[VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól

Sybil Avery
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[VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Jeu 21 Sep - 17:55

ft.  Sól A. Prewett

Ou l'on passe des vacances en famille. Dans celle des autres. Si, si, c'est très logique.

Le sang fait tourner le monde



Sybil se préparait en urgence, en retard sur son planning grâce à Becky, l'elfe de maison des Avery, qui avait eu le bon goût de la chasser de sa chambre pour la ranger tout l'après-midi. Les conséquences ne s'étaient pas faites attendre: ses livres de révisions étaient soigneusement rangés à des endroits contre-instinctifs et sa trousse à maquillage avait disparu pendant une bonne demi-heure avant que la jeune femme ne la retrouve dans un tiroir dont elle ignorait presque l'existence. Elle était invitée avec ses parents chez les Prewetts, et ignorait royalement de quoi il en retournait, sachant juste qu'elle y retrouverait une agréable connaissance, à savoir Sól.Rouge à lèvres en main, mouchoir dans l'autre, elle tentait à présent d'être sortable avant que sa mère n'arrive et n'entre sans frapper pour constater le désastre.

"Sybil? Je rentre."

Ah.
Elizabeth Avery, en robe de soirée, poussa la porte et émit un grognement sonore devant le consternant spectacle de sa fille en slip faisant des grimaces devant son miroir.

"Par Merlin, Sybil, Tu n'es toujours pas prête? Nous sommes censés transplaner à 21h05 et tu ressembles à un troll sauvage. Qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps?"

La bouche recouverte à moitié de son encre rouge de prédilection, la jeune sorcière émit un vague grognement tandis qu'Elizabeth Avery se saisissait d'une fiole sur la coiffeuse et d'une brosse à cheveux.

"Ne réponds pas à ta mère, Sybil. Je vais t'aider, mais c'est la dernière fois. A ton âge, il serait de bon goût que tu saches te préparer toute seule. A vingt ans, j'ai moi-même assuré toute la préparation de mon mariage, alors j'attends de toi que tu soies au moins capable de te présenter correctement."

La boule au ventre, et sortant son eye-liner, Sybil ne répondit pas. C'était habituel. Tant qu'elle ne se lançait pas pour la trentième fois depuis le début de l'été sur LA conversation qui fâchait tout le monde, ce serait supportable.

"Déjà que ton père s'inquiète du fait que tu n'aies jamais parlé d'un ami, je compte sur toi pour ne pas torpiller tes chances dans les évènements comme celui-ci. Et tu serais priée de communiquer un peu à ce sujet, car il est prêt à t'organiser des rendez-vous galants. Je comprends bien que les adolescents ont besoin d'un jardin secret, mais il est terriblement inquiet. Et je ne te parle même pas de ta grand-mère."

Oh non. Pas mamie. Pas mamie pas mamie pas mamie. Surtout pas mamie. Enfin maquillée, Sybil enfila sa robe que sa mère ferme d'un coup sec, en lui coupant le souffle au passage.

"Finalement! Parfume toi, et, prends ça. Ça vient de ton père. Il aurait aimé te les donner lui-même, mais le temps presse. Mets-les ce soir, ça lui fera plaisir. Essaye de bien te tenir chez les Prewett, s'il-te-plaît, et par pitié, essaye de rassurer ton père."

Sybil ouvrit la boite et découvrit une jolie paire de boucles d'oreilles en forme de...de serpents? Papa... Elle savait très bien qu'il n'était pas particulièrement ravi de l'envoi de sa fille à Serpentard. C'était, sans aucun doute, un geste à lui, un vrai geste d'affection. La jeune femme les mit, la douleur de son ventre atteignant son paroxysme. Ne vous en faites pas. Ne vous en faites pas, Papa, Maman. Vous serez fiers de votre Sybil.

Elle releva le menton. Défroissa sa robe émeraude. Planta son regard dans celui de sa mère qui sourit. C'était l'heure.

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Après un transplanage à l'heure dite, Sybil atterrit comme prévu dans l'entrée des Prewett, et regarda avec curiosité les alentours avant de prendre un discret mais vif coup de coude de la part de la matriarche Avery.
Sybil releva le menton, sourit à son père, et s'avança, cherchant l'agréable Poufsouffle du regard. Comme à chaque rendez-vous du genre, elle était anxieuse. Et elle aurait bien aimé retrouver un peu de la stabilité de Poudlard, et ce qui se rapprochait le plus dans cet environnement inconnu d'un ami, d'autant que si il avait une tendance assez nette à la fatiguer avec son énergie débordante, elle appréciait sa sincérité et son coté si...naturel. Assez rafraîchissant, en réalité.
Mais ou est-ce qu'il pouvait bien être ?
Et si il n'était simplement pas là, occupé dans un camp d'été de Quidditch, à un de ses entraînements, ou encore autre chose? Le ventre gronda encore un peu. Sybil n'avait aucune espèce d'envie de se retrouver seule ici.

Avançant encore vers la porte ouverte, elle croisa les doigts dans son dos et serra les dents.
Merlin, pitié, pitié, pitié.
Faites que Sól soit là.

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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Sam 23 Sep - 17:00



Le sang fait tourner le monde

Ce n'était pas n'importe lequel jour aujourd'hui. Les Prewett avaient organisé une grande réception pour recevoir la grande et noble famille des Avery surtout pour entretenir les bonnes relations qu'il y avait entre eux depuis des générations. Sól allait revoir à coup sûr Sybil qu'il avait donc connue durant son enfance. Ils s'étaient revus plusieurs fois au cours de ce genre d'événement et le courant passa bien entre eux même si le blond était peut-être trop énergétique pour la belle.

Sa famille était riche et ce ne fut pas compliqué d'avoir tout préparé à temps grâce à l'aide de grands cuisiniers gourmets et d'un décorateur aussi onéreux les uns que les autres mais les Prewett n'étaient pas réputés pour être avares. La grande salle qui allait accueillir les invités était si spacieuse qu'il y avait suffisamment de la place pour disposer trois tables de buffet, une autre plus imposante où les personnes dîneraient et un endroit pour réaliser des pas de danse.

Sól était dans sa chambre, loin de la supervision de ses parents pour bien vérifier que tout était en ordre et selon leurs désirs. Il était préoccupé par sa tenue, hésitant entre un costard noir à noeud papillon blanc ou bien un beige à noeud papillon blanc. Il opta finalement pour le deuxième parce que ça allait mieux avec son teint clair. Il avait en plus envie de mettre son nouveau noeud brodé pour être un peu plus élégant ce soir. Un petit coup de peigne dans les cheveux, une pointe de parfum et le tour était joué. Il termina de se préparer pile au moment où sa mère l'appela pour descendre et accueillir les invités qui venaient d'arriver. Le blond se hâta à rejoindre ses parents sur le porche du manoir et il salua poliment tous les Avery avant de spontanément se diriger vers Sybil pour déposer un baiser sur le dos de sa main à son tour, question d'étiquette de sang-pur.

Coucou Sybil. Ta robe te va à ravir ! Suis-moi j'ai quelque chose pour toi.

Le sang-pur laissa spontanément les plus âgés parler entre eux et entraîna la brune jusqu'à sa chambre. Dès le début de la soirée, il était déjà hyperactif. Ça commençait bien pour la pauvre Sybil. Une fois qu'ils eurent finis de monter les escaliers et de rentrer dans sa chambre, il se dirigea vers une commode qu'il ouvrit et en sortit une boîte avant de revenir vers la jeune fille.

Ferme les yeux s'il te plait.

Il attendit qu'elle le fasse puis il sortit la broche à cheveux qu'il avait achetée de sa boîte pour l'accrocher doucement sur le côté droit de sa tête. Elle était en forme d'orchidée et il l'avait sans faire exprès prise d'une couleur similaire à celle de la robe de la belle. Pas étonnant me diriez-vous vu que la chance le suivait.

Tu peux les ouvrir maintenant. Elle te va à la perfection. Dès que j'ai vu ça, je n'ai pas réfléchi une seconde de plus et je l'ai achetée car je me suis dit qu'elle t'irait comme un gant.
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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Dim 24 Sep - 14:57

ft.  Sól A. Prewett

Ou l'on passe des vacances en famille. Dans celle des autres. Si, si, c'est très logique.

Le sang fait tourner le monde

Alors qu'elle s'avançait lentement, la mort dans l'âme à l'idée de passer la soirée seule, Sybil aperçut une silhouette vêtue de beige se replacer devant le porche. Un sourire mince étira son visage, et elle se détendit un peu.

Sól était là.

Ses parents saluèrent les Prewett, généreux hôtes de la soirée, et elle se glissa à leur suite pour faire de même tandis que le reste - nombreux- de sa famille, majoritairement composé de femmes, commençait à complimenter la maîtresse de maison sur l'excellente tenue du jardin. Une fois qu'elle eut salué tout le monde selon les convenances adaptées, elle eut le plaisir de voir que le Poufsouffle était en train de la rejoindre. Tandis qu'il lui baisait la main, elle prit le temps de s'attarder sur sa tenue qui changeait grandement de l'uniforme, et se prit à penser que s'il était l'un des hommes les plus populaires, si ce n'était le plus coté de Poudlard, il l'était pour d'excellentes raisons. Même si les adolescentes n'étaient pas un avis idéal en terme d'esthétique, force était de constater qu'elles avaient raison cette fois-ci.

"Bonsoir, Sól. C'est bon, de te revoir."

Et maintenant, la soirée pourrait démarrer, dans le calme et la retenue qui caractérisait l'élégance des grandes maisons.
Sauf si, bien évidemment, le blond en avait décidé autrement. Ne laissant même pas le temps à Sybil de répondre à son compliment, ni même de rougir un peu, il l'entraîna à l'intérieur, laissant les plus vieux à leurs occupations. Du coin de l’œil, la jeune femme croisa le regard de son père qui lui sourit.

Tentant d'apprécier la décoration des lieux, et de ne pas se laisser complètement déborder par l'énergie légendaire de son compagnon, Sybil eut tout de même un petit mouvement de recul au moment de rentrer dans sa chambre. N'était-ce pas particulièrement inconvenant, maintenant qu'elle y songeait? Que diraient ses parents?
Décidant qu'ils n'en sauraient rien, elle le suivit, vaguement alarmée tout de même par les explications un peu vagues qui lui avaient été fournies. Que ce garçon pouvait manquer de calme, quand il s'y mettait!

Le coffret ne lui apporta pas d'informations supplémentaires, et elle rechigna un peu a fermer les yeux, non pas par manque de confiance, mais parce qu'elle détestait cordialement lâcher prise, et qu'elle en était à peu près incapable. Si jamais c'était une de ses blagues...

"D'accord. Je te fais confiance."

Et Merlin savait à quel point ceci pouvait avoir de poids en cet instant, alors qu'elle acceptait le noir complet pendant quelques instants. Elle sentit Sól accrocher quelque chose dans ses cheveux, et tressaillit sous le contact physique inattendu. Elle devait être écarlate, pensa t'elle, et certainement ridicule, elle qui se refusait d'une manière générale à toucher les gens d'une quelque façon que ce soit.

Et lorsqu'elle rouvrit ses yeux après ce qui lui semblait être une éternité...

"Par Merlin, Sól, elle est absolument superbe."

Il avait pensé à elle, et sa chevelure d'ébène s'ornait d'une broche à cheveux en forme d'orchidée superbe, certainement une des plus jolies qu'elle avait jamais vues. L'éclat de celle-ci complimentait ses boucles d'oreille, et mettait sa robe en valeur comme jamais. Ou avait-il bien pu trouver pareil objet?
Les joues roses, Sybil se retourna vers son ami et lui sourit largement.

"Merci beaucoup. Elle est fabuleuse, et j'ai toujours aimé les orchidées... Seriez-vous devin, Monsieur Prewett?"

Se rappelant du conseil de sa mère, elle déplora l'espace d'un instant l'absence de cadeau pour lui. Elle aurait pu y penser, se flagella t'elle mentalement. Mais maintenant que c'était fait, il fallait remercier en conséquence.
S'approchant de lui, elle déposa un baiser léger sur sa joue, soucieuse de ne pas le couvrir de maquillage, et lui sourit encore.

"Nous ferions mieux de redescendre. Le reste des invités doit se demander ou nous sommes passés... Et il me tarde, pour être tout à fait franche, de montrer cette broche à la face du monde."

Posant un doigt dessus pour vérifier qu'elle tenait bien, elle tendit la main vers le blond comme pour l'inviter dans sa direction. Évidemment, il serait difficile à canaliser, et Sybil se voyait déjà baladée de gauche à droite dans le manoir Prewett, suivant comme une ombre le garçon solaire que rien n'arrêtait. Mais cette soirée promettait d'être excellente.


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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Mer 27 Sep - 17:01



Le sang fait tourner le monde

Sól était soulagé de voir que son cadeau plaisait à Sybil. Il avait tout de suite pensé à elle en tombant par pur hasard sur cette broche mais les goûts des uns n'étaient pas nécessairement ceux des autres. Il lui rendit avec entrain son sourire et un petit éclat de rire fusa de sa part lorsque la demoiselle lui demanda s'il était devin. Bien sûr que non et heureusement. Il ne voulait pas connaître le futur. Seul le présent comptait à ses yeux et il prenait toujours soin d'en profiter le maximum parce que la vie qui lui avait été offerte était unique. Il n'en aurait pas d'autres et c'était un peu dommage sur le coup. Le blond se gratta joyeusement l'arrière de la tête et rigola à nouveau, un peu gêné.

Je suis heureux qu'elle te plaise. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai été chanceux et étrangement comme d'habitude. C'est assez absurde quand même.

Le sang-pur ne demandait absolument rien en échange. Il lui avait donnée la broche pour le simple plaisir de lui offrir un cadeau et autant dire qu'il fut soudainement surpris par le chaste baiser que Sybil déposa sur sa joue. Il sourit mais il ne put dissimuler quelques rougeurs d'embarras parce qu'il ne s'attendait aucunement à ce genre de geste un peu intime. Sól attrapa ensuite la main de la demoiselle qu'il posa sur son bras tendu pour que ce soit plus formel vu qu'il la fit redescendre pour rejoindre à nouveau les plus vieux. Ils devaient peut-être se demander ce qu'ils étaient en train de fabriquer tous les deux.

Ils étaient d'ailleurs déjà dans la grande salle de banquet en train de converser les uns avec les autres autour d'un verre de vin pour certains et d'une coupe de champagne pour d'autres. Le blond voulut alors offrir une boisson à son invitée mais la broche attira en particulier l'attention de la mère ainsi que la grand-mère de Sybil en même temps que ses propres parents. Les Avery complimentèrent d'emblée le bijou et demandèrent à la belle si c'était un cadeau de la part de Sól. Ses parents à lui le complimentèrent sur ce geste qui ne les surprit pas car ils savaient que leur fils était d'un naturel spontané. Il le tenait de son père d'ailleurs.

Plus le temps passa et plus les questions des Avery et des Prewett fusèrent à l'égard de Sybil et Sól. Le blond eut l'impression d'être pris au piège dans leur étau et tenta de s'en sortir de manière subtile, surtout lorsque ses parents lui demandèrent ce qu'il pensait de Sybil en général.

Sybil est une personne très agréable avec qui j'aime bien converser.
Veuillez m'excuser mais il se trouve qu'elle n'a d'ailleurs toujours pas reçu de boisson.
Je vais l'accompagner jusqu'au buffet pour la servir.


Il n'attendit pas leur réponse et invita la demoiselle à le suivre pour atteindre les grandes tables garnies et aussi s'éloigner de ces personnes un peu trop curieuses et envahissantes car leurs questions devenaient de plus en plus profondes ce qui avait le don de rendre le sang-pur confus. Il offrit tout de même un éclatant sourire à Sybil.

Je suis désolé. Je dois t'avouer que je les trouve un peu trop curieux et que ça a fini par devenir un peu gênant. J'espère que ça ne te dérange pas qu'on se soit éloigné un peu. Que veux-tu boire ce soir ? On a vraiment de tout.
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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Mer 27 Sep - 18:50

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Ou l'on passe des vacances en famille. Dans celle des autres. Si, si, c'est très logique.

Le sang fait tourner le monde

La main posée sur le bras de Sól, Sybil descendit l'escalier dans un calme intérieur presque religieux et absolument injustifié. Chaque pas entrepris, chaque marche coulant sous ses pas, et chaque contact de son compagnon sur son bras la rapprochait de l'inéluctable conclusion. Mais elle le savait, maintenant. Une inspiration. Le vide dans la tête. Une expiration. Se concentrer sur ses sensations. Une inspiration. La pièce sentait bon , et elle était belle. Une expiration. Le bras de son ami était chaud, et la broche pinçait naturellement le haut de ses cheveux. Une inspiration. Les gens discutaient entre eux et le ton semblait enjoué. Une expiration.

Détendue, enfin. Elle en profita, le court laps de temps pendant lequel elle savait que ça allait durer, et apprécia l'intention de Sól de l'emmener un peu plus loin pour boire quelque chose. Mais il y avait des constantes, en ce bas-monde, et elle savait, étrangement sereine, qu'ils n'allaient pas tarder à les découvrir ensemble. Sa grand-mère, la première, grande femme sèche et d'une raideur incroyable, aperçut la broche. La main de Sybil se referma rapidement sur le bras de son ami avant de lâcher prise. Il suffisait de donner le change, et tout se passerait bien.

Les questions inévitables fusèrent, ainsi que les sous-entendus, chacun y allant de son commentaire sur la petite orchidée qui ornait les cheveux de la jeune femme. Elle croisa le regard des parents Prewett, bienveillants au possible, qui semblaient sincèrement ravis. Puis elle croisa ceux de sa propre famille, qui lui serrèrent le coeur. Sa grand-mère, d'abord, qui s'était fendue d'un rare sourire qui ne semblait presque pas mesquin. Puis son père, les yeux pétillants de bonheur. Et sa mère, dont les yeux lui déchirèrent la poitrine une bonne fois pour toutes, laissant un genre de vide béant dans l'esprit de Sybil. Elle avait compris ce regard, et s'était presque vue dans un miroir, tant les deux femmes se ressemblaient.

Elle était fière d'elle.

Combien de temps cela faisait-il qu'elle n'avait pas croisé ce regard? Combien? Et maintenant, elle le recevait sans l'avoir mérité.
Répondant poliment mais sans âme aux questions qui se bousculaient, et aux allusions évidentes, elle ne sortit que de ses déchirantes pensées au moment ou son père creva l'abcès en demandant à Sól ce qu'il pensait d'elle, alors qu'elle était à moins d'un mètre.
Anxieuse, elle regarda le blond.
Un peu trop anxieuse.

Alors, Sól? Que penses-tu de moi?

Mais Sybil connaissait déjà la réponse convenue, et garda son faciès de marbre. Il appréciait discuter avec elle, et il n'avait pas encore pu lui servir à boire, alors si ils voulaient bien les excuser...
Bravo, champion. Il les avait sortis de là sans accroc, alors que Sybil, trop perdue dans ses pensées et dans le reflux des aspirations maternelles n'en aurait pas été capable. Souriant poliment aux autres qui les enveloppèrent d'un regard bienveillant et d'une lourdeur sans égale, elle se raccrocha un peu au bras qui ne l'avait pas quittée et s'enfuit avec soulagement vers le buffet ou enfin, tout ceci cesserait.

Elle eut l'impression de pouvoir mieux respirer, et resta une, deux secondes sans réaction après que le Prewett lui ait parlé. Qu'est-ce qu'il venait de lui dire, au juste? Oh, bien sur. C'était le temps des explications, fatalement, sur l'attitude plus qu'étrange de sa famille. Mais dans le même temps, sa mère lui avait formellement défendu de parler des décisions familiales en dehors du cercle Avery. Se mordant la lèvre, Sybil détacha vaguement quelques mots.

"Tu as très bien fait. C'était compliqué pour moi aussi."

Elle parlait, mais n'était pas réellement dans la conversation, finalement. Le regard de sa mère l'avait troublée, profondément, et elle aurait eu besoin d'un peu temps pour y réfléchir. Mais cela attendrait. Remisant ses pensées sous le tapis de la chambre d'amis de son cerveau, Sybil se décida à accorder toute son attention au jeune homme qui lui proposait à boire. Et si, en toute honnêteté, elle aurait volontiers demandé la chose la plus forte humainement consommable pour oublier cette regrettable conversation avec sa famille, elle se convainquit que c'était une terriblement mauvaise idée.

"Je t'avouerais qu'un petit verre de vin serait le bienvenu."

Avec un sourire, elle reprit pied, peu a peu, en attendant qu'il la serve, et saisit le verre entre ses longs doigts pour trinquer. Il fallait porter un toast, mais quoi? Quelque chose qui aie du sens, après tout. Ou un trait d'humour. Sybil n'était pas une spécialiste des traits d'humour. Mais elle avait envie d'essayer.

"Je suggère que l'on trinque aux espérances de nos parents respectifs.", dit elle en riant à demi et en levant son verre. "Non, plus sérieusement. A cette année qui se termine? Ou à l'autre qui commencera bientôt?"

Elle verrouilla son regard émeraude dans celui, si particulier, du jeune homme. Le mal était fait, pour ce soir, de toutes manières. Avec un peu de chance, le retour à Poudlard calmerait les ardeurs de tout le monde et surtout celles des Avery, qui lui laisseraient le champ libre et finiraient bien par la laisser étudier tranquille. Mais pour ce soir, très objectivement, c'était foutu. Néanmoins, cela leur laisserait un champ un peu plus libre que si ça ne s'était pas produit, observa mentalement la jeune sorcière. Ce gros malentendu leur permettrait peut-être de faire des choses un peu plus intéressantes que de rester collés au buffet.

"Le gros avantage, finalement, c'est que on pourra être difficilement plus mal à l'aise que ça." commenta t'elle à voix haute, plus pour elle que pour Sól, avant de se reprendre.

"Sinon, toujours destiné à devenir le meilleur joueur de Quidditch que l'Angleterre ait jamais connu?"

Il était grand temps de changer de sujet.

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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Jeu 5 Oct - 1:45



Le sang fait tourner le monde

Sól avait remarqué que Sybil était un peu perdue dans la Lune, sans doute à cause des préoccupations intérieures provoquées par sa famille. Ça devait être très stressant pour elle et le blond la comprenait parfaitement car lui aussi, il était en proie aux exigences de ses parents même s'il faisait partie de la famille de sang-purs réputée pour être la plus laxiste. C'était à moitié faux car il se rappelait comme hier le scandale qu'ils lui avaient fait après avoir découvert ses tatouages oculaires et épidermiques et il savait qu'ils lui en voulaient toujours pour ce genre de caprice d'adolescent. Il commençait d'ailleurs un peu à le regretter également. Il se trouvait vraiment étrange avec ses sclérotiques noircies ...

La voix de Sybil le fit subitement revenir sur terre. Du vin qu'elle voulait donc mais lequel en fait ? Il y avait du rouge, du blanc sucré et sec ainsi que du rosé. Sól ne paniqua pas pour autant et il lui adressa un large sourire éblouissant tout en s'emparant de la bouteille de rosé. C'était le plus raffiné de tous selon lui et il avait parié intérieurement que Sybil apprécierait. Espérons que la chance soit de nouveau avec lui pour le coup.

Je te sers ça tout de suite.

Le sang-pur eut à peine le temps de terminer de remplir le verre de la belle qu'elle suggéra de trinquer pour la famille puis pour l'année. Elle essayait certainement de se relaxer à sa manière et le blond qui était déjà détendu de base malgré la pression de ses parents et des Avery se retourna pour éviter d'être face à elle. Il trembla sur place, tentant de se retenir de rire mais il explosa finalement et rigola à gorge déployée. Il dut prendre au moins une bonne dizaine de minutes avant de se calmer et de se servir à son tour une coupe de vin rouge qu'il cogna doucement contre celle de la ténébreuse.

Soyons fous et trinquons à tout.

Il lui fit un clin d'oeil tout bonnement enjôleur avant de boire quelques gorgées d'alcool. Il étouffa discrètement un nouveau rire amusé à la remarque de Sybil. N'empêche qu'elle avait parfaitement raison sur le coup. Il n'y aurait rien de plus embarrassant à présent. La petite musique d'ambiance animant depuis tout à l'heure la salle prit progressivement et subtilement de l'ampleur pour inviter les personnes à aller valser sur la piste. Les chefs cuisiniers profitèrent en attendant de ce moment pour garnir le buffet d'entrées allant de salades diverses à du caviar, du magret et autres luxueux mets de mise en bouche. Sól s'éloigna un peu de la table située à proximité de lui pour laisser ceux-ci faire leurs arrangements. Il utilisa d'ailleurs cet instant pour entraîner doucement Sybil avec lui.

C'est vraiment mon rêve de devenir joueur professionnel de quidditch et encore plus le meilleur du pays. Je m'entraîne d'arrache pieds en tout cas pour ces objectifs. J'espère que tu deviendras une archéologue magique quant à toi. J'ai tellement envie de te voir passer à la télé dans des documentaires culturels pour parler de l'histoire de la magie.

Le sang-pur jeta un bref coup-d'oeil à la piste et après avoir constaté qu'elle était un peu remplie et qu'ils ne se donneraient donc pas en spectacle, il prit le verre de Sybil pour le déposer avec le sien sur une des tables de buffets complètement transformées et garnies de nouveaux mets et décorations. Il retourna ensuite vers la belle et lui fit une gracieuse courbette, invitation symbolique à aller danser.

Oublions les attentes familiales. Je veux que tu t'amuses ce soir. M'accorderais-tu quelques danses dans ce cas ?
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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Sam 7 Oct - 0:16

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Ou l'on passe des vacances en famille. Dans celle des autres. Si, si, c'est très logique.

Le sang fait tourner le monde


Sybil trempait encore pensivement ses lèvres dans son rosé en suivant son comparse un peu plus à l'écart des buffets qui étaient à présent de plus en plus garnis de mets luxueux. Elle eut une pensée rapide pour son père qui tenterait dans les dix minutes de s'échapper poliment pour effectuer un raid "pour goûter" sous le regard toujours désapprobateur de sa grand mère tandis qu'elle appréciait de plus en plus le goût alcoolisé du vin. Elle se rappelait de Sól, quelques années auparavant, alors qu'il avait encore les yeux blancs, gamin constamment perché sur son balai qu'elle snobait royalement, le nez pincé devant ce type qui préférait les efforts du corps a ceux de l'esprit. Elle n'était pas fâchée d'avoir vieilli, et le rire du jeune homme, tellement libre, le lui avait rappelé. Un coup d’œil derrière elle. Son père se saisissait d'une assiette. Au loin, Madame Avery Senior le gratifiait d'un regard noir. La jeune femme pouffa discrètement.

Sól lui parla de ses rêves, et elle ne put s'empêcher de le trouver admirable. Le milieu du Quidditch, comme les autres, était ultra compétitif, et il fallait avoir de solides épaules pour envisager de se lancer dedans. Elle pensa un court instant qu'elle ne le verrait plus beaucoup, une fois qu'il serait en équipe d'Angleterre. Mais elle était convaincue de pouvoir trouver des exemplaires de la Gazette du Sorcier quand elle serait partie, loin. Et quoi de plus satisfaisant de voir un ami qui allait réussir? Elle allait répondre, lorsqu'il l'imagina a la télé, elle, présentant ses dernières découvertes, et ses joues prirent bien malgré elle une teinte vaguement pourpre - maudites soient les peaux blanches et réactives - alors qu'elle tentait vaguement de récupérer les mots pour faire une phrase construite. Inspiration. Expiration.

"Je suis certaine que tu seras parmi les plus grands. La famille Prewett a de beaux jours de gloire devant elle. Quand a moi..."

Elle jeta un regard a sa mère, au loin, en pleine conversation sur ce qui semblait, au vu du langage corporel, avec une autre sorcière sur la qualité de leurs capes respectives, et soupira discrètement. Elle aurait bien aimé expliquer à Sól le souci , mais garda le silence. Le moment ne se prêtait pas à des théories divergentes sur l'origine de la magie, Elisabeth estimant qu'elle devait se concentrer sur les premières apparitions magiques situées en Amérique du Sud, tandis que Sybil était convaincue que la solution se trouvait avec l'apparition des premiers hommes, sur un continent totalement différent, donc. Et si sa mère pouvait se montrer compréhensive dans certains rares domaines, les nouvelles théories sur ses travaux n'en faisaient pas partie. La jeune sorcière voulut dire quelque chose, mais se ravisa. Non, vraiment, ce n'était pas le moment.

"Moi, je devrais m'en sortir. Même si jamais ça ne marche pas, il faudra un jour que je prenne la tête de la famille. J'imagine que c'est un métier à temps plein."

Et ceci ne lui faisait pas particulièrement plaisir.
D'autant qu'elle n'avait rien à répondre par la suite, et qu'un silence allait très certainement s'installer. Une autre gorgée de vin, et son vin disparut de ses mains, déposé par Sól sur un meuble adjacent, alors que la musique s'amplifiait. Elle n'avait pourtant pas bu a ce point, et leva un sourcil interrogatif avant de comprendre, à son plus grand déplaisir, qu'il lui proposait de danser.

Sybil avait une horreur profonde de la danse et de tout ce qui pouvait s'y rapporter, pour des raisons de contact physique évidentes. Devant la main tendue, elle hésitait. Elle savait danser, pourtant, mais l'idée d'être collée à quelqu'un d'autre lui soulevait le cœur, et elle n'avait pas assez bu pour se laisser complètement aller. Car c'était là toute l'essence du problème : la jeune femme était bien incapable de se laisser aller, et c'était de plus en plus compliqué dans les évènements comme celui-ci. Sól comprendrait, c'était certain. Il lui suffisait de lui en parler, et ça irait. Sybil s'éclaircit la voix.

"Avec plaisir."

Évidemment, que c'était une mauvaise idée, pensait-elle encore en posant une main sur l'épaule de son partenaire. Elle ferma les yeux un instant, angoissant à l'avance de sentir celle de Sól sur sa taille, qui se pose doucement. Ce n'était pas...si grave que ça. Il suffisait de bien respirer, de se tenir bien droite, et d'oublier la présence d'une main chaude sur son corps tout en esquivant sans succès le regard de son partenaire. Simple. Siiimple. Tellement simple.

Tournoyant lentement au rythme de la musique, un peu trop droite, un peu trop raide, mais se détendant peu a peu, Sybil croisa à nouveau le regard de Sól, et se fendit d'un sourire, en silence. Un pas, puis un autre. Puis encore un.

Sybil ne tourne pas la tête, et continue de le fixer, en souriant. Elle ne sait pas pourquoi,, mais elle se sent bien, et ne pense plus à rien. Comme un moment figé dans le temps, elle danse, perdue dans un rare instant de lâcher prise. Sa tête tourne un peu, et l'extérieur n'existe plus, seul existe Sól, Sól et son regard, Sól et son rire qui éclate, Sól le soleil qui brûle, pendant l'espace de trois petites minutes qui semblent une éternité. Et, lorsqu'elle s'arrête, elle revient lentement à ses sens, ne cherchant même pas à comprendre ce qui a bien pu se passer.

"Merci."

Elle se dégagea d'un geste doux. La piste était à présent remplie de danseurs. Au loin, ses parents dansaient ensemble. D'un geste rapide, elle finit son verre de vin. C'était fort agréable, mais il fallait qu'elle retrouve une contenance. Les élans romanesques étaient une perte de temps ridicule, digne des adolescentes moldues. C'était idiot. Tout ceci était idiot. Heureusement qu'elle se contrôlait encore un peu.

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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Dim 8 Oct - 18:48



Le sang fait tourner le monde

La belle vanta les futurs mérites de Sól. Elle était tout autant persuadée que lui qu'il finirait par percer dans ce domaine compétitif. Un éclatant sourire se dessina sur ses lèvres qui traduisit son bonheur de constater qu'ils étaient tous les deux sur la même longueur d'onde mais l'atmosphère qui était devenue relativement décontractée entre eux s'alourdit à nouveau après qu'il mentionna ses pensées au sujet de l'avenir de Sybil. Il se rendit compte qu'il venait de toucher une corde sensible et culpabilisa. Même s'il voulut la rassurer en posant une main chaleureuse sur son épaule et lui dire qu'elle parviendrait à réaliser son rêve tout en reprenant le flambeau matriarcal, il demeura muet comme une tombe de peur de rajouter davantage de pression sur ses épaules. Il se contenta plutôt d'inviter la belle à danser avec lui.

Il attendit son acceptation avant de lui prendre doucement la main pour l'entraîner jusqu'à la piste. Il lui fit à nouveau une révérence après s'être posté en face d'elle puis entrelaça ses doigts dans une de ses mains et posa délicatement l'autre sur sa taille. Il put sentir son inconfort et lorsque la musique détonna davantage, il fit lentement glisser sa main le long de son dos, vers le haut d'abord puis le bas pour tenter de l'apaiser en même temps qu'il la fit gracieusement tournoyer entre les autres couples dansants. Peu à peu, leurs pas s'harmonisèrent et s'embellirent. Sybil devint progressivement un magnifique lotus qui éclot aux yeux des spectateurs. Les mèches solaires de Sól flottèrent doucement dans les airs, comme des flammes ardentes qui s'embrasèrent. Leurs regards se percutèrent enfin et le sourire du blond s'agrandit, aussi réchauffant que les rayons de l'orbe du jour. Une bulle invisible les emprisonna et les autres personnes présentes aux alentours disparurent aux yeux du sang-pur qui se focalisèrent sur la belle. Il n'y avait maintenant plus qu'elle à ses yeux, l'espace de quelques minutes jusqu'à ce que la musique ne prenne fin et que leur corps s'arrêtèrent de bouger. Sybil s'éloigna du poufsouffle en le remerciant.

De rien. C'était très agréable.

Le jeune homme lui emboîta ensuite le pas. Lui aussi reprit son verre qu'il termina puis il eut l'idée de sortir de cette grande salle car les plats chauds tarderaient un peu à être servis et il se doutait bien que la serpentarde avait besoin d'air frais à présent. Comme il était d'un naturel tactile, il enroula doucement et chastement un bras derrière sa hanche et l'entraîna encore et toujours avec lui dans son sillage.

Allons dans le jardin pour profiter de l'air frais. Ils prendront du temps à mettre les plats chauds à disposition des invités.

Sól l'accompagna jusqu'à l'extérieur de leur immense manoir et il déambula avec elle au sein du vaste jardin qui décorait sa devanture, ses côtés et même son arrière. Ce fut d'ailleurs dans cette dernière partie qu'il décida de se rendre pour pouvoir profiter du plus de calme possible. Il y avait au loin un grand labyrinthe végétal mais il préféra se promener dans un des sentiers bordé de buissons de rosiers et jonché de bancs pour respirer leur doux parfum floral. Il avança jusqu'à une des nombreuses fontaines disposées un peu partout dans le jardin et s'assit sur son rebord pour y tremper sa main et ensuite humidifier les joues de Sybil avec cette dernière.

Tu vas mieux ? Je suis désolé pour tout à l'heure de t'avoir mis la pression sans le faire exprès concernant l'avenir qui t'attend. Pardonne-moi ...
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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Lun 9 Oct - 0:59

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Ou l'on passe des vacances en famille. Dans celle des autres. Si, si, c'est très logique.

Le sang fait tourner le monde

Sybil avait la tête qui tournait un peu, plus grâce à la danse qu'à cause du vin, et se sentait flotter dans un état assez étrange. Elle ressentait à présent le besoin de prendre l'air ou de se changer les idées, loin du bruit, de la foule qui dansait, et surtout loin de Sól afin de réfléchir et d'apprendre de ce qui venait de se produire. Ce n'était pas tant que la compagnie du jeune homme était devenue désagréable, loin de là, mais elle avait toujours eu besoin du plus grand des calmes pour tirer les choses au clair.

Elle entendit ce qu'il lui dit, sans vraiment l'écouter, et répondit d'un vague hochement de tête. Il devait très certainement avoir un tas de choses à faire, maintenant qu'il avait effectué ce que la politesse exigeait de lui, et il s'en irait afin qu'elle puisse se retirer s'adonner a la nécessité délicieuse d'un long moment de pensées froides. Mais c'était sans compter le naturel jovial et envahissant du jeune homme qui entreprit de la prendre par la taille, a sa grande horreur et surprise. Si ses parents la voyaient, elle n'en entendrait pas la fin, et se retrouverait mariée en moins de temps qu'il n'en faudrait pour dire "consentement", à lui (oh, the horror) ou à un autre (oh, the horror, bis repetita). Tout son travail de sape effectué depuis des années pour que le reste de la planète, parents y compris, la trouve absolument rebutante pour tout partenaire potentiel, était en train de s'effondrer comme un château de cartes à cause d'une malheureuse danse, d'une main sur sa taille, et d'un moment d'égarement digne d'une adolescente transie. Elle croisa le regard de sa grand-mère, et comprit avec angoisse que le mal était déjà fait. Deux solutions s'offraient à elle, à présent.

La solution numéro une consistait à envoyer paître Sól dans les grandes largeurs en public a cet instant précis, ce qui permettrait à tout le monde de se rappeler que Sybil Avery était une garce sans nom et que décidément, personne ne serait gagnant en choisissant de l'expédier dans les bras du premier venu, aussi solaire et bon danseur soit-il.

La solution numéro deux , quand à elle, consistait à jouer le jeu et à faire l'autruche jusqu'à la rentrée en priant pour que tout ceci se tasse. Si elle manquait d'efficacité sur le court terme, elle pouvait s'avérer payante pour plus tard: elle se chargerait de rappeler cette soirée a ses parents pour les convaincre qu'elle pouvait très bien se débrouiller toute seule et gagner du temps, encore.

Et en toute honnêteté, elle n'avait aucune envie d'envoyer Sól sur les roses, pas après, dans le désordre, la danse, le vin, la broche, son sourire, et sa gentillesse en règle générale. Convaincue d'avoir fait le choix le plus judicieux, elle se laissa porter vers le jardin. Elle verrait bien les conséquences plus tard: et même Sybil pouvait s'autoriser un petit écart de temps en temps. Adressant un sourire, tendu mais sincère, à son compagnon, elle détourna le regard vers la porte de sortie qui lui sembla plus éloignée que jamais, le regard de sa grand-mère vissé dans son dos.

"C'est une excellente idée. Un peu de frais me fera le plus grand bien, et je crois me souvenir que votre jardin est superbe."

Lorsqu'elle huma la première bouffée de l'air du soir, chargé de l'odeur des roses, elle sentit son corps se détendre un peu, et son cerveau accepta peu a peu l'idée de la main de Sól sur sa taille, alors qu'elle caressait un buisson d'une main traînante. Elle avait des souvenirs, dans ce jardin. Elle se rappelait très bien s'être perdue dans le labyrinthe végétal, à l'époque, et avoir pleuré toutes les larmes de son corps avant qu'un petit garçon ne vienne la sauver alors que la nuit commençait a tomber. Elle se rappelait aussi de sa brève mais intense passion pour les insectes de tous poils, et de son mépris marqué pour tout ce qui se passait sur un balai volant, qui avait fini par se terminer les quatre fers en l'air dans une plate-bande un peu plus profonde que ce qu'elle avait pu penser à l'époque. En repassant près d'elle, elle pouffa doucement, et laissa glisser sa main sur les plantes qui la recouvraient désormais.

Loin de ses parents, tout semblait plus facile, se dit-elle en profitant du silence confortable qui s'installait entre les deux jeunes gens. Sól s'assit près du rebord d'une fontaine, assez a son goût , par ailleurs , et passa de l'eau sur son visage. Sybil eut un mouvement de recul, avant de revenir en place. Il était décidément très tactile et très imprévisible, dans sa prévenance caractéristique, et elle n'était pas certaine d'un jour pouvoir s'habituer à sa façon de faire. Mais les excuses étaient sincères, et un sourire maigre étira les joues humides de la jeune sorcière qui s'assit a coté de lui. Elle n'avait pas eu l'intention de lui en parler, mais à présent, il fallait bien ouvrir un peu les vannes, ne serait-ce que parce qu'il allait certainement bientôt en entendre parler, de ces histoires d'avenir. Elle éclaircit sa voix.

"T'excuse pas. C'est pas de ta faute, et tu n'avais aucun moyen de savoir. Mais...comment dire. C'est un peu tendu, en ce moment, le sujet de l'avenir, chez nous. Enfin, le mien. L'avenir des autres, il est déjà fait, si tu vois ce que je veux dire."

La jeune femme croisa les jambes et leva un sourcil, cherchant ses mots.

"Je ne suis pas tellement censée t'en parler, si tu veux. Tu connais mes parents, et leur habitude de ne jamais rien expliquer à personne. Mais ils ne sont pas tellement satisfaits de ma personne."

Sybil laissa échapper un long soupir et trempa sa main dans l'eau à son tour.

"J'espère qu'il n'y a rien de carnivore dans ton bassin. Enfin. Pour t'expliquer en substance, il faudrait que je soie la copie conforme de ma mère, mais en même temps en train d'étudier pour devenir Ministre de la Magie, et que je pense à la lignée des Avery, et ce genre de choses. Tout et son contraire, finalement. Et puis..."

De son autre main libre, la serpentard fit tournoyer une mèche de cheveux ébènes entre ses doigts, et elle regarda presque brutalement Sól, tant pour regarder sa réaction que pour se donner un genre de contenance.

"Et puis ces derniers temps, ils commencent à comprendre que je ne suis pas prête de leur ramener le géniteur tant attendu de la génération suivante. Je t'en parle, mais j'imagine que d'ici quelques semaines, peut-être quelques jours, tu en entendras parler aussi, surtout après ce soir. Si je ne me dépêche pas de mon coté, ils me trouveront certainement quelqu'un sans me demander mon avis."

Ses yeux se détournèrent de son compagnon d'un soir pour fixer les étoiles au dessus d'eux, pensive. Elle n'était pas prête à accepter cette finalité là. Et elle ne s'était pas donnée toute cette peine, évitant avec soin tous les bals de Poudlard et même de fréquenter qui que ce soit pour qu'au final, sa famille se décide a détruire sa solitude chérie sur un coup de tête. Cette perspective l'angoissait au plus haut point, et le sourire brisé tordant son visage en disait quelque chose.

"Enfin. Je pourrais penser à ça demain, pour trouver des solutions, tout ça. Et si jamais ça ne marche pas, je quitterais le pays à dos de pégase, quelque chose d'un peu élégant."

Tentant de sourire faiblement à Sól, un coup de vent plus frais vint la cueillir au creux du dos, et elle frissonna. Mais elle était bien mieux dehors, loin du tumulte et des attentes, qu'à l'intérieur sous le regard inquisiteur de ses parents. Sortant sa main de l'eau, elle l'essuya discrètement sur un pan de robe et s'enroula dans ses bras pour résister à la fraîcheur naissante.

"Enfin, j'imagine que c'est bien différent chez les Prewett. Et que je peux me féliciter de ne pas être née chez les Gaunt. J'ai le choix dans l'embarras, c'est déjà ça."

Et le nez rivé au ciel, les yeux perdus dans les étoiles, Sybil laisse échapper un déchirant petit éclat de rire, de celui qui masque les larmes intérieures et l'envie constante de dépérir sur place pour échapper aux sombres affres de la réalité, et au rouleau compresseur implacable des obligations qui s'avance sans faillir.
Et elle souffle, presque pour elle.

"Je ne vais jamais m'en sortir."

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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Lun 16 Oct - 19:35



Le sang fait tourner le monde

La belle ténébreuse eut un petit et farouche mouvement de recul lorsque le blond apposa sans gêne sa main humidifiée de l'eau de la fontaine sur sa joue pour la réconforter. Il ne lui en tint pas rigueur car il savait que malgré sa douceur apparente, il avait des gestes qui pouvaient surprendre même la plus calme des personnes. Il était imprévisible de toute manière mais était un peu étonné de voir que Sybil n'y était toujours pas habituée alors qu'ils se connaissaient depuis l'enfance. Sa question sur la possible présence de créatures carnivores dans la fontaine le fit littéralement pouffer de rire. Si l'humour de la serpentarde pouvait paraître tout sauf drôle pour la plupart des gens, ce n'était pas du tout le cas pour le Prewett.

Sól reprit néanmoins rapidement son sérieux lorsque la belle commença à lui parler des attentes de ses parents. Elle devait supporter un poids monstrueux de responsabilités sur les épaules. Il avait bien compris qu'elle désirait simplement mener sa vie comme elle l'entendait sans avoir à être contrainte par les égoïstes désirs de ses parents. Le blond eut un pincement au coeur à cause de ses préoccupations intérieures et son regard se plongea dans le sien tandis que sa main se posa sur la sienne pour la caresser brièvement et tenter de la rassurer.

Je comprends parfaitement le fait que tu ne veuilles pas avoir une vie entièrement dictée par tes parents. Tu es libre d'agir au gré de tes envies, c'est parfaitement normal et surtout plus compliqué pour les sang-purs comme nous, encore plus pour toi vu que tes parents sont encore plus traditionalistes que les miens. C'est sûr que les Prewett ne cherchent pas à tout prix à trouver le ou la fiancée parfaite pour chacun de leur enfant sinon ça aurait fait belle lurette que j'aurais eu une douce.

Une faible brise nocturne pourtant glaciale balaya d'un coup le jardin et en fit frisonner la serpentarde. Sól qui était vêtu chaudement de sa chemise avec son costard n'hésita alors pas à se défaire de ce dernier pour le poser en toute galanterie sur les épaules de la demoiselle. Elle avait d'ailleurs détourné son regard de lui mais celui du blond était toujours rivé sur elle, attentif à chacune de ses réactions. Le poufsouffle émit un nouveau rire amusé lorsque sa compagne lui parla de s'enfuir à dos de pégase et il en profita pour en rajouter une couche.

Je te courserai à dos d'hippogriffe si jamais tu pars sans me dire au-revoir. Tu as n'empêche quand même de la chance parce que c'est un calvaire d'être un Gaunt ou un Blackwell. Eux ne laissent passer aucun écart de conduite.

La belle était exténuée à ressasser sans relâche dans sa tête le flot d'obligations qu'elle se devait d'obéir. Sól passa un bras derrière sa taille pour la rapprocher de lui et qu'elle puisse reposer sa tête sur son épaule. Sybil s'était efforcée de retenir ses larmes car elle avait fini par être à bout. Trop d'inquiétudes lui pesaient dessus et seules les larmes seraient pourtant capables de la soulager même si elle les retenait de toutes ses forces.

Mais si, tu vas y arriver. Sache que je suis là en tout cas pour toi si jamais tu as besoin d'aide et il n'y a aucun mal à te laisser aller. Pleurer un bon coup te ferait certainement du bien. Il n'y a rien de honteux là-dedans.

La main du blond remonta doucement pour caresser sa longue chevelure ébène.
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Re: [VACANCES] Le sang fait tourner le monde - Sól Dim 22 Oct - 23:18

ft.  Sól A. Prewett

Ou l'on passe des vacances en famille. Dans celle des autres. Si, si, c'est très logique.

Le sang fait tourner le monde

Pleurer un bon coup ne ferait pas de mal, alors? Sybil étudia l'espace d'un instant cette possibilité, la boule caractéristique des larmes à venir déjà présente. Mais il ne fallait pas, oh non. Qu'aurait dit sa grand mère, et qu'en auraient pensé ses parents? Sangloter sur l'épaule, certes chaleureuse, d'un membre d'une autre famille n'était pas...digne, en quelque sorte. Balayant cette option à regrets, elle se contenta d'un long soupir, et laissa tomber sa tête sur l'épaule de Sól. Une grande inspiration balaya la maudite boule de chagrin, et elle laissa éclater un rire sans joie.

"J'imagine que tu auras la grande chance de me voir pleurer une autre fois. Ça fera une bonne photo souvenir."

C'était un peu brutal, et assez éloigné de l'état d'esprit actuel de la jeune femme, mais c'était sorti sans bien même qu'elle ne se rende tout à fait compte. Elle jeta un regard désolé au Poufsouffle, en silence, alors qu'il caressait encore ses cheveux. Elle n'avait jamais eu le don de s'exprimer d'une façon agréable, et c'était encore pire dans ces moments là, lorsqu'elle réprimait ses émotions et qu'elle les cachait dans un coin de son cerveau. Mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle était ravie que son ami en fasse les frais, surtout dans un moment pareil.

"Si tu as toujours l'hippogriffe le jour ou je devrais me marier, si tu as un petit temps dans ton entraînement pour venir me chercher avant la catastrophe finale, essaye de penser à moi, d'accord? Je suis sure qu'il y a des grottes très sympathiques dans le nord de l'Europe. J'irais dans une colonie de géants, et tu m'enverras des hiboux avec des chocogrenouilles et des dragées surprise, pour quand j'en aurait marre de la viande crue et des racines."

Elle rit encore, et étira ses jambes devant elle, en s'appuyant sur Sól pour ne pas tomber dans la fontaine: elle avait déjà bien trop eu d'accidents dans ce jardin des années auparavant. S'enroulant un peu plus dans le veste, elle huma légèrement le parfum de son légitime propriétaire, avant de le regarder du coin de l’œil. Leurs visages étaient proches, maintenant, et si elle l'avait voulu, elle n'avait qu'à tourner la tête, et...
Et c'était idiot. Très idiot. Le vin était un conseiller atroce, et il suffisait de voir sa propre mère pour s'en rendre compte. Surtout dans ces circonstances présentes: elle était dans un état émotionnel second, et propice aux mauvaise décisions et autres regrettables marques d'affection non désirées non seulement par le réceptacle de celles-ci, mais aussi par leur généreuse donatrice. Il ne fallait pas céder a l'appel pourtant tentant , et se reprendre. Avisant le ciel et la fraîcheur qui devenait de plus en plus présente, ainsi que le temps qui venait de s'écouler, elle sourit au jeune homme.

"Je vais rentrer. Mes parents doivent se demander ce que je fabrique, et tu sais comment ils sont quand ils s'inquiètent. Et merci, pour la veste."

Penchant son visage vers le sien, elle déposa ses lèvres sur sa joue. Deux baisers de Sybil Avery la même soirée, c'était du jamais vu. Puis, elle prit sa main dans la sienne, et la serra un peu.

"Ca m'a fait du bien de parler un peu. J'ai de la chance d'avoir un ami comme toi. On se retrouve à l'intérieur."

Et, sur ces paroles, elle lui adressa un léger signe de tête, et s'en fut à travers les haies du jardin des Prewett. C'était une bonne soirée.

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