Long time no see... ○ Otília.

Armando Tir Ná Lia
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Armando Tir Ná Lia
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Long time no see... ○ Otília. Dim 11 Aoû - 16:49

LONG TIME NO SEE... OTÍLIA

○ feat otília c. ambrozy.
musique

Et ainsi sonna le glas de la quatrième année du brun à Poudlard. Le professeur d’Économie pouvait maintenant l’affirmer avec certitude : pas question de s’éterniser plus que de raison. Et pourtant, il n’eut pas d’autre choix que de rester plus longtemps que prévu. Sans rapport avec les événements s’étant produits, son obligation de séjourner quelques semaines de plus concernait une raison bien plus personnelle que les aléas de cette fin d’année.

Sans ses élèves, l’ambiance du château était bien plus calme… mais la morosité était aussi presque palpable. Ne restaient encore que certains membres du personnel, pour des facteurs divers et variés, qui ne regardait aucunement Mando. Mieux encore : il s’en contrefichait.

L’homme attendait avec impatience un message qui devait lui être délivré par son compagnon le plus fidèle : Tia. Bien que cette merveilleuse chauve-souris était assez maligne pour retrouver son maître n’importe où, Armando préféra jouer la carte de la sûreté et décida à contrecœur de ne pas bouger du château, tant que son message ne lui avait pas été donné.

À cet instant précis, il déambulait au rez-de-chaussée. Il fit d’abord un tour par la grande salle… vide. La pièce qui était d’ordinaire si vivante lui donnait l’impression de se tenir dans un cimetière dépourvu de tombes. Glauque… il chassa cette pensée de son esprit dans les secondes qui suivirent d’un mouvement de tête.

Comme pour défier une certaine personne qui lui reprocha souvent quelque temps auparavant d’avoir cette sale manie de fumer n’importe où et n’importe quand, Armando alla fouiller dans la poche de son pantalon pour y trouver son paquet de cigarettes. Et dans un sourire mesquin, il coinça le bâtonnet empoisonné entre ses lippes, avant de l’allumer dans la foulée.

Il tira plusieurs fois dessus et s’imagina alors se faire enguirlander par la rouquine : elle deviendrait folle si elle savait ce que je suis en train de faire. Sans pousser la provocation plus loin que de raison, il fit disparaître les quelques millimètres de cendres qui s’étaient étalés par terre d’un coup de baguette.

La magie était bien pratique par instant, songea-t-il, avant de s’éclipser de la grande salle. Il marcha cette fois en direction du hall d’entrée, la cigarette toujours au bec. Bien qu’il commençait doucement à s’impatienter, Armando ne laissa transparaître aucune émotion, préférant évacuer sa frustration en soupirant la fumée de sa cigarette.

Et c’est alors qu’elle fit son apparition. En deux temps. Le premier fut le bruit de ses pas sur le sol, résonnant dans la tête du brun comme un satané écho de malheur. Il reconnut immédiatement la démarche, son rythme, il la connaissait par cœur : Otília. Le second temps fut l’irruption de sa silhouette dans le champ de vision du brun. L’homme crut l’entendre fredonner un air, mais ne put le certifier tant le volume de sa voix était bas.

Même lorsqu’elle remarqua la présence de son collègue, la rouquine ne pipa pas un mot, se contentant de le saluer d’un signe de tête presque imperceptible. Armando baissa la tête en réponse sans lui dire le moindre mot en retour… comme une puérile riposte. Il trouva cela étrange. Otília était une professionnelle souvent irréprochable dans son attitude. Qu’elle ne le saluât pas même d’un petit mot, ça l’intrigua.

Et bien que ce ne fut pas dans ses habitudes, Armando décida pour une fois de faire le premier pas. Enfin pas tout de suite, il attendit de la voir passer devant lui, avant de lorgner sa silhouette lorsqu’elle eut le dos tourné. Impossible pour lui de nier que la dame était une belle femme. Elle avait une allure gracieuse, une démarche plaisante, presque voluptueuse ; elle ne laissait pas Armando de marbre bien au contraire.

Mais de là à dire qu’il était totalement charmé… non. Irrémédiablement non. Il n’était homme à se laisser envoûter par l’attrait d’une silhouette aussi sensuelle soit-elle. Il avait d’ailleurs toujours donné plus de crédit au caractère accessible d’une personne plutôt qu’un physique attrayant. Otília ne faisait pas exception. Et pourtant, elle força le brun, pour une raison inconnue, à lui adresser la parole :

Cela faisait longtemps… Professeur Ambrozy. Vous n’avez pas de meilleur endroit à fréquenter qu’un château vide de ses élèves ? Dit-il en laissant échapper la fumée de sa bouche dans le même temps que ses paroles, comme-ci il les avait crachés en décrétant qu’elles n’avaient aucun intérêt. Incorrigible. La plaisanterie était de mauvais goût... tout comme lui dire qu'ils ne s'étaient pas vu depuis longtemps, mais, Armando s'amusait à la provoquer. Vous allez quelque part ? Sous-entendait-il qu’il voulait l’accompagner ? Possible.

L’attitude était toujours désinvolte, mais la volonté de discuter avait l’air sincère… comme quoi Armando pouvait faire un effort quand il le voulait.


Otília C. Ambrozy
Professeur de Potions & Directrice de Serdaigle
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Otília C. Ambrozy
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Re: Long time no see... ○ Otília. Lun 12 Aoû - 1:24

Voilà qu’elle termine sa cinquième année en tant que professeur à Poudlard et jamais, ô grand jamais, elle n’avait connu une fin d’année scolaire aussi compliquée. Et encore, « compliquée », le mot est faible. Du grand n’importe quoi. Entre la montée en influence du Corbeau, l’interruption de la soirée de Gala et les arrestations à tout va d’élèves et du directeur, sans parler du manque flagrant de transparence et de communication au sein du Ministère… c’est à y perdre la tête. Pour Otília, c’est toujours essentiel de pleinement maîtriser les choses qui l’entourent, et pour cela, les comprendre. Ne serait-ce qu’au minimum.

Présentement, elle est encore dépassée par ce qui a eu lieu au sein de la Grande Salle mais également au Ministère, lorsqu’elle s’y est retrouvée, accompagnée de Rachel Scamander et Isaac Andersen. Une initiative et une rencontre qu’elle préfère garder pour elle, jusque-là. Faute d’éclaircissements, d’officialisations réelles et pertinentes par le Ministère (et mieux, le Ministre qui reste aux abonnés absents), c’est sans doute plus judicieux. Enfin. Le choix de rester plusieurs semaines à Poudlard, plutôt que retourner en Hongrie comme c’était initialement prévu fait suite à ces différents événements.

Gérer la communication de l’établissement, s’assurer de la surveillance des portails vers Beauxbâtons et Mahoutokoro, répondre au mieux aux messages des parents excédés et toujours dans l’incompréhension face à ce qui s’est passé et qui leur a été décrit par leurs enfants, voilà qui ne permet pas à l’intégralité de l’équipe pédagogique de s’accorder dès le début du mois de juillet des vacances pourtant pleinement méritées. Une bonne partie des membres du personnel est partie, bien entendu, mais quelques-uns restent sur place et d’autres ont indiqué qu’ils repasseraient à différents moments de l’été, comme une sorte de relai mis s'est tout naturellement installé.

Dans l’ensemble, toutefois, l’établissement est vide et les enseignants présents sont moins d’une dizaine. C’est toujours une ambiance particulière, Poudlard dans la période estivale. Les pièces sont vides, les couloirs normalement grouillants de vie sont plongés dans un silence presque pesant. A croire que l’immense bâtisse tient à rappeler le poids de son long héritage et s’accorder elle aussi un peu de repos. Pour la hongroise, ce n’est pas plus mal, elle en profite pour finaliser certaines recherches en Potions qu’elle n’a pas trouvé le temps d’approfondir avec les derniers événements et elle s’accorde un break, elle aussi.

Elle va de son appartement à son bureau, de la salle des professeurs à sa salle des potions, navigue dans l’établissement avec une certaine légèreté et profite de la chance de pouvoir savourer un long et réconfortant silence pendant de longues heures. Quand elle est concentrée devant ses chaudrons, le temps peut défiler à toute allure qu’elle ne s’en rend pas compte. Elle en ressort avec une forme de fatigue intellectuelle qui lui sied bien. Elle trouve même le temps de lire (plusieurs chapitres d’affilé, dans la moindre interruption ou obligation !) les romans de capes et d’épées qui garnissent sa bibliothèque personnelle. Son perroquet qui piaille derrière elle ou s’en va pour de longs vols à travers l’établissement, ses chats – qui sont deux désormais – roulés en boule dans un coin de son bureau ou sur ses genoux. Des fois… ça ne fait pas de mal. Elle profite là d’un calme qu’elle n’aurait peut-être pas complètement dans la demeure Ambrozy à Zsédeny, son village natal.

Cela fait presque dix jours que l’année scolaire s’est terminée et elle arrive bien mieux qu’au début à faire la part des choses entre sa fonction, professeur et directrice, représentante de Poudlard qui se doit de répondre aux sollicitations quant aux événements et Otília Ambrozy, femme et sorcière, qui a le droit de s’accorder un peu de détente et souffler un bon coup. Elle vient de travailler pendant une heure à une tentative de perfectionnement de la Potion de Mémoire à l’aide d’un traitement préalable des plumes de Jobberknoll et la texture de la préparation lui paraît plus que satisfaisante. D’autres tests seront nécessaires mais c’est encourageant. La voilà donc qui quitte les sous-sols humides de l’établissement. Peut-être ira-t-elle faire un détour par les cuisines, son petit déjeuner plus que matinal lui paraît bien loin.

« Ég a gyertya, ég, el ne aludjék... » (*)

Elle ne réalise pas que depuis bien une demi-heure, alors qu’elle s’affairait à ses potions, elle murmure une vieille chanson hongroise. De celles qu’elle a la sensation d’avoir toujours connu et chantonné, en vérité. Elle fixe un point quelconque devant elle tout en accédant au rez-de-chaussé. Elle s’engouffre dans l’un des couloirs et… sa chanson se meurt entre ses lèvres. Elle n’est pas seule ici, Armando Tir Ná Lia est là. Elle trouve cela triste à dire, cependant, même de dos elle le reconnaît sans mal. A cette odeur de cigarette qui l’accompagne partout, à sa chevelure sombre, à sa démarche et sa silhouette. Intérieurement, elle prie pour qu’il n’ait rien entendu de son chant. La petite comptine lui paraît immédiatement plus puérile que jamais. Elle n’arrête en rien sa marche pour autant et passe à ses côtés comme si de rien. Des rares personnes encore présentes à Poudlard, il faut qu’elle croise sa route, bien entendu.

La hongroise a bien conscience qu’elle manque à sa politesse légendaire à passer à ses côtés sans le saluer. Le problème, c’est qu’il s’agit d’Armando Tir Ná Lia. Simplement. Elle ne sait pas bien faire avec cet homme. Quand il est arrivé, elle l’a jugé un peu vite – et pas forcément à tort. Il lui a fallu un peu de temps pour réaliser que ses cheveux ébènes et ses yeux bleus électriques retenaient un peu trop son attention. Elle n’est pas femme à s’intéresser aux hommes, Otília. Elle n’est plus femme à s’y intéresser, disons. Le divorce l’a vacciné et même si elle a conscience de ses capacités de séduction et qu’elle ne compte pas nécessairement finir nonne, elle a mis tout ça sous scellé, dans un coin perdu de son esprit. Il y a toujours plus important que ce genre de choses et très honnêtement, de tous ses collègues, l’économiste n’est pas le genre d’homme qu’elle envisagerait. C’est ce qu’elle se dit, du moins. Il n’empêche qu’intérieurement, de cette petite voix dont elle ne veut rien admettre, elle le trouve beau. Oui voilà, c’est un bel homme avec un peu trop de charisme et un côté très sûr de lui qui lui tape sur le système. Souvent.

Ignorant de ses pensées, il l’aborde, lui. Il est donc plus poli qu’elle, aujourd’hui, et elle se tourne en sa direction.

« Oh, Professeur Tir Ná Lia, bonjour. C’est à croire que je ne vous avais pas vu ! » Qui gobera ça dans un couloir désert ? Personne. Tant pis, autant essayer. « Et bien, disons que je suis comme vous, j’aime tenir compagnie aux fantômes de l’établissement. Comme toujours, je constate que vous savez mieux que quiconque marquer votre territoire de vos effluves de nicotine, Armando. »

C’est mathématique. Dans les rares moments où ils ont pu discuter en seul à seul, elle se retrouve à manquer de courtoisie, un peu trop sur la défensive. Alors qu’il n’a fait que la saluer. Navrante. Elle affiche un fin sourire et l’observe un instant, ne sachant pas ce qu’il attend avec sa seconde question.

« ... J’envisageais me rendre dans les cuisines, je travaillais sur des potions et je n’ai pas vu le temps passer. J’ai un peu faim, si vous voulez tout savoir. » Elle marque un temps, son regard toujours droit dans ses yeux bleus. Elle n’avait jamais vu des yeux pareils, aussi clairs et brillants, avant de le rencontrer. Elle sait que c’est absolument cliché d’être charmée par des yeux avant toute chose, c’est pourtant le cas.

« Et vous ? Je pensais que vous seriez déjà parti. Ne deviez-vous pas rentrer à Londres ? »

___________________

(*) Ég a gyertya, ég, el ne aludjék → La bougie brûle, brûle, ne la laissez pas s'éteindre
Armando Tir Ná Lia
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Re: Long time no see... ○ Otília. Lun 12 Aoû - 13:14

LONG TIME NO SEE... OTÍLIA

○ feat otília c. ambrozy.
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Avec cette femme, c’était toujours la même chose. Depuis le temps, Armando connaissait la chanson par cœur. Le couplet des reproches et le refrain de la séparation. Ambrozy lançait ses piques, le brun surenchérissait pour potentiellement avoir le dernier mot… et l’un finissait par s’écarter du chemin de l’autre afin de ne pas envenimer davantage la conversation. En de rares occasions, un des deux faisait le premier pas pour administrer l’antidote au venin de ses paroles en faisant un effort de courtoisie.

Ces moments-là étaient rares… mais ne déplaisaient pas au brun. Car Otília savait se montrer affable, tandis qu’Armando faisait parfois l’effort de le prétendre, la politesse n’ayant jamais été son fort… il n’a pas vraiment grandi dans un quartier propice à l’apprentissage des courbettes… il est bien plus direct dans sa façon d’être et à son âge… difficile de changer. Ce n’est pas au vieux loup qu’on apprend de nouveaux tours après tout… parfaitement.

Comme attendu, les premiers mots de la rouquine furent une petite pointe d’ironie, comme elle savait si bien la manier. Armando fut bon joueur et ne souleva aucune objection bien qu’il savait pertinemment qu’elle mentait. Se contentant d’arquer un sourcil en guise de réponse : ce qu’elle peut être exaspérante cette femme… allons allons, calmons-nous. Une chose était certaine, elle savait exprimer son mécontentement. S’il y a bien une chose qu’elle maîtrisait, c’était les railleries.  Sans un changement de ton dans la voix… comme-ci tout était naturel.

Le brun avait gardé le silence jusqu’à présent, il le rompu :

Il est plus facile de me reconnaître ainsi… c’est une façon comme une autre d’annoncer ma présence… mais rassurez-vous ; je connais des manières bien plus ostensibles de me faire remarquer sans les employer pour autant…

En de rares occasions, Armando pouvait observer les traits du visage de son interlocutrice s’étirer un peu. Le sourire était discret, presque subreptice ; comme-ci elle ne voulait pas le montrer et surtout pas à un homme comme lui. Mais l’homme reconnaissait un sourire en coin entre mille autres… lui aussi savait le faire après tout. Mais même lorsqu’il s’exprima auparavant, l’expression de son visage ne changea pas d’un iota. Affichant un stoïcisme comme peu de personnes pouvaient en démontrer. Imperturbable… jusqu’à un certain point.

Il inclina légèrement la tête vers le bas, prêt à se replonger dans ses pensées. Il n’attendait rien de plus de cet échange vide de sens. Il savait déjà comment cela allait se terminer. Et maintenant elle va me répondre… et voilà… puis ira vaquer à ses occupations sans me retourner la question. Ainsi prend fin cette conversation qui avait pourtant si bien débuté… ironie quand tu nous tiens. En voilà un autre qui n’était pas mal dans son genre lorsqu’il s’agissait de la manipuler.

Un brin de surprise s’afficha alors sur le visage du professeur d’Économie. Il releva la tête doucement, cachant au mieux son étonnement. Elle avait relancé la discussion d’une question. Alors qu’Armando était persuadé que cet échange allait s’arrêter avant même d’avoir réellement commencé… quelle ne fut pas sa surprise de constater son tort. Interloqué, mais pas décontenancé pour autant, l’homme se surprit lui-même à répondre à son interlocutrice sans mentir :

J’attends un petit oiseau qui doit me délivrer un message, si vous voulez tout savoir. Il marqua un léger temps de pause, cherchant ses mots pour ne pas divulguer plus que de raison ce qui le poussait à rester, avant de reprendre : le souci étant que cet oiseau doit me donner deux informations capitales… dont l’une, étant ma destination. Pour répondre à votre question donc… j’ai bien peur d’être dans l’obligation de rester un peu plus longtemps.

Et aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’était finalement pas contre un semblant de compagnie. Et celle d’Otília, même si elle n’était pas la parfaite interlocutrice… n’était pas désagréable pour autant, quand elle le voulait. Et une nouvelle fois, Armando se surprit à lui dire ceci :

Nous avons un principe chez les Tir Ná Lia. Ne jamais, ô grand jamais, prendre un repas seul. Ma mère me dit souvent qu’il n’y a rien de plus triste que de devoir manger seul et que partager un repas est un petit bonheur de la vie certes simple… mais paradoxalement très important. Elle n’hésiterait pas à me fustiger si j’avais l’audace de laisser une personne manger toute seule… même si potentiellement, je ne porte pas l’individu en question dans mon cœur. Après ce léger préambule, Armando fit s’évaporer sa cigarette - objet du mécontentement de son interlocutrice - dans un filet de fumée filant vers le ciel. Puis il lui demanda ceci : seriez-vous prête à partager un repas avec moi ? Sans cigarette, si ça peut vous rassurer.

Comme-ci le fait de ne pas fumer pendant le repas était la condition sine qua non d’une probable réponse positive à sa question… l’homme utilisait les armes qu’il avait après tout. Une chose fut certaine cependant : il n’avait manifestement pas tant envie que ça d’être seul. Était-ce uniquement de la compagnie qu’il souhaitait ; peu importe laquelle ? Ou bien sa décision avait-elle été influencée par le désir de passer du temps avec la directrice de la maison Serdaigle ? Qui sait…


Otília C. Ambrozy
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Re: Long time no see... ○ Otília. Lun 12 Aoû - 20:52

Il la fixe le sourcil levé et elle sait pertinemment qu’il n’est pas homme à se laisser berner. C’est sans doute le problème, en fait. Si elle le voulait véritablement, elle remarquerait qu’ils ont plus en commun qu’elle ne veut se l’admettre. Une manière propre à chacun de diriger les conversations et une lucidité quand il s’agit d’alimenter une discussion. N’importe laquelle. Parmi l’équipe pédagogique, il y a de toutes les personnalités, des exubérants aux gentils idiots, des réservés à ceux qui veulent systématiquement faire amis-amis, que ce soit avec leurs collègues ou leurs élèves. Otília n’est pas de ceux-là et de ce qu’elle en sait, le professeur d’économie non plus. Ce qu’elle a pu remarquer, à la table des professeurs dans la Grande salle ou lors des réunions pédagogiques qui rythment la vie des enseignants, c’est que l’homme en face d’elle est « intéressant ». Il y a des gens comme ça, intéressants. De ceux dont la conversation peut véritablement retenir son attention. Des gens qui pourront animer un débat et la pousser dans ses retranchements pour défendre une opinion, une idée. Il est têtu, et c’est ce qui fait qu’il l’épuise, souvent. Parce qu’il est têtu et presque arrogant quand il s’y met. Il sait « séduire » les gens qui l’écoutent et Otília est déjà tombée dans son jeu lors de certaines discussions. Il connaît la réalité de la vie, du terrain et sait rebondir dans bien des domaines. C’est ce combo de charisme, éloquence et belle gueule qui la met en position inconfortable lorsqu’elle croise son chemin.

Alors oui, sa tentative d’esquive a échoué et elle sait dans le regard de son collègue qu’il n’est pas dupe. Elle pourrait s’en sentir ridicule. Il n’en est rien. Elle sait passer outre ce genre de chose et l’important reste qu’elle garde la face, quoiqu’il advienne. A sa formulation, elle reste de marbre.

« Je n’en doute pas le moins du monde. »

C’est vrai, en plus. Elle a eu le temps de saisir certaines facettes de sa personnalité – en parti, il est un mystère qu’elle est bien loin d’avoir déchiffré dans son intégralité. Le veut-elle seulement? Sans rien en avoir vu elle-même, jusque-là, elle sait qu’il peut lui arriver de se renfermer sur lui-même ou de hausser le ton avec fermeté. Nul n’est parfait, après tout, et à leurs âges il est certain qu’il vaut mieux apprendre à vivre avec ses défauts que croire que l’on parviendra un jour à s’en défaire. Si une pointe de curiosité naît en elle à l’évocation de ses « manières plus ostensibles de se faire remarquer », elle n’en montre rien. Il ne manquerait plus que ça, qu’il croit qu’il arrive à retenir son attention !

La nicotine, c’est autre chose encore. Elle ne fume pas, Otília. Elle a fumé un temps, c’est vrai, quand elle était plus jeune. A Poudlard, d’ailleurs, et un peu ensuite. Puis elle a arrêté sans véritablement éprouver la moindre sensation de manque. D’autres choses ont su monopoliser son attention, son travail d’Auror à l’époque, ses recherches ensuite et si elle devait avoir un vice, c’est plutôt l’alcool (avec modération la plupart du temps). Elle n’est pas de ces non-fumeurs qui veulent imposer leur loi. Disons simplement qu’elle regrette voir tant de fumeurs parmi les élèves de l’établissement et préférerait que ses collègues montrent l’exemple. D’autant plus quand il est indiqué dans le règlement intérieur de ne pas fumer au sein du bâtiment. Ça fait parti des points noirs à l’encontre du brun dès qu’ils se sont rencontrés et il n’hésite jamais, par ses petits gestes, à le lui rappeler. Elle en fait donc de même, à sa manière.

Très honnêtement, elle ne sait pas pourquoi elle répond à sa question. Elle aurait pu l’esquiver, tourner la chose en raillerie ou mettre immédiatement les points sur les i. Non. Elle lui répond parce qu’après tout… il n’est pas un monstre. Leurs échanges sont le plus souvent professionnels et teintés, de son côté en tout cas, d’une courtoisie très affectée. A son égard, c’est comme si elle redoublait de vigilance. A moitié consciente de ne pas être insensible à ses charmes, elle se refuse d’en dévoiler quoique ce soit. Ce serait… ce serait un aveu de faiblesse, une trahison à son image irréprochable, inattaquable, qu’elle entretient depuis des années. Après tout, il ne mérite pas plus son attention qu’un autre. Sa belle gueule et ses beaux yeux ne le rendent pas différents des autres. Certainement un charmeur conscient de ses qualités physiques qui en joue avec les femmes. En vérité… elle n’en sait rien. Elle n’est pas suffisamment proche de lui pour le savoir et n’a jamais abordé sa vie privée. Elle ne veut pas savoir, elle préfère s’en faire une telle image, c’est plus facile pour maintenir cette distance voire même cette froideur qui est la sienne.

Est-ce le fait que l’établissement est vide ? Ou le simple hasard ? C’est rare qu’ils parviennent à entretenir une conversation « normale » sans qu’elle ne soit constamment alimentée de piques ou de remarques. La hongroise sait qu’elle est souvent en tort à ce propos et ne rate rien de la rapide surprise de son collègue. Lui aussi doit réaliser que ce n’est pas commun qu’ils se répondent ainsi sans – trop – s’envoyer bouler. Elle s’attarde sur ce qu’il lui dit et s’interroge intérieurement de ce « petit oiseau » qu’il attend. Ce n’est pas son rôle de questionner, toutefois.

« Je vois. J’espère pour vous qu’il ne s’est pas perdu en route, ce serait regrettable en effet que vous ayez à rester à Poudlard trop longtemps en ces mois d’été. » D’un geste machinal elle replace la hanse de son sac en bandoulière dans lequel se trouve son carnet de recherches et quelques autres affaires. Un sac en simple cuir marron de taille moyenne qui lui tombe sur la hanche droite. « Quand bien même l’établissement saura faire avec votre compagnie, j’imagine que vous avez des obligations qui vous attendent ailleurs. »

Elle ne sait pas grand-chose de sa vie personnelle mais il lui a toujours donné la sensation d’être un homme occupé. Autant dans sa fonction de professeur d’économie à Poudlard qu’en dehors. A croire qu’ils vont réussir à discuter honnêtement et avec une certaine neutralité pendant plus de cinq minutes ? Voilà qui serait étonnant. A la surprise du colombien quelques instants plus tôt suit celle de l’Ambrozy, désormais. Elle a admis avoir faim et le voilà qui évoque un précepte familial. L’espace d’un instant, elle ne sait pas si elle doit le prendre au sérieux. Elle ne sait pas non plus ce qu’elle est censée en dire. Jamais ils ne se sont retrouvés trop longtemps seul à seul, à croire que respirer le même air amenait systématiquement une forme de tension sur les épaules de l’un ou de l’autre et la conversation coupait court, à chaque fois. Pourquoi est-ce différent, là ?

Elle ne comprend même pas. Il reconnaît ne pas la porter dans son cœur et la formulation la fige un bref instant, sans qu’elle ne puisse l’éviter. C’est dit de façon assez neutre et elle n’a aucune raison de s’en sentir offusquée mais elle n’aime pas. Elle ne sait pas ce qu’elle aurait préféré entendre. Elle ne veut pas qu’il la porte dans son cœur. Elle se moque bien de ce qu’Armando Tir Ná Lia peut penser d’elle, après tout. Elle n’a aucune raison de s’intéresser à Armando Tir Ná Lia. Alors pourquoi lui propose-t-il de l’accompagner en direction des cuisines ?

Son silence doit paraître quelque peu anormal et en preuve de bonne fois il fait disparaître sa cigarette.

« Donc, si je comprends bien Armando, vous me proposez que l’on mange ensemble pour profiter d’un petit bonheur de la vie, comme vous dites ? » Elle reformule comme si elle n’était pas certaine d’avoir bien entendu. « Je crois que la solitude de l’établissement doit véritablement vous peser pour que vous en arriviez à de telles extrémités ! » Elle dit cela d’un ton incertain, entre ironie et sérieux, ne sachant pas comment interpréter la chose.

Elle en est déstabilisée. Plus qu’elle ne le montre, les yeux légèrement plissés comme pour le détailler un instant. Il n’a pas l’air de se moquer d’elle, pourtant.

« Et sans cigarette, en plus. Si vous enterrez la hache de guerre, qui suis-je pour refuser ? »

Elle lève les yeux au ciel et esquisse un pas en avant.

« Je ne vous apprends rien, c’est par là. Sachez que je vous laisse tout le loisir de changer d’avis si vous le désirez. Principe familial ou non, vous n’avez pas à vous sentir obligé, manger en solitaire n’est pas quelque chose qui me dérange. »

Il calque son pas sur le sien et ils en viennent à marcher côte à côte, sa robe de sorcière noire glissant légèrement à chacun de ses pas. Lorsque l'établissement est ainsi dépeuplé, elle préfère prendre ses repas du midi dans les cuisines, la Grande Salle paraissant démesurément vide et intimidante, même lorsque l'intégralité des présents s'y rejoignent.
Armando Tir Ná Lia
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Re: Long time no see... ○ Otília. Lun 12 Aoû - 22:39

LONG TIME NO SEE... OTÍLIA

○ feat otília c. ambrozy.
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Armando l’espérait aussi… que cet oiseau de malheur ne se soit pas perdu en chemin. Non, impossible, impensable ; le brun avait une confiance absolue en sa petite Tia, elle ne l’avait jamais déçu. Lui qui d’ordinaire, n’avait jamais su réellement s’y prendre avec les créatures, magiques ou non ; avec cette chauve-souris, c’était une autre histoire.

Ainsi, comme pour conjurer un mauvais sort qui n’avait vraisemblablement pas lieu d’être, il répondit aux commentaires de son interlocutrice, le plus sérieusement du monde :

Je lui fais entièrement confiance pour me délivrer ce message. Et bien qu’elle prenne plus de temps que d’ordinaire pour me l’apporter… je sais qu’elle n’est pas à blâmer. Tout le monde n’est pas forcément à l’aise avec ce genre de… créature.

Un rictus amusé se dessina sur le coin des lèvres du professeur d’Économie. Dans ses déclarations il décrivait quelqu’un… sans évoquer son nom pour autant. Et cela pour une bonne raison : en aucun cas, cela ne regardait la directrice Serdaigle. Et cela, Armando en avait bien évidemment conscience et ne dérogeait pas aux règles de discrétion qu’il s’était fixées, pas même pour le joli minois en sa présence.

Mais il était vrai qu’un individu en particulier avec du mal avec Tia. L’animal n’était pas fautif… son espèce en revanche… et bien qu’Armando aimait sa famille du plus profond de son cœur, il ne résistait jamais à l’envie de la taquiner un peu. De l’amour vache certes, mais sincère. Et c’était là le plus important. L’homme se demanda alors si Otília avait de la famille. Probablement… il ne se rappelait pas lui avoir demandé… ou ne faisait pas d’effort pour s’en souvenir.

« Je crois que la solitude de l’établissement doit véritablement vous peser pour que vous en arriviez à de telles extrémités ! » le brun n’eut qu’une réponse à formuler, elle tint en deux mots :

Peut-être.

Rien de plus, rien de moins. Mais lorsqu’elle fit un commentaire sur sa sale manie de fumer n’importe où et n’importe quand, le brun fut agacé. Elle répétait cela sans cesse, ne discontinuait jamais cet éternel reproche. Finalement, Armando décréta qu’il en avait assez. Et pour la première fois depuis le début de leur échange, le ton de sa voix s’éleva à un volume supérieur à la normale :

Aussi étonnant que cela puisse paraître, je suis capable de me passer de cigarette pendant quelques instants. J’ai bien noté votre attachement au règlement intérieur de notre chère école. Vous remplissez à merveille votre rôle de directrice de maison, si bien que je suis surpris que l’on ne vous ait pas encore décoré pour cela… Otília…

Il appuya les syllabes de son prénom de son accent latino exacerbé. Elle avait bien pris la liberté d’appeler le brun par son prénom, pourquoi ne pas en faire autant ? Étant donné qu’il n’eut aucune raison valable de se retenir… il le fit.

« Manger en solitaire n’est pas quelque chose qui me dérange »
Vous peut-être… moi oui.

Et il se tut. Ne prononça plus un mot tant que les deux n’avaient pas atteint les cuisines. L’homme avait conscience qu’il n’avait pas aidé à apaiser une tension déjà bien installée entre les deux professeurs. Tch… moi et ma grande gueule se maudit-il. Ensemble, sans piper mot, ils se dirigèrent vers les cuisines. Armando réfléchit longuement… il faillit à se rappeler la dernière fois qu’il avait mangé en tête à tête avec la rouquine… ou un autre professeur d’ailleurs.

Peut-être que cela s’était produit quelques années auparavant, lors de son arrivée à Poudlard, dans le but de s’acclimater plus facilement… il n’arrivait pas à se souvenir. Ses premiers jours comme professeur à l’école des sorciers n’étaient que réminiscences… bien que la période n’était pas si lointaine. C’était le signe d’un esprit occupé, voire préoccupé. Armando avait beaucoup de choses à penser… et parfois, même le plus important lui échappait. Triste.

Comme cette atmosphère qui régnait entre les deux adultes d’ailleurs. La tension avait comme monté d’un cran, elle se faisait presque palpable. Il n’était pas folie de concevoir que l’un des deux puisse faire un pas vers l’autre pour apaiser ce climat… Armando avait beau dire qu’il ne voulait pas manger seul… il valait parfois être seul plutôt que mal accompagné. Tch… je n’ai jamais cru à cela, pourquoi est-ce que j’essaye de me convaincre ? À cause d’elle ? Si ma mère me voyait… qu’est-ce qu’elle dirait… elle ne serait pas fière de son fils. Tch. Je n’aime pas te décevoir chère mère, je vais faire un effort. Un homme doit savoir prendre ses responsabilités. Assurément. Surtout un homme comme lui.

Le flot de ses pensées s’arrêta alors, en même temps que le bruit des pas des deux professeurs. Ils avaient atteint les cuisines, sans prononcer le moindre mot. Armando coupa court à cette ambiance moribonde et s’adressa à Otília en modifia légèrement l’intonation de sa voix, se voulant plus chaleureux :

Vous savez, quand j’étais petit, il n’y avait qu’une seule voix que j’écoutais… je vous vois venir, vous alliez probablement rétorquer : « la vôtre Armando ? »  eh bien non. Celle de ma mère. Dans les rues de mon quartier, il y avait une religion que nous pratiquions tous : le football. Un sport moldu, extrêmement populaire d’ailleurs. J’y jouais pendant des heures… oubliant absolument tout. Et il n’y avait qu’une seule voix qui avait le pouvoir de m’arrêter : celle de ma mère, quand elle m’appelait pour rentrer manger. La magie prend parfois des formes bien cocasses vous ne trouvez pas ? Elle n’est pas qu’incantations, potions, ou balais qui volent… parfois on la trouve dans des choses aussi simples qu’un repas partagé.

Et vint la question à un million : que diable voulait-il donc faire comprendre à son interlocutrice ? Y avait-il seulement quelque chose à comprendre ?

J’aimerais vous dire une chose, Otília. Sachez que je ne vous déteste pas, mais que je ne vous porte pas non plus dans mon cœur. Et pourtant je n’ai pas cette impression que nos caractères disparates sont en cause. Je pense que l’un comme l’autre nous n’avons pas été capables de faire un effort pour discuter sérieusement plus de cinq minutes sans que cela tourne au désastre. Il marqua un léger temps de pause et tendis alors sa main vers elle avant de reprendre, un sourire sincère aux lèvres : vous parliez d’enterrer la hache de guerre tout à l’heure. Je vous propose de l’enfouir si profondément que rien ni personne ne pourra aller la déterrer. Qu’en dites-vous, señorita ?

Un petit mot pour plaisanter. Cela ne pouvait dire qu’une chose : Armando était bien sérieux dans sa démarche. Il n’y avait qu’avec ceux dont il supposait pouvoir s’entendre avec, qu’il ne plaisantait. Et bien que cela devait faire tout drôle à son interlocutrice… il ne mentait pas.  


Otília C. Ambrozy
Professeur de Potions & Directrice de Serdaigle
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Re: Long time no see... ○ Otília. Mar 13 Aoû - 17:07

Quand Armando évoque la confiance qu’il a envers l’animal chargé de lui délivrer le message qu’il attend, elle ne relève pas. Toutefois, la manière dont il parle de cette « créature » rappelle à la hongroise qu’en effet, l’homme n’utilise ni chouette ni hibou, mais une chauve-souris. Elle avait eu l’occasion de le constater lors d’une livraison de courrier dans la Grande Salle, une fois. Elle n’avait pas fait le lien lorsqu’il a évoqué un « petit oiseau » un peu plus tôt. Désormais, ça fait sens. Encore une caractéristique étonnante, assez rares sont ceux qui utilisent un tel animal. Pas que cela la dérange, chauve-souris ou autre, tant que les lettres arrivent à destination, c’est ce qui compte. Et puis, possédant elle-même un perroquet qui remplit la même fonction, elle serait mal placée pour faire la moindre remarque.

La discussion prend ensuite une tournure assez inhabituelle. Elle a beau le reformuler comme si elle en doutait, la réalité est là : il lui propose de l’accompagner pour manger. La directrice de Serdaigle a du mal à y croire. Dans son esprit, inviter une personne à partager un repas, aussi simple soit-il, c’est quand même faire signe d’un intérêt ou d’une proximité. Puisque il a le choix, après tout, rien ne le force à faire preuve d’une telle… galanterie ? Oui, ça pourrait presque être le mot. Surprenant. Elle essaie de ponctuer ses paroles d’ironie, comme elle sait si bien le faire, et il lui renvoie un « Peut-être » tout en mystère. Rah, cet homme.

Difficile de voir clair dans son attitude. Alors elle continue sur ses formulations piquantes, parce que c’est comme un bouclier auquel elle parvient à s’accrocher. Ils ont toujours fonctionné ainsi, pourquoi faudrait-il que cela change ? Bien sûr que lorsqu’il fait disparaître sa cigarette, c’est une perche qu’il lui tend et qu’elle saisit au vol, n’hésitant pas à en rajouter. Elle avance de quelques pas lorsque la réponse de son collègue, cinglante et animée, la prend de court. Elle… elle ne s’attendait pas à une telle réaction. Depuis le temps, il sait bien qu’elle a cette mauvaise habitude de lui tirer dans les pattes quand elle le peut. N’en fait-il pas de même, normalement ? Elle a comme une sensation de douche froide quand il termine sa tirade.

Si bien qu’elle se retourne légèrement dans sa direction et le fixe, le regard noir. « ... » Elle aurait beaucoup à répondre. C’est vrai, elle est à cheval sur le règlement. C’est vrai, elle travaille énormément son image et croit naïvement qu’un professeur aussi exemplaire que possible est un modèle à suivre pour les élèves de l’établissement. Nul n’est parfait, cela va de soi, mais faire en sorte de limiter les substances novices – ou controversées – au sein du bâtiment, est-ce une mauvaise chose ? Elle ne lancera pas le débat. Elle ne dira rien. Elle prend sur elle et poursuit sa marche, non sans lui laisser une porte de sortie, s’il le voulait.

Apparemment il ne veut pas parce qu’il calque ses pas sur les siens. Le trajet jusqu’aux cuisines se fait dans un silence pesant. Otília se retient de parler car elle sent bien que les mots qui quitteront ses lèvres n’auront rien de bien sympathiques. Elle ne le comprend pas. Elle n’a rien demandé. Elle ne voit pas ce que ça lui apporte de s’imposer sa compagnie à elle, s’ils s’entendent aussi peu. Pourquoi s’infliger un repas en tête à tête si les moindres paroles qu’ils s’échangent participent à leur énervement ? A moins que ce ne soit là une stratégie du colombien ? Peut-être attend-il justement qu’elle se détourne, qu’elle change d’avis et affirme ne pas désirer sa compagnie ? Oh, ce serait sacrément tordu si c’était le cas, et elle ne préfère pas y croire une seule seconde. Quand bien même elle est sur la défensive à son propos, elle sait que cela ne lui ressemble pas. Tandis que les cuisines se profilent au fond du couloir, ce sont maintes questions qui se bousculent dans l’esprit de l’experte en potions. Comment doit-elle se comporter, réellement ? Doit-elle faire comme s’il était n’importe quel autre de ses collègues ? N’est-il pas comme n’importe quel autre de ses collègues, d’ailleurs ? Si, certainement. Elle ne s’explique pas son propre comportement à son égard.

A peine font-ils un pas dans les cuisines que la voix d’Armando s’élève. Là encore, il la prend de court. Elle lève un sourcil et l’observe. Quand il fait mine de deviner sa réaction, un fin sourire naît de lui-même sur les lèvres de la rousse ; il n’a pas tort, c’est bien le genre de remarque qu’elle aurait pu faire. Elle l’écoute sans vraiment savoir où il veut aller ainsi. Ce qui est certain c’est que son intonation est nettement différente de lorsqu’il l’a remise à sa place, un peu plus tôt. Il lui parle de sa mère, une fois de plus, et elle commence à croire qu’en effet, il y a bien plus à découvrir chez cet homme qu’elle n’a voulu le croire. Inconsciemment, elle croise les bras quand il se fait plus direct dans ses propos, indiquant à nouveau ce semblant d’incompatibilité qui semble être le leur. Il a raison et… elle n’aime pas ça. Une fois de plus, en étant le premier à prendre une initiative positive en sa direction, il la surprend et cela la gêne, presque. C’est à croire qu’il est bien loin des travers qu’elle lui imagine depuis quelques temps, comme pour le diaboliser et prendre de la distance. Comme si, par crainte de se laisser avoir par ce charme qu’il dégage, elle a toujours préféré user de la meilleure des défenses : l’attaque.

Mais que gagnerait-elle, cette fois, à faire demi-tour ? A refuser cette main tendue et ce constat simple qu’il a su formuler bien mieux qu’elle ? Oui, c’est vrai, peut-être que s’ils en sont là c’est qu’ils n’ont jamais véritablement cherché à faire autrement. Il lui propose donc de faire la paix, d’une certaine façon, et ponctue ça de son accent chantant. Il faut un peu de temps à l'Ambrozy pour assimiler, et finalement la voilà qui secoue la tête avec un sourire. Comment dire non à ces yeux et cet accent, hein ? Faible femme, va.

« Hum... » Elle décroise les bras et glisse sa main dans celle qui lui est tendue. « Décidément, Armando, vous êtes un homme plein de surprises. Et vous n’avez pas tort, cela dit. Sans doute que nous n’avons jamais fait en sorte de partir du bon pied, vous et moi. Soit. Peut-être vous ai-je jugé un peu vite. »

Elle relâche sa main avec un signe de tête et s’avance dans les cuisines. L’endroit est parfaitement rangé et apparemment vide de toute présence.

« Voyons donc si la magie de votre mère opère, alors. »


D’une certaine façon, Otília est toujours un peu perdue, au fond d’elle. Elle ne sait pas bien pourquoi elle accepte tout ça ni même si c’est véritablement une bonne idée. Autour d’un repas, les gens parlent en général, parlent de ce qui les concernent, de qui ils sont… c’est vrai qu’elle ne serait pas contre connaître un peu mieux son collègue, afin de mieux l’appréhender. Mais cela signifie répondre en retour et elle craint que cela participe quelque peu à un sentiment de faiblesse. Parce ce qu’il y a chez Armando Tir Ná Lia quelque chose qui le fait sortir du lot. Qu’elle le veuille ou non elle le ressent ainsi.

D’un coup, un elfe de maison apparaît devant elle. Une elfe, même, affiliée aux cuisines et qu’elle a l’habitude de voir en ce lieu. C’est une elfe au corps un peu voûté et aux traits marqués. De ce qu’Otília a cru comprendre, elle travaille pour l’établissement depuis de très longues années.

« Oh, Professeur Ambrozy, bonjour ! Je peux vous être utile ?
- Lollie, bonjour. Je sais qu’il est un peu tard mais nous aimerions manger ici, si c’est possible.
- Bien sûr, nous nous occupons de tout Professeur Ambrozy, de suite ! »


Avec son entrain habituel, la créature fait apparaître une table en bois, pour deux personnes, ainsi que des chaises. Une nappe à carreau la recouvre et très vite des assiettes et des couverts en font de même. Otília se tourne vers son collègue, comme pour l’observer quelque peu. Est-il un habitué des cuisines, lui ? Elle n’en a pas la moindre idée. Dans son cas, particulièrement en période de vacances scolaires, il lui arrive de prendre ses repas ici, comme aujourd’hui, quand elle se retrouve à manger en décalé.

« Professeur Ambrozy, Professeur Tir Ná Lia, vous pouvez vous asseoir ! »

L’elfe fait signe en direction de la table, visiblement ravie d’avoir des convives. Attendant que son collègue s’approche, la hongroise se positionne d’un côté de la table et s’assied en même temps que lui.

« Merci bien, Lollie.
- Qu’est-ce qui vous ferez plaisir, Professeur Ambrozy ?
- Rien de bien compliqué. »


Elle a un regard vers le colombien comme pour voir s’il a une préférence. Finalement, elle ajoute :

« Je pense que vous pouvez accommoder ce que vous avez servi à nos collègues un peu plus tôt. Cela nous ira parfaitement.
- Très bien Professeur Ambrozy. Vous souhaitez également un verre de vin rouge, comme à votre habitude ? »


Ok. Peut-être qu’elle prend un peu trop ses repas ici, finalement. C’est vrai qu’elle aime bien le vin rouge. Un bon Bordeaux, c’est toujours un plaisir pour ses papilles. Seulement… là elle ne s’attendait pas à ça et elle sent son visage s’empourprer, embarrassée.

« Euh… Je… » Elle soupire et fixe son collègue droit dans yeux. « … Vous prendrez du vin, Armando ? »
Armando Tir Ná Lia
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Re: Long time no see... ○ Otília. Jeu 15 Aoû - 15:41

LONG TIME NO SEE... OTÍLIA

○ feat otília c. ambrozy.
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Homme plein de surprises… elle ne croyait pas si bien dire. Cependant… il y en avait certaines que l’homme conservait avec une minutie toute particulière. Car peu d’individus, personnel ou élève pouvaient se targuer de savoir ce qu’Armando faisait de son temps libre ou bien lorsqu’il n’était pas à Poudlard. Et c’est mieux ainsi songeait le brun.

En effet, parfois il valait mieux ne rien dire et laisser les gens dans l’inconnu, la réflexion. Le professeur était méticuleux dans ce qu’il dévoilait sur lui, son passé, ses intentions. Parfois il mentait si la situation l’obligeait. Il était arrivé à un stade ou il pouvait flouer les gens sans sourciller. Sans une once de regret ni d’hésitation. Tout était aussi fluide que le courant de l’eau dans une rivière.

Et cela grâce à des décennies d’expérience. Armando avait appris à mentir dès son plus jeune âge après tout. Et ses leçons, il les tenait d’une personne très chère à son cœur… qu’il avait mentionné plusieurs fois d’ailleurs. Lorsque Ambrozy relâcha la main de son confrère, elle y alla de son petit commentaire :

« Voyons donc si la magie de votre mère opère, alors » - ce à quoi le brun répondit évasivement :
Espérons…

Sans rien dire de plus. Une déclaration propice à l’interprétation. Une de celles dont il avait l’habitude et qu’il s’amusait parfois à prononcer. À croire qu’il cherchait délibérément à forcer les gens à s’interroger sur sa personne. Ou bien économisait-il ses mots comme-ci ceux-ci étaient des denrées rares ? Comme-ci la moindre parole lui était arrachée plutôt que volontairement divulguée. Comme-ci le fait de parler était un effort surhumain.

Passons. Les deux confrères une fois dans la cuisine, se retrouvèrent en présence d’une elfe de maison, visiblement bien connue d’Otília, car celle-ci l’appelait par son nom. Armando arqua un sourcil tout en gardant le silence, laissant libre cours à sa collègue de faire le nécessaire. L’elfe en question se nommait Lollie. Armando le savait, mais n’avait jamais eu des échanges très longs avec elle alors il laissa sa collègue prendre les devants.

Ensemble, ils s’installèrent tandis que le brun se garda de prononcer le moindre mot. Toute parole était à son sens purement superflue : sa collègue avait les choses en main, il n’avait rien à ajouter. Et même lorsque Lollie voulut savoir ce que les deux aimeraient manger, Armando se contenta d’un signe de tête dans la direction du professeur Ambrozy. Sous-entendu : il la laissait gérer.

Et c’est alors que l’échange prit une tournure amusante. Le fait que l’elfe leur proposa du vin rouge n’avait en soi rien de choquant. Il était bien connu que les adultes aimaient partager leur repas autour d’un verre d’alcool. Non, ce qui fut divertissant en revanche, fut le mot que prononça Lollie : « habitude ». Cela se passait de commentaire… Otília ne se rendait pas en cuisine de manière exceptionnelle… elle était même bien familière avec cette pratique.

Et visiblement, le vin rouge était un péché mignon. Elle a bon dos la dame qui me critiquait pour ma sale manie de fumer à outrance. Finalement Armando se contenta d’un commentaire amusé :

À chaque individu ses petits vices… dit-il dans un semblant de sourire, avant de reprendre dans un ton bien plus sérieux : je prendrai ce qu’elle prendra Lollie. Tu connais mon péché mignon ? Tu sais donc quoi faire et quand.
Même aujourd’hui professeur ?
Toujours, Lollie, toujours. Vois cela comme mon dernier petit caprice avant de repartir.

L’elfe acquiesça sans faire de commentaire. Elle savait pertinemment de quoi le brun parlait alors elle ne demanda aucune précision. Armando n’avait pas eu de longs échanges avec elle certes… mais malgré tout il lui avait fait part de son petit plaisir après un repas. Cela pouvait être associé à un caprice… mais comparé à ce que d’autres pouvaient exiger… ce n’était rien de spécial.

L’elfe s’exécuta, disposa sur la table tout ce qu’elle avait servi au personnel quelques instants auparavant et laissa la bouteille de vin sur la table, débouchée. Armando ne se fit pas prier pour servir un verre à celle qui lui faisait face, avant d’en faire de même pour lui. Il posa alors ses coudes sur la table et croisa les mains. Déposant alors son menton sur ses phalanges, il fixa Otília du regard. Il semblait pensif. Sans changer sa position d’un iota, il reprit la parole d’un ton neutre, ne laissant transparaître aucune émotion :

C’est la première fois que je vois votre visage prendre un peu de couleurs. Vous qui d’ordinaire êtes si… il chercha le bon mot, pour finalement sortir le premier qui lui vint à l’esprit : impassible. Un professionnalisme à toute épreuve. Vous ne devriez pas être déconcertée pour si peu… n’ayez crainte, je garderai le silence sur votre petite lubie si vous ne voulez pas que j’en parle. Il ajusta finalement sa position, reculant sur sa chaise pour coller son dos au dossier, tout en croisant les bras, il reprit : j’ai moi aussi mon petit caprice pour chaque repas, je ne suis pas mieux.

Encore une fois son faciès n’adopta aucune expression. Toujours stoïque, il lorgna toujours son interlocutrice. Il cherchait. Un sujet à aborder… si possible il cherchait à éviter tout ce qui pouvait être épineux. Il se contenta d’une question :

Cela vous dérange si je fume ? Il attendit un semblant de réaction avant de reprendre dans un sourire mesquin : je plaisantais. Plus sérieusement, j’ai évoqué ma mère par deux fois, mais je ne vous ai pas entendu rebondir là-dessus. Je m’interroge donc, avez-vous de la famille ? Je suis curieux.

Un sujet banal, mais loin d’être épineux. Pour un début… c’était une bonne chose. Armando comptait peut-être sur le vin pour délier un peu la langue de son interlocutrice… bien qu’il n’avait strictement aucune certitude que cela allait aider. Il l’espérait peut-être…



Otília C. Ambrozy
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Re: Long time no see... ○ Otília. Mer 21 Aoû - 17:40

Dans un soupir, elle abdique. Que peut-elle faire de plus, désormais ? Sans pouvoir lire dans les pensées de son vis-à-vis, elle se doute qu’il doit facilement rire de la situation. Elle qui travaille à se montrer impeccable, elle qui le reprend sur sa manie de fumer dans l’enceinte du bâtiment… voilà qu’en une simple phrase, naïve, l’elfe de maison ébranle son image. Elle suit du regard la créature et se contient de la fusiller du regard. A quoi bon ? Ce ne serait qu’accroître le ridicule de la situation. Elle sait sa gêne visible sur son visage et demande à son collègue si lui-même voudra prendre du vin… mais il n’est pas né de la dernière pluie et comme elle pouvait le craindre il ne la laisse aucunement détourner la conversation. Bien sûr que non.

A la petite remarque qu’il prononce, elle se crispe. Que va-t-il s’imaginer ? Elle n’est pas une ivrogne non plus, elle ne boit pas nécessairement à tous les repas… mais il est vrai qu’en période de vacances, les occasions où elle mange dans les cuisines sont plus fréquentes et elle se laisse aller un peu plus. A-t-il besoin de savoir cela ? Doit-elle le corriger ? Elle n’en fait rien car avec ce fin sourire qui est le sien, il interpelle l’elfe de maison pour qu’elle prépare son « pêché mignon ». A ces mots, c’est au tour de la hongroise de s’étonner quelque peu. Elle ne sait pas ce qu’il a en tête, ce que peut être ce caprice qu’il évoque… elle ne s’est jamais spécialement attardée sur l’homme lors des repas à la table des professeurs et ils n’ont que très rarement été assis proches l’un de l’autre, à ces occasions. Elle laisse la créature s’éloigner une fois de plus et détaille son collègue du regard.

« Vous avez toujours un sacré sens de la formule. »

Avec application l’elfe de maison fait apparaître le repas : un saladier contenant une salade généreuse à base de laitue, tomates, concombre, fêta, échalote et d’un autre côté de la table, un plat avec des tranches de rôti de porc, et bien entendu une bouteille de vin débouchée. La créature s’éclipse ensuite et ces quelques instants permettent à Otília de reprendre légèrement contenance. Elle suit du regard Armando, son visage, ses gestes, tandis qu’il lui sert un verre de vin et en fait de même pour lui. Au fond d’elle, elle réalise à quel point il y a quelque chose de rageant chez lui. Il a toujours le petit mot, la petite pique, mais annonce ça de façon toujours mesurée… comme si de rien, et se cape volontairement de mystère afin que la réciproque soit plus difficilement vraie. Difficile d’atteindre quelqu’un qui se pare d’ombre et se dévoile peu.

En temps normal, Otília sait jouer des mêmes cartes. Cette fois-ci, cependant, c’est l’elfe de maison qui a eu le mot de trop et la directrice ne pourrait lui en vouloir. Elle se sent toutefois dans une posture inconfortable et cela ne fait que redoubler quand il la fixe avec nonchalance, le menton posé sur ses mains croisées. Peut-être que dans un autre contexte, avec une autre personne en face d’elle, elle pourrait se sentir flattée d’une telle attention. Là, elle en est déstabilisée, presque mal à l’aise. Elle ne sait pas ce qu’il a en tête ni les réflexions qu’il peut se faire à son encontre. Comme pour cacher sa gêne, elle prend délicatement son verre, du bout de ses doigts, et le fait tourner légèrement pour en dégager les arômes. Lui pensif, elle qui regarde l’élégante rotation du liquide pourpre dans son verre. Comme la sensation d’être une souris devant les yeux d’un chat, attendant de savoir à quel moment il va faire le premier geste pour la croquer, pour la juger, sans doute, dans cette situation.

Il parle alors, son visage toujours impassible, comme s’il ne faisait qu’évoquer des évidences, un constat. Elle repose son verre et relève les yeux. Impassible, dit-il, professionnelle. Oui, c’est vrai, c’est ce qu’elle cherche à être, c’est ce qu’elle se doit d’être, elle en est convaincue. La vie lui a prouvé qu’à dévoiler des failles, on se laisse vite tirer par le bas face à l’emprise d’autrui.

« Faites ce que vous voulez, Armando. Je n’irais pas vous supplier et je me moque bien de ce que vous pouvez penser. J’apprécie le bon vin et je m’accorde ce plaisir de temps en temps, particulièrement pendant les périodes de vacances où il m’arrive plus souvent de venir manger ici quand je me laisse surprendre par le temps. » La voilà donc qui se justifie dans une posture défensive presque grotesque. Elle en a conscience et malgré elle, le rouge de ses joues ne disparaît pas pleinement.

Heureusement, c’est lui qui allège un peu la chose, évoquant de lui-même ce caprice qu’il a demandé implicitement à l’elfe de maison.

« C’est ce que je crois comprendre, oui. Quel est-il, ce caprice ? Si vous savez le mien, vous pouvez bien m’en dire plus. »

La hongroise sent bien qu’il va lui falloir faire des efforts pour rendre leur échange véritablement courtois et pourquoi pas agréable, même. Elle ne saurait se l’expliquer mais elle n’est pas entièrement en confiance auprès de lui. C’est comme si une part d’elle, cette part trop « femme », peut-être, et clairement pas insensible à ses yeux et son aura de mystère ne lui faisait pas confiance, à lui, et encore moins à elle-même. Cette féminité qu’elle a tendance à trop associer à une forme de fragilité ou de faiblesse, cette partie d’elle-même qu'elle a étouffée et mise sous clés depuis Glenn, depuis le divorce. Armando, elle ne parvient pas à le décrypter pleinement. Elle qui a besoin de contrôler son environnement, avec lui, elle n’y parvient pas entièrement. C’est le cas en cet instant encore, un léger silence s’installe.

Comme de ces silences agités où dans la posture ou l’attitude des interlocuteurs, il est clair que beaucoup de choses se passent dans leur tête mais pas assez dans leurs mots. Sa question l’étonne donc. Elle ne sait pas s’il est sérieux ou non et ne peut contenir un léger froncement de sourcil que déjà il s’en amuse. Elle secoue doucement la tête et il reprend la parole. Si elle n’est pas capable de lancer la discussion, elle lui laisse les rênes.

« Et bien, si nous nous lançons dans les questions personnelles, permettez-moi de goûter un peu de ce vin, avant. Je sais que les cuisines de Poudlard regorgent de merveilles en la matière. » De ce qu’elle en sait, l’ancien directeur, Edern Scamander, faisait en sorte de toujours emplir la cave à vin de l’établissement, et n’hésitait pas à déboucher de bonnes bouteilles lors des grands événements pour remercier les membres du personnel ou accueillir les délégations des autres écoles magiques.

Elle porte son verre à son nez, en hume les arômes. Puis elle le lève et le fait tinter contre celui de son collègue. « Egészségedre. » (*) Elle en prend ensuite une gorgée et acquiesce. « Il est bon. »

Otília se recule dans sa chaise et opine de la tête. « Pour vous répondre, oui, j’ai de la famille. Les Ambrozy sont de la vieille noblesse hongroise, établie à l’Ouest du pays. Aux dernières nouvelles mes parents se portent bien malgré l'âge et mon frère a repris l’activité familiale qui tourne essentiellement autour du commerce du bois et des plantes médicinales. J’ai un petit neveu et une belle-sœur adorables. » En disant cela, elle a conscience qu’elle évoque une famille assez distante, finalement, géographiquement parlant. Elle ajoute : « Je n’ai pas d’enfant moi-même, mais j’ai le malheur d’avoir un ex-mari. » Dont elle se serait bien passée.

Elle s’arrête là. Son divorce n’a rien d’un secret, puisqu’ils étaient tous les deux aurors rattachés au Ministère de la Magie anglais, autant dire que la nouvelle était passée dans bien des cercles d’amis proches et de connaissances plus ou moins distantes. Une période où elle a préféré s’enfermer dans ses terres natales plutôt qu’affronter l’agitation et les regards londoniens. Elle se racle discrètement la gorge et relève les yeux pour les fixer droit dans ceux de son collègue.

« Et vous ? Je ne crois pas que l’on ait déjà abordé ce genre de chose ensemble, il est vrai. »

Parce que cela n’était pas nécessaire. Peut-être que ça ne l’est pas tant que ça, en cet instant, mais c’est un point de départ. Elle réalise d’ailleurs que ça l’intéresse, même.

___________________

(*) Egészségedre. → Santé.
Armando Tir Ná Lia
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Re: Long time no see... ○ Otília. Lun 26 Aoû - 14:59

LONG TIME NO SEE... OTÍLIA

○ feat otília c. ambrozy.
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Ce n’était pas que son visage. La personnalité d’Otília aussi commençait soudain à prendre forme, celle-ci aussi affichait peu à peu ses couleurs. Dans un sourire énigmatique, Armando réagit aux dires de la dame sans prononcer un mot. Se contentant d’arquer un sourcil lorsqu’elle se justifia auprès de lui de boire un peu de vin pour se détendre. Le colombien n’avait rien à dire, il concevait parfaitement que chacun avait ses petits plaisirs.

Il ne comprit pas la réaction de son interlocutrice ou plutôt l’aigreur de ses propos. Sans doute qu’elle n’avait pas envisagé un seul instant que le brun plaisantait. Celui-ci trouvant le quiproquo amusant, se contenta de garder le silence, préférant laisser Ambrozy s’emporter toute seule. Un partout, la balle au centre. Se dit-il, se retenant de rire de toutes ses forces, laissant finalement échapper celui-ci en faisant semblant de tousser.

Taquin. Puis vinrent alors les prochaines paroles de son homologue hongroise : « C’est ce que je crois comprendre, oui. Quel est-il, ce caprice ? Si vous savez le mien, vous pouvez bien m’en dire plus » ce à quoi le brun répondit sèchement :

Vous verrez cela bien assez tôt.

Et il ne dit rien de plus, imposant ainsi à son interlocutrice de se montrer patiente. Elle n’avait de toute façon pas le choix, Armando n’avait pas l’intention d’en parler pour le moment. Après tout, il n’y avait pas de quoi en faire tout un plat. Otília, avec humour, chose rare, répondit à la question de l’homme en prétextant qu’il fallait d’abord boire un coup avant de commencer à se dévoiler. Armando acquiesça d’une petite moue approbatrice puis s’interrogea sur le : « Egészségedre » de la dame. Concluant dans le contexte que cela ne pouvait dire qu’une chose ; le brun répondit par un « A su salud, señorita Ambrozy » dans sa langue natale.

Il ne répondit cependant pas au commentaire de la dame concernant le goût du breuvage qu’ils dégustaient. Ceci pour une simple raison : Armando n’était pas vraiment amateur de vin et n’en buvait qu’en de rares occasions. N’ayant aucun élément de comparaison, il garda le silence, mais ne pouvait qu’approuver les dires de son interlocutrice. Effectivement, il était bon.

La conversation s’anima alors lorsqu’Ambrozy décida de parler un peu de sa famille. Son ton resta plus au moins neutre jusqu’au moment où elle parla de son ex-mari. Armando ne rebondit pas dessus, mais sentit tout de même qu’à cet instant précis, le ton de la dame s’était durci. Ce n’était que l’espace de quelques secondes, mais le colombien comprit rapidement que la séparation n’avait pas dû être simple. Elles ne le sont jamais en même temps songea-t-il.

Otília ayant parlé un tantinet de sa famille, elle demanda au brun sa réciprocité tout en ajoutant qu’elle n’avait pas souvenir d’une conversation pareille avec Armando. Ce à quoi il répondit amusé :

Moi j’en suis certain. Jusqu’à présent nos conversations n’avaient jamais été animées et jamais nous n’avons réellement dévoilé quoi que ce soit à l’un, comme l’autre. Nous rattrapons le temps perdu… j’imagine.

Était-ce une bonne idée pour autant ? Armando s’abstenu de commenter ce point. Le professeur d’Économie avait maintenant un choix à faire : mentir ou être honnête. Pesant le pour et le contre pendant quelques instants, il conclut finalement qu’Otília, sans avoir besoin de tout savoir, méritait toutefois l’honnêteté du brun. Celui-ci, toujours le dos collé à sa chaise, croisa les bras et s’exprima d’une douce voix :

Je suis né en Colombie. À Medellín pour être plus précis, dans un quartier pauvre. D’une mère moldue et d’un père sorcier. Je ne crois pas me tromper en affirmant que mon père biologique a quitté ma mère lorsque j’avais cinq ans environ. Il but une petite gorgée de son verre, puis reprit : ma mère a vite trouvé quelqu’un d’autre. Un moldu : Gustavo. Ils ne marièrent pas, mais eurent 4 autres enfants : Livia, l’aînée, Jairo et Yerson les jumeaux maléfiques… dit-il dans un sourire amusé. Soudain, son visage s’éclaircit lorsqu’il évoqua le dernier nom : et enfin Gabriela, la benjamine. Notre trésor. Tous moldus. Je suis donc l’unique sorcier de cette famille.

Pensant sans doute que son homologue souhaita en savoir plus à propos de son père, Armando se contenta d’un commentaire évasif :

Mon père biologique quant à lui… il fut là quand mes pouvoirs firent leur apparition… mais j’ai fini par lui tourner le dos un jour… préférant m’occuper de ma famille moldue qui elle, a toujours été là, peu importe les circonstances.

Et c’est alors que l’elfe de maison fit son retour. Elle salua Armando puis fit apparaître une bouteille sur la table, avec deux verres à shot. Le colombien eut un sourire et remercia Lollie :

Merci. Tequila « corazón de piedra » ; mon péché mignon. Bon travail Lollie.

Lollie s’éclipsa alors d’un signe de tête à direction du colombien. Celui-ci tourna son regard électrique vers son interlocutrice et lui dit alors :

Amatrice de vin je vous demande de faire un petit effort et de partager quelques verres de cette tequila avec moi. Et si vous montrez de la bonne volonté… je vous raconterai une histoire sur ce qui me lie à cette boisson. Parce qu’après tout… le mariage, ça me connaît aussi figurez-vous.

Et il ne dit rien de plus. Se contentant d’un sourire et sans demander l’avis de sa compagnie d’un repas, il lui servit un verre quoiqu’elle puisse en dire et sembla l’intimer du regard, d’accepter de boire avec lui.



Otília C. Ambrozy
Professeur de Potions & Directrice de Serdaigle
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Otília C. Ambrozy
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Re: Long time no see... ○ Otília. Lun 2 Sep - 0:16

Une fois de plus, le voilà qui se montre narquois, à la fois piquant et parfaitement en contrôle de ce qui se passe. S’il rit d’elle, elle ne le remarque pas forcément, déjà suffisamment gênée par les mots de l’elfe de maison et la mise à nue qui suit. Elle sait que cet échange n’a rien d’habituel, entre eux. Elle ne peut pas jauger des mots de son collègue ni anticiper ses réactions. Elle ne sait quasiment rien de lui, elle n’a pas l’habitude de discuter ainsi avec lui et a du mal à décrypter son attitude. Elle l’entend qui tousse, fronce légèrement les yeux mais ne dit rien. Elle n’ouvre pas la bouche non plus quand il refuse d’en dire plus sur son prétendu « caprice » et se renfrogne un peu, comme une enfant à qui on demande de rester sage et d’attendre le dessert. Elle n’apprécie pas spécialement se faire remettre ainsi à sa place ni sa façon qu’il a de diriger l’échange, finalement.

Otília réalise malgré elle, à ce moment de leur repas, qu’elle est un peu trop sur le qui-vive, à réagir au quart de tour à ses mots quand de son côté il est toujours d’un calme olympien, nullement impressionné ou déstabilisé par quoique ce se soit. Non pas qu’il devrait l’être, mais ce serait à elle de calquer son attitude sur celle de son vis-à-vis, nettement plus en maîtrise qu’elle.

Le verre de vin qu’elle porte enfin à ses lèvres reste un échappatoire et elle prend plaisir à goûter le liquide pourpre. Cela la force à se poser un peu, à profiter aussi et elle sourit au salud de son collègue. Pour elle, plutôt habituée aux langues slaves, il faut admettre que ces mots qui « chantent » sont plaisants à son oreille. Elle remercie d’un léger signe de la tête et répond ensuite, sans en dire trop, à la question qu’il lui pose. Elle n’est pas obligée de le faire, bien entendu, mais cela fait en quelque sorte partie du « contrat » qu’ils se sont imposés. Elle a accepté sa proposition de manger ensemble et donc d’en apprendre plus sur lui, elle sait que ce ne sera pas sans se dévoiler, elle aussi. Même si elle n’en cache rien, parler de son mariage raté n’est pas forcément quelque chose qu’elle aime faire. La plupart du temps, elle préfère ne rien dire des circonstances et rares sont ceux qui demandent, de toute façon.

Armando ne demande pas et elle apprécie son tact, lui-même confirme ce qu’elle sait déjà, à savoir qu’une telle occasion de parler, librement, ne leur a jamais été donnée. Ou tout du moins, ils n’ont jamais cherché à ce que ce soit le cas.

« Oui, ce n’est pas une mauvaise chose. »

Rattraper le temps perdu. Là encore, elle ne sait pas si c’est la formulation qui convient, peut-être auraient-ils pu laisser les choses telles qu’elles étaient, continuer à travailler en « parallèle » sans forcément chercher à se croiser et se juger de loin ou de quelques mots parfois. Pourtant, quand l’économiste prend la parole à son tour, elle constate – une fois de plus – que cela aurait été parfaitement dommage. Leur discussion est plus courtoise que véritablement amicale, en cet instant, mais elle a le mérite d’exister et de leur permettre de mettre des mots ou une réalité sur l’autre. Ils se dévoilent peu à peu et quand elle l’entend qui évoque son enfance, elle réalise qu’elle l’avait jugé vite. Bien trop vite.

Elle ne sait pas grand-chose de la Colombie, elle s’imagine des plages et du soleil, certes, et y transpose ce que son amie psychologue scolaire à Castelobruxo lui a dit du Brésil, ou ce qu’elle a pu en voir lors de ses rares visites. C’est idiot mais elle n’a jamais eu l’occasion de se rendre en Colombie et son amie Nasha est bien la seule personne qu’elle connaisse qui évolue en Amérique latine. Elle s’abstiendra bien entendu d’en dire quoique ce soit. De la même manière que les hongrois ne supportent pas qu’on les associent à l’Autriche ou la Roumanie, les colombiens ne doivent guère apprécier qu’on leur évoque le Brésil par souci de comparaison. Elle sait parfaitement que jamais un pays ne pourra se résumer à son voisin et se sent un peu idiote face à son manque de connaissances véritables des pays latins.

De ce qu’il explique, elle retient la naissance sang-mêlé et l’attachement fort à sa mère moldue. Mieux, lorsqu’il indique être le seul sorcier de sa famille, elle s’interroge sur la vie qu’il a du mener pour parvenir à intégrer le corps enseignant de Poudlard. Dans des situations familiales semblables, il n’est pas rare qu’un sorcier fasse finalement le choix de vivre « à la moldue », n’utilisant ses pouvoirs de sorcier qu’en cas d’extrême nécessité tout en intégrant parfaitement la société moldue qui reste la sienne, avant toute chose. Quand Armando évoque ses frères et sœurs, il y a une douceur surprenante dans ses traits. Elle ne perd rien de la manière dont son visage s’éclaire à l’évocation de sa famille et se referme quelque peu en évoquant son père biologique. Elle va pour se permettre une remarque mais est prise de vitesse par le retour de Lollie qui ramène une bouteille et deux petits verres. Cette fois, c’est la curiosité qui revient de plus belle chez la hongroise tandis que l’elfe disparaît aussi vite qu’elle est venue.

« De la tequila ? Rien que ça ! » Elle ne peut contenir un léger rire amusé. Un observateur extérieur relèverait forcément à quel point ils sont deux clichés ambulants, chacun à leur manière, en matière d’alcool. Elle, de naissance noble et hongroise, amatrice de bons – et sans doute chers – vins rouges, lui, d’origine colombienne, dont le pêché mignon est la tequila de son Mexique voisin, si elle ne se trompe pas.

Elle secoue la tête et plonge ses yeux bleus dans les siens, intriguée par sa demande autant que le sérieux avec lequel il l’invite à en boire.

« Cela peut vous surprendre mais je ne suis pas femme à refuser ce genre d’invitation. Je ne suis pas une grande amatrice d’alcool fort, c’est vrai, et les derniers verres de tequila que j’ai du boire remontent à fort longtemps… toutefois dans mes jeunes années j’ai toujours très bien supporté la vodka – que l’on trouve nettement plus facilement en Hongrie que la tequila, bien évidemment – et j’apprécie un bon petit rhum, de temps en temps. Et puis, s’il faut en passer par là pour mieux appréhender le « mystère » Tir Ná Lia, je ne dirais pas non. »

Cette perspective de partager un shot de tequila avec son collègue semble alléger complètement leur échange. C’est tellement improbable, après tout. Dans une journée de cours normale, il n’est pas dit qu’elle aurait accepté. Là, en pleine période de vacances, elle n’a absolument aucune raison de refuser. Elle tente d’ailleurs la prononciation à l’espagnol.

« Vous avez dit… corazón de.. pie-ra ? C’est ça ? Cœur… de pierre ? » Elle tente, dans une prononciation un peu maladroite. Les quelques notions d’espagnol qu’elle a remontent à de vieilles lectures et des discussions avec Nasha. « Pourquoi ce nom ? »

Il est plus commun de donner aux alcools et autres cocktails des noms qui sentent bon le soleil ou se jouent de l’imaginaire, après tout. Elle dit cela tout en le laissant lui servir un verre. Passer du vin rouge à la tequila n’est peut-être pas le mélange le plus recommandé qui soit, mais Otília a finalement compris que ce repas n’aura décidément rien de normal, autant l’accepter et le vivre comme tel. Si elle met de côté la présence de l’elfe de maison, c’est comme si tout ce qui se passait ici n’avait lieu qu’entre quatre yeux, elle peut se permettre un peu plus de liberté. De temps en temps, ça ne peut pas faire de mal.  

Quand il termine de remplir le shot, elle lui lance un coup d’œil et voit bien qu’il attend qu’elle se lance, alors oui, elle y va, elle porte le shot à ses lèvres et le vide d’une traite, tout en reposant vivement le verre sur la table. Elle laisse quelques secondes passer brièvement, sentant l’alcool fort poursuivre son chemin, la main toujours autour du shot, avant de le relâcher.

« Ah, c’est sûr, c’est autre chose que le vin. Ça réchauffe par là où ça passe, comme on dit ! »

Rares sont ceux dans l’établissement qui peuvent prétendre avoir vu Otília Ambrozy boire un shot de quoique ce soit. Toujours dans ce jeu de l’image ou de la modération, même avec les collègues dont elle est plus proche, ce n’est pas quelque chose qui a souvent – jamais ? - eu lieu.

« Vous ne pourrez donc pas dire que je ne fais pas preuve de bonne volonté, Armando. Et vous savez éveiller ma curiosité sur cette tequila comme pour le reste. Alors, dites-moi donc comment un jeune sorcier de Colombie, aîné d’une famille moldue de Medellín se retrouve à enseigner l’économie à Poudlard ? »

C’est déjà la première chose qui l’intrigue. Parmi toutes les interrogations qu’elle peut avoir désormais. Elle a bien retenu son commentaire sur le mariage mais n’est pas là pour forcer quoique ce soit non plus. D’ailleurs, elle ajoute :

« En Hongrie, on dit que le vin n’a pas de secret. Sans en arriver aux indiscrétions et si vous me répondez, j’accepterais de répondre à l’une de vos questions en retour. »


Dernière édition par Otília C. Ambrozy le Mar 3 Sep - 23:35, édité 1 fois
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Re: Long time no see... ○ Otília. Lun 2 Sep - 15:21

LONG TIME NO SEE... OTÍLIA

○ feat otília c. ambrozy.
musique

Invitation que la hongroise accepta. Non sans y aller de son petit commentaire bien évidemment. Sans y déceler de sarcasme, Armando releva toutefois une pointe d’amusement. Sans pour autant affirmer que son interlocutrice était loin de se douter qu’il allait lui proposer de boire avec lui, le professeur d’Économie doutait cependant qu’elle s’attendait à cela. Plongeant son regard dans celui du brun, elle évoqua sa « relation » avec l’alcool.

L’interlocuteur ne répondit point. Laissant à la dame tout le loisir de le charrier à la fin de sa tirade. Ce à quoi l’homme répondit par un petit sourire en coin dont il avait le secret. Énigmatique jusqu’au bout, le brun jouait aussi un tantinet avec la directrice Serdaigle. Après tout, elle voulait du « mystère »… Armando lui délivrait exactement ce qu’elle avait commandé.

« Je ne dirais pas non » - Formidable. Il aurait été un petit peu gênant de la voir me laisser boire seul. Comme quoi… cette femme est capable de se dérider un peu parfois. Ou peut-être qu’elle ne faisait réellement aucun effort, je l’ai peut-être simplement mal jugé. Comme toi au temps jadis… Anna.

Secouant la tête subrepticement pour chasser une pensée désagréable, le brun reprit sa contenance dans un second temps en focalisant son attention sur Ambrozy. Elle essaya tant bien que mal de reproduire un accent hispanique sans pour autant réussir avec brio. La prononciation laissait à désirer, mais Armando apprécia l’effort. Il ne put s’empêcher cependant de la reprendre :

musique

Corazón de piedra, vous y étiez presque. Ce n’est pas tout mal comme prononciation. Cœur de pierre oui… vous avez vu juste. Vous avez quelques notions d’espagnol donc… intéressant.
Bien évidemment, la question ne se fit pas attendre : pourquoi ? Pourquoi ce nom ?

Armando pouvait parfaitement comprendre pourquoi elle posait cette question. Celle-ci était par ailleurs tout à fait légitime. En général une boisson portait une appellation plus festive. On associait plus souvent la boisson à la communion des êtres… qu’à une idée macabre. Bien évidemment, le brun connaissait l’origine de ce nom. Il en était le responsable. Cette boisson avait été produite et commercialisée en son honneur, sans que personne ne sache pourquoi elle portait ce nom-là néanmoins.

Sans répondre pour autant, le brun partagea le shot avec son interlocutrice, la laissant apprécier la qualité de l’alcool en question. Car oui, cette tequila était d’une saveur toute particulière… surtout pour lui. Mais malgré tout… il le sentait encore : cet arrière-goût amer. Comme-ci son corps se refusait d’apprécier cette boisson. Cela n’avait donc pas changé. Ses souvenirs étaient encore frais et cette maudite boisson lui rappelait encore à ses années avec elle. Anna… le brun s’éclaircit la gorge et fit mine d’avoir apprécié son verre dans un sourire faussement satisfait.

Une fois de plus, les souvenirs refirent surface. Et sans y prendre garde, ils remontèrent d’un coup, jusqu’à sortir de la bouche du brun sans qu’il pût le contrôler :

Cœur de pierre. C’est ainsi qu’elle avait l’habitude de m’appeler : Annarietta.

Sans réaliser qu’il se confessait, l’emprise de l’alcool se resserrait petit à petit sur sa raison… le forçant à s’exprimer davantage : le brun perdait peu à peu le contrôle bien malgré lui. Tout revint à lui : le nom de sa défunte épouse : Anna Henrietta qu’il avait l’habitude d’appeler Annarietta, ou Anna selon ses envies.

Elle disait toujours qu’un jour, elle le détruirait : ce cœur de pierre… que son rêve était de le voir se réduire en miettes. Mais les rêves comme nous le savons tous sont faits pour les enfants. J’ai abandonné l’idée de m’adonner aux rêveries, et cela il y a bien longtemps.

Il se remémora alors aux bons souvenirs d’elle. Personne ne souriait comme elle, personne ne dansait comme elle, personne ne chantait comme elle. C’était un ange aux reflets démoniaques… assujettie à son addiction, incapable de se contrôler, incapable de lutter. Armando se revoyait danser avec elle, il se revoyait sourire. Il se revoyait enfouir sa tête dans sa chevelure blonde. Et puis il se souvint du reste ; après le rêve… le cauchemar. Et cela le fit déglutir.

Son expression se raidit. Il en avait trop dit et venait seulement de le réaliser. Il s’éclaircit la gorge, tenta de reprendre ses esprits et rebondit sur ses propos :

Cette tequila était fabriquée par la famille Cebrián. Annarietta en étant l’héritière. « Corazón de piedra » était une édition limitée, tant au niveau de l’habillage de la bouteille que du liquide qu’elle renfermait. La production a cessé… je dirais 4-5 ans auparavant. Mais j’ai réussi à conserver quelques bouteilles, ne les dégustant que pour une occasion bien particulière. Me rappelant aux bons souvenirs de l’héritière Cebrián.

musique

Et il s’arrêta net. Il en avait déjà bien trop dit. Se resservant un nouveau shot, pour lui et son interlocutrice, il l’enfila d’une traite et… hm c’est bien ce que je pensais. Plus d’arrière-goût désagréable. Peut-être était-ce le vin qui m’avait donné cette sensation. Tch.

Il se rendit alors compte qu’il avait laissé une interrogation en suspens. Comment s’était-il retrouvé enseignant à Poudlard… le brun répondit avec un sourire en coin :

Pour être tout à fait honnête… je ne vois mon poste que comme une étape de plus de ma vie plutôt qu’une finalité… je n’ai pas vocation à enseigner toute ma vie, mais pour le moment, j’y trouve mon compte. Comment j’en suis arrivé à enseigner l’Économie à Poudlard ? Grâce à mon père, anciennement au ministère, qui a vendu mes mérites. J’aimerais avoir une histoire à vous conter pour rendre cela plus… « mystérieux », mais parfois la vérité nue, même décevante, vaut mieux qu’un mensonge embelli, aussi épique soit-il.

Il soupira alors longuement… il se doutait bien n’avoir pas réellement satisfait la curiosité de la hongroise… mais il lui avait déjà donné bien trop d’informations sur lui. Il était temps de la voir lui rendre la pareille :

J’ai une question pour vous, Otilía. Mais plutôt que de ressasser le passé, focalisons-nous plutôt sur le présent : votre famille vous manque-t-elle ? Vous arrive-t-il parfois de repenser à votre ex-mari ? Oh pardon… ça fait deux questions.

Il laissa échapper un petit rire mesquin, puis positionna ses saphirs sur son interlocutrice, la toisant du regard. Il avait enfin retrouvé toute sa contenance. Il était temps. Il en avait déjà bien trop dit à son goût.




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Re: Long time no see... ○ Otília. Mer 4 Sep - 23:21

D’une certaine façon, et tout comme il a lui-même accepté le verre de vin, en portant le shot de tequila a ses lèvres Otília s’est prêtée à ce drôle de jeu qui prend forme. Un jeu dont elle n’a rien vu venir, en vérité, mais dont elle consent sans problème à participer. Mieux, elle en détermine une partie des règles. L’alcool, insidieusement, fait office de porte d’entrée dans son intimité à lui, son intimité à elle. Elle n’aurait pas songé qu’un verre de tequila puisse être ce par quoi l’intriguant colombien commence à se dévoiler.

Et pourtant. Il semble apprécier sa tentative hésitante de prononciation à l’espagnol et elle secoue légèrement la tête, consciente d’être loin du compte.

« piedra... » Elle se corrige à mi-mot et hoche la tête. « Des notions bien maigres, j’ai simplement une amie qui vit présentement au Brésil et s’amuse parfois à glisser des mots en portugais ou en espagnol, à l’occasion. » Et habite avec un cubain, aux dernières nouvelles.

La suite, elle ne s’y attend pas vraiment. Elle, elle lève son verre et le boit, toujours femme à relever un défi quand elle sait qu’il est dans ses cordes, lui, il en fait de même. Pourtant, à la manière dont son visage se ferme quelque peu, elle croit lire une gravité dans son attitude voire… une mélancolie, peut-être. C’est difficile à déchiffrer et elle ne sait pas si cela est dû à sa simple question quant au nom de cette tequila ou s’il y a autre chose… Elle observe un moment le shot vide tout en se familiarisant aux arômes de l’alcool qui efface bien vite le goût du vin bu peu avant.

C’est quand Armando se racle la gorge et reprend la parole qu’Otília se permet de le fixer à nouveau. Comme pour ne pas s’imposer dans cette attitude qui est la sienne. La phrase qu’il prononce lui semble énigmatique tout autant que ce prénom qu’il souffle. Annarietta. Une belle sonorité. D’un geste qu’elle veut le plus discret possible, elle glisse derrière son oreille l’une de ses longues mèches rouges. Elle ne veut pas l’interrompre. Au contraire, elle souhaite être entièrement à l’écoute de ce qui se dit. Elle ne sait pas de quoi il est question, précisément, mais elle sent que ce qu’évoque Armando le touche au cœur. Mérite-t-elle réellement de l’entendre ? Elle ne sait pas. Elle n’en perd pas une miette, toutefois. Elle n’est pas femme à se permettre des commentaires, à jouer des souvenirs des autres ou de leur franchise. Elle a l’impression qu’un tel moment ne se produira pas de si tôt et une nouvelle fois c’est comme un verrou dans cette relation froide et distante qui s’était tissée entre eux qui saute.

Annarietta. Il en parle au passé, il en parle d’une façon confuse. Confuse pour Otília, tout du moins, à qui il manque bien des éléments pour tout comprendre. Elle a la sensation que son collègue évoque cela presque sans réaliser sa présence, entre tendresse et amertume. Que doit-elle en comprendre ? Elle pense qu’il doit s’agir de sa femme, lui qui a dit avoir connu le mariage. Elle ne pense pas qu’il serait de bon ton de questionner directement à ce propos et se contente de l’écouter, attentive, secouant simplement la tête en guise d’acquiescement lorsqu’il se ressert un verre et en fait de même pour elle. Il l’aurait certainement fait sans son approbation, de toute manière. La raison l’inviterait à mettre le holà. Elle n’en fait rien. Elle s’abstiendra simplement de le vider trop vite, ce shot, et trempe ses lèvres avec plus d’application pour en prendre une gorgée.

« Ce doit être une expérience bien étrange d’avoir un alcool qui nous est dédié… »

Elle a bien compris que la production a cessé il y a quelques années. L’homme en face d’elle est-il divorcé ? Veuf ? Elle n’en souhaite rien mais elle sait lire entre les mots et présume sans difficulté que les choses n’ont nullement été idylliques, pour une raison ou une autre.

Le champ des possibles est large, en cet instant. Elle pourrait demander beaucoup, elle pourrait se faire indiscrète, même. Elle opte pour la question la plus basique qui soit et que des collègues au sein d’un tel établissement peuvent bien naturellement se poser. Il est même surprenant de se dire que c’est la première fois qu’elle a l’occasion de la lui adresser alors qu’ils travaillent ensemble depuis plus de quatre ans. Il accepte d’y répondre et elle apprécie son honnêteté. Jusque-là, Otília avait tendance à se contenter de l’image qu’elle se faisait d’Armando, image qu’il se plaît peut-être à entretenir, le genre intriguant bien propre sur lui dont on sait peu de choses mais on suppose beaucoup. Son parcours est peut-être moins glorieux que ce que l’on aurait pu croire.

« Comme quoi, ce père biologique devait avoir de l’influence, tout de même, et vous, malgré la facilité avec laquelle vous en parlez, des compétences en la matière. » Elle sait que tout n’est pas aussi rose qu’elle voudrait le croire, néanmoins, elle aime à se dire que les professeurs de Poudlard sont tous là pour de bonnes raisons, les premières étant avant tout leur maîtrise de leur domaine d’enseignement. « Il n’y a pas de bonnes réponses à ce genre de question. La vérité me convient tout à fait, nous ne sommes pas des héros de romans pour qui chaque pas doit être une aventure. »

C’est son goût de la littérature qui parle.

« Je comprends votre ressenti, cependant, Armando. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve et même si je suis ravie de ce rôle que j’occupe aujourd’hui je préfère croire qu’il n’est qu’un passage parmi d’autres, ou une étape, comme vous dites, vers d’autres opportunités. » Elle a déjà la sensation d’avoir eu plusieurs vies, de toute façon. Celle auprès de l’Ambassade hongroise, celle en tant qu’Auror, celle en tant qu’Otília Meyrick… Pour elle, évoquer de futures opportunités, c’est peut-être une manière de se rappeler – se convaincre ? - qu’elle a encore bien du temps devant elle, ce temps ennemi, assassin, qui ne fait rien d’autre que s’écouler, bien trop vite. A cette pensée, elle ne peut s’empêcher de songer que face à un homme comme lui, elle a encore plus conscience des quelques rides de sa peau qu’elle tente de masquer avec application chaque matin.

Pensive, elle porte une nouvelle fois le shot à ses lèvres et chaque gorgée l’habitue à la puissance de la tequila et lui en fait apprécier d’autant plus le goût. Ce prénom qu’il a prononcé, cette mélancolie qu’il a affiché, elle ne veut pas les oublier. Le sujet est mis de côté, peut-être, mais pas pleinement enfoui. Elle doit simplement s’acquitter des règles qu’elle a elle-même dicté. Seulement, si Otília a fait le choix de démarrer en douceur ce drôle d’échange, le colombien ne s’embarrasse guère de manières. A ses questions et la légèreté avec laquelle il les formule, elle ne peut contenir une certaine surprise. Elle ne s’en offusquera pas.

« Vous êtes du genre direct, vous. Ce doit être le sang latin. » Elle marque un temps d’arrêt avec un sourire, songeant à ses questions. « Je vais l’être dans mes réponses, alors. Ma famille me manque… oui. Et parfois non. J'ai largement eu le temps de m'en émanciper et je trouve que c'est important, cela renforce les liens face aux épreuves. Je reste beaucoup en contact avec mon frère et j’essaie de ne rien rater des moments importants sa vie et de celle de son fils. Je l’aide aussi parfois pour la gestion du domaine Ambrozy, comme il a pu m’aider par le passé. J’ai de la chance d’avoir une maison familiale en Hongrie qui reste un repère pour moi. Mes parents en font partis, mais bien des fois je me dis qu’avoir pris de la distance était une bonne décision. Ce n’est pas toujours évident de voir sur eux les séquelles de l’âge ou entendre les regrets de son père à propos d’ambitions qu’on n’a pas forcément atteint. Il aurait sans doute préféré que je continue sur la voie de la politique ou de la diplomatie. » Internationale ou pas, d’ailleurs, et elle sait qu’en cela son oncle n’est pas en reste et serait parfaitement ravi qu’elle prenne sa suite à la Chambre des Magnats.

En évoquant cela, son regard s’est perdu dans la contemplation des verres face à elle, celui de vin rouge, toujours à moitié rempli, le shot de tequila et son contenu transparent. Il lui faut un peu de temps pour savoir quoi dire face à la seconde interrogation. Comme pour se laisser un moment de réflexion, elle ponctue :

« Vous êtes du genre à prendre plus que l’on vous donne, hein ? Mais attendez-vous à deux questions en retour, alors. » Songer à Glenn, c’est toujours délicat. Ça ne peut jamais se faire sans que la douleur de la fin lui revienne vivement en mémoire. L’odeur de whisky. Elle associe son divorce au whisky et s’il avait été question, en cet instant, de whisky plutôt que de tequila, elle n’aurait certainement pas suivi. Elle aurait dit non. Elle se serait renfermée.

Face à elle, Armando semble avoir repris contenance et c’est à son tour, maintenant, d'être déstabilisée. Dans quoi s’est-elle embarquée, elle qui s’est toujours répétée qu’il est dangereux de se dévoiler, surtout face aux hommes ? Ces hommes dont elle se méfie, malgré eux, depuis la fin de son mariage. Ces hommes dont elle sait combien ils peuvent changer du tout au tout, derrière lleurs beaux yeux, leurs belles phrases, leurs sourires. (Comme les femmes, vous me direz, et à raison. Mais Otília n’est nullement objective à ce propos c’est l’homme qu’elle a vu changer, elle, se flétrir et pourrir).

« J’ai été mariée à Glenn pendant cinq ans. Même si je voulais prétendre ne plus y penser, ce serait mentir. » C’est tellement facile de vouloir diaboliser le passé et l’homme qui l’incarne. Tellement facile et tellement faux. Tout n’a pas été horrible, tout n’a pas été que compétition au sein de leur couple, dictât de l’image, odeur âpre du whisky, disputes et des amis à lui qui la réveillent au beau milieu de la nuit pour le ramener, parce qu’il ne parvient plus à marcher. C’était sur la fin, ça. Quand c’était trop tard pour rêver. Mais avant… avant ça a été beau. Grandir ensemble, devenir forts ensemble, faire face au monde ensemble et se répéter qu’on ira loin, qu’on ira haut. « C’était une belle histoire, au début. On était deux Aurors, deux ambitieux, deux compétiteurs. On savait à quoi s’attendre. On en était convaincus. Au final, on s’est empêtré dans une guerre d’ego qu’on n’a pas vu s’installer. Son échappatoire c’était le whisky. Le mien c’était de me surcharger de travail pour refuser d’ouvrir les yeux sur l’état de mon mariage. »

Une nouvelle gorgée de tequila et elle secoue la tête. Quand elle évoque cela, elle préfère ne pas croiser son regard. Ce n’est pas quelque chose dont elle parle, normalement. Elle n’a aucune raison de le faire aujourd’hui. Pourtant…

« Forcément, ça s’est terminé. » Nul besoin de dire comment. Et comme pour passer rapidement l’éponge, elle enchaîne : « Et vous, Annarietta… c’est… c’était votre femme ? Si j’ai bien compris, elle n’a pas réussi à briser ce… corazón de piedra ? » Elle s’applique sur la prononciation, cette fois, tout en faisant tourner le peu d’alcool restant dans le verre à shot.

S'il n'a pas pris de pincettes, pourquoi devrait-elle en prendre ?
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Long time no see... ○ Otília.
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