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 Bleeding in silence // Valentyne

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A. Caïn de Shrewbury
Empereur des Diables

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MessageSujet: Bleeding in silence // Valentyne    Sam 24 Juin - 16:47

featuring Valentyne et Caïn
« It never turns out how we want»





Il y avait le temps de la douleur. Il y avait le temps des pleurs. Caïn était las, Caïn était vide. Ressentir n’était qu’un ramassis d’âneries, les émotions des coups de poignard dans ton propre cœur, petit soldat qui pensait à faire avancer la machine. Tu pensais ne jamais pouvoir surpasser le creux qui t’emplissait et agitait des marées infâmes de haine et de passion. C’était une torture, Caïn, qui t’arrachait à ta contemplation habituelle du monde. Tu n’étais plus acteur mais figurant de ta propre vie, un pantin résigné à se laisser aller. Pour la première fois, tu n'avais plus envie de jouer. Grenat te manquait si fort, avec tant d’acharnement que cela te semblait presque irréel, un peu comme votre relation. Cela avait été le temps de deux mois. Deux mois pour vivre, au lieu de survivre. Deux mois pour aimer. Pour t’aimer. Et de ce temps écoulé ne restait que l’amertume des souvenirs et une douleur si éclatante qu’elle t’empêchait de fuir.


Les insomnies n'avaient pas tardé à t’envahir alors que les larmes refusaient de couler, alors que ton âme te noyait. Et l’enfer n'avait été que pire des jours durant, les problèmes s’amoncelant, pesant sur tes épaules qui criaient grâce. Il y avait eu le bal avant toutes choses et Andy, Andy petite princesse déchue qui t’avait profondément déçue, même si au final tu ne t’attendais pas à mieux d’elle. Andy avec son intelligence lumineuse qui n’avait pas la capacité à se sortir du traquenard et à se défendre. Pour la première depuis des lustres, même si la colère avait embrumé ton esprit, Caïn, tu t’était rendu compte que tu n’avais que faire d’elle. Tu l’avais vu incapable de se défendre face à un cas si simple, Raffaelo et son pathétisme, et cela te rendait insensible à son sujet. De toute manière, tu avais eu plus important à penser.


Castiel s'était fait mordre, Leto et Faust avaient affronté les grands et Caïn n'avait pas été là. Caïn, tu n’avais pas réussi à jouer ton rôle. C’était toi le faible là, assis sur un siège, plongé dans le noir de la salle commune alors que les heures s’égrenaient lentement. Toi qui n’avait réussi à rien. Lamentablement échoué. Et cela t’achevait par dessus tout de savoir que malgré ta puissance, tu ne pouvais pas tous les protéger, ces cavaliers que même l’enfer haïssait. Et tu n’en pouvais plus de cette fin d'année abrutissante, des problèmes, des doutes et de la peur qui te taraudait tout le temps. Tu n’en pouvais plus du goût insipide qu’avait la vie alors qu'à cet instant tu ne voulais que la mort.


Et, assis sur le fauteuil devant les fenêtres de la salle commune, sous l’œil verdâtre du lac et en plein milieu de la nuit, tu contemplais la seule photo de Grenat que tu avais pu récupérer, Caïn. Tu observais son maigre sourire, ses yeux insondables et ton cerveau, lentement, comprenait que jamais tu ne la reverrais. Les perles salées, sans même que tu t'en rendes compte, coulaient, dévalant les creux de ton visage et mouillant ta peaux albâtre. Caïn, tu faisais ton deuil de cette vie que tu n’aurais jamais.




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Valentyne Rosebury
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MessageSujet: Re: Bleeding in silence // Valentyne    Sam 24 Juin - 20:55

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Insomnie. Insomnie qui l’assomme sans un bruit, elle bouge, se tourne et se retourne sous ses draps immaculés de blanc. Et dans la nuit les frottements l’éveillent, laissent un soupir s’égarer dans le vent sans qu’elle ne puisse y faire quoique ce soit. Valentyne il y avait de ces soirs comme ça où elle ne pouvait rien y faire, où ses pensées s’approchaient un peu trop près pour murmurer tous ces mots à ses oreilles. Toutes ces choses qu’elle ne voulait entendre, ses désirs qu’elle ne saurait réaliser. Ses pensées s’approchaient, colorées de mille souvenirs qui l’humilaient, s’exhibaient à ses yeux pour la priver de liberté. Souvenirs moqueurs qui s’accrochaient et la prenaient pour une bouée, leur bouée de sauvetage à peine gonflée alors qu’elle voudrait les noyer. Ça n’arrivait pas souvent, ces soirs où même la lecture et la relecture de ses livres aux contes bon enfant ne parvenaient pas à la faire s’endormir, et dans ces moments-là elle se sentait perdue, plus seule que jamais.

Elle s’était assise au bord de son lit, glissant ses pieds nus dans les chaussons qui s’y trouvaient parfaitement alignés, avait soupiré, si fort qu’elle cru s’entendre parler. Un oeil sur le cadre photo déposé sur son chevet, une photo de sa mère, du moins le croyait-elle puisqu’elle ne l’avait jamais vue, et que personne n’en parlait jamais à la maison. Elle n’avait pas osé non plus demander à son père qui était cette créature sublime qui reposait dans le lac de leur maison de vacances, celle-ci même qui l’avait vu naître et qui se représentait sur ce cliché. Mais elle l’avait déduit, et cette hypothèse lui convenait, il n’y avait de toute façon pas d’autre choix. C’était déroutant, mais au chemin tout tracé on s’y habituait assez facilement finalement. Il suffisait simplement de courber l’échine et d’écouter, même si ça faisait mal. Grimace discrète qui étira ses lèvres, elle chassa ses sombres pensées en quittant sa chambre d’un pas rapide et mal assuré, endormi malgré les heures qu’elle avait passé éveillée.

La salle commune plongée dans ce noir si profond avait quelque chose d’assez apaisant, comme si elle cachait son austérité habituelle du regard des autres. Seul le faible reflet de la lune sur les profondeurs du lac derrière les fenêtres apportaient cette lumière dont elle avait besoin pour se repérer. Elle fit quelques pas, silencieuse dans la nuit pour aller trouver l’un des fauteuils disposés un peu partout.

Et c’est à cet instant qu’elle te vit,
Alors qu’elle s’apprêtait à prendre place tout près,
Le regard accroché par cette silhouette recroquevillée,
À pleurer sans un bruit.
Caïn.

Son coeur qui loupe un battement. Elle n’est pas si surprise de te croiser ici, seulement étonnée de ces gouttes qui brillent sous la lune, roulent sur tes joues en une si triste mélodie. Déboussolée, un peu paniquée, c’est la nuit qui cache son visage aux traits légèrement tirés, bouche entrouverte de laquelle aucun son ne sort, si ce n’est ton prénom qu’elle souffle en une interrogation. Comme pour être certaine qu’il s’agisse bien de toi. Bien que sachant qu’il ne pouvait en être autrement.

Elle ne sait pas quoi faire, trop peu habituée.
Que devrait-elle faire, à ton avis Caïn ?

Qu’est-ce que… Hm.. Tu.. Pourquoi tu… Pleures ?

Caïn, pourquoi est-ce que tu vas si mal ?
Sans un mot de plus elle reste plantée là, debout à t’observer la peine au ventre avec l’envie incompréhensible de te consoler.
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A. Caïn de Shrewbury
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MessageSujet: Re: Bleeding in silence // Valentyne    Lun 26 Juin - 13:44

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Mélodie de douleur, confusion intime, tristesse émergente. Tu te noies Caïn encore et encore, tes poumons s’emplissent d’un air vicié, ça tourne plus très bien là-dedans, ça s’enlise comme une vieille machine qui ne sait plus très bien comment fonctionner. C’est le Titanic à l’intérieur, des bouts remontent mais tout se fond, tout se dissout dans l’acide qui te sert de sang. Tu as cédé, abandonné, lâche inconditionnel et démuni de fierté. Recroquevillé sur le siège, comme un enfant apeuré, tu te laisses aller à cette faiblesse car tu te crois seul Caïn et tu n’as plus rien à prouver. Perles salées qui courent sur ta peau albâtre, tes jointures qui se serrent et se desserrent et tout ton corps qui supplie une aide qui ne viendra jamais.

Mais le Destin se joue de toi Caïn, t’amène et te ramène à ce que tu as eu ou ce que tu n’auras plus, remue tes souvenirs, agitent les fantômes du passés et leurs chaînes rouillées. C’est un dieu farceur qui se rit de ton malheur et livre ses malins sur Pourdlard. C’est un acharnement aux conséquences démesurées, que tu mesures à peine lorsque tu entends une voix pourtant si souvent recherché. Il ne manquait plus que Valentyne pour parfaire cette mascarade, Valentyne désiré, Valentyne repoussé. Les perles d’onyx s’arrache des photos tachetés de larmes et tu la regarde Caïn, tu la dévore. Valentyne c’est encore autre chose, et elle te poursuit depuis des années, depuis que tu as posé le pied à Poudlard. Soupire et discussions semi-voilé, regards marqués, Valentyne est une autre de ses femmes qui te torturent et certainement la pire. Tu détourne le regard quelques instants après et fixe le lac. Tu ne veux pas voir qu’elle est là, tu ne veux pas le croire.  Elle n’est qu’une illusion de ton esprit tortueux embrumé par la fatigue et la tristesse. Pourtant, dans un petit coin, tu ne peux t’empêcher d’espérer Caïn, de désirer.

«  Je verse des larmes, sous l’effet d’une émotion violente en effet. C’est le pourquoi je pleure. »

Voix pleine de miel, sous entendue plein de fiel, tu es dur Caïn, tu en as besoin de cette amertume que tu verses à tout bout de champs comme une drogue qui fait barrière.

« Je me nettoie Valentyne, il le faut bien de temps en temps, tu sais, se libérer, se laisser aller. »

Tu passes une main sur ton visage, sèche les dernières larmes. L’instant s’est fini, il faut retrouver le masque.

« Que fais-tu ici ? »

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Valentyne Rosebury
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MessageSujet: Re: Bleeding in silence // Valentyne    Lun 26 Juin - 20:48

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Que tu es méchant, Caïn, tellement indélicat à la traiter comme une étrangère venue t’importuner. Elle est si inquiète Valentyne, si inquiète pour toi et ces sentiments que tu lui caches, ne dévoile qu’à toi-même mais qu’elle a découvert un peu pourtant ce soir alors qu’elle ne le voulait pas vraiment. Elle n’avait pas cherché et pourtant c’était là, vous étiez là tous les deux. Toi à sécher tes larmes et elle a hésiter entre rester plantée à te regarder ou t’envoyer bouler. Parce que tes mots si moqueurs, empreint de cette ironie et d’une tristesse sans nom sonnaient à ses oreilles comme une claque en pleine gueule. Elle n’aimait pas savoir qu’avec elle tu agissais comme avec toutes les autres. Elle n’aimait pas savoir que tu renfermais tout ça, en toi, juste comme une évidence qu’elle n’avait encore jamais vu. Quelques pas, elle s’approche, s’installe finalement en face de toi, à même le sol contre le mur sous la fenêtre. Jambes repliées contre elle, protection bancale qu’elle tenta de renforcer vainement de ses bras qui viennent les entourer. Et elle te regarde, elle t’observe de cet air qui veut dire “ne te moque pas de moi” mais ça tu ne le vois peut-être pas. Il fait si sombre après tout qu’elle même n’est plus sûre de savoir si c’est bien elle, et bien toi juste ici dans cette pièce. Si détruits, happés par ce passé qui revient fouetter pour tenter de prendre ce qu’il n’a pas pu garder.

Ses iris se posent sur ta silhouette, celle qui te ne ressemble pas, si différente du Caïn qu’elle a l’habitude de voir. Si sensible, pas si horrible tu sais ; elle l’aime bien Valentyne, cette sensation de voir que tu es capable d’être plus humain que ce que tu prétends vouloir être. Ça lui fait du bien, ça la rassure. Et c’est à cette pensée qu’elle se surprend à sourire dans la pénombre, cachée de la lune sans que tu ne puisses le remarquer. Puis ça s’efface en même temps que le son de ta voix qui reprend. Elle t’écoute, elle te laisse parler sans un bruit, comme si elle n’était pas là et que tes paroles s’adressaient au vent. Comme une simple illusion, Valentyne était une ombre après tout, elle savait se faire discrète. Se laisser aller, Caïn, elle hausse les sourcils un bref instant, un peu surprise de t’entendre prononcer ces mots, pas vraiment certaine que tu en comprennes la réelle signification vu ta réaction.

Pourquoi tu te caches ?
Ne te cache pas de moi.

Parce qu’elle le voit, ce visage qui se referme, et elle l’observe sans savoir trop quoi répondre. Pas vraiment la mieux placée pour faire la leçon aux gens, jamais la mieux placée pour ouvrir sa grande gueule de toute façon. Elle le savait, l’a toujours su, mais repenser à la vérité n’a rien de bon alors elle se berce d’illusions et se plaît à croire que dans son mensonge à elle, elle puisse te faire la leçon. Te donner des conseils qu’elle n’appliquerait pas parce qu’elle s’inquiète pour toi. Je crois, tu sais, que jamais quelqu’un ne l’avait plus inquiété que toi, mais ça c’est un secret. Entre toi et moi, Caïn.

Ne t’arrête pas de pleurer. Pleure, Caïn.
Ne fais pas semblant devant moi.

C’est ce qu’elle essaie de te dire de ce ton oscillant entre dureté et tendresse, sans être certaine de la portée qu’ils pourraient avoir.

Tu me parles de laisser aller, mais tu te refermes à la première personne venue. Un silence. Je ne prétendrai pas te comprendre, mais si tu as besoin de t’exprimer alors fais le. À moins que tu ne préfères que je reparte ? Si c’est le cas alors je retourne tenter de m’endormir.

Et elle se lève, mettant sa menace à exécution. Parce que c’est une menace, un chantage inconscient et égoïste qui la forcent à agir ainsi. Dis lui de rester, Caïn, ne la force pas à supporter la solitude de sa chambre pour ne pas être avec toi. Elle s’approche de toi, se tient juste en face à l’instant où ses doigts frôlent le bois du fauteuil pour venir s’appuyer sur le dossier, et son corps se baisse, ses lèvres embrassent presque ton oreille quand les murmures s’échappent, un peu blessés.

Je ne saisi toujours pas pourquoi tu t’obstines à faire semblant avec moi.

Ni même pourquoi elle fait semblant avec toi.
Elle qui voudrait tellement plus.
Quelques pas en arrière,
Son corps qui s’éloigne.

Sa silhouette qui contourne ton siège pour tenter de s’effacer dans la nuit comme le mirage qu’elle était mais qu’elle ne voulait plus être.
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A. Caïn de Shrewbury
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MessageSujet: Re: Bleeding in silence // Valentyne    Lun 10 Juil - 14:10

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Douceur latente, main apaisante et les mots qui tranchent et les mots qui dévorent les nerfs. La retenue amère, la douleur à la poitrine, le coup de poignard qui t’achève et cette invitation à pleurer te libère Caïn, t’enivre d’un souffle nouveau, d’une douleur abrutissante, tu te drogues à cette hormone qui te fait survivre car tu ne sais plus vivre. Achève-moi s’il te plait (ou aide-moi) . Et Caïn tu te tends à ses mots, colère impétueuse, hurlement d’enfant perdu, déchirement intérieur. Tait-toi, cesse de parler, les mots ne sont qu’une bouillasse indistincte, et tu te noies dans ses paroles d’infortune, aux accents réconfortants ça me rend malade . La gentillesse est semblable à la peste ça te gratte, ça te démange d’entendre ces doux mots. Sois toi-même Valentyne et pas cette femme aux contours doux, aux élans de compassion devant un animal blessé. Un jour, il te mordra. Et Caïn rumine et Caïn panique, élan inconfortable d’une peur qui t'emprisonne les entrailles. Ne me laisse pas seul . Gamin perdu dans le monde des grands. Fil de vie à moitié rongé, compagnon perdu, la Famine n’est plus rien sans ses sœurs. Mort n’est plus là pour contempler son ravage et lui offrir les âmes arrachées.

Et sa voix t’extirpe à ta mémoire embrumée, son odeur t’embaume, salée, douce, enivrante. Trop près . Tu te retournes alors qu’elle se fond, alors qu’elle disparaît, hallucination éphémère d’un rêve brisé et Caïn panique, Caïn a peur de cette solitude écrasante qui venait juste d’être brisée. Les larmes dévalant tes joues, le regard à l’abandon d’un noir d’encre, tu t’agrippes aux doigts albâtres, translucides Fantôme

« Reste, je t’en supplie. »

Ne m’abandonne pas toi aussi

« Je n’y arrive plus.»

Tu l’attires vers toi, presque trop brusque, la main toujours autour de son poignet, fermement l’observant en silence.

« Toi aussi tu fais semblant. »

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Valentyne Rosebury
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MessageSujet: Re: Bleeding in silence // Valentyne    Mar 11 Juil - 13:26

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Le son de ta voix désespéré.
Tes doigts qui enserrent son poignet.
Elle s’arrête brusquement.
Ne se retourne pas.

Et tu l’attires à toi fermement, lui fait perdre une seconde l’équilibre tandis qu’elle se reprend rapidement. Elle est mal à l’aise Valentyne, un peu troublée par tes pleures, un peu par tes mots aussi. Tu es capable de la démasquer si facilement et ça l’effraie, elle voudrait partir, s’enfuir loin de toi pour tenter d’oublier à quel point tes mots peuvent être justes et si blessants. Sa mâchoire se resserre légèrement, ses doigts se crispent, elle suffoque avec ce coeur qui joue au yoyo dans sa poitrine. Et les battements se loupent les uns après les autres tandis qu’enfin elle se tourne vers toi. Lentement, son regard acéré dans le tien pour mieux masquer ces sentiments étranges qu’elle ne comprend pas. Acéré par simple peur de perdre le contrôle.

Elle aurait voulu ne pas faire semblant mais elle ne sait pas elle-même qui elle est. Ses lèvres s'entrouvrent et se referment sans que les sons n’en sortent et le temps passe lentement, se suspend. Il s’arrête à l’instant où elle se perd dans tes yeux de jais, si sombres malgré la lueur de la lune. Une minute qui s’envole.

Les mots qui sortent finalement, un peu tranchants c’est pas voulu.

Alors nous sommes pareils ? Un rire jaune qui s'échappe. Ne dévies pas la conversation, c'est pas le sujet.

Ses doigts se faufilent entre les tiens pour s'échapper et rompent brusquement le contact physique qui vous lie tandis qu'elle fait un pas en arrière. Elle s'éloigne de toi pour mieux t'observer, esquisse un sourire froid, invisible à tes yeux sans doute, elle hésite. Trop peu familière de ce genre de situation pour savoir quoi faire, ça l'agace mais elle se tait, se contente en silence de ce simple regard qui te toise sérieusement.

Tu es un mystère à toi tout seul Caïn, ça la tue de ne pas réussir à te déchiffrer. À lire dans tes iris si vides et tristes, à lire dans ta colère, dans tes gestes, dans ces mots que tu lui lances toi l'enfant perdu au milieu du bois si dense de tes pensées.

Elle ne prétendra pas vouloir te sauver.

Tu ne pleures plus...

Simple constatation à peine murmurée.
Elle en est incapable.

Valentyne se détourne de toi pour s'installer sur le canapé à quelques pas, elle croise les jambes, s'appuie avec nonchalance sur le dossier puis relève les yeux vers toi. Brillants.

Pourquoi veux-tu que je reste ?

Pourquoi la retenir si c'est pour ne rien lui dire ?
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A. Caïn de Shrewbury
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MessageSujet: Re: Bleeding in silence // Valentyne    Hier à 21:36

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Tu as l’impression de la voir soudainement, Grenat. Comme une illusion, elle se matérialise à la place des traits de Valentyne et soudain vous êtes réunis. Ça te fait presque tomber à genoux de la voir, là. De la toucher. Tu resserres ta main autour de son poignet, l’esprit embrumé parce qu’elle est là, le fantôme qui te hante, le douloureux amour que tu viens tout juste de perdre. Un sentiment de joie puissant t’enivre, l’espace d’un instant. Elle est revenue pour toi. Puis l’illusion se dissipe, les cheveux noirs redeviennent d’or et Grenat n’est plus. Ne reste que Valentyne.

Et c’est une colère divine qui te prend soudainement. Explosion, débordement. C’est la fin d’un temps, le début d’un nouveau et c’est cette colère qui grandit, qui durcit, parce que soudainement, juste comme ça, tu en as marre. Son rire t’agresse, régresse. Tu es renvoyé à ta simple condition d’homme infortuné et soudainement tout se finit, noir complet. On tire le rideau. Tu vois rouge Caïn, littéralement. Cette fois, c’est fini, plus de simagrée, plus de gribouillis. Elle veut te voir pour de vrai, elle va finir par y arriver. Et ça va la brûler parce que tu vas la détruire, tu vas tous les détruire. Achever, trépasser, tu les emporteras tous avec toi Caïn. Parce qu’à ce moment-là, plus rien ne va et tu veux te venger, tu veux qu’ils comprennent ce que ça fait, tu veux qu’elle comprenne ce que ça fait, qu’elle se tienne là où ELLE était, qu’elle agisse avec toi comme ELLE aurait dû agir et ça te brûle, ça te démange. L’esprit a basculé, tu accueilles la folie avec un doux sourire, comme une vieille amie, alors qu’elle a passé tant d’année à te guetter. Elle s’entiche de toi, t’enlace dans ses bras poignants, te caresse, rentre en toi et s’installe doucement. Sa fleur éclot, s’enracine et ça se casse, ça se rompt, parce que la Folie est chez elle, parce que la Folie est reine. Et tu l’admires cette vieille compère, tu la séduis, tu la fais tienne un peu plus encore, un peu plus à chaque fois. Tant et si bien qu’elle ne finira plus par partir et tu le sais Caïn.

Et la raison se disloque. Non, tu ne pleures plus, car tu rayonnes maintenant, malfaisant et malsain, tu vas les amener à la même frontière que toi, cette fois-ci Caïn, et tu n’abandonneras personne en chemin. Tu y as cru un instant à cette rédemption. Tu la rattrape, tu te jettes presque sur elle, fou de colère.

« Non je ne pleure plus, bravo Valentyne »

Non tu jubiles. Imposant et terrifiant, tu la domines. Debout, elle assise, sur ce canapé qui te rappelle tant de souvenirs.

« Pourquoi tu n’es pas partie si tu ne veux pas que je te retienne ? Pourquoi n’as-tu pas fuis ? »

Et tu souris, de cet air oscillant, au bord de la dérive. Conscience mourante, surmoi en déroute, ne reste que le ça, insensible.

« Tu veux savoir ce qui se passe hein ? »

Et tu te détournes d’elle soudainement tremblant, alors que les mots se précipitent sans barrières.

« Tu veux savoir quoi ? Que ma petite-amie est morte à cause d’une putain de lycanthrope ? Que la première fois que je l’ai rencontrée c’était de nuit ? Qu’elle s’est tenue là où tu te tiens ? Tu veux savoir quoi Valentyne ? À quel point elle me manque ? À quel point ça me rend fou de savoir qu’elle ne vivra jamais, parce qu’un homme incompétent n’a pas su faire son travail ?
Et Caïn rugit, froid. Implacable.

« Tu veux apprendre que mon meilleur ami s’est fait mordre par la même putain de bestiole ? QU’EST-CE QUE TU VEUX SAVOIR ? »

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Valentyne Rosebury
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MessageSujet: Re: Bleeding in silence // Valentyne    Hier à 23:01

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Si elle n’avait pas été ce qu’elle est, probablement aurait-elle pleuré. C’est ce qu’elle pense lorsque ses yeux se posent sur toi, elle en est persuadée. Elle aurait pleuré pour tellement de raisons Caïn, confondant tristesse et pitié comme tous ces gens un peu trop sensibles qu’elle connaissait. Le bas monde, celui de ceux qui ne connaissaient pas la douleur, celle qui te vidait de toute la vie qui pouvait t’animer. Un peu comme toi ce soir, comme elle tout le temps. Mais Valentyne ne pleure pas, elle ne cille pas non plus lorsque dangereusement tu t’approches d’elle, lorsque l’éclat de ton regard qu’elle parvient à percevoir dans la nuit n’est plus que colère, colère et haine sans trop qu’elle ne comprenne pourquoi. Brusque ressentiment que tu laisses sortir, ça la surprend mais elle ne dit rien. Elle t’écoute lancer avec froideurs toutes ces choses qu’elle ne te reconnaît pas.

Ça fait mal.
Mais elle se tait, encore.
Encaisse le mal sans broncher.

Et puis les mots sortent soudain, elle est encore assise et immobile, à te toiser sèchement lorsqu’elle te les adresse, aussi implacables qu’à l’accoutumée.

Pourquoi n’as-tu pas fuis ?
Tu divagues.

Mais tu ne l’écoutes pas, dans ta raison qui se perds tu en oublies tes propres mots, tes propres gestes. Et elle reste là, stoppée par cette immense porte invisible qui la sépare de tes pensées, de ce gouffre si béant dans lequel tu viens de sauter pieds joints. L’impuissance avait ce quelque chose d’affreusement frustrant, elle ne pouvait se résoudre à te regarder faire plus longtemps. Elle avait amorcé un mouvement à l’instant où tu t’étais retourné, dos à elle en continuant de parler de cette voix plus tremblante qui lui tordait le cœur. Elle s’était ravisée lorsqu’elle avait compris que ton besoin d’extérioriser était plus important que tout ce qu’elle aurait pu faire pour toi en retour, que c’était là la porte d’entrée qu’elle allait prendre le temps de franchir pour pouvoir te rejoindre tout au fond. Elle attendait le bon moment, pieds joints sur ce fil au-dessus du vide. Prête à plonger pour toi.

Les mots s’enchaînent et les images parviennent à son esprit, elle vous voit sur ce canapé et ses poings se serrent. Elle entend tes pleures, les revoit si bien aussi, ces larmes qui font vriller son cœur. Et la peine est bien trop grande pour qu’elle-même ne la ressente pas. Alors lentement ses poings se desserrent et le masque s’effrite sans que tu ne le vois, oh non elle ne pleurera pas, mais tu sais Caïn, elle aimerait tellement pouvoir. Avoir au moins ne serait-ce qu’une réaction, ou quelque chose à dire, à faire, à tenter pour pouvoir te calmer.

Mal à l’aise, elle avait toujours détesté être dans ces situations, faisant toujours tout pour les éviter. Mais aujourd’hui c’était différent et elle ne pouvait pas te fuir, n’est-ce pas ? Pas même lorsque tu évoques Castiel, parce qu’il n’y a que lui que tu qualifiais de meilleur ami, tu sais ? Cette personne qu’elle n’aurait jamais.

Tu as lancé ça comme ça.
Et la chute est grande, elle trébuche.
Elle n’y était pas préparée.

Quoi ?

C’est à peine soufflé que tu ne l’as peut-être pas entendu. Mais c’est douloureux, et elle l’espace d’un bref instant elle est tentée de te demander de répéter mais sa voix reste bloquée dans sa gorge. Elle voudrait te demander des explications en sachant pertinemment que le moment n’est pas le bon, que ça ne se fait pas, et puis même. Même, ça n’est pas à toi de les lui fournir. C’est pas à toi alors pourquoi ? Incompréhension totale.

Silence pesant qui s’installe alors qu’elle s’affaire à faire le tri dans sa tête, son regard posé sur toi, encore surprit, encore triste, complètement déboussolé. Le masque s’est désintégré si fort qu’elle en sent encore les brûlures tu sais, ça fait mal. Ça fait juste mal. Et elle ne comprend pas pourquoi.

Finalement…

Finalement les mots s’échappent, tremblants un peu de ces émotions qu’elle ne saurait te transmettre.

Nous ne sommes pas pareils.

Pas du tout. Parce que toi tu as ce mérite qu’elle n’a pas de mettre ton cœur à nu, et le sien se referme à cette seule pensée. Le masque se recompose et elle se redresse doucement. Elle s’approche de toi, elle prend le temps de te détailler, de te contourner en glissant cette main dans ta nuque, elle prend le temps de tout, avec ce sourire désolé, un peu dur mais pas vraiment mauvais. Et elle se hisse sur la pointe des pieds pour poser son front contre le tien, pour capter tes yeux enragés et s’y plonger. Elle se redresse sur son fil pour mieux ressauter.

J’ai décidé d’arrêter de fuir avec toi.

Illusions. Elle te ment sans même s'en rendre compte parce qu'elle te fuit déjà.

Mais il va falloir que tu arrêtes de tout mélanger. C’est toi qui as voulu que je reste… Et je n’ai jamais prétendu ne pas le vouloir, d’accord ?

C’est presque tendre lorsque son murmure parvient à ton oreille, oui c’est ça. De la tendresse mélangée à un soupçon d’autorité pour se donner bonne figure, pour te faire comprendre tout l’intérêt que tu as à te calmer maintenant. Parce qu’elle est prête à sauter pour toi

Mais seulement si tu es en bas pour la rattraper.
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Bleeding in silence // Valentyne
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