what if the storm ends ? ft. Cécilia

Bertram Godfrey
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what if the storm ends ? ft. Cécilia Dim 11 Nov - 23:13

What if the storm ends ?

Bertram Godfrey & Cecilia Youth-Wass

C’ était là. La fin de l’année dernière, tout l’été, encore plus après ce jour fatidique où mes dernières illusions sont devenues muettes. Vides et mortes, assassinées dans un coin de la pièce par la voix venimeuse de ma mère. Et depuis c’était devenu plus intense. Comme des ongles qui grattent dans un coin de ma tête, sans cesse. Comme un ver qui creuse son chemin. Une idée qui s’enchevêtre sur elle-même. Une possibilité qui venait jusque dans mon sommeil pour me hanter. J’avais besoin d’en avoir le coeur net. J’avais besoin d’une preuve pour me rassurer que la crise passagère de Cécilia n’avait rien révélé - à part les machinations incontrôlables de son esprit fébrile.

Alors cette nuit-là, alors que j’en pouvais plus, j’ai échafaudé un plan. Un plan simple, servi sur un plateau d’argent pour ma camarade elle-même. Son livre était toujours en ma possession, ainsi que les ingrédients nécessaires que j’avais pu récolté pendant les vacances. Tout ce qu’il me manquait...c’était elle. Il ne me restait plus qu’à la convaincre, du bout des doigts, de m’accompagner. Elle ne saurait pas à quoi s’attendre et au final c’était peut-être mieux comme ça. Lui faire croire que c’était pour la rassurer et éviter une répétitions de ses crises. Car la voir me regarder, pleine de détresse, secouée par la colère pour m’appeler Papa m’avait suffisamment ébranlé.

J’avais besoin que ça se termine.
Ces tourbillons de tourments. Ces ongles qui grattent inlassablement.

C’est pour ça que j’ai quitté la classe à la quatrième période pour retourner discrètement au dortoir. Si on me demandait pourquoi je prétexterais simplement me sentir mal. Qui pouvait croire que Bertram Godfrey sècherait un jour les cours ? Et pour pratiquer ce genre de magie en plus ? Personne.

Donc j’attends, dans mon dortoir. Je sors le livre, je sors ce dont j’ai besoin pour accomplir le rituel. Et j’attends. Anxieusement.

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Cécilia Youth-Wass
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Re: what if the storm ends ? ft. Cécilia Lun 12 Nov - 1:46

Qu'est que l'attente ? L'abandon ? Ces choses qui se fracassent contre un esprit trop faible pour répliquer mais trop fort pour se laisser submerger. Une torture succulente, qui se laisse se distiller dans son âme mouvementée. La journée fut un supplice, partagé entre l'envie de dire à Bertram qu'elle ne viendrai pas. Accrocher à son téléphone, à effacer et réecrirer les mêmes mots. Puis, elle n'a rien fait.

Elle s'est laissée couler dans la mélasse de la promesse, de pouvoir « arrêter » ces crises. Pouvoir profiter, regarder le monde comme tout les autres. Espoir insolent mais délicat, un espoir que Bertram lui avait insufflé. Une partie d'elle se doutait bien que tout cela n'était qu'un appât, pour l'avoir elle et sa connaissance. Mais cette partie était muette, étouffée par l'espoir, cet oiseau ridicule qui se dresse sur des pattes fragiles pour crier à qui veut l'entendre. Se taire, se taire et ne plus espérer. Alors, elle a patiemment attendue.

Fascinée par ses cheveux devenus bruns, une vérité qu'elle voulait montrer à Bertram. Comme lui montrer qui elle était vraiment, sans teinture et sans masques. Une magnifique et parfaite chevelure brune qui lui servait à disparaître, ensuquée dans la banalité ordinaire. La quatrième période a fini par sonner et elle s'était evaporée. Glissant vers les tours, le souvenir de l'être qu'elle allait rejoindre qui lui faisait accélérer le pas. Ce n'était pas de l'amour mais, c'était un attachement ordinaire pensait-elle. Bertram semblait être attaché à des moments aussi curieux que distordu de son existence. Chaques marches vers les cieux, chaque respiration vers la tarification de cet air lui semblait éternel. Elle continuait de monter tandis que son esprit tentait de mettre droit encore une fois la formule, les gestes, les mots.

Elle était enfin là. Devant cette porte, interdite comme la chambre. Sa main se levait doucement puis retombait. Devait-elle le faire ? Cécilia avait ce terriblement pressentiment, qu'elle allait créer quelque chose. Qu'elle allait bouleverser cet ordre qui semblait mourir, enseveli sous des couches de faux semblants et de tradition. Elle a toquée, une fois doucement. À la porte, comme à son âme. Façon de remettre en place tout ce qui s'agitait en elle. Puis une deuxième fois, un j'arrive par morse, une dangereuse contradiction à la douceur du premier coup.

Cécilia était rentrée encore une fois. Rien n'avait vraiment bougé, rien ne semblait vouloir faire autre chose que dérange dans son être les souvenirs d'un moment peu glorieux. Mais, elle devait se concentrer sur Bertram. Le regarder, forcer ses lèvres à sourire comme on lui avait toujours dit. La politesse était de mise devant les médecins après tout non ?

Sa voix volait doucement, loin des derniers éclats. Preuve de l'an qui venait de s'écouler, de sa volonté de changement.

-Bonjour, Bertram. Je ne t'ai pas trop fait attendre ?

Son regard ne fut pas attiré par le monde autour d'eux, mais son nez oui. Comme d'habitude, l'odeur aigre de ce lieu prit possession de son nez. Et, elle ne put que le froncer. Ses yeux avivaient encore plus la testostérone latente de cette pièce.

-C'est fou comme aucun Miamos ne s'est installé ici. Edwyn revient t-il encore une fois d'un lieu lointain ?

Façon à elle de meubler le silence, une façon que sa mère lui avait asséré le doigt en l'air. Cécilia avait accepté passivement, pourquoi pas après tout ? Être aimée, être acceptée. N'est-ce pas le but de chaque être humain ?

Pourtant, quelque chose s'était éveillé en elle. Cécilia ne voulait pas jouer au chiot le mieux éduqué. Non. Elle n'avait plus l'envie de ça.

-Tu as des questions sur le rituel ? Autant avoir un sol bien stable pour poser la montagne, n'est ce pas ?

Et ce fut parti. Éclairs qui fusaient dans la paix des convenances.
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Bertram Godfrey
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Re: what if the storm ends ? ft. Cécilia Mar 13 Nov - 19:23

And I don’t see you as you are now  

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D eux petits coups timides, frappés  sur cette porte qui la sépare de moi. Je me reprends, je me relève et l’accueille avec le sourire factice pour la laisser entrer.  Mes yeux s’entrouvrent avec surprise. C’est bien Cécilia devant moi mais différente. Ses longues boucles de cheveux autrefois d’une teinte lilas sont dépourvus d’ornement et de teintures. C’est un châtain profond, presque foncé. Son regard, dépourvu aussi d’artifices. Cécilia au naturel, déesse de grâce. Pourquoi s’était-elle évertuée à masquer la beauté simple et authentique qui émanait d’elle ? J’utilisais mes masques pour cacher ma laideur, ma cruauté et offrir un visage plus agréable aux autres. Mais elle, elle avait tout fait à l’envers.

Non, pas du tout !



Je referme la porte derrière elle et l’enchante. A défaut de pouvoir empêcher qui que ce soit de rentrer, cet enchantement nous permettrait de gagner du temps dans l’éventualité où nous serions interrompus.

Ca te va bien - tu es vraiment jolie comme ça.



Une phrase qui aurait pu paraître tendancieuse, si elle avait été prononcée par un autre jeune homme séchant les cours pour inviter une demoiselle dans sa tanière. Mes intentions restaient claires, même si mes préférences ne l’étaient pas forcément pour ma camarade.  J’ignore si elle est complètement inconsciente de ça, où si justement, elle avait réussi à percevoir en moi, plus loin que les autres. Le visage fermé je retourne vers mon lit pour en sortir un sac et commencer à tout installer. Les ingrédients, le chaudron portable et le livre avec l’incantation.

Miamos ? Tu veux dire des chats ? Il a ensorcelé le seuil sinon on serait envahis.



J’essaie de maintenir un ton léger et insouciant mais dès que je me mets au travail mon visage se ferme, plus sérieux. Je veux savoir. J’ai besoin d’en être sûr pour avoir la paix. J’invite Cécilia à me suivre, à défaut d’avoir un bureau où travailler, sur le sol à côté de mon lit alors que je déplie mon chaudron portable.

Oui, oui bien sûr, j’ai tout ce qu’il faut. La racine de mandragore, l’essence de belladone, la digitale et ...le reste.



Je dépose les ingrédients devant moi avec un empressement mal dissimulé. Dans un petit sachet, des cheveux récupérés en secret sur la brosse à cheveux de ma mère. Néanmoins j’ai besoin de me retenir. Ca serait stupide de commettre une erreur juste parce que j’étais impatient.  J’inspire profondément, et relève la tête vers elle avec le sourire.

Mais si tu veux me lire les étapes… ça me va. C’est ton livre après tout.




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Re: what if the storm ends ? ft. Cécilia Mar 1 Jan - 1:08

Un océan dans mon monde, une larme dans le tien. Le monde se retourne et se renverse constamment, balayant nos joues timides d'une force fracassante. Elle croit, il croit, nous croyons nos yeux sont trop éblouis ainsi, pour discerner le blanc du gris. Bertram, il vit un peu. Dans le creux d'un monde qu'il a choisit et Cécilia ne peut que l'envier de ce monde délicieux qu'il brode et façonne. Comme une toile délicate, où elle ne sait plus qui tient les premiers fils et qui en est l'esclave.

Guérir la folie, retirer l'étreinte de ce monde psychédélique sur un corps fragile. Les cubes de bois ne rebondiront plus sur les murs, les voix n'auront plus de puissance sur elle. Les compliments de cet homme lui font bizarre comme une caresse, une flatterie d'une main sincère. Elle voudrait se cacher encore. Derrière ses robes amples, son uniforme à l'envers, ses teintures. Mais, elle doit changer. Pour elle, pour ce futur qu'elle a décidé d'embraser. Alors, elle tente. Elle tente un sourire, une maladresse.

-Merci Bertram, ça me fait...plaisir.

Ce mot était curieux. Un plaisir. Un plaisir de lui montrer ce qu'elle lui avait négligemment jeté à la figure.

-J'étais jalouse de toi. Un peu. Tes cheveux sont plus beaux que les miens et je trouvais ça amusant d'avoir une teinte proche de la tienne.

C'était naturel comme mots, naturel comme une brise. Puis encore d'autres mots qui se suivent, elle ne veut plus s'arrêter. Ce compliment déchaîne un torrent de mots mis bout à bout, comme pour le remercier ou le faire fuir. Son cœur hésitait trop douloureusement entre l'excitation et l'angoisse.

-Le rituel est assez personnel, ça serai malhonnête de me cacher à toi. Juste pour cette fois-çi.

Une condition, une punition, une révélation. C'était des mots, Cécilia les lisait tout les jours et pourtant, c'était curieux en elle. Ce monde qui n'avait plus l'habitude d'être réveillé, ce monde qui ne voulait plus se réveiller venait de pousser un long soupir. Aucune ambiguité en elle, Bertram ce n'était pas ça. Bertram ce n'était pas un homme à ses yeux. Bertram, c'était plus. Bertram, c'était comme une porte close. Une porte qui vibrait en elle et devant elle. Bertram, c'était tout sauf un loup. Alors, elle pouvait s'asseoir et rire un petit peu. C'était aussi simple que ça, l'écouter et se laisser parler.

Il s'affaire, il bouge comme un ressort. Cécilia le regarde faire, ses ongles tapotant sa paume. Une impatience qu'elle voit, un empressement fascinant. C'était comme voir la naissance d'une fourmilière, plein d’élément qui dansaient sous ses yeux ébahis. Il parlait toujours du ton aussi léger que son chaudron pouvait être lourd. Et elle répondait, elle badinait simplement avec lui. Elle disait que les Miamos étaient un peu comme des chats, mais des mauvais chats. Et elle pouvait se perdre ainsi dans ce monde entre ces deux espèces sans que ce bavardage affecte un tant soit peu cette ambiance étrangement douce et âcre bouge et change. Cécilia s'agaçait du sortilège tout en reconnaissant son efficacité. Oui, un monde était là. Un flux qui ne se déliait jamais. Et il sortait enfin les ingrédients, comme des pierres qui roulaient le long de sa main.

Elle les regardait severement. Mais Cécilia ne disait rien, il avait choisit, il devait avoir raison sur la qualité du produit. Mais c'était enfin sur « cette chose » qu'elle grimaçait un peu. Elle qui faisait si peu de cas de si peu de choses communes se sentait d'un coup presque coupable. Coupable de quoi ? Coupable pour quoi ? C'est stupide, elle aimait ça. Elle aimait la magie noire, c'était naturel. Ce doute fut rapidement balayé, comme une ombre sur un tableau disgracieux. Elle lui fit un sourire entendu avant de sortir quelque chose de sa poche. Un porte bonheur quelconque, un dessin qu'elle plaçait toujours contre son cœur à chaque fois qu'elle devait faire ça. Pour contenir son excitation, son désir de brûler les étapes.

Il était là, devant elle. Ses yeux brûlaient d'un feu qu'elle connaissait que trop bien. Un feu qu'elle voulait domestiquer aussi, se laisser brûler par et pour. Bertram, ils allaient le faire. Ils allaient le faire, pour quoi ? Cela n'avait plus aucune importance maintenant. Mais ils allaient le faire. Mais nul excitation, juste de la prudence maintenant.

-Bien sûr. Je l'ai déjà fais autant que je guide. Alors pour les ingrédients de la potion, tu les as déjà à ta disposition. Prépare la potion comme si tu préparais une potion de somnolence, sauf qu'à l'instant de couper le feu, tu le renforces et tu rajoutes un premier ingrédients génétique. Une fois que la potion aura prit la couleur des yeux de la personne dont tu as pris le cheveux, mets la mandragore et tu rajoutes un matériel génétique pur des deux participants. Il faut ensuite boire la potion. Le goût varie en fonction de ta détermination, plus tu veux avoir une réponse plus le goût sera agréable.


Un bref souvenir apparaît devant les yeux de Cécilia. Milo qui toussait, la potion ayant un goût immonde.

-Puis le deuxième participant doit lancer le sortilège « Therio ». Je l'accomplirai, j'ai déjà la maîtrise de ce sort. Et à ce moment là, nos veines devront briller en fonction du lien génétique qui nous unit. L'intensité varie en fonction de la proximité, si nous sommes ancêtres l'un de l'autres, nos veines brillerons très doucement.


Cécilia a reprit son souffle. Tout a été dit d'une traite, comme pour se lâcher d'une douleur.

-Tu es prêt ?


La tempête doit commencer.
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Re: what if the storm ends ? ft. Cécilia Sam 12 Jan - 15:23

ever again. The perfect halo of gold hair and lightning

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Les yeux de Cécilia  Comment est-ce qu'elle peut trouver mes cheveux plus beau que les siens ? Ils sont ternes, comme mon regard. Il est monotone, ce camouflage naturel hérité de mon mystérieux géniteur : il murmure : Bertram Godfrey n'a rien de remarquable. Néanmoins je dois admettre, que cela lui va mieux qu'à moi. Il y a une grâce, une élégance fragile dans ses traits, une curiosité dans son regard lunaire qui observe le monde à travers ce voile inédit. Cécilia est une personne remarquable, je n'en ai aucun doute.

Normalement je caresserai cette remarque d'une voix douce. Je lui dirai : "oh ne dit pas ça, tu n'as pas de raison d'être jalouse, tu étais très bien". Mais je suis trop fébrile, bien trop pressé pour ralentir les procédés par des politesses qui me semblent aujourd'hui bien superflues.

Ca serait malhonnête de me cacher à toi, juste cette fois-ci

Si tu savais Cécilia, comme je me cache à toi, sans scrupules et sans vergogne. Se dissimuler physiquement, camoufler la couleur de ses cheveux, de ses yeux au final ce n'est pas grand chose quand tu restes la même à l'intérieur. Quand Cécilia regarde, son attention rebondit sur tout et à travers ce voile, elle perçoit ce qui semble être invisible. Peut-être est-ce un signe de folie. Peut-être est-ce un signe de génie. Peut-être les deux. Mais je m’apprête à sombrer dans cette folie douce avec elle.

Je n’ai jamais cru que tu te cachais.



J’avais peur, j’étais impatient et nerveux. Je ne savais pas pourquoi, ça allait sûrement foirer, ça allait sûrement ne rien prouver… N’est-ce pas, n’est-ce pas ? Et pourtant...Cécilia me guide avec douceur. Je me sens comme un enfant impatient et effrayé, en même temps attiré vers un sombre inconnu. Je voulais éclairer ces ténèbres de lumières, même si le résultat pourrait me décevoir. J’essayais de tout cacher, de tout contenir avec mes stratagèmes et mes sécurités. Mais quand elle me regarde, Cécilia, elle voit à travers moi. J’en ai l’impression. C’était un rituel si complexe, si personnel… Je n’aurai pas été sûr de l’accomplir sans elle.

Tous les ingrédients étaient prêt à attendre bien sagement qu’on les utilise. J’hésite. Et pourtant, je sais que je devrais me dépêcher et arrêter de perdre du temps avec des considérations idiotes. C’est juste un essai, okay ? Au pire, j’aurai appris comment me servir de ce genre de rituel à l’avenir. Assis en tailleur, j’inspire profondément. Il faut se lancer. Je lui lance un regard, range des mèches de cheveux nerveusement derrière mes oreilles et c’est parti. A chaque ajout, je lui lance un regard, je cherche son approbation. Cécilia, elle me rend son regard doux, perdu et à la fois curieux. Le coeur battant prêt à éclater, je suis ses instructions  à la lettre . J’y dépose un de mes cheveux et Cécilia fournit également sa contribution. La potion prend une couleur bleue. C’est prêt. C’est le moment de vérité. En essayant de ne pas trembler je verse de la potion dans deux petits gobelets. Je force un sourire, pour le courage, pour que tout ailles bien en priant qu’on ne finisse pas avec une horrible difformité à cause d’une erreur .

Le vin est tiré maintenant il faut le boire. Je lève mon gobelet vers Cécilia pour trinquer avec un noeud intense dans l’estomac.

Santé !



J’avale tout, les yeux fermés avec une grimace comme si j’avalais un médicament. La texture est fluide, le goût est étrange mais ne reste pas en bouche. Un goût à la fois sucré et un peu amer, drôle de mélange.

C’est pas aussi mauvais que je le pensais.



Déterminé, je le suis mais également hésitant. J’aurai pu tout arrêter. J’aurai pu dire qu’on s’arrête là et faire demi-tour, renoncer à avancer dans cette quête absurde que je m’étais lancé. Mais je ne pouvais pas, je devais savoir, peu importe le prix.

A toi, maintenant.




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Cécilia Youth-Wass
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Re: what if the storm ends ? ft. Cécilia Mer 27 Fév - 16:16

Quand ça sera son tour de boire. Quand ça sera son tour de boire, de déglutir. Comment va-t-elle réagir ? Comment va-t-elle sourire ? Elle ne le savait pas, elle en devenait anxieuse. Tout semblait si étrange, drapé dans un tissus d’occulte et d’ordinaire. C’était comme si elle avait vécu cette situation des centaines de fois, comme si son corps était déjà prêt. Une excitation temporelle, qui s’est évanouie dans les limbes de son inconscient. C’était la clé, la clé pour quoi ?
Elle aurai voulu se retourner vers Bertram et pouvoir trouver dans son marron prédominant, une accroche, une amorce. Mais elle ne voyait rien, le voile se mettait déjà entre ses yeux et l’abrutissait. Cécilia voudrait tendre la main vers Bertram, lui demander. Quoi ? Pourquoi ? Elle avait ce sentiment étrange en elle. Tapi, sulfureux. Quelque chose qui ne fallait pas découvrir. Quelque chose qu’elle ne devait pas découvrir. Pourtant, elle ne disait rien devant Bertram.
Elle le laissait faire. Maestro des potions, ange des mesures. Il était tel un ressort, bondissant et attrapant chaque objet. Elle ne pouvait que le contempler. Elle n’arrivait pas à se détacher de ça, chaque odeur était une ode à un horreur elderitch. Elle se sentait déjà toute transie d’un appel, d’un ordre impétueux.

Fais le, Fais le, Fais le.

Pourquoi elle devrait le faire ?

Fais le, Fais le, Fais le.

Les yeux de son père flottent à la surface de la potion. Bertram les écrase en ne les voyant pas. Bertram taille les cheveux d’une mère absente en millions de grands-mères abstraites.

Fais le, Fais le, Fais le.

Un rituel, une invocation, un appel. Une ombre sans forme qui plane au dessus d’eux. La folie qui recommence. Des doigts qui deviennent des animaux. Cécilia perd pied, dans cet appel de l’horrible. Pourtant, elle n’était pas seule. Bertram était là, Bertram qu’elle connaissait sans avoir pu lui parler d’Eve ou de Samael. Bertram dont la profondeur n’était pas dans ses mots, ni dans ses altitudes.  Mais dans une couche étrange l’enveloppant et le suivant à chaque pas. Bertram, elle l’aimait curieusement. Aussi naturel comme lien, que superficiel. Elle acceptait d’être là, elle acceptait de donner un peu d’elle. Pour une raison étrange, une raison que personne n’avait pu lui confirmer autre que lui. Pourtant ça lui suffisait. C’était bien assez.

Alors, Cécilia le contemple. Cécilia était curieuse, admirative presque. Tout était presque parfait, tout était presque comme elle le désirait. Sans même y réfléchir, elle lui avait donné une mèche. Un bout d’elle qui flottait désormais dans la décoction. C’était désormais d’un bleu éclatant, un bleu qui ressemblait tellement à celle de la mer. Madame maman de Bertram avait donc les yeux bleus. Quel étrange destin pour monsieur le fils d’avoir ainsi les yeux marrons. Le gobelet finit entre ses doigts, tout chaud. Presque battant, elle tente de sourire aussi devant Bertram. Son sourire flotte presque aussi bien que le sien. L’intimité est étrange, les conséquences sont démesurés. Rien n’a craindre, pas de conséquences secondaires. Si ce n’est l’étrange vérité.

-A ta santé Bertram !

Elle l’avale d’une traite, la potion a un goût étrange. Presque acide, presque violent pourtant, il reste sur le fond de son palais un étrange goût de bonbon à la menthe. Tout doux, tout sucré. Elle aurai aimé avoir envie de vomir, comme pour fuir encore. Mais ce n’était plus le cas. Elle sentait déjà la mixture qui s’avançait dans ses veines. Redistribué par un cœur avide. La remarque de Bertram l’a fait sourire un peu plus. Il n’est pas si déterminé que ses yeux stricts le laisse entendre.

-Elle est presque agréable pour moi…malheureusement.

C’était son tour. Il la regardait comme si il voulait déchirer le moindre fragment de son savoir. Comme si il brûlait d’un feu longtemps oublié mais désormais dévorant. Alors, elle prit sa baguette. Sa voix ne semblait même plus être la sienne, sa voix ne semblait même plus être contenue dans son torse. Quand elle dit la formule, tout semblait hors d’elle. Comme perdu dans son propre espace temps.

-Therio.

Le sortilège fut viscéral, comme une vague de chaleur qui sortait d’elle pour embraser leur corps. Elle sentait le lien, le lien que créait temporellement ce sortilège. Elle le sentait en elle, l’être de Bertram devenait le sien. C’était comme si tout le monde reprenait un nouveau sens. Un sens où elle et lui étaient un nouveau centre. Puis l’euphorie est remonté dans son cerveau et dans cette pièce où la seule lumière était celle du soleil. Ils se sont brusquement illuminés. Ils devenaient tel des cartes d’un monde biologique, les veines prenaient une teinte dorées affaibli mais bien présente. Comme un nouveau monde qu’elle découvrait. Milo et elle, c’était tellement plus éclatant.

La vérité s’est heurté à elle. Milo et elle. Bertram et elle. Quelque chose s’est cassé en elle, une peur subite. Une adrénaline furieuse dans ses veines. Elle n’arrivait pas à être placide, elle n’arrivait pas à comprendre. Tout dérapait en elle, des cris d’incompréhensions qui se fracassaient contre une lumière certaine.

-Bertram..je..enfin nous..

Le lien était là. Comme un seul être. Toutes les ressemblances sautaient à ses yeux. Tout ses sourires étaient ceux de Bertram. Ses yeux, ses cheveux, ses ondulations timides. C’était son Père. C’était fini. Et dans la surprise, se dressait le pique de douleur de l’infidélité. La famille brisée que représentait Bertram. Une peur qui étouffait son cœur. Pourtant au milieu de tout ça, se trouvait l’impétueuse joie. Il était son frère. Il était son demi-frère. Il était sa famille. Lui parmi tous, lui qu’elle aimait sans le connaître.
Des larmes qui coulaient ruinant sa face diaphane. Des larmes dont elle ne connaissait pas la saveur.

-Je savais que tu m’avais menti à propos de ton père. Tu es ignoble.

Des mots si étranges pour elle.

-Tu le sais non ce que nous sommes ? Dis le, je ne veux pas le dire.

Elle voulait l’entendre de sa bouche. De sa voix chaleureuse et trompeuse. Pour que son monde retrouve un nouvel ordre dans ce chaos qui avait désormais des longs cheveux bruns.
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Re: what if the storm ends ? ft. Cécilia Dim 3 Mar - 22:40

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Deux enfants sages qui jouent avec le feu. On se regarde, on s’amuse, on avale docilement le médicament. “Presque agréable” dit Cécilia même si elle semble un peu dépitée. Mon coeur bat dans ma poitrine, une anticipation que je voudrais freiner. Ma tête me dit que cette aventure est destinée à devenir une déception. Une après-midi où deux enfants sages ont joué au bon petit mage noir effronté comme l’on joue à la dinette. Une expérience qui s’essouffle. J’apprête déjà mon sourire de circonstance, le discours interne qui dit mais à quoi tu pensais ? et celui externe, destiné à ma partenaire c’était marrant, on essaie quoi la prochaine fois ?. Ses lèvres s’ouvrent et une voix soufflée d’outre-tombe ordonne. Une voix qui laisse deviner les cavernes lugubres que cachent son corps et son esprit. Un souffle qui hérisse les poils sur mes avants-bras,  mes veines étincelantes d’une lumière étrange.

Deux enfants sages, qui jouent avec le feu. Dans le noir. Et qui se brûlent.

Ca brûle, ça irradie dans mes bras, dans ma poitrine, sous mes globes oculaires. C’est insoutenable. Ca brûle...ça brûle dans mon égo, dans ma fierté de savoir que j’étais si près de la vérité pendant si longtemps sans l’avoir aperçu. Et pourtant dans ma tête ça raisonne et résonne : C’est pas possible en boucle, coincé en marche-arrière alors que je nous fixe, une panique à peine contenue dans l’oeil et dans ma voix éteinte :

C’est pas possible -



C’est tout ce qui franchit mes lèvres à ce moment là. Ca revient lentement. Toutes les implications de cette découverte. Monsieur journée à New-York est complètement perdu. Et si on était lié de façon éloignée ? Comme des cousins au troisième degrés ? Nan, ça ne serait pas si éclatant. La lumière pulse un peu avant de s’éteindre et de nous laisser tirer nos conclusions. C’est pas possible Ton père est mon père et c’est pas possible. Je l’avais espéré et maintenant je refusais le diagnostic, enfant capricieux. L’ignorance ressemble soudainement à un cocon doux et réconfortant dont on venait de m’arracher brutalement. Et si la potion avait échoué ? Non, il n’y aurait pas eu d’effet du tout.

Tu es ignoble

Tes mots - mérités - poignardent et rejoigne cette folle ronde qui danse dans ma tête. C’est pas possible - Tu es ignoble - C’est pas possible - Je savais que tu m’avais menti, tu es ignoble . La ronde se transforme en tempête, puis en ouragan qui emporte tout sur son passage pour ne laisser que l’essentiel...et me foudroyer d’un éclair assassin.

Cécilia et moi…

Son regard d’une profondeur abyssale, ses mots inattendus. Les miens sont composés soigneusement comme de jolis bouquets de mensonges. Une main s’égare dans mes cheveux - c’est la mienne, qui me semble désormais étrangère. Je baisse les yeux alors que je tente de digérer tout ça, d’ériger mes remparts, mes stratégies de secours. Je n’étais pas prêt.

Apparemment...nous sommes...de la même famille.



Je relève la tête vers toi et note les sillons de larmes sur tes joues. Toi aussi, tu as peur ? Tu n’es pas la seule. Mes mains serrées tremblent, comme le reste de mon corps qui retient des sanglots.

Tu es ma ...demi-soeur.



Ce mot sonne comme un blasphème. Lentement, j’entreprends de ranger les ingrédients, comme dans un rêve. Qu’est-ce qu’il reste à faire quand votre monde s’effondre ? Ranger, bien sûr. Il ne manquerait plus que quelqu’un tombe là-dessus et le remarque. Ne jamais laisser de traces. Alors je range avec prudence, mesurant chacun de mes gestes. J’arrive toujours pas à le croire. Mes lèvres se désserrent. Pas pour poser des questions - Cécilia ne pourrait pas me fournir les réponses que je cherches. Comment, je le sais déjà. Pourquoi - elle ne le saura pas. J’ai toujours eu la conviction que j’étais un dégât collatéral de toute façon. Toi tu es légitime - moi je suis celui que l’on cache. Quel bruit fait l’innocence qui se brise ? Celui des lèvres serrées, la voix de Cécilia et moi qui déglutit. Je regarde ailleurs, les sourcils froncés alors que j’essaie de réfléchir. Mon torse se soulève au rythme de ma respiration profonde et déprimée. Que faire ? Que faire de tout ça ?


Peut-être que...Peut-être qu’on devrait garder ça pour nous pour l’instant. Histoire...d’être sûrs...



Les mots me manquent cruellement. Je ne sais pas quoi dire. Qu’est-ce qui est approprié pour la sitaution sociale “ nous venons de découvrir que nous sommes de la même famille” ?? Je ne suis pas prêt pour ça.


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