perceneige (flashback) † w/brennan

Ollie Zeleznik
des murmures au creux des songes
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Ollie Zeleznik
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perceneige (flashback) † w/brennan Ven 23 Aoû - 1:32


child-
hood
ends
crisse la neige sous les bottines l'écharpe trop grande couvre jusque sous les yeux alors
ollie fait bien attention où il met les pieds.
sur la route pour le petit village sorcier il marche sur les traces de pas des adultes
les siens font bien la moitié de certains après tout
à douze ans
on est pas bien grand.
on a
pas le droit d'être là normalement mais aujourd'hui c'est un jour un peu exceptionnel c'est un retour important
si important aux yeux d'ollie qu'il a insisté pour avoir l'autorisation :
il a envoyé une lettre à ses parents après avoir reçu la tienne il y a quelques temps brennan,
lui annonçant ton retour
i-mmi-nent.

ollie ne lit pas les tabloïds il est bien trop tôt pour que s'éveille la curiosité morbide friande de ragots mais c'est étrange maman n'a pas hésité à   dire oui,
a signé le droit de sortie illico
(peut-être bien qu'elle a lu les journaux...)

tout ce qu'il sait c'est que tu seras bientôt là.
un mois c'est long un mois c'est beaucoup trop alors ollie se presse il
manque de trébucher sur les pavés déblayés tandis qu'il trottine presque,
des mélodies murmurées un bâton un la main il a tracé des arabesques tout le long du trajet comme pour retrouver son chemin jusqu'au château,
s'arrête finalement au point de rendez-vous.
la branche abandonnée pour glisser les mains gantées dans les poches de sa parka incapable de tenir en place il guette les alentours c'est l'impatience qui commence à faire mal au cœur après tout
c'est étrange de ne pas t'avoir croisé tout ce mois brennan.

sans toi les garçons s'ennuient
ils ont de la peine à s'occuper, ça a beau se chamailler comme d'habitude quelque chose manque.
t'as raté halloween et la tarte à la citrouille qu'ollie aime tant qu'il fait le tour des tables pour du rab et finit toujours par taxer ta part et
on a fait des batailles de boule de neige sans toi la semaine dernière avec la première poudreuse ;
ça tenait pas bien c'était comme se jeter du sucre glace à la figure.
mais ça ira
de la neige il y en aura encore des tonnes après tout
on n'est que le premier décembre.
allez brennan
arrive arrive,
ollie n'en peut plus de t'attendre il a
tant de choses
à te raconter !

la terre tremble un peu sous ses pieds la faute aux vrombissements de la voiture magique il se sent
p r i n c e
à l'arrivée du carrosse
se redresse sur la pointe des orteils pour tenter de mieux voir c'est qu'il voulait
t e l l e m e n t
être là quand tu y arriveras il avait peur de te rater.
ollie c'est pas le plus fort mais il a prévu d'insister
pour porter ta valise jusqu'au château.
sautille presque sur place lorsque l'on coupe le moteur il a le sourire qui brave le froid
risette perce-neige.
il s'attend à voir la même s'esquisser sur ton visage brennan tandis que les portières s'ouvrent il prend les devants et s'élance pour agripper la poignée de la tienne c'est si froid que ça brûle les doigts à travers la laine mais ça fait rien
ollie euphorique
ouvre grand et
te voit enfin.

— nan' t'as vu j'ai promis j'suis venu vas-y vite descend on va monter au château les copains vont pas en revenir de te revoir !!

mais
brennan
ne sourit pas.
la jeune fille aux incendies a des airs
des braises mourantes ;
il fait gris dans le regard de brennan,
ollie
a du mal à comprendre.
reste planté là l'entrain dérobé l'enfant te dévisage,
désemparé.

— ça va ? t'as eu le mal de mer en voiture ?

brennan,
t'as l'air d'avoir assisté à de sombres choses
que même une grande personne ne devrait jamais avoir sous les yeux.
Brennan I. McKay
Eleve sang-mêlé
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Brennan I. McKay
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Ven 23 Aoû - 22:03

Brennan
&
Ollie


Il fait froid. Si froid, dans l'habitacle de la voiture. Dehors, les nuages laiteux fouettent le pare-brise et en-dessous, on ne voit absolument rien. Du blanc à perte de vue. Un néant éclatant. La pureté représentée habituellement n'a rien à voir avec l'actuelle situation, bien au contraire. Le regard dans le vide, Brennan esquisse une grimace sarcastique. En effet, la pureté n'a plus rien à faire ici. Déchirée, entachée par ce qu'on ne devrait jamais voir. Le voile est réduit en lambeaux et seul reste derrière le néant, la mort, signification typiquement asiatique de cette couleur.

Ses yeux exécutent un auto-focus sur le rétroviseur avant de la voiture bien malgré elle et ce que la surface vitrée renvoie est effrayant. Une poupée de cire dont on aurait tiré les traits pourtant si jolis, des yeux vitreux et sans âme, un teint si pâle qu'on a du mal à distinguer un quelconque relief et les lippes si abîmées, si blanches qu'on les croirait inexistantes. La gamine fait peur à voir et détourne rapidement le regard. Ce n'est pas elle mais c'est ce qu'on l'a forcée à devenir. Ce qu'il l'a forcée à devenir, sans vraiment le vouloir. Son cœur se serre à cette pensée, pauvre petite créature et elle ferme les yeux. Où les poser, dans toute cette blancheur qui met ses prunelles à l'agonie ? Sur quoi se concentrer, autre que ces derniers jours ?

Ses amis. Sa seconde famille. Brennan n'a pas besoin de se poser longtemps la question avant que son esprit vogue lui-même vers ces pensées plus douces, plus supportables. Ils lui manquent énormément mais elle va bientôt les retrouver, chaleureux et pleins de vie. Bientôt, elle pourra les serrer dans ses bras, les laisser l'étouffer dans les leurs et arrêter de penser. Elle va sourire pour eux et eux lui rendront bien. Ollie sera là le premier, il lui a promis. Il n'est au courant de rien et elle ignore encore comment lui dire, parce que Nan le lui dira, c'est certain. Mais comment ne pas le chambouler ? Son front tape contre la vitre de la voiture et un long soupir s'écoule de ses lèvres.

« On arrive bientôt ? La question claque comme un coup de fouet. Sec, froid contre les vitres encore plus froides.
- Oui ma chérie, encore dix minutes à peu près. »

La brunette n'a même pas la force de se plaindre ou d'être polie avec sa mère qui conduit. Elle attend bêtement, impatiemment, le moment où elle posera enfin le pied dans la neige. Elle a tellement hâte d'arriver qu'elle s'emmitoufle déjà dans son grand manteau et enfile ses gants. Dès qu'elles atterriront, Brennan s'échappe de cette atmosphère vide. La hâte est tellement forte qu'elle a envie de pleurer. Plus vite, plus vite, plus vite…

La voiture entame enfin sa descente vers la fin du voyage. Juste un petit voyage, pas le grand voyage. Brennan n'y pense pas, elle. Ses doigts tremblent et se nouent entre eux. Plus le véhicule s'approche du sol, plus elle distingue une petite silhouette. Petite silhouette de plus en plus grande et distincte. Il est là, comme promis. L'adolescente sent une petite pression à l'arrière de ses yeux, un pincement au coeur et sa gorge qui se serre. Mais elle tient bon et refoule tout ça le plus loin possible. Pas maintenant. Rappelle-toi de sourire, qu'elle se dit. Elle se le hurle à elle-même, intérieurement.

Le contact avec le sol fait trembler tout l'habitacle et avant même que le moteur ne s'arrête de gronder, Brennan ouvre la porte à la volée et son regard tombe sur le visage d'Ollie.

Angélique.

À ce moment-là, il lui paraît angélique. Un grand sourire, une impatience débordante de tendresse peut-être ? D'amitié forte en tout cas. Mais Nan n'arrive pas à lui sourire en retour. Pas même une simple grimace, ombre d'un sourire. Pourtant au fond, derrière ses émeraudes glacées, il y en a un. Caché, timide qui ne veut pas sortir, mais il est là. Ollie babille avec son entrain habituel et elle tente de lui répondre mais aucun son ne sort de sa bouche. Elle ne sait même pas quoi lui dire en retour. Elle voudrait lui dire qu'elle est heureuse qu'il ait tenu sa promesse, qu'elle ne veut plus jamais repartir et qu'elle a envie de siroter un chocolat chaud avec des marshmallows dedans avec leurs copains. Seulement, aucun son ne franchit sa gorge. Même à l'évocation du mal de mer en voiture qui l'aurait faite pouffer de rire normalement.

Brennan sort finalement de la voiture en passant tout près de son ami mais sans oser le regarder. Suit sa mère qui se dirige vers le coffre et en sort une valise. La mère et la fille ne se regardent pas. Pourtant Gisele veut s'approcher de sa fille mais celle-ci esquive et s'approche d'Ollie en agrippant la main de celui-ci et en la défiant du regard. Une petite braise sous la cendre. Elle leur en veut, c'est leur faute à tous les deux. Papa plus Maman. Maman moins Papa.

« Au revoir, ma chérie, dit la plus âgée tout simplement, avant de rentrer dans la voiture et repartir dans un concert de pétarade. »

Quand il n'y a plus ni son audible ni forme visible, la carapace de la gamine de fissure petit à petit. Sans un mot, elle se retourne vers le garçon qui attend à ses côtés, lâche sa main et se jette contre lui pour le serrer dans ses mains. Il est là, lui. Il est réel. Même si ses joues sont glacées et son nez tout rouge, c'est la preuve qu'à l'intérieur, il y a encore de la chaleur. Il ne l'a pas abandonnée, lui.

« Désolée de pas avoir répondu tout de suite. » Sa voix se casse un peu mais elle continue quand même. Ollie est venu la chercher, il mérite mieux que la froideur et l'ignorance, lui. «  Merci d'être là. Enfin, d'être venu. Je voulais pas parler, parce qu'elle était là. J'ai pas envie de lui parler ou qu'elle m'entende. »

Brennan se détache de son ami et même si elle n'a aucune expression, elle l'examine attentivement, ses mains gantées sur ses joues à lui.

« T'as pas attendu trop longtemps au moins ? Ca a été quand j'étais pas là ? »

Même quand c'est elle qui va mal, elle est obligée de s'inquiéter pour lui. Parce qu'elle n'était pas là pour le protéger. Il est grand, c'est un homme mais Brennan est comme ça depuis la toute première année où ils se sont connus. Impossible de rouiller ce mécanisme, même si le néant guette, tapi dans la blancheur infinie.

Pour le moment, elle ne dit rien. Elle garde en-dedans. Elle ne veut pas voir se tarir cette petite lumière à côté d'elle. Pas encore. Quand il demandera. Et elle restera forte.

C'est ce qu'elle croit en tout cas.
Ollie Zeleznik
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Ollie Zeleznik
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Sam 24 Aoû - 2:06


child-
hood
ends
la douce insouciance face aux violences adultes ça ne tangue
qu'une fois
dans son cœur :
lorsque tu passes devant lui sans un bruit le froid se fraie un chemin jusqu'au palpitant il y sent le givre tenter de s'y glisser.
mais brennan
ta main dans celle d'ollie ça vaut bien les mots ça
veut tout dire.
des secrets devant les risettes le responsable du blizzard dans ton regard ce n'est pas lui c'est bien plus grand c'est
peut-être bien maman.
les épaules pas bien larges encore
il y a tant de batailles à livrer et ils sont si petits, c'est même ollie le plus jeune des deux mais
brennan a beau faire la même taille lorsqu'il sent sa paume au creux de la sienne il rend l'étreinte il
garde la tête bien haute l'œillade muraille
des airs d'infranchissables.

silence sentence
les enfants ne font plus confiance.

et il sent le moteur vrombir jusque derrière les côtes lorsque la voiture redémarre c'est
comme si votre pouls repartait lui aussi tout à coup brennan t'as l'air de reprendre vie ollie t'accueille
à bras ouverts
referme aussitôt les siens sur toi et serre fort fort fort.
"désolée"
ça ne fait rien- rien du tout brennan
"merci d'être là"
fausse note,
qu'est-ce qu'elle a fait ta mère brennan
pour mériter qu'on l'ignore ensemble ? d'habitude ollie c'est toujours le plus poli avec les parents des amis.
l'étreinte au milieu des vagues des retrouvailles tient bon, ollie resserre la prise, se concentre sur d'autres mélodies, son menton sur ton épaule ta présence omniprésente désarçonne et le cœur au tempo agitato se réjouit de t'avoir enfin à portée,
il ferme presque les yeux.

— je croyais-
j'ai cru trois secondes à peine que t'étais pas contente de me voir !

le rire nerveux en demi-teinte des éclats d'euphorie dedans,
s'éparpille jusqu'à ce que tu le lâches pour lui saisir le visage comme on ausculterait un souffrant tout juste rétabli
ollie te regarde droit dans l'âme.

qu'est-ce que tu racontes 'nan tu disparais un mois et c'est à lui que tu demandes si ça va ? c'est tellement toi qu'ollie s'en amuse et tes mains sur ses joues peinent à contenir la risette.

— un mois seize heures et cinq minutes ça aurait été dix minutes j'aurais trouvé ça trop long mais là ça passe encore.

la chaleur au travers des gants
fait rosir le visage, torrent de répliques qui s'amoncèle
par

commencer ?

— halloween sans toi c'était hypra
n a z e
et on s'est trop fait chier t'imagines même pas je crois tout le monde attendait que tu reviennes pour faire le moindre truc palpitant ! avec ezé'
on a fait le mur qu'une fois mais on s'est fait choper direct et on est collé tous les samedis jusqu'à noël- on serait sorti en douce avec toi j'suis sûr qu'on se serait pas fait prendre ! et puis là
ils parlent tous des vacances ça m'énerve moi je crois que je vais rester ici ou alors partir que pour le réveillon parce que comme d'hab' mon père sera pas là.
enfin,
j'parle trop.

les gestes miroir ses mains gantées sur tes joues à leurs tours.

— bienvenue à la maison 'nan.

en armure ou bien les faiblesses à l'air libre ça ne change rien ici
c'est bien chez toi.
ses yeux encore un peu dans les tiens tentent de voir au travers des voiles
à cet âge on sent les choses plus qu'on ne les comprend et tout chez toi a des fragrances de peines sourdes enfouies à la hâte
la terre encore fraîche où l'on a planté des fleurs de courage,
et il fait si froid ollie ne voudrait pas
qu'elles prennent le gel.
s'écarte, parce qu'il ne voudrait pas que tu te sentes prise au piège surtout pas
(à trop forcer on rouvre les plaies)
et il s'empresse de sortir sa baguette avant que tu ne contestes,
la pointe sur la valise l'air décidé.

— attend ok l'année dernière j'avais du mal mais là regarde je maitrise c'est impeccable.

win gar dium
le vio sa

ce n'est pas le plus fort ollie mais heureusement qu'il sait lancer des tours de magie,
on n'est pas tout à fait dans l'enceinte du château mais tu diras rien brennan promis ?
tes affaires qui décollent s'élèvent légèrement au dessus du sol et ollie s'empresse de reprendre ta main dans la sienne qui ne jette pas le sort, impulsion, vos pas dans la neige au diapason il n'est
pas sûr que le trajet jusqu'au château suffise pour tout se dire alors il fait attention à ne pas marcher trop vite
sans te quitter du regard, comme si tu pouvais repartir entre deux battements de cils.

— ça y est ta mère est trop loin pour entendre on peut dire ce qu'on veut lâche-toi ! tu peux sortir des sales mots ça reste entre nous
motus et bouche cousue.

pression de ses doigts sur les tiens
c'est une promesse.
Brennan I. McKay
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Sam 24 Aoû - 22:34

Brennan
&
Ollie


Il sent bon Ollie. Il sent rassurant. Chaleureux. Là. L'étreinte qu'il lui rend est forte et qu'importe si Brennan a un peu de mal à respirer. Ca aussi, c'est vrai. Comme ce qu'elle a vu, mais ça c'est plus fort. Elle veut y croire. Le "reproche" qu'il lui sert l'oblige à secouer la tête mais il n'y a pas de justification, juste une petite pression des bras légèrement musclées de l'adolescente. Puis elle s'enquiert, toujours à s'ignorer elle-même. Le décompte lui saute au visage, la fait revenir dans le réel. C'était si long… Mais le sourire du garçon retient toute son attention. Il faut toujours rester positif et fort.

Entendre son babil excité finit par faire naître un sourire subtil sur les lèvres de Brennan. Imaginer Ezéchiel et Ollie agir stupidement et se faire coller, ce n'est pas difficile et ça lui réchauffe le coeur de voir qu'en si peu de temps, ils n'ont pas changé. Si peu de temps et pourtant, c'était trop long. Mais l'expression si fugace vacille comme une petite flamme dans le vent à l'évocation du père de son ami. C'est un point au coeur, un poing qui lui enserre le coeur et qui lui donne presque envie de vomir. Il sait rien, Ollie, c'est pas sa faute mais ça fait quand même mal. Mais bien vite elle accroche un petit croissant de lune sur son visage, pour faire comme si tout va bien. Et c'est presque le cas. Entre ces deux mains gantées, Nan se sent à la maison. Ollie et tant d'autres, c'est sa maison, sa famille, presque son tout. Elle attrape ses mains entre les siennes et ferme un moment les yeux.

Ca pique encore, derrière ses globes oculaires. Son nez brûle un peu aussi. Elle a envie de pleurer et se laisser aller sur l'épaule d'Ollie : elle est là, tout près. Brennan n'a qu'un pas à faire pour s'écrouler mais elle tient bon, encore un petit peu.

« Merci p'tit chat. Ca fait du bien de revenir ici. J'étouffais, j'avais besoin de mes p'tites bulles d'oxygène. Quoique… Ezé va plus me pomper l'air que m'en donner quand je vais arriver mais je l'aime quand même. »

Peut-être qu'elle se trompe, peut-être qu'il va être clément. Mais c'est pas un Serpentard pour rien Ezéchiel. Ils n'ont jamais mâché leurs mots, jamais pesé le pour et le contre pour se jeter des saloperies pleines d'amour à la tête.

Brennan rouvre les yeux et rencontre ceux d'Ollie, qui la dévore. Il a faim de savoir, il a le regard affamé. Elle n'est pas legilimens mais elle n'a aucun mal à deviner les questions qui se bouscule dans sa mignonne petite tête. Comme un sort de protection, elle veut s'approcher et lui embrasser le front mais au même moment, coup du sort, le Poufsouffle s'éloigne et sort fièrement sa baguette. Elle se mord la lèvre et retient un ricanement. Même pas vexée, Nan est plutôt amusée. Timing débile. Mais le voir si fier d'exécuter un parfait enchantement balaye tout et c'est avec un peu d'enthousiasme qu'elle applaudit.

« Tu gères Ollie ! J'ai l'impression d'être une princesse mais euh… J'veux pas que tu sois un groom qui porte mes valises, donc tu seras mon frère le prince, avec la galanterie et tout ok ? »

Comme pour répondre silencieusement à ces paroles, Ollie lui attrape la main et avance dans la neige en la regardant de temps en temps, un peu inquiet. Le regard de Brennan file de la valise au garçon et inversement, puis vers le village. Elle se penche vers lui et lui murmure avec complicité :

« Je crois que c'est pas de moi que tu vas devoir t'inquiéter. Mais normalement, ça va, on est dans un village sorcier donc pas de risque… Je crois ? Au pire tant pis, attends. Je vais faire de l'air magic. »

À son tour, la brune sort sa baguette et un peu de malice revient pétiller dans ses yeux. Comme dirait un grand poète décédé depuis belle lurette, "un seul être vous manque et tout est dépeuplé". C'était le cas pendant l'isolement de Brennan. Comme dirait une grande poétesse tenant actuellement la main du plus grand des soleils d'hiver : "un seul être est présent et tout est illuminé." C'est désormais sa situation.

Puis, tout comme l'astre Ollie, elle pointe sa baguette vers la valise et n'en dérive pas d'un poil.

« Maintenant, on est dans la même merde. »

À ses côtés, elle sent le regard de son ami rivé sur elle. Lui non plus ne dévie pas, il la fixe et la petite pression sur sa main lui fait comprendre. Il cherche si c'est un rêve, si elle est réelle ou pas. Apparemment, elle n'a pas assez juré pour montrer que c'est bien elle. Brennan fait une petite grimace souriante, un peu désolée, un peu gênée.

« Je me gêne pas pour en dire devant elle. Elle me reprend à chaque fois et je m'excusais. Maintenant, j'en ai plus rien à foutre. C'est plus… »

L'adolescente un peu rebelle veut dire que ce n'est plus sa mère mais dans sa spontanéité, elle se stoppe. Réfléchit. Si elle finit sa phrase, alors elle deviendra orpheline mentalement. Ce n'est pas ce qu'elle souhaite. Elle n'a même pas non plus souhaité devenir orpheline de père mais c'est une fatalité. Elle se reprend en inspirant.

« Elle est… Responsable, disons. Les adultes sont cons, ils sont aveugles et stupides et égoïstes et j'ai pas envie de devenir comme ça. »

Sous la colère contenue, ses narines s'évasent un instant et son regard redevient dur. Sa mère est stupide. Son père a été stupide et égoïste. Il a pensé qu'à lui, il a oublié qu'il avait une fille qui l'aimait. Il a merdé en la laissant seule avec une mère trop accaparée par son travail, en pensant que ça irait. Mais c'est qu'une gamine, Brennan, elle ne comprend pas tout. Elle aurait aimé savoir ce qui se passait dans la tête de Papa avant tout ça. Avant de voir ce qui ne devrait jamais être vu.

Sa main tremble dans celle d'Ollie. Sa baguette vacille et son regard n'est plus à ce qu'elle fait. Dans la neige couleur néant, un obstacle s'est caché, sur lequel elle trébuche et manque de tomber.

« P'tain d'neige. Putain d'merde. Putain d'situation. Je déteste les adultes Ollie, j'les hais et si j'p'vais, eux aussi j'leur ref'rais l'portrait façon art abstrait ou bolognaise sur fond immaculé… »

Des larmes commencent à perler aux coins de ses yeux mais elle les essuie d'un geste rageur, sans oser regarder à côté d'elle. Même son accent de pécore nord-écossaise reprend le dessus, à mâcher des syllabes et rouler les r. Si ça commence, c'en est terminé. Adieu la grande muraille, bonjour pied d'argile. Elle, c'est Brennan la brute. SuperNan. Elle veut pas devenir une petite merde qui pleure devant Ollie, c'est sa fierté non-masculine de garçon manqué qui parle.

« Désolée… »

Nulle.
Elle se sent absolument nulle. Zéro.
Néant.
Ollie Zeleznik
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Dim 25 Aoû - 1:11


child-
hood
ends
valse des flocons
se mettent à tomber comme pour accueillir les égarés
il neige à peine, rien qu'un peu
ollie ne réalise que lorsqu'il doit cligner des yeux
du coton au bout des cils.

œillades douceurs l'échange complice rien qu'une risette pour sceller le pacte c'est futé c'est
toujours brennan qui a les meilleures idées avec elle on n'est qu'en sécurité,
on ne craint rien
maintenant qu'on fait semblant de lancer le même sort si on tombe c'est ensemble et ça c'est bien moins effrayant. ça l'amuse ollie qui étouffe un rire dans la laine de l'écharpe en te voyant faire ;
lui n'y aurait jamais pensé.

— et si-
et si ils vérifient qui a lancé le sort ? je crois qu'il y en a un pour faire ça on l'a pas appris encore mais j'ai vu un prof l'utiliser pour savoir qui avait jeté un glitterchoum sur joy la semaine dernière.

elle a éternué des paillettes toute la journée.

alors brennan
où sont passés tes mots qui se fichent de faire rougir ? ollie a toujours trouvé ça cool une fille qui dit ce qui lui plaît. et même avec ta propre mère tu ne te gênes pas
tu fais même plus que ça.

disparition des airs insouciants d'ollie qui s'évaporent avec ta réplique tombant dans le vide, trois petits points à la fin des phrases
c'est si peu toi de ne pas aller au bout des choses.
"elle est... responsable, disons"
regard qui pose les questions informulées comment demander sans connaître les mots
responsable
de quoi donc ?
est-ce sa faute si ça ne brille plus tout à fait comme avant au creux de tes prunelles ? ollie rencontre aujourd'hui seulement ces éclats moroses il est sûr qu'ils n'étaient pas là avant.
brennan
t'as plus l'air d'avoir treize ans
treize ans c'est trop peu grand pour haïr déjà les adultes comme ça
pour avoir envie de leur déclarer la guerre avec des armes de môme.

ça vacille chez toi brennan
mille et un maux qui martèlent l'impassible ça commence dans ta main à la prise fébrile ollie
baisse les yeux vers vos doigts entremêlés
avant de serrer fort en te voyant
trébucher.
la neige leur joue des tours, chancèle le corps toute l'armure tressaute
une seconde à peine
suffisamment pour qu'on décèle les failles
l'impression
que tu tombes
toujours debout pourtant
ollie s'est arrêté
net
finie la magie le sursaut sabote le geste
la valise retombe dans la poudreuse
étouffe la chute.

— a-ahh je- merde scuse att- !
-p u t a i n
je déteste

je les h a i s

et la colère
déferle
à force de languir sous la peau on a réveillé des tourments furieux en effleurant à peine et tout ça ressort si fort, les paroles résonnent les mots
tranchent toute l'indolence. poignard dans le cœur de la mère et de tous les parents tous les adultes sans distinction
c o u p a b l e s.
tangue la légèreté après l'afflux de rancœurs les bras ballants ollie réalise
qu'il a lâché ta main
pour que tu puisses chasser le chagrin de tes yeux
tu t'excuses même brennan il ne comprend pas bien
pourquoi.

— 'nan..

plantés là tout les deux plus proches que vous ne l'avez jamais été tout ce mois et pourtant tu sembles
si seules
loin encore
abandonnée après l'horreur.
comment ollie n'a-t'il pas pu voir qu'il te manque des cases au cœur ?
rosée sur les émeraudes trouble le regard vite chassée comme si tu redoutais que l'hiver ne givre ton chagrin.

— 'nan pourquoi tu pleures ?

tu as le droit ce n'est pas ça tu sais ce sont les effrayés qui ravalent les peurs, qui ont du chagrin dans l'ombre ;
il faut du courage pour donner la parole aux tristesses.
et c'est si mystérieux le pays des larmes qu'ollie n'ose rien adjurer encore, met de coté la baguette dans la poche de sa parka il s'approche juste doucement
cherche des indices mais ton regard lui échappe
tente de reprendre les mains abandonnées
ses doigts enserrent les tiens à travers les gants.

— déjà t'as pas à être désolée est-ce que je m'excuse moi quand j'ai d'la peine ? si c'est obligé il faudrait que je te dise pardon, je sais pas
deux cents fois au moins...

ollie sait garder les secrets et puis là à la sortie du village ce n'est que lui et toi
la neige non plus ne dira rien.
le paysage blanc immaculé veille sur les enfants. ici lorsqu'on se parle le son ne parvient qu'aux plus proches, vite absorbé par la poudreuse.
des monstres effrayantes à ton épaule brennan, ollie en discerne les contours il ne connaît pas encore la formule magique pour les chasser il ne peut que
t'étreindre comme un bouclier
(pas comme d'habitude)
se fait plus grand là tout de suite pour te prendre dans les bras, les siens sur tes épaules se ferment derrière la tête
pour une fois c'est à toi
de t'accrocher.

qu'est-ce qu'il y a brennan
pensé fort
les lèvres bougent à peine
ce n'est même pas un murmure
tu n'es pas
obligée
d'accord ?
Brennan I. McKay
Eleve sang-mêlé
Eleve sang-mêlé
Brennan I. McKay
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Dim 25 Aoû - 22:00

Brennan
&
Ollie


Colère noire. Colère froide. Colère contenue. C'est mauvais, c'est comme contenir de l'eau qui bout à ras bord dans une casserole. La casserole, c'est son corps qui change petit à petit, l'eau c'est son mental. Mental en dents de scie, perturbé par des nuits blanches et des cauchemars à répétition. Des pleurs sporadiques, plus ou moins longs. Tout est arrivé trop vite et Brennan s'en veut de craquer si vite. Tout ça pour un obstacle qu'elle n'a pas vu. Elle refuse d'emporter Ollie dans sa chute mais déjà il s'interroge. Son surnom, deux fois.

Et la question qui tombe, comme un couperet glacé sur sa nuque raide. Tendue de retenir des larmes qui arrivent en torrent.
Pas encore mais presque.
Le barrage va bientôt se rompre.

« Je pleure pas. »

C'est sec, ça claque comme un fouet sur la peau nue. Et ça mord probablement autant, elle s'en rend compte rapidement.

« J'ai envie, mais j'ai pas envie. J'veux partager ça avec toi mais… J'veux pas non plus. Désolée… C'est compliqué, dans ma tête. »

Puis il la rassure, doux, prévenant. La brune serre les mains d'Ollie entre les siennes, son seul radeau face au tsunami qui menace, loin derrière ses yeux et sa gorge. Ce qu'il dit la fait tousser de rire et de sanglot. Sa voix est cassée mais elle articule quand même.

« Si je devais frapper quelqu'un à chaque fois que quelqu'un te cause d'la peine, je crois que je finirais expulsée. Et les autres à l'infirmerie un peu trop souvent. »

Il est son protégé mais à ce moment-là, les rôles s'échangent. Il devient le chevalier en armure étincelante, elle devient ce rôle qu'elle abhorre tant. Une princesse fragile. Il fait rempart de son corps contre des démons invisibles que seul un Sombral pourrait distinguer. Avec ironie, Brennan se dit que désormais, elle pourra les voir, ces créatures probablement acoquinées avec Charon et toute la bande du trente-sixième dessous.

Par instinct, sans dégoût, elle s'agrippe à lui, à son manteau et plonge son visage dans son cou pour s'abriter de tout ça. Adieu mauvais souvenirs, adieu images cauchemardesques, adieu nuits terribles. Ici, maintenant, elle lâche tout. Au moins la vérité, répondre à la question qui brûle probablement les lèvres d'Ollie mais qu'il n'ose poser.

Ira-t-elle jusqu'au bout ? Aura-t-elle même le courage de tout dire ?

Elle inspire lentement, longuement, pour expirer de la même façon avant de s'élancer dans un néant infini. Un grand saut de la foi.

« Mon père s'est suicidé. »

Nouveau coup de fouet, nouveau couperet. Ca tombe, comme l'épée au-dessus de Damoclès. Sauf que le tyran, ce n'est ni Ollie, ni Brennan.

Les images affluent dans l'esprit de l'adolescente. Ses mains se mettent à trembler, puis ses bras et enfin son corps. Elle se mord la lèvre au sang pour retenir tout ce qui se cache derrière son regard planté rageusement dans la neige. Tout ce qu'elle a laissé enfoui depuis l'enterrement et même avant. Sa gorge se serre plus encore dans un étau glacé mais elle tient bon.

« Il s'est pendu, apparemment deux ou trois jours avant… » Haut-le-coeur. « Avant que je rentre pour les vacances. C'est… C'est moi qui l'ai trouvé. » Sa respiration s'accélère et elle sent la muraille s'effriter, tout va céder. « Ma mère était pas rentrée depuis une semaine et je l'ai… » Nouveau haut-le-coeur, l'envie de vomir la tient. « Il était.. »

Ca ne tient plus. Elle s'extirpe des bras d'Ollie et se rue vers les buissons qui bordent le chemin. Se remémorer ça, c'est trop. Elle aurait voulu être forte, elle croyait pouvoir y arriver mais c'est trop frais encore. Même d'ici quelques années, ce sera sûrement encore trop frais. Qui pourrait supporter le souvenir d'un corps trop horrible pour être décrit ? Même IronNan ne peut pas.

Elle sort un mouchoir en tissu de sa poche et s'essuie la bouche avant même d'éponger ses yeux et ses joues baignés de larmes. Le sel et le gel attaquent déjà sa peau mais elle s'en fout. L'arbre le plus près d'un buisson prend un coup. Ses jointures craquent très audiblement mais elle s'en fout.

« Ma mère a abandonné mon père et mon père m'a abandonnée, moi. Je les hais. JE LES HAIS ! »

Le tronc d'arbre n'est plus qu'un flou artistique derrière ce rideau d'eau. Ses forces l'abandonnent un moment et ses jambes flageolent. À genoux dans la neige, le front contre l'écorce, elle se laisse aller.

« Ollie, ils avaient pas l'droit de faire ça. Papa avait pas l'droit d'me laisser… J'le déteste mais il me manque déjà, c'est dur… Maman a l'air de s'en foutre, ça l'atteint pas on dirait et ça c'est encore pire. J'veux plus la voir pour l'instant, j'ai pas envie de voir un mur de glace. J'ai pas pleuré à l'enterrement parce que Maman a dit que ça f'rait trop plaisir aux autres, qu'ils allaient se délecter de not' malheur et que j'devais rester forte, faire honneur à ma maison mais j'te jure, en ce moment j'y arrive pas. J'suis pas une Gryffondor. J'suis pas une sorcière, j'suis juste une gamine paumée et orpheline de paternel et j'déteste cette sensation. J'veux redevenir confiante et sourire mais j'vais pas y arriver. Pas si vite. J'me sens nulle, c'est pas moi ce tas d'larmes et de morve et d'vomi. »

C'est un flot incessant, rageux, confus, triste. Elle n'a que treize ans mais Brennan veut déjà être grande. Pas une adulte égoïste et froide. Juste pas une pleurnicharde.

Elle renifle et donne un dernier coup sur le pauvre vieux centenaire dénudé avant de se recroqueviller sur elle-même, petite silhouette si chétive dans un océan de néant. Tête bien cachée entre ses bras qui tiennent ses genoux tout contre elle. Pauvre Ollie, laissé de côté avec une valise tombée à terre. Elle ignore où il est mais elle tend une main vers l'extérieur pour le chercher, l'appeler.

Viens me chercher, petit soleil, j'me suis perdue dans la nuit blanche.
Ollie Zeleznik
des murmures au creux des songes
des murmures au creux des songes
Ollie Zeleznik
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Mar 27 Aoû - 5:39


child-
hood
ends
la mer qui se retire,
fuit les terres pour rejoindre la source des peines avant le grand retour il y a l'étreinte des bras qui se resserre pour retenir mais ollie pressent l'arrivée du déluge il
croit voir au loin les vagues de chagrin prêtes à s'écraser sur les plages du cou. à aucun âge on est prêt à faire face
on a beau jouer les nonchalants au moment des étreintes les épaules sont
t o u j o u r s
trop frêles.
peut-être-
peut-être qu'à deux c'est plus facile ? de porter les supplices
alors
si ollie peut te décharger d'une infime parcelle du poids du monde cruel, si c'est utile
te t'étreindre si fort promis
juré
il ne lâchera pas prise. inspire, brennan
expire et
dans le souffle qui suit
fait voler en éclat le secret prononce des mots qu'on devrait interdire aux enfants

mon père s'est suicidé.

les liens tenant le cœur qui lâchent
laissent tomber le palpitant qui entraîne toutes les entrailles dans sa chute, le sang dévale le corps
ollie ouvre grand les yeux face aux terreurs révélées
la moindre réplique infime
contre la vague
plus immense qu'il ne l'aurait jamais imaginée. mais les bras ne lâchent pas il ne faut surtout pas qu'il perde la prise sur toi brennan
qui vole en éclats
il s'est pendu
qui raconte dans les moindres détails, si jamais
si jamais un fragment de toi venait à s'égarer ce serait impardonnable. les paupières closes
ça n'aide pas
l'atroce au creux de l'étreinte entre les deux enfants on expulse les mots si douloureux c'est-
c'est moi qui l'ai trouvé
c'est comme cracher du sang ça fait mal mais on continue en espérant aller mieux ;
mais ça saigne ça saigne si fort brennan
que l'étreinte d'ollie ne suffit plus

— 'nan-

flanche l'équilibre tu t'échappes
figé dans la neige noyé sous les maux
des vides abyssaux dans la gorge
il entend
les os se briser presque contre l'écorce
la peur animale en te voyant faire.

brennan arrête !!

cimeterre du deuil lacère brennan l'entaille si fraîche macule la neige
(cruor)
je les hais
JE LES HAIS

la rancœur orpheline
hurle à la mort
avant de s'abandonner au pied du chêne
y pose son front perlé d'horreurs.
s'écoulent entre les racines les dernières gouttes de venin.

non ils n'avaient pas le droit
de retourner tous les ressentiments contre toi.

— ...

après la supernova l'étoile s'éteint brennan tu te blottis
dans tes propres bras.

coup de surin dans le cœur trop faible qui n'a pas su se débattre au coté du tien ollie abandonné là ce n'est rien en comparaison jusqu'à toi il n'y a que quelques pas
qu'il a déjà parcouru pour vite saisir ta main cherchant la sienne. l'impression d'avoir assisté à tes souffrances sans rien avoir pu faire si tu savais
si tu savais comme il s'en veut.
entrelacer les doigts ça ne suffit pas,
tombe aussitôt dans le manteau blanc ollie à ta hauteur te rejoint dans la neige ça ne fait rien il faut qu'il te récupère aux portes de la peine
deux petites silhouettes sous les bras de l'arbre centenaire
s'étreignent.

— désolé
désolé excuse-moi d'avoir crié

défaite soufflée après s'être assis un peu comme toi son épaule contre ton épaule tout son être à tes côtés il a saisit la main abîmée et la garde au creux des siennes comme un oiseau meurtri. des paroles d'enfant désemparé qui désespèrent d'atteindre des blessures déjà trop accomplies.

— on a pas-
on est pas obligés de rentrer tout de suite au château.
on peut rester un peu là et voir les autres plus tard, quand tu voudras,
même demain ou le jour d'après si tu veux y a tout le temps..

t'as tout le temps pour arriver à faire tout ça de nouveau 'nan tu sais

personne t'obligeras jamais ici..

il y a des larmes jusque dans tes cheveux,
au bout des cils aussi sûrement mais ton regard fuit le sien entre tes bras et ollie passe les bout des doigts dans les mèches brunes, chasse les flocons et remet à sa place
malgré les malheurs irrésolus.

silence
on a enfoui les émois dans l'accalmie
la moindre secousse on craint de les réveiller de nouveau alors
ollie se garde de bousculer le temps,
apaise lentement.
les secondes s'allongent
accordent du répit aux enfants perdus.

— tu te rends vraiment pas compte hin... comme t'es forte. je veux dire.. un mois, rien que ça, un mois c'est que dalle et t'es là pourtant. alors qu'il y en a.. ils auraient jamais pu au bout d'un mois, se présenter devant les gens, et sourire même à peine comme tu l'as fait tout à l'heure..

aucune écluse
ruissellent les mots
car ollie n'est sûr de rien à part de ce qui résonne dans l'âme alors il laisse parler celle-ci
sa tête contre ton épaule il baisse les yeux sur la neige à vos pieds,
y abandonne les derniers murmures.

— gryffondor ou pas, sorcière ou pas, même avec le nez qui coule et tout
t'es toujours la personne la plus forte que je connaisse, 'nan,
t'en fais pas pour ça..
Brennan I. McKay
Eleve sang-mêlé
Eleve sang-mêlé
Brennan I. McKay
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Mar 27 Aoû - 23:41

Brennan
&
Ollie


Frêle petite silhouette soutenue d'abord par un être vénérable qui verra bien d'autres années passer quand elle ne sera plus que poussière. Puis le soutien vient de là où elle attend. Elle l'a appelée de manière égoïste, impolie mais il est venu tout de même. Sentir les mains d'Ollie contre la sienne, tendue, ça fait mal à l'égo de Brennan, ça lui fait du bien, ça lui tire d'autres larmes de savoir qu'elle a un ami fidèle sur qui elle peut compter. Le Choixpeau ne s'est pas trompé quand il l'a envoyé à Poufsouffle, la loyauté ne lui a jamais fait défaut. Pas envers elle. Et à ce moment-là, elle en profite jalousement.

Ses épaules tremblent un peu lorsqu'il s'assoit à ses côtés. Elle sent sa chaleur contre elle, sa présence rassurante. Même sans rien voir, elle suit cette petite lumière sans broncher. Même sans sa seconde muraille, dont l'extrémité est désormais protégée par le rempart des mains d'Ollie, elle se sent bien. C'est lui qui devient la fin de cet édifice protecteur, il ferme la boucle. Elle presse un peu sur ses doigts pour le remercier silencieusement, pour lui rendre cette étreinte et lui montrer qu'elle apprécie.

Puis il s'excuse. Il s'excuse d'avoir eu peur et ça met un petit coup au coeur de Brennan.

« T'excuse pas Ollie… » Voix cassée, voilée par les larmes. Secouée par les sanglots qui la parcourent encore.

Elle renifle et dans la noirceur protectrice de son corps, elle bouge la tête pour chasser les perles salées de ses yeux. Puis elle l'écoute religieusement. Ils devront rentrer à un moment donné mais Brennan ne dit rien, elle ne veut pas briser cet instant. L'enfant perdue refuse que les caresses sur ses cheveux s'arrêtent. Elles sont si réconfortantes, si apaisantes…

Le silence est d'or.
Seuls les gazouillis des oiseaux courageux en cette saison viennent percer ce voile doré.

Les deux enfants ne disent plus rien, ils partagent un moment de répit si bénéfique. Brennan relâche enfin la pression qui pesait sur ses épaules depuis l'enterrement. Elle s'était refusée à craquer devant sa mère, omniprésente. Elle n'était pas les avides de ragots mais cette femme n'avait pas à voir la faiblesse de sa fille.

La parole est d'argent mais celle d'Ollie vaut tout l'or du monde.

Mi-grimace, mi-rire très bref, la demoiselle laisse s'échapper un grondement rauque à l'évocation de sa force. Elle est dubitative mais ça lui fait du bien d'entendre ça, Ollie n'imagine pas à quel point. Aveugle, Brennan ne se repose que sur les sensations et à ce moment-là, la tête de son ami sur son épaule la conforte. Elle se blottit contre lui et resserre son étreinte sur sa main. Malgré leur derrière dans la neige, malgré le froid qui s'immisce sous le tissu et mord leur peau, ils semblent brûler là où il y a contact entre leur peau. Ca brûle, comme la conviction d'Ollie sur les qualités de Brennan. Ca brûle, ça chauffe et ça comble le néant.

Tant pis pour son égo et son image.

La Gryffondor sort de son abri noir et chaud, se mouche tout de même un peu avant puis se jette contre Ollie. Elle le serre contre lui et frotte instinctivement sa tête contre lui, comme un chat pour marquer son territoire ou son contentement.

« J'suis revenue parce que je supportais plus l'ambiance à la maison. C'était étouffant de rester là-bas, parmi tous ces souvenirs. J'allais devenir dingue à force de faire des cauchemars et de plus dormir. J'avais aucune force là-bas, plus vraiment d'attache non plus. »

Elle s'éloigne du garçon et s'assoit dans la neige sans se cacher. Sa voix est toujours rauque mais un peu plus claire, malgré son nez bouché.

« C'est super débile dit comme ça mais ma force, c'est pas ma mère qui va me la donner. C'est vous, mes amis. Toi, Cyrus, Ezé même si je vais pas trop lui en parler de suite je crois… C'est bientôt Noël, c'est une période de joie, ça va m'aider à oublier. »

Dans un petit bruit de trompette, elle se mouche à nouveau et continue.

« J'suis pas vraiment forte Ollie, je fuis juste le problème en essayant d'oublier. Pour moi, c'est être lâche mais en fait, j'vois pas non plus trop comment faire autrement… Sauf devenir alcoolique mais je vais suivre les pas de Papa ou alors me gaver de nourriture et je vais devenir grosse et je pourrais plus frapper les arbres et les autres parce que je serais trop grasse et essoufflée après deux mètres de course. »

S'être déchargée lui a fait un grand bien. Le vide est bien là, derrière, il guette mais Brennan a déjà l'impression de se sentir plus légère malgré la lourdeur de sa tête et de ses paupières. Alors elle devient bavarde. Une pile. Mais la fatigue crée toujours autre chose chez elle. Ce besoin irrépressible d'enlacer les gens. Alors elle s'approche de nouveau d'Ollie et le prend doucement dans ses bras. Elle n'est même pas bien installée, les fesses sur ses mollets, dans un équilibre précaire, mais elle s'en fout, elle est bien.

Elle est à la maison.

« Merci Ollie. »

Merci au contenu tellement vaste mais résumé si grossièrement en "être là", à tous les temps.

« Dis, tu crois que ce soir… Je pourrais faire ma première entorse au règlement pour mon retour ? Je sais pas si je vais réussir à dormir toute seule… »

C'est comme un sort informulé, un accord tacite. Elle n'a pas besoin de poser la question pour qu'il comprenne. Si Cyrus et Ollie sont là, elle pourra oublier. Au pire, ils dormiront à la belle étoile, même si c'est le mois de décembre et qu'il fait extrêmement froid en cette période de l'année.
Ollie Zeleznik
des murmures au creux des songes
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Jeu 29 Aoû - 4:20


child-
hood
ends
là contre ollie c'est chez soi la maison au creux des bras la terre conquise brennan,
toujours.
l'autre demeure loin derrière dont tu es enfin parvenue à t'éclipser après y avoir passé un mois tu en parles comme d'un mauvais rêve, donjon au cœur duquel s'agrippent aux barreaux et hurlent les cauchemars,
ollie frissonne en t'écoutant tu as l'air
d'y avoir vu des fantômes. un peu plus et ils te vampirisaient l'âme c'est sûr il est
tellement
rassuré de t'avoir enfin sous les yeux,
en tête à tête sur un trône de glace.
on reparle de noël qui approche à grands pas mais les mois suivants et les saisons d'après à quoi s'accrocher ? si ni les parents  ni les étourdissements ne suffisent. c'est si incommensurable une vie et comment se construire soi-même des charpentes lorsqu'on est encore si petit ?

— ta mère.. elle sait peut-être pas comment faire. les adultes c'est pas parce qu'ils sont grands qu'ils ont toutes les réponses je crois que plus le temps passent et moins ils savent et-
et des fois y en a qui passent leur vie à être perdus et à se comporter comme des mômes.
peut-être que c'est comme ça pour ta mère aussi.. ?

le regard se perd entre vous là quelque part dans la neige, quelques flocons entre les doigts lorsqu'il y passe une main gantée. tu n'es pas vraiment forte brennan c'est même toi qui l'admet
que tu fais semblant parfois. et le garçon lève des yeux qui questionnent vers toi car il pensait que tu savais comment faire face c'est
toujours toi qui a l'air plus grande au pied des murailles à franchir. alors
tu improvises c'est ça ?

il n'y a pas d'autres solutions sinon
on devient triste comme papa ou bien amer comme maman.

dans l'esprit candide volent en éclats des mythes fondateurs
(c'est le grand jour)
c'est ici et maintenant qu'ollie et toi parvenez à cette conclusion redoutable.
papa
et maman
ça ne veut rien dire.
ça ne guérit pas tous les maux ça abaisse les paupières face à des douleurs sourdes ça fait de si mauvais choix que ça lacère la chair de sa chair ; ce n'est pas
incassable.
ce soir les enfants dormiront d'un sommeil de plomb sur les cendres des idoles.

alors
lorsque tu reviens dans ses bras et ollie dans les tiens il s'agrippe lui aussi c'est bancal ça ne fait rien il faut s'accrocher dans ces moments-là il
inspire comme il peut, le bas du visage enfouit contre ton épaule il regarde derrière toi et toi derrière lui il
ferme les yeux pour ne pas voir les chimères qui vous guettent.
merci ollie.

— mais j'ai rien fait,
j'ai trois fois rien fait.

si être là ça suffit
alors ce merci vaut pour toute la vie brennan ollie sera toujours là c'est promis.
dis,
tu crois que ce soir...

toujours une longueur d'avance tu pensais vraiment qu'il allait te laisser faire chambre à part à peine les portes du château passées ?

— bah, en vrai c'est mal parti pour garder la ligne, comme ça fait une semaine qu'on savait pour ton retour avec les gars on a planqué environ un million de sachets de patacitrouilles et de balongommes sous les lits..

et dans ton dos où ollie a refermé les bras il sent tomber des mèches mordorées qui t'appartiennent, en serre quelques unes entre ses doigts après y avoir passé une main pour les coiffer rien qu'un peu.

— on dormira dans mon lit avec cyrus enfin, cyrus dans le sien parce qu'il se tient jamais tranquille la nuit il file des coups et puis demain si tu dors toujours pas bien lui et moi on viendra dans ton dortoir et ainsi de suite,
comme ça si on se fait choper on se répartira les corvées,
à trois ça va plus vite.

les sanglots bloqués dans la gorge jusque là changés en faible éclat de rire teintés d'entre-deux c'est que
ollie ne savait pas jusqu'à maintenant s'il avait envie de rire ou bien de pleurer au diapason avec toi. on fera tout ensemble brennan
juré craché.
encore
quelques secondes dans les bras où rien ne peut vous arriver
avant d'affronter le monde entier.
et ollie se redresse finalement, défait l'étreinte tout doucement le lien si évident tu vois même là on ne se quitte pas vraiment. se lève le premier en s'appuyant sur le manteau blanc avant
de reprendre ta main une fois debout sur les deux pieds
pour que tu le rejoignes à sa hauteur
garde tes doigts entre les siens une fois que vous avez quitté la neige. à vos âges on trébuche c'est normal et tant que l'un est là l'autre se relèvera
toujours.

— ... ça va aller 'nan ? tu veux qu'on fasse des détours,
avant de rentrer ?

à la maison.
Brennan I. McKay
Eleve sang-mêlé
Eleve sang-mêlé
Brennan I. McKay
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Re: perceneige (flashback) † w/brennan Lun 2 Sep - 23:18

Brennan
&
Ollie
final


Elle ne répond pas à propos de sa mère, ça risquerait de l'énerver de nouveau. Elle se contente de serrer les dents et ignorer le détail "maman" pour l'instant. Brennan veut lâcher prise et redevenir une enfant presque adolescente. Alors quitte à tout lâcher, elle laisse son propre corps et s'accroche à Ollie qui lui rend son étreinte. Ici, c'est rassurant. Ce n'est pas son territoire, à l'Ecossaise, mais c'est actuellement son monde. Un petit univers parallèle qui se crée dans l'espace des bras du garçon. Il est son étoile guide dans la nuit blanche, son petit soleil radieux même s'il est teinté par la nouvelle. Une petite éclipse voile son visage encore un rien poupin, tout ça à cause de la nouvelle apportée par la supernova Brennan.

Il dit qu'il n'a rien fait mais même en ne faisant rien, il est là. Il a tenu sa promesse, il est venu la chercher et il la soutient. La brune ne dit rien mais elle serre Ollie un peu plus fort contre elle avec un petit sourire un peu plus heureux que ceux d'avant. Il est là et c'est tout ce qui compte. Bientôt, les deux autres super-héros seront là aussi. Puis un rire vient s'étouffer dans sa gorge à l'annonce gourmande du Poufsouffle.

« J'en salive déjà. Je vais devoir taper plus d'arbres pour éliminer tout ça. »

De nouveau, il la rassure avec des mots si simples. Ils briseront encore les interdits. Une fois de plus, en espérant ne pas se faire prendre. Mais ce qu'Ollie dit la fait rire de nouveau : à présent que le poids est un peu parti, Brennan peut souffler. Il est toujours là, en tâche de fond, comme une saloperie de processus dont on n'arrive pas à se débarrasser mais au moins, il n'est pas trop invasif. Plus maintenant.

« C'est vrai que j'aimerais pas me prendre de coup dans la nuit. Ou au pire, je le secoue ou je le chatouille s'il bouge trop ! Par contre si vous venez chez les Gryff, déjà on va devoir faire discret parce que la Grosse Dame c'est pire que la Castafiore et ensuite, on se construira une cabane avec les fauteuils. Vous pourrez pas monter dans mon dortoir, vous avez un truc en plus que moi j'ai pas. »

Elle tapote sa tête pour lui faire comprendre que c'était un oubli mignon mais qui a son importance. Après, s'ils ont envie de faire du toboggan, elle leur laisse la place avec plaisir mais s'ils doivent dormir tous les trois, autant le faire de façon pratique.

Doucement, si tendrement, ils repartent dans leur silence complice. Ils s'y installent confortablement avant de devoir repartir sur la route. Retour entre les pierres, entre ses amis, dans sa maison. Ollie fait le premier pas de recul mais sans séparation. Sans rien brusquer, Brennan saisit sa main et se lève en tapotant l'arrière de son manteau et ses collants imbibés par la neige. « Brrr… » Il faisait chaud dans les bras d'Ollie, mine de rien. Plusieurs frissons se suivent et elle secoue la tête en signe de désaccord, si minime.

« Je crois qu'on devrait se dépêcher de rentrer… On va attraper un rhume carabiné si on reste trempés comme ça. On y reviendra avec les gars, t'en fais pas. Et puis, j'ai hâte de retrouver Poudlard, je t'avoue. »

Poudlard avec eux, c'est un peu de couleur rajoutée à sa vie bien terne ce dernier mois. Brennan presse la main de son ami et lui sourit aussi brillamment que possible pour le rassurer.

Ca ira. Ce sera de mieux en mieux. De moins en moins dur à supporter. Même si ça sera toujours là, tapi dans l'ombre pour mieux attaquer au moment le moins opportun.
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