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 Âmes égarées | Earl

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Valentyne Rosebury
Dame des Abysses
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Dame des Abysses

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MessageSujet: Âmes égarées | Earl   Dim 8 Oct - 17:19



Des étoiles qui s'effacent
Il y avait des terreurs que l’on n’osait apprivoiser de peur de finir par se faire bouffer, d’autres qu’on l’on n’arrivait plus à fuir tant l’effroi nous paralysait sur place. Il y avait dans ses cauchemars à Valentyne, toujours ce fil et cette ombre, toujours ces cris et cette glace autour du coeur. Cette sensation d’être fait prisonnier du désespoir pour se voir offrir aux Enfers les plus monstrueux. Le coeur en miettes et les joues inondées, mains tremblantes qui serraient si fort ce fil qui semblait pourtant s’évader si facilement. Et ces voix qui pleuraient, résonnaient, la hantaient, incompréhensibles dans les phrases quelles employaient.

Elle était désolée.
Désolée, désolée, désolée.
Puis tout est devenu d’un noir d’ébène et tout lui a fait penser à Caïn. A ses yeux, ses cheveux, son odeur, sa voix. Et tout s’est effacé encore à peine après que son coeur ait loupé un battement. Au loin le tic tac irrégulier d’une horloge qui s’affole, qui surchauffe, prête à exploser. Des horreurs qui reviennent en écho, qu’elle était bête Valentyne, hideuse Valentyne. Noyée ainsi par les ombres elle suffoquait sans voir que cette main tendue qu’elle tentait désespérément d’attraper n’était qu’un mirage pour la tromper à nouveau. Il y avait finalement, des terreurs bien impossibles à effacer.

Une habitude qui suivait. Celle de souffler en silence, les yeux fermés pour tenter d’apaiser son palpitant effrayé. Celle d’ignorer les sensations qui revenaient sans arrêt puis d’abandonner finalement, si faible jeune femme qu’elle était. La suivante était de se lever, de se chausser et de s’en aller, simplement. De descendre dans le noir de sa salle commune et d’observer les flammes dans la cheminée, proche, si proche qu’elle en finirait carbonisée si on l’y poussait. Elle ne s’était pas couverte et pourtant n’avait pas froid dans sa si légère chemise de nuit, ainsi installée à même le sol face à la chaleur du feu. Hypnotisée et le regard vide elle ne t’avait pas entendu, tu sais. Elle qui voulait seulement oublier, elle ne faisait plus attention à rien. Elle abandonnait, s’abandonnait en silence sans même saisir une bribe de ses pensées.

Recroquevillée elle attendait, sans savoir quoi, sans savoir qui.

Le temps qui passe, sans aucun doute.
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Earl Grace
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Funeste Amphisbène

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MessageSujet: Re: Âmes égarées | Earl   Dim 8 Oct - 19:40


lost souls

   

   
Silence profond, reposant, un silence qui résonne dans les oreilles qui n'y sont plus habituées, un silence abrutissant, silence détesté, silence insupportable. Cette absence aussi, absence aigue, absence intenable de Silas à tes côtés. Ce serait tout, ce serait peu, mais il y a aussi la douleur, pas émotionnelle, non, tu n'es pas comme ça, Earl, mais la douleur physique des cicatrices qui tirent, s'étirent, empirent, et c'est comme si tu sentais les coups à nouveau et à nouveau encore. Cela devient insupportable, fardeau de douleur, fardeau de solitude, fardeau de silence, alors tu te relèves brusquement, tes courtines volent presque lorsque tu les écartes, d'un geste brusque, impatient, soudain.
Tes pieds heurtent le sol froid, de pierre, mais tu ne sens pas cette fraîcheur, tu n'en sens que la dureté car ton corps a la même température que le donjon qui vous sert de maison. Tu ne prends pas la peine de te vêtir, tu ne peux pas, les matériaux qui frottent ton dos t'insupportent, t'irritent et t'arrachent des soupirs de douleur. Tu as envie de te libérer un peu, de te défaire des apparences, et un coup d'œil à la pendule t'indique que la nuit est déjà bien avancée et que tu en as le droit, Earl, tu peux te laisser aller, à cette heure-ci, personne ne sera debout.
Tes pas te guident à l'extérieur du dortoir, dans les escaliers, puis dans la salle commune. Et c'est là que tu t'immobilises, surpris, un peu effaré. Pendant quelques instants, tu t'interroges, à qui peut bien appartenir cette fine silhouette si peu vêtue, si frêle. Ce n'est qu'une minute, peut-être en était-ce une dizaine, que tu comprends, que tu saisis, que ces cheveux blonds ne peuvent appartenir qu'à une seule et unique personne.

Valentyne.

Tu t'avances, tu t'approches jusqu'à sentir la chaleur des flammes qu'elle contemple avidement. Tu ne la touches pas, mais tu es proche, tes mains à un rien d'effleurer ses épaules. Alors tu t'assieds, à côté d'elle, silencieux et contemplatif, tes yeux reflétant les couleurs du feu, se teintant ainsi d'ocre, de sang et d'or. Et bien que sa présence t'apaise et te sauve de cette solitude dévorante, tu es conscient qu'elle est ici pour certaines raisons, semblables aux tiennes, sans quoi rien ne l'aurait arrachée du lit à cette heure si tardive - ou peut-être si précoce. Alors ta main se pose sur la sienne, délicatement et sans hâte, car tu sais qu'elle n'est pas habituée aux contacts, surtout aux tiens. Mais Silas t'a appris le réconfort par les gestes et tu y as trouvé des leçons que tu ne pensais jamais découvrir.

Que t'arrive-t-il, belle Valentyne ?
 


   
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Valentyne Rosebury
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MessageSujet: Re: Âmes égarées | Earl   Lun 9 Oct - 20:50



Des étoiles qui s'effacent
Un sourire qui étira ses lèvres lorsque du coin de l'oeil elle remarqua que tu étais là, un doux sourire, un peu triste de se voir arracher à sa solitude mais un peu heureux aussi. Un doux sourire beaucoup moins seul et un sursaut, bref et surprenant, lorsque vos deux mains se rencontrèrent. Tu avais pris la sienne comme s'il s'agissait d'un joyaux Earl, sans ne faire rien de plus que de la contempler, elle et elle seule, tu avais pris sa main dans un geste qu'elle n'avait pas compris mais qu'elle espérait pouvoir saisir avec le temps. Tendre contact qu'elle ne voulait pas se voir briser parce qu'il la réchauffait autant que ce feu de cheminée face à vous, il réchauffait son cœur glacé pour faire s'envoler ses peurs.

« Rien de plus que les rêves qui s'échauffent... »

Et son regard avait dérivé dans le tien, elle s'était tournée vers toi en prenant le plus de soin possible de ne pas rompre vos mains liées. Oh, tu sais ce serait dramatique autrement Earl, car tu étais malgré ces seules secondes écoulées, d'un véritable réconfort finalement et elle ne te remercierait jamais assez pour ça. Elle n'avait rien ajouté de plus, laissant en suspend les mots dont la suite était si évidente qu'elle s'épargna de l'avouer à haute voix. "Comme d'habitude", aurait-elle soufflé autrement, presque trop fatalement. Mais tu le savais, pas vrai ?

Elle s'était confiée tant de fois auparavant et tu sais Earl, elle n'avait jamais su pourquoi. Toi et elle c'était condamné d'avance à ne pas fonctionner, de part son monde à elle qui se refusait à voir des êtres de ta conditions ici, mais de part elle-même également. Les Moldu n'avaient pas leur place ici. Pas à Poudlard, pas dans ce monde. Mais si tu n'avais pas été là, si tu n'étais pas là Earl... Alors elle se laisse à penser parfois que tu es l'un des leurs, elle en vient à chaque fois que ses iris plongent dans les tiens à oublier ta condition. Et la magie s'insinue dans tes veines comme une illusion qui berce son cœur de milles comptes, mais pour une fois elle s'en moquait.

Elle s'en moquait Earl.
En avait-elle vraiment le droit ?

« Tu ne devrais pas dormir à cette heure, Earl ? »

Une esquisse au bord des lèvres qui s'étire lentement pour esquiver habilement le sujet de ses cauchemars qu'elle avait peur d'avouer. Un questionnement réelle camouflant une peine imperceptible qu'elle n'aurait jamais cru exister. Curiosité de savoir pourquoi tu étais si semblable à elle tout en étant si différent, pourquoi elle s'était accrochée à toi, Earl ? Elle ne demandait rien de plus que des réponses, et au creux de ta main la sienne bouge à peine pour venir entrelacer ses doigts aux tiens.

Frisson qui s'égare dans le corps à mesure que son regard fait l'aller-retour entre vos doigts et tes yeux, un peu surprises Valentyne.

« Ton corps est gelé... N'as-tu pas froid ? »

On dirait un cadavre.
Avec la peur de trop en faire.
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Earl Grace
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Funeste Amphisbène

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MessageSujet: Re: Âmes égarées | Earl   Lun 9 Oct - 21:22


lost souls

   

   
Un frisson, un sourire. C'est étrange, Earl, que tu provoques ce genre de choses désormais, toi qui avant distillait le doute et la crainte dans les cœurs et les pensées. Tu crains que Silas t'ai trop transformé, modifié, qu'il soit allé jusqu'à l'antre la plus profonde de ton être pour y déraciner le mal qui s'y logeait. Mais ce fardeau retiré, tu avais l'impression de revivre, difficilement, maladroitement, mais humain, enfin, le monstre s'étant tapi affaiblit dans un caveau hors de ta vue.
Tu te concentres sur Valentyne, sur le reflet des flammes dans ses yeux, lorsque ses lèvres ondulent pour former les syllabes, les mots, l'explication. Et tu comprends, car toi, n'est-ce donc pas pour les mêmes raisons que tu descendais régulièrement contempler les langues de feu dans l'âtre ? Lorsque tes rêves brûlaient tes rétines, imprimés dans la chair de tes paupières, ne venais-tu pas ici pour essayer de les dissiper dans ce bûcher funeste ?
Son visage de porcelaine se tourne vers toi et vos yeux se retrouvent comme s'ils avaient choisi le même chemin, et tu sais qu'elle sait, et tu saisis ce qu'elle manque cruellement de dire. Car cette fois n'est pas exception, et c'est d'une évidence qui n'a pas besoin d'être énoncée tant elle est absolue. Alors le vide plane, un silence rempli pourtant, rempli d'émotions, rempli de chaleur, un silence muet mais plein de sens, bruyant par son mutisme. Et lorsqu'il se rompt, se brise comme un verre qui chute sur le sol imparfait de pierres, tu détournes les yeux quelques instants, un sourire cynique dans un coin des lèvres.
Car pourquoi se confierais-tu à elle ? Il n'y a aucune raison, aucune explication, aucune piste logique qui donnerait un sens à toute cette soudaine confiance. Peut-être en as-tu besoin, Earl. Peut-être as-tu appris à faire confiance et cet apprentissage a crée un besoin que tu n'as pas su satisfaire après le départ de Wilhelmina. Alors tes yeux se baissent sur vos mains avant de remonter, de se renouer à ceux de Valentyne.

Je ne peux pas. La douleur est insupportable par moments. Mais toi, as-tu une raison d'être éveillée ?

C'est presque que tu hausserais les épaules, comme si l'écorchement de ta chair n'était qu'une affaire futile et peu importante. Tes yeux se posent sur les épaules dénudées de la femme, épaules lisses et sûrement aussi froides que ses mains, que ses doigts qui viennent se mêler aux tiens. Et tu resserres un peu la prise, l'espace de quelques secondes, car tu es là pour elle si elle en a besoin, bien que tu n'oses énoncer ces mots beaucoup trop prometteurs et forts en sens.
Mais la voilà qui se dissipe, qui s'étonne, et qui t'interroge, Earl, qui te demande. Et tu ne sais pas, pourquoi tu es si froid, est-ce parce que la fièvre finit par t'abandonner, incapable de guérir tes blessures, ou est-ce car la morsure frigide te débarrasse des sensations de souffrance qui stimulent tes nerfs à vifs, envoyant des décharges pénibles dans toute ta chair et ta pulpe ?

Le froid est parfois une libération.

Constatation morbide énoncée d'une voix sans timbre et vide de toute essence, alors que tes yeux se tournent vers le feu qui pourtant te prodigue une chaleur agréable. La main dans la tienne est si petite, si frêle, que tu te demandes presque comment fait-elle pour tenir cette énorme batte aussi ardemment, comment fait-elle pour ne pas en garder des traces sur ses paumes douces. Comment fait-elle pour paraître aussi forte, elle qui de près paraît faite de porcelaine.


   
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Valentyne Rosebury
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MessageSujet: Re: Âmes égarées | Earl   Mer 18 Oct - 23:25



Des étoiles qui s'effacent
La douleur...
Quelle horrible chose que voilà. La douleur tant haïe aurait pu être l'épouvantard de ses cauchemars et le sang qui maculait ses rêves. Cette douleur qu'elle ne comprenait plus mais qu'elle subissait sans broncher, celle qui lui donnait ces idées si sombres et si folles, cette douleur atroce qui lui faisait perdre consciemment la raison. La douleur était une ennemie, fourbe et farouche. Mais elle était également fidèle amie accompagnant ses instants de solitude avec passion et encouragement. La douleur était compréhensible pour quiconque se donnait la peine de la déchiffrer.

Elle n'avait pas quitté ton regard dans ce mélange d'étonnement léger et d'inquiétude que reflétaient ses pupilles, un peu trop facilement à son goût d'ailleurs sans qu'elle n'y prête pourtant une réelle attention. Elle avait préféré se demander à quels genres de maux tu pouvais bien faire face sans réellement comprendre tant les hypothèses dansaient en vrac dans sa tête. Alors tu sais, elle s'était contentée de rester silencieuse un instant, pensant à toutes ces choses utiles et futiles qui la tracassaient sur l'instant. Pourquoi lui répondre par énigme, Earl ? Pourquoi ainsi attiser sa curiosité si ce n'était pour la rendre cinglée, et elle osait espérer que tu ne fasses pas cela pour ça, elle l'espérait si fort tu sais. Le regard qui vacille, se détourne de toi pour fixer le feu de cheminé dans un soupir fatigué. Valentyne aurait tellement aimé pouvoir faire quelque chose, peu importe quoi. Simplement quelque chose pour tous ces gens qui ne méritaient pas ce monde cruel qu'ils se prenaient dans la gueule si violemment. Pour toutes ces personnes qu'elle estimait du moins, de façon totalement égoïste, elle n'avait jamais été du genre à vouloir sauver le monde sans arrière pensée. Elle n'était pas gentille, Valentyne.

Douleur qui revient dans l'ignorance de tes paroles qu'elle avait écouté sans rien relever. Douleur qui s'exprime alors brusquement à mesure que ses iris s'écarquillaient lentement, doucement. Respiration coupée un bref instant, puis ça sort sans contrôle. Vérité sanglante d'une définition véritable de ce qu'était Douleur pure et insoutenable, mélangée à Froid instable elle n'en demeurait que plus invincible encore.

« Le froid n'est là que pour brûler d'illusions ceux qui le croient libération... »

Mais la suite n'était pas venue. Elle avait peur d'oser, peur de questionner, peur de vouloir vérifier par peur sans doute de devoir protéger, de devoir réparer par la suite. Curiosité malsaine bouffée par ce manque affreux de courage qu'elle passait sa vie à nier. Cependant... Il fallait qu'elle sache.

Alors l'hésitation fut courte, elle qui dans la nuit ne cherchait qu'un peu de lumière pour se guider.

« Que s'est-il passé ? »
Qui a osé ?

Qui a osé, Earl, s'en prendre à toi de façon si lâche que même Morphée ne parvient plus à te garder près d'elle malgré ton sommeil aussi agité que le sien. Et les questions dans sa tête suivaient, fusaient sans qu'elle ne veuille même les arrêter, cherchant réponse à avant de s'apaiser. Elle ne te le demanderait pas deux fois, cette première n'étant pas facultative et esquivable de quelque manière que ce fut.

Perdue dans sa contemplation des flammes, ses doigts entrelacés aux tiens s'étaient faits plus fermes d'un coup. Que s'est-il passé d'un ton autoritaire qui ne laissait pas de place aux protestations.
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Earl Grace
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Funeste Amphisbène

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MessageSujet: Re: Âmes égarées | Earl   Jeu 19 Oct - 15:47


lost souls

   

   
Inquiétude soudaine dans le regard bleu-gris, tempête maritime d'émotions submergeant la surprise première. Tu détournes les yeux, déception légère pinçant ton cœur. Tu ne veux ni inquiétude, ni pitié, ce n'est pas ce que tu attends d'elle. Mais son silence est éloquent, fort en paroles muettes de soutien, de curiosité, d'impuissance. Car Valentyne reste une femme, et sa sensibilité te touchera toujours, quelque part. Même si tu refuses de l'admettre.
Le souffle se coupe avant de laisser couler des mots, de cracher une vérité dure et impitoyable. L'amertume dans la voix ronge tes restes de réserves et ta main resserre plus fermement la sienne. Tu comprends profondément qu'elle connaît des souffrances que tu n'imagines pas. Mais cela ne fait que la rendre plus forte, plus puissante. Et ton regard retourne vers elle, alors qu'elle hésite, qu'elle combat ses propres doutes et incertitudes. Puis Valentyne décide, et Valentyne exige presque d'une voix d'airain.
Ta main se défait de la sienne malgré ses doigts serrés forts et tu n'hésites pas. Après tout, qu'est-ce que ça te coûtera de l'admettre ? Les marques encore fraîches sont méritées, comme les coups étaient justifiés. Rien à cacher, rien à regretter. De toute façon, d'autres les verront, un jour ou l'autre. Que tu le veuilles ou non.
La peau décharnée de ton dos fit face à la flamme du feu, douleur s'éveillant avec la chaleur délicate mais brusque, faisant de nouveau circuler le sang, éveillant les nerfs ensommeillés. Et la chair frissonne alors qu'une vague te submerge, si forte que tu t'en mords les lèvres jusqu'au sang.

Je n'ai pas besoin de t'expliquer, n'est-ce pas ? Mais dis-moi, Valentyne, qu'elle est donc ta peine, maintenant que je t'ai exhibée la mienne ?

Et ton visage s'oriente vers elle, tes yeux cherchent les siens, douleur se glissant dans tes pupilles comme des serpents venimeux. Tu n'as plus rien à cacher, Earl, presque plus rien. Tu as l'impression de t'être mis à nu ce soir, t'être exposé à un regard que tu ne connaissais pas encore de ce point de vue là. Etrangement, tu te sens apaisé, serein, nettoyé, comme s'il fallait que ça sorte, comme si c'était trop lourd à porter et que désormais tu pouvais te reposer.
Mais tu es aussi inquiet, Earl, tu t'interroges. Quelle souffrance peut être celle de Valentyne ? Qu'a-t-elle de si sombre à porter qui ne la laisse pas dormir la nuit ?


   
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Valentyne Rosebury
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MessageSujet: Re: Âmes égarées | Earl   Lun 20 Nov - 17:49



Des étoiles qui s'effacent
Les mots n'avaient su sortir, étaient restés coincés dans sa gorge alors que son regard se perdait sur la peau lacérée de ton dos. Douleur fulgurante qui sembla te tirailler atrocement, de ses doigts elle n'avait osé effleuré. D'une tendresse infinie, lenteur exquise et surprenante pour elle qui n'en avait pas l'habitude, elle avait posé une main sur ton épaule, là où le sang ne jaillissait pas, où les blessures n'avaient lieu d'être. Et d'un mouvement léger, t'avait incité à te retourner. Pour ne plus voir Horreur prendre forme sous ses iris impuissants, pour ne plus que Douleur se montre si folle à laisser aux flammes le loisir de te calciner un peu plus. Tu semblais brûler déjà bien assez après tout.

Elle était restée un peu bête sur l'instant. Figée d'étonnement, elle s'était sentie pour une rare fois bien idiote de faire de son mal à elle quelque chose d'aussi fort que le tien, mais elle n'avait rien dit. Et dans ses pensées qui se chevauchaient dans le capharnaüm le plus total persistait sa raison qui lui demandait de ne pas comparer vos deux situations. De ne pas entrer dans ce jeu malsain, de ne pas vouloir savoir non, qui de vous deux souffrait le plus. Parce que Raison savait ô combien tu devais souffrir, Earl, et Raison savait à quel point elle souffrait également. Alors non, elle n'avait rien dit. Elle ne t'avait même pas répondu, se contentant dans un silence pesant de fixer tes yeux qui semblaient hurler à Douleur de foutre le camp bien rapidement. Puis elle s'était redressée, levée sur ses deux jambes et dans un souffle t'avait demandé de l'attendre, d'attendre son retour avec pour seule indication le fait qu'elle ne serait pas longue. Trois petites minutes, peut-être cinq, puis elle était réapparue.

Dans ses mains ce petit pot de bois qu'elle haïssait tellement.

Sans un mot elle avait alors prit place dans ton dos, sans un mot elle avait ouvert le pot et d'un geste qui ne laissait place à aucune protestation, avait laisser ses doigts glisser sur ta peau.

« C'est un cadeau de ma belle-mère, au cas où. »

Au cas où sa torture se faisait trop grande et que les sorts de guérison ne faisaient plus effet, tellement droguée à eux que c'était déjà arrivé. Quelques fois. Mais il s'agissait de choses dont elle ne souhaitait pas parler, pas comme ça, alors Valentyne n'avait rien dit de plus. Et le silence, si doux silence avait reprit place pour laisser du répit à son cerveau surchauffé, à ses hésitations étalées, si grandes hésitations qui subsistaient encore. Toujours. Elles ne partiraient plus jamais de toute façon.

« Tu devrais pouvoir te reposer, Earl. Cette crème calme même la plus horrible des douleurs. »
Elle m'a sauvée tant de fois tu sais.

Ses doigts quittèrent ta peau après quelques longues minutes pour s'en aller refermer le pot, et elle reprit place à côté de toi. Iris fatigués qui s'encrèrent dans les flammes en t'évitant, un soupir échappé maladroitement tandis qu'elle se perdait à nouveau dans les méandres de son âme. Peut-être cherchait-elle une réponse à te donner, quelque chose à formuler qui ne la dévoile pas trop, parce qu'elle avait peur Valentyne, tellement peur de se dévoiler toute entière à toi.

« As-tu encore mal ? »

Non. Non ça n'était pas ça Valentyne.
Ça n'était pas ça qu'elle devait te dire.
Mais ça l'intriguait tout de même, malgré tout.

Et finalement les confidences étaient sorties, brèves, trop vagues mais pourtant bien trop grandes et personnelles pour elle qui n'en avait pas l'habitude. Comme pour te remercier d'avoir su être honnête avec elle, d'avoir su être toi. Quoique tu puisses dire tu restais un exemple à suivre, Earl.

« Tu sais... Ma peine n'est pas quelque chose qui se dévoile aussi simplement. Ma peine c'est ma vie dans son entièreté, toutes ces choses que tu sais et celles que tu ne sauras jamais. Celles que tu crois savoir aussi. Mes cauchemars ne sont que le reflet de celle-ci qui ressort soir après soir, c'est impossible à partager. »

Bien plus douée pour esquiver que pour se livrer, belle Valentyne.
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Earl Grace
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Funeste Amphisbène

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MessageSujet: Re: Âmes égarées | Earl   Mar 21 Nov - 21:48


lost souls

   

   
Corps qui se fige alors que tes yeux sont détournés. Regard parcourant les entailles encore et encore, anesthésiant certaines et en éveillant d'autres. Puis, au final, elle pose sa main sur ton épaule, et ton corps se tourne vers elle, lentement, alors qu'elle désire ne plus voir la chair mise à nue, la peau meurtrie, la pulpe déchirée. Et vos regards s'accrochent l'un à l'autre alors qu'elle est figée, étonnée, pétrifiée. Car après tout, tu n'avais jamais pris le temps de la préparer à ça.
Soudain, c'est la précipitation, son corps se tend alors qu'elle se relève brusquement, t'intimidant de rester là. Et ses pas résonnent alors qu'elle disparaît, envolée comme par magie, et tes yeux retournent sur les flammes dévastatrices alors que tu serais presque prêt à te laisser consommer par leur valse malsaine.
Lorsque les pas reviennent, tu t'attends à ce qu'elle s'assied de nouveau à côté de toi, camarade, confidente, amie, mais c'est dans ton dos qu'elle s'installe, et tu te figes, tu t'échappes presque alors qu'un bruit résonne derrière toi.

Qu'est-ce...

La réponse ne tarde à venir, alors que ses mains presque aussi douces que celle de ton tendre vélane caressent ta peau amochée, laissant se répandre sur la chair un onguent étrange, dont tu ne veux connaître les propriétés. Et les promesses résonnent contre les dalles abandonnées de substance, et tu te laisses faire, t'abandonne, car au final la peine tu ne la supportes plus et un peu de repos serait bien accueilli.
Et lorsque les mains quittent la chair, l'anesthésie est presque autant douloureuse, la disparition de la peine, la disparition de cet élément constant. Tu pleurerais presque de soulagement tant il est libérateur. Mais même si tes afflictions disparaissent, celles de Valentyne persistent dans son regard sombre et abandonné. Lorsqu'elle ouvre les lèvres, c'est le découragement qui en découle et tes yeux se mettent à la recherche des siens. Le silence vous enveloppe de nouveau, et finalement elle essaie, elle évite, oratrice dépourvue de sa voix et des son charisme. Et alors que rien n'est réellement énoncé, tes mains se saisissent des siennes, douces et fragiles, et soulevées contre tes lèvres pour déposer un baiser sur le dos de ses paumes. Ton regard se plonge dans le sien, prometteur, confident, et un léger sourire, esquisse à peine de bienveillance, vient se lover sur tes lèvres.

Tu as le droit d'avoir confiance en quelqu'un, Valentyne. Et si ce ne sera pas moi, je ne t'en blâmerais pas. Cette décision revient à toi seule. Toujours.


   
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Âmes égarées | Earl
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