Bad dreams happen, love || Camille

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Bad dreams happen, love || Camille Dim 8 Oct - 20:10




Bad dreams

happen

ft. Camille Gaunt


Silence. Il y a toute une panoplie de goûts et de saveurs dans le silence, si l'on sait l'écouter. Cette nuit, le silence avait le goût des aiguilles des pins humides, la saveur de la camomille que certains buvaient pour dormir, et d'une peur rance et putride. C'est cette dernière facette qui t'avait tirée en dehors des sous-sols où tu t'étais postée, amusée et attendrie par les discussions jouvencelles et innocentes des Poufsouffles.
Tu pouvais parfaitement t'élever dans les airs, Hina, juste passer par le plafond et surgir l'étage au-dessus de ta tête, telle une apparition funeste. Tu le pouvais, mais le charme d'errer dans les sombres couloirs, de monter les escaliers jamais immobiles était bien trop irrésistible pour toi, amoureuse que tu étais de chaque recoin de ce château, de chacune de ses douces et uniques particularités.
Après tout, ce château avait veillé sur tant de vies, tant d'amours, tant d'existences et d'histoires, qu'il méritait d'être parcouru de la façon la plus humaine possible, même par ceux qui n'en foulaient pas les pavés. Tu lui devais ce respect, cet hommage, à ce lieu qui t'avait hébergée, bien que ce soit le même qui t'ai tuée.
Mais les lieux de la mort n'y sont jamais pour rien, et Poudlard n'était pas responsable de ce qui t'était arrivé. Au final, il t'avait accueilli, t'avait offert un foyer post-mortuaire et tu lui vouais une reconnaissance aussi éternelle que le serait ta vie, que le serait la vie de ces murs et de ces pierres qui le fondaient.
Cependant, au cours de ta sombre existence, tu avais quitté ce domicile, avide de voir au-delà des murs. Tu avais attendu un moment, incertaine et toujours fortement attachée à ces lieux, mais un jour tu t'étais envolée vers le Manoir, le lieu que tu détestais même si tu ne l'avais jamais vu. Le lieu où les Gaunt naissaient, souffraient et mourraient. C'est là que tu avais compris que Ramsay était passé à autre chose, qu'il était devenu un autre, qu'il était devenu son père. Et ton cœur s'était définitivement brisé, à jamais et irrémédiablement.
Mais tu y étais restée, un été, pour découvrir un enfant, un drôle d'enfant, peut-être le seul que tu espérais ne jamais voir engendrer la violence. Et l'enfant, cet enfant, tu savais qui il aurait pu être. Il aurait pu être ton enfant, ton fils, le fruit de tes entrailles. Le fils de Ramsay et le tien. Seulement la femme l'aillant porté était vivante et non défunte, contrairement à toi, toujours ancrée dans l'éternité. Pourtant, tu avais regardé l'enfant grandir, tu l'avais rencontré et quelque part, tu avais une part dans son éducation, une part infime, le temps de quelques vacances, mais suffisante pour que jamais il ne t'oublie.
C'est devant la porte de sa chambre que tu te trouvais en ce moment même, étouffée presque par l'odeur lourde et brûlante de ses cauchemars. La matière s'effaça sur ton passage, te laissant pénétrer dans la pièce dont tu aurais senti la chaleur si seulement tu le pouvais. Et tes yeux s'adaptèrent à la pénombre, peut-être un peu plus habiles que ceux humains, et tu découvris le jeune homme, aux cheveux ébouriffés par son sommeil agité, les mains crispées sur les draps dans un geste de désarroi.
Tu ne pouvais le toucher mais tu t'assis au bord de son lit, et ta main, si froide qu'elle devait être pour lui, passa au travers de la sienne.

Camille, mon enfant, ce n'est qu'un mauvais songe...

THANKS!

R. Camille Gaunt
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Re: Bad dreams happen, love || Camille Lun 9 Oct - 22:44



can't dream

♦️
Solitude qui tiraille le corps, bouffe les tripes avidement et pourri l'homme jusqu'à la moelle. Solitude meurtrie par le poids des ans, solitude immense du cœur, vrillant droit jusque l'âme sans aucune once de compassion. Solitude qui paralyse, affaiblie la raison pour laisser place, doucement place à la paranoïa. Solitude gémissante, tremblante, grandissante. Solitude suffocante qui t'écrase sous le poids des rêves assommants et de ces fracas assourdissants. Tu appréciais réellement ces doux instants de calme Camille, ceux où tu pouvais te reposer sans crainte aucune de ce que l'avenir te réservait. Tu adorais ce silence et cette parenthèse du temps, tu préférais d'ailleurs bien celle-ci à tout les bonheurs possibles qu'il t'ait déjà été donné de rencontrer dans ta vie - par chance ils n'étaient pas si nombreux.

Celle-ci pourtant, avait quelque chose d'effroyablement venimeux. Peur qui infiltre chaque pore de sa peau, détruit chaque cellule de ce qui le fait Être. Peur indomptable, insurmontable, peur intense et horrifiante. Alors l'homme se braque et se plie, l'homme pleure, l'homme crie. L'homme se meurt à mesure des sanglots qui s'écoulent, brûlant à vif sa chaire déjà calcinée. Tu te haïssais si souvent d'être aussi faible Camille, et tu avais lutté pourtant sans que jamais rien ne soit changé. Vaincu une fois de plus, les bras en sang de les avoir trop torturé, griffés, hachés ; la gorge sèche d'avoir trop pleuré et tes yeux rouges d'avoir une nouvelle fois trop espéré, tu avais fini par t'endormir. L'impatience au bout du souffle de vouloir continuer ce calvaire qui t'entraînait tout au fond.

Putride odeur de désespoir qui se dégageait alors que de tes yeux fermés tu visualisais l'horreur personnifiée. Et tu revivais encore et encore ces soirées à Durmstrang Camille, leurs mains sur ton corps, ongles acérés transperçant ta peau, doigts fermes sur ta bouche pour t'empêcher de hurler. Et tu revivais sans cesse les rires et les moqueries, la voix de Ramsay en fond te répétant mille fois que tu étais un raté. Et tu revivais encore le sang et les larmes, la douleur lancinante de cette lame dans l’œil qui maintes fois cette nuit là avait tenté de t'assassiner. Respiration haletante, corps tremblant, sanglots incompréhensibles...

Il n'y avait personne pour te rassurer ce soir.
Personne pour te faire oublier.
Et tu détestais ce personne, Camille, tu le haïssais de toutes tes tripes.

Le cœur qui s'affole au rythme des gémissements incessants et de ton corps vide qui dans un dernier élan d'espoir tente de sortir de ces cauchemars si prenant. Les draps qui se froissent, les pleures encore qui redoublent et la respiration qui t'achève, elle te tue Camille, te brûle la gorge jusque l'asphyxie. Et dans tes rêves soudain ce noir, et dans ta vie soudain ce froid ; sonnant comme une libération à ton âme torturée.

Tu avais sursauté, prit de cette soudaine panique, et d'un dernier cri d'effroi tu t'étais soudain redressé. Le palpitant qui carbure et le souffle court de ces soirées ou Solitude se faisait pesante, tu ne pensais désormais qu'à pleurer. Déverser dans ta vie ces larmes pour te permettre d'avancer, d'un petit pas encore. Pour calmer un temps seulement ton esprit détraqué par la peur et les ombres qui te hantaient. Pour évacuer, simplement, seulement toute cette peine qui n'avait jamais réellement su sortir de la bonne façon. Celle-ci n'était pas la meilleure et ne le serait jamais, mais celle-ci, celle-ci Camille, restait la seule que tu connaisses.

Seulement... Cette fois, comme toutes les autres fois, cela n'avait pas marché. Et ton coeur au lieu de se calmer s'était déchaîner, et ton souffle s'était alourdi brusquement. Tu réclamais de l'air, gémissant quelques plaintes étouffées, un poing serré sur ta cage thoracique et l'autre cherchant appui, n'importe où, sur n'importe quoi qui puisse te confirmer que cette fois tu ne rêvais pas. Tu hurlais à l'aide sans que les mots ne sortent, hurlait, hurlait, hurlait encore à en crever et personne ne vint. Et dans ta peine immense, le souffle en vrille et l'esprit embrumé par le manque d'oxygène tu n'avais pas fait attention à la seule personne qui avait daigné t'entendre ici. La seule qui avait compris, la seule qui était accourue et qui ne semblait pas comprendre ton état.

Tu avais si mal.
Si mal.
Si mal.

Sensation de mort dans les entrailles que tu tentais une fois encore d'apaiser désespéramment.
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Re: Bad dreams happen, love || Camille Mar 10 Oct - 11:38




Bad dreams

happen

ft. Camille Gaunt


Hurlement. Détresse stridente, éveil qui n'est que continuation des marasmes rêveurs, des songes violents et cruels, tourments infinis volant chaque minute paisible pour la transformer en torture incessante. Et le poing se serre, cogne contre la cage thoracique, cogne et cogne encore, l'autre main cherchant contact, cherchant ancrage que tu ne peux lui offrir, mais tu essaies, tes doigts traversent les siens, peut-être sentira-t-il la fraîcheur, la morsure du froid, peut-être t'apercevra-t-il alors.
La peur suinte, plus forte encore, et son odeur âcre semble remplir la pièce, se diffuser comme une brume aveuglante et assourdissante, comme celle dans laquelle se perdent les vagabonds, ceux qui ne reviennent jamais. Et l'empathie se fait, la peur se propage jusque dans ton cœur, Hina, la peur que cette fois la douleur sera trop forte et que le calme ne viendra pas, que le souffle lui manquera et qu'au final il abandonnera. Et tu crains ce moment, tu le crains, car tu t'es attachée à ce jeune homme, à cet enfant qui aurait pu être le tien, si seulement... Tu ne pourras supporter voir sa décadence, sa chute dans les ténèbres, parce que tu as déjà survécu - surexisté - tant de gens que tu t'interroges combien en verras-tu encore mourir. Dans ton cœur tu sais que Camille, cet enfant face à toi qui aujourd'hui est un homme, en fera partie, mais l'accepter est trop difficile, trop dolent.
Le souffle est court, arraché, difficile à reprendre et tes yeux s'ils pouvaient se rempliraient de larmes. Ce n'est pas la première fois, ni la dernière, que tu es là, incapable et inutile, contemplant le déferlement de panique prendre possession de lui, comme une réminiscence des coups et de la douleur, comme s'il n'allait jamais pouvoir se reposer, oublier, effacer le passé. C'est dans ces moments là, et ces moments seuls, que tes pensées se tournaient vers Ramsay avec haine et amertume. Tu l'avais connu bon et doux, aimant et passionné, et il était devenu le même monstre que son père, un homme cruel et insensible, au cœur de pierre et à l'âme damnée.

Camille, Camille, je suis là, je t'en prie...

Tu ne sais comment l'apaiser, alors ta main spectrale se pose contre son front fiévreux, espérant qu'il ressente ne serait-ce qu'une simple caresse, un effleurement minuscule, pour qu'il sache que tu es là, que contrairement à sa mère tu ne l'as pas laissé seul avec ses démons, qu'il peut compter sur toi pour l'apaiser. Mais tu n'es pas matérielle, tu n'es ni chaleureuse ni vivante, il ne peut puiser sa force au creux de tes bras comme il aurait pu le faire dans l'étreinte de quelqu'un d'autre. Alors tu te mets à chantonner, tout doucement, cette même berceuse que ta mère te chantait, celle que tu entonnais au-dessus du berceau où se reposait chaque enfant des Gaunt, et que tu fredonnais lorsqu'ils s'endormaient, de plus en plus âgés, de plus en plus indépendants. Les paroles avaient perdues leur sens au fil des années, langue étrange que tu n'avais jamais appris, mais qui ressemblait à du russe sans l'être. Pourtant, les mots retenus malgré leur incompréhension coulaient de tes lèvres en une comptine apaisante et douce, mélodie tendre et pleine de candeur, seule chose qui pourrait peut-être parvenir à travers les battements assourdissants du cœur de Camille.

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R. Camille Gaunt
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Re: Bad dreams happen, love || Camille Mer 20 Déc - 22:37



can't dream

♦️
Solitude féroce qui martèle les cœurs, crée en leur sein immenses abysses dans lesquelles l'âme s'enfonce sans se retourner. Impossible de repartir, les parois se fissurent, l'arrière se bouche et l'avant s'ouvre, menaçant. Effrayant. Alors le corps en défense brûle et hurle, les poumons en alerte suffoquent et les yeux se pleurent mille fois du sombre éternel d'une nuit sans rien. Rien de plus que lui. Toi. Camille. Et cette pression qui t'assassine, l'être entier au bord de l'implosion.

Mais, plus tu meurs et plus elle se fait sentir cette sensation qui t'empêche d'abandonner. Plus tes poings se serrent et plus la fraîcheur t'envahie, plus la peur s'envole et progressivement les sens perdus accourent pour retrouver leur place. L'odeur d'abord du jasmin des draps fraîchement changés, puis le goût salé des larmes qui roulent, roulent sur les joues, dans la bouche, glissent sur la peau et dans la gorge comme pour t'abreuver de désespoir c'est tellement malsain. L'écho ensuite, lointain écho d'une voix merveilleuse, douce et fredonnant qui s'approche, s'avance sans s'écorcher aux ronces qui t'enserrent. Des mots que tu reconnais, des mots qui te figent, un son qui t'anime à nouveau, coupe la respiration pour mieux la relancer. Une mélodie enchantée par une marraine la fée qui ne t'avait jamais abandonné.

Alors petit à petit tout s'éclaire et tu reviens à toi. Petit à petit le monde se reforme, au rythme lent de cette femme qui chante à un enfant comme une mère qu'elle n'était pas. Qu'elle était sans être, bien plus mère que la mère elle-même, étrange situation pourtant si naturelle après tout ce temps.

Il avait fallut du temps à la paix pour revenir, du temps pour quitter la monstruosité de ces abysses de l'âme que tu détestais visiter, et bientôt, sous le souffle devenu enfin plus régulier, sous le soulagement de ces sanglots envolés, la vue avait été retrouvée. Tu redécouvrais alors les couleurs d'abord de ses vêtements baignés de la lumière du plafonnier, puis timidement redressas à peine le visage pour porter à elle enfin ton regard fatigué. Épuisé et embarrassé. Mais surtout reconnaissant, merci de m'avoir sauvé. Faible esquisse qui s'étire, tremblante d'un désolé impossible à formuler tu n'oses pas parler. Ne sait en vérité pas quoi dire, ni comment. Parce qu'à Hina tu devais tellement, tellement de choses, tellement de joies, petites joies devenues bien trop grandes par sa présence seule. À Hina tu devais la tendresse et l'amour, le réconfort, la chaleur et bien trop encore.

Fébrilement tu viens sécher tes larmes d'un revers de manche, murmurant à peine à quel point tu es désolé de lui infliger une telle vision. Bien loin d'être la première cependant et vous saviez tous les deux qu'elle avait ta vie devant elle pour le voir encore à l'avenir.

Tu aurais aimé que ça ne soit pas le cas.
Qu'elle soit en vie encore pour ne pas avoir à subir ta perte aussi fatalement. C'est à ces choses que tu penses morbidement lorsqu'elle est comme ça avec toi.

Et encore une fois tu es désolé.
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Re: Bad dreams happen, love || Camille Mar 2 Jan - 20:33

Bad Dreams HappenFeat. @R. Camille Gaunt
Apaisement. Sensation progressive, corps qui se détend, qui se calme, qui ralentit ses mouvements chaotiques. Les paroles chantées semblent ramener les esprits des endroits les plus reclus, et en cette situation, le chant ramène ton fils, ton enfant, qui ne fut jamais tien.
Silence. Sanglots qui se taisent, qui abandonnent leur poursuite du moindre souffle, larmes qui ralentissent leurs flots affolés, regard qui revient des abysses cauchemardesques pour venir te remercier. Tes lèvres se scellent, voix fantômatique, pourtant la plus humaine que tu n'aies, s'éteignant afin de faire naître un sourire doux, soulagement de le voir de retour, enfin, après une si longue bataille. Pas la première pourtant, et toujours aussi douloureuse a regarder alors que rien ne peut être fait afin d'aider.
Mouvement. Main venant essuyer les larmes, dos se redressant un peu, tête baissé d'humiliation qui n'a pas sa place car au final, il restera toujours un petit garçon à tes côtés, jamais il ne saura dépasser ton quota d'années subsistées. Aprsè tout, ne l'as-tu donc pas vu grandir, encore et encore, n'as-tu pas veillé pendant tant d'années sur son sommeil innocent, ne l'as-tu pas soutenu, brisée et vaccillante de chagrin, lorsqu'on l'avait sali, lorsqu'on lui avait fait le pire mal possible, dans le seul et unique but de la destruction et du pouvoir ?
Murmure. Les mots quittent ses lèvres, tremblants et presque inaudibles, mais tu secoues la tête, tu le contemples avec un sourire maternel, essayant de lui faire passer par le regard plus que tu n'as jamais pu lui dire. Que tu ne lui en voulais pas et qu'il ne devait pas s'en vouloir à lui-même. Que fatalement, le monde était ainsi et qu'il le savait déjà aussi bien qu'elle. Mais les regards ne portent que des impressions, alors ta voix s'éleva doucement, dans un chuchotement seulement, espérant que cela l'apaiserait ne serais-ce qu'un peu.
Tu sais bien, mon enfant, qu'être là pour toi est une des rares choses que je peux réellement faire.
Soupir. La seule chose que tu peux faire, car au final, n'importe qui de bien plus... vivant pourrait enseigner. Et pourtant, tu gardes quand même ton poste, encore et toujours, même s'il n'y a pas grande utilité à cela, même si au final la seule chose que tu fais de l'argent que tu y gagnes, c'est l'amasser. Un jour peut-être trouveras-tu une utilité à ces pièces entassées à Gringott, prenant la poussière depuis déjà tant d'années.
Réalité. Les souffles de plus en plus réguliers de Camille te rappellent à la réalité et tu lui souris tendrement, prête à exorciser ses démons, une nouvelle fois encore.
Quel était le visage de ton bourreau nocturne, cette fois-ci ?

R. Camille Gaunt
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Re: Bad dreams happen, love || Camille Jeu 25 Jan - 21:36



can't dream

♦️
Tu aurais voulu, tellement voulu pouvoir nier.
Être capable de lui prouver qu'elle avait tort tout en sachant pertinemment qu'elle ne pourrait avoir plus raison.

Je sais, soufflas-tu sans quitter son regard gris une seule seconde. Les fantômes avaient cette capacité là aussi, celle de vous happer sans un seul mot prononcé pour vous ensorceler. Mais tu fais déjà bien plus que n'importe qui. Et pour ça il ne saurait jamais assez te remercier.

Entre vous deux ça avait toujours été si simple après tout, depuis cette première fois au Manoir de ta famille, à aujourd'hui dans cette école qui vous aviez fait évoluer. Si simple car des lors tu l'avais adoptée, Hina si souriante, Hina si aimante. Dès le départ vous vous étiez acceptés et aimés. Elle t'a vu grandir et toi tu l'as vu chaque seconde des années durant, incapable de dire qu'elle avait vieillie puisque ça ne pouvait plus être le cas.

Les tremblements qui s'effacent au profit de Sérénité venue combler les plaies béantes d'un cœur encore à vif, lentement tu t'allonges sur tes draps, un genoux relevé, bras griffés à sang sous la tête, par-dessus l'oreiller pour dévier tes iris au plafond. Un questionnement qui te laisse de marbre d'apparence mais qui secoue brutalement les tripes. Grimace étirée, fatiguée, ennuyée. Cette fois-ci Hina ?

Toujours la même chose.
Rien n'avait changé, rien ne changeait jamais.
Comme d'habitude.

Les mêmes cris, les mêmes masques, mêmes visages, mêmes peurs, mêmes erreurs, mêmes torpeurs. Des gestes identiques aux sensations inchangées. Et rien qu'à y penser tu te sentais encore, toujours plus sale, toujours plus faibles, toujours, toujours plus inutile. Booboom. Brisé et défoncé. Battement de cœur incontrôlé.

Boom.
Une esquisse de dégoût qui s'affiche, incapable d'être retenue plus longtemps alors que ton râle raconte doucement les faits à nouveau. Les mêmes mots qui sortent car après tout rien n'avait encore changé depuis la dernière fois. T'as perdu espoir de toute façon.

Ramsay et ses critiques, ces mains, ces voix et cette douleur sous les coups qu'ils me donnent, tu sais.

Ces gens innommés dont tu ne dirais rien de plus.
Un passé que tu ne parvenais pas à terrasser.
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Re: Bad dreams happen, love || Camille Dim 28 Jan - 23:24

Bad Dreams HappenFeat. @R. Camille Gaunt
Regard. Tendresse indicible passant d'une paire de pupilles à l'autre. Abondance de non-dits, de souvenirs, de mémoire commune s'écoulant comme une rivière dans une seule étreinte visuelle. Tu ne peux nier, Hina, que tu l'aidais plus que quiconque. Mais tu ne percevais pas cela comme une aide, comme un soutien, plus comme une évidence absolue, une nécessité qui venait droit de ton cœur et qui ne pouvait faire autrement qu'être là pour lui.
Sérénité. Apaisement temporaire des douleurs psychologiques alors que le corps matériel en profite pour se réinstaller, s'allonger confortablement. Ton regard suit les courbes musclées de la chair virile, si semblables à celles que tu aurais voulu connaître autrefois. La gêne finit par surgir et tes yeux se détournent, prudes, alors que tu aperçois sa grimace du coin de l'œil.
Immuabilité. Encore une fois, le même rêve, la même histoire. Un soupir t'échappe, souffle de colère informulée à l'encontre de l'homme qui hantait encore ce pauvre enfant qu'elle aurait voulu soulager de ses souffrances. Homme qui aurait dû l'aimer et le chérir mais qui l'avait détruit et haï, comme une vulgaire chose mise à sa disposition. Cela t'horrifiait qu'il ai pu agir ainsi. Et cela t'attristait aussi.
Voix. Paroles confiées d'un murmure rauque, toujours les mêmes, inchangées, et tu écoutes encore une fois ces quelques phrases qui cachent tant d'horreurs, tant d'affreuses actions, alors que ton regard scrute la fenêtre drapée d'un rideau. Tu sais qu'il ne te dit pas tout, moins confiant qu'avant qu'il ne fut parti ailleurs, dans cette école de brutes, mais tu ne peux lui reprocher ce renfermement. C'est ainsi, et vous avez tous deux de lourds secrets à garder.
Je sais.
Mouvement. Tu te relèves, ombre miroitante sans aucune consistance, ne faisant même pas bouger la soie des draps sur lesquels tu t'étais installée. Tes mains ne servent plus à rien désormais, et pourtant tu les contemples, doigts doux et toujours jeunes d'une femme qui autrefois séduisait les hommes. Aujourd'hui, les choses sont différentes, les mœurs ont changé, et toi tu n'avais jamais eu ne serait-ce que l'opportunité de sentir une chair dénudé contre la tienne. Cela te confère autant de curiosité que de déception, mais il n'est plus utile de se plaindre ni de regretter. Tout ce que tu souhaites, c'est que Camille, lui, ne connaisse pas ces amertumes là.
Regard. Tu te tournes de nouveau vers lui, privilégiée par l'absence de gêne apparente sur ton visage, et tu t'assieds auprès de son lit, les yeux dans le vide.
As-tu quelqu'un pour te réconforter d'une manière que je ne peut guère accomplir ?
Question imprécise, d'un ton vague et indécis, comme s'il s'agissait d'une banalité, comme si tu n'étais pas entrain de lui poser des questions sur sa vie intime, plus privée et sacrée que tout le reste.
Tu n'es pas obligé de répondre, bien sûr, mais je sais qu'à votre époque il est plus rassurant d'avoir quelqu'un... pour ça.

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