phrases dont il finit par comprendre qu’elles ne sont pas forcément innocentes. Elle le trouble par ses joues rouges, cette lèvre qu’elle se mord, ses yeux brillants emplis de défi. Son inexpérience est d’autant plus attirante, en vérité. Sauf qu’il n’est pas certain de bien savoir s’y prendre, il ne sait pas quelles sont les limites, où est le jeu, où est l’envie. Il sait… il sait ce qu’il a dit. Prendre leur temps. Aller à son rythme, à elle. Mais…

- Tu n’sais pas à quel point… Il se rapproche d’elle. Une main toujours à sa taille, l’autre qu’il glisse à nouveau dans ses cheveux, dans sa nuque. Son nez effleure le sien. Il veut… Tu es craquante, Do. Il la fixe un instant, les yeux dans les yeux, toujours. Il a envie… Tu me fais confiance ? Il attend un geste, son consentement, et il murmure du bout des lèvres. Fais comme moi.

Il y a embrasser et embrasser. Il peut se contenter de ses lèvres sur les siennes. Il peut se contenter de passer ses doigts dans ses cheveux et la laisser jouer avec les boutons de son uniforme. Il peut, oui. Mais… il veut plus. Un tout petit peu plus. Et s’il en croit l’attitude de Dorothy, cette curiosité naïve mais qui s’échauffe un peu, cette posture de douce créature qui part à la découverte, elle aussi. Alors oui, il pose à nouveau ses lèvres sur les siennes, dans un geste auquel il s’habitue déjà parfaitement. Il joue à nouveau de sa langue, légèrement, sur sa lèvre, attendant de voir sa réaction à elle. Et dès qu’il en a l’opportunité, il se permet… d’être plus entreprenant. Légèrement. Sa langue effleure la sienne, chacun découvre l’autre d’une manière nettement différente, cette fois. C’est un ballet de sensations, c’est un frisson qui le parcourt. Il ne brusque rien, il la laisse faire, il la laisse mener la danse et ferme les yeux pour ne rien perdre de ses émotions. Sa main à sa taille a glissé dans le creux de ses reins, son torse tout contre son corps.

Ce baiser là est déjà nettement moins chaste.
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Dernière édition par Sandro Clemenza le Mer 14 Aoû - 17:14, édité 1 fois
Dorothy Martin
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Ven 9 Aoû - 1:53

Answer
Because i love you


Il y a de la fermeté dans la voix de Sandro, il y a un ordre, une évidence. Tu n'as jamais été douée pour interpréter correctement les signes, Dorothy. Ton esprit et tes angoisses t'ont toujours poussée à voir des sous-sens là om il n'y en a pas. Tu interprètes, sur interprètes, même, encore et encore, essayant de déceler des sous-entendu que tu n'aurais pas vu, incapable de prendre les mots-dits pour ce qu'ils sont. C'est une habitude prise avec l'âge, prise avec les coups et les rumeurs. Tu avais appris à tes dépends que les gens ne sont pas toujours ce qu'ils paraissent être et que, dans cette même logique, leurs lèvres ne transmettent pas que des vérités. Tu avais appris que le mensonge existait et que l'hypocrisie n'était pas qu'une légende mais un art qui se travaille. Hypocrite, toi-même, tu l'avais été. Tu ne te cherches pas forcément d'excuse à ce sujet. Tu as envie de dire que c'était nécessaire, un mal pour un bien, que cette hypocrisie t'avait gardé de t'en prendre de nouveau dans la tronche. Tu n'as jamais été spécialement fière de cette tendance au mensonge, mais tu ne pouvais pas dire que tu la regrettais non plus. En vérité, tu étais assez neutre concernant cette facette de ta personnalité, de cette habitude que tu avais malgré toi, petit à petit abandonnée. Tu n'étais pas naïve au point de croire que le mensonge était une mauvaise chose, le mensonge était parfois nécessaire, autant que l'hypocrisie. Trop d'honnêteté n'était pas bon pour survivre en ce bas monde. Il fallait savoir jouer ses cartes, être subtile. De la subtilité, tu n'en avais pas tellement, t'en gagnerais au fil du temps, par nécessité également. Mais, dans le ton de Sandro, dans son regard, tu ne vois aucune trace de mensonge, aucune trace d'hypocrisie. Tu es persuadée qu'il croit fermement en ce qu'il dit. Tu as envie d'y croire aussi. Tu ne remets donc pas en question ce fait.

Sandro, sans doute ne se rend-t-il pas compte de ce qu’il vient de te donner, de te prouver. Tu prends sa fermeté comme l’acceptation de ce que tu es, entièrement, malgré tes angoisses, ta tendance à l’autodestruction, ton impulsivité et ta fragilité. Tu comprends l’ordre qu’il se donne comme la seule chose que tu as toujours rêvée d’entendre. Tu étais acceptée, pleinement, pour ce que tu étais, tout ce que tu étais. Sandro ne tournerait pas des talons. Sandro avait contemplé le mécanisme brisé, légèrement bancale et avait quand même accepté de te suivre dans sa réparation. Il avait accepté d’être-là, toujours-là, de te donner un soutien sans faille, une épaule solide, une main qui ne te lâchera pas dans les moments difficiles. Il t’avait promis ce dont tu avais le plus besoin dans ta vie : la stabilité. Tu ne sais pas si c’est conscient, s’il réalise seulement ce que cela représente pour toi. Non, tu ne remettras pas en question ce qu’il dit, tu n’en as ni l’envie, ni la volonté. Tu veux y croire, toi aussi. Tu veux y croire comme tu n’as jamais cru en quoi que ce soit avant. Gus t’avais dit quelque chose de semblable, le soir de ton sauvetage au trois balais. Il avait dit que tu n’étais pas seule, tu avais cru en sa promesse d’être toujours présent, parce qu’il était un ami au combien précieux pour toi, la première personne à t’avoir donné l’occasion d’être toi. Sandro était, à sa manière, la première personne à te donner l’occasion d’aimer et d’être aimée, d’expérimenter cette expérience de la vie. Il te donnait l’occasion de l’expérimenter sainement, à ton rythme, sans mensonge, sans cette putain d’hypocrisie. Un sourire légèrement ému vient étirer tes lèvres. Tu accroches son regard avec une profonde reconnaissance, viens déposer tes lèvres à la commissure des siennes avant de te serrer brièvement contre lui.

« Merci. »

C'est un mot simple, court, peut-être un peu trop pour toi qui es une professionnelle dans l'art de monologuer, mais tu penses qu'il est efficace et traduit parfaitement ce que tu ressens. Tu as envie d'aller mieux, tu as envie de te battre, tu n'es plus la Dorothy fataliste et passive qui attendait dans son coin que la vie passe. Tu n'es plus la spectatrice de ta propre histoire. Non. Tu as changé de rôle, changé de stratégie. La vie te donnera des coups, certainement, éviter le malheur est impossible alors autant lui faire face avec ses tripes. Tu vas vivre, vivre comme tu n'as jamais vécu avant. Tu vas prendre le risque d'aimer, d'expérimenter et si tu dois trébucher en chemin qu'il en soit ainsi, tu te relèveras. Même si tu n'as jamais été fière de ton nom maternel, tu es aussi une Stevenson, tu es aussi, comme ta mère, une femme de ce sang. Une Stevenson, tu le sais, peut se montrer particulièrement bornée, même face à la mort. Si tu devais porter haut et fort un trait de caractère de ta famille, ce serait celui-là. Tu ne baisseras plus jamais les bras.

Tu vas expérimenter, oui. Tu vas vivre, aussi. Et si ton amour pour Sandro déborde, si ta tendresse se fait évidente, cette autre chose aussi. Tu ne peux pas te mentir, tu ne peux pas ignorer cette « envie » là-aussi. Il y a des choses que tu veux voir. Que tu veux faire. Que tu veux ressentir. C'est nouveau, intimidant, mais pas effrayant. C'est un peu comme monter dans une attraction et attendre le grand départ. Il y a des sensations, un désir qui grandit, des fourmillements particuliers, une attente, une peur particulièrement délicieuse à ressentir. Oui, tu es assez transparente sur tes intentions, Dorothy. Il n'y avait plus que de la tendresse dans tes yeux, il y avait cette autre chose aussi. Ce battement particulier, ce souffle qui s'emballe, cette peau qui se fait plus sensible. Les mots qui sortent alors de tes lèvres sonnent comme un écho lointain. Tu lui parles de tes attraits, tu lui suggères ses attraits. Tu veux découvrir, expérimenter, tu veux expérimenter cela aussi. Parce que Sandro est beau, parce que ce n'est pas la première fois que tu sens cette euphorie, cette excitation d'un autre genre bousculer ton corps. Tu avais ressenti cette même envie à Mandragoria, t'avais rêvée de cette sensation plus d'une fois au fond de tes draps, au détour des couloirs, quand ton regard croisait le sien. Tu en avais envie. Tu crois qu'il l'a lui aussi compris.

Il se rapproche, sa voix est un murmure chaud, qui sonne délicieusement à tes oreilles. Sa main effleure tes cheveux, ton cou et ta peau qui semble hyper-sensible, d'un coup, te transmet des sensations, violentes, décuplées, qui te font retenir légèrement ton souffle, qui te font trembler. Tu tends légèrement ta nuque, vos visages proches, tu peux presque sentir ses lèvres sur les tiennes. Tu avais déjà eu le privilège de goûter à ce contact, mais là… Là c'était différent. Il y avait quelque chose d'autre, de nouveau, ce n'était plus seulement de la tendresse, il y avait quelque chose, dans cette proximité, dans sa voix, dans son souffle, de plus bestial, de plus animal, violent. Est-ce que c'était cela, la différence entre chasteté et passion ? Est-ce que c'était ça, ce fameux besoin à assouvir dont on t'avait targuée d'être particulièrement gourmande quand tu venais à peine de quitter l'enfance ? Ah, là, suspendu à ses lèvres, comme hypnotisées, il te semblait que tu pourrais, en effet, devenir particulièrement gourmande. Il te semblait, Dorothy, que tu étais bien loin d'être la petite fille chaste et sage que tu avais pensé être, il y a, à peine, quelques semaines de cela. Tu te surprends à voir tes doigts glisser légèrement, à les sentir d'un geste habile agripper un bouton qu'ils détachent d'un mouvement d'ongle dont tu ne te savais pas capable. Tu te surprends à te sentir déglutir, à te tendre un peu plus encore. Tu voulais ses lèvres, là, tout de suite, tu ne voulais pas qu'il t'embrasse comme on embrasse une petite fille. Tu voulais qu'il t'embrasse, comme on embrasse une femme, comme il a dû embrasser cette ex que tu ne connais pas, tu voulais qu'il te donne, te démontre cette envie que tu penses partagée. D'un souffle, tu lui réponds alors que tes doigts, incontrôlables, viennent déjà s'attaquer à un second bouton.

« Je te fais confiance… »

C’est alors que tu comprends qu’il y avait tendresse et passion, baisé et baisé. Tu comprends qu’il y avait, en ce monde, des façons particulièrement différentes de montrer son amour et que chacune d’entre-elles apportaient quelque chose d’unique, de particulier. Il y avait la tendresse, celle qui fait frissonner, pouffer, celle qui réchauffe le cœur et donne à l’autre la sensation d’un cocon, d’une protection douce dans laquelle se perdre. Cette tendresse, cette forme d’amour était sucrée, douce, moelleuse, semblable à un nuage sur lequel il est confortable de s’allonger et de se perdre. C’est ce que tu avais ressenti face à ses baisers et ses caresses. Jusqu’à maintenant. Parce que maintenant il y avait… Autre chose. C’était une forme d’amour, elle aussi, assurément. Tu te sentais profondément aimée et désirable en cet instant. Mais ce n’était ni sucré, ni doux, ni moelleux. C’était épicé, violent, rugueux. C’était un amour particulièrement animal. Il n’était plus question de tendresse mais de passion. Ce n’était plus seulement ton cœur qui battait, c’était tout ton être. Une force grondante venant de ton bas-ventre et qui explosait dans tout son corps. C’est ta peau tellement hyper-sensible qu’elle te fait mal, c’est tes doigts qui, arrivés à l’assaut d’un cinquième bouton, parcours sa peau dénudée, avide, voulant déclencher cette même hyper-sensibilité, rendre coup pour coup. C’est son torse qui se colle contre toi, c’est tes bras qui s’enroulent autour de sa nuque et ton corps qui se tend tout entier pour se presser plus fort contre lui. C’est chaque molécule de ton être qui vibre, c’est tes lèvres collées contre les siennes qui s’assèchent c’est ta langue qui découvre des sensations nouvelles, hypnotiques, grisantes. C’est tes cuisses qui se serrent l’une contre l’autre, comme pour contenir une sensation sur laquelle tu n’arrives pas à mettre de mots. Est-ce que c’était cela ce que tu avais sensée avoir vécu quand tu avais treize ans ? Est-ce que c’était cela, ce fameux amour des grands, celui qu’on interdit aux gamines, aux filles chastes et naïves ? Tu dois décoller tes lèvres des siennes, te détacher légèrement pour reprendre un semblant de souffle. Tu entrouvres légèrement tes prunelles brunes, ta main glissant de sa nuque à son épaule, de son épaule à sa peau dénudée que les boutons détachés te permettent d’entrevoir, de toucher.

« J’ai chaud… »

Tu constates, non sans une certaine incompréhension que tu étouffes un peu, comme-ci tu venais de courir. Tu te sens essoufflée, comme-ci tu venais d’effectuer un effort physique conséquent. Etait-ce là le propre du désir ? De vous épuiser physiquement comme le sport le ferait ? L’air légèrement frais de l’alcôve qui passe sur ta peau te fais pousser un soupir d’aise. Tu viens soulager ton buste en détachant les premiers boutons de ta chemise. Tu le fais par besoin, peut-être aussi par envie de voir ce que ça lui fait aussi. Est-ce que c’est grisant pour lui ? Est-ce que ça lui procure cette envie d’aimer épicée ? Ta main qui avais délaisser son torse pour soulager ta respiration revient se poser sur sa peau… Chaude. Et alors que tes doigts sur sa nuque joue avec la racine de ses cheveux, ton regard remonte sur son visage, sur ses yeux, sur ses lèvres qu’il te tarde de goûter encore.

« Tu es beau, Sandro. » Lâches-tu dans un murmure « Tu es si beau. » Tes lèvres brûlent déjà de ne plus avoir le goût de cette démonstration d’amour épicé sur la langue. « Embrasse-moi encore… Comme ça... »

Il fait nuit, mais tu n’as pas envie de rentrer, tu es ivres d’une envie que tu ne contrôles pas. Tu es ivre sans avoir bu quoi que ce soit. Tu es ivre mais ça te va très bien. Tu veux ressentir ça encore. Cet amour épicé, cet amour tendre. Tu veux ressentir ça encore et encore, parce que c’est si bon d’être aimé. C’est si bon que tu ne sais déjà plus comment t’en passer. C’est à ton tour de te coller, à lui, de chercher ses lèvres. Cet amour épicé, tu ne le goûteras peut-être pas entièrement ce soir, parce que tu n’es pas encore prête à ça. Mais cet amour plein d’épice tu veux le graver à toi ce soir, parce qu’il te semble qu’il te sera difficile de ne pas regretter la chaleur de Sandro quand tu devras le quitter pour regagner ton dortoir. Parce qu’il va bien le falloir à un moment ou un autre, n’est-ce pas ?

Sandro # Alcôve du 5e étage # Juin 2029


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Dernière édition par Dorothy Martin le Sam 17 Aoû - 23:31, édité 2 fois
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Mer 14 Aoû - 18:17

C’est certainement parce que Dorothy se fait soudainement moins loquace que Sandro sait qu’il a visé juste. Peut-être qu’il s’est emporté, entre fermeté et détermination, mais il n’a fait que dire ce qu’il pense. L’histoire qui prend forme avec la Serdaigle n’a rien de semblable à ce qu’il a pu vivre par le passé. Sa personnalité à elle est très différente des aventures qu’il a pu avoir et la position dans laquelle il se met lui-même, celle de roc et de confident, est toute autre elle aussi. Avec Do, il n’y a pas de détour ni de jeu d’image, il n’y a pas de pression des autres ou l’envie de se faire bien voir. Non, rien de tout cela. Dès le départ, elle a pu le découvrir lors d’une complète mise à nu, à jouer de son saxophone, et désormais c’est dans cette même logique qu’ils progressent l’un envers l’autre. Ce qu’elle lui a dit, jusque-là, il ose croire qu’elle ne l’a dit à personne d’autre. Ou presque personne d’autre. Peu importe. Il ose croire que tout ce qui se joue ici est complètement nouveau pour elle. Que ce soit le fait d’officialiser leur relation autant que d’exprimer ses craintes et sa fragilité. Face à ça, il a répondu le plus spontanément possible. Affirmant vouloir être à ses côtés, quoiqu’il en coûte.

Face à tout cela, face à sa détermination et ses convictions, elle répond d’un sourire, d’un baiser et d’un simple « Merci. ». Un merci qui vient du cœur et les yeux bleus de Sandro restent braqués sur elle, incapable de faire autre chose que l’observer. Il a un léger signe de tête en guise d’acquiescement. Il n’est même pas certain qu’elle ait véritablement besoin de le remercier. Il ne fait que ce qu’il a envie de faire, il ne dit que ce qu’il a envie de dire, ce qu’il pense. Ce rôle qu’il lui propose d’occuper à ses côtés, ce n’est pas rien : petit-ami, confident, repère dans le brouillard de ses angoisses… ce n’est pas rien, mais il fera tout pour honorer cette promesse.

En acceptant Dorothy dans toute sa complexité, dans tout ce qu’elle est, il accepte aussi le fait qu’elle soit moins expérimentée que lui sur les choses de l’amour, de la tendresse et de la sensualité. Ça aussi il l’accepte, même s’il ne sait pas encore s’il sera pleinement à la hauteur. Il comprend tout de même, comme il avait pu s’en rendre-compte au concert des Mandragoria qu’il sera également son guide, dans ce domaine là. Ça aussi, ce n’est pas rien. Et c’est peut-être même plus compliqué à évaluer encore, il n’y a aucun mode d’emploi et lui aussi a appris sur le tas, ces dernières années. Il ne veut aucunement la blesser, aller trop vite, la perdre en route ou se perdre lui-même. Il n’est pas de ces types qui ne pensent qu’avec certains de leurs attributs et se moquent du reste. Certainement pas. Elle lui fait confiance sur tous les aspects de leur relation et il saura faire ce qu’il faut comme il faut. Et ça commence par être à l’écoute. A l’écoute de son attitude à elle, de ses envies à elle et des siennes, à lui. Trouver l’équilibre sans avoir le geste de trop, sans se précipiter non plus. C’est là aussi un brouillard dans lequel ils avancent ensemble. Sandro, il se laisse porter par ce qu’il ressent, présentement.

Il y a la proximité de leurs corps et des envies qui se rejoignent, sans doute. Il y a cet éclair pétillant dans le regard de la Serdaigle et cette attitude joueuse qui est la sienne. Comme une passion latente qui prend forme entre eux maintenant qu’ils ont accepté leurs sentiments. La voir ainsi, ça éveille quelque chose chez l’italien, bien évidement. Alors il se fait plus entreprenant, sans véritablement prendre de risque. Il sait qu’elle a envie de ça elle aussi, qu’elle recherche ces sensations qu’elle ne doit pas vraiment connaître. Les doigts de la jeune femme déboutonnent le haut du brun presque sans qu’elle s’en rende compte. Lui, il le remarque fort bien et, dès qu’il a son consentement n’hésite pas. Il fait ce qu’il voulait faire depuis quelques temps : il l’embrasse comme on embrasse une femme. Il prend son temps, bien sûr, il la laisse s’acclimater à chaque sensation : ses lèvres entrouvertes, sa langue contre la sienne, leurs cœurs qui tambourinent et leurs corps qui frissonnent. Pour lui aussi ce sont de sensations nouvelles parce que chaque histoire est différente et qu’en l’état, il n’y a plus que Dorothy qui compte pour lui. Il veut la sentir tout contre lui, il laisse ses mains glisser dans sa nuque, il rapproche son visage du sien, il approfondit le baiser et tremble légèrement quand il réalise qu’elle a quasiment déboutonné son uniforme en intégralité. Elle glisse des doigts nettement plus sûrs d’eux, désormais, contre sa peau et quand leurs lèvres se défont enfin, Sandro a besoin de reprendre son souffle. Il ferme un instant les yeux, comme pour se remettre de ce chaos de sensations qui l’habitent et… « J’ai chaud… ». Elle dit ça dans un murmure et il relève son visage, rouvre ses yeux et l’observe.

Jamais il ne l’a vue ainsi, comme habitée d’une énergie nouvelle, d’un désir… perceptible. Il a une petite moue amusée, regarde un instant les doigts de la Serdaigle qui dénudent quelque peu ses propres épaules. Si la situation était toute autre, elle lui donnerait presque l’impression d’une enfant face à une poupée, qui en appréhende le corps. Oui, c’est comme si elle l’appréhendait, lui. Et, croyez-moi, il aimerait en faire de même. Ah ça oui. Sauf qu’il est trop tôt. Oui Sandro, il est trop tôt. Il ne se fait pas entièrement confiance quant à parvenir à maintenir les limites s’il se permettait plus encore. Il suit chacun des gestes de Dorothy des yeux et secoue la tête. Ses mains descendent d’elles-même enserrer la taille de sa petite-amie, à nouveau. Il sent sa respiration qui tressaille, son corps qui s’agite et devine l’excitation qui la parcourt. C’est ce qu’il ressent lui aussi et qui ne fait qu’augmenter d’un cran quand elle déboutonne légèrement sa chemise, dévoilant au passage un peu de son décolleté. Il n’est pas aveugle, Sandro. Il ne l’a jamais été. C’est vrai que Dorothy a un corps de femme-enfant qui traduit sa jeunesse, mais il n’empêche, elle a des formes aussi, des courbes qui ne le rendent pas insensible. Il reste muet à fixer la peau visible à présent sous ce cou gracile et il laisse les doigts joueurs de l’anglaise prendre possession de lui comme ils l’entendent. Ils vont de son torse à sa nuque, jouant avec la racine de ses cheveux, et il la laisse faire. Il est clairement hypnotisé. Il y a ce qu'il s’imagine dans son esprit et ce qu’il n’ose faire présentement. Il préfère… il préfère que ce soit elle qui prenne les devants. Il ne veut pas avoir le geste de trop.

Il ne sait pas si elle réalise l’émotion qui l’habite et la fascination qu’elle exerce sur lui, avec ses caresses et les expressions de son visage face à chaque nouvelle sensation qu’elle découvre. Quand elle croise son regard et qu’elle murmure qu’elle le trouve beau, il est certain que le rouge lui monte une fois de plus aux joues. C’est à croire qu’il n’est plus qu’une boule de sensations parce que dès qu’elle lui demande de l’embrasser, encore, il le fait avec vigueur. C’est comme s’il n’arrivait plus à parler, simplement agir. Il appose sur ses lèvres un baiser doux, d’abord, et force le passage de sa langue à nouveau. Dès que sa langue touche celle de Dorothy… il n’est plus question de tendresse, non. C’est un besoin vif et animal qui le prend aux tripes. Il l’embrasse avec passion et désir. Ses mains remontent de sa taille à ses bras qu’il caresse au passage, jusqu’à se poser sur ses épaules. Il l’attire vers elle, l’embrasse plus longuement encore, plus vivement aussi.

Et quand il se recule, il sait que leurs respirations sont semblables : agitées et fortes, et que leurs lèvres rougies sont à l’image des émotions qui les bousculent. Tout ce qui se passe en cet instant est fort, trop peut-être.

- Do… Je… Il ne sait véritablement pas quoi dire, alors il ne dit rien. Il se penche vers elle et embrasse cette fois sa nuque découverte.

Qu’elle soit toujours à moitié assise sur le rebord de pierre n’est pas plus mal. Cela la surélève et la rend toute à portée de l’exploration tactile de Sandro qui glisse une main curieuse dans la chemise légèrement déboutonnée de la Serdaigle. Il se recule alors, son index caressant son épaule et souffle :

- Tu dis stop quand tu veux.

Et lui-même, il sait qu’il ne franchira pas une certaine limite. Ce n’est pas l’endroit – c’est déjà miraculeux que rien ne les ait interrompu – ni le moment. Non. C’est… une découverte, voilà tout.
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Dorothy Martin
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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro Dim 18 Aoû - 15:28

Answer
Because i love you
Suis-je trop gourmande ? C'est la pensée qui tourne dans le fond de ton crâne, en arrière-plan, alors que ton regard accroche le sien, alors que tes lèvres murmurent une demande qu'une partie de toi trouve presque honteuse. Était-ce raisonnable d'en demander encore ? Était-ce raisonnable de se perdre de nouveau dans le goût de sa bouche, dans ce délicieux frisson ? Mais c'était tellement bon. C'était si bon de le sentir, ce frisson, ce vertige. C'était si bon de le sentir prêt de toi, d'avoir sa peau contre la tienne, cette électricité dans l'air. C'était si bon de se sentir aimée, choyée, désirée. C'était si bon. Si bon que tu ne savais plus comment t'en passer. C'est peut-être cela que les gens appellent addiction ? Tu ne sais pas, c'est si nouveau pour toi. Tu explores cette chose inconnue avec l'excitation d'une aventurière avide de découvertes. Si une partie de ta conscience te rappelle à l'ordre, questionne ta fougue, cette sensation vertigineuse qui part de ton entre-jambe et embrume ton esprit, si cette conscience tente de te raisonner, d'inséminer le doute, tu refuses de l'écouter. Même, tu l'oublies. Tu l'oublies par que Sandro t'embrasse de nouveau, tu l'oublies parce que c'est trop bon et beau d'être comme ça, de se sentir aimée, parce qu'on ne t'avait jamais aimé comme ça avant. Parce que tu te sens en cet instant belle, forte, parce que tu as la sensation qu'on a tué la Gamine Martin pour ne laisser que Dorothy en vie. La vraie Dorothy. Suis-je gourmande ? Te répètes-tu en fermant les yeux pour te plonger de nouveau dans cet abysse de sensation nouvelle. Certainement. Mais ce n'est pas grave, je ne suis plus une enfant.

Tu te délectes de ses caresses, de ces mains qui remontent de tes jambes jusqu'à tes épaules. Tu te délectes de cette confiance, de cette fusion, de cette alchimie entre vous. Il n'y a plus de tabou, de barrière, de doute, de peur, il y a juste deux personnes qui s'aiment et se découvrent, deux partitions délicates qui s'accordent sans pudeur mais avec respect. Tu es concernée par son plaisir et il est concerné par le tien. Et c'est beau. Oui, pas seulement bon mais beau aussi. C'est beau de vous voir vous appréhender, vous aimez enfin. C'est beau d'enfin avoir la force de laisser les doutes derrière-vous pour assumer ce qui était tapis là depuis quelque temps déjà. Est-ce que tu regrettes ? Est-ce que tu as peur ? Pas le moins du monde, Dorothy. Certains diront que c'est une erreur, mais tu as une confiance aveugle en lui, tu te sens libre, en sécurité, dans un cocon de chaleur qui réchauffe jusqu'à la moindre fibre de ton être. Tu l'aimes, tu réalises que tu l'aimes. Tu réalises qu'il n'y qu'avec lui que tu veux découvrir cela, avancer sur ce chemin. Tu prends conscience que ta tentative de tromper la solitude était vaine, car il n'y a que lui, en cet instant, qui peut satisfaire et tromper cette solitude-là, cette solitude que même Gus ou Luke ne peuvent pas combler. Tu prends conscience qu'il en sera ainsi tant que tes sentiments demeureront, parce que tu ne peux pas aimer à moitié, tu ne peux pas jouer à-demi. C'est tout ou rien. Ce sera toujours tout ou rien avec toi, tu es incapable d'être nuancée dans tes sentiments. Alors ce sera tout avec lui, ce sera tout jusqu'à qu'il ne soit plus rien. Ça ne peut pas être autrement. Ça ne sera jamais autrement. Il y a du désir dans ton regard, mais un amour profond aussi, Dorothy. Tu frisonnes au contact de ses lèvres sur ta nuque, te presses un peu plus contre lui.

« Oui… » Murmures-tu dans un sourire apaisé. « Mais seulement quand je le voudrais. »

C’était doux et bon. Une approche. Une découverte. À votre image, respectueuse, tendre, grisante, parfois un peu sauvage. Il a exploré ta peau quand tes doigts exploraient la sienne. Des caresses lentes, parfois timides, parfois plus osées. Il a une peau douce, Sandro, une peau douce et chaude, une légère odeur qui te rappelle les herbes pour les potions. Tu as fermé les yeux, tu l’as sentie, tu as laissé tes lèvres goûter cette peau désirée, aussi. Tu as laissé tes lèvres embrassé son épaule alors que tes mains avaient franchi l’intimité de sa chemise pour caresser son dos. C’était bon. Tu l’as gardée contre toi, comme un trésor dont on refuse de se séparer, comme cette chose précieuse qui apporte le souffle de vie qui nous manque. Tu as laissé ses lèvres à lui explorer ton cou, tes épaules, tu as lentement fait sauter d’autres de tes boutons pour laisser ses mains et sa bouche découvrir ce qu’aucun être vivant avait pu voir ou toucher avant. Il y avait cette volonté de vouloir être marquée, de vouloir lui appartenir, ne plus être un territoire libre, neutre. Il y avait cette volonté de le marquer, aussi, de déposer tes initiales, ne plus laisser sur sa peau, sur son corps, les vestiges de ses précédentes conquêtes. C’était doux. C’était bon. Tu l’as regardé, tu l'as regardé avec tant d’amour, Dorothy. Les yeux brillants, des sourires timides, des rires aussi, tu as ri. Il y a eu des silences, des étreintes, une envie de ne plus se quitter, de ne plus jamais se détacher. Peau contre peau, vos bustes légèrement dévoilés sous la lumière de la lune et vos regards amoureux. Tu l’as embrassé aussi, doucement, violemment, puis doucement de nouveau. Encore. Tu n’as eu aucune idée du temps qui passait. Tu t’en foutais du temps. Il y a eu une brise, un léger frisson, tu t’es pressé contre lui de nouveau en fermant les yeux, ta peau dénudée contre la sienne, ta poitrine seulement séparée de sa peau par ton soutien-gorge. Tu soupirs, ouvre les yeux, tes doigts de nouveau amusés à dessiner des formes obscures sur son dos. Ton regard passe sur la lune, les étoiles, le ciel.

« Il faut rentrer… Mais j’ai pas envie. »

Pourtant il le faut. Tu ignores l’heure qu’il est, mais il le faut. Il le faut parce que le temps file, parce que le soleil brillera dans le ciel bientôt. L’heure du couvre-feu est largement passé, c’est un miracle de n’avoir pas été surpris, de ne pas avoir vu votre bulle éclatée. C’est un miracle. Il ne fallait pas pousser davantage.

« J’ai déjà été suffisamment gourmande pour aujourd’hui. » Lâches-tu dans un sourire. Tu te détaches à regret de lui, embrasse doucement ses lèvres. Dieu que c’était bon. « Rentrons. »

-FIN-
Sandro # Alcôve du 5e étage # Juin 2029


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Re: [FIN]Answer ♣ Sandro

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